Bonjour à tous,
je n'ai pas trouvé de fil dans lequel ces "preuves" étaient démontées, mais il me semblait important de démonter cet argumentaire au vu du mal qu'il a pu faire par le passé et qu'il continue de faire. Je m'excuse donc si cela a déjà été traité par ailleurs.
Pour recontextualiser, S. Faure se destinait à devenir prêtre et Jésuite (donc pas la moitié d'un idiot) quand il sorti du séminaire et devint anarchiste (pour faire court)
voici une réponse de ses 12 "preuves" (pour voir le détail de ce qu'il a écrit:
https://libertaire.pagesperso-orange.fr/dieu.html):
- Le Geste créateur est inadmissible
le premier argument montre le niveau du personnage: l'homme est incapable de créer, donc il est impossible qu'un dieu le fasse. inutile de s'étendre, Faure n'arrive pas à s'extraire de la vision anthropomorphique qu'il a de Dieu
- Le "pur Esprit" ne peut avoir déterminé l'Univers
pour résumer l'argument: l'immatériel ne peut avoir créé un monde matériel; le problème est que notre monde n'est pas seulement matériel (cf les lois de la nature) et de plus, Saint Thomas d'Aquin répond à cet argumentaire dans sa somme théologique (première partie, question 44, article 2)
- Le Parfait ne peut produire l'imparfait
Bon, cet argument ne présente pas grand intérêt; qui peut le plus, peut le moins.
- L'Être éternel, actif, nécessaire, ne peut, à aucun moment, avoir été inactif ou inutile
résumé de l'argument: avant la création, Dieu était inactif et inutile (puisque seul). Réponse: pour qu'il y ait du temps, il faut de la matière; Dieu est pur esprit, donc hors du temps. Donc on ne peut pas parler d'avant la création, c'est un non-sens.
- L'être immuable ne peut avoir créé
D'après Faure, pour qu'il y ait la création, il faut d'une part que Dieu décide de créer (1er changement) puis qu'il se mette à créer (2eme changement), Donc Dieu n'est pas immuable, donc il n'est as Dieu. Même réponse que précédemment, Dieu est hors du temps, donc il n'y a pas d'avant ni d'après pour lui.
- Dieu ne peut avoir créé sans motif ; or, il est impossible d'en discerner un seul
En fait, il veut dire par la que Dieu étant censé être parfait, ne pouvait manquer de rien. Il n'a donc aucune raison de créer.
Réponse: tout simplement par amour
Bonum est diffusivum sui. Le bien tend à se communiquer
.
- Le Gouverneur nie le Créateur
Argument: soit la création est parfaite, donc pas besoin de la gouverner, elle tournera toute seule; soit elle ne l'est pas et donc un gouverneur est nécessaire. Mais si la création n'est pas parfaite, alors Dieu n'est pas Dieu car un Dieu parfait ne peut créer quelque chose d'imparfait.
Réponse: cet argument est le même que le N°3, donc même réponse
- La multiplicité des Dieux atteste qu'il n'en existe aucun
En gros, soit Dieu n'est pas tout puissant parce qu'il n'a pas pu annoncer la vérité à tous les hommes, soit il n'est pas juste parce qu'il n'a pas voulu le faire; donc dans les 2 cas, il n'est pas Dieu.
En fait, le problème est ici sa conception de la justice qui pour lui signifie égalité. Hors, il n'en n'est rien pour Dieu et chacun sera jugé en fonction de ce qu'il aura reçu: donc pas de problème de justice.
- Dieu n'est pas infiniment bon : l'Enfer l'atteste
L'argument habituel: un Dieu infiniment bon ne peut pas punir. Faure va même jusqu'à traiter Dieu de "sadique".
Réponse: si Dieu est infiniment bon, cela ne se fait pas au détriment d'une autre de ses qualités qui fait qu'il est infiniment juste. L'homme est libre (ce que semble nier notre ami S. Faure) et donc il doit répondre de ses actes.
- Le problème du Mal
Ou bien Dieu voudrait supprimer le mal, mais il ne le peut pas ;
Ou bien Dieu pourrait supprimer le mal, mais il ne le veut pas.
Réponse de Saint Augustin:
Dieu souverainement bon ne permettrait aucunement que quelque mal s’introduise dans ses œuvres s’il n’était tellement puissant et bon que du mal même il puisse faire du bien
- Irresponsable, l'homme ne peut être ni puni ni récompensé
Faure nie ici la liberté de l'homme au titre qu'il est dépendant de Dieu.
Sauf qu'il confond dépendance et esclavage, tout bêtement. l'homme dépend de Dieu du fait qu'il est une créature, mais contrairement à un esclave, il est libre d'exercer sa volonté propre (et donc d'en assumer les conséquences).
- Dieu viole les règles fondamentales de l'équité
Faure contredit ici son argument N°9: Dieu est trop juste pour donner une récompense bien supérieure à ce que ne peut mériter un homme (en l'occurrence le Ciel)
Encore une fois, les qualités de Dieu (entre autres sa bonté et sa justice) ne son pas en opposition. Comme disait Saint Thomas d'Aquin:
Dieu agit miséricordieusement non pas en faisant quoi que ce soit de contraire à sa justice, mais en accomplissant quelque chose qui dépasse la justice[I, q. 21, a. 3, ad 2].
Bref, rien qui tienne la route quand on prend la peine de se renseigner un peu et de se documenter sur le doctrine de l'Eglise. On peut donc en conclure que Sébastien Faure est profondément malhonnête car son parcours ne peut laisser entendre qu'il ne connaisse les enseignements de l'Eglise ni qu'il soit stupide au point de ne pas les comprendre.
De plus, dans son pamphlet, on remarque l'assurance avec laquelle il présente ses arguments (assurance glissant parfois dans la provocation) avec ses "défis".
Cordialement.