Radical orthodoxy : un courant de pensée à découvrir
Re: Radical orthodoxy : un courant de pensée à découvrir
Christian,
Je crois tout d’abord que le mot «politique» doit dépasser la définition première d’un dictionnaire pour le sujet dont nous parlons ici. Associer le mot politique uniquement à une quête de pouvoir est incorrect. Votre interprétation des évangiles pour nier que le Christ a fait de la politique pourrait facilement être contesté par des exégètes catholiques, dans un contexte historico-critique ou par la critique littéraire des textes. Que faites vous des termes : «Royaume», «royauté», «règne», «cité de Dieu», ou simplement le mot «Seigneur». Et vous ne voyez pas une certaine action politique lorsque Jésus chasse les vendeurs du Temple? Qui Jésus vient-il ébranler lorsqu’il pose ce geste, seulement ces vendeurs? Nier cela c’est méconnaître le contexte socio-politico-religieux de l’époque de Jésus. Et la mort de Jésus par la crucifixion et non la lapidation, comment l’expliquer?
Votre interprétation des textes de l’Évangile est très fondamentaliste et rejoint celle des groupes protestants évangéliques des États-unis qui envahissent l’Amérique Latine en ce moment. Ces groupes religieux protestants disent, effectivement, que Jésus n’a jamais fait de politique et que ce mot est absent des évangiles. Donc pour eux, un bon disciple de Jésus ne fait pas de politique. Ce discours est voulu pour maintenir ces peuples dans l’ignorance, la servitude, la misère et la pauvreté et ainsi éviter que ces peuples se prennent en main. Donc ces groupes fondamentalistes religieux servent les intérêts de qui? Du petit peuple ou de certaines multinationales d’un certain pays qui fait tout en ce moment pour mettre la main sur les richesses du monde entier et le contrôler politiquement!
Je crois tout d’abord que le mot «politique» doit dépasser la définition première d’un dictionnaire pour le sujet dont nous parlons ici. Associer le mot politique uniquement à une quête de pouvoir est incorrect. Votre interprétation des évangiles pour nier que le Christ a fait de la politique pourrait facilement être contesté par des exégètes catholiques, dans un contexte historico-critique ou par la critique littéraire des textes. Que faites vous des termes : «Royaume», «royauté», «règne», «cité de Dieu», ou simplement le mot «Seigneur». Et vous ne voyez pas une certaine action politique lorsque Jésus chasse les vendeurs du Temple? Qui Jésus vient-il ébranler lorsqu’il pose ce geste, seulement ces vendeurs? Nier cela c’est méconnaître le contexte socio-politico-religieux de l’époque de Jésus. Et la mort de Jésus par la crucifixion et non la lapidation, comment l’expliquer?
Votre interprétation des textes de l’Évangile est très fondamentaliste et rejoint celle des groupes protestants évangéliques des États-unis qui envahissent l’Amérique Latine en ce moment. Ces groupes religieux protestants disent, effectivement, que Jésus n’a jamais fait de politique et que ce mot est absent des évangiles. Donc pour eux, un bon disciple de Jésus ne fait pas de politique. Ce discours est voulu pour maintenir ces peuples dans l’ignorance, la servitude, la misère et la pauvreté et ainsi éviter que ces peuples se prennent en main. Donc ces groupes fondamentalistes religieux servent les intérêts de qui? Du petit peuple ou de certaines multinationales d’un certain pays qui fait tout en ce moment pour mettre la main sur les richesses du monde entier et le contrôler politiquement!
Père Guy
"J'attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir".
credo
"J'attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir".
credo
Re: Radical orthodoxy : un courant de pensée à découvrir
Intéressant. Il y aurait des politiciens qui ne sont pas concernés par le pouvoir.Boris :
Oui, de pouvoir et non de politique !
La fête de Celui dont le Royaume n’est pas de ce monde.D'où la fête du Christ-Roi !
Si. Lisez les quelques 20 messages (au moins) que j’ai publiés sur ce forum concernant le Décalogue et la différence entre le Droit et la loi.Et puis il y a les commandements : n'ont-ils pas valeur de Loi ?
Car si les hommes n’avaient pas été rassasiés, Jésus eut accepté la couronne d’Israël ? C’est un point de vue original.Qui veut faire de Jésus un Roi ? Les hommes rassasiés.
Or comme on le trouve en de nombreux autres endroits, Jésus attend son heure.
Je suppose que les Juifs mangeaient tous les jours à leur faim puisque l’heure de devenir roi que Jésus attendait selon vous n’est jamais venue.
Alors là, merci. Je n’avais jamais remarqué cette distinction fondamentale. Le Dieu de la Bible est généralement Celui qui intervient personnellement : « Je ferai ceci… ». Mais s’agissant du pouvoir politique, l’Eternel dit à Samuel : « Etablis un roi sur eux ». C’est Samuel, pas Dieu, qui fonde la royauté. Dieu a écouté la voix du peuple, et Il répond « Vous serez traités comme vous le demandez ».Et l'Eternel dit à Samuel : Ecoute leur voix, et établis un roi sur eux.
Boris :
c'est bien Dieu qui donne un roi à son peuple.
Boris, vous êtes gentil, mais vous ne lisez pas, ou n’assimilez pas, les réponses.Excellente question. C’est très exactement celle à laquelle répond la vie du Christ.
Boris :
Qui ira dire que l'Evangile n'est pas une bonne réponse ? Personne. Mais comment répond-il à la question de la politique ?
Nous attendons toujours vos arguments.
L’exemple du Christ est celui que doit suivre le chrétien dans la cité. Qui aurait une meilleure réponse que Lui ? Or a-t-Il, oui ou non, cherché le pouvoir politique ?
Christian
There is one thing more wicked in the world than the desire to command,
and that is the will to obey.
W.K. Clifford
and that is the will to obey.
W.K. Clifford
Re: Radical orthodoxy : un courant de pensée à découvrir
Bonjour sapin,
Puis je reprendrai volontiers cette conversation.
Cordialement
Christian
Ce n’est certes pas incorrect. Mais toute la deuxième partie de mon article auquel vous répondez concerne ce deuxième sens que l’on peut donner au mot « politique ».Associer le mot politique uniquement à une quête de pouvoir est incorrect.
Cette contestation a eu lieu et elle perdure. Tous les tenants de l’alliance entre le trône et l’autel s'y emploient. Un de ses derniers avatars est la théologie de la libérationVotre interprétation des évangiles pour nier que le Christ a fait de la politique pourrait facilement être contesté par des exégètes catholiques, dans un contexte historico-critique ou par la critique littéraire des textes.
Je les veux où Jésus les place : hors de ce monde.Que faites vous des termes : «Royaume», «royauté», «règne», «cité de Dieu», ou simplement le mot «Seigneur».
Oui, c’est vrai ça, comment l’expliquer ? Je suis sûr que vous avez la réponse. Moi je ne saisis pas la pertinence de la question pour notre sujet.Et la mort de Jésus par la crucifixion et non la lapidation, comment l’expliquer?
Lisez toute la seconde moitié de l’article auquel vous répondez.Et vous ne voyez pas une certaine action politique lorsque Jésus chasse les vendeurs du Temple?
Votre interprétation des textes de l’Évangile est très fondamentaliste et rejoint celle des groupes protestants évangéliques des États-unis qui envahissent l’Amérique Latine en ce moment. Ces groupes religieux protestants disent, effectivement, que Jésus n’a jamais fait de politique et que ce mot est absent des évangiles. Donc pour eux, un bon disciple de Jésus ne fait pas de politique. Ce discours est voulu pour maintenir ces peuples dans l’ignorance, la servitude, la misère et la pauvreté et ainsi éviter que ces peuples se prennent en main.
Puis je reprendrai volontiers cette conversation.
Cordialement
Christian
Toute cage cherche un oiseau
Kafka
(une bonne métaphore de tout projet politique)
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(une bonne métaphore de tout projet politique)
- Boris
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Re: Radical orthodoxy : un courant de pensée à découvrir
Christian, votre incohérence est flagrante :
puis
Visiblement, votre réponse dépend de votre interlocuteur.
En clair vous troller !
Réponse ironique qui montre votre idéologisme.Christian a écrit :Intéressant. Il y aurait des politiciens qui ne sont pas concernés par le pouvoir.Boris a écrit :Oui, de pouvoir et non de politique !
puis
Alors : est-ce que la politique peut-être oui ou non séparer de la quête de pouvoir ?Christian a écrit :Ce n’est certes pas incorrect. Mais toute la deuxième partie de mon article auquel vous répondez concerne ce deuxième sens que l’on peut donner au mot « politique ».Sapin a écrit :Associer le mot politique uniquement à une quête de pouvoir est incorrect.
Visiblement, votre réponse dépend de votre interlocuteur.
En clair vous troller !
UdP,
Boris
Boris
Re: Radical orthodoxy : un courant de pensée à découvrir
Bonjour Hélène,
J’ai repris le mot individualisme utilisé par sapin pour montrer qu’il ne se confond pas avec égoïsme. L’individualisme est une notion philosophique et juridique qui tient que l’individu est premier par rapport à la collectivité. L’individualisme s’oppose à l’argumentation de Caïphe : « Il est préférable qu’un homme meure plutôt que la nation toute entière ».
Mais le juridique s’efface devant l’amour. Ils n’appartiennent pas à la même catégorie. La charité consiste à donner ce à quoi l’autre n’a pas droit. Dans cette relation, les personnes sont en jeu plutôt que les individus. Et vous avez raison, cette relation personnelle est celle que Dieu cherche avec chacun de nous (peut-être l’enfer consisterait-il à être renvoyé à notre individu sujet de droit, pécheur, plutôt qu’à notre personne objet d’amour).
Désolé si cela est un peu confus. Mon propos était simplement de dire à sapin que nous pouvons être tout-à-fait individualistes et néanmoins attentifs au bien-être d’autrui.
Bien à vous
Christian
PS. Je maintiens "poids lourd canonique"
Je suis preneur.Peut-être aurait-il mieux fait d'utiliser le mot "personnalisation" ? Car, Dieu nous appelle effectivement à une relation personnelle de tout notre être […] et non à un individualisme ou une relation "individuelle" avec Lui. Cette relation personnelle du "je devant le "Tu" divin nous renvoie toujours vers nos frères.
J’ai repris le mot individualisme utilisé par sapin pour montrer qu’il ne se confond pas avec égoïsme. L’individualisme est une notion philosophique et juridique qui tient que l’individu est premier par rapport à la collectivité. L’individualisme s’oppose à l’argumentation de Caïphe : « Il est préférable qu’un homme meure plutôt que la nation toute entière ».
Mais le juridique s’efface devant l’amour. Ils n’appartiennent pas à la même catégorie. La charité consiste à donner ce à quoi l’autre n’a pas droit. Dans cette relation, les personnes sont en jeu plutôt que les individus. Et vous avez raison, cette relation personnelle est celle que Dieu cherche avec chacun de nous (peut-être l’enfer consisterait-il à être renvoyé à notre individu sujet de droit, pécheur, plutôt qu’à notre personne objet d’amour).
Désolé si cela est un peu confus. Mon propos était simplement de dire à sapin que nous pouvons être tout-à-fait individualistes et néanmoins attentifs au bien-être d’autrui.
Bien à vous
Christian
PS. Je maintiens "poids lourd canonique"
L'individu qui pense contre la société qui dort, voilà l'histoire éternelle,
et le printemps aura toujours le même hiver à vaincre.
Alain, Politique
et le printemps aura toujours le même hiver à vaincre.
Alain, Politique
Re: Radical orthodoxy : un courant de pensée à découvrir
Cher tous,
je vois que le débat ne laisse personne indiferent et au fond tant mieux, cat il est vrai que la question n'est pas à prendre à la légére.
L'afffirmation d' Hauerwas : "être chrétien c'est une politique" peut prêter à grande confusion.
Tout d'abord Christian, je tenais à vous dire que ce vous a dit Boris sur l'action social et politique du Christ : tout ceci sont des réalités biblique. Vous ne pouvez le renier.
Je ne tiens a me battre à coup de citations de la Parole, ce qui revient trés souvent non pas à la respecter mais à la mettre à notre service. (chose que je denonce chez beaucoup de frères-séparés protestant)
Joseph Ratzinger disait que si par perfidie nous le souhaitions, nous pourrions faire dire au Christ l'inverse même de ce qu'Il enseiganit en manipulant la Sainte Parole. je vous demande donc de prendre l'Evangile dans son ensemble et dans sa coherence, son unicité même.
Dieu, comme le disait Sapin, est venue établir un Royaume, un Régne, une Victoire mais quelle royaume, quel régne ?
Là où je suis d'accord avec vous Christian c'est le fait de dénoncer et de démasquer les impostures du pouvoir et de la politique humaine marqué par le péché. Je vous comprends et vous soutient quand vous dites (en résumé) de ne mettre aucune Esperance dans nos gouvernements. Nous avons TOUS (moi le 1er) tendance à mettre notre confiance dans les hommes politiques pour lesquelles nous votons. Et ceci est une erreure, non pas qu'il nous faudrait arrêter de voter, mais il ne nous faut pas se laisser emporter dans une sorte de projection "messianique" sur un candidat ou un programme.
Notre seul orgueil c'est la Croix du Christ : objet de notre rédemption. L'Eglise colonne et support de vérité nous assure le lieu et l'espace dans lequelle le Régne et le Royaume sont "déjà et pas encore" là.
"Déjà là" dans le fait que l'Esprit fait vivre le corps où le Christ en est la tête mais "pas encore" puisque nous attendons l'avénement final dans la Gloire qui nous établira face à face dans l'éternité.
Là où Christian je ne peux plus vous rejoindre c'est dans le rejet totale de toute forme de politique, l'intiniation d'une corromption obligatoire même pour un chretien de vivre en insérant du politique dans sa vie.
Mais Christian le fait même d'être chrétien nous inscrit dans une lutte avec l'esprit et le prince de ce monde, vous êtes d'accord avec moi. Donc nous ne pouvons rester neutre ou tiéde face aux systémes, aux méthodes, aux lois qui nous gouvernent. Nous ne pouvons nous dérober.
j'aimerais vous dire et pardonnez moi si c'est abusif mais ceci n'est que mon propre point de vue et non une vérité : comme le Christ n'est pas venue abolir la loi mais l'accomplir, l'Eglise du fait "d'être" et "en tant que" communauté n'est pas venu abolir la politique mais l'accomplir. L'accomplir en son sein dans la communauté où peut s'épanouir le royaume (qui je le rapelle ne correspond pas en des questions de nourritures et de boissons mais est Justice et Paix dans l'Esprit saint).
L'Eglise est le lieu alternatif en marge de toute société politique où chaque homme peut trouver le salut (suranturelle) et l'accueil (naturel) véritable.
Je remercie Aedilis, Boris, Christophe aussi pour les trés bonnes interventions qui aident le débat sur Radical Orthodoxy.
JAM
je vois que le débat ne laisse personne indiferent et au fond tant mieux, cat il est vrai que la question n'est pas à prendre à la légére.
L'afffirmation d' Hauerwas : "être chrétien c'est une politique" peut prêter à grande confusion.
Tout d'abord Christian, je tenais à vous dire que ce vous a dit Boris sur l'action social et politique du Christ : tout ceci sont des réalités biblique. Vous ne pouvez le renier.
Je ne tiens a me battre à coup de citations de la Parole, ce qui revient trés souvent non pas à la respecter mais à la mettre à notre service. (chose que je denonce chez beaucoup de frères-séparés protestant)
Joseph Ratzinger disait que si par perfidie nous le souhaitions, nous pourrions faire dire au Christ l'inverse même de ce qu'Il enseiganit en manipulant la Sainte Parole. je vous demande donc de prendre l'Evangile dans son ensemble et dans sa coherence, son unicité même.
Dieu, comme le disait Sapin, est venue établir un Royaume, un Régne, une Victoire mais quelle royaume, quel régne ?
Là où je suis d'accord avec vous Christian c'est le fait de dénoncer et de démasquer les impostures du pouvoir et de la politique humaine marqué par le péché. Je vous comprends et vous soutient quand vous dites (en résumé) de ne mettre aucune Esperance dans nos gouvernements. Nous avons TOUS (moi le 1er) tendance à mettre notre confiance dans les hommes politiques pour lesquelles nous votons. Et ceci est une erreure, non pas qu'il nous faudrait arrêter de voter, mais il ne nous faut pas se laisser emporter dans une sorte de projection "messianique" sur un candidat ou un programme.
Notre seul orgueil c'est la Croix du Christ : objet de notre rédemption. L'Eglise colonne et support de vérité nous assure le lieu et l'espace dans lequelle le Régne et le Royaume sont "déjà et pas encore" là.
"Déjà là" dans le fait que l'Esprit fait vivre le corps où le Christ en est la tête mais "pas encore" puisque nous attendons l'avénement final dans la Gloire qui nous établira face à face dans l'éternité.
Là où Christian je ne peux plus vous rejoindre c'est dans le rejet totale de toute forme de politique, l'intiniation d'une corromption obligatoire même pour un chretien de vivre en insérant du politique dans sa vie.
Mais Christian le fait même d'être chrétien nous inscrit dans une lutte avec l'esprit et le prince de ce monde, vous êtes d'accord avec moi. Donc nous ne pouvons rester neutre ou tiéde face aux systémes, aux méthodes, aux lois qui nous gouvernent. Nous ne pouvons nous dérober.
j'aimerais vous dire et pardonnez moi si c'est abusif mais ceci n'est que mon propre point de vue et non une vérité : comme le Christ n'est pas venue abolir la loi mais l'accomplir, l'Eglise du fait "d'être" et "en tant que" communauté n'est pas venu abolir la politique mais l'accomplir. L'accomplir en son sein dans la communauté où peut s'épanouir le royaume (qui je le rapelle ne correspond pas en des questions de nourritures et de boissons mais est Justice et Paix dans l'Esprit saint).
L'Eglise est le lieu alternatif en marge de toute société politique où chaque homme peut trouver le salut (suranturelle) et l'accueil (naturel) véritable.
Je remercie Aedilis, Boris, Christophe aussi pour les trés bonnes interventions qui aident le débat sur Radical Orthodoxy.
JAM
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Re: Radical orthodoxy : un courant de pensée à découvrir
Christian, Boris : il me semble qu'il existe déjà un fil de discussion dédié à l'éventuelle condamnation de la politique dans l'Ecriture. Et s'il n'existe pas, je vous invite à le créer afin de ne pas détourner ce fil de son sujet initial.
JAM : merci pour votre exposé intéressant. Une question me taraude cependant : RO veut faire une "politique chrétienne", or je n'ai lu aucune évocation de la Doctrine sociale de l'Eglise. Quel statut l'école de Radical Orthodoxy accorde-t-elle à cet enseignement de valeur magistérielle ? Quelle est la valeur ajoutée de RO par rapport à cet enseignement (dans la partie "positive" du message de RO - car la (nécessaire) critique de la modernité ne fait, à ma connaissance, l'objet d'aucun enseignement récent dans le Magistère) ?
Fraternellement
Christophe
JAM : merci pour votre exposé intéressant. Une question me taraude cependant : RO veut faire une "politique chrétienne", or je n'ai lu aucune évocation de la Doctrine sociale de l'Eglise. Quel statut l'école de Radical Orthodoxy accorde-t-elle à cet enseignement de valeur magistérielle ? Quelle est la valeur ajoutée de RO par rapport à cet enseignement (dans la partie "positive" du message de RO - car la (nécessaire) critique de la modernité ne fait, à ma connaissance, l'objet d'aucun enseignement récent dans le Magistère) ?
Fraternellement
Christophe
« N'ayez pas peur ! » (365 occurrences dans les Écritures)
Re: Radical orthodoxy : un courant de pensée à découvrir
JAM,
Nos opinions, si j'ai compris la vôtre, sont plus voisines que vous le pensez.
Jésus n’est pas venu faire de la politique. Ne nous battons pas à coups de citations. Car vous n’en trouverez pas une seule dans aucun des Evangiles qui soutiendrait le contraire.
Mais Jésus est venu changer la société. Ça oui. Jésus est venu nous dire qu’il est un moyen de transformer la société autre que la politique. Voilà la radicalité du message. Voilà tout l’enseignement qu’Il nous donne par Sa parole et par Son exemple. Et c’est cette voie, celle de la non politique, de la non violence, du non pouvoir, qu’il nous est si difficile de suivre.
Nous sommes si profondément immergés dans le péché et entraînés à obéir aux autorités politiques depuis l’école que nous ne pouvons pas imaginer d’autres solutions aux problèmes sociaux que le flic, le fisc et la trique. Devant chaque comportement qui nous déplaît nous pensons : « Il faut une loi pour/contre ça ». Mais toutes les lois dont nous avons besoin existent. Au nombre de 10. Depuis le Sinaï. Il n’est nul besoin d’aucune autre. Vive le grand de feu de joie qui brûlera des millions de pages de législation, décrets, arrêtés et réponses ministérielles.
Certes, la société d’après la Chute n’est pas celle béate où le loup dort auprès de l’agneau. Conflits il y a, et il y aura toujours. Ces règles fondamentales, tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, tu ne tromperas pas, seront violées. Si un gouvernement demeure nécessaire (on peut en discuter), sa seule fonction est de faire respecter les décisions des juges appelés à trancher les conflits.
Bien sûr que le chrétien est engagé socialement. Que faisons-nous d’autre à discuter du problème sur ce forum ? Bien sûr que le chrétien est conscient de l’impact de son travail sur la Création (et celui qui veut vraiment changer le monde aujourd’hui y contribuera plus profondément dans un laboratoire de recherche, dans la Silicon Valley, dans une ONG, qu’en militant dans n’importe quel parti politique. Ce déplacement des leviers d’action hors du champ politique est bien un signe de notre progression dans l’Esprit. Que reste-t-il aux ministres confiscateurs, aux satrapes assassins, quand les êtres humains et les biens deviennent mobiles ?).
Le pouvoir est structure de péché. Il faut relire et méditer Solicitudo Rei Socialis. Non pas tel pouvoir, celui des communistes, ou de Bush, ou de Mugabe. Non, le pouvoir dans son essence, le pouvoir en tant que tel. Il en est de plus ou moins monstrueux, comme il existe des degrés dans la gravité des péchés, mais tous sont détestables aux yeux de Celui qui a refusé la tentation de l’exercer.
Changer le monde sans pouvoir politique. Voilà exactement la mission du chrétien, à l’exemple du Christ. Il ne s’agit pas de demander un autre pouvoir, qui fera d’autres victimes, qui volera d’autres gens, qui lèsera d’autres malheureux. Le pouvoir politique n'est pas à prendre, il est à détruire. Il faut se retirer de ce jeu-là. Le champ d’action est dans les entreprises, dans les ONG, dans les syndicats, dans les medias, les écoles, tous les lieux où ça fermente, où ça bouge, où le monde nouveau est en train d’émerger (pas dans les partis bavards et les ministères ringards), tous les lieux où nous pouvons éveiller les consciences, où nous pouvons donner l’exemple non pas de la contrainte, mais de la création.
Si ce programme-là n’est pas chrétien, alors je me demande qu’est-ce qui l’est.
Voilà. J’ai fait mon speech. Pour moi, sur ce sujet-là, je ne pourrais plus que me répéter.
Bien à vous.
Christian
PS pour Christophe
J'ai bien noté votre suggestion de migrer sur autre fil la conversation à propos de la politique et des Ecritures. Mais je crois que le présent article répond à la question posée par RO, et en ce qui me concerne, il clôt ma contribution à cet échange. J'y reviendrai éventuellement après avoir lu Hauerwas.
Nos opinions, si j'ai compris la vôtre, sont plus voisines que vous le pensez.
Jésus n’est pas venu faire de la politique. Ne nous battons pas à coups de citations. Car vous n’en trouverez pas une seule dans aucun des Evangiles qui soutiendrait le contraire.
Mais Jésus est venu changer la société. Ça oui. Jésus est venu nous dire qu’il est un moyen de transformer la société autre que la politique. Voilà la radicalité du message. Voilà tout l’enseignement qu’Il nous donne par Sa parole et par Son exemple. Et c’est cette voie, celle de la non politique, de la non violence, du non pouvoir, qu’il nous est si difficile de suivre.
Nous sommes si profondément immergés dans le péché et entraînés à obéir aux autorités politiques depuis l’école que nous ne pouvons pas imaginer d’autres solutions aux problèmes sociaux que le flic, le fisc et la trique. Devant chaque comportement qui nous déplaît nous pensons : « Il faut une loi pour/contre ça ». Mais toutes les lois dont nous avons besoin existent. Au nombre de 10. Depuis le Sinaï. Il n’est nul besoin d’aucune autre. Vive le grand de feu de joie qui brûlera des millions de pages de législation, décrets, arrêtés et réponses ministérielles.
Certes, la société d’après la Chute n’est pas celle béate où le loup dort auprès de l’agneau. Conflits il y a, et il y aura toujours. Ces règles fondamentales, tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, tu ne tromperas pas, seront violées. Si un gouvernement demeure nécessaire (on peut en discuter), sa seule fonction est de faire respecter les décisions des juges appelés à trancher les conflits.
Bien sûr que le chrétien est engagé socialement. Que faisons-nous d’autre à discuter du problème sur ce forum ? Bien sûr que le chrétien est conscient de l’impact de son travail sur la Création (et celui qui veut vraiment changer le monde aujourd’hui y contribuera plus profondément dans un laboratoire de recherche, dans la Silicon Valley, dans une ONG, qu’en militant dans n’importe quel parti politique. Ce déplacement des leviers d’action hors du champ politique est bien un signe de notre progression dans l’Esprit. Que reste-t-il aux ministres confiscateurs, aux satrapes assassins, quand les êtres humains et les biens deviennent mobiles ?).
Le pouvoir est structure de péché. Il faut relire et méditer Solicitudo Rei Socialis. Non pas tel pouvoir, celui des communistes, ou de Bush, ou de Mugabe. Non, le pouvoir dans son essence, le pouvoir en tant que tel. Il en est de plus ou moins monstrueux, comme il existe des degrés dans la gravité des péchés, mais tous sont détestables aux yeux de Celui qui a refusé la tentation de l’exercer.
Changer le monde sans pouvoir politique. Voilà exactement la mission du chrétien, à l’exemple du Christ. Il ne s’agit pas de demander un autre pouvoir, qui fera d’autres victimes, qui volera d’autres gens, qui lèsera d’autres malheureux. Le pouvoir politique n'est pas à prendre, il est à détruire. Il faut se retirer de ce jeu-là. Le champ d’action est dans les entreprises, dans les ONG, dans les syndicats, dans les medias, les écoles, tous les lieux où ça fermente, où ça bouge, où le monde nouveau est en train d’émerger (pas dans les partis bavards et les ministères ringards), tous les lieux où nous pouvons éveiller les consciences, où nous pouvons donner l’exemple non pas de la contrainte, mais de la création.
Si ce programme-là n’est pas chrétien, alors je me demande qu’est-ce qui l’est.
Voilà. J’ai fait mon speech. Pour moi, sur ce sujet-là, je ne pourrais plus que me répéter.
Bien à vous.
Christian
PS pour Christophe
J'ai bien noté votre suggestion de migrer sur autre fil la conversation à propos de la politique et des Ecritures. Mais je crois que le présent article répond à la question posée par RO, et en ce qui me concerne, il clôt ma contribution à cet échange. J'y reviendrai éventuellement après avoir lu Hauerwas.
Pour obtenir le pouvoir, il faut l’aimer. Mais l’amour du pouvoir n’est pas celui du bien.
Il en est tout le contraire. Il est lié à l’arrogance, la ruse et la cruauté.
Léon Tolstoï
Il en est tout le contraire. Il est lié à l’arrogance, la ruse et la cruauté.
Léon Tolstoï
- Boris
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Re: Radical orthodoxy : un courant de pensée à découvrir
Vous êtes pire que les théologiens de la Libération : vous faites dire au Christ qu'il faut être anarchistes.
C'est pitoyable.
C'est pitoyable.
UdP,
Boris
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Re: Radical orthodoxy : un courant de pensée à découvrir
Plus qu'anarchiste : complètement utopiste !
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patrick_mtl
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Re: Radical orthodoxy : un courant de pensée à découvrir
Tu confonds anarchie et pluralité. En effet, toute la vie du Christ est d'être à l'écart du "politique" pour s'engager à transformer les "individus" pour les rendre meilleurs... peut importe leur couleur politique. Jésus regroupe des zélotes (en faveur d'une opposition armée au régime romain) et des collecteurs d'impôts (collabo du régime romain) parmi ses apôtres!Boris a écrit :Vous êtes pire que les théologiens de la Libération : vous faites dire au Christ qu'il faut être anarchistes.
En ce qui concerne la politique, j'aime bien ces propos du fondateur de l'Opus Dei, saint Josémaria:
a+Saint Josémaria, Entretiens, 48 a écrit :L'Opus Dei n'a aucune orientation économique ou politique, ni en Espagne ni ailleurs. Certes, s'inspirant de la doctrine du Christ, ses membres défendent, en toute occasion, la liberté personnelle et le droit que tous les hommes ont de vivre et de travailler, d'être soignés en cas de maladie et durant leur vieillesse, de fonder un foyer, de mettre des enfants au monde, de les élever selon les dons de chacun, et d'être dignement traités en tant qu'êtres humains et que citoyens.
Mais l'OEuvre ne propose à ses membres aucune voie concrète, ni économique, ni politique, ni culturelle. Chacun a la pleine liberté de penser et d'agir comme bon lui semble dans ces domaines. Pour ce qui est d'ordre temporel, les membres de l'OEuvre sont on ne peut plus libres ; l'Opus Dei accueille des gens de toutes les tendances politiques, culturelles, sociales et économiques que la conscience chrétienne peut admettre.
Pour mon compte, je ne parle jamais de politique. Ma mission en tant que prêtre est exclusivement spirituelle.
Ce pluralisme ne constitue pas un problème pour l'OEuvre. Au contraire, c'est une manifestation de bon esprit, qui fait apparaître la liberté légitime de chacun.
Patrick
Omnes cum Petro ad Iesum per Mariam.
- Boris
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Re: Radical orthodoxy : un courant de pensée à découvrir
Patrick,
nous n'avons pas gardé les vaches ensembles ...
Pour répondre au fond du message : c'est exactement ce que je dis dans plusieurs messages plus haut.
Nous ne sommes pas appelés à être des Chrétiens professionnels mais des professionnels chrétiens.
C'est à dire que Dieu est au coeur de notre vie en ce sens qu'Il oriente chacun de nos gestes et de nos décisions.
Comme vous le soulignez, l'Evangile n'est pas un parti politique mais un politicien chrétien s'inspire de l'enseignement de Dieu (donc de l'Eglise) pour établir son programme.
Il en va de même pour l'ensemble de la société. Il y a manière de faire et manière de faire : avec ou sans Dieu.
La politique n'est pas en soi mauvaise. Par contre, elle peut être pervertie en vue de ne rechercher que le pouvoir.
La politique n'est pas le pouvoir, elle est la gestion d'un état en vue du bien commun. Hors, si les politiques se privent de Dieu, alors ils s'ouvrent les voies du Malin et peuvent être tentés de les prendre (ce qui se passe actuellement sur la recherche sur les bébés à l'état embryonnaire).
Il y a néanmoins un pas à faire entre la pluralité telle que St José-Maria la décrit et le néant que propose Christian : ce dernier dit que la politique vient de Satan et qu'il arrêter de faire de la politique et ce au nom de Jésus.
Vous parles des collecteurs d'impôts mais regardez Zaché : il n'est pas devenu Apôtre mais il a changé sa manière de travailler. Il est devenu juste.
Un des problèmes actuellement est que de plus en plus de Lois injustes sont votées. Cela engendre la violence et la guerre.
Si nous n'avons pas de chrétiens engagés en politique, qui ira voter une loi juste ?
De nos jours, sur 75% de bébés atteints de trisomie 21, seuls 5% ont le droit de naître. Mais quand demain une loi passera pour dire que ces 5% sont illégaux, que ferez-vous ? Voterez-vous blancs (ou vous abstiendrez-vous de voter) car la politique c'est le Mal ?
Ou bien voterez-vous pour une personne engagée dans le sens du Bien sur des questions qui vous paraissent non-négociables ?
nous n'avons pas gardé les vaches ensembles ...
Pour répondre au fond du message : c'est exactement ce que je dis dans plusieurs messages plus haut.
Nous ne sommes pas appelés à être des Chrétiens professionnels mais des professionnels chrétiens.
C'est à dire que Dieu est au coeur de notre vie en ce sens qu'Il oriente chacun de nos gestes et de nos décisions.
Comme vous le soulignez, l'Evangile n'est pas un parti politique mais un politicien chrétien s'inspire de l'enseignement de Dieu (donc de l'Eglise) pour établir son programme.
Il en va de même pour l'ensemble de la société. Il y a manière de faire et manière de faire : avec ou sans Dieu.
La politique n'est pas en soi mauvaise. Par contre, elle peut être pervertie en vue de ne rechercher que le pouvoir.
La politique n'est pas le pouvoir, elle est la gestion d'un état en vue du bien commun. Hors, si les politiques se privent de Dieu, alors ils s'ouvrent les voies du Malin et peuvent être tentés de les prendre (ce qui se passe actuellement sur la recherche sur les bébés à l'état embryonnaire).
Il y a néanmoins un pas à faire entre la pluralité telle que St José-Maria la décrit et le néant que propose Christian : ce dernier dit que la politique vient de Satan et qu'il arrêter de faire de la politique et ce au nom de Jésus.
Vous parles des collecteurs d'impôts mais regardez Zaché : il n'est pas devenu Apôtre mais il a changé sa manière de travailler. Il est devenu juste.
Un des problèmes actuellement est que de plus en plus de Lois injustes sont votées. Cela engendre la violence et la guerre.
Si nous n'avons pas de chrétiens engagés en politique, qui ira voter une loi juste ?
De nos jours, sur 75% de bébés atteints de trisomie 21, seuls 5% ont le droit de naître. Mais quand demain une loi passera pour dire que ces 5% sont illégaux, que ferez-vous ? Voterez-vous blancs (ou vous abstiendrez-vous de voter) car la politique c'est le Mal ?
Ou bien voterez-vous pour une personne engagée dans le sens du Bien sur des questions qui vous paraissent non-négociables ?
UdP,
Boris
Boris
Re: Radical orthodoxy : un courant de pensée à découvrir
Pour éviter les confusions quant à l’implication des chrétiens en politique, l’Église tirerait avantage, il me semble, en remettant en valeur l’Action Catholique. Ce mouvement social de l’Église et ses différents réseaux permettait de rejoindre toutes les couches de la société. L’Action Catholique connu ses heures de gloire dans les années ’20 jusqu’aux années ’60 et influença énormément l’action politique des gouvernements en apportant les doctrines humanistes et sociales de l’Église. L’Action Catholique fut très militante en Amérique latine avant la naissance de la théologie de la Libération et ses dérives d’influence marxiste (malheureusement!).
J’aimerais bien que JAM réponde à la question de Christophe concernant la pensée sociale de l’Église en lien avec RO, la question est très pertinente.
J’aimerais bien que JAM réponde à la question de Christophe concernant la pensée sociale de l’Église en lien avec RO, la question est très pertinente.
Père Guy
"J'attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir".
credo
"J'attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir".
credo
Re: Radical orthodoxy : un courant de pensée à découvrir
Retour à radical orthodoxy et la je cite Christophe :
"Une question me taraude cependant : RO veut faire une "politique chrétienne", or je n'ai lu aucune évocation de la Doctrine sociale de l'Eglise. Quel statut l'école de Radical Orthodoxy accorde-t-elle à cet enseignement de valeur magistérielle ? Quelle est la valeur ajoutée de RO par rapport à cet enseignement (dans la partie "positive" du message de RO - car la (nécessaire) critique de la modernité ne fait, à ma connaissance, l'objet d'aucun enseignement récent dans le Magistère) ?"
Décidement Christophe vous posait des questions plus que pertinentes et qui demande un peu de preparation pour vous repondre (non pas que cela vienne de moi mais qu'au contraire j'aille puiser dans leurs textes, les reponses adequat)
Voilà ce que j'ai pu comprendre, R O est un mouvement théologique qui comme je le disais constate qu'a partir de Duns Scot puis de D' Ockham la conception de la métaphysique et de la théologie ont pris 2 nouveaux départs :
1 - d'une part, la théologie embrasse désormais une conception séculiére de la nature, elle devient donc idôlatre (du fait que les les choses deviennent "par elle-même et non tourné ves Dieu)
2 - d'autre part, la métaphysique s'émancipe de la théologie (conçue par St Thomas) et s'éléve en science reine. Il y a donc renversement des rapports entre la théologie et la métaphysique, arrêt de conplémentarité puisque l'être est "dit à côté".
J. Milbank (fondateur de RO) pense que c'est ici même que l'on trouve la source de la philosophie et de la theologie moderne.
Dés lors, pour lui, la philosophie s'est arrogé la connaissancede l'être et la théologie est renvoyé à une science locale.
Ceci est l'inverse même de la vision des Pères de l'Eglise et de la scolastique, puisque pour eux, la raison et la foi sont incluses dans le cardre de la participation à l'intellect de Dieu.
RO voit dans la théologie post-scotiste, une césure pour 2 raisons, que bcp de theologiens ont embrassés et profondément marqués l'Eglise :
1 - elle definit le cadre conceptuel dans lequel se devellope la pensée moderne toute entière (nominalisme)
2 - elle inaugure et systématise une pensée cryptoséculiére (terreaux caché du sécularisme) et protomoderne.
RO va denoncer par C. pickstock les conséquences profondes sur la liturgie, la politique, le social, l'economique et le juridique. Fondé à la base sur l'idée du Bien commun qui se traduit par une pratique de réception et du retour du don, le changement vient par uenn appliquation fondé sur la volonté, le pouvoir judiciaire, la privatisation de la liturgie et un régime d'echanges privés et individuels, dépourvus de toutes notions de "telos" (but, fin ultime) et de don.
la société et l'Eglsie profondément par cette théologie et cette philosophie vont s'y "accomoder" et l'Eglise va se retirer tranquillement e "point stratégique" qu'elle tenait depuis des siecles...
Pourquoi avoir dit tout cela par apport a votre question ?
R O reconnait que la doctrine social est un bon texte et un pas en avant vers une reconquête social des communautés chretiennes sur l'espace public mais R O souhaite aller dans sa reflexion beaucoup plus loin.
Pourquoi ?
Parce que le document de la doctrine social est profondement marqué par le sécularisme (séparation en strate de la société) Cela ne veut pas dire necore une fois qu'il es tmauvais mais l'Eglsie doit aller beaucoup plus loin en tant que lieu du Royauem, elle doit réintégrer en son sein la notion qu'elle est elle-même le lieu où les hommes s'épanouissent.
La doctrine sociale s'adresse au société, R O souhaite un programme aus ein même de l'Eglise puisqu'elle considére que c'est le seul lieu où l'on pourra vraiment le mettre en place.
Me comprenez-vous ? J'espere que j'ai été clair, R O au fond s'adresse plus au coeur de l'Eglise qu'a la société. C'est pour cela qu'HAUERWAS aime à citer comme exemple (puisqu'il en faut toujours) l'Arche comme exemple d'Eglise (parfaite dans l'ordre social)
Ok pour vous pour ce qui est de la doctrine social ???
N'hesitez a me poser vos questions
JAM
"Une question me taraude cependant : RO veut faire une "politique chrétienne", or je n'ai lu aucune évocation de la Doctrine sociale de l'Eglise. Quel statut l'école de Radical Orthodoxy accorde-t-elle à cet enseignement de valeur magistérielle ? Quelle est la valeur ajoutée de RO par rapport à cet enseignement (dans la partie "positive" du message de RO - car la (nécessaire) critique de la modernité ne fait, à ma connaissance, l'objet d'aucun enseignement récent dans le Magistère) ?"
Décidement Christophe vous posait des questions plus que pertinentes et qui demande un peu de preparation pour vous repondre (non pas que cela vienne de moi mais qu'au contraire j'aille puiser dans leurs textes, les reponses adequat)
Voilà ce que j'ai pu comprendre, R O est un mouvement théologique qui comme je le disais constate qu'a partir de Duns Scot puis de D' Ockham la conception de la métaphysique et de la théologie ont pris 2 nouveaux départs :
1 - d'une part, la théologie embrasse désormais une conception séculiére de la nature, elle devient donc idôlatre (du fait que les les choses deviennent "par elle-même et non tourné ves Dieu)
2 - d'autre part, la métaphysique s'émancipe de la théologie (conçue par St Thomas) et s'éléve en science reine. Il y a donc renversement des rapports entre la théologie et la métaphysique, arrêt de conplémentarité puisque l'être est "dit à côté".
J. Milbank (fondateur de RO) pense que c'est ici même que l'on trouve la source de la philosophie et de la theologie moderne.
Dés lors, pour lui, la philosophie s'est arrogé la connaissancede l'être et la théologie est renvoyé à une science locale.
Ceci est l'inverse même de la vision des Pères de l'Eglise et de la scolastique, puisque pour eux, la raison et la foi sont incluses dans le cardre de la participation à l'intellect de Dieu.
RO voit dans la théologie post-scotiste, une césure pour 2 raisons, que bcp de theologiens ont embrassés et profondément marqués l'Eglise :
1 - elle definit le cadre conceptuel dans lequel se devellope la pensée moderne toute entière (nominalisme)
2 - elle inaugure et systématise une pensée cryptoséculiére (terreaux caché du sécularisme) et protomoderne.
RO va denoncer par C. pickstock les conséquences profondes sur la liturgie, la politique, le social, l'economique et le juridique. Fondé à la base sur l'idée du Bien commun qui se traduit par une pratique de réception et du retour du don, le changement vient par uenn appliquation fondé sur la volonté, le pouvoir judiciaire, la privatisation de la liturgie et un régime d'echanges privés et individuels, dépourvus de toutes notions de "telos" (but, fin ultime) et de don.
la société et l'Eglsie profondément par cette théologie et cette philosophie vont s'y "accomoder" et l'Eglise va se retirer tranquillement e "point stratégique" qu'elle tenait depuis des siecles...
Pourquoi avoir dit tout cela par apport a votre question ?
R O reconnait que la doctrine social est un bon texte et un pas en avant vers une reconquête social des communautés chretiennes sur l'espace public mais R O souhaite aller dans sa reflexion beaucoup plus loin.
Pourquoi ?
Parce que le document de la doctrine social est profondement marqué par le sécularisme (séparation en strate de la société) Cela ne veut pas dire necore une fois qu'il es tmauvais mais l'Eglsie doit aller beaucoup plus loin en tant que lieu du Royauem, elle doit réintégrer en son sein la notion qu'elle est elle-même le lieu où les hommes s'épanouissent.
La doctrine sociale s'adresse au société, R O souhaite un programme aus ein même de l'Eglise puisqu'elle considére que c'est le seul lieu où l'on pourra vraiment le mettre en place.
Me comprenez-vous ? J'espere que j'ai été clair, R O au fond s'adresse plus au coeur de l'Eglise qu'a la société. C'est pour cela qu'HAUERWAS aime à citer comme exemple (puisqu'il en faut toujours) l'Arche comme exemple d'Eglise (parfaite dans l'ordre social)
Ok pour vous pour ce qui est de la doctrine social ???
N'hesitez a me poser vos questions
JAM
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Re: Radical orthodoxy : un courant de pensée à découvrir
Vous faites un raccourci à réduisant la Doctrine sociale à un seul document alors que la Compendium est une synthèse de l'enseignement du magistère, donc de nombreux documents.
Mais cela aide a comprendre le point de vue de RO sur ce sujet.
Par contre, la manière dont vous en parlez fait penser à un communautarisme, un repli des cathos sur eux-même pour créer des ilots 100% cathos dans tous les aspects de la vie.
Sauf que dans ce cas là il en manque un : celui de l'ouverture au monde pour l'Evangéliser (et non pour en intégrer les modes).
Par contre j'ai tout même l'impression que RO rappelle qu'être catho n'est pas "temporaire" : cela tient plus de l'état de vie que d'autre chose.
Ainsi, on n'est pas catho seulement le Dimanche à la Messe mais dans toutes les composantes de la Vie.
De ce fait la Doctrine Sociale de l'Eglise n'est qu'une formulation de quelque chose de plus grand, une mise en pratique de ce plus grand dans un monde sécularisé. Car l'Eglise prend les gens là où ils sont.
Est-ce bien cet esprit-là ?
Mais cela aide a comprendre le point de vue de RO sur ce sujet.
Par contre, la manière dont vous en parlez fait penser à un communautarisme, un repli des cathos sur eux-même pour créer des ilots 100% cathos dans tous les aspects de la vie.
Sauf que dans ce cas là il en manque un : celui de l'ouverture au monde pour l'Evangéliser (et non pour en intégrer les modes).
Par contre j'ai tout même l'impression que RO rappelle qu'être catho n'est pas "temporaire" : cela tient plus de l'état de vie que d'autre chose.
Ainsi, on n'est pas catho seulement le Dimanche à la Messe mais dans toutes les composantes de la Vie.
De ce fait la Doctrine Sociale de l'Eglise n'est qu'une formulation de quelque chose de plus grand, une mise en pratique de ce plus grand dans un monde sécularisé. Car l'Eglise prend les gens là où ils sont.
Est-ce bien cet esprit-là ?
UdP,
Boris
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