Grossesse extra-utérine = avortement ?

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Alizee
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Grossesse extra-utérine = avortement ?

Message non lu par Alizee »

Je prépare ma première confession dans le cadre de ma conversion. Je relis ma vie et il me reste un épisode douloureux dont je ne sais pas quoi faire.
Suite à un viol, je suis tombée enceinte. J'ai appris cette grossesse aux urgences où je m'étais rendue pour des fortes douleurs au ventre. En même temps, j'ai appris qu'elle était extra-utérine, que j'étais en urgence vitale car signes de pré-rupture de la trompe et que le fœtus était condamné de toute façon.
Il s'est enclenché un protocole médical redoutable : avaler du méthotraxate pour mettre fin à la vie du bébé et sauver ma peau à moi. On ne m'a pas présenté d'alternatives, tout est allé très vite, mais j'ai bien signé le protocole d'accord, je savais donc ce que je faisais. J'en ai énormément souffert, malgré les circonstances, j'aurai largement préféré garder le bébé si seulement cela avait été possible ; puis le deuil s'est fait.
Je me replonge donc dans cet épisode : j'ai fait le mal, mais qu'aurais-je pu faire d'autre ? Me laisser mourir et ? C'est ne pas respecter le don de la vie que j'ai reçu, ce n'est pas mieux. Je ne sais pas si je peux/dois/veux confesser cet épisode, parce que je dois bien reconnaître que, placée dans une situation identique aujourd'hui, je ferai pareil, à cela près que je demanderais de baptiser l'enfant. Je ne regrette donc pas vraiment l'acte. C'est inextricable comme situation, un choix entre un mal et un autre.
Quel est votre conseil ?
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Héraclius
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Re: Grossesse extra-utérine = avortement ?

Message non lu par Héraclius »

Si le foetus était condamné de toute façon, je ne vois pas vraiment ou peut être le péché, très personnelement.

Discutez-en avec un prêtre, je suis certain que vous trouverez des réponses. C'est le genre de cas particulier ou un père spirituel pourrait être d'un grand secours. :)
''Christus Iesus, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æquálem Deo, sed semetípsum exinanívit formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus ; et hábitu invéntus ut homo, humiliávit semetípsum factus oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus illum exaltávit et donávit illi nomen, quod est super omne nomen, ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium et terréstrium et infernórum.'' (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 7-10)
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Sergio
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Re: Grossesse extra-utérine = avortement ?

Message non lu par Sergio »

Une confession ne pourra faire que du bien !

Mais sachez que vous n'y pouviez rien et que ne pouvant sauver l'enfant vous n'avez pas fait mal.

Il existe des détails dans la manière de sauver la mère qui garantissent de ne pas faire le mal mais ne le sachant pas à l'époque vous n'avez pas commis de péché.

Ce sont ceux ci: enlever la trompe pour que la mort de l'enfant soit la conséquence du fait d'avoir sauvé la mère (on enlève pour éviter l’hémorragie en cas de rupture) , plutôt que tuer l'enfant pour que la mère ne meure pas (et conserve la trompe).
Alizee
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Re: Grossesse extra-utérine = avortement ?

Message non lu par Alizee »

J en ai parlé à un prêtre mais il avoue ne pas avoir de réponse claire pour le moment. Il m'a juste évoqué qu'un mal reste un mal (ici on tue le fœtus) même si cela est censé produire un bien (ici ma survie). Cela ne me dit pas si cela doit et peut être confessé (ce n'est pas ce prêtre là qui va me confesser). Du coup je ne sais pas quoi faire.
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axou
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Re: Grossesse extra-utérine = avortement ?

Message non lu par axou »

Bonsoir Alizée,

ce que vous avez vécu n'est pas un avortement : un avortement est une expulsion du foetus de l'uterus.

Dans votre cas, le foetus était dans les trompes et donc en aucun cas, il ne pouvait survivre. En revanche, la grossesse extra-utérine entraîne la mort si on intervient pas très rapidement. Aux urgences, ils vous ont sauvé la vie et il était moins une puisque c'est la rupture de la trompe qui entraîne une mort très rapide.

Remerciez Dieu qu'on ait pu vous sauver la vie et ne perdez pas votre précieuse énergie à cultiver des inquiétudes spirituelles qui ne correspondent pas à la situation.
Vous n'avez pas fait le mal. Ce qui serait mal, ce serait de cultiver l'injustice, ce serait de cultiver cette culpabilité morbide.

Cependant, en parler en confession est une bonne idée car le Seigneur veut guérir toutes ces blessures.

Bien à vous !

Axou
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PaxetBonum
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Re: Grossesse extra-utérine = avortement ?

Message non lu par PaxetBonum »

Chère Alizée,

L'aliment est nécessaire à la vie.
Quand vous mangez si vous avalez de travers, l'aliment passe dans la trachée et devient un corps étranger mortel pour votre organisme.
De même si un embryon est un bien pour la vie, si il se développe hors de l'utérus il devient un corps étranger qui entraînera sa mort et celle de sa mère.

Malheureusement si le cas c'était produit sur une grossesse désirée vous n'auriez pas eu d'autre alternative non plus que de faire extraire le fœtus.

Vous n'avez pas avorté.

Bonne et sainte confession ! http://casimir.kuczaj.free.fr/Francais/ ... ession.htm
Que Dieu vous accorde Paix et Joie !
Pax et Bonum !
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Alizee
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Re: Grossesse extra-utérine = avortement ?

Message non lu par Alizee »

Merci pour vos messages respectifs, cela aide à porter un autre regard sur cet événement. Je m'étais demandé où était Dieu pendant ces moments-là, alors que oui, je peux le remercier de m'en être sortie vivante. Et qu'aujourd'hui, je suis maman de 2 filles désirées.
Le fait de penser "avortement" tient beaucoup au protocole médical : suite à la prise du médicament, on subit une échographie dans les 2 heures qui suivent où l'on vous annonce presque joyeusement qu'il n'y a plus d'activité cardiaque chez le fœtus. J'ai été opérée quelques jours après seulement pour l'extraire. C'est très dur à vivre et on en oublie l'effet bénéfique sur sa propre vie.
Karinsve4
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Re: Grossesse extra-utérine = avortement ?

Message non lu par Karinsve4 »

Je suis passée par quelque chose de très similaire et je comprends à quel point c’est lourd à porter. Ce qui m’a aidée et ce que je ferais si c’était à refaire : Parler avant la confession. Si la confession te stresse parce que tu veux être « comprise », envisage d’abord de prendre un rendez-vous avec un prêtre (ou une personne de confiance dans l’Église, un conseiller pastoral) pour expliquer la situation hors du confessionnal. Cela te permettra d’exposer calmement le contexte médical et émotionnel, et de sentir si cette personne est bienveillante et informée. Beaucoup de prêtres sont très compatissants face aux situations d’urgence et de contrainte.

Ce que dire si tu choisis de confesser
Tu peux être simple et vérité-centrée. Exemple (formulation courte) :
« Père, j’ai été victime d’une agression sexuelle. J’ai découvert une grossesse. J’ai accepté la grossesse et décider d'allaiter avec les meilleurs accessoires d'allaitement(méthotrexate) pour me sauver. Depuis, j’ai du mal à vivre avec cet épisode et je viens demander conseil et pardon. »
Tu peux ajouter : « Je ne cherchais pas à nuire ; j’ai agi pour survivre. »
Dire les faits et ton état de conscience (tu savais ce que tu signais, tu as fait ce choix pour sauver ta vie) aide souvent le confesseur à situer moralement la situation. Attends-toi à de la miséricorde
Dans mon expérience et dans ce que j’ai vu autour de moi, la plupart des ministres religieux abordent ces récits avec compassion.
Accorde-toi du temps pour le deuil et la reconstruction
Tu as le droit d’être en colère, triste, en deuil, ou en paix.
Ce que tu as vécu est inextricable, douloureux et injuste l’important aujourd’hui, c’est comment tu t'accueilles et comment tu trouves des appuis spirituels, médicaux, psychologiques. Confesser cet épisode peut être libérateur mais ne remplace pas le soin psychologique, idéalement faire les deux.
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