Ah, c'est dommage, cher Socrate d'Aquin, de vouloir s'arrêter au milieu du gué...
Autant certaines réalisations peuvent bien sonner (le Vexilla Regis adapté en est une), autant je crains que dans la plupart des cas on n'arrive à des choses assez laides et dénuées de racine qui risquent de mécontenter tout le monde, ceux qui veulent chanter ploum ploum tralala en paix et ceux qui veulent chanter en latin. Parce que le latin en lui-même, même séparé du grégorien, a ses avantages et ses raisons.
Ayant entendu un certain nombre de ces compositions, je ne suis pas vraiment de votre avis.
De surcroît, il conviendrait de ne pas séparer artificiellement le "monde catholique" entre progressistes chevrotant avec autant de passion que de fausses notes un "Jésus, reviens parmi les tiens" assez amusant d'une part et paroissiens de Saint-Eugène-Sainte-Cécile débitant du Palestrina à bouche que veux-tu tout en dissertant en chambre sur les poisons apportés par la Révolution française, les francs-maçons, le Concile Vatican II et la Nouvelle Messe, et en disant que rien ne va plus, et que tout fout le camp ma pauv'dame, etc.
Entre les deux, il est possible de rencontrer une "demande" favorable à cette "offre". C'est le cas aux Etats-Unis par exemple.
Bon, ce n'est pas du chant, mais l'idée y est : dans une certaine église (la même où on récite le Confiteor avant la communion et où on, pour la première fois cette année, célèbre la Semaine Sainte sans tenir compte des réformes de 1955), on récite le chapelet le jeudi et le vendredi. Bon. Pieuse dévotion que je trouve admirable, mais pourquoi nous inflige-t-on la récitation du Salre Regina en français au cours de la prière? Je ne la connais pas! Comme il ne me viendrait pas à l'idée de réciter le "Deus refugium notrum" ou le "Sancte Michael Archangelo " (prières après la messe) en français, pas par pédantisme ou je ne sais quoi mais parce que je ne connais par coeur que la version latine et pas la version française.
Effectivement, votre exemple est assez frappant. Mais comme vous le dites vous-même, il ne s'agit pas de chant. Aussi ne commenterais-je pas ce point-ci.
Moi j'ai une autre proposition, cher Socrate d'Aquin, pour prendre en compte le problème de la rupture conciliaire sans le nier tout en conservant la tradition grégorienne, en attendant ce jour béni où un nouveau Pape interdira la messe de 1969, obligera tous les prêtres latins à célébrer en latin, et rétablira l'anathème, l'excommunication, la Sainte Inquisition pour la défense de la vraie foi, ses tribunaux et ses geôles pour ceux qui ne se conforment pas à ses instructions : chacun fait ce qu'il veut. Ils veulent chanter ploum ploum tralala? Très bien, tant qu'ils ne m'obligent pas à y assister. De toute manière dans 20 ans ils sont terminés, finis : ils n'avaient pas de racine, ils ont séché quand le soleil s'est levé. Comme me disait un paroissien de la susdite église : la solution sera biologique et puis c'est tout.
Moi j'ai une autre solution, plus simple encore et autrement meilleure: être catholique. Avec tout ce que cela implique d'obéissance filiale au Saint-Siège et à l'Eglise.
Ἐν ἀρχῇ ἦν ὁ λόγος, καὶ ὁ λόγος ἦν πρὸς τὸν θεόν, καὶ θεὸς ἦν ὁ λόγος. Οὗτος ἦν ἐν ἀρχῇ πρὸς τὸν θεόν. Πάντα δι’ αὐτοῦ ἐγένετο, καὶ χωρὶς αὐτοῦ ἐγένετο οὐδὲ ἓν ὃ γέγονεν. Ἐν αὐτῷ ζωὴ ἦν, καὶ ἡ ζωὴ ἦν τὸ φῶς τῶν ἀνθρώπων, καὶ τὸ φῶς ἐν τῇ σκοτίᾳ φαίνει, καὶ ἡ σκοτία αὐτὸ οὐ κατέλαβεν.