Bonsoir,
Les récents propos tenus par Jean-Paul Agon, PDG de L'Oréal, sur la discrimination positive méritent d'être relayés et commentés car ils augurent peut-être de profonds bouleversements au sein de la structure même des moyennes et grandes entreprises installées en France. Rappelons tout d'abord ses fameux propos:
La franc-parler de M. Agon est hautement appréciable. Il rappelle en effet qu'une entreprise devrait avoir le droit d'employer qui bon lui semble, quitte à adopter des critères discriminants comme le patronyme, la nationalité, le sexe, la race ou je ne sais quel autre artifice communautaire. Bien sûr, le choix du patronyme semble peu judicieux au regard des objectifs de diversité affichés par L'Oréal -une Africaine chrétienne mariée à un Français de souche aurait moins de chance d'être embauchée qu'une Française de souche convertie à l'islam et mariée à un musulman- et on se doute bien que M. Agon pense davantage à une sélection selon des critères ethniques. Comprenons toutefois que de telles pratiques sont illégales et que le PDG de L'Oréal s'expose à de futures poursuites en confessant de pareils aveux en public. Sans doute s'agit-il également de contrebalancer la publicité négative provoquée par la condamnation de Garnier, filiale de L'Oréal, pour discrimination raciale.
Il va de soi que la reconnaissance et l'acceptation de cette pratique entraînent un certain nombre de contre-coups. En tant que consommateur français, M. Agon s'adresse à ma conscience communautaire en s'exprimant de la sorte. Tout dépendra ensuite de la manière dont je déciderai de maximiser mon utilité personnelle: l'achat d'un produit L'Oréal possédant un rapport qualité-prix satisfaisant suffira-t-il à compenser le dégoût que je peux ressentir face à une entreprise qui rejette ma communauté? On comprend que le résultat de cet arbitrage dépend de notre conscience communautaire individuelle mais également du degré de communautarisation du reste de la société. La première variable étant subjective, l'économiste privilégiera l'étude de la seconde variable et se demandera notamment si l'avènement d'une société communautaire débouchera nécessairement sur une communautarisation de l'espace de travail, a fortiori au sein des grandes entreprises.
Le sujet étant posé, j'attends avec impatience vos remarques et réflexions sur ce dernier point.
Franck
Les récents propos tenus par Jean-Paul Agon, PDG de L'Oréal, sur la discrimination positive méritent d'être relayés et commentés car ils augurent peut-être de profonds bouleversements au sein de la structure même des moyennes et grandes entreprises installées en France. Rappelons tout d'abord ses fameux propos:
Quelques commentaires:Le Monde a écrit :Qu'est-ce que fait L'Oréal en matière de diversité et est-ce mesurable ?
Nous employons en France plus de 40 nationalités. En 2006, nous avons recruté 423 cadres et une centaine était d'origine étrangère. La loi nous interdit de compter le nombre de personnes issues de la diversité soit par le nom, soit par le lieu de résidence. Mais aujourd'hui, lorsque nous rencontrons un candidat qui a un prénom d'origine étrangère, il a plus de chance d'être recruté que celui qui porte un prénom français de souche.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0 ... 751,0.html
Le sujet étant posé, j'attends avec impatience vos remarques et réflexions sur ce dernier point.
Franck


