Bonjour Mac,
Je connais un peu les arguments bibliques qu'on présente contre les idées d'Arnaud Dumouch.
Ma question portait davantage sur une éventuelle condamnation de celles-ci de la part de Jean-Paul II, du moins dans le passage cité par Cinci, et qui ne m'apparaît pas évidente.
Mac a écrit :
Où vous voyez dans votre Evangile que vous décidez de ce que vous voulez après la mort.
En matthieu 5 qui se rapporte au purgatoire > ils ne décident pas de ce qu'ils veulent. Ils sont jugé unilatéralement. Ils sont "livrés".
Le riche et Lazare > vous avez vu que Jésus dit qu'on leur donne le choix? Car le riche son choix ce serait d'avoir des consolations et cela lui est impossible.
Les démons n'ont aucune possibilité de se repentir, donc ils ne vont pas préférer l'enfer plutôt que le repentir. Les apôtres n'arrivent même pas à les chasser dans un passage.
Alors. Je ne lis pas la théorie d'Arnaud Dumouch comme disant qu'on décide ce qu'on veut après la mort. Je la lis comme exprimant l'ultime possibilité de demander le pardon du Seigneur, pardon qui, en définitive, ne revient qu'au Seigneur seul. Mais on me corrigera, si je me trompe sur ce point.
Les compagnons de Mathieu 5 eux-mêmes cheminent vers un juge, apte à les livrer à un officier de justice, capable lui-même de les livrer en prison. Ils ne décident certainement pas d'être jugés, mais ils sont néanmoins livrés à un juge. Et nous sommes en droit de croire que le juge est JUSTE, c'est à dire qu'il entend ce que l'éventuel condamné a à dire pour sa défense. Il n'y a donc pas là, à mes yeux, de contradiction avec les thèses d'Arnaud Dumouch.
La parabole de Lazare nous livre une vision certainement très proche de ce que Jésus-Christ avait à nous en dire, mais nous avons peut-être tendance à l'interpréter selon nos propres représentations. Le riche n'est pas dit être "en enfer". De plus, on le voit capable, là où il est, de voir et de prier Abraham et Abraham lui répondre. Ce n'est pas ce que je crois de l'enfer, où il n'y a plus aucune connexion possible avec Dieu. Pour ma part, je vois le riche au Purgatoire, et son repentir est sincère.
Les démons n'ont pas de possibilité de se repentir parce que c'est à leur création qu'ils chutent, selon toute leur personne et en toute liberté. Les anges ne changent pas d'avis, ce ne sont pas des être contingents comme les humains. Ils n'ont donc pas à préférer l'enfer plutôt que le repentir, ils ont choisi l'enfer dès le début.
Dans le passage ci-dessous "Ceux qui disent Seigneur Seigneur" veulent le salut, il leur est refusé :
21Ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur! n'entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. 22Plusieurs me diront en ce jour-là: Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé par ton nom? n'avons-nous pas chassé des démons par ton nom? et n'avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom? 23Alors je leur dirai ouvertement: Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité.
Là encore, et malgré les apparences, ce passage ne parle pas vraiment de ce que suggère Arnaud Dumouch.
Dans ce passage, on voit des pécheurs qui ne comprennent pas le jugement du Christ. Pire encore, ils le contestent : "mais Seigneur,nous avons fait ceci, nous avons fait cela, nous sommes des gens bien". Que font-ils? Ils remettent en question le jugement du Juge suprême. Ils se font juges à la place du Juge. En d'autres mots, ils rejettent le Juge,
ils rejettent Dieu.
La théorie d'Arnaud, dans cette parabole, rajouterait peut-être ceux qui diraient "Seigneur, nous avons cru bien faire, mais nous nous trompions : devant ta face, nous voyons comment notre erreur a été grande. Mais s'il te plaît, s'il nous reste encore une chance d'expier tout le mal que nous avons fait, garde nous encore dans ta maison, même comme le plus humble de tes serviteurs".
Ceux là ne décideraient de rien. Mais ils montreraient peut-être un coeur encore capable de se purifier, parce que encore tourné vers Dieu.