Marchenoir, les articles de SC que vous citez sont ceux concernant l'Evangélisation des non-chrétiens non-occidentaux et de plus ils se trouvent dans la partie "Généralités" de la constitution. Il faut donc aller plus loin pour voir comment les appliquer à telle ou telle partie de la Liturgie.
Je ne remets que les passages marquants sans tout reciter puisque vous l'avez fait :
N°38 : "surtout dans les missions" (...) "lorsqu'on révisera les livres liturgiques"
Donc il s'agit bien des missions et de plus dans les méthodes de restauration des livres, pas dans leur mise en pratique ni dans l'usage des livres restaurés
N°39 : "'autorité ecclésiastique ayant compétence" (...) "conformément toutefois aux normes fondamentales contenues dans la présente Constitution"
autrement dit l'Evêque ou le père Abbé d'une part, et la règle du N°36§1.
N°40 : "surtout dans les missions" [dans le titre]
1) "seront proposées au Siège apostolique"
2) "donnée par le Siège apostolique" (...) "ces essais et pendant un temps limité"
3) "surtout dans les missions" (...) "des hommes experts"
Voilà donc de quoi il s'agit. Des Missions.
Or en 1963 ou 1970, la France n'est pas une terre de Mission mais au contraire une terre de départ en mission.
On voir bien de nos jours combien les africains sont mille fois plus ouverts au latin et célèbrent régulièrement en Latin / Grégorien.
Au sujet des essais, Paul VI a donné tous les décrets et lettres nécessaires pour dire que leur était fini en 1969 et que ces essais étaient devenus interdit.
Les experts en Liturgie se comptent sur les doigts de la main en France et ne font pas parti des équipes enseignantes des séminaires. Au contraire, les diocèses font tout pour les empêcher de parler. Regarder ce qui est arrivé à Dom Le Gall : il pratique et enseigne le contraire de ce qui se trouve dans ses propres livres !
Enfin, on notera que tout doit toujours se faire avec l'accord du Saint Siège : or le Pape célèbre en Latin !
Par contre sur le N°38, je vous renvoie à l'expression de la créativité telle que je l'ai détaillé dans mon précédent message : voilà le résultat de ce n°38. Ce sont les différents choix possibles dans certains rites de la Messe.
Exempe :
- dans ma nouvelle paroisse, tous les dimanches nous avons le Canon (en français pour le moment)
- il y 3 semaines, il y a eu un baptême pendant la Messe par immersion. Cela a considérablement allongé la Messe. Donc le curé a usé de la créativité du nouveau Missel et a utilisé la Prière Eucharistique n°2 pour adapter la Messe aux circonstances présentes
Où est la désobéissance ?
C'est comme le prêtre qui apprend qu'il y a la guerre au Liban (pour changer malheureusement) et qui décide de prendre le formulaire Messe pour la Paix un jour en semaine, en disant explicitement que la Messe est à l'intention du retour à la Paix (au Liban).
C'est encore une fois un exemple de la créativité permise par le nouveau Missel.
Ou tel autre prêtre qui veut faire court pour la Messe du Samedi matin (donc de la férie) et qui dit l'antienne d'introït sans la chanter, prend le formulaire n°2 pour l'acte pénitentiel (sous forme de 2 répons) et la PE n°2. C'est complètement licite et valide. Maintenant en prenant des textes courts, cela lui permet de profiter du temps gagné pour marquer plus de respect envers ce qu'il fait.
Voilà la véritable créativité du nouveau Missel.
Maintenant si on revient à l'usage du Latin :
Sacrosanctum Concilium a écrit :54.
On pourra donner la place qui convient à la langue du pays dans les messes célébrées avec concours de peuple, surtout pour les lectures et la "prière commune", et, selon les conditions locales, aussi dans les parties qui reviennent au peuple, conformément à l'article 36 de la présente Constitution.
On veillera cependant à ce que les fidèles puissent dire ou chanter ensemble en langue latine aussi les parties de l'ordinaire de la messe qui leur reviennent.
Mais si quelque part un emploi plus large de la langue du pays dans la messe semble opportun, on observera ce qui est prescrit à l'article 40 de la présente Constitution.
Je commence par la fin.
Ce n°54 est dans la partie propre à la Messe est renvoie au généralité pour confirmer que ce qui est dit est autorisé.
Le n°40, on l'a vu, concerne les missions. Donc pas la France.
Juste au-dessus il est dit que l'ordinaire et les répons de la Messe (Amen, Et cum spiritu tuo, dialogue de la préface, Non sum dignus, ...) doivent être en latin.
Et au début : seules les lectures et prières universelles seront en vernaculaire.
Mais que c'est-il passer car c'est plus le cas ?
Très simplement : nos amis progressistes ont fait tellement de dégats dans les années 60-70 que le Pape a été obligé de concéder un usage du vernaculaire plus ample !
Mais si on reprends le texte du concile, on voit bien que cet usage ne doit pas être généralisé normalement.
De plus :
Doctrina et Exemplo, Paul VI a écrit :15. Dans les séminaires, la langue de la liturgie de la Messe et de l'Office divin sera le latin, langue de l'Église latine, que tous les clercs sont tenus de connaître (SC art. 36, §1 et art 101, §1). Il serait néanmoins recommandé d'utiliser la langue vernaculaire dans la célébration de la Messe à des jours spécifiques (par exemple, une fois par semaine) - dans la mesure permise par l'Autorité compétente dans chaque région et confirmée par le Saint-Siège (...)
Et
Sacramentum Caritatis, Benoit XVI a écrit :62.
(...) Pour mieux exprimer l'unité et l'universalité de l'Église, je voudrais recommander ce qui a été suggéré par le Synode des Évêques, en harmonie avec les directives du Concile Vatican II: (182) excepté les lectures, l'homélie et la prière des fidèles, il est bon que ces célébrations soient en langue latine; et donc que soient récitées en latin les prières les plus connues (183) de la tradition de l'Église et éventuellement que soient exécutés des pièces de chant grégorien.
(...)aucun effort ne devra être négligé en ce qui concerne les fidèles eux mêmes, pour qu'ils sachent l'ensemble des prières communes en latin et qu'en même temps ils connaissent les parties de la liturgie qui doivent être chantées en chant grégorien.
La dernière partie est une traduction littérale du texte original qui évidemment est en latin. Je remercie la Schola Saint Maur pour cette traduction.
Je vous renvoi au livret "Iubilate Deo" édité par Téqui sur ordre des Papes Paul VI et Jean-Paul II qui contient l'ensemble des textes et chants que les fidèles doivent connaitre en latin / grégorien.