Merci à vous deux pour ces précisions. Cela n'empêche que la question se repose au 19 ième siècle et que si une réponse d'aujourd'hui est modifiée (ce qui ne veut pas dire contradictoire) par rapport à la réponse d'il y a 2 siècles, ce n'est pas absurde au regard de la vie de l'Eglise tout au long de ces 2000 ans.
Tout dépend de ce que vous mettez dans le terme "réponse".
Nous n'avons pas encore parlé de l'importance du chemin dans Amoris Laetitia, ce qui est pourtant essentiel.
Lorque AL est parue, j'ai été un peu déçue que l'autorisation de communier aux divorcés remariés ne soit pas clairement précisée, de même que d'autres ont été très déçus que ne soit pas clairement exprimée l'interdiction. C'est normal.
Et puis j'ai lu le document (je vais le relire car je n'ai pas tout bien lu) et j'ai compris que le pape désirait nous sortir d'une mentalité infantile du "j'y ai droit-j'y ai pas droit" (et c'est papa qui me le dit !).
Je ne crois pas que le souci de clarté soit infantile. La recherche d'un développement théologique systématique n'est d'ailleurs pas invalidé par l'idée de "cheminement" ; c'est à dire que l'on ne peut développer une pastorale du cheminement détachée d'un ancrage théologique solide, lequel lui-même ne contredit en rien l'idée de cheminement en elle-même.
D'ailleurs, si du reste je ne suis pas opposé à l'idée d'accès aux sacrements pour certains divorcés-remarriés dans des cas particuliers, je trouve quand-même curieux que le plus long document papal de l'histoire, qui fait suite à un Synode qui n'a débattu presque que de ce problème, ne consacre à cette "possibilité" qu'une note de bas de page. Je ne dit pas qu'il serait très sain de consacrer un espace proportionnel à l'intensité des débats aux synode dans le contenu de l'exhortation, mais quand-même, y avait pas la place de coller un (petit ?) paragraphe sur le sujet ? Il fallait que l'une des préoccupations majjeure du Synode, celle qui a fait couler le plus d'encre, soit traitée dans une note de bas de page dans un document qui en contient des centaines ? C'est quand même étonnant.
Héraclius a écrit :
On peut peut-être penser qu'il y a peut-être une sexualité hors-mariage pensée comme mal nécessaire, mais tant qu'on ne m'aura pas présenté une démonstration claire, rationnelle, je ne vois pas comment concevoir un détachement de la sexualité et du mariage.
Veuillez noter que l'exhortation quitte cette expression de "mal nécéssaire" pour prendre le temps de reconnaître" certains aspects positifs "de ce que vivent les personnes hors des clous. (je retrouverai les passages). On est dans la doctrine du cheminement, pas à pas. (qui n'est pas tolérance du péché non plus).
En ce qui nous concerne, l'accès éventuel de certains divorcés remariés à la communion n'a absolument pas pour conséquence de dissocier la sexualité du mariage. De fait , l'Eglise reconnait au mariage civil une certaine valeur.
Oui, certes, mais pas
en tant que mariage lorsque cela concerne un chrétien déjà marrié religieusement.
Evidemment qu'il y a une gradation dans les situations illégitimes, ce qu'explique longuement avec une grande intelligence l'exhortation. Evidemment qu'une union monogame, fièdle et aimante, même adultère, est plus juste qu'un adultère pure et simple (genre avoir une maîtresse).
la question de la sexualité hors - mariage mérite un post à elle toute seule. C'est quand même LE grand point friction entre l'Eglise et la société moderne et même dans la vie interne de l'Eglise.
Je ne suis pas sûr que ce soit LE point, mais c'est un point important, oui.
(même si ce point de friction n'est pas activé en ce moment dans l'opinion publique, le pape François concentrant tout son engagement et sa communication au service de plus pauvres, suscitant une grande popularité).
Je crois, personnelement, que sa non-insistance sur certains sujets d'ordre moraux est assez saine. Comme il le dit, le magistère l'enseigne, tout le monde sait ce que pense l'Eglise, donc répéter indéfiniement n'est pas forcément constructif. Bref, tout les conservateurs ne sont pas "choqués" par le fait qu'il ne répète pas toute les heures que l'avortement est un meurtre et l'homosexualité pratiquée incompatible avec l'amour matrimonial chrétien.
(On ne fait guère plus "swag" que le mot "matrimonial", nan ? Teeellement de glamouritude dans terme injustement passé de mode

).
Héraclius -