Bonjouuur a tous,
Il est écrit dans Corinthiens et dans pleins d autres passages de la Bible que la femme doit honorer l'homme, qu'elle doit se soumettre à l'homme, etc. Mais je ne comprends pas : on est tous égaux en Christ non? Pourquoi la femme devrait-elle toujours être inférieure a l'homme? Pour moi ce n'est pas Dieu ça, Jésus-Christ n'a jamais dit ça. Donc, est-ce que je peux avoir une réponse svp?
Les femmes dans la Bible
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Princesseuhh
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Re: Les femmes dans la Bible
Bonjour Princesseuhh,
"La femme" en général n'existe pas, "l'homme" non plus". Il y a des personnes, égales en dignité.
Chaque femme doit respecter son mari (et ne doit rien aux maris des autres),
Et chaque mari doit "aimer sa femme comme le Christ aime l'Église" (en donnant sa vie pour elle), ce qui est certainement un programme plus exigeant que celui des femmes mais là personne ne s'en indigne...
"La femme" en général n'existe pas, "l'homme" non plus". Il y a des personnes, égales en dignité.
Chaque femme doit respecter son mari (et ne doit rien aux maris des autres),
Et chaque mari doit "aimer sa femme comme le Christ aime l'Église" (en donnant sa vie pour elle), ce qui est certainement un programme plus exigeant que celui des femmes mais là personne ne s'en indigne...
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gerardh
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Re: Les femmes dans la Bible
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Bonjour,
Que la femme doivent honorer l'homme ne figure pas, sauf erreur, dans la Bible, si ce n'est très généralement que nous devrions tous honorer notre prochain. Qui plus est, nous devons honorer notre père et notre mère.
Par contre dans Ephésiens et ailleurs, il est écrit que les femmes doivent être soumises à leurs maris "comme au Seigneur". Inversement il est écrit que les maris doivent aimer leurs femmes. Toutes incitations utiles car nous avons tous une propension à faire le contraire. Cela dit en Ephésiens 5, 21 il est précisé : "étant soumis les uns aux autres dans la crainte de Christ".
Il ne s'agit pas d'une quelconque infériorité de la femme par rapport à l'homme : il n'y a ni mâle ni femelle, est-il écrit ailleurs, mais d'une relation de subordination de la femme vis à vis des maris. Cela, nous explique Ephésiens 5, est un témoignage et une figure des relations entre l'Eglise (la communauté des chrétiens) et le Christ.
Certes cela n'est pas très à la mode. Dans les cérémonies de mariages on lit volontiers 1 Cor 13 (l'amour), mais beaucoup plus rarement voire jamais Ephésiens 5. Pourtant il s'agit dans les deux cas de "la Parole de Dieu, vivante et opérante, et plus pénétrante qu'aucune épée à deux tranchants" (Hébreux 4).
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Bonjour,
Que la femme doivent honorer l'homme ne figure pas, sauf erreur, dans la Bible, si ce n'est très généralement que nous devrions tous honorer notre prochain. Qui plus est, nous devons honorer notre père et notre mère.
Par contre dans Ephésiens et ailleurs, il est écrit que les femmes doivent être soumises à leurs maris "comme au Seigneur". Inversement il est écrit que les maris doivent aimer leurs femmes. Toutes incitations utiles car nous avons tous une propension à faire le contraire. Cela dit en Ephésiens 5, 21 il est précisé : "étant soumis les uns aux autres dans la crainte de Christ".
Il ne s'agit pas d'une quelconque infériorité de la femme par rapport à l'homme : il n'y a ni mâle ni femelle, est-il écrit ailleurs, mais d'une relation de subordination de la femme vis à vis des maris. Cela, nous explique Ephésiens 5, est un témoignage et une figure des relations entre l'Eglise (la communauté des chrétiens) et le Christ.
Certes cela n'est pas très à la mode. Dans les cérémonies de mariages on lit volontiers 1 Cor 13 (l'amour), mais beaucoup plus rarement voire jamais Ephésiens 5. Pourtant il s'agit dans les deux cas de "la Parole de Dieu, vivante et opérante, et plus pénétrante qu'aucune épée à deux tranchants" (Hébreux 4).
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axou
- Barbarus

Re: Les femmes dans la Bible
Bonjour Princesse,
voici un extrait de l'exhortation du Pape François "Amoris Laetitia" sur la famille :
54. Par cet bref panorama de la réalité, je désire souligner que, bien que de notables améliorations aient eu lieu dans la reconnaissance des droits des femmes à intervenir dans l’espace public, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir dans certains pays. On n’a pas fini d’éradiquer des coutumes inacceptables. Je souligne la violence honteuse qui parfois s’exerce sur les femmes, les abus dans le cercle familial et diverses formes d’esclavage, qui ne constituent pas une démonstration de force masculine, mais une lâche dégradation. La violence verbale, physique et sexuelle qui s’exerce sur les femmes dans certaines familles contredit la nature même de l’union conjugale. Je pense à la grave mutilation génitale de la femme dans certaines cultures, mais aussi à l’inégalité d’accès à des postes de travail dignes et aux lieux où se prennent les décisions. L’histoire porte les marques des excès des cultures patriarcales où la femme était considérée comme de seconde classe ; mais rappelons aussi le phénomène des mères porteuses, ou « l’instrumentalisation et la marchandisation du corps féminin dans la culture médiatique actuelle ».[42] Certains considèrent que beaucoup de problèmes actuels sont apparus à partir de l’émancipation de la femme. Mais cet argument n’est pas valide, « cela est faux, ce n’est pas vrai ! C’est une forme de machisme ».[43] L’égale dignité entre l’homme et la femme nous pousse à nous réjouir que les vieilles formes de discrimination soient dépassées, et qu’au sein des familles un effort de réciprocité se réalise. Même si des formes de féminisme, qu’on ne peut juger adéquates, apparaissent, nous admirons cependant une œuvre de l’Esprit dans la reconnaissance plus claire de la dignité de la femme et de ses droits.
55. « L’homme revêt un rôle tout aussi décisif dans la vie de la famille, en se référant plus particulièrement à la protection et au soutien de l’épouse et des enfants. Beaucoup d’hommes sont conscients de l’importance de leur rôle dans la famille et le vivent avec les qualités spécifiques du caractère masculin. L’absence du père marque gravement la vie familiale, l’éducation des enfants et leur insertion dans la société. Son absence peut être physique, affective, cognitive et spirituelle. Cette carence prive les enfants d’un modèle de référence du comportement paternel ».[44]
Il n'y a pas de prédominance de l'homme sur la femme, Saint-Paul s'exprimait dans la société patriarcale qui était la sienne et nous ne sommes plus dans une société patriarcale. Comme le dit le Pape, "au coeur des familles, un effort de réciprocité se réalise".
Il précise que l'homme joue un rôle de "protection", c'est à dire que sa force masculine apporte du soutien, ce qui ne signifie pas domination ni prédominance et ne suppose nulle soumission de la part de la femme.
Bien à vous,
Axou
voici un extrait de l'exhortation du Pape François "Amoris Laetitia" sur la famille :
54. Par cet bref panorama de la réalité, je désire souligner que, bien que de notables améliorations aient eu lieu dans la reconnaissance des droits des femmes à intervenir dans l’espace public, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir dans certains pays. On n’a pas fini d’éradiquer des coutumes inacceptables. Je souligne la violence honteuse qui parfois s’exerce sur les femmes, les abus dans le cercle familial et diverses formes d’esclavage, qui ne constituent pas une démonstration de force masculine, mais une lâche dégradation. La violence verbale, physique et sexuelle qui s’exerce sur les femmes dans certaines familles contredit la nature même de l’union conjugale. Je pense à la grave mutilation génitale de la femme dans certaines cultures, mais aussi à l’inégalité d’accès à des postes de travail dignes et aux lieux où se prennent les décisions. L’histoire porte les marques des excès des cultures patriarcales où la femme était considérée comme de seconde classe ; mais rappelons aussi le phénomène des mères porteuses, ou « l’instrumentalisation et la marchandisation du corps féminin dans la culture médiatique actuelle ».[42] Certains considèrent que beaucoup de problèmes actuels sont apparus à partir de l’émancipation de la femme. Mais cet argument n’est pas valide, « cela est faux, ce n’est pas vrai ! C’est une forme de machisme ».[43] L’égale dignité entre l’homme et la femme nous pousse à nous réjouir que les vieilles formes de discrimination soient dépassées, et qu’au sein des familles un effort de réciprocité se réalise. Même si des formes de féminisme, qu’on ne peut juger adéquates, apparaissent, nous admirons cependant une œuvre de l’Esprit dans la reconnaissance plus claire de la dignité de la femme et de ses droits.
55. « L’homme revêt un rôle tout aussi décisif dans la vie de la famille, en se référant plus particulièrement à la protection et au soutien de l’épouse et des enfants. Beaucoup d’hommes sont conscients de l’importance de leur rôle dans la famille et le vivent avec les qualités spécifiques du caractère masculin. L’absence du père marque gravement la vie familiale, l’éducation des enfants et leur insertion dans la société. Son absence peut être physique, affective, cognitive et spirituelle. Cette carence prive les enfants d’un modèle de référence du comportement paternel ».[44]
Il n'y a pas de prédominance de l'homme sur la femme, Saint-Paul s'exprimait dans la société patriarcale qui était la sienne et nous ne sommes plus dans une société patriarcale. Comme le dit le Pape, "au coeur des familles, un effort de réciprocité se réalise".
Il précise que l'homme joue un rôle de "protection", c'est à dire que sa force masculine apporte du soutien, ce qui ne signifie pas domination ni prédominance et ne suppose nulle soumission de la part de la femme.
Bien à vous,
Axou
Re: Les femmes dans la Bible
Quand on lit les textes sacrés en général il y en a de deux sortes:
* Ceux qui sont révélés et qui sont la parole du Seigneur
* Ceux qui sont liés à des situations au temps T
Il est évident que les conseils qu'on a pour une communauté d'il y a 2000 ans (enfin presque) ne sont pas les mêmes qu'un conseil qu'on donne maintenant. Ceci relève de la tradition. Quand Paul dit par exemple que les femmes parlent trop ... c'est un fait divers dont il parle à une lettre à des chrétiens et non pas une vérité qu'il faut tenir pour absolue. Par contre la doctrine, elle, ne change pas et là ce sont les paroles et les actes du seigneur qui ne sont pas un conseil pour un temps T, mais bien parole vivante. Il est (à mon avis) important de faire la distinction entre les deux.
Ceci ne signifie pas que tous les actes des apôtres sont seulement des bons conseils d'époque à ne plus prendre en compte, mais une partie (notamment ce qui est liée à la vie courante de l'époque) oui. Par contre d'autres parties sont elles plus inspirés et universelles comme les Galates ou Paul dit bien qu'il n'y a plus ni esclave ni maître, ni juif ni grec, ni homme ni femme. Ca c'est la doctrine.
Ensuite, comme le soulignent d'autres personnes avant moi, l'obligation de la femme à respecter son mari est doublée d'une obligation plus forte encore pour le mari qui doit protéger sa femme jusqu'à la mort. Donc même s'il s'agit d'une approche liée à la tradition et non pas à la doctrine, pour l'époque c'était très "progressiste" si ce mot veut encore dire quelque chose. Car le statut de la femme à l'époque était très proche de celui de la femme actuellement en Arabie Saoudite, la proposition de Paul va donc tout à fait dans le sens de la libération et la protection de la femme.
Voilà donc pour résumer:
* Pour l'époque c'était une avancée pour les femmes.
* Il faut savoir faire la distinction entre tradition (liée au temps) et doctrine (non liée au temps).
* Ceux qui sont révélés et qui sont la parole du Seigneur
* Ceux qui sont liés à des situations au temps T
Il est évident que les conseils qu'on a pour une communauté d'il y a 2000 ans (enfin presque) ne sont pas les mêmes qu'un conseil qu'on donne maintenant. Ceci relève de la tradition. Quand Paul dit par exemple que les femmes parlent trop ... c'est un fait divers dont il parle à une lettre à des chrétiens et non pas une vérité qu'il faut tenir pour absolue. Par contre la doctrine, elle, ne change pas et là ce sont les paroles et les actes du seigneur qui ne sont pas un conseil pour un temps T, mais bien parole vivante. Il est (à mon avis) important de faire la distinction entre les deux.
Ceci ne signifie pas que tous les actes des apôtres sont seulement des bons conseils d'époque à ne plus prendre en compte, mais une partie (notamment ce qui est liée à la vie courante de l'époque) oui. Par contre d'autres parties sont elles plus inspirés et universelles comme les Galates ou Paul dit bien qu'il n'y a plus ni esclave ni maître, ni juif ni grec, ni homme ni femme. Ca c'est la doctrine.
Ensuite, comme le soulignent d'autres personnes avant moi, l'obligation de la femme à respecter son mari est doublée d'une obligation plus forte encore pour le mari qui doit protéger sa femme jusqu'à la mort. Donc même s'il s'agit d'une approche liée à la tradition et non pas à la doctrine, pour l'époque c'était très "progressiste" si ce mot veut encore dire quelque chose. Car le statut de la femme à l'époque était très proche de celui de la femme actuellement en Arabie Saoudite, la proposition de Paul va donc tout à fait dans le sens de la libération et la protection de la femme.
Voilà donc pour résumer:
* Pour l'époque c'était une avancée pour les femmes.
* Il faut savoir faire la distinction entre tradition (liée au temps) et doctrine (non liée au temps).
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Princesseuhh
- Civis

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Re: Les femmes dans la Bible
Bonjour Axou,
J'ai pris le temps de lire tout ce que vous avez dit et,vraiment, ça m a beaucoup aidé!
Mercii
J'ai pris le temps de lire tout ce que vous avez dit et,vraiment, ça m a beaucoup aidé!
Mercii
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Princesseuhh
- Civis

- Messages : 6
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- Conviction : catholique
Re: Les femmes dans la Bible
D'accord... J avais jamais vu ça de cette manière mais vous avez raison..
- Marc Oh
- Quæstor

- Messages : 279
- Inscription : ven. 01 avr. 2016, 16:05
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Re: Les femmes dans la Bible
Bonjour,
Content de voir ce sujet! Il y a beaucoup de premières fois, ou premières places avec des femmes dans la Bible.
Nouveau testament : je pense à la Samaritaine, et la 1ière profession de foi après celle des apotres, aux noces de Cana le premier miracle (ok Marie Mère du Christ est à part tellement elle est particulière: "elle a changé le nom d'Eve" nous dit l'Ave maris stella) ou Jésus l’appelle justement "femme", à Marie Madeleine la 1ere au tombeau,
Coté Ancien testament :
3 Esdras 4, vs 13 et suivant contient aussi un passage remarquable sur "la force de la femme" (NB pas dans le canon catholique, dans l'orthodoxe) http://www.la-bible.net/doc/tob3.pdf.
Myriam sœur de Moïse qui ouvre la marche en passant la mer rouge
Évidemment mon regard est biaisé!
Content de voir ce sujet! Il y a beaucoup de premières fois, ou premières places avec des femmes dans la Bible.
Nouveau testament : je pense à la Samaritaine, et la 1ière profession de foi après celle des apotres, aux noces de Cana le premier miracle (ok Marie Mère du Christ est à part tellement elle est particulière: "elle a changé le nom d'Eve" nous dit l'Ave maris stella) ou Jésus l’appelle justement "femme", à Marie Madeleine la 1ere au tombeau,
Coté Ancien testament :
3 Esdras 4, vs 13 et suivant contient aussi un passage remarquable sur "la force de la femme" (NB pas dans le canon catholique, dans l'orthodoxe) http://www.la-bible.net/doc/tob3.pdf.
Myriam sœur de Moïse qui ouvre la marche en passant la mer rouge
Évidemment mon regard est biaisé!
Marc Oh!
"... sans l'amour je ne suis rien..."
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Toto
- Barbarus

Re: Les femmes dans la Bible
Que disait Pie XI?axou a écrit :Bonjour Princesse,
voici un extrait de l'exhortation du Pape François "Amoris Laetitia" sur la famille : [...]
L'ordre de l'amour
Enfin, la société domestique ayant été bien affermie par le lien de cette charité, il est nécessaire d'y faire fleurir ce que saint Augustin appelle l'ordre de l'amour. Cet ordre implique et la primauté du mari sur sa femme et ses enfants, et la soumission empressée de la femme ainsi que son obéissance spontanée, ce que l'Apôtre recommande en ces termes : « que les femmes soient soumises à leurs maris comme au Seigneur ; parce que l'homme est le chef de la femme comme le Christ est le Chef de l’Eglise. » (31) [...] Mais, pour ce qui regarde la structure même de la famille et sa loi fondamentale, établie et fixée par Dieu, il n'est jamais ni nulle part permis de les bouleverser ou d'y porter atteinte. Sur cet ordre qui doit être observé entre la femme et son mari, Notre prédécesseur d'heureuse Mémoire, Léon XIII, donne, dans l'Encyclique sur le mariage chrétien, que Nous avons rappelée, ces très sages enseignements : «L'homme est le prince de la famille et le chef de la femme ; celle-ci, toutefois, parce qu'elle est, par rapport à lui, la chair de sa chair et l'os de ses os, sera soumise, elle obéira à son mari, non point à la façon d'une servante, mais comme une associée ; et ainsi, son obéissance ne manquera ni de beauté ni de dignité. Dans celui qui, commande et dans celle qui obéit — parce que le premier reproduit du Christ, et la seconde l'image de l'Eglise, — la charité ne devra jamais cesser d'être la régulatrice de leur devoir respectif. » (32) [...]
L'émancipation de la femme.
Les mêmes maîtres d'erreurs qui ternissent l'éclat de la fidélité et de la chasteté nuptiales n'hésitent pas à attaquer la fidèle et honnête subordination de la femme à son mari. Nombre d'entre eux poussent l'audace jusqu'à parler d'une indigne servitude d'un des deux époux à l'autre ; ils proclament que tous les droits sont égaux entre époux ; estimant ces droits violés par la « servitude » qu'on vient de dire, ils prêchent orgueilleusement une émancipation de la femme, déjà accomplie ou qui doit l'être. Ils décident que cette émancipation doit être triple, qu'elle doit se réaliser dans le gouvernement de la vie domestique, dans l'administration des ressources familiales, dans la faculté d'empêcher ou de détruire la vie de l'enfant, et ils l'appellent sociale, économique, physiologique : physiologique, car ils veulent que les femmes soient à leur gré affranchies des charges conjugales et maternelles de l'épouse (ce qui n'est pas émancipation, mais crime détestable, Nous l'avons suffisamment montré) ; économique ils entendent par là que la femme, même à l'insu de son mari, et contre sa volonté, puisse librement avoir ses affaires, les gérer, les administrer, sans se soucier autrement. de ses enfants, de son mari et de toute sa famille ; Sociale enfin : et par là ils enlèvent à la femme les soins domestiques, ceux des enfants et ceux de la famille, pour que, ceux là négligés, elle puisse se livrer à son génie naturel, se consacrer aux affaires et occuper des charges, même les charges publiques. Mais ce n'est pas là, une vraie émancipation de la femme, et ce n'est pas là non plus cette digne liberté conforme à la raison, qui est due à la noble tâche de la femme et de l'épouse chrétienne ; c'est bien plutôt une corruption de l'esprit de la femme et de la dignité maternelle, un bouleversement aussi de toute la famille, par où le mari est privé de sa femme, les enfants de leur mère, la maison et la famille tout entière d'une gardienne toujours vigilante. Bien plus, c'est au détriment de la femme elle-même que tourne cette fausse liberté et cette égalité non naturelle avec son mari ; car si la femme descend de ce siège vraiment royal où elle a été élevée par l'Evangile dans l'intérieur des murs domestiques, elle sera bien vite réduite à l'ancienne servitude (sinon en apparence, du moins en réalité) et elle deviendra — ce qu'elle était chez les païens — un pur instrument de son mari. [...]
Les difficultés économiques
[...] Et tout d'abord, il faut s'efforcer de toutes façons de réaliser ce que Notre prédécesseur Léon XIII avait déjà déclaré (92) : que, dans la société civile, le régime économique et social soit constitué de façon que tout père de famille puisse gagner ce qui, étant données sa condition et la localité qu'il habite, est nécessaire à son entretien et à celui de sa femme et de ses enfants : « Car l'ouvrier mérite son salaire »
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