Bonjour Franck,
Bonjour à tous,
Que Dieu nous bénisse !
Je me suis enseigné par deux fois à l'accueil de Notre Dame :
L'intérieur de l'Eglise sera réservé aux "invités".
Le grand écran habituel sera mis l'extérieur de la cathédrale.
Il n'y aura pas de chaises pour des questions de sécurité.
Aïe ! Aïe ! Et moi qui ne supporte pas de rester trop longtemps debout !
On pourra toujours s'asseoir par terre ... si le sol n'est pas trop humide !
Au cours d'une ultime et surprenante sortie, tu as dit aux académiciens que «tu allais retrouver le cardinal de Richelieu».
Même si la fréquentation d'une telle éminence, elle, politique, n'était pas recommandable sur terre, elle doit l'être maintenant depuis qu'elle est baignée dans la miséricorde divine.
Tu as un sacré courage d'avoir osé nous dire que tu allais nous quitter. Tu gardes jusque sur ton lit de souffrance ton humour pudique.
Tu te souviens sans doute du repas que j'ai partagé avec toi en 1971 alors que tu étais curé de Sainte-Chantal. J'étais coincé sans le savoir entre deux futurs archevêques de Paris : toi et André, ton vicaire d'alors, ton successeur d'aujourd'hui.
L'Église de Paris t'a accueilli dans l'étonnement et la joie. Brillant curé tu étais. Archevêque jaillissant d'idées, tu as marqué et changé ton diocèse.
Tu ne paraissais pas «évêque». Certains de tes frères, eux, semblent «nés» épiscopes ! Pas toi. Ta simplicité est naturelle, et tu es resté un humain parmi les humains.
Il suffisait de te voir prêcher, Bible à la main pour savoir que la parole de Dieu te hantait. Comme tout curé de campagne.
T'étais parfois long. Je te le disais et tu souriais. T'es pas toujours facile à vivre, paraît-il. Ça, je ne l'ai jamais constaté. Le jour où tu es venu manger avec nos jeunes loubards dans notre permanence, tu as su communiquer avec eux simplement, bellement.
Ils t'ont donné du «Monsieur» sans bien savoir ce que tu représentais pour moi. Il a fallu que je leur dise que tu étais mon patron pour qu'ils comprennent que je ne me donnais pas ma propre mission. Mais que tu veillais au grain même si je ne te voyais pas beaucoup.
Un jour tu m'as dit simplement : «Avec ta mission impossible, ne va pas jusqu'au feu rouge, avertis-moi dès l'orange.» Je n'ai pas oublié ce sage conseil.
Tu étais dans la lignée du cardinal Duval, mon premier évêque, et François Marty, qui m'a joyeusement accueilli à Paris.
Tu m'as appris l'Église et cimenté en elle.
Seulement ta trajectoire issue de nos «frères aînés» les juifs m'a permis d'approfondir ce que ce peuple d'où tu es issu peut apporter de neuf à l'Église.
D'un JMJ à l'autre où je t'ai retrouvé, infatigable pasteur des jeunes d'aujourd'hui, tu m'as enraciné dans l'Église de Paris que j'aime tant.
Tu as fait des petits. Beaucoup. Imposer les mains, derrière toi et tes frères à près de 400 jeunes prêtres en trente-sept ans de présence dans ton diocèse, a été pour moi une grande joie. Là, tu as fait fort. Tes paroles consécratoires lors des ordinations m'ont marqué profondément.
La façon dont tu les prononçais me vrillait le coeur. Chaque mot était dit avec force, avec l'éternelle jeunesse de celui qui transmet l'Esprit saint pour qu'après toi nous puissions faire descendre l'amour dans nos mains nues.
(écrit juste après l'inhumation du Cardinal Lustiger)
A la dernière veillée à la cathédrale Notre Dame de Paris, la foule venait de partir. Seuls une petite équipe de prêtres et les veilleurs de la
Cathédrale entouraient le cercueil de Jean-Marie Lustiger.
Patrick Jacquin, le trépidant Recteur, nous a invités à porter le cercueil de notre archevêque hors la cathédrale avant l’enterrement du lendemain.
Je t’ai alors porté, Jean-Marie. Et je me souvenais de tes traces si profondes en moi.
Celle de l’homme de prière, d’abord. Quand tu célébrais l’eucharistie, c’était un régal. Ce Christ qui t’a fasciné toute ta Vie, tu Le tenais dans es mains comme une présence vivante ; ça se sentait. Quand un prêtre ne « fait » pas l’eucharistie mais la vit de l’intérieur, on oublie presque son prêche. Sa prédication, alors, a la puissance de l’Amour divin descendu dans ses mains.
Cette « présence » que tu as découverte à l’âge de 14 ans dans la cathédrale d’Orléans t’a tenu 66 ans et t’a fait vivre.
Et nous a fait vivre.
Ta trace humaine, je l’ai découverte dans ce foutoir ecclésial par rapport à la capote. Quelle bave l’Eglise a essuyée par rapport à ce morceau de latex !… Tu prônais la fidélité, évidemment, rempart absolu contre le sida. Mais tu as osé cette phrase simple et claire par rapport aux « anti » qui ne tenaient pas compte de notre côté pécheur : « Si vous ne pouvez pas ou ne voulez pas vous abstenir, prenez les moyens qu’on vous donne pour ne pas donner la mort ou la recevoir »
Champion de la Vie, de toute Vie, cette trace-là, tu l’as maintenue sans aucune concession. Tu savais bien que le relativisme obsédant de notre temps tue tous azimuts. Dans le ventre de la femme comme le souffle du malade avec lequel on veut en finir.
« Frère supérieur » tu étais, a clamé l’académicien qui a prononcé ton éloge lors de ta messe de funérailles.
De là-haut, tu as dû sourire.
Ton arrière-petit-neveu, Jonas, adolescent juif nous a fait prier sur le parvis, en hébreu et en français comme tu le désirais.
A nous d’arroser la terre récoltée en Terre Sainte et posée sur ton cercueil pour faire fructifier l’unité qui a été la trace la plus forte de tes 25 ans d’épiscopat.
C’est notre tâche aujourd’hui.
Reste avec nous, Jean-Marie, maintenant que tu es habité, pour l’Eternité, par la « présence ».
Guy GILBERT – Dans un bar en face de la cathédrale, en sortant de la cérémonie – Ce vendredi 10 août 2007
Voilà une très bonne initiative du curé de Saint Médard ( 5ème Métro Censier Daubenton ).
Une bonne occasion de rendre hommage au Cardinal Lustiger !
Si vous pouviez venir ?
......................
Messe solennelle pour le cardinal Jean-Marie Lustiger, Archevêque émérite de Paris décédé le 5 Aout 2007
Mercredi 5 septembre 2007 19h, église Saint-Médard
Messe du trentième jour à la mémoire du cardinal Jean-Marie Lustiger
Nous prierons pour le Cardinal Lustiger qui fut notre archevêque pendant vingt-cinq ans. Selon la tradition chrétienne, le trentième jour après la mort est un jour de prière et de deuil. Nous célèbrerons l'eucharistie à sa mémoire.
Pour les parisiens :
J'aimerais savoir si dans vos paroisses des messes ont été dites à la mémoire du cardinal Lustiger.
Au moins à Saint Médard ce fut une de ces messes "parfaites" comme je les aime; au niveau du respect de la liturgie et du choix des prières, au niveau des chants, au niveau de l'émotion ( ou de la prière ), au niveau du sermon ....
Messe à l'intention du Cardinal Jean-Marie Lustiger
Vendredi 19 octobre à 18h15, Cathédrale Notre-Dame de Paris
Cette messe, présidée par Mgr André Vingt-Trois, est ouverte à tous ceux qui voudront venir prier pour celui qui fut 25 ans durant l’archevêque de Paris, tout spécialement à ceux qui n’avaient pu participer à la célébration des obsèques du Cardinal le 10 août.
France : documentaire sur la vie du card. Lustiger
5e anniversaire de la mort de l'archevêque de Paris
Anita Bourdin
« Aron Jean-Marie Lustiger » : c’est le titre d’un documentaire de 52 mn sur la vie du cardinal Lustiger (1926-2007), réalisé par Jean-Yves Fischbach et coproduit par KTO et AnaFilms.
Une messe marquera ce 5e anniversaire, à Notre-Dame de Paris, dimanche 5 août également, à 18h30 : elle sera présidée par Mgr Jean-Yves Nahmias, évêque auxiliaire de Paris.
Le documentaire sera diffusé sur la chaîne catholique française KTO le 5 août 2012, à 20h40, à l’occasion du 5eanniversaire de la mort de l’archevêque de Paris.
Il sera rediffusé les jours suivants et disponible sur le site Internet de la chaîne.
Il présentera des interventions ou témoignages de Jean-Marie Lustiger, Olivier de Berranger, Michel Coloni, Maurice Druon, Jean Duchesne, Jean Dujardin, Jean-Marie Duthilleul, Michel Fourcade, Jean-Miguel Garrigues, Serge Klarsfeld, Jean-Luc Marion, Serge Moati, Richard Prasquier, Matthieu Rougé, René-Samuel Sirat, Henri Tincq, Arlette Vasselle.
Rappelons que l’Institut Lustiger propose en ligne une abondante documentation sur cet archevêque hors normes qui a renouvelé complètement l’Eglise de Paris entre 1981 et 2007.
L’article de wikipedia qui lui est consacré rappelle que c’est vers 10 ou 12 ans qu’il découvre une Bible protestante. Le Nouveau Testament s’impose à lui comme étant l’aboutissement de l’Ancien Testament.
Au lycée, à Paris, il découvre aussi l’antisémitisme : « À la porte du lycée Montaigne, je me suis fait casser la figure parce que juif. Quand je m'approchais des garçons qui discutaient entre eux, ils me disaient : « Ça ne te regarde pas, tu es un sale juif. » »
Il en fait aussi l'expérience à travers la littérature et à l’occasion d’un voyage dans l’Allemagne nazie, dans une famille protestante dans laquelle il découvre, en même temps que le nazisme, les premiers adultes chrétiens anti-nazis.
La guerre pousse ses parents à l'envoyer, avec sa sœur Arlette, se réfugier à Orléans, fin août 1939. Ils seront recueillis et hébergés par Suzanne Combes, jeune professeur de lettres classiques à l'école du Bourdon-Blanc et future directrice de cet établissement catholique d'enseignement.
Aron, devenu élève au lycée public Pothier fréquentera assidument le 14 rue Sainte-Anne, siège des Œuvres diocésaines, dirigées par MgrHenri Feuillâtre, « le Père Feu », également aumônier du lycée.
Durant la Semaine sainte 1940, en la cathédrale d’Orléans, Aron ressent le désir de devenir chrétien. Toute sa vie, il expliquera que son choix n'a jamais signifié un renoncement à son identité juive, souligne la même source.
Lors de ses funérailles, le 10 août 2007, cette double appartenance a été marquée, selon sa volonté, notamment par la prière juive des endeuillés, le Kaddish, dite sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris, avant la célébration eucharistique.
Sa devise épiscopale était :« Tout est possible à Dieu » (Matthieu 19, 26).
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Un mémorial dédié au cardinal Jean-Marie Aron Lustiger sera inauguré sur le site du monastère bénédictin d’Abu Gosh, à l’initiative du Conseil représentatif des Institutions juives de France (CRIF), le 14 mars prochain.
A cette occasion, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, accompagnera une délégation en Israël du 7 au 14 mars 2013, sur le thème « Aux sources de la Promesse », annonce un communiqué du Service national pour les relations avec le judaïsme de la Conférence épiscopale de France. Un intitulé qui rappelle le livre du défunt archevêque de Paris: "La promesse".
Ce déplacement répond à une double occasion : le cardinal Vingt-Trois participera à divers événements universitaires, religieux et culturels, à l’invitation des Grands Rabbins d’Israël. Et il sera également présent à l’inauguration de ce mémorial dédié au cardinal Lustiger.
Les premiers jours, précise le communiqué, permettront « d’aborder quelques aspects de la société israélienne ». Ce temps s’achèvera par l’office de shabbat dans l’une de plus grandes synagogues de la ville de Tel-Aviv.
Ensuite, « à travers le Néguev et la remontée vers Jérusalem, la délégation sera confrontée à l’expérience du désert dans la tradition juive et dans la tradition chrétienne ».
Deux journées à Jérusalem donneront lieu à des rencontres, échanges et conférences avec les autorités rabbiniques et universitaires, ainsi qu’à des visites des principaux lieux saints.
Au programme notamment, le 11 mars : grande conférence initiée par les Grands Rabbins d’Israël, à laquelle participera le cardinal Vingt Trois. Cette initiative est « enjeu pour la paix » car elle rassemblera tous les leaders religieux du pays : chrétiens, musulmans, druzes, bahais…
Le lendemain, 12 mars, le cardinal Vingt-Trois donnera à nouveau une conférence en dialogue avec des autorités rabbiniques et académiques de l’Université Bar Ilan sur le thème « Religion et Démocratie ».
Au cours d’une journée à Bethléem, la délégation pourra à la fois prier et rencontrer diverses communautés installées en Palestine.
Enfin ce voyage se conclura à Abu Gosh par l’inauguration du mémorial dédié au cardinal Lustiger, dans le « monastère bénédictin qui accueille tout autant les juifs et les musulmans que les chrétiens ».
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Je ne sais si certains ont pu voir ce téléfilm.
Peut être va-t-il repasser dans quelque temps.
Malheureusement je n'ai pu le voir jusqu'à la fin.
Pouvez vous faire vos commentaires, s'il vous plait ?
Après la pause "estivale" (Rome étant dans l'hémisphère Nord!), une série de "petites phrases" apparaîtra de nouveau au début de nos services quotidiens. Comme le bulletin de Zenit est le plus souvent centré sur la foi de l'Eglise ces "aphorismes" sont plutôt une expression de la raison et voudraient contribuer à la culture du dialogue.
L'an dernier, nous avons eu de bons échos de notre recherche des traces de la sagesse éternelle qui émaillent parfois sans que nous nous en rendions compte les répliques des films profanes. Car le Christ est partout présent, mais nos yeux ne le reconnaissent pas toujours, comme ceux de Marie-Madeleine au matin de Pâques, parce qu'il n'était pas là où et comme elle l'attendait...
A la reprise de l'année académique, nous vous proposons une nouvelle formule: un mois avec un auteur... Nous commençons par le cardinal Aron Jean-Marie Lustiger (1926-2007). Le journaliste trouve son inspiration dans l'actualité.
Or, la communauté juive mondiale fête ce mois-ci les trois grandes fêtes d'automne: le Nouvel an (du mercredi 4 septembre au soir au vendredi 6 septembre: début de l'année juive ; jour du jugement de la Création et du couronnement de D.ieu comme Roi de l'Univers ; début de la période des "Dix jours de Téchouva" - "conversion" - qui se termine le jour de Kippour), puis le Grand Pardon (Yom Kippour, du vendredi 13 septembre au soir au samedi 14 septembre à la tombée de la nuit: Jour de jeûne et d'expiation), et la Fête des Tentes/Cabanes (Souccot, du mercredi 18 au soir au mercredi 25 septembre, à la tombée de la nuit). Ces grands rendez-vous bibliques sont la tradition vivante de la communauté juive aujourd'hui.
Mais une autre actualité nous inspire aussi : la communauté juive de France dédiera à l'ancien archevêque de Paris un mémorial, en Terre Sainte, au monastère bénédictin d'Abu Gosh, en octobre prochain: une cérémonie prévue en mars et que les événements romains ont fait repousser (cf. Zenit du 10 janvier 2013, http://www.zenit.org/fr/articles/israel ... d-lustiger).
Deux bonnes raisons donc pour relire certaines de ses réflexions, ce mois-ci. En voilà une troisième: le 17 septembre, nous fêterons l'anniversaire de sa naissance.
En espérant que ce modeste écho éveillera chez certains le désir de continuer le chemin avec tel ou tel de nos auteurs.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
A Paris, le "Petit Pont" portera le nom d'un grand cardinal
Hommage de la Mairie de Paris au card. Lustiger
Afin d’honorer la mémoire du cardinal Aron Jean-Marie Lustiger (1926-2007), la Mairie de Paris a décidé d’associer son nom au « Petit Pont » (4e et 5e arrondissements), situé à l’une des extrémités du « Parvis Notre-Dame – Place Jean-Paul II ».
Dorénavant ce pont sera dénommé « Petit pont – Cardinal Lustiger ».
"Nous nous réjouissons de cet hommage rendu par la Ville au cardinal Lustiger, lui qui était attaché à Paris par tant de liens", indique l'archevêché de Paris.
L'inauguration aura lieu le jeudi 19 septembre 2013, à 15h30, par le Maire de Paris, Bertrand Delanoë, en présence du cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris.
Symboliquement, l'alliance est bien trouvée: le cardinal Lustiger n'a-t-il pas été toute sa vie et encore aujourd'hui comme un pont jeté entre plusieurs mondes, par exemple entre le monde de la réflexion universitaire (Rive Gauche, on trouve la Sorbonne et le Collège de France, et aujourd'hui aussi le Collège des Bernardins), l'Académie française, dont il était membre, et surtout de monde des étudiants auquel il a tant donné, et l'Eglise, symbolisée par Notre-Dame et l'île de la Cité, antique berceau de la ville de Paris, là où il repose.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Ce lieu dédié à l’ancien archevêque de Paris qui a toujours revendiqué sa double appartenance juive et chrétienne, se veut un appel à la rencontre et au dialogue.
« Le mystère d’Israël est indissolublement le mystère des chrétiens », « Prier, c’est donner prise à Dieu et repousser la folie meurtrière de la haine »… Gravées en français, en arabe et en hébreu sur des plaques de céramique, ces paroles du cardinal Lustiger s’offrent au visiteur, attiré par la fraîcheur de l’eau qui coule dans les rigoles et dévale les terrasses parmi les oliviers. Nulle statue, mais une oasis de paix invitant à la prière et à la méditation.
L’inauguration, mercredi 23 octobre, d’un mémorial consacré à un juif converti au catholicisme, devenu cardinal, dans un monastère bénédictin du domaine national français, mais installé dans un village arabe musulman, non loin de Jérusalem, revêtait un caractère symbolique extrêmement fort pour les représentants des trois religions présents. Mais plus qu’un symbole, il s’agissait pour Richard Prasquier, ancien président du Conseil représentatif des institutions juives de France et maître d’œuvre du projet, d’une sorte de « devoir sacré ».
Comme beaucoup l’ont rappelé au cours de l’émouvante cérémonie, l’existence de ce mémorial est en soi exceptionnelle. Lorsqu’il est venu pour la première fois en Israël, en 1995, le grand rabbin ashkénaze Israël Lau avait accusé « Aahron Lustiger, devenu Jean-Marie Lustiger », d’avoir trahi son peuple et sa religion. Mais avec ses voyages à Auschwitz et son travail discret pour résoudre l’affaire du carmel d’Auschwitz, pour aboutir à la déclaration de repentance des évêques français à Drancy, ainsi que ses rencontres inédites avec l’orthodoxie juive de New York, la méfiance a peu à peu fait place à l’amitié.
« SA CERTITUDE QUE L’AVENIR DE L’EGLISE EST FONDÉE DANS LE JUDAÏSME A ÉTÉ ESSENTIELLE »
Et c’est le Crif lui-même qui a lancé l’idée du projet en 2011, d’abord dans le désert du Néguev, avant d’opter pour Abu Gosh, sur une idée du P. Patrick Desbois, fondateur de l’association Yahad-In unum. Ce monastère, lieu de fraternité entre juifs et chrétiens dans un village arabe miraculeusement préservé de la guerre en 1948, où le cardinal Lustiger aimait se rendre lors de ses pèlerinages en Terre Sainte, symbolise, de fait, une coexistence harmonieuse entre croyants de diverses religions dans ce pays.
« Fidèle à la tradition catholique, il sut établir avec les juifs des relations d’une audace, oserais-je dire, évangélique », a rappelé dans son allocution le cardinal André Vingt-Trois, qui a travaillé durant 23 ans aux côtés de Jean-Marie Lustiger. Depuis le début de la semaine, l’archevêque de Paris accompagne le voyage « Aux sources de la Promesse » de près de 150 chrétiens et quelques juifs, très engagés dans le dialogue judéo-chrétien. Membres du Collège des Bernardins, Sœurs de Sion, Amitié judéo-chrétienne…
« Sa certitude que l’avenir de l’Eglise est fondée dans le judaïsme a été essentielle », salue Claudine Maison, cofondatrice de l’association Davar qui propose depuis 1985 aux juifs religieux et aux chrétiens de vivre ensemble de se rencontrer, d’étudier et de prier ensemble. « En France, le dialogue judéo-chrétien a bénéficié d’un climat d’amitié très particulier, mais en Israël, le dialogue est encore formel. L’Église au Moyen-Orient est arabe et donc palestinienne, ce qui n’est pas simple, aussi y a-t-il un besoin important de connaissance réciproque ».
« PASSAGE D’UN DISCOURS DU MÉPRIS À UN DISCOURS DE RESPECT »
Les rabbins d’Israël étaient effectivement peu nombreux. Une hospitalisation avait empêché René-Samuel Sirat, grand rabbin de France de 1981 à 1988, de venir. Mais la délégation française devrait être reçue cette semaine au rabbinat de Jérusalem. « J’ai été impressionné par son œuvre en faveur du rapprochement avec les juifs alors que son destin l’a placé sur des points pour le moins explosifs de la mémoire collective juive », remarque Ygal Palmor, porte-parole du ministère israélien des affaires étrangères. « Il a su transformer ces circonstances délicates en une promesse d’avenir et laissé une marque dans l’imaginaire des Israéliens, même s’il y a encore tout un travail pédagogique à accomplir pour faire comprendre son itinéraire ici ».
Prieure des bénédictines du Mont des Oliviers, Mère Christine-Marie a côtoyé le cardinal à la fin des années 1990. C’est du jardin de son couvent que provenait la terre, déposée sur le cercueil de Jean-Marie Lustiger, lors de ses funérailles en 2007. « La mémoire, c’est tellement important dans la conscience juive, que ce mémorial revêt ici une grande importance, même s’il est un peu dommage qu’il se situe dans un périmètre français. Il faudra du temps encore pour enraciner son héritage. »
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )