Gratia litterae tuae argumentisque. In Liverpudlium ego inter vicensimus primus et vicencimus quintus novembris. Misere me. Sed respondebo ut celeriter quam possibile cum redibo in Londinium.
Vale
Christianus
Bonsoir MC !Miles Christi a écrit : La vitrine du libéralisme réel, je ne parle pas de celui qui traverse la cervelle des doux rêveurs, est bien sûr une vitrine anglo-saxonne dans laquelle on peut apercevoir un Etat super puissant, un Etat justicier, policier et militaire, violant n’importe quel principe lorsqu’il estime les intérêts américains menacés, dissimulant l’information, pratiquant la désinformation (exemple : le coup des armes de destruction massive en Irak), faisant des guerres préventives et contrevenant ainsi au droit international, bafouant le principe naturel de guerre juste, imposant son modèle démocratique par la force etc... La liste est longue, mais que feraient les businessmen s’ils n’avaient que leur liberté sans la puissance de l’Etat US? Ils seraient moins riches très certainement...
Il reste à espérer que les libéraux vont nous épargner le coup du « mais le libéralisme ce n’est pas cela ! » de même que les intellectuels rouges se refusaient à identifier le communisme avec le sort de l’URSS, lorsqu’ils avaient enfin fini par comprendre la véritable nature du paradis rouge sur terre.
Très juste remarqueTous les Etats qui ont un peu de puissance et un peu d'ambition, libéraux ou pas, se comportent d'une manière agressive et impériale : et si c'est le cas des Etats-Unis, c'est aussi celui de la Chine ou de la Russie, sans parler de l'URSS il y a quelques années. Ces pays n'ont pas en commun le libéralisme, ayez l'honnêteté de le remarquer.
Par conséquent, si les Etats-Unis se comportent de la façon que vous dénoncez, en aucun cas celle-ci ne saurait être imputable au libéralisme qu'on y trouve.
J’avais déjà réfuté cet argument dans mon précédent article et sa reformulation ici ne me convainc pas plus que l’original. L’expérience de la liberté consiste à s’engager dans une direction, et donc à exclure les autres.si en droit l’homme est propriétaire de lui-même avant d’être libre alors il a le droit d’aliéner son corps, son âme, sa liberté, mais du même coup il cesse d’être libre.
Ouvrir un espace pour la charité et le mérite n’est pas si mal, non ?il est plus difficile d’aimer son prochain que de s’abstenir de ne pas le tuer. Ainsi, et étant donné la médiocrité de l’humanité, le Droit de la cité sera le Droit des médiocres, c'est-à-dire formé par un contenu moral minimum, le contenu moral expurgé de toutes ses prescriptions, l’ensemble des points non négociables dont la transgression signifierait la négation de l’humanité. L’homme aux écus d’or aura donc le droit de passer tous les matins devant un mendiant à l’agonie (son prochain), sans bourse délier, mais il n’aura pas le droit de le tuer, même si il estime que c’est un parasite. Ainsi s’ouvre un espace pour la charité et le mérite, puisque le devoir envers le prochain n’est pas contraint et forcé.
Grand ou petit, un mal est un mal, et il n’y a aucune tolérance à avoir pour le mal. Seulement condamner moralement une action n’implique pas nécessairement son interdiction. Voilà la différence entre la morale et le Droit. Le Droit (de propriété) trace une frontière objective, lisible et infranchissable entre le permis et l’interdit. La politique du « moindre mal » que vous acceptez verse dans le relativisme.Il me semble qu’il y a une distinction très importante à faire entre la reconnaissance d’un droit et la tolérance d’un abus, par exemple la position de Saint Augustin sur la prostitution qui n’est nullement la reconnaissance d’un droit à la prostitution, mais la tolérance d’un moindre mal.
Votre « mais » n’est pas de mise. Le choix du propriétaire est le libre exercice de sa volonté.Christian :
j’exhorterais mes enfants à ne pas aller à la guerre. S’ils considèrent pourtant que la défense de la patrie, de la chrétienté ou d’une telle noble cause justifient la mutilation de leur corps et le sacrifice de leur vie, c’est leur choix de propriétaire. Je ne crois pas que le ‘droit naturel’ que vous évoquez interdise cette aliénation.MC :
Ce n’est pas le choix du propriétaire mais le libre exercice de la volonté de celui qui possède son corps.
Votre exemple cicéronien contredit votre thèse. La place de théâtre n’est pas une « occupation primitive » d’un res nullius, d’une chose qui n’appartiendrait à personne, puisque le théâtre est évidemment la propriété de quelqu’un.Christian :
Oui, la propriété s’acquiert. Il existe un premier propriétaire : le premier occupant ou le premier fabriquant. Qui d’autre aurait un meilleur titre que lui ? Celui qui n’a pas fabriqué l’objet ? celui qui est arrivé après le premier installé sur une terre vierge ?MC :
Concernant le droit d’occupation primitive Ciceron faisait remarquer la chose suivante : lorsque le théâtre n’est pas encore rempli, les spectateurs peuvent prendre leurs aises et s’étaler de tout leur long, même occuper trois places si cela leur chante, mais lorsque les autres spectateurs arrivent, tout le monde se serre pour que chacun ait une place. Le droit de possession n’est donc pas exclusif du droit de possession de l’autre, sinon ce n’est plus un droit.
Robinson, bien entendu, a le droit d’exclure Vendredi de sa propriété, même si cet acte est si moralement ignoble dans les circonstances que vous décrivez qu’on imagine peu de gens l’imiter. Sauf les hommes de l’Etat, bien sûr. Les millions de moribonds, affamés, réprouvés, persécutés de par le monde n’ont aucune chance de franchir les remparts bureaucratiques édifiés autour de l’ilot ‘France’.Imaginez Robinson tout seul sur son île plantant son drapeau de propriétaire, édifiant des remparts tout autour et rejetant Vendredi à la mer, sous prétexte qu’il a violé sa propriété. Osez donc soutenir que Robinson a naturellement le droit d’agir ainsi et allez donc soutenir la cause des indiens d’Amérique du Nord pour qu’ils recouvrent « leurs propriétés ».
Vous faites preuve d’une belle imagination pour inventer des cas étonnants. Mais le marché économique en a déjà résolu de semblables. Que diront les millions descendants de Vendredi au solitaire rejeton de Robinson ? quelque chose comme ça : « Nous sommes nombreux, donc plus inventifs que toi tout seul. Tu as besoin de toutes ces choses que produit la division du travail : herbes médicinales, outils, canot, meubles, vêtements, sans compter les œuvres d’art et la culture, les douceurs de l’amitié, l’amour d’une femme. Bref, combien vaut ta parcelle, qu’on fasse des échanges ? ».Quant à la transmission de propriété, envisagez le cas suivant : admettons que deux femmes rescapées d’un naufrage arrivent sur l’île, deux pour que la moralité soit sauve : Robinson se marie avec l’une d’entre elle et Vendredi avec l’autre. Au départ chacun dispose de la même parcelle : une moitié d’île pour chaque. Mais disons que Robinson est issu d’une culture hédoniste qui dénigre la fécondité alors que Vendredi est issu d’une culture traditionnelle qui voit dans chaque nouveau né comme un don du ciel. Au bout d’un certain nombre de générations on arrive donc au résultat suivant : sur la moitié de l’île appartenant primitivement à Robinson il n’y a plus qu’un seul de ses descendants et il a hérité de toute la moitié de l’île, sur l’autre moitié il y a des millions de descendants de Vendredi qui s’entassent les uns sur les autres et qui auraient un besoin vital d’exploiter de nouvelles terres. Et vous croyez encore que le droit de propriété héritée est un droit naturel que l’unique descendant de Robinson peut faire valoir contre le véritable droit naturel (posséder de l’espace et manger) de millions d’individus ?
Fort, il l’est devenu, hélas. Il ne l’était pas à l’origine, c’est pourquoi le capitalisme a pu se développer aux Etats-Unis. C’était le sens de ma phrase.Christian :
Le capitalisme ne s’est pas développé à l’origine dans les pays où l’Etat était fort (la France et l’Espagne des monarchies absolues, la Russie tsariste…), mais au contraire sous ces régimes divisés en eux-mêmes, aux contrepouvoirs solidement établis, en Angleterre, aux Pays-Bas, puis aux Etats-Unis…
MC :
chercheriez-vous à nous faire croire que l’Etat américain n’est pas un Etat fort ?
Il se trouve que j’ai été un peu dans les affaires.votre « Droit » est inexistant à l’état naturel, alors qui le formule et le promulgue ?
[…]
L’Etat est l’organe de pouvoir d’une communauté. Une communauté peut-elle se passer d’un organe de pouvoir ? Oui dans le cas d’une communauté réduite à un couple ou un singleton, ou encore dans le cas d’une communauté de Saints. Vous pouvez même dire que l’Etat est l’ensemble des organes de pouvoir d’une communauté et que par exemple l’un de ses organes est une cour constitutionnelle, séparée de l’exécutif et gardienne du droit, mais cela ne change strictement rien au fait que cela reste un organe de pouvoir.

De même que le bon communiste bien naïf pouvait dire jadis: « Par conséquent si l’URSS se comporte de la façon que vous dénoncez, en aucun cas celle-ci ne saurait être imputable au communisme qu’on y trouve ». Ce qui bien entendu est faux car la société communiste a pour condition de réalisation le socialisme, qui fondamentalement signifie la subversion de l’Etat bourgeois, qui d’instrument d’oppression du prolétariat devient l’arme de destruction de la classe bourgeoise. L’Etat ne perd sa raison d’être qu’une fois la classe bourgeoise anéantie. Donc les purges staliniennes et toutes les autres formes d’élimination physique, déjà envisagées de façon prémonitoire par Lénine dans ses écrits théoriques, s’inscrivent bien dans la marche vers la société communiste : qui veut la fin veut aussi les moyens.MB a écrit :
Bonsoir MC !
La réponse est pourtant simple...
Tous les Etats qui ont un peu de puissance et un peu d'ambition, libéraux ou pas, se comportent d'une manière agressive et impériale : et si c'est le cas des Etats-Unis, c'est aussi celui de la Chine ou de la Russie, sans parler de l'URSS il y a quelques années. Ces pays n'ont pas en commun le libéralisme, ayez l'honnêteté de le remarquer.
Par conséquent, si les Etats-Unis se comportent de la façon que vous dénoncez, en aucun cas celle-ci ne saurait être imputable au libéralisme qu'on y trouve.
MB a écrit :
Il faut voir les choses par degrés. Par certains côtés, les E-U sont très libéraux, beaucoup plus que nous ; par d'autres, ils le sont moins, ou pas tant qu'on le croit (peine de mort ; nombreuses réglementations locales, parfois beaucoup plus absurdes que chez nous ; impôts locaux - ceux des Etats - parfois très, très lourds : tout cela, on ne le voit pas parce que cela ne se fait pas au niveau fédéral). En Europe, l'Angleterre est plus libérale que la France, mais moins par d'autres côtés (droit spécial pour les nobles). La Suède est moins libérale que la France du point de vue fiscal (on y paie plus d'impôts, et les gens y sont monstrueusement gavés d'allocs en tout genre), mais d'un autre côté l'Etat est beaucoup moins interventionniste que chez nous.
Il y a donc effectivement des comportements répréhensibles, menés par des Etats libéraux, qui n'ont rien à voir avec le libéralisme.
MB a écrit :
Je pourrais d'ailleurs vous retourner l'argument, à la manière d'un anticlérical : "Louis XIV a beaucoup fait la guerre, et uniquement pour des histoires de géopolitique. Or Louis XIV était le roi très-chrétien. Donc le christianisme consiste à faire la guerre". Accepteriez-vous qu'on vous balance cela ?
Dans l’ouvrage d’Eric Branca et Arnaud Folch, Le mystère Villiers, on peut lire la confidence de Nicolas Sarkozy à Philippe de Villiers : « Les deux hommes, qui se tutoient, n’ont jamais été intimes. Leur dernier déjeuner commun remonte à 1999, peu après les européennes où la liste Pasqua-Villiers avait devancé celle du duo Sarkozy-Madelin. Alors en pleine traversée du désert, le député-maire de Neuilly avait eu cette phrase, à l’adresse du Vendéen – qui n’est pas prêt de l’oublier : « Tu as de la chance, Philippe, toi tu aimes la France, son histoire, ses paysages. Moi, tout cela me laisse froid. Je ne m’intéresse qu’à l’avenir … »
MB répondra, surement avec brio et conviction, à votre analyse, mais je note que cette dernière commence mal, dès la première phrase. MB vous fait remarquer que des Etats, qui ne sont nullement libéraux, pratiquent les agressions que vous reprochez au libéralisme.MB :Tous les Etats qui ont un peu de puissance et un peu d'ambition, libéraux ou pas, se comportent d'une manière agressive et impériale : et si c'est le cas des Etats-Unis, c'est aussi celui de la Chine ou de la Russie, sans parler de l'URSS il y a quelques années. Ces pays n'ont pas en commun le libéralisme, ayez l'honnêteté de le remarquer.MC :
De même que le bon communiste bien naïf pouvait dire jadis: « Par conséquent si l’URSS se comporte de la façon que vous dénoncez, en aucun cas celle-ci ne saurait être imputable au communisme qu’on y trouve ».
La réponse à cette diatribe est tellement évidente, contenue dans le texte lui-même, qu’on se demande comment quelqu’un de si intelligent et cultivé que vous ne s’est pas frappé le front et effacé le message avant de le publier.MC :
Hercule et Robinson vont continuer d’échanger entre eux, de plus grosses quantités et plus rapidement, les nouveaux échanges bilatéraux seront plus efficaces, mais Vendredi se retrouvera tout seul, exclu du système d’échange. Le Système aura éliminé un élément inadapté, le maillon faible en quelque sorte, le poids mort.
La question de droit qui se pose : Hercule et Robinson ont-ils le droit de contracter entre eux si leur nouveau contrat implique l’élimination d’un membre de l’association? En droit naturel bien sûr que non, Vendredi du fait de sa nature humaine a le droit de vivre dans la société des hommes, le contrat passé entre Robinson et Hercule est nul et non avenu du fait même de son caractère attentatoire aux droits (vitaux) d’un des associés et par voie de conséquence à la société toute entière.
En droit libéral : c’est là où nous allons assister à un véritable coup de force assorti d’une nième contradiction. En principe le libéralisme est censé défendre les droits de l’individu face à la meute sociale, face au groupe, donc le droit libéral devrait être favorable à Vendredi. Eh bien pas du tout, le droit libéral avalise le contrat opportuniste, antisocial, contre-nature et criminel (puisque en excluant Vendredi du système d’échange il le prive de biens et de services vitaux) scellé entre les deux prédateurs sociaux.
Euh, pas d'accord avec vous, là.Miles Christi a écrit :
Il ne faut donc pas s’étonner de l’absence de grands penseurs au sein du courant libéral, ni de l’omniprésence de ces âmes de boutiquiers et d’affairistes qui ne cherchent pas à établir la vérité mais à vivre le mieux possible dans l’illusion: comment faire passer une tuerie pour un acte de libération, comment faire passer un suicide démographique pour une aubaine, comment faire passer l’immigration et la paupérisation de la classe moyenne comme une chance, comment faire passer l’abrutissement des masses comme une plus grande ouverture d’esprit etc…il faut sauver les apparences.

Christian a écrit : MB répondra, surement avec brio et conviction, à votre analyse, mais je note que cette dernière commence mal, dès la première phrase. MB vous fait remarquer que des Etats, qui ne sont nullement libéraux, pratiquent les agressions que vous reprochez au libéralisme.
En quoi la justification de l’URSS que vous prêtez au "bon communiste naïf" est-elle une infirmation de l’objection de MB ?
Est-ce que vous comprenez qu’il n’y a pas forcément une similitude parfaite entre d’une part la fin et d’autre part la stratégie et les moyens mis en œuvre pour y parvenir, et que l’histoire est truffée de ce genre de dissimilitude ou contradiction apparente ? Et que de plus la fin peut être complètement illusoire, mais les moyens bels et bien réels et conduisant à des tragédies ?"La plus insupportable trahison, c’est tout de même celle de ces prophètes qui, las de promettre l’avènement d’une Cité qui ne vient pas, las d’entendre surtout la plainte et la protestation des hommes, finissent un jour ou l’autre dans l’uniforme des fusilleurs"
Vous avez raison de vous poser ces questions, et vous aurez encore davantage raison en y apportant une réponse correcte, et cette réponse que les gauchistes comme les libéraux se refusent d’entendre c’est celle des inégalités naturelles. Untel comprendra toutes les subtilités d’un raisonnement scolastique, tel autre ne dépassera pas les philosophades d’un Hayeck, untel sera capable de commander à des armées, tel autre sera inapte au commandement…Le gauchiste dira que ce n’est qu’une question d’éducation et le libéral que ce n’est qu’une question de liberté, comme si il suffisait de suivre des cours de philosophie ou de choisir d’être philosophe pour être un bon philosophe…Christian a écrit :
La réponse à cette diatribe est tellement évidente, contenue dans le texte lui-même, qu’on se demande comment quelqu’un de si intelligent et cultivé que vous ne s’est pas frappé le front et effacé le message avant de le publier.
Relisez les passages que j’ai marqués en rouge. Dans votre fable, où voyez-vous que les deux ‘prédateurs’ ont exclu Vendredi du Système (comme vous l’appelez) ? Ils ont rendu obsolète son activité. Voulez-vous dire que l’être humain est réductible à une seule activité économique ? Qu’ayant commencé son existence professionnelle dans la comptabilité ou la mécanique, il sera à tout jamais incapable d’en changer ? que ses neurones et ses muscles sont pour le restant de sa vie conditionnés à aligner des chiffres et serrer des boulons ?
J'ai déjà répondu plus haut sur la "beaufisation" du monde depuis les années 60, et sur les lourdes responsabilités, à ce sujet, qui pèsent sur les gauchistes. Ce processus a commencé il y a quarante ans alors que le libéralisme n'était vraiment pas à la mode. Vous auriez pu avoir la bonté de lire ce passage et d'y faire au moins allusion, même pour n'en être pas d'accord.Miles Christi a écrit : Il faudrait aussi discuter du meilleur des mondes version libérale, car on constate que dans les sociétés libérales les gens rivalisent surtout en beaufferies, on est très loin de la soi-disante saine émulation de laquelle émerge ce qu’il y a de meilleur dans l’homme. En terme de morale et d’intelligence il y aurait beaucoup à dire
C'est moi qui ai souligné le passage en gras. La thèse des inégalités naturelles n'est pas incompatible avec le libéralisme ; elle n'est pas spécialement compatible non plus ; elle est indifférente. Car, si les inégalités naturelles sont réelles - je ne m'oppose pas a priori à cette hypothèse -, malgré tout rien ne permet de les voir à l'avance. Vous voyez un bonhomme un peu bêta devant vous : il ne cesse de dire les pires idioties, paraît à la limite de la démence ; et voici qu'apparaît, deux heures par jour, un mathématicien subtil. Vous avez devant vous un enfant un peu brute : il est juste un peu immature, ce sera un futur professeur de médecine quand il sera temps. L'homme est un potentiel permanent, il est toujours temps de tirer le meilleur ou le pire de lui-même, ou rien du tout, et personne n'a les moyens de savoir ce temps-là.Miles Christi a écrit :Vous avez raison de vous poser ces questions, et vous aurez encore davantage raison en y apportant une réponse correcte, et cette réponse que les gauchistes comme les libéraux se refusent d’entendre c’est celle des inégalités naturelles. Untel comprendra toutes les subtilités d’un raisonnement scolastique, tel autre ne dépassera pas les philosophades d’un Hayeck, untel sera capable de commander à des armées, tel autre sera inapte au commandement…Le gauchiste dira que ce n’est qu’une question d’éducation et le libéral que ce n’est qu’une question de liberté, comme si il suffisait de suivre des cours de philosophie ou de choisir d’être philosophe pour être un bon philosophe…
Le prix du ticket sera élevé, donc cela va attirer les tour-operators vers Mars (puisque le marché sera rentable), ce qui fera baisser les prix, au bout de quoi un nombre toujours croissant de personnes pourra aller faire un tour sur la planète Mars ! Et ce sera même d'autant mieux, car les premiers voyages, souvent de moins bonne qualité, seront mis dehors par les premiers clients, des riches exigeants. Les pauvres profiteront donc de services bien plus raffinés.Miles Christi a écrit : Je vais me mettre un instant dans la peau d’un libéral et je vais par exemple vous expliquer pourquoi il n’y a rien à craindre de la pollution et des dégâts environnementaux occasionnés par l’industrie des hommes : parce que d’ici-là l’ingéniosité des hommes, plus particulièrement l’esprit d’innovation des américains, aura permis de construire de vaste nefs spatiales qui permettront d’évacuer vers Mars une partie de la population terrienne une fois la terre devenue inhabitable, bien sûr le prix du ticket sera élevé, c’est pour cela qu’il n’y aura qu’une partie de la population, la plus « méritante », la plus « travailleuse » ou plutôt celle qui aura le mieux fait travailler son argent et les autres.
Les choses sont pourtant simples. Le problème n'est pas de se faire licencier, mais de ne pas trouver du travail après. C'est la grande calamité du marché du travail en France : les chômeurs restent chômeurs. C'est d'ailleurs une calamité pour tout le monde, car avec une pression de 2 millions de chômeurs sur le marché, les salaires ne risquent pas d'augmenter.Miles Christi a écrit : Oublions pour un moment les scénarii hypothétiques que vous affectionnez tant pour revenir à la réalité actuelle. Il n’y a pas si longtemps un reportage à été tourné sur une fabrique de chaussettes du Nord de la France, obligée, paraît-il, de virer à tour de bras des ouvrières françaises pour les remplacer quelques milliers de kilomètres plus loin par des ouvrières roumaines. Attardons nous sur le cas de cette ouvrière d’une cinquantaine d’années, seule, sans enfant, qui pendant 30 ans a fait consciencieusement son travail et qui pleure comme une madeleine lorsqu’elle ouvre sa lettre de licenciement. Est-il nécessaire de réduire cette femme à une activité économique ou professionnelle pour comprendre que ses chances de survie sont des plus limitées dans un monde libéral ? Non, il suffit de connaître le marché du travail : 30 ans dans la chaussette, 50 balais passés, aucun diplôme, un physique et une intelligence médiocre=> aucune chance. Et le libéral de nous dire que c’est de sa faute, qu’elle n’avait qu’à faire les bons choix et qu’il lui reste toujours des ouvertures, et Sarkozy de nous dire qu’il faut qu’elle travaille plus pour gagner plus…C’est dans ce genre de situation tragique que tout le côté bouffon du discours libéral transparaît vraiment.
Au contraire, je veux bien m'attarder, et j'en suis fier. Allez jeter un coup d'oeil sur la population anglaise avant la Révolution industrielle, et après ; vous verrez qu'ils sont devenus sacrément nombreux, on se demande pourquoi, avant la population n'augmentait presque pas ? Allez jeter un coup d'oeil sur la mortalité infantile en Angleterre en 1750 et en 1850, vous verrez une sacrée différence. Comment s'est-il fait que, indépendamment des progrès de l'hygiène (qui datent d'après), des millions de gens aient pu naître, survivre à leur enfance, avoir de quoi manger, alors qu'avant ce n'était pas le cas ? Vous vous imaginez peut-être les gentils paysans à le Le Nain, les bergères campagnardes à la Marie-Antoinette, gambadant dans les prés, se racontant des églogues ? Ils crevaient tous de faim, oui ! Et 18 heures de travail à la campagne valaient bien, et bien plus, que 12 heures à la mine ! Tout ça pour un quignon de pain rassis une fois tous les deux jours, et encore, quand tout allait bien !Miles Christi a écrit : Une fois établie la possibilité du meurtre systémique, reste à savoir si le Système a déjà eu recours à cette option. C’est vrai que la plupart du temps on parle des meurtres de masse du communisme, du national socialisme, mais jamais rien sur les meurtres du libéralisme. Serait-ce à dire que le Système est vierge de tout crime, qu’il n’a jamais fait couler le sang de l’innocent ? Bien sûr que non il suffit de regarder l’histoire, notamment l’histoire du XIXème siècle, les preuves sont accablantes : les enfants envoyés dans les mines, bousillés physiquement et psychologiquement, crevant comme des chiens dans les bas-fonds des villes anglaises, cela vaut aussi pour les ouvriers qui travaillaient dans les hauts-fourneaux, soumis à des cadences infernales et de temps à autre se prenant une coulée de métal en fusion. C’était l’âge d’or du libéralisme, le rêve du libéral : pas de droit du travail et pas de cotisation sociale. Il serait intéressant de faire une estimation du nombre des victimes du libéralisme au XIXème. Il est peu probable que les tenants de l’idéologie dominante actuelle s’attarderont sur le sujet.
L’URSS appliquait assez bien ma foi le programme fixé par Lénine : dictature du prolétariat, collectivisation des terres agricoles, planification de l’économie, etc. Ni les Etats-Unis ni la France (ni d’ailleurs les autres pays) n’incarnent les idéaux du libéralisme, certainement pas avec un Etat qui carotte 45% du PIB, qui emploie 20% de la main d’œuvre et qui régule jusqu’aux plus petits détails de la vie quotidienne.la défense de l'indéfendable devant un public naïf est tout à fait possible dès lors que l'on prend le parti de rester dans l'utopie et que l'on refuse de regarder la réalité en face: c'est ce qu'ont fait les intellectuels de gauche après guerre, c'est ce que font les marchands de rêves du libéralisme aujourd'hui.
Il n’y a pas de mal à répéter que je n’ai pas su éviter la contradiction entre la liberté et la propriété, mais si votre but est de convaincre un autre que vous, il serait utile d’apporter des arguments. Relisez l’intervention où je vous donne les miens.Pourtant sans l’hégémonie anglo-saxonne cristallisée par l’Etat US, le libéralisme n’est rien : ce n’est qu’une philosophie de marchand anglais, incapable de résister à l’épreuve de la raison (vous n’avez même pas su éviter la contradiction entre la liberté et la propriété que vous avez pourtant érigés en principes fondamentaux de votre idéologie, dès le départ la rationalité de votre démarche est compromise).
Non, vous avez raison, ces individus-là (surtout les deux premiers) qui vivent des ponctions de l’Etat sur les contribuables ne convaincraient personne. Pourquoi le libéralisme se répandrait même sans l’intervention américaine ?Supposons un instant que les forces étatiques de l’Empire libéral US cessent de s’exercer sur le monde, alors c’est la faillite du libéralisme : en effet comment dans ces conditions les Sarkozy, les Minc et les Paul-Loup Sulitzer pourraient-ils continuer à vendre leur camelote libérale, qui n’est rien d’autre qu’une autojustification de leur position dominante et de leur fortune ? Par la force rationnelle de leur argumentation ? Par l’exemple moral qu’ils donnent ?allons donc…
Est-ce que je me trompe, il paraît qu’à quelques milliers de kilomètres du Nord de la France, la télévision roumaine a montré un reportage sur l’implantation d’une usine de chaussettes françaises. Des ouvrières qui vivaient dans des taudis, étaient embauchées à des salaires enfin corrects pour la région. On voyait l’une d’entre elles pleurer en ouvrant sa lettre d’embauche. Elle allait enfin pouvoir envoyer sa fille à l’université. C’était émouvant.Il n’y a pas si longtemps un reportage à été tourné sur une fabrique de chaussettes du Nord de la France, obligée, paraît-il, de virer à tour de bras des ouvrières françaises pour les remplacer quelques milliers de kilomètres plus loin par des ouvrières roumaines. Attardons nous sur le cas de cette ouvrière d’une cinquantaine d’années, seule, sans enfant, qui pendant 30 ans a fait consciencieusement son travail et qui pleure comme une madeleine lorsqu’elle ouvre sa lettre de licenciement.
Je ne sais pas si Dieu nous garantit à chaque génération une masse critique d’âmes charitables. En tout cas, les hommes politiques qu’Il nous a envoyés ont causé assez de souffrances, de guerres, de persécutions, pour que nous songions sérieusement à nous en passer.Le libéral aurait-il pénétré les desseins de Dieu pour affirmer aussi catégoriquement qu’Il fournira constamment à l’humanité des âmes charitables et en nombre suffisant pour aider les perdants du Système ? Ou alors s’inscrit-il dans la tradition rousseauiste de l’homme naturellement bon ?
Il existe au contraire une abondante littérature libérale sur le sujet. Elle répond à cette question toute simple :il suffit de regarder l’histoire, notamment l’histoire du XIXème siècle, les preuves sont accablantes : les enfants envoyés dans les mines, bousillés physiquement et psychologiquement, crevant comme des chiens dans les bas-fonds des villes anglaises, cela vaut aussi pour les ouvriers qui travaillaient dans les hauts-fourneaux, soumis à des cadences infernales et de temps à autre se prenant une coulée de métal en fusion. C’était l’âge d’or du libéralisme, le rêve du libéral : pas de droit du travail et pas de cotisation sociale. Il serait intéressant de faire une estimation du nombre des victimes du libéralisme au XIXème. Il est peu probable que les tenants de l’idéologie dominante actuelle s’attarderont sur le sujet.
Le problème est intéressant pour n’être pas nouveau.Supposons que nous ayons sur ce forum deux professionnels de la cause libérale qui sont payés 3000 dollars ou 3000 euros à chaque message échangé avec moi, Christian et MB. Quant à moi je suis payé par la cause national 1 franc symbolique à chaque message échangé, on suppose que le franc symbolique équivaut à 3000 dollars ou euros (patriotisme oblige), donc les termes de l’échange sont justes. Nous 3, nous vivons de cette activité, il y a donc un enjeu bel et bien réel : se nourrir, nourrir sa famille, se loger, loger les siens, payer leur éducation etc…
Et voilà que moi je m’en vais trouver MB et je lui dis : « vous êtes un bien meilleur défenseur de la cause libérale, que Christian, je vous propose que désormais nous n’échangions plus que des messages entre nous, le débat n’en sera que de meilleure qualité ». Et MB accepte.
Déjà j’ai brisé la belle harmonie qui unissait MB et Christian contre moi, et Christian va certainement considérer cela comme un préjudice moral : eh oui cela fait un coup au moral quand d’un seul coup on est exclu de l’échange. Mais il y a pire que l’orgueil flétri de Christian, Christian perd son activité et tous ses revenus et en plus la cause libérale reverse le salaire de Christian à MB considéré désormais comme le plus apte à faire valoir les idées libérales, déjà cela induit une très bon climat social… Et à ce moment-là j’aurais beau jeu de dire, lorsque Christian viendra éventuellement se plaindre qu’il a une famille à nourrir, qu’il est plus doué pour le latin que pour la défense du libéralisme, et qu’il n’a qu’à se reconvertir en latiniste. Seulement voilà, même si Christian est doué pour le latin, ce n’est pas demain la veille qu’il va se reconvertir en latiniste distingué, il va lui falloir faire des efforts titanesques et au bout du compte il n’est même pas assuré d’avoir un poste, et en plus il sera beaucoup moins payé, les fins de mois risquent d’être justes.
[..]
Mais chance ou malchance, reconversion heureuse ou non, reste à savoir si MB et moi nous avons le droit d’exclure Christian de la société qui initialement nous faisait vivre tous les 3. Si Christian consent à être exclu, le problème de droit subsiste, mais il est moins flagrant parce qu’il y a accord de l’intéressé, mais l’intéressé a-t-il le droit de saborder sa situation et celle de sa famille contre une situation hypothétique ? Et si Christian n’est pas d’accord c’est son droit de rester dans la société contre notre droit de l’exclure.

Je vois que vous donnez dans le subjectivisme et le relativisme, ce qui n’a rien d’étonnant pour un libéral, comme si la reconnaissance des grands penseurs était affaire de goût. La pensée n’est pas affaire de goût mais d’intelligence. Lorsque Gilles de Gennes sur un plateau de télévision déclarait à propos de Newton « A côté de lui nous ne sommes que des nains », ce n’était pas de la fausse modestie, mais la reconnaissance objective d’un grand génie par rapport auquel un physicien même brillant, mais simplement brillant, ne peut raisonnablement s’estimer être le pair. C’est aussi le même type d’appréciation qui a pu faire dire à Whitehead que la philosophie était une série de notes en marge de Platon. Et même chez les Saints chacun a son rang de gloire, mais dans ce cas-là ce n’est pas aux hommes de juger du rang de chacun.MB a écrit :
Euh, pas d'accord avec vous, là.
- pour l'absence de grands penseurs : tout dépend de ce que vous appelez grands penseurs. Tocqueville me paraît plutôt pas mal. Question de goût, peut-être. Ou plutôt : le libéralisme, c'est une myriade de penseurs ; il n'y en a pas un seul qui définisse l'ensemble : il n'y a pas d'équivalent de Marx chez les libéraux, et souvent ils ne sont pas d'accord entre eux (voilà d'ailleurs qui ruine l'argument du "système"). Il faut voir comme les marxistes brandissent leur idole et la proclament comme la parole de Dieu. Rien de tout cela chez nous. C'est peut-être pour cela que vous avez l'impression d'une absence : aucun penseur n'écrase tous les autres.
Si la fonction faisait la qualité de l’âme, si l’habit faisait le moine, cela se saurait. Si vous étudiez l’histoire de la théologie de la libération, vous tomberez sur des clercs qui ont plus une âme de marxiste qu’une âme vouée à Dieu. Nicolas Sarkozy est chef d’Etat, de là à dire qu’il a une âme de chef...MB a écrit :
- "âmes de boutiquiers et d'affairistes" ? Bof. Bayle et Smith étaient des théologiens, Tocqueville était un magistrat, Constant était un écrivain, Popper un philosophe, Hayek un "Sozialwissenschafftler". Le seul grand libéral que je connaisse, sauf erreur de ma part, pour avoir fait du business, est J.-B. Say. Et encore, une partie de sa vie seulement. Mai peut-être sont-ils des "boutiquiers" pour n'avoir pas créé des systèmes, pour n'avori pas "vu large" et prévu tout dans les détails, justement ?
Que vous dites... Il faut raisonner comme dans une enquête policière : A qui profite le crime ? Car il s’agit bien d’un crime, dont les criminels, politiquement irresponsables (c’est le principe démocratique de l’irresponsabilité politique des dirigeants, le vote ayant normalement, le cas échéant, valeur de sanction...) n’auront jamais à répondre.MB a écrit :
Personne ne se réjouit du déclin démographique de l'Occident, et encore moins de la paupérisation de la classe moyenne.
Parce que vous croyez vraiment que Jacques Attali est un socialiste ? Vous croyez vraiment au sérieux de son engagement politique ?MB a écrit :
Je pense à quelqu'un dont j'ai lu l'interview dans le Point, qui disait qu'en France il y avait "trop de pouvoir d'achat" : j'ai sursauté, je me suis dit que c'était une personne qui restait confinée dans les hautes sphères. Pas d'erreur : ce ne pouvait être que Jacques Attali. L'homme des nationalisations de 1981... pas vraiment un libéral, on en conviendra, mais un de ces nombreux courtisans dont l"Etat français est si friand - pas très libéral, tout cela...
MB a écrit :
Quant à l'abrutissement des masses, il résulte de la destruction de la tradition humaniste occidentale à la fin des années 60, par des gens comme Foucault, Derrida ou Bourdieu : des ennemis jurés du libéralisme. Faut pas chercher midi à quatoze heures !
Quant à eux qui brandissent l'argument de l'"ouverture à l'autre" pour faire passer le multiculturalisme, ce sont eux aussi des ennemis du libéralisme : 1° ils définissent les gens par la culture à laquelle ils appartiennent (beurk !), 2° ils sont prêts à justifier - entre autres - la charia, dont on ne peut pas affirmer avec certitude qu'elle eût satisfait les voeux de tous les libéraux.
Votre argument ne porte pas puisque la déduction par la droite raison du droit contenu dans la nature humaine n’implique pas nécessairement son respect, la raison pouvant être pervertie et/ou la volonté mauvaise. Par exemple le débat sur l’avortement est un faux débat, tout le monde sait que l’embryon est un être humain, c’est une évidence naturelle dont nous ne devrions même pas à avoir à débattre, pourtant son droit à la vie est ouvertement nié par la plupart des pays.Christian a écrit :
Le problème du droit naturel est de n’avoir justement aucune des qualités de « rigueur logique », d’adéquation avec la « nature humaine » et avec le réel, que vous lui prêtez. Si seulement vous aviez raison ! le problème de la vie en société serait réglé depuis belle lurette.
Dès le départ de votre raisonnement il y a confusion sur le terme de nature. Vous comprenez bien que lorsqu’un écologiste parle de la nature il ne parle pas de la nature humaine. L’homosexualité a toujours été dans la nature (environnante), mais jamais dans la nature de l’homme. Il est important de bien comprendre la différence entre ces deux sens de « nature », sans quoi l’on commet des paralogismes : « Il y a des homosexuels dans la nature » mais « l’homosexualité n’est pas dans la nature de l’homme ». La nature au sens métaphysique spécifie l’être, mais les sciences dites naturelles, comme la génétique n’étudie que les propriétés physiques observées dans la nature, tout ce qui est immatériel, comme la pensée, le droit, la morale sont hors de son champ d’observation et de ses compétences, ce qui ne signifie nullement qu’ils n’ont pas d’objectivité et qu’ils ne peuvent pas faire l’objet d’une autre science.Christian a écrit :
La tragédie et la grandeur de l’être humain est de n’avoir reçu de la nature aucune assignation. La nature humaine n’est pas un destin. Les comportements qu’elle inscrit éventuellement dans nos gènes comme dans ceux des animaux peuvent être contrariés par notre conscience dans un processus que nous appelons culture. Ainsi la nature prescrit aux mâles de répandre leurs chromosomes auprès d’un maximum de femelles et d’éliminer leurs rivaux. Elle ne laisse pas vivre les individus mal formés ni les plus faibles. Vous n’avez pourtant guère de sympathie pour la polygamie, l’eugénisme et l’euthanasie active.
…
CQFD
Cordialement
Christian
Sur le plan sociologique, car il y a toute une sociologie de la beauf attitude, le beauf n’a que peu à voir avec le gauchiste : le gauchiste est un individu qui par la subversion, la provocation, souhaite renverser l’ordre établi et en plus se prétend intellectuellement supérieur : si vous ne comprenez rien aux différentes « formes d’expression » soixante-huitardes, que vous n’y voyez que pornographie, fumisteries et désordres moraux c’est que vous êtes un idiot réactionnaire incapable d’apprécier les subtilités artistiques, ou tout simplement un facho.MB a écrit :
J'ai déjà répondu plus haut sur la "beaufisation" du monde depuis les années 60, et sur les lourdes responsabilités, à ce sujet, qui pèsent sur les gauchistes. Ce processus a commencé il y a quarante ans alors que le libéralisme n'était vraiment pas à la mode. Alors arrêtez avec tout ça, vous commencez à me chauffer. Vous auriez pu avoir la bonté de lire ce passage et d'y faire au moins allusion, même pour n'en être pas d'accord.
Au passage, vous n'avez pas idée de l'extension abyssale de la "beaufferie" dans les sociétés soumises à l'influence soviétique, ou dans les sociétés socialistes en général ; exemple d'ignorance d'autant plus répandu en Occident qu'il est très difficile de représenter le phénomène, tellement il dépasse les bornes de l'imagination.
Vous mélangez deux choses : la reconnaissance de l’existence objective des inégalités naturelles, qui n’est pas une hypothèse, mais un simple constat observationnel, et le moyen pratique d’évaluer les facultés individuelles, moyen souvent faillible certes, entraînant parfois des erreurs d’orientation, mais moyen nécessaire pour le bon fonctionnement de la société : c’est le refus de mettre en place ces moyens d’évaluation qui provoque l’engorgement des facs par des individus qui ne sont pas faits pour les études supérieures, des individus auxquels le système a fait croire, comme vous dites, qu’ils étaient des « potentiels permanents », que chacun d’eux était en puissance un Newton ou un Platon, tout ceci est ridicule surtout lorsque l’on constate l’inaptitude à penser de la plupart. C’est dommage pour eux et pour le reste de la société, car ils perdent leur temps, ils en font perdre aux autres, alors que si il n’y avait pas ce snobisme des études supérieures ils pourraient s’épanouir et vivre très heureux en exerçant par exemple le métier de boucher-charcutier, d’ouvrier ou d’artisan, et par la suite, si jamais ils ont des talents qui se révèlent sur le tard, avoir la possibilité de suivre des cours du soir.MB a écrit :
C'est moi qui ai souligné le passage en gras. La thèse des inégalités naturelles n'est pas incompatible avec le libéralisme ; elle n'est pas spécialement compatible non plus ; elle est indifférente. Car, si les inégalités naturelles sont réelles - je ne m'oppose pas a priori à cette hypothèse -, malgré tout rien ne permet de les voir à l'avance. Vous voyez un bonhomme un peu bêta devant vous : il ne cesse de dire les pires idioties, paraît à la limite de la démence ; et voici qu'apparaît, deux heures par jour, un mathématicien subtil. Vous avez devant vous un enfant un peu brute : il est juste un peu immature, ce sera un futur professeur de médecine quand il sera temps. L'homme est un potentiel permanent, il est toujours temps de tirer le meilleur ou le pire de lui-même, ou rien du tout, et personne n'a les moyens de savoir ce temps-là.
Qui êtes-vous pour décréter, de vous-même, les aptitudes naturelles d'un tel ? Et d'ailleurs, qui a les capacités, les compétences pour le faire ? Quel culot ! C'est justement pour lutter contre cette outrecuidance que l'on a décidé de rester modeste et de postuler, par défaut, l'égalité de tous. C'est peut-être un non-choix, une absence de décision, un pyrrhonisme social ; mais cette position, en réalité, concerne celui qui la prend (ne pas s'arroger des droits ridicules) plus que ceux qu'elle vise. Et c'est pour cela qu'on la doit tenir.
A supposé qu’ils aient survécu aux crashs des vaisseaux spatiaux poubelles, les vaisseaux « low cost ». C’est comme pour le Titanic, dans ces cas-là il vaut mieux être en première classe, celle du dessus…MB a écrit :
Le prix du ticket sera élevé, donc cela va attirer les tour-operators vers Mars (puisque le marché sera rentable), ce qui fera baisser les prix, au bout de quoi un nombre toujours croissant de personnes pourra aller faire un tour sur la planète Mars ! Et ce sera même d'autant mieux, car les premiers voyages, souvent de moins bonne qualité, seront mis dehors par les premiers clients, des riches exigents. Les pauvres profiteront donc de services bien plus raffinés.
C’est surtout ultra-simpliste et cela ne tient pas compte de ce qui est essentiel dans la vie d’un homme pour s’épanouir et mener à bien ses projets : la stabilité. Ainsi on nous présente cet ingénieur en aéronautique, qui s’est fait licencier par Boeing et qui ne retrouvant plus de job dans l’industrie aéronautique s’est mis à vendre des cornets de frite et des hot-dogs, on nous le présente comme un modèle de flexibilité. C’est un américain, il est imprégné de culture libérale, il a « signé » pour vivre dans ce type de société, il est heureux comme cela, grand bien lui en fasse, nous sommes français, nous n’avons rien à faire de cette sous-culture libérale made in UK/USA, nous n’avons pas signé et nous nous moquons bien de ce pitoyable exemple de flexibilité. Là encore cette dévalorisation de l’homme de savoir, tributaire des caprices du marché a quelque chose de la révolution culturelle maoïste. Peut-être verra t’on un jour les professeurs de philosophie de Harvard se prostituer lorsque la philo aura été complètement évincée du marché.MB a écrit :
Les choses sont pourtant simples. Le problème n'est pas de se faire licencier, mais de ne pas trouver du travail après. C'est la grande calamité du marché du travail en France : les chômeurs restent chômeurs. C'est d'ailleurs une calamité pour tout le monde, car avec une pression de 2 millions de chômeurs sur le marché, les salaires ne risquent pas d'augmenter.
Pourquoi les chômeurs restent-ils chômeurs ? Parce que personne n'est là pour leur trouver du travail. Pourquoi cela ? Car 1° le marché du travail français ralentit la motivation de celui qui voudrait embaucher (car il est extrêmement difficile de se séparer de quelqu'un qui a fait illusion lors d'un entretien et de sa période d'essai), 2° il est très difficile de monter et de tenir une entreprise en France (un ami m'en a parlé : il veut ouvrir un restau sur une péniche ; il a renoncé, car devant payer, pour ce type de situation, 7 types d'impôts différents pour autant d'administrations et de collectivités, plus toutes les autorisations), 3° parce que la France déborde de personnes qui sortent sous-qualifiées et lobotomisées de l'Educ-Nat. Administration qui n'est pas spécialement libérale, prière de ne pas me contredire...
Les gens qui se font licencier aujourd'hui, et qui auront toutes les peines du monde à retrouver un travail par la suite, sont victimes d'une sorte de système administré qui fait tout pour empêcher le marché de les réembaucher. C'est pourtant pas compliqué, non ?
MB a écrit :
Au contraire, je veux bien m'attarder, et j'en suis fier. Allez jeter un coup d'oeil sur la population anglaise avant la Révolution industrielle, et après ; vous verrez qu'ils sont devenus sacrément nombreux, on se demande pourquoi, avant la population n'augmentait presque pas ? Allez jeter un coup d'oeil sur la mortalité infantile en Angleterre en 1750 et en 1850, vous verrez une sacrée différence. Comment s'est-il fait que, indépendamment des progrès de l'hygiène (qui datent d'après), des millions de gens aient pu naître, survivre à leur enfance, avoir de quoi manger, alors qu'avant ce n'était pas le cas ? Vous vous imaginez peut-être les gentils paysans à le Le Nain, les bergères campagnardes à la Marie-Antoinette, gambadant dans les prés, se racontant des églogues ? Ils crevaient tous de faim, oui ! Et 18 heures de travail à la campagne valaient bien, et bien plus, que 12 heures à la mine ! Tout ça pour un quignon de pain rassis une fois tous les deux jours, et encore, quand tout allait bien !
Je pense toujours à une réalité assez étonnante. Les premiers opposants à la révolution industrielle n'ont pas été ceux qu'on croit. C'étaient les gentlemen farmers de la jolie campagne anglaise, qui se plaignaient de ce que leurs ouvriers, qui avaient toujours été si gentils et si obéissants, allaient en ville, parce que - bonté divine - ils étaient mieux payés ! Seigneur, quel scandale ! Désormais, ils allaient avoir le choix de leur employeur ! Ils allaient gagner assez pour s'adonner à des consommations diaboliques (le thé ! quelle horreur) !
C'était aussi des intellectuels urbains qui partaient du principe qu'il était bon et inscrit dans la nature que le peuple souffrît et fut forcé d'obéir par la nécessité. Ceux-là, à la fin, sont devenus marxistes, et se sont réjouis de l'exploitation de l'homme par l'homme communiste. Jamais le peuple n'a été autant harassé, bafoué, exploité que dans les sociétés communistes : mais c'était ce qu'ils voulaient, que la société tout entière fût soumise au pouvoir politique. Vous souhaitez cela vous aussi ?
Des crimes contre l’humanité : « Le parc à bêtes humaines » et la vente d’enfants comme esclaves
L'Angleterre, dont le revenu moyen de chaque habitant surpasse de près de moitié celui d'un habitant de la France; — l'Angleterre, à côté d'une opulence qui défie toute comparaison, exhibe les haillons et les vices de la plus affreuse, de la plus dégradante misère, sans que, de tous les trésors de son industrie, elle ait encore pu tirer assez de travail pour assurer de l'ouvrage et du pain à tous ses enfants. Un septième de ses habitants manque de francs. Le rapport de la dette à la population est de près de 900 francs pour chaque habitant.
(L'Angleterre possède 94 vaisseaux de ligne, 117 frégates et 324 autres bâtiments de l'État, sans compter une immense marine marchande (20,900 bâtiments soit à voiles, soit à vapeur). Elle exporte, dans un an, pour 6 ou 700 millions de cotonnade, ce qui fait, pour un seul détail, un compte de vente plus élevé que tous les comptes réunis de l'exportation manufacturière de la France. *
L'Angleterre offre une superficie de 35,000,000 arpents, dont 40,000,000 sont cultivés; 9,000,000 d'individus suffisent aux besoins de son agriculture (De Villeneuve). Elle a 86 canaux, et 170 lignes
de chemins de fer. 3 Le revenu total de l'Angleterre s'élève à 12,870,476,373 francs…)
La misère revêt de telles formes, descend à de telles profondeurs, prend une telle extension, en Angleterre, qu'elle y a reçu un nom spécial qui la définit, qui la particularise. Ce nom est paupérisme, lequel s'est, depuis, généralisé, en généralisant la chose sous son mot.
(…)
Tous les casual paupers ne sont pas reçus dans les asiles de charité qui leur sont ouverts à Londres. Ceux qui en sont exclus ou sortis, ou qui échappent à la prison qui les menace, ou qui manquent du penny que coûte le lit des plus infimes Lodging houses *, viennent par bandes, et comme des parias chassés de leur caste, bivouaquer, la nuit, dans les niches des ponts, sur la litière des marchés, sous le péristyle des maisons, sous les arches du Blackwal-Railway ', ou sur la terre humide, sous les arbres de Hyde-Park, mourant de froid et de faim, à quelques pas du palais qu'habité la reine. Quant aux pauvres domiciliés, leur habitation n'est guère meilleure ni leur condition moins à plaindre. A Londres, la merveille des cités pour l'élégance des habitations et la salubrité des rues, les pauvres sont entassés dans des taudis infects, croulants, bâtis dans des ruelles affreuses, autour de cours étroites, et quelquefois jetés au hasard, pêle-mêle, dans des terrains couverts d'immondices, sans rues tracées, sans éclairage ni passage, et où les eaux, saturées de matières végétales et animales en putréfaction, croupissent en plein air, en formant ça et là des ruisseaux, des fossés, et même de véritables marais 3. C'est dans le district de White-Chapel, dépendant de la Cité, que les pauvres de la métropole font par-meubles. Les lits y sont inconnus. Les hôtes,— mâles et femelles, — couchent en tas sur le plancher; — masse de pauvreté, de fange, de vice et de crime; — assemblage de tout ce qui est physiquement nauséabond, et moralement odieux ; — chaos de dénuement, d'intempérance, de maladies, de libidinisme, de saleté, de dépravation, qui ne se rencontre dans aucune autre partie du globe que celle-ci » (Ledru-Rollin, Décadence de l’Angleterre, 1.1, p. 253).
….
A Liverpool, c'est Dale-Street. Dale-Street est le rendez-vous général de la misère, comme Church-Street celui du vice. Parcourez Dale-Street, comme je l'ai fait, et, comme moi, vous serez coudoyé à chaque pas par la misère en haillons, la misère aux regards inquiets, aux joues pâles et creuses, qui marche les pieds nus, qui végète ou grelotte, pleure, boit et se bat dans les humides cellars des chétives maisons dont la vieille ville est semée. Dans cette ville si belle, qui montre à l'admiration du voyageur des rues entières de palais et le port le plus riche du monde, la partie inférieure de la population, les ouvriers vivent en majeure partie dans des caves, cellars, ou dans des cours fermées, et manquent d'air avant de manquer de pain. Le docteur Duncan a compté 8,000 de ces caves habitées par plus de 35 à 40,000 personnes. Sur 2,392 cours visitées par les préposés du Conseil de ville, 1,703 ont été trouvées closes de partout, comme pour empêcher la circulation de l'air. Sur 6,571 cellars soumis à la même visite, 2,988 ont été trouvés trempés d'humidité, et un tiers au moins du nombre total creusé à cinq ou six pieds au-dessous
du niveau de la rue2
(…)
Dans la paroisse de Mottisfont, j'ai connu quatorze individus d'une même famille habitant une seule et même chambre. Un frère et une sœur de dix-huit et vingt ans couchaient, dans le même lit, à côté de leurs père et mère. Quelquefois le père était absent, la nuit, ou la mère, ou tous deux, en même temps... Alors... «II y a trois ou quatre années, un père et sa fille furent traduits devant les assises de Leeds pour avoir celé la naissance d'un enfant illégitime né de leur commerce incestueux. Une autre fille devint enceinte du fait de son père avec lequel elle couchait en même
temps qu'avec sa mère '... » Etc., etc., etc... Comment donc le travail, dans une nation aussi éminemment agricole et industrieuse que l'est l'Angleterre, ne parvient-il pas à tirer les classes ouvrières de cette vie bestiale, de cette fange ?
II existe à Londres un parc à bêtes humaines. Ce sont les arches du Blackwal-Railway. Là, on peut voir des familles entières entassées pêle-mêle, à l'injure du temps : des enfants bercés par le vin et le crime, côte à côte avec les plus viles prostituées et les plus infâmes voleurs »
(…)
Les femmes et -les enfants sont les premières victimes du travail antagoniste de l'Angleterre. Produire le plus possible, au plus bas prix possible, étant la condition de vitalité de l'industrie anglaise, l'industrie anglaise a arraché la femme à ses enfants, l'épouse à son mari, pour en faire l'instrument au rabais de sa machine productive. Qu'importé que la femme, ainsi enlevée au foyer domestique, en perde les vertus? Ce n'est pas de vertus, mais de bon marché, qu'il s'agit pour la prospérité de l'industrie anglaise. C'est pourquoi, avec la mère, il lui faut aussi les enfants. Il y a, à Londres, dans le faubourg de Bethnal-Green, un marché aux enfants dont M. Hickson nous a révélé l'odieux commerce. «Un père, une mère mène son enfant au marché; ils le crient comme une marchandise, l'étalent aux yeux et le laissent palper comme une bête de somme ; ils le livrent enfin, pour être exploité, dans l'âge où les forces naissent à peine, au premier venu, pourvu qu'il soit le plus offrant, heureux qu'ils sont de s'être débarrassés d'une bouche inutile, en gagnant un ou deux shellings par semaine, pour prix de la location. L'accord conclu, l'acquéreur fait de l'enfant ce qu'il veut, un ouvrier, une servante, un domestique ; l'enfant lui appartient exclusivement douze ou quinze heures par jour % car les parents n'ont pas exigé, pour cette malheureuse créature, une autre éducation que celle de l'esclave. » L'esclavage des enfants, voilà le caractère des sociétés qui reposent sur l'industrie ; ce fait caractéristique est surtout frappant dans la Grande-Bretagne, en raison directe des développements que l'industrie y a reçus. C'est sur les enfants que pèsent les plus pénibles fonctions : ils servent de suppléments et d'auxiliaires aux machines, préparent les matières premières de la fabrication, essuient les exhalaisons malsaines, portent les fardeaux, et sont attelés aux œuvres les plus dégoûtantes, comme les plus épuisantes pour leur santé. Que dirons-nous donc du travail des mines, ces ergastules souterrains où de pauvres enfants des deux sexes sont ensevelis tout vivants?
Les rapports de la commission parlementaire instituée, en 1832, dans le but d'examiner la condition des enfants et des femmes ouvrières dans les manufactures des divers districts de la Grande-Bretagne. Ces rapports forment 4 grands volumes in-folio de plus de 2000 pages. * « Dans plusieurs mines, les couches de charbon n'ont guère que 14, et dépassent rarement 30 pouces d'épaisseur. Les ouvriers travaillent couchés. Ils sont dans un état de nudité complète. Ce sont des enfants qui trament les wagons de charbon dans des galeries qui n'ont que 16 à 20 pouces d'élévation. Pour accomplir ce travail fatigant, ces petits malheureux sont obligés de ramper sur les pieds et sur les mains. Les filles âgées de 6 à 10 ans sont occupées de la même manière que les garçons. Elles sont habillées de même. Il n'est guère possible, d'ailleurs, de distinguer dans l'obscurité des galeries la moindre différence entre les deux sexes
L'agriculture, pourtant, a fait en Angleterre plus de progrès qu'en aucune autre contrée de l'Europe. Mais, qu'importé la culture savante qui fait rendre à la terre tout ce qu'elle peut donner? Qu'importent les moissons fécondes, les gras pâturages, les bestiaux modèles, si le peuple des campagnes, si le salarié de la glèbe meurt de faim? Il n'y a, en effet, dans les campagnes anglaises, que des fermiers entrepreneurs de cultures en grand, et des journaliers qui ne possèdent rien et qui ne peuvent obtenir le moindre petit coin de terre à cultiver '. Autrefois, chaque villageois avait sa vache et son porc et un enclos autour de la maison. Là où un seul grand fermier laboure aujourd'hui, trente petits fermiers vivaient autrefois; de sorte que, pour un individu plus riche à lui seul que les trente fermiers d'autrefois, il y a maintenant vingt-neuf journaliers misérables dont
plus de la moitié est de trop. Aussi, le gouvernement conseille-t-il, et favorise-t-il à grands frais, l'émigration des paysans, comme le seul remède à leur misère toujours croissante. Qu'ils émigrent dans les pays soumis à l'Angleterre ou ailleurs, cela importe peu.
Le deuxième rapport de la commission des pauvres contient une supplique de 31 chefs de famille de la paroisse de Bledlow, comté de Buckingham, dans laquelle ces malheureux disaient : « Beaucoup de nous, quand ils se présentèrent devant les magistrats, à deux heures, le 4 décembre 1834, n'avaient pas mangé depuis la veille. Nous ne demandons pas mieux que de louer bien cher un coin de terre, pour y planter des pommes de terre, mais personne ne peut nous en procurer! » (
First annual report., App., p. 348). *
Quarterly Review, mars 1830. Les 5/6 du sol appartiennent à
30,000 propriétaires à peine.
(…)
Réforme religieuse du seizième siècle. — Confiscation des biens du clergé et des hôpitaux. —Conséquences. — Myriades de pauvres à la charge des paroisses. —
La réforme religieuse du seizième siècle n'aboutit en Angleterre, qu'à ce triple résultat : — que les immenses richesses territoriales du clergé catholique passèrent aux mains du roi, des nobles et du clergé protestant * ; — que le clergé protestant se regarda comme propriétaire absolu, et non plus seulement comme dépositaire de ces richesses, qui formaient précédemment le patrimoine des pauvres ; — qu'enfin la suppression des ordres religieux et des couvents, et la confiscation des biens des hospices et hôpitaux qui en dépendaient *, privèrent les pauvres, non-seulement
du pain quotidien qu'ils recevaient de la charité des monastères, mais encore des asiles et des secours réguliers auxquels ils avaient légitimement droit ". De là, les flots d'indigents, de mendiants, de vagabonds…Le clergé catholique était propriétaire des 7/10 du royaume. 1,041 maisons religieuses jouissaient annuellement de 273,000 livres sterling de rente, somme prodigieuse pour cette époque. Dans cette somme ne sont pas compris les dîmes, amendes, redevances et autres droits ecclésiastiques qui pouvaient s'élever à deux fois autant (John Wade, Middle and working classes, p. 38).
Le clergé protestant d'aujourd'hui, pour 6,500,000 âmes qu'il gouverne spirituellement, jouit d'un revenu temporel de 240 millions de francs, revenu qui dépasse, à lui seul, ceux de tous les clergés
réunis du monde chrétien, lequel renferme 203,728,000 âmes. » Voy. ci-dessus, t. II, p. 219. »
100 hôpitaux furent ainsi détruits par la réforme (Voy. de Sève-linges, Biographie de Henri VIII]. >
Voy. Blackstone, t. II, ch. I. « Voy. ci-dessus, t. II, p. 219, 227, 293 et suivant..
MB a écrit :
PS : avez-vous lu Hayek ? Vu comme vous écrivez son nom, cela m'étonnerait.
MB a écrit :
Il y a, MC, un problème de fond dans votre argumentation. Ce problème, qui rend la communication difficile entre nous, c'est la notion de "système". Cette notion - que vous avez introduite comme ça, sans en démontrer la pertinence, éventuellement en vous contentant de la suggérer - me paraît biaiser tout type de regard et même l'aveugler.
Pourquoi ? C'est que, une fois que vous l'avez postulée, vous y faites tout correspondre. La case est prête : tout rentre dedans. Quand une politique est libérale, c'est pour faire marcher le système libéral. Quand une politique n'est pas libérale, c'est quand même pour faire marcher le système libéral. On ouvre les frontières : c'est le système. On les ferme : c'est le sytème. Etc, etc.
A tout cela, je dis : non, non et non. Je n'accepte pas ce genre d'argumentation, et tout esprit honnête se doit de rejeter en bloc cette manière de penser. Quand on cherche à analyser la réalité, on doit se fonder sur la réalité, c'est-à-dire, non sur des idées, des généralités. La réalité, c'est mille petits détails dont chacun doit être décortiqué et compris pour permettre une authentique compréhension des choses.
Vos contributions nous font passer sans transition du monde des idées à celui des choses ; comme parfois elles ne correspondent pas tout à fait, vous vous rattrapez en faisant rentrer tout cela dans un système, parfois - je dois l'avouer - jusqu'à la bouffonnerie (puisqu'il vous est arrivé de mettre dans le même sac, au non de ce "système", gauchistes et libéraux, c'est un comble). Il manque un intermédiaire dans ce processus. Le monde des idées n'est pas le seul lieu possible de réflexion. Ce qui me donne envie de faire cette citation de Christian, que je viens de lire dans le fil d'à-côté ; il parle de la pensée de gauche, mais on pourrait parler aussi de la vôtre :
Une caractéristique de la pensée de gauche est de faire porter à des abstractions, « l’économie », « le marché », « la société capitaliste », comme si elles étaient des agents moraux, la responsabilité de nos comportements individuels. Il est temps de sortir du fétichisme.
Il y a peut-être, dans cette attitude, deux causes. L'une devrait être reliée à la culture française profonde (d'ailleurs vous vous en revendiquez) : la primauté absolue accordée à la réflexion théorique sur la pratique. Le détail de la réalité, c'est insignifiant, c'est un truc d'épicier, de boutiquier. Je pense à une spécificité culturelle française en me rappelant cette différence entre deux expressions : en allemand, on dit "le bon Dieu est dans le détail" ; en français, on dit "le diable est dans le détail". Tout est dit !
D'autre part, il me paraît y avoir un biais situé dans une sorte de formation, ou d'esprit philosophique. Tout est dans les idées ; elles seules comptent ; le reste n'est que mesquinerie. Donc finalement, une fois qu'on a décidé d'appliquer une idée au réel, cette transmission au réel n'est affaire que d'intendance. Ca se fait tout seul, n'est-ce pas ? Eh bien non, je regrette.
La supériorité des ordres polycentriques pour gérer l’information dans les systèmes complexes
Dans la seconde partie de « La Logique de la liberté », Polanyi étend ces principes au-delà de la science et les généralise à l’ensemble des ordres sociaux polycentriques, qu’ils soient culturels, politiques ou économiques. Il fait une véritable théorie générale des ordres polycentriques, qui paraît avoir nourri la réflexion de Hayek sur le même sujet ainsi que les travaux des théoriciens des systèmes.
L’idée de base est que les ordres monocentriques, hiérarchisés (corporate orders) peuvent gérer une moindre quantité d’information que les ordres polycentriques spontanés (spontaneous self-adjusting orders)
(...)
Par-delà ces considérations historiques et économiques, Polanyi utilise des arguments de type formel. Il définit la complexité d’un système, et sa capacité à gérer un flux d’évènements nouveaux et aléatoires, par la cadence selon laquelle les relations bilatérales d’élément à élément peuvent être contrôlées par le système par unité de temps en fonction des changements survenus. Il constate alors la supériorité quantitative écrasante, à cet égard, des ordres polycentriques sur les ordres hiérarchiques.
Donnons ci-après une des quatre démonstrations avancées par Polanyi, (...)
Philippe Nemo (Histoire des idées politiques aux Temps modernes et contemporains)
Léon Walras fournit dans ses Elements d’économie politique pure une réponse à une question scientifique marquante posée par quelques-uns de ses prédécesseurs. Notamment, Adam Smith dans « An Inquiry into the Nature and Causes of the Wealth of Nations » s’était demandé pourquoi un grand nombre d’agents motivés par l’intérêt individuel et prenant des décisions indépendantes ne créent pas un chaos social dans une économie de propriété privée. Smith lui-même avait acquis une profonde compréhension de la coordination impersonnelle de ces décisions grâce aux marchés des biens. Cependant seul un modèle mathématique pouvait prendre pleinement en compte l’interdépendance des variables impliquées.(...)
Debreu, 1987
Rappelons quand même l’importance de la notion de système pour appréhender le réel, car le réel contient une multitude de systèmes : système solaire, système nerveux, système d’échange etc...
Les visions respectives de l’économie de marché comme un système supposé décentralisé (la vieille question de la « main invisible » chez Adam Smith) sont profondément affectées par ces représentations, et la trace de cette opposition est encore très présente dans la théorie moderne
Le système, au milieu du XVIIIème siècle n’a plus le vent en poupe : associé à « l’esprit de système », il caractérise une époque de l’histoire de la philosophie que l’on croit révolue(...) le prestige de la science newtonienne et la montée de l’empirisme expliquent alors un tel dédain.
(...)
Comme le montre sa classification des sciences, la philosophie d’Aristote est un édifice encyclopédique qui ne le cède en cohérence et en rigueur à aucun système moderne.
Face à une philosophie aussi factice et mondaine, si loin de la vérité et de son unité, les penseurs allemands ont réagi, ce qui a pu faire dire à Alain :
Je suis comme les ruisseaux : je suis clair parce que je ne suis pas profond
Je regrette seulement d'avoir trop brièvement parlé d'Aristote, le prince des philosophes, et de ne pas l'avoir présenté tout entier avec sa profondeur inimitable et son poids de nature. Toutefois, le Hegel peut tenir lieu d'Aristote, car c'est l'Aristote des temps modernes, le plus profond des penseurs et celui de tous qui a pesé le plus sur les destinées européennes.
Par conséquent ceux qui voient dans la philosophie allemande un système monstrueux devraient se rappeler que ce système a été construit en réaction à un système tout aussi monstrueux, celui de l’hydre anglo-saxonne, c’était en quelque sorte un terminator chargé d’éliminer un autre terminator.
L’Encyclopédie des sciences philosophiques est la dernière Somme - ici achevé en un Tout ou Système organique - du savoir humain qui ait été édifiée.
Voilà le point. Vous dites de vous-mêmes ce que je vous ai reproché (au moins là-dessus, nous sommes d'accord). Il n'y a pas d'unité doctrinale dans le libéralisme ; chacun a son angle de vue. En quoi est-ce un problème ? Il y a dissémination des idées, il n'y a pas de "parole de Dieu", mais personne ne l'a jamais cherché. Pourquoi faudrait-il un "Grand timonier" des idées toutes les fois qu'elles sont émises ?Miles Christi a écrit :Pour en revenir aux penseurs du libéralisme, les penseurs d’ordre mineur ou pseudo-penseurs y sont effectivement légion, mais c’est bien connu que la quantité n’a jamais fait la qualité. La philosophie classique avait son Platon, la scolastique médiévale son Saint Thomas d’Aquin, la philosophie moderne son Descartes...et la « philosophie » libérale ? (il vaudrait peut-être mieux parler du fourre-tout libéral).Disons que chez les libéraux il n’y pas de tête qui émerge pour rassembler, rationaliser et organiser en une Somme les petites œuvres libérales, cela reste comme chez les protestants une multitude de courants sectaires sans véritable unité.
Cette stabilité "à la française" n'a jamais existé ; ou plutôt, elle a existé à partir des Trente Glorieuses, dont on peut dire, en un sens, que cette période a été une exception dans l'histoire française. Il n'est écrit dans les gènes d'aucune économie qu'elle doit croître, en temps normal, à un rythme de 5 % par an. Nous nous sommes habitués aux rythmes agréables de cette époque, alors qu'il n'avaient rien d'évident.MC a écrit : C’est surtout ultra-simpliste et cela ne tient pas compte de ce qui est essentiel dans la vie d’un homme pour s’épanouir et mener à bien ses projets : la stabilité. Ainsi on nous présente cet ingénieur en aéronautique, qui s’est fait licencier par Boeing et qui ne retrouvant plus de job dans l’industrie aéronautique s’est mis à vendre des cornets de frite et des hot-dogs, on nous le présente comme un modèle de flexibilité. C’est un américain, il est imprégné de culture libérale, il a « signé » pour vivre dans ce type de société, il est heureux comme cela, grand bien lui en fasse, nous sommes français, nous n’avons rien à faire de cette sous-culture libérale made in UK/USA, nous n’avons pas signé et nous nous moquons bien de ce pitoyable exemple de flexibilité. Là encore cette dévalorisation de l’homme de savoir, tributaire des caprices du marché a quelque chose de la révolution culturelle maoïste. Peut-être verra t’on un jour les professeurs de philosophie de Harvard se prostituer lorsque la philo aura été complètement évincée du marché.
Faux, la plupart de ces rigidités datent de ces vingt dernières années. Encore à la fin des années 70, embaucher quelqu'un - alors qu'il n'y avait pas encore de fax et d'ordinateurs - ne prenait que quelques minutes. Toutes ces entraves ont été créées par des administrations sociales qui cherchaient quelque chose pour ne pas se tourner les pouces. Je vous assure, ayez confiance en moi, pour une fois, je suis sûr d'avoir raison ; ou alors, si vous avez une autre solution, je suis preneur.MC a écrit : Pour le reste vous vous défaussez sur les rigidités administratives du droit du travail, mais manifestement il ne vous est pas venu à l’esprit que ces rigidités avaient été instaurées comme réponses aux abus du libéralisme, du temps où l’employeur pouvait jeter son employé comme un kleenex, sans même à avoir à se justifier.
Vous avez une vision complètement fantasmée du monde de l'entreprise : à partir d'un ou deux cas, généraliser la chose à 3 millions d'entités ! S'il y a des boîtes occupées par des parasites professionnels, ce seraient plutôt celles des noyaux durs balladuriens, des entreprises nationalisées, où pour devenir dirigeant, il faut montrer son annuaire des Anciens de l'ENA, de l'X ou de Centrale. Bref, des sociétés les plus proches de l'Etat colbertiste.MC a écrit : Il est d’ailleurs assez cocasse de voir comment les libéraux pointent du doigt les fonctionnaires, lorsque l’on sait le nombre de parasites qui sévissent dans les sociétés privées, et ceux-là ce ne sont pas des petits. Lorsqu’un incompétent notoire parvient à un poste de direction par copinage, par complaisance, il y a de fortes chances pour qu’ils s’entourent d’incapables, craignant qu’un homme valable s’aperçoive très rapidement de son impéritie et le dénonce publiquement ou tente de le supplanter, par conséquent il va tenter de pénaliser les gens méritants qui eux pensent au bien commun de la boîte refusant de participer à la mise en coupe réglée de l’entreprise jusqu’à la faillite, jusqu’à ce que la bête parasitée s’écroule. Il est donc normal de protéger l’employé contre les manœuvres sournoises ourdies par les parasites sociaux.
La philosophie libérale a un auteur dont vous ne disputerez pas l’autorité, Celui qui a écrit « Tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, tu ne tromperas pas, tu honoreras tes père et mère, tu ne commettras pas d’adultère » C’est assez clair. Il n’est pas besoin de philosophes majeurs ou mineurs pour décrypter. Et puis, c’est universel. Applicable au Kamtchatka comme à Zanzibar. Laissons les législateurs se chercher un emploi utile, car il appartient aux juristes de déterminer l’application de ces quelques lois simples aux cas particuliers. Voilà toutes les lois dont nous avons besoin.La philosophie classique avait son Platon, la scolastique médiévale son Saint Thomas d’Aquin, la philosophie moderne son Descartes...et la « philosophie » libérale ?
Vous concédez, avec une honnêteté qui vous honore, la capacité phénoménale du libéralisme à traiter l’information. Puis, dans la même foulée, vous vous essoufflez à expliquer pourquoi vous voulez censurer cette information : contrôle des prix, protectionnisme, redistribution des revenus, Etat-providence qui déresponsabilise les acteurs, toute la panoplie y est. N’est-ce pas contradictoire ?Le libéral m’a proposé son système, il m’en a expliqué le fonctionnement, mais il ne m’en a montré qu’un aspect, à savoir ses capacités phénoménales à collecter et traiter l’information, dont acte, seulement je souhaite l’étudier sous d’autres aspects tel que sa dynamique, son adaptation, sa réaction face à un système ennemi, sa gestion des inadaptés, la façon dont il s’étend, etc..
Votre persistance à le répéter ne remplace pas une démonstration, si vous souhaitez convaincre. La propriété trace exactement la limite des libertés de chacun (beaucoup mieux que les vagues et impraticables formules comme « la liberté de chacun s’arrête où commence celle des autres », etc.). La vérité n’est pas du ressort du juridique, sauf sous les régimes sous lesquels vous et moi n’aimerions pas vivre (hors la sanction que peuvent demander les plaignants). Elle n’a rien à faire dans cette discussion.Et c’est d’ailleurs pour cela que j’ai commencé, comme le ferait un logicien des systèmes formels (mais pas le bourgeois gentilhomme), par le plus important, c’est à dire l’analyse des principes directeurs du système : liberté et propriété (surtout pas vérité...), et que j’ai pu constater une première incohérence dès le premier niveau d’analyse, le système est vicié dans ses principes directeurs mêmes.
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