Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2015-2016)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Comment devenir témoins de Jésus ?

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Le jeudi de la 4e semaine du temps ordinaire

Premier livre des Rois 2,1-4.10-12.
Comme les jours de David approchaient de leur fin, il exprima ses volontés à son fils Salomon :
« Je m’en vais par le chemin de tout le monde. Sois fort, sois un homme courageux !
Tu garderas les observances du Seigneur ton Dieu, en marchant dans ses chemins. Tu observeras ses décrets, ses commandements, ses ordonnances et ses édits, selon ce qui est écrit dans la loi de Moïse. Ainsi tu réussiras dans tout ce que tu feras et entreprendras,
et le Seigneur réalisera cette parole qu’il m’a dite : “Si tes fils veillent à suivre leur chemin en marchant devant moi avec loyauté, de tout leur cœur et de toute leur âme, jamais tes descendants ne seront écartés du trône d’Israël.”
David mourut, il reposa avec ses pères, et il fut enseveli dans la Cité de David.
Le règne de David sur Israël avait duré quarante ans : il avait régné sept ans à Hébron, et trente-trois ans à Jérusalem.
Salomon prit possession du trône de David son père, et sa royauté fut solidement établie.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 6,7-13.
En ce temps-là, Jésus appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. Il leur donnait autorité sur les esprits impurs,
et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, mais seulement un bâton ; pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture.
« Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. »
Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, restez-y jusqu’à votre départ.
Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez et secouez la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. »
Ils partirent, et proclamèrent qu’il fallait se convertir.
Ils expulsaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, et les guérissaient.



Textes de l’Évangile au quotidien

Le testament de David à Salomon est tout à fait conforme à ce qu'un roi d’Israël peut recommander à son successeur - à quoi s'ajoute pourtant cette promesse de Dieu : “Si tes fils veillent à suivre leur chemin en marchant devant moi avec loyauté, de tout leur cœur et de toute leur âme, jamais tes descendants ne seront écartés du trône d’Israël.

Jésus, quant à lui, ne va pas attendre la Pentecôte pour envoyer immédiatement des disciples pour partager entre tous ceux qui le voudront l'héritage de sa Parole. Le Verbe est la vraie richesse, le trésor impérissable que Dieu a légué à tous ceux et toutes celles qui croiront et témoigneront de Jésus, son Fils unique, qui est lui-même la Parole par laquelle tout fut créé et qui continue de s'adresser aux hommes pour leur donner la vie éternelle.

Les disciples reçoivent donc pour "bagage" une part de Jésus lui-même. Voici pourquoi ils n'ont guère besoin de s'encombrer de bagages et de provisions de route: car ils ont été revêtus de la Parole, comme par anticipation de l'effusion de l'Esprit-Saint au cénacle, après la mort de Jésus.

Ne devons-nous pas, nous aussi, à notre mesure, être porteurs de la bonne nouvelle ? Pour la plupart, nous n'osons pas témoigner ouvertement. Cependant, il y a plusieurs formes de témoignages. Les témoins de Jéhovah qui vont par deux avec une sacoche contenant leurs brochures sont, eux, tout à fait présentables avec costume et cravate... et se font très régulièrement "remercier" tant ils ressemblent à des représentants de commerce !

Mais témoigner de Jésus peut se pratiquer de multiples façons: combien de fois n'ai-je pas, un dimanche, traversé les couloirs de la clinique toute proche de chez moi ? Et pratiquement chaque fois, j'ai eu l'occasion de rendre un service ou bien tenir compagnie à l'une ou l'autre de mes connaissances ?

C'est du cœur qu'il tirer la parole et le geste. Quiconque tente sincèrement une telle expérience n'en revient jamais déçu.

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Comme l'homme se détourne facilement de Dieu !

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Le vendredi de la 4e semaine du temps ordinaire

Livre de l'Ecclésiastique 47,2-11.
Dans le sacrifice de communion, on met à part la graisse des animaux offerts à Dieu ; ainsi David a été mis à part entre les fils d’Israël.
Il a joué avec les lions comme si c’étaient des chevreaux, et avec les ours comme avec des agneaux.
N’était-il pas tout jeune quand il a tué le géant et supprimé la honte de son peuple, lorsqu’il lança la pierre de sa fronde et abattit l’arrogance de Goliath ?
Il invoqua le Seigneur Très-Haut qui a mis dans sa main la vigueur pour supprimer le puissant guerrier et pour exalter la force de son peuple.
C’est pourquoi on lui a fait gloire des dizaines de milliers qu’il a tués : on l’a célébré en bénissant le Seigneur quand on lui a donné la glorieuse couronne royale.
En effet, il a détruit les ennemis alentour, il a anéanti ses adversaires philistins, il a détruit leur force comme on le voit encore aujourd’hui.
Dans tout ce qu’il a fait, il a célébré la louange du Saint, du Très-Haut, en proclamant sa gloire. De tout son cœur, il a chanté les psaumes, il a aimé son Créateur.
Devant l’autel, il a placé des chantres, et leur voix rendit les mélodies plus douces ; chaque jour ils loueront Dieu par leurs chants.
Il a donné de l’éclat aux fêtes, il a donné une parfaite splendeur aux solennités, pour que le saint nom du Seigneur soit célébré, et que les chants retentissent dans le sanctuaire dès le matin.
Le Seigneur a enlevé les péchés de David, il a pour toujours exalté sa force, il a fondé sur lui l’Alliance avec sa dynastie, le trône de gloire d’Israël.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 6,14-29.
En ce temps-là, comme le nom de Jésus devenait célèbre, le roi Hérode en entendit parler. On disait : « C’est Jean, celui qui baptisait : il est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi des miracles se réalisent par lui. »
Certains disaient : « C’est le prophète Élie. » D’autres disaient encore : « C’est un prophète comme ceux de jadis. »
Hérode entendait ces propos et disait : « Celui que j’ai fait décapiter, Jean, le voilà ressuscité ! »
Car c’était lui, Hérode, qui avait donné l’ordre d’arrêter Jean et de l’enchaîner dans la prison, à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe, que lui-même avait prise pour épouse.
En effet, Jean lui disait : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère. »
Hérodiade en voulait donc à Jean, et elle cherchait à le faire mourir. Mais elle n’y arrivait pas
parce que Hérode avait peur de Jean : il savait que c’était un homme juste et saint, et il le protégeait ; quand il l’avait entendu, il était très embarrassé ; cependant il l’écoutait avec plaisir.
Or, une occasion favorable se présenta quand, le jour de son anniversaire, Hérode fit un dîner pour ses dignitaires, pour les chefs de l’armée et pour les notables de la Galilée.
La fille d’Hérodiade fit son entrée et dansa. Elle plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille : « Demande-moi ce que tu veux, et je te le donnerai. »
Et il lui fit ce serment : « Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même si c’est la moitié de mon royaume. »
Elle sortit alors pour dire à sa mère : « Qu’est-ce que je vais demander ? » Hérodiade répondit : « La tête de Jean, celui qui baptise. »
Aussitôt la jeune fille s’empressa de retourner auprès du roi, et lui fit cette demande : « Je veux que, tout de suite, tu me donnes sur un plat la tête de Jean le Baptiste. »
Le roi fut vivement contrarié ; mais à cause du serment et des convives, il ne voulut pas lui opposer un refus.
Aussitôt il envoya un garde avec l’ordre d’apporter la tête de Jean. Le garde s’en alla décapiter Jean dans la prison.
Il apporta la tête sur un plat, la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère.
Ayant appris cela, les disciples de Jean vinrent prendre son corps et le déposèrent dans un tombeau.



Textes de l'Evangile au quotidien

Comment l'Ecclésiastique rend-il hommage au roi David ? Tout simplement en exaltant la puissance des armes et la férocité dans les combats. Il suffit de lire l'éloge de l'Ecclésiastique: "On lui a fait gloire des dizaines de milliers qu’il a tués : on l’a célébré en bénissant le Seigneur quand on lui a donné la glorieuse couronne royale"
Ainsi, Dieu, qui dès l'Exode a édicté : "Tu ne tueras point", aurait changé d'avis ? Et désormais, la grandeur des rois sera et des puissants de ce monde sera comptée en nombre de cadavres ?

Il est bon que les textes de ce jour relient cette imposture, cette contradiction infâme de la parole de Dieu à la façon dont Hérode a fini par faire exécuter Jean le Baptiste : en effet, la "gloire" du roi Hérode est d'avoir promis jusqu'à la moitié de son royaume à une danseuse lascive au cours d'un banquet ressemblant à une orgie. Couper la tête d'un homme pour l'apporter sur un plateau à une danseuse en récompense d'un étalage d'impureté, voici qui illustre pleinement la folie des hommes qui ne craignent pas Dieu.

Une fois de plus, j'ai été stupéfait par la justesse des textes lus ce matin, car ils dénoncent une imposture fondamentale qui ne peut, évidemment, qu'être issue de la haine du diable et sa fureur qui se retourne contre la création et contre l'homme - lequel ne peut trouver son salut qu'en renonçant à lui-même pour aimer. Et l'on peut conclure avec saint Marc au chapitre 12 de son Évangile, lequel rétablit l'ordre des choses telles que voulues par Dieu :

" Un scribe qui avait entendu la discussion, et remarqué que Jésus avait bien répondu, s’avança pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? » Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.
Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »



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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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L'Amour toujours à l'oeuvre !

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Le samedi de la 4e semaine du temps ordinaire

Premier livre des Rois 3,4-13.
En ces jours-là, le roi Salomon se rendit à Gabaon, qui était alors le lieu sacré le plus important, pour y offrir un sacrifice ; il immola sur l’autel un millier de bêtes en holocauste.
À Gabaon, pendant la nuit, le Seigneur lui apparut en songe. Dieu lui dit : « Demande ce que je dois te donner. »
Salomon répondit : « Tu as traité ton serviteur David, mon père, avec une grande fidélité, lui qui a marché en ta présence dans la loyauté, la justice et la droiture de cœur envers toi. Tu lui as gardé cette grande fidélité, tu lui as donné un fils qui est assis maintenant sur son trône.
Ainsi donc, Seigneur mon Dieu, c’est toi qui m’as fait roi, moi, ton serviteur, à la place de David, mon père ; or, je suis un tout jeune homme, ne sachant comment se comporter,
et me voilà au milieu du peuple que tu as élu ; c’est un peuple nombreux, si nombreux qu’on ne peut ni l’évaluer ni le compter.
Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu’il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et le mal ; sans cela, comment gouverner ton peuple, qui est si important ? »
Cette demande de Salomon plut au Seigneur, qui lui dit :
« Puisque c’est cela que tu as demandé, et non pas de longs jours, ni la richesse, ni la mort de tes ennemis, mais puisque tu as demandé le discernement, l’art d’être attentif et de gouverner,
je fais ce que tu as demandé : je te donne un cœur intelligent et sage, tel que personne n’en a eu avant toi et que personne n’en aura après toi. De plus, je te donne même ce que tu n’as pas demandé, la richesse et la gloire, si bien que pendant toute ta vie tu n’auras pas d’égal parmi les rois.



Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 6,30-34.
En ce temps-là, les Apôtres se réunirent auprès de Jésus, et lui annoncèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné.
Il leur dit : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » De fait, ceux qui arrivaient et ceux qui partaient étaient nombreux, et l’on n’avait même pas le temps de manger.
Alors, ils partirent en barque pour un endroit désert, à l’écart.
Les gens les virent s’éloigner, et beaucoup comprirent leur intention. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux. En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement.




Ce samedi - une fois n'est pas coutume ! - le lien qui s'établit facilement entre la première et la seconde lecture est très clair, et ces lectures entrent directement en contradiction avec celles de la veille (dans lesquelles l'Ecclésiastique glorifiait David pour le très grands nombres d'hommes qu'il avait tués en guerre, tandis l’Évangile nous dépeignait les circonstances odieuses de la fin de Jean le Baptiste.)

En effet, ce ne sont ni la puissance, ni la gloire, ni la fortune que Salomon demande à Dieu, mais la sagesse pour gouverner Israël selon les voies et les vues du Seigneur. Et du fait de cette manifestation d'humilité, ce qu'il n'a pas demandé, il l'obtiendra par surcroît.

C'est une belle leçon pour nous tous. Ce que le Seigneur attend de nous, en nous donnant de son Esprit, c'est d'être, au milieu de nos sœurs et de nos frères en Jésus-Christ, des témoins de la miséricorde divine - laquelle, en dépit de tous les événements contraires, demeure à l’œuvre dans nos cœurs.

Ce que Dieu accorde par surcroît à Salomon nous concerne, nous aussi. Car si nous cherchons sincèrement à vivre de la Parole de Dieu, en Jésus-Christ, nous ne craindrons rien des événements du monde et nous ne connaîtrons pas non plus le manque des autres biens terrestres.

Les textes de ce jour sont véritablement un appel à nous détourner de notre ego. Car ce sont bien l'enfermement sur soi, la crainte des autres, la recherche de puissance humaine et de la fortune qui constituent des obstacles à l'amour de Dieu et à sa grâce.

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Laissons le Seigneur habiter nos coeurs

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Le lundi de la 5e semaine du temps ordinaire

Premier livre des Rois 8,1-7.9-13.

Quand les prêtres sortirent du sanctuaire, la nuée remplit la maison du Seigneur, et, à cause d’elle, les prêtres durent interrompre le service divin : la gloire du Seigneur remplissait la maison du Seigneur !
Alors Salomon s’écria : « Le Seigneur déclare demeurer dans la nuée obscure. Et maintenant, je t’ai construit, Seigneur, une maison somptueuse, un lieu où tu habiteras éternellement. »


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 6,53-56.
En ce temps-là, après la traversée, abordant à Génésareth, ils accostèrent.
Ils sortirent de la barque, et aussitôt les gens reconnurent Jésus :
ils parcoururent toute la région, et se mirent à apporter les malades sur des brancards là où l’on apprenait que Jésus se trouvait.
Et dans tous les endroits où il se rendait, dans les villages, les villes ou les campagnes, on déposait les infirmes sur les places. Ils le suppliaient de leur laisser toucher ne serait-ce que la frange de son manteau. Et tous ceux qui la touchèrent étaient sauvés.


Textes de l'Evangile au quotidien

Une fois le temple construit par Salomon, Dieu le Père vient habiter la maison que Salomon lui a bâtie. Il y demeurera jusqu'au moment où Jésus expirera sur la croix: lorsque Jésus est mort, le voile fut déchiré, et Dieu a quitté cet endroit pour ne plus jamais habiter dans un temple fait de main d'homme. Dieu en a fini avec le avec le système religieux qui avait prévalu jusque-là. Car en Jésus-Christ, Dieu est réellement venu vivre avec les hommes, ce qui entraîne des rassemblements improvisés partout où passe le Saveur.

Mais l'accomplissement de la volonté divine, sa plus grande œuvre, définitive, ne sera complètement aboutie que lorsque, par le don de l'Esprit Saint, chacune et chacun, dans tous les siècles jusqu'à la Parousie vivront véritablement des inspirations divines.

Ces inspirations nous concernent et elles nous touchent directement, même si un très grand nombre de fidèles ne s'en rendent pas compte. Pourtant, sans une intervention de l'Esprit, qui parmi nous se lèverait tôt le matin en vue d'assister à la première messe ? 0u encore: qui, en ces temps de crise, ferait l'aumône d'une pièce de monnaie à un inconnu ? Qui s'efforcerait de consoler un voisin en écoutant le récit de son malheur ?

Eh bien, lorsque l’Évangile de jour nous montre Jésus passant sur les places où des brancards de malades avaient été déposés, et écoutant les suppliques de ceux qui les y avaient déposés, c'est bien l'Esprit-Saint qui permet cela.

"Nous sommes toutes et tous habités par l'Esprit, a conclu le prêtre. Cependant : "la plupart d'entre nous, aussi longtemps qu'ils resteront sceptiques, rationnels, dubitatifs, calculateurs.... ils demeureront dans l'angoisse qui "pétrifie" - car l'Amour dont nous avons hérité par le baptême doit nous mettre en mouvement chaque jour, dans une confiance qui ne cessera de grandir.

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Le pauvre est le témoin de Jésus-Christ (Bernanos)

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Le pauvre est le témoin de Jésus-Christ (Bernanos)

Le mardi de la 5e semaine du temps ordinaire

Premier livre des Rois 8,22-23.27-30.
En ces jours-là, lors de la consération du Temple, Salomon se plaça devant l’autel du Seigneur, en face de toute l’assemblée d’Israël ; il étendit les mains vers le ciel
et fit cette prière : « Seigneur, Dieu d’Israël, il n’y a pas de Dieu comme toi, ni là-haut dans les cieux, ni sur la terre ici-bas ; car tu gardes ton Alliance et ta fidélité envers tes serviteurs, quand ils marchent devant toi de tout leur cœur.
Est-ce que, vraiment, Dieu habiterait sur la terre ? Les cieux et les hauteurs des cieux ne peuvent te contenir : encore moins cette Maison que j’ai bâtie !  Sois attentif à la prière et à la supplication de ton serviteur. Écoute, Seigneur mon Dieu, la prière et le cri qu’il lance aujourd’hui vers toi.
Que tes yeux soient ouverts nuit et jour sur cette Maison, sur ce lieu dont tu as dit : “C’est ici que sera mon nom.” Écoute donc la prière que ton serviteur fera en ce lieu.
Écoute la supplication de ton serviteur et de ton peuple Israël, lorsqu’ils prieront en ce lieu. Toi, dans les cieux où tu habites, écoute et pardonne
.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 7,1-13.
En ce temps-là, les pharisiens et quelques scribes, venus de Jérusalem, se réunissent auprès de Jésus, et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées.
– Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs, se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger, par attachement à la tradition des anciens ;
et au retour du marché, ils ne mangent pas avant de s’être aspergés d’eau, et ils sont attachés encore par tradition à beaucoup d’autres pratiques : lavage de coupes, de carafes et de plats.
Alors les pharisiens et les scribes demandèrent à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leurs repas avec des mains impures. »
Jésus leur répondit : « Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, hypocrites, ainsi qu’il est écrit : Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi.
C’est en vain qu’ils me rendent un culte ; les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains.
Vous aussi, vous laissez de côté le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes. »
Il leur disait encore : « Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu pour établir votre tradition.
En effet, Moïse a dit : Honore ton père et ta mère. Et encore : Celui qui maudit son père ou sa mère sera mis à mort.
Mais vous, vous dites : Supposons qu’un homme déclare à son père ou à sa mère : “Les ressources qui m’auraient permis de t’aider sont korbane, c’est-à-dire don réservé à Dieu”,  alors vous ne l’autorisez plus à faire quoi que ce soit pour son père ou sa mère; vous annulez ainsi la parole de Dieu par la tradition que vous transmettez. Et vous faites beaucoup de choses du même genre. »



Textes de l’Évangile au quotidien

Salomon, dans la sagesse qu'il a reçue  de Dieu saisit bien ce qu'il y a d'étrange, de la part du "Seigneur de l'univers" de venir élire domicile dans une maison - fut-elle un temple. Mais ce choix de Dieu est destiné à faire comprendre au peuple combien Il peut se tenir proche des hommes afin d'assurer le bonheur de chacun comme de tous.

Mais une fois de plus, cette grâce faite au peuple sera détournée par lui pour, en quelque sorte, contraindre le Seigneur d'agir selon leurs desseins humains.  Ils vont "enfermer" Dieu dans une multitude de rites et de règles supposées attirer les faveurs du Seigneur, mais qui en réalité serviront à satisfaire leurs convoitises ou leurs ambitions.

C'est bien ce que Jésus dénonce ouvertement lorsqu'il dit, en répétant la plainte que Dieu leur avait adressé par Isaïe : "Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi." Et l'exemple de l'argent qui aurait pu servir aux soins des parents mais dont on prétend garder pour honorer Dieu est tout à fait typique.  J'avoue que quelques mois avant le décès de mon propre père, je lui avais parlé d'un projet de visite à l'Oratoire de saint Joseph, à Montréal.  Mais en réalité, je ne cherchais qu'à fuir cette situation qui m'obligeait à veiller sur lui - jusqu'à monter des marches d'escalier, chaque soir à l'heure qu'il avait choisie pour se coucher : sa chambre était à  l'étage et une chute eût été mortelle.... mais j'ai finalement renoncé.  

Notre prêtre a conclu sur ces simples mots : "Si vous désiré rencontrer Dieu, cherchez d'abord le pauvre !"

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Mercredi des Cendres

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Livre de Joël 2,12-18.
Maintenant – oracle du Seigneur – revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil !
Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment.
Qui sait ? Il pourrait revenir, il pourrait renoncer au châtiment, et laisser derrière lui sa bénédiction : alors, vous pourrez présenter offrandes et libations au Seigneur votre Dieu.son peuple.


Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 5,20-21.6,1-2.
Frères, nous sommes les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel : nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu.
Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché, afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu. En tant que coopérateurs de Dieu, nous vous exhortons encore à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de lui. Car il dit dans l’Écriture : Au moment favorable je t’ai exaucé, au jour du salut je t’ai secouru. Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut.




Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,1-6.16-18.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.
Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite,
afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.
Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.
Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ;
ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra.
»

Textes de l'Evangile au quotidien

Comme il nous paraît grand et difficile et long, le temps du carême.  Car les textes ne nous disent pas de fournir de grands efforts, mais simplement de nous abstenir de penser ou de poser des actes qui nous sont habituels, quotidiens, banals. Mais une attitude meilleure encore, serait, outre de s'abstenir, d'accomplir des démarches que nous laissons de côté le plus possible, car elles nous paraissent pesantes et peu gratifiantes.

La conversion est donc un chemin de "renoncement actif".  Il ne s'agit pas uniquement de s'abstenir de nos habitudes devenues quasiment des "automatismes", mais encore : de les remplacer par d'autres - et par d'autres qui impliquent  auprès d'autrui par la charité ou la miséricorde. "Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde" : telle est la béatitude liée à un renoncement véritable.

Notre prêtre a connu le cas de quelques personnes qui ont tenté l'expérience d'un carême sévère : quarante jours sans prendre un repas. Outre quelques-uns que l'on a finalement hospitalisés, il en est plusieurs qui n'ont pas résisté à la tentation de le faire connaître : "Ceux-là ont déjà reçu leur récompense".  Mais plus sûrement, le carême est un temps pour se détourner de soi-même, quelle que soit la méthode, afin de s'ouvrir à l'oeuvre de l'Esprit Saint en nous.

Le carême est, en définitive, comme un temps de "grand silence" comme le pratique les religieux cloîtrés. Que celui qui a des oreilles, qu'il entende ! Comment entendre si l'on ne met pas fin aux bavardages intérieurs ?

Ce midi, comme chaque jour, j'irai prendre mon repas à la maison de repos où réside ma mère, mais en m'abstenant simplement de mon verre de vin habituel.  Du reste, comme à chaque Pâques, le plus difficile consistera à trouver une église pour le dimanche de Pâques qui ne soit pas trop éloignée de chez moi... car comme chaque année, personne ne me proposera de m'y conduire... Dieu sait !
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Jeudi après les Cendres

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Le jeudi après les Cendres

Livre du Deutéronome 30,15-20.
Moïse disait au peuple : « Vois ! Je mets aujourd’hui devant toi ou bien la vie et le bonheur, ou bien la mort et le malheur.
Ce que je te commande aujourd’hui, c’est d’aimer le Seigneur ton Dieu, de marcher dans ses chemins, de garder ses commandements, ses décrets et ses ordonnances. Alors, tu vivras et te multiplieras ; le Seigneur ton Dieu te bénira dans le pays dont tu vas prendre possession.
Mais si tu détournes ton cœur, si tu n’obéis pas, si tu te laisses entraîner à te prosterner devant d’autres dieux et à les servir,
je vous le déclare aujourd’hui : certainement vous périrez, vous ne vivrez pas de longs jours sur la terre dont vous allez prendre possession quand vous aurez passé le Jourdain.
Je prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance,
en aimant le Seigneur ton Dieu, en écoutant sa voix, en vous attachant à lui ; c’est là que se trouve ta vie, une longue vie sur la terre que le Seigneur a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob. »



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9,22-25.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »
Il leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui-même ? »


Textes de l’Évangile au quotidien

Il y avait beaucoup moins de fidèles ce matin qu'après le mercredi des cendres, nous a fait remarquer d'emblée notre prêtre. N'est-il pas plus facile d'assister à la cérémonie d'hier que d'entendre et recevoir avec le cœur les lectures de ce jour. C'est qu'il est directement question des souffrances et de la mort, qui sont tout à fait inéluctables... mais nous nous efforçons perpétuellement d'en chasser la pensée.

Cependant, les mots de Jésus nous aident à nous "repositionner", ce qui est quelque chose de tout à fait concret pour le navigateur parti en solitaire sur l'océan. Et souvent, pour nous qui sommes plus attirés par les choses qui passent (plutôt que par celles qui demeurent), les petites souffrances comme les plus grandes, peuvent vraiment nous servir à faire le point sur la qualité de notre vie de croyant

N'est-il pas curieux, pour un homme déjà malade ou affaibli de continuer à miser à la loterie, comme si l'argent suffirait à faire fondre tous nos maux ? L'appétit de gros argent est tout à fait semblable à la consommation d'alcools ou de drogues : échapper à la douleur, au chagrin, à la solitude, à l'ennui... Cependant, tout ce que nous appelons des malheurs peuvent - et doivent - nous servir de signaux sur le chemin qui conduit à la pleine connaissance du Seigneur, à notre parfait accomplissement dans le Christ.

Les souffrances physiques et morales sont aussi claires pour nous diriger que les nuits étoilées pour les navigateurs en solitaire.
Invité à méditer cela, je me suis aussitôt souvenu du débordement de Joie ressentie le troisième jour de mon sevrage de tabac. Jésus fut réellement présent à toute ma personne ce jour-là. Comme je l'ai décrit plus tard, « Jésus fut présent à ma douleur par une immense joie intérieure – une joie telle que j'ai désiré souffrir de même le lendemain, afin de ressentir encore cette sorte d'embrassement de la Joie. Désormais, je sais que toutes les événements pénibles que je devrai encore accepter et supporter ... seront aussi remplies de l'espérance d'y rencontrer Jésus de nouveau.

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Vendredi après les Cendres

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Le vendredi après les Cendres

Livre d'Isaïe 58,1-9a.
Ainsi parle le Seigneur : ils me demandent des ordonnances justes, ils voudraient que Dieu soit proche :
« Quand nous jeûnons, pourquoi ne le vois-tu pas ? Quand nous faisons pénitence, pourquoi ne le sais-tu pas ? » Oui, mais le jour où vous jeûnez, vous savez bien faire vos affaires, et vous traitez durement ceux qui peinent pour vous.
Votre jeûne se passe en disputes et querelles, en coups de poing sauvages. Ce n’est pas en jeûnant comme vous le faites aujourd’hui que vous ferez entendre là-haut votre voix.
Est-ce là le jeûne qui me plaît, un jour où l’homme se rabaisse ?
Le jeûne qui me plaît, n’est-ce pas ceci : faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ? N’est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, accueillir chez toi les pauvres sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable ?
Alors ta lumière jaillira comme l’aurore, et tes forces reviendront vite. Devant toi marchera ta justice, et la gloire du Seigneur fermera la marche.Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. »


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,14-15.
En ce temps-là, les disciples de Jean le Baptiste s’approchent de Jésus en disant : « Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? »
Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l’Époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront.



Textes de l'Evangile au quotidien

Ils sont nombreux, nous a dit le prêtre, celles et ceux qui pratiquent un jeûne de forme, un jeûne selon la règle et les pratique d'un jeûne: on se prive réellement, on ne prend que des repas léger, on ne boit pas d'alcool, on supporte le froid. Tout cela est très bien, c'est très sain pour le corps, de l'entraîner et de perdre du poids - à l'été, on pourra remettre des vêtements que l'on ne savait plus passer, mais avant cela, on aura meilleur appétit et bonne digestion pour le restaurant du dimanche de Pâque, en ville !

Puis il a ajouté que lors de la célébration du Mercredi des Cendres, il n'a pas employé la formule : "Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière", mais il lui a préféré celle-ci : "Convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle". Évidemment, on ne parle plus des mêmes choses...

Certes on ne peut soupçonner de tels raisonnements de la part des disciples de Jean le Baptiste. Cependant, Jean ne leur avait-il pas indiqué Jésus comme étant celui qu'il fallait suivre désormais, après lui ? Mais ils ont resitué les événements dans le cadre "légaliste" de la pratique de la religion tout au long la première alliance.

Les disciples de Jésus (que nous sommes ou que nous désirons devenir) ne peuvent pas jeûner comme on le fait pour pouvoir obtenir du Seigneur un pardon temporel des excès commis par égoïsme ou simplement par "formalisme". Mais il faut s'attacher, cœur, corps et âme au Christ, à l’Époux venu pour nous, pour notre salut. Le but à poursuivre, c'est une vie engagée de plus en plus à l'imitation de "l’Époux". C'est d'Amour qu'il s'agit, non pas de tractations diplomatiques ! Mais c'est d'un bouleversement profond et durable dans lequel il faut s'engager. En conclusion, très en verve ce matin, notre prêtre : "Recherchons à devenir saints selon l'aspiration de nos âmes - puisque c'est de notre salut qu'il est question".

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Justifications humaines et justification divine

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Le samedi après les Cendres

Livre d'Isaïe 58,9b-14.
Ainsi parle le Seigneur : Si tu fais disparaître de chez toi le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante,
si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, tu désires, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera lumière de midi.
Le Seigneur sera toujours ton guide. En plein désert, il comblera tes désirs et te rendra vigueur. Tu seras comme un jardin bien irrigué, comme une source où les eaux ne manquent jamais.
Tu rebâtiras les ruines anciennes, tu restaureras les fondations séculaires. On t’appellera : « Celui qui répare les brèches », « Celui qui remet en service les chemins ».
Si tu t’abstiens de voyager le jour du sabbat, de traiter tes affaires pendant mon jour saint, si tu nommes « délices » le sabbat et déclares « glorieux » le jour saint du Seigneur, si tu le glorifies, en évitant démarches, affaires et pourparlers, alors tu trouveras tes délices dans le Seigneur ; je te ferai chevaucher sur les hauteurs du pays, je te donnerai pour vivre l’héritage de Jacob ton père. Oui, la bouche du Seigneur a parlé.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 5,27-32.
En ce temps-là, Jésus sortit et remarqua un publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts) du nom de Lévi assis au bureau des impôts. Il lui dit : « Suis-moi. »
Abandonnant tout, l’homme se leva ; et il le suivait.
Lévi donna pour Jésus une grande réception dans sa maison ; il y avait là une foule nombreuse de publicains et d’autres gens attablés avec eux.
Les pharisiens et les scribes de leur parti récriminaient en disant à ses disciples : « Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs ? »
Jésus leur répondit : « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades.
Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs, pour qu’ils se convertissent. »



Textes de l'Evangile au quotidien

Isaïe ne contredit pas la validité des cérémonies dans le temple, ni le repos du jour du Sabbat, mais c'est en évitant "démarches, affaires et pourparlers". Est-il possible pour nous-mêmes d'aller à l'église le dimanche en se laissant distraire par une affaire ou l'autre, un conflit avec un proche, ou le souvenir d'un film regardé la veille ? Tout du contraire, ce jour de repos est destiné à replacer toutes choses à leur juste place. Certes, l'on peut y entrer avec des soucis, mais il faut en ressortir avec l'esprit et le cœur plus légers qu'on y est entré !

Une anecdote personnelle servira d'illustration: à la suite du décès de mon père, je me suis rendu le dimanche à la messe en priant de trouver une occupation susceptible de me consoler du chagrin et de repartir vers "autre chose". J'avais découvert des extraits du "Journal" de Julien Green et, comme le prêtre commençait son homélie, j'ai murmuré en moi-même : comment savoir si la lecture du Journal serait bonne pour moi ? Or, à l'instant même, le prêtre a cité une remarque de Julien Green extraite d'un de ses livres. J'ai tout de suite saisi en moi que je venais d'avoir ma réponse. Oui, le Seigneur venait de me confirmer que mon intuition venait de Lui.
De la même façon, si les juifs étaient entrés dans le temple le jour du Sabbat pour y déposer le fardeau de leurs soucis et prier d'en être délivrés - ils en seraient sortis soulagés.

Hélas pour eux, comme le montre l’Évangile d'aujourd'hui, les pharisiens et les scribes ont tout simplement "instrumentalisé" la religion. Ils font immanquablement penser à ces tueurs de la mafia qui viennent confesser leurs crimes à des prêtres qui n'osent pas leur refuser une absolution. Si cette remarque est exagérée, il faut me convaincre que la condamnation à mort de Jésus était justifiée du fait de ses guérisons, de ses miracles, en ce compris la résurrection de Lazare !

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L'incontournable critère de la miséricorde

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Le lundi de la 1re semaine de Carême

Livre du Lévitique 19,1-2.11-18.
Le Seigneur parla à Moïse et dit : (...)
Tu n’exploiteras pas ton prochain, tu ne le dépouilleras pas : tu ne retiendras pas jusqu’au matin la paye du salarié.
Tu ne maudiras pas un sourd, tu ne mettras pas d’obstacle devant un aveugle : tu craindras ton Dieu. Je suis le Seigneur.
Quand vous siégerez au tribunal, vous ne commettrez pas d’injustice ; tu n’avantageras pas le faible, tu ne favoriseras pas le puissant : tu jugeras ton compatriote avec justice.
Tu ne répandras pas de calomnies contre quelqu’un de ton peuple, tu ne réclameras pas la mort de ton prochain. Je suis le Seigneur.
Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur. Mais tu devras réprimander ton compatriote, et tu ne toléreras pas la faute qui est en lui.
Tu ne te vengeras pas. Tu ne garderas pas de rancune contre les fils de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis le Seigneur. »


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25,31-46.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs : il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.
Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !”
Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?”
Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.”
Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges. Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.”
Alors ils répondront, eux aussi : “Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?” Il leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.”
Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »


Textes de l’Évangile au quotidien

Deux points particuliers ont été retenus par notre prêtre dans les lectures de ce jour. Le tout premier, c'est le fait qu'entre le temps où la parole de Dieu fut adressée à Moïse - c'est-à-dire : au commencement de de la première alliance et jusqu'à la scène du jugement dernier, la parole de Dieu reçue par Moïse demeure quels que soient les bouleversements de l'Histoire.

Non seulement, elle demeure l'expression de la volonté de Dieu, mais elle sera également présente à la fin des temps. C'est sur cette Parole que tous les hommes, de toutes les générations, seront jugés définitivement.

Tout est donc parfaitement clair. Nul ne pourra dire : "Je ne savais pas !", puisqu'en réalité l'amour du prochain, dans la pitié et la miséricorde, est inscrit depuis le commencement dans le cœur de l'homme. Ce n'est pas comme si le péché originel avait tout effacé, auquel cas le jugement final serait déjà de l'histoire ancienne !

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Re: L'incontournable critère de la miséricorde

Message non lu par PaxetBonum »

etienne lorant a écrit :
Tout est donc parfaitement clair. Nul ne pourra dire : "Je ne savais pas !", puisqu'en réalité l'amour du prochain, dans la pitié et la miséricorde, est inscrit depuis le commencement dans le cœur de l'homme.
Et pourtant même le juste ne savais pas qu'il sert le Seigneur en accomplissant le bien : "Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? "
La main droite du juste ne sait pas ce que fait sa main gauche.
Il agit dans l'élan de son cœur, comme vous le dites "inscrit depuis le commencement dans son cœur"
Pax et Bonum !
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Le Christ, manifestation de la Parole créatrice

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Le mardi de la 1re semaine de Carême

Livre d'Isaïe 55,10-11.
Ainsi parle le Seigneur : « La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger ;ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,7-15.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés.
Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé.
Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal.
Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi.
Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »




Textes de l'Evangile au quotidien

Les correspondances possibles entre les textes de la Liturgie ne cessent jamais de m'étonner et soulever mon enthousiasme. Ainsi, lorsqu'on lit seulement le texte d'Isaïe de ce jour, c'est d'abord à la parole créatrice que l'on songe. Pour s'en convaincre, il suffit de reprendre la Livre de la genèse qui commence par "Dieu dit" et ceci en commençant par la lumière : "Dieu dit: Que la lumière soit! " et la lumière fut."

Mais lorsque l'on juxtapose l’Évangile de ce jour à la première lecture, c'est encore la Parole que l'on retrouve - puisque Jésus est le Verbe fait chair, le Verbe incarné. Et donc, lorsque Jésus fait mettre debout un paralytique, c'est encore par une parole qui reproduit la création. Il ne s'agit pas d'une guérison comme l'on peut obtenir une par des soins particuliers.

Par le Christ, Dieu le Père procède à des "créations renouvelées" nous a dit le prêtre. Le centurion romain, avec sa foi inconditionnelle et sans mesure, avait bien saisi ce mystère. Car non seulement, il n'est pas venu à Jésus pour lui-même mais il a "saisi en lui-même" la nature profonde de Jésus, Verbe fait chair. C'est ainsi qu'il s'exclame:
Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri.

Ce qui provoque un jugement immédiat :

« Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi. Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du Royaume des cieux Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du Royaume des cieux, et les héritiers du Royaume seront jetés dehors dans les ténèbres."

Et en conclusion, le Verbe créateur est toujours à l’œuvre de notre temps, car même si nous ne le ressentons pas ainsi, nous sommes, toutes et tous, devenus des créatures nouvelles par notre baptême.

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Le signe de Jonas

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Le mercredi de la 1re semaine de Carême

Livre de Jonas 3,1-10.
La parole du Seigneur fut adressée à Jonas :
« Lève-toi, va à Ninive, la grande ville païenne, proclame le message que je te donne sur elle. »
Jonas se leva et partit pour Ninive, selon la parole du Seigneur. Or, Ninive était une ville extraordinairement grande : il fallait trois jours pour la traverser.
Jonas la parcourut une journée à peine en proclamant : « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite ! »
Aussitôt, les gens de Ninive crurent en Dieu. Ils annoncèrent un jeûne, et tous, du plus grand au plus petit, se vêtirent de toile à sac.
La chose arriva jusqu’au roi de Ninive. Il se leva de son trône, quitta son manteau, se couvrit d’une toile à sac, et s’assit sur la cendre.
Puis il fit crier dans Ninive ce décret du roi et de ses grands : « Hommes et bêtes, gros et petit bétail, ne goûteront à rien, ne mangeront pas et ne boiront pas.
Hommes et bêtes, on se couvrira de toile à sac, on criera vers Dieu de toute sa force, chacun se détournera de sa conduite mauvaise et de ses actes de violence.
Qui sait si Dieu ne se ravisera pas et ne se repentira pas, s’il ne reviendra pas de l’ardeur de sa colère ? Et alors nous ne périrons pas ! » En voyant leur réaction, et comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise, Dieu renonça au châtiment dont il les avait menacés.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 11,29-32.
En ce temps-là, comme les foules s’amassaient, Jésus se mit à dire : « Cette génération est une génération mauvaise : elle cherche un signe, mais en fait de signe il ne lui sera donné que le signe de Jonas.
Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ; il en sera de même avec le Fils de l’homme pour cette génération.
Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que les hommes de cette génération, et elle les condamnera. En effet, elle est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon.
Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas. »


Textes de l’Évangile au quotidien

Si Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive, il le fut tout autant pour les Juifs - et un signe étonnant, puisque selon leur conception, Israël est le seul et unique peuple qui bénéficie de l'Alliance ! Comment se peut-il que Jonas ait été envoyé chez des païens, l'un de ces peuples de "petits chiens" qu'ils méprisent ?

Cependant, Dieu est Dieu et cet épisode peut signifier pour eux qu'Israël est destiné à dominer jusqu'au reste du monde. Or, c'est tout autre chose qu'il adviendra , comme avertit Jésus : "Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas"

"Ayons donc l'humilité de nous reconnaître pécheurs", a conclu le prêtre et n'estimons pas qu'étant catholiques, nous sommes les seuls prédestinés au salut ! Mais nous ne devons jamais cesser de nous convertir et de rechercher à vivre de la miséricorde divine.


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Le chien dans la bible

Le chien signe de contradiction


Le chien n'est mentionné dans le Nouveau Testament qu'avec mépris. En Orient, cet animal n'a jamais été considéré comme le compagnon et l'ami de l'homme. Il faut dire qu'on n'y connaît qu'une seule espèce de chiens, et qu'elle est, non seulement fort laide, mais sale, repoussante, ignoble. Jamais les chiens ne sont admis dans les maisons, ils sont toujours au dehors, errant dans les rues, pullulant à leur guise, vivant de ce qu'il trouvent, considérés comme une plaie sociale, parce qu'ils sont beaucoup trop nombreux et partout ils sont chassés à coups de pied. Le mot cynique que nous a légué la langue grecque montre assez combien ce mépris était général dans l'antiquité * : « Ne donnez pas les choses saintes aux chiens », dit Jésus *. « Il n'est pas juste, dit-il encore, de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens * . » Et dans ce dernier passage où les enfants désignent les Juifs, le peuple élu, le mot chien désigne les païens. Cette expression « chien de païen » était aussi usitée an premier siècle en Palestine que celle de « chien de chrétien » l'est aujourd'hui dans tout l'Orient musulman, et quand Jésus dit que même les chiens venaient lécher les ulcères du pauvre Lazare *, il veut montrer à quel degré d'abjection était tombé ce malheureux ; ce n'est pas, comme on l'a cru, pour alléger ses souffrances que les chiens venaient ainsi vers cet infortuné; ce n'est pas la compassion du chien qui est mise ici en regard de la dureté de coeur dit mauvais riche ; mais au contraire, ce fait que Lazare n'avait pas même la force de chasser les chiens errants qui venaient lécher ses plaies et mettre le comble à sa misère.

http://chretiens.info/group/mesamislesa ... opic:39103

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Un défi à relever !

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Le jeudi de la 1re semaine de Carême

Livre d'Esther 4,17n.17p.17q.17r.17aa.17bb.17gg.17hh.
En ces jours-là, la reine Esther, dans l’angoisse mortelle qui l’étreignait, chercha refuge auprès du Seigneur.
Se prosternant à terre avec ses servantes du matin jusqu’au soir,
elle disait : « Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob,
tu es béni. Viens à mon secours car je suis seule,
et je n’ai pas d’autre défenseur que toi, Seigneur.
Car je vais jouer avec le danger.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 7,7-12.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira. Ou encore : lequel d’entre vous donnera une pierre à son fils quand il lui demande du pain ?
ou bien lui donnera un serpent, quand il lui demande un poisson ?
Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent !
« Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi : voilà ce que disent la Loi et les Prophètes.


Textes de l’Évangile au quotidien

Lorsque nous nous tournons vers Dieu pour le prier, que cela ne soit pas seulement au moment où survient une crise dans nos vies. La prière de la reine Esther est tout à fait valable, bien sûr. Mais même s'il est tout à fait valable, évidemment, de prier quand surviennent des temps difficiles, c'est encore mieux de prier, tout autant, lorsque tout paraît tranquille. Car la religion est une relation à Dieu.

La prière, dans l'angoisse où se retrouve la reine Esther, est tout à fait utile et convenable dans cette situation où elle se retrouve - sur le point de devoir confronter un chef plus puissant qu'elle. Mais dans l’Évangile, Jésus invite à prier en tout temps, quelle que soit l'occasion : car l'idéal n'est pas d'obtenir ce que nous désirons, mais de désirer ce que Dieu veut nous donner.

Et par conséquent, dans cette ordre d'idée, tout ce que déclare Jésus dans l’Évangile aujourd'hui doit retenir notre attention.

Ainsi, nous dit Jésus, même notre capacité à donner de bonnes choses à nos proches doit elle aussi être reliée à l'amour de Dieu, lequel ne fait pas de différence entre les êtres humains. Il est donc tout à fait convenable de prier pour nous-mêmes et en faveur de ceux qui nous aiment et que nous aimons, mais il est encore meilleur de prier pour tous, y compris les personnes qui nous rejettent ou nous causent quelques souffrances ou des peines. Notre prêtre a terminé en disant : cherchons donc à savoir à qui nous causons de la peine et, au cours de carême, remplaçons donc un jeûne par un geste de réconciliation. Qui le fera ? Ce matin, un défi nous a été lancé !

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
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Le samedi de la 1re semaine de Carême

Livre du Deutéronome 26,16-19.
Moïse disait au peuple d’Israël : Aujourd’hui le Seigneur ton Dieu te commande de mettre en pratique ces décrets et ces ordonnances. Tu veilleras à les pratiquer de tout ton cœur et de toute ton âme.
« Aujourd’hui tu as obtenu du Seigneur cette déclaration : lui sera ton Dieu ; toi, tu suivras ses chemins, tu garderas ses décrets, ses commandements et ses ordonnances, tu écouteras sa voix.
Aujourd’hui le Seigneur a obtenu de toi cette déclaration : tu seras son peuple, son domaine particulier, comme il te l’a dit, tu devras garder tous ses commandements. Il te fera dépasser en prestige, renommée et gloire toutes les nations qu’il a faites, et tu seras un peuple consacré au Seigneur ton Dieu, comme il l’a dit. »



Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,43-48.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent,afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.
En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

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Cy Aelf, Paris

Le commandement qui surpasse tous les autres, c'est d'aimer. C'est un commandement d'une extrême simplicité, puisque dès la petite enfance, il est dans le cœur de l'enfant qui regarde sa mère et s'en remet à elle pour tout; l'enfant regarde aussi son père avec respect, puisque le père représente tout à la fois l'autorité, la sécurité, la justice, l'ordre incontournable, une assurance tranquille devant le reste du monde. Et quand une mère disait : "A la récréation, tu partageras tes bonbons ou tes tartines avec un camarade qui n'a rien", elle était obéie avec bonne humeur.

Mais ce que saisissent facilement les petits enfants de la part de leurs parents, le monde va se charger de le leur faire oublier très rapidement ! Il faut devenir pratique, rapide, efficace, concurrentiel et rentable. Le prochain est un adversaire potentiel, le chef une autorité jamais contestée et le prochain : un concurrent et un ennemi potentiels !

Les textes ce jour nous renvoient donc à l'enfance spirituelle - à la sincérité, à la simplicité, à la vérité, à la confiance, au don de soi - bref, à l'amour de Dieu. Les hommes et les femmes qui réussissent dans cette voie sont des êtres humains, ils sont présents parmi nous, ils sont les témoins de Jésus-Christ mais qui les reconnaîtra ?

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Verrouillé

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