Encore un prêtre assassiné

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Héraclius
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Re: Un prêtre égorgé au nom de Daesh dans une église normande

Message non lu par Héraclius »

AdoramusTe a écrit :
Saytham a écrit : Là encore, tout dépend de quelle interprétation de l'islam nous parlons. Certains ayatollahs iraniens vont par exemple assez loin dans leur volonté de distinguer (et non pas de séparer) l'Etat des autorités religieuses, ce qui est en somme tout à fait conforme à notre propre théologie politique, telle que développée par exemple par Léon XIII.
Cette question d'interprétation est bidon. Apparemment, le dieu tout puissant Allah a tellement bien dicté son message à Muhammad que personne n'arrive à la comprendre de la même manière ce qu'il a voulu dire.
L'Islam est comparable à cet égard au protestantisme. Allez voir un anglican high church anglais et congrégationnaliste américain, les réponses ne sont pas les mêmes... Et pourtant, leur culture n'est pas très éloignée. Placez cela à l'échelle du monde musulman...

Et encore une fois, il ne sagit pas de "dédouaner" l'islam ou les musulmans ; simplement, d'accepter qu'il existe une grande complexité à ces questions.
''Christus Iesus, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æquálem Deo, sed semetípsum exinanívit formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus ; et hábitu invéntus ut homo, humiliávit semetípsum factus oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus illum exaltávit et donávit illi nomen, quod est super omne nomen, ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium et terréstrium et infernórum.'' (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 7-10)
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Suliko
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Re: Un prêtre égorgé au nom de Daesh dans une église normande

Message non lu par Suliko »

La djihad, pour la majorité des savants musulmans, y compris les plus tarés, doit être mené par une autorité compétente, de façon localisée, dans le but, non pas de tuer, mais de soumettre des portions de territoire au Dar-al-islam.
Pourquoi écrivez-vous jihad au féminin? Cela fait très vieux français, je trouve.
Il est vrai que traditionnellement, le jihad consistait en la prise de pouvoir par une armée musulmane et à la proclamation de l'islam comme religion officielle du territoire conquis. Il ne s'agissait pas forcément de passer à l'épée tous les non musulmans ou de les forcer à se convertir immédiatement, mais d'attendre que les conversions se fassent peu à peu, suite à diverses privations et humiliations.
Votre remarque sur l'autorité compétente est intéressante. A mon sens, tout le problème réside dans le fait qu'évidemment, une autorité (islamique ou non) devient légitime lorsqu'elle réussit à conserver le pouvoir et que d'autres puissances la reconnaissent comme telle. A leurs débuts aussi, les Sa'oud n'avaient guère de légitimité : il l'ont conquise et voyez ce qu'ils sont devenus. L'EI est, je pense, dans une même logique, avec une bien plus grande ambition, puisqu'il s'agit de convaincre tous les musulmans sunnites de la justesse de leur cause et de la légitimité du califat (et du calife). Si on remonte plus loin dans le temps, on peut constater que les Almoravides n'avaient pas non plus une légitimité particulière pour prendre le pouvoir et mener le jihad à la fois contre les sunnites déviants ou jugés apostats (ce qui est permis par les textes classiques) et contre les "infidèles". Si l'on prend un autre exemple, du côté chiite, bien que la majorité des savants considèrent que seul le mahdi pourra mener le jihad et établir le Dâr al-islâm sur toute la terre, dans les faits, l'Iran a conquis des terres, a contraint des chrétiens à se convertir au chiisme, en a réduit certains en esclavage, etc...
Ce que je veux dire, c'est que dans les faits, cette histoire de légitimité du jihad, qui ne devrait être mené que par le calife ou du moins une autorité politique reconnue, ne marche guère et qu'au fond, le jihad fut et est mené par des personnages fort variés, au gré des circonstances historiques. Et qui peut forcer un musulman à reconnaître comme légitime telle ou telle autorité? J'ai vraiment l'impression que dans le fond, tout un chacun décide, de manière évidemment subjective, qui doit être obéi et quand et où il est temps de faire le jihad. A partir du moment où le calife a perdu son pouvoir temporel (et parfois spirituel) sur l'ensemble des musulmans, ces divergences quant à la question du jihad (mais pas que) me semblent logiques. Et ce qui est intéressant, c'est que l'EI rêve, à sa façon, de mettre fin à cette fitna permanente dans le monde musulman sunnite en revenant à la pureté du califat originel.
Je ne pense pas non plus que les autorités sunnites considèrent l'EI comme un ramassis d'hérétiques. Non, les divergences touchent à mon avis plus la question de la légitimité du calife et de son action, ainsi que de la brutalité dont fait parfois preuve l'EI envers les sunnites jugés pas assez orthodoxes[*]. Il s'agirait donc plus de leur part d'envisager l'EI comme un exemple d'égarement (politique plus que religieux), plutôt que d'hérésie à proprement parler.
Vous évoquez également le caractère localisé du jihad traditionnel. C'est vrai, mais il faut comprendre que pour l'EI, tous les états qui soutiennent Bachar ou du moins se battent contre le califat ne peuvent plus mériter la paix temporaire et doivent être déstabilisés. Autrefois, les méthodes terroristes pratiquées par l'EI, al-Qa'ida ou d'autres organisations du même genre n'existaient pas. Vous en concluez, avec une partie non négligeable de musulmans, qu'elles sont donc immorales et interdites, mais le débat reste ouvert et que répliquer aux musulmans qui ont un avis contraire ou qui du moins minimisent en leur for intérieur le caractère profondément peccamineux des actes jihadistes?

[*] Cela me fait penser aux paroles d'un imam français prononcées il y a deux ou trois ans : ce dernier se lamentait et blâmait l'EI d'avoir tué deux jeunes gens parce qu'ils ne faisaient pas leurs prières. Pour le brave imam, ce n'était là pas chose à faire, il aurait évidemment fallu leur expliquer très délicatement que la salât est une obligation de l'islam, au lieu de les tuer. Je me suis alors dit : et si ces jeunes gens, après avoir écouté ces explications très polies, avaient décidé de persévérer dans leur "mauvais" comportement, de ne pas faire les prières? C'est là une question qui ne fut pas abordée par l'imam, car elle est passablement gênante.
C'est pourquoi elle seule, prédestinée avant les générations et annoncée par les prophètes, la Mère du Créateur de tout l'univers, non seulement n'a participé en rien à la tache originelle, mais elle est toujours demeurée pure comme le ciel et toute belle. (extrait du règlement pour le monastère de Biélokrinitsa (1841)
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Saytham
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Re: Un prêtre égorgé au nom de Daesh dans une église normande

Message non lu par Saytham »

Héraclius a écrit :
AdoramusTe a écrit :
Cette question d'interprétation est bidon. Apparemment, le dieu tout puissant Allah a tellement bien dicté son message à Muhammad que personne n'arrive à la comprendre de la même manière ce qu'il a voulu dire.
L'Islam est comparable à cet égard au protestantisme. Allez voir un anglican high church anglais et congrégationnaliste américain, les réponses ne sont pas les mêmes... Et pourtant, leur culture n'est pas très éloignée. Placez cela à l'échelle du monde musulman...

Et encore une fois, il ne sagit pas de "dédouaner" l'islam ou les musulmans ; simplement, d'accepter qu'il existe une grande complexité à ces questions.
Tout à fait, ni plus ni moins !

J'approuve et je signe.
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Re: Un prêtre égorgé au nom de Daesh dans une église normande

Message non lu par Cinci »

Heraclius :

Je fais juste une distinction entre la définition sunnite orthodoxe du djihad (une lutte armée menée par un gouvernement légitime contre un gouvernement non-musulman dans le but d'acquérir du territoire et d'y imposer la sharia) et la vision que Daesh en donne (djihad contre d'autre musulmans, auto-légitimation, incitation à la violence personnelle et trans-nationale, etc...).
C'est sûr que l'activisme actuel des candidats au martyre qui foncent dans le tas ne respecte pas certains canons du genre. C'est certain aussi que les musulmans ne s'entendent pas entre eux, qu'il y a bien des querelles d'école. Le problème n'est pas vraiment là. Le problème c'est qu'il n'y a rien dans l'islam lui-même qui puisse permettre de juguler efficacement le surgissement d'un enthousiaste radical plus ou moins inédit, que ce soit le mouvement des frères musulmans en Égypte ou un autre. Le wahhabisme lui-même n'est pas un produit d'origine mais une création tardive. L'hérésie mahométane initiale rend vulnérable les populations à l'emprise subséquente de toutes les dérives ou purismes que vous voudrez.

Dans le monde réel, c'est toujours le pouvoir civil qui fixe les limites, qui borne ou qui oppose une digue solide au militantisme des partisans fièvreux. Et, dans le monde musulman, cette politique du containment (pour parler comme Georges Keenan en 1947 à propos du communisme) fini toujours par passer par des mesures musclées, draconiennes en employant l'armée, comme on vient de le voir encore en Égypte récemment, comme on l'aura vu en Algérie au moment de la guerre civile. Depuis Attatürk, en Turquie, ce sont les généraux et l'armée qui cassait les ailes au développement d'une ré-islamisation du pays, comme c'est Hussein en Irak qui terrorisait suffisamment les terroristes en puissance pour qu'ils s'occupent à rester assis bien sagement à la maison. Ailleurs ce pouvait être des monarques qui veillaient à ce que le régime pratique une politique relativement libérale à l'égard des juifs ou des chrétiens. Il en tient à la volonté du souverain ... Ce ne sont pas les possibilités de jouter théologiquement à l'école qui vont empêcher de plus radicaux et plus décidés à pouvoir faire main-basse sur les mosquées ou bien de parvenir à faire imposer leur loi dans les quartiers,

Nos régimes libéraux de droits et libertés ne sont pas fait pour lutter contre des religieux de ce type. Moi c'est le danger que je vois à moyen terme et à force de vouloir islamiser en partie la société occidentale. Le danger c'est qu'il faudra bien un moment donné troquer un régime de liberté pour un régime policier, afin de faire face à nouvelle donne. Perspective peu réjouissante soit! Mon idée c'est que c'est là où nous mènent nos politiciens libéraux, tout simplement parce qu'ils refusent de reconnaître le fondement chrétien de nos sociétés ainsi que de s'activer politiquement eux-mêmes à critiquer l'islam, dénoncer son incompatibilité en l'état avec notre constitution civile, etc. Parce qu'ils refusent depuis des années de pratiquer une politique discriminatoire afin de défendre le tissus philosophique de fond de la société française.

Les politiciens persistent à dire que l'islam c'est comme le christianisme, comme peut le faire toute la ribambelle de libre-penseurs français qui méprisent en réalité tout autant les uns que les autres et toutes les religions au même titre. Avec leur combat égalitariste et où tout devrait se valoir à l'exception de l'argent, les plaisirs décadents ou les progrès de la médecine, leur propension libérale dogmatique qui consiste à voir les problèmes que dans les individus (fous, détraqués, personnalité suicidaire, etc.) et rien d'autre : on ne peut pas trouver de solutions à ce glissendo qui s'opère vers davantage de chaos.
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AdoramusTe
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Re: Un prêtre égorgé au nom de Daesh dans une église normande

Message non lu par AdoramusTe »

Héraclius a écrit :
L'Islam est comparable à cet égard au protestantisme. Allez voir un anglican high church anglais et congrégationnaliste américain, les réponses ne sont pas les mêmes... Et pourtant, leur culture n'est pas très éloignée. Placez cela à l'échelle du monde musulman...

Et encore une fois, il ne sagit pas de "dédouaner" l'islam ou les musulmans ; simplement, d'accepter qu'il existe une grande complexité à ces questions.
La comparaison est très mauvaise.

Le Coran est la parole incréée du dieu Allah selon les musulmans. Donc, si vous admettez cette complexité, vous admettez que le dieu Allah tout puissant n'a jamais réussi à se faire comprendre de ses adeptes puisque chacun comprend ses paroles différemment.
Par conséquent, au lieu de partir de la fin, partez donc du début et vous aurez la réponse : l'islam est une construction humaine de conquète à base théologique.

La Bible, elle, n'est pas la parole incréée de Dieu, donc par définition soumisee à l'interprétation de la Tradition. Comparaison n'est pas raison.
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Cepora
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Re: Un prêtre égorgé au nom de Daesh dans une église normande

Message non lu par Cepora »

Saytham a écrit : Là encore, tout dépend de quelle interprétation de l'islam nous parlons. Certains ayatollahs iraniens vont par exemple assez loin dans leur volonté de distinguer (et non pas de séparer) l'Etat des autorités religieuses, ce qui est en somme tout à fait conforme à notre propre théologie politique, telle que développée par exemple par Léon XIII.

Ensuite, pour ce qui est de comprendre les causes de cette radicalité, la simple chronologie des faits donne déjà un certain nombre de clés. En la regardant dans le détail, on découvre par exemple qu'aucun attentat dû à la mouvance "djihadiste" n'est semblable à un coup de tonnerre dans un ciel bleu, absurde, sans précédant ni perspective.

Toute la littérature militaire et tous les communiqués revendicatifs qui ont entouré ce genre d'actes barbares jusqu'à récemment montrent que, dans la pensée de leurs initiateurs, il s'agit d'une réaction, d'une résistance, d'une défense... or, au lieu de nous interroger sur ce que pense l'ennemi et sur ses motivations profondes, nous préférons balayer la question d'un revers de main, garder nos fantasmes et proclamer que "expliquer, c'est déjà vouloir excuser un peu" (dixit Manuel Valls).

De fait, Sun Tzu ne serait pas du tout content de nos dirigeants actuels !

Je ne doute pas que certains aient la volonté de faire cette distinction entre l'Etat et les autorités religieuses. Mais dans quelle mesure cela est-il soumis à interprétation ? Dans l'islam, vous n'êtes pas sans ignorer qu'il y a une notion de oumma, c'est-à-dire une communauté des croyants.

Le pouvoir légitime et temporel sur cette communauté est incarné par l'imamat. Il est donc nécessaire pour l'islam de créer un empire, ou en d'autres termes un califat à la tête duquel serait un imam qui aurait pouvoir temporel sur toute cette communauté. C'est pour cela que tout nationalisme est considéré comme étant du shirk, c'est-à-dire quelque chose de hautement condamnable.

Ceci est un fait indiscutable, aucun musulman ne peut nier, et cela constitue le socle idéologique qui donne une légitimité théologique à Daesh. Leur califat est également légitimisé par l'eschatologie islamique. Alors effectivement, vous avez raison de dire que la mouvance djihadiste n'a rien d'un coup de tonerre dans un ciel bleu, car il y a des raisons et cela peut s'expliquer par voie de causalité.
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Saytham
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Re: Un prêtre égorgé au nom de Daesh dans une église normande

Message non lu par Saytham »

Cepora a écrit : Je ne doute pas que certains aient la volonté de faire cette distinction entre l'Etat et les autorités religieuses. Mais dans quelle mesure cela est-il soumis à interprétation ? Dans l'islam, vous n'êtes pas sans ignorer qu'il y a une notion de oumma, c'est-à-dire une communauté des croyants.
La notion de ummat en islam est tout à fait comparable avec celle d'Eglise dans le christianisme, à ceci près qu'elle n'est pas censée être le corps mystique du Christ... quoique, dans une certaine théologie chiite qui évoque la permanence de l'imamat à travers la communauté et ses guides spirituels, nous n'en sommes pas si loin.
Cepora a écrit :Le pouvoir légitime et temporel sur cette communauté est incarné par l'imamat. Il est donc nécessaire pour l'islam de créer un empire, ou en d'autres termes un califat à la tête duquel serait un imam qui aurait pouvoir temporel sur toute cette communauté. C'est pour cela que tout nationalisme est considéré comme étant du shirk, c'est-à-dire quelque chose de hautement condamnable.
C'est l'interprétation que le fondamentalisme islamique révolutionnaire fait de l'islam, oui, mais ce n'est pas la seule. Vous trouverez par exemple beaucoup de théologiens musulmans tout à fait sérieux qui défendront le principe de nation, de frontière, de pays, etc... Je pense à l'ayatollah Ali Sistani par exemple.

D'ailleurs, même les stratèges du Djihad ne sont pas exempts de contradiction (ou plutôt de dissimulation) à ce sujet, car vous observerez que, derrière les postures internationalistes, la direction de l'Etat islamique reste irakienne, celle de "Boko Haram" nigérianne, celle de l'Emirat du Caucase caucasienne, etc... Là encore, le messianisme, l'universalisme et le millénarisme du discours ne sert bien souvent que de couverture (et de système d'exploitation) à des rapports de force bien plus locaux, terre à terre et finalement pragmatiques.
Cepora a écrit :Ceci est un fait indiscutable, aucun musulman ne peut nier, et cela constitue le socle idéologique qui donne une légitimité théologique à Daesh. Leur califat est également légitimisé par l'eschatologie islamique. Alors effectivement, vous avez raison de dire que la mouvance djihadiste n'a rien d'un coup de tonerre dans un ciel bleu, car il y a des raisons et cela peut s'expliquer par voie de causalité.
Les musulmans tiennent à l'unicité transfrontalière de la Ummat comme nous tenons à l'unicité transfrontalière de l'Eglise. Dans un cas comme dans l'autre, ça n'empêche pas la plupart des bons croyants d'être patriotes. Un iranien n'est pas un irakien, qui n'est pas un égyptien, qui n'est pas un maghrébin... sans même parler des indonésiens ou des Ouïghours.
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Saytham
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Re: Humour douteux ,d'un journaliste de libération!

Message non lu par Saytham »

Héraclius a écrit :La démarche consiste à éviter à tout prix de donner un "quart d'heure de gloire" systématique à tous les tarés de France et de Navarre qui se font sauter au nom d'Allah.

C'est très heureux.
... mais sans doute inopérant, malheureusement ! Car la glorification des "martyrs" se passe hélas dans une "djihadosphère" indépendante des médias auxquels nous sommes abonnés.
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Re: HS

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Natthi a écrit :Les islamistes ne sont pas aussi fous qu'ils veuillent bien le donner à penser... S'ils prenaient le risque de s'attaquer à Israël, ils seraient très rapidement rayés de la carte.
Aucun doute sur la capacité d'Israël à utiliser une arme de destruction massive contre ces imbéciles si ceux çi avaient la mauvaise idée de s'en prendre à l'Etat hébreux.

Nous aurions beaucoup à retenir de l'expérience israélienne en ce domaine.... C'est du moins ce que je découvre sur Atlantico :


Atlantico : Dans quelle mesure la France pourrait s'inspirer de la résilience israélienne face aux attaques terroristes ?

Chilik Soffer : Israël a, malheureusement, une longue expérience de gestion des situations d'urgence : guerres, attaques terroristes, attaques de missiles etc.

Lors de ma dernière visite à Paris, j'ai présenté un modèle de "préparation et résilience de la population" à des officiels. Ce modèle a été établi d'après les conclusions et leçons tirées par Israël de la seconde guerre du Liban en 2006, ainsi que d'après d'autres événements graves et tragiques qui se sont produits partout dans le monde. J'espère que la France adoptera ce modèle.
Israël est la seule démocratie libérale dans la région de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient.

Comment la démocratie israélienne parvient-elle à survivre dans une région soumise à de nombreux attentats terroristes et à la montée de l'islamisme radical ?

Israël est une démocratie forte. Si nous combattons la terreur islamiste sans faire aucun compromis, nous sommes profondément attachés à nos valeurs démocratiques et occidentales, ainsi qu'au respect du droit international.
Israël compte environ 1,7 millions de citoyens arabes et il y a toujours eu des parlementaires arabes à la Knesset. En dépit de tensions grandissantes entres les citoyens israéliens, comment le lien social est-il préservé ?

A mon humble avis, les membres arabes de la Knesset ne sont pas représentatifs de la communauté arabe israélienne. La plupart des Israéliens arabes et des Israéliens juifs soutiennent la coexistence. Personnellement, je ne fais aucune distinction entre les Israéliens arabes et le reste de la population. Je considère tous les citoyens israéliens de la même façon.
Quelle est, selon vous, la façon la plus efficace de lutter contre le terrorisme ?

Je suis spécialisé dans la défense civile et dans la résilience, ce qui inclut la préparation de la population à des situations d'urgence et au terrorisme. Les autorités françaises devraient coordonner leurs activités, non seulement à l'intérieur de l'Etat, mais aussi avec la communauté internationale. Elles doivent également davantage préparer la population à faire face au terrorisme.

En étant prête et apte à gérer des situations d'attaques terroristes, la population pourrait aider à sauver des vies et coopérer avec les différents services d'urgence qui sont déployés.

Selon moi, rien ne sert de renoncer à certaines libertés pour assurer une plus grande sécurité et combattre le terrorisme. Néanmoins, certaines lois doivent être ajustées afin de donner aux autorités les outils et les moyens de lutter efficacement contre la terreur.

La population doit être consciente du fait que les autorités ne seront jamais en mesure d'arrêter 100% des attentats terroristes : peu importe le niveau de sécurité, les terroristes réussiront toujours à exécuter certaines des actions planifiées. C'est pourquoi, je le répète, la population civile doit être préparée à affronter des situations d'urgence, dont les attaques terroristes font partie.

Suite sur le lien :

http://www.atlantico.fr/decryptage/pour ... 23466.html
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Un prêtre égorgé au nom de Daesh dans une église normande

Message non lu par Le Fils Prodigue »

Héraclius a écrit :

L'Islam est comparable à cet égard au protestantisme. Allez voir un anglican high church anglais et congrégationnaliste américain, les réponses ne sont pas les mêmes... Et pourtant, leur culture n'est pas très éloignée. Placez cela à l'échelle du monde musulman...

Et encore une fois, il ne sagit pas de "dédouaner" l'islam ou les musulmans ; simplement, d'accepter qu'il existe une grande complexité à ces questions.



La comparaison est très mauvaise.

Le Coran est la parole incréée du dieu Allah selon les musulmans. Donc, si vous admettez cette complexité, vous admettez que le dieu Allah tout puissant n'a jamais réussi à se faire comprendre de ses adeptes puisque chacun comprend ses paroles différemment.
Par conséquent, au lieu de partir de la fin, partez donc du début et vous aurez la réponse : l'islam est une construction humaine de conquète à base théologique.

La Bible, elle, n'est pas la parole incréée de Dieu, donc par définition soumisee à l'interprétation de la Tradition. Comparaison n'est pas raison.


Adoramus Te,

Pour avoir fréquenté pendant un certain moment le protestantisme évangélique, je peux dire que la comparaison du frère Héraclius n'est pas mauvaise du tout. Héraclius ne dit pas que la Bible et le Coran sont des livres similaires, il dit que la façon d'interpréter les Ecritures des musulmans et des protestants n'est pas sans similitudes. Et je sais de quoi je parle. Il y a dans le protestantisme évangélique une conception fixiste de la Bible qui n'est pas sans faire penser à la conception musulmane d'Ecriture incréée. D'ailleurs, bien que cela soit peu présent en France, je rappelle à votre attention que le protestantisme fondamentaliste états-unien, en particulier dans ses développements pentecôtistes, a une rhétorique de conquête et de soumission des territoires qui n'est pas sans relation non plus avec une vision musulmane du Règne de Dieu. Héraclius a ici je crois souligné un point très important de notre discussion, et qui est au cœur du sujet : celui de la nature des Ecritures, de son interprétation, et de l'autorité doctrinale. Car, à nouveau, les nombreuses divisions au sein de l'Islam sont curieusement similaires à celles du protestantisme... Une même conception des Ecritures qui mène à une même division sans fin, avec le même manque de Magistère ? Je ne crois pas qu'il y ait de coïncidence dans cette ressemblance.
"Que les fidèles serviteurs de la Sainte Vierge disent donc hardiment avec Saint Jean Damascène : "Ayant confiance en vous, ô Mère de Dieu, je serai sauvé ; ayant votre protection ; je ne craindrai rien ; avec votre secours, je combattrai et mettrai en fuite mes ennemis : car votre dévotion est une arme de salut que Dieu donne à ceux qu'il veut sauver." "

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge
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Re: Humour douteux ,d'un journaliste de libération!

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PaxetBonum a écrit :
Héraclius a écrit :La démarche consiste à éviter à tout prix de donner un "quart d'heure de gloire" systématique à tous les tarés de France et de Navarre qui se font sauter au nom d'Allah.

C'est très heureux.
Non a démarche est de taire le nom pas les faits de "gloire".
Pourquoi parce que les noms sont à consonance musulmane… et dans le plan de padamalgame ça fait tâche.
Donc on tait la vérité pour mieux mentir.
Je remarque vous reprenez là l'argument de la dynastie Le Pen... ou comment (sauf votre respect) tirer une fausse interprétation de ce qui était déjà, à la base, une fausse bonne idée !

Voilà donc une mesure qui, loin de représenter un frein à la gloire en interne des "djihadistes", risque en plus d'alimenter les complotistes de tous bords... hé oui, car si le FN prétend que le retrait des noms sert à dissimuler l'identité musulmane des assaillants, certains autres disent au contraire que le but est de masquer qu'il s'agit en fait d'agents sionistes, français ou américains.

Bref, dans un cas comme dans l'autre, on patague dans le délire et l'hystérie, c'est à dire la vulnérabilité.

Je pense aussi à tous ceux qui ont appelé à la démission du gouvernement après l'attentat de Nice, ou carrément à la mise entre parenthèses de l'Etat de droit... Ben voyons ! Comme ça, on montre à tout le monde qu'une attaque des plus rudimentaires (à coups de camion) peut effectivement faire tomber un gouvernement en France, et qu'il n'en faut pas plus que ça pour provoquer une crise politique majeure.

Je vous laisse imaginer l'impression de "puissance" que cela peut renvoyer à nos ennemis.
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Re: Un prêtre égorgé au nom de Daesh dans une église normande

Message non lu par AdoramusTe »

Le Fils Prodigue a écrit : Pour avoir fréquenté pendant un certain moment le protestantisme évangélique, je peux dire que la comparaison du frère Héraclius n'est pas mauvaise du tout. Héraclius ne dit pas que la Bible et le Coran sont des livres similaires, il dit que la façon d'interpréter les Ecritures des musulmans et des protestants n'est pas sans similitudes. Et je sais de quoi je parle. Il y a dans le protestantisme évangélique une conception fixiste de la Bible qui n'est pas sans faire penser à la conception musulmane d'Ecriture incréée. D'ailleurs, bien que cela soit peu présent en France, je rappelle à votre attention que le protestantisme fondamentaliste états-unien, en particulier dans ses développements pentecôtistes, a une rhétorique de conquête et de soumission des territoires qui n'est pas sans relation non plus avec une vision musulmane du Règne de Dieu. Héraclius a ici je crois souligné un point très important de notre discussion, et qui est au cœur du sujet : celui de la nature des Ecritures, de son interprétation, et de l'autorité doctrinale. Car, à nouveau, les nombreuses divisions au sein de l'Islam sont curieusement similaires à celles du protestantisme... Une même conception des Ecritures qui mène à une même division sans fin, avec le même manque de Magistère ? Je ne crois pas qu'il y ait de coïncidence dans cette ressemblance.
Euh, est-ce que ce n'est qu'une impression, ou bien personne ne veut aborder la question des origines de l'Islam ?
J'essaie depuis le début de dire qu'on ne peut pas comprendre l'Islam sans comprendre ses origines, mais il faut toujours qu'on nous ramène à une comparaison avec le christianisme, comme le font les merdia du système, histoire de relativiser.

Le père Gallez dit bien qu'on ne peut pas considérer l'Islam comme une religion à proprement parler mais comme un postchristianisme.
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Saytham
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Re: Un prêtre égorgé au nom de Daesh dans une église normande

Message non lu par Saytham »

Que l'islam soit la complication d'une hérésie judéo-nazaréenne, fomentée dans l'arrière pays syrien sans doute plus que dans le Hedjaz, et que l'historicité de son fondateur présumé soit sujette à caution, je veux bien... Ce sont des points passionnants, fondés sur des arguments sérieux, et qui devraient être publiquement abordés beaucoup plus franchement qu'aujourd'hui.

Néanmoins, je crois que cela n'a rien à voir avec le terrorisme en général, et finalement assez peu à voir avec l'Etat islamique... sauf dans le sens où cela peut aider à la démystification de sa propagande, oui. Mais ce n'est pas par ce biais qu'on arrivera à mieux comprendre l'ennemi et à le défaire.
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AdoramusTe
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Re: Un prêtre égorgé au nom de Daesh dans une église normande

Message non lu par AdoramusTe »

Saytham a écrit : Néanmoins, je crois que cela n'a rien à voir avec le terrorisme en général, et finalement assez peu à voir avec l'Etat islamique... sauf dans le sens où cela peut aider à la démystification de sa propagande, oui. Mais ce n'est pas par ce biais qu'on arrivera à mieux comprendre l'ennemi et à le défaire.
Je regrette mais l'idéologie politico-religieuse n'a pas changé d'un iota depuis les origines de l'islam : c'est son fondement et c'est bien ça qu'il faut comprendre.
L'islam avance lorsqu'il en a les moyens à un moment donné. Le fait qu'il puisse être mis en silence à un autre moment ne veut pas dire qu'il a changé mais qu'il est simplement mis en pause où bien avance par d'autres ruses.
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Re: Un prêtre égorgé au nom de Daesh dans une église normande

Message non lu par Le Fils Prodigue »

Euh, est-ce que ce n'est qu'une impression, ou bien personne ne veut aborder la question des origines de l'Islam ?
J'essaie depuis le début de dire qu'on ne peut pas comprendre l'Islam sans comprendre ses origines, mais il faut toujours qu'on nous ramène à une comparaison avec le christianisme, comme le font les merdia du système, histoire de relativiser.
Nous ne relativisons rien du tout, et ce que nous disons là n'est pas journalistique, mon frère. Nous pouvons effectivement aborder la question des origines de l'Islam : cette religion a commencé après les révélations de Muhammad, qui a consigné dans le Coran, directement dicté de Dieu d'après lui, ce qui doit être retenu. Il apparaîtrait que Muhammad lui-même n'a pas toujours eu la même vision des choses et qu'il a considérablement évolué durant sa vie : de doctrine religieuse, sa doctrine est devenue de plus en plus terrestre et politique, d'où les conquêtes et massacres. Ensuite, sachez que dès les origines de l'islam justement, il y a eu des divisions. Il n'y a jamais eu d'islam pur. En reprenant cette idée, vous ne faites au fond qu'accréditer ce que racontent les islamistes. La preuve c'est qu'il y a eu de grosses divisions entre les partisans de Muhammad de son vivant, et après ça a été encore pire (entre Ali, son gendre, et les autres). Le conflit sunnisme/chiisme remonte d'ailleurs à cette antique querelle.

Nous ne noyons en aucun cas le poisson en disant ça : l'islam en tant que discours religieux et politique cohérent et fixe est une chimère. J'ai fait la comparaison avec le christianisme pour montrer que le problème de tout cela vient justement de la conception d'incréation des Écritures, d'absence de Magistère, et d'interprétations qui ont été divergentes dès le départ. N'oublions pas que la Réforme, au départ, était un mouvement qu'on qualifierait aujourd'hui de fondamentaliste, et a suscité des divisions de façon quasi-immédiate pour cause de divergences d'interprétation.
"Que les fidèles serviteurs de la Sainte Vierge disent donc hardiment avec Saint Jean Damascène : "Ayant confiance en vous, ô Mère de Dieu, je serai sauvé ; ayant votre protection ; je ne craindrai rien ; avec votre secours, je combattrai et mettrai en fuite mes ennemis : car votre dévotion est une arme de salut que Dieu donne à ceux qu'il veut sauver." "

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge
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