Métazét a écrit :1. Les catholiques disent que Dieu est immuable. Pourtant Dieu, disent-ils, a créé le monde : créer n'implique-t-il pas changer ? (passer d'un statut de non-créateur à un statut de créateur). De même, la Bible nous présente un Dieu qui semble prendre des décisions dans le temps (création en 6 jours, tables de la Loi données à Moïse, etc.), revenir sur celles-ci (ex. : le Déluge), se battre avec des mortels (ex. : Jacob), naître, vivre, mourir (Jésus-Christ), etc. Tout cela semble humain, très humain, trop humain, et en tout cas, implique le devenir, le changement, pas l'immuabilité. D'ailleurs, à quoi bon faire des prières intercessoires à l'adresse d'un Dieu qui ne saurait changer ?
Il y a 3 questions dans ce paragraphe.
Dieu est. Il est de toute éternité. Il est, tout simplement. Qu'est-il ? Il est Dieu.
Il est LE Créateur, pas de mutation nécessaire pour lui pour devenir Créateur.
Lisez la Genèse : le Verbe de Dieu est une Parole Créatrice. Dieu parle et sa parole se réalise.
Je vous recommande la lecture des actes du 4e Concile du Latran (12e Concile Oecuménique) contre les Albigeois et les Cathares.
Immuable veut surtout dire que Dieu restera Dieu de toute éternité.
Ensuite son humanité : elle est réelle en la personne du Fils, le Christ Jésus.
Il s'est abaissé à la condition humaine pour nous sauver du péché et de la mort.
Mais tout en prenant la condition humaine, il est resté également Dieu.
Enfin pour les prières d'intercessions : Dieu lui-même nous le commande "Demandez et vous recevrez" (Jn XVI 24)
Comme Dieu nous aime, au point d'avoir livré son Fils Unique pour nous sauver, alors il est prêt à répondre à nos demandes justement formulées.
Métazét a écrit :2. Les catholiques disent que Dieu est bon. Alors est-il possible que Dieu puisse ne pas sauver des gens dont le seul tort serait de s'être trompés, en toute bonne foi, sur la nature de la Vérité ? (bouddhistes, athées, protestants, déistes, etc. [selon votre perspective, bien entendu]).
Ceux qui refusent le message du Christ, ceux qui refusent Dieu ne peuvent pas être sauvés puisque c'est Dieu qui peut les sauver et qu'ils le refusent.
Vous ne ferez pas boire un âne qui n'a pas soif, aussi vous ne pourrez pas sauver quelqu'un qui refuse de l'être.
S'il se sont trompés sur la nature de la Vérité c'est qu'ils l'ont refusé. Sinon c'est que la Vérité n'est jamais parvenue jusqu'à eux, en ce cas ils peuvent encore être sauvés.
Métazét a écrit :3. Si la conscience de qqn recherchant humblement et sincèrement la Vérité lui fait dire qu'il est moralement bon de forniquer, il commet certes une faute objective (selon vos critères) en forniquant. Mais puisqu'il fait cela parce qu'en conscience il croit bien agir, ne sera-t-il pas sauvé ? Inversement, si la conscience de qqn recherchant humblement et sincèrement la Vérité lui fait dire qu'il est moralement mauvais d'aller à la messe, et qu'il y va malgré tout, au mépris de sa conscience, par vice, il aura objectivement un bon comportement, mais ce dernier sera motivé par de mauvaises intentions. Sera-t-il sauvé ?
La fornication en dehors du mariage un mal "naturel". Chacun peut arriver par le raisonnement vrai à cette conclusion.
Pour la seconde partie de votre question, St Jacques dit que la Foi sans les actes est une Foi morte. Les actes sont la participation à la Liturgie et la réception des sacrements entre autres.
Mais si on n'a pas la Foi : pourquoi aller à la Messe ? Est-ce vraiment la Messe ? N'est-ce pas comme dans le cas précédent un refus de Dieu et donc de sont salut ?
C'est même pire : il y a participation hypocrite au moyen du salut. C'est la condamnation par avance !
Repensez aux paraboles des mines (St Luc) et des talents (St Matthieu) : au serviteur fidèle en peu de chose ou en chose infime, beaucoup lui est confié. La Foi n'est pas chose infime, mais à celui à qui elle est confiée et qui la cache dans un coin, alors même ce qu'il a lui est enlevé.
Métazét a écrit :4. Si Dieu est omniscient, alors il semble logique qu'il sait de toute éternité qui va être sauvé et qui n'y sera pas. Peut-on encore dire que nous sommes libres ?
Dieu ne sait pas qui va être sauvé. Ce n'est pas ce genre de connaissance qu'Il a.
Nous sommes parfaitement libres et c'est bien cela qui crée notre malheur.
Comme Dieu est bon (votre question 2), il ne peut vouloir que certains ne soient pas sauvés.
Ainsi vos questions 2 et 4 s'opposent et s'annulent mutuellement.
En fait, seule la question 2 subsiste.
Si nous n'étions pas libre, nous serions condamnés à faire le Bien, nous vivrions encore en Eden avec Adam et Eve et tous nos ancêtres.
Or Dieu nous aime tellement qu'Il nous laisse libre : libre de choisir le bien ou le mal (votre question 3 en quelque sorte).
Pour nous aider, Dieu nous a donner la Loi, les Prophètes, son Fils Unique et son Esprit-Saint.
Mais même avec tout cela, Il nous laisse libre de choisir.
Par contre, pour revenir à la seconde partie de votre question 3, si quelqu'un reçoit un sacrement sans y croire, même en simulant bien, Dieu sait ce qu'il y a au fond du coeur de la personne.
Ainsi pour reprendre votre question 2 : si quelqu'un n'a jamais entendu parlé de la Loi, des Prophètes, du Christ ni n'a reçu l'Esprit (autrement dit n'a pas été évangélisé), Dieu sait si cette personne a cherché honnêtement la Vérité et le Bien au fond de son coeur et dans ses actes.
Si tout est joué d'avance, il n'y a pas besoin de jugement. Or le Christ est très clair dans l'Evangile : il reviendra pour juger les vivants et les morts. Cela implique que tout n'est pas joué d'avance.
En effet, même l'homme mauvais a la liberté de se racheter au dernier moment. Pensez au bon larron sur la croix.
Métazét a écrit :5. J'ai entendu une fois une comparaison entre le travail de Dieu et celui d'un écrivain. Nous sommes comme les personnages d'un roman qui serait écrit par Dieu. Dieu, comme auteur, connaît pertinemment le fin mot de l'histoire, mais ce n'est pas incompatible avec la liberté, du point de vue des personnages. Ainsi, on peut très bien écrire une histoire comportant le passage : "Mikaël décida délibéremment de commencer un nouveau sujet dans le forum de la Cité Catholique". Que pensez-vous de cette comparaison ?
Absurde !
Je suis violent, ne vous mèprenez pas, ce n'est pas contre vous mais contre cette phrase.
Dieu n'est pas un écrivain. Le Christianisme n'est pas une religion du livre : ni livre donnant toute la Vérité, ni livre écrit au fur et à mesure mais dont la fin est écrite d'avance.
Cela donne d'ailleurs une grande responsabilité aux couples mariés : avoir un enfant de plus ou non !
Un enfant de plus = une personne de plus à la fin des temps
Un enfant de moins = une personne de moins qui potentiellement peut être sauvée
Or Dieu nous laisse libre de faire grandir ou non notre famille à condition d'utiliser les moyens naturels qu'Il nous a donné Lui-même : le cycle menstruel de la femme.
Métazét a écrit :6. Si Dieu est infini, omniprésent, éternel, n'englobe-t-il pas, dans sa substance, le fini, limité, temporel ? Or le théisme classique envisage Dieu comme extérieur au monde, transcendant, "tout autre", etc. Ne faut-il pas préférer le pan-en-théisme qui affirme que tout est en Dieu et Dieu est en tout ?
Si.
Le temporel est bel et bien en Dieu, n'en déplaise aux dirigeants laïcistes.
Maintenant il faut tout de même vérifier ce que recouvre véritablement la doctrine du panenthéisme qui semble soustendre une certaine relativité, relativité incompatible avec l'affirmation du Christ : "Je suis la Vérité".
Métazét a écrit :7. Si Dieu est tout-puissant, peut-il réussir à ne plus l'être ? à disparaître ? mais si Dieu pouvait se faire disparaître, comment pourrait-il être nécessaire ?
Quel rapport entre la puissance et l'existence ? Entre perdre la toute-puissance et disparaître ?
Je pense que votre question ne tient pas la route de par sa construction. Et puis nécessaire à quoi ?
Dieu est nécessaire au salut. Sans Dieu, pas de salut.
Métazét a écrit :8. Si Dieu est parfaitement bon, il ne peut pas faire de mal. Cela n'est-il pas une limite à sa toute-puissance ?
Dieu peu potentiellement faire le mal, mais il ne le veut pas.
Il a donné ce pouvoir à ses créatures : les anges déchus devenus les démons et les hommes.
Métazét a écrit :9. C'est une vérité logique que la conséquence nécessaire de qqch de nécessaire est également nécessaire. Si la création n'est pas nécessaire, la volonté créatrice de Dieu n'est-elle pas contingente ?
La Création est nécessaire pour que Dieu aime autre chose que lui-même et qu'il reçoive en retour de l'Amour Vrai. Ainsi donc la volonté Créatrice de Dieu est nécessaire.
Le But de l'Homme est d'Aimer et de Louer Dieu.