mais, cher Héraclius, je ne parlais pas de l'incroyance mais de l'éloignement de l'Eglise. Oui, quand le curé vient toutes les semaines vous demander si vous êtes enfin enceinte (Québec dans les années 50), c'est une question de survie que de couper avec la paroisse et le curé, c'est défendre sa dignité et préserver son couple.
Mais, chère axou (

), je conseillerais à une telle personne de changer de paroisse ou de supporter le curé local. Un chrétien est sur terre pour porter sa croix. Parfois, c'est l'humanité de l'Eglise qui est à l'origine de cette croix. Eh quoi ? Qu'est-ce qu'un râle sacerdotal sans doute oppressant face aux merveilles de la vie sacramentelle, de la prière en assemblée, de la vie en communion avec le Seigneur Jésus ?
Il y a une marge entre reconnaître les circonstances atténuantes d'un péché et nier l'existence de ce dernier.
La morale des frontières, c'est déja mieux que rien.
C'est mieux que rien, mais c'est franchement pas terrible. C'est un champ libre pour le pire des péchés : l'orgeuil.
Aujourd'hui de toute façon, cette étique des frontières nous est imposés, et il n'est donc pas très méritoire d'y rester astreint. Au moyen-âge ou tuer, piller et violer était banal, c'était ben plus noble de s'y contraindre, surtout dans le cas des hommes de guerre. De la même manière, le péché de chair aujourd'hui est beaucoup moins grave que jadis, parce qu'il est beaucoup plus facile d'accès. A chaque époque, ses péchés.
Finalement, ils ne comprennent pas la différence entre don de soi, communion, ouverture du corps en lien avec ouverture du coeur et plaisir ? c'est bien cela ? Quelqun leur a t-il parlé dans leur vie d'ouverture, de lien, de communion, ont-ils trouvé des lieux dans leur famille ou à l'école pour vraiment parler de ces notions ? j'en doute.
Eux non, mais leurs parents, si.
mais quand je rencontre tant de personnes de bonne volonté en soif spirituelle intense et qui cherchent dans le bouddhisme, le développement personnel et autres de quoi étancher leur soif et qui rejettent violemment l'Eglise, je cois qu'il y a eu maldonne quelque part, ne serait que dans le domaine de la communication.
Je crois que le développement personnel (pour lequel, nos précédentes conversations vous le rappelleront peut-être, j'ai considérablement plus d'estime que d'aversion) et le bouddhisme "occidental" ont un succès en grande partie parce qu'ils offre une spiritualité beaucoup plus individualiste, justemment. Pareil pour le New Age.
Pour développer sur le DP : c'est très bien comme outil pour aider les gens dans le cadre du monde, certes ; aider un jeune à trouver du boulot par le coaching, aider un patron à être plus à l'écoute de ses employés pour l'énnéagramme, soutenir une personne en dépression, etc. Mais y enseigne-t-on quelque forme de finalité ? Non, pas vraiment. Si ce n'est... Le DP en lui-même. Et c'est à cet instant où la développement du soi pour soi devient l'objectif, la finalité ultime de l'existence, que l'on touche à l'idolâtrie. A l'individualisme...
Par ailleurs, je le répète, le DP peut servir un saint (sain ?) propos en temps qu'outil.
je dirais à une certaine époque une perte de mysticisme, une tentative de banalisation du religieux, un refus du surnaturel...
Sans doute. Et paradoxalement couplé à une montée du fidéisme, du piétisme avec le "rejet raisonnable de la raison en religion".
je suis bien d'accord. Mais personne, je crois, n'a prétendu sur ce post une telle chose. Parler de la responsabilité de l'Eglise dans la sécularisation actuelle ne signifie nullement qu'elle est seule responsable.
C'était juste pour éviter que le débat tourne à une critique de l'eglise sans qu'on le défende.
Dieu vous garde chère axou !
Héraclius -