Biométrie, le visage totalitaire du libéralisme
Reportage France 2
La raison justifiant la carte d'identité biométrique : "c'est bien sûr pour éviter la fraude documentaire" (Villepin), est sophistique.
De "petits ateliers qui font de l'artisanat" (Berthomet, Police) produiraient donc "plusieurs centaines de milliers de fraudes chaque année" (Villepin) et au nom que ces fraudes, nous devrions donc entrer dans un système totalitaire ?
Voyez le sophisme : "Il en faut donc une nouvelle" disait Villepin, mais en quoi l'information contenue dans la carte la rendrait plus infalsifiable que les précédentes ? Les billets de banques, qui sont les documents les plus difficile à copier comportent-ils :
- la photo
- les empreintes digitales
- le numéro de compte bancaire
- le numéro de de dossier fiscal
- le numéro de permis de conduire
- la signature électronique
du directeur de la Banque Centrale Européenne ? Il n'y a aucune information biométrique sur les billets de banque et leur falsifiabilité est jugé suffisante pour que des centaines de millions soient mis en circulation. Et prétend-on que l'activité des faux-monnayeurs implique de nouveaux billets biométriques ?
La déclaration de Villepin est donc un mensonge.
Autre point important : "plusieurs sociétés privées (...) ont déjà distribué ce type de badge à leurs employés". C'est l'entreprise qui est à l'avant-garde de la biométrie et non l'Etat.
La déclaration "comme des produits de supermarché, les clients sont barre-codés et la puce contient leur crédit de consommation" est tout à fait pertinente et intéressante.
Et aussi "pourquoi j'ai voulu faire ça, en fait c'est peut-être parce que tout le monde l'a" ("une centaine de consommateurs"). Comment les idiots sont, avec l'entreprise, l'avant-garde de la société totalitaire qui vient.
Ceci : "la puce permet aussi de suivre un individu par satellite, ce qu'aucune législation n'interdit en Europe" est très inquiétant. Qui, et pourquoi, développe de telles technologies ? comment peut-on encore s'aveugler sur l'intention qui gouverne toutes ces innovations ?
Enfin, "Comment éviter le piratage des données personnelles ? Les défenseurs des libertés individuelles crient à l'imprudence et à l'intrusion dans la vie privée" (Anouk Burel) est encore un sophisme. Comme si le problème était le piratage des données personnelles ! Les défenseurs des libertés individuelles ne s'inquiètent pas du piratage, mais du contenu même des moyens de police biométrique. Ce qui est inadmissible est que des entreprises ou des gouvernements disposent de tels moyens. Et non pas que des personnes mal intentionnées, où les titulaires des cartes eux-mêmes, altèrent les données qu'elle contient. A entendre ces deux phrases d'Anouk Burel, on pourrait croire que les défenseurs des libertés individuelles réclament plus de sécurité et donc plus de biométrie (selon le sophisme de Villepin). Anouk Burel est donc complice du système totalitaire qui vient, elle fait de la désinformation, elle ment, trafique la vérité, obéissant servilement aux entreprises et gouvernements libéraux qui travaillent à nous imposer la société policière technologique intégrale. Voilà, ce qu'est une journaliste d'un média de masse : un laquais du libéralisme...
Notez aussi le "crient à" : comme si les défenseurs des libertés individuelles étaient des hystériques ou des extrémistes... C'est très intéressant, cette façon péjorative de parler des défenseurs des libertés individuelles comme s'ils étaient déséquilibrés. De ridiculiser la parole des opposants, de la réduire à des cris et la falsifier. C'est un vrai travail d'étouffement du discours critique et alternatif au discours officiel. Et c'est le travail d'une journaliste de France 2...
De "petits ateliers qui font de l'artisanat" (Berthomet, Police) produiraient donc "plusieurs centaines de milliers de fraudes chaque année" (Villepin) et au nom que ces fraudes, nous devrions donc entrer dans un système totalitaire ?
Voyez le sophisme : "Il en faut donc une nouvelle" disait Villepin, mais en quoi l'information contenue dans la carte la rendrait plus infalsifiable que les précédentes ? Les billets de banques, qui sont les documents les plus difficile à copier comportent-ils :
- la photo
- les empreintes digitales
- le numéro de compte bancaire
- le numéro de de dossier fiscal
- le numéro de permis de conduire
- la signature électronique
du directeur de la Banque Centrale Européenne ? Il n'y a aucune information biométrique sur les billets de banque et leur falsifiabilité est jugé suffisante pour que des centaines de millions soient mis en circulation. Et prétend-on que l'activité des faux-monnayeurs implique de nouveaux billets biométriques ?
La déclaration de Villepin est donc un mensonge.
Autre point important : "plusieurs sociétés privées (...) ont déjà distribué ce type de badge à leurs employés". C'est l'entreprise qui est à l'avant-garde de la biométrie et non l'Etat.
La déclaration "comme des produits de supermarché, les clients sont barre-codés et la puce contient leur crédit de consommation" est tout à fait pertinente et intéressante.
Et aussi "pourquoi j'ai voulu faire ça, en fait c'est peut-être parce que tout le monde l'a" ("une centaine de consommateurs"). Comment les idiots sont, avec l'entreprise, l'avant-garde de la société totalitaire qui vient.
Ceci : "la puce permet aussi de suivre un individu par satellite, ce qu'aucune législation n'interdit en Europe" est très inquiétant. Qui, et pourquoi, développe de telles technologies ? comment peut-on encore s'aveugler sur l'intention qui gouverne toutes ces innovations ?
Enfin, "Comment éviter le piratage des données personnelles ? Les défenseurs des libertés individuelles crient à l'imprudence et à l'intrusion dans la vie privée" (Anouk Burel) est encore un sophisme. Comme si le problème était le piratage des données personnelles ! Les défenseurs des libertés individuelles ne s'inquiètent pas du piratage, mais du contenu même des moyens de police biométrique. Ce qui est inadmissible est que des entreprises ou des gouvernements disposent de tels moyens. Et non pas que des personnes mal intentionnées, où les titulaires des cartes eux-mêmes, altèrent les données qu'elle contient. A entendre ces deux phrases d'Anouk Burel, on pourrait croire que les défenseurs des libertés individuelles réclament plus de sécurité et donc plus de biométrie (selon le sophisme de Villepin). Anouk Burel est donc complice du système totalitaire qui vient, elle fait de la désinformation, elle ment, trafique la vérité, obéissant servilement aux entreprises et gouvernements libéraux qui travaillent à nous imposer la société policière technologique intégrale. Voilà, ce qu'est une journaliste d'un média de masse : un laquais du libéralisme...
Notez aussi le "crient à" : comme si les défenseurs des libertés individuelles étaient des hystériques ou des extrémistes... C'est très intéressant, cette façon péjorative de parler des défenseurs des libertés individuelles comme s'ils étaient déséquilibrés. De ridiculiser la parole des opposants, de la réduire à des cris et la falsifier. C'est un vrai travail d'étouffement du discours critique et alternatif au discours officiel. Et c'est le travail d'une journaliste de France 2...
Dernière modification par Charles le mar. 05 juin 2007, 15:24, modifié 2 fois.
Je me désolidarise de cette discussion. Elle est la confirmation, tout compte fait, des ravages exercés par la police de la pensée par les intellectuels de gauche depuis 1945 : ils ont manié le mensonge si souvent, tellement déformé les faits, tellement inversé le sens des termes, que le débat est devenu impossible. A cela s'est ajouté le talent communicateur des 68ards, qui n'étaient pas moins idéologues.
Voilà le résultat : parler de totalitarisme comme tu le fais, Charles, s'aveugler à ce point, utiliser un mot pour désigner le contraire de ce qu'il signifie, tout cela, appliqué à une personne pourtant fine et cultivée, montre à quel point les réflexes du type Aragon ont contaminé le débat français.
Ca me rend triste.
Naturellement je peux discuter d'autres choses.
Voilà le résultat : parler de totalitarisme comme tu le fais, Charles, s'aveugler à ce point, utiliser un mot pour désigner le contraire de ce qu'il signifie, tout cela, appliqué à une personne pourtant fine et cultivée, montre à quel point les réflexes du type Aragon ont contaminé le débat français.
Ca me rend triste.
Naturellement je peux discuter d'autres choses.
-
giorgino
- Barbarus

A MB
Que vous vous désolidarisiez de cette conversation est votre problème . Que par dizaines des ouvriers se suicident chez renault ou peugeot ( encore 3 aujourd'hui ) m'interpelle autrement !! Mais suis je bête !! les ouvriers se suicident à cause de la police de la pensée depuis 1945 !!! Ils se suicident à cause des talents de communicateurs des 68ards !!! Mais comment n' y avais je pas pensé plus tot ???? Plus !!!! Ils se suicident même ... à cause des reflexes du type Aragon !! Si ! si !!Oh ! merci MB d ' éclairer ainsi ma lanterne !! Que serai je sans toi qui vint à ma rencontre , que serai je sans toi que ce babutiement ???? ( Aragon) ..
Re: A MB
C'est quoi le rapport avec la biométrie et le totalitarisme ?
« Commettre des erreurs est le propre de l'humain, mais il est diabolique d'insister dans l'erreur par orgueil »
Saint Augustin
(sermon 164, 14)
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Dans les conflits sociaux ? Désolé mais là je ne peux vraiment pas me retenir.giorgino a écrit :L' absence de la liberté individuelle .
Personne ne parle des conflits sociaux et vous dans un post ayant un rapport plus que minime avec le sujet vous nous pondez un commentaire sur la mort d'employés chez PSA. Si vous vouliez en parler, vous n'aviez qu'a ouvrir une nouvelle discussion, mais n'envenimer pas plus celle ci qui est déjà très survolté.
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Droite et gauche n'existent plus comme l'illustre le gouvernement formé par Nicolas Sarkozy avec l'icône des 68ards qu'est Kouchner.MB a écrit :Je me désolidarise de cette discussion. Elle est la confirmation, tout compte fait, des ravages exercés par la police de la pensée par les intellectuels de gauche depuis 1945 : ils ont manié le mensonge si souvent, tellement déformé les faits, tellement inversé le sens des termes, que le débat est devenu impossible. A cela s'est ajouté le talent communicateur des 68ards, qui n'étaient pas moins idéologues.
...
La Biométrie n'était pas d'actualité en 68, pas plus que les ordinateurs ou les fichiers croisés entre sociétés privées et polices gouvernementales.
Les 68ards voulaient une liberté totale de faire n'importe quoi dans tous les domaines notemment sexuels, chose que ne récuse pas les libéraux.
;-)
"Tant la concurrence au sens du LIBERALISME économique que la lutte des classes dans le sens marxiste sont contre nature et opposées à la conception chrétienne de la vie." Bienheureux Jean XXIII, encyclique Mater et Magistra n. 24
"Si les élections changeaient vraiment les choses, le vote serait interdit" Coluche
vive les sacrifices humains !
la droite a des idées
la droite sait aussi manifester
"Si les élections changeaient vraiment les choses, le vote serait interdit" Coluche
vive les sacrifices humains !
la droite a des idées
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Je suis étonné que tu ne saches pas distinguer le "par soi" du "par accident". Les perversions des chrétiens ne peuvent être imputées au christianisme que par accident... Mais les perversions des communistes sont imputables par soi au communisme. C'est par le communisme que les régimes communistes ont produit leurs horreurs, et c'est par le libéralisme que les gouvernements libéraux produisent les leurs. Parce que communisme et libéralisme sont des idéologies, et affligées ainsi d'un défaut originaire, d'une perversion intrinsèque comme dirait Jean-Paul II. Mais ce n'est pas par le christianisme que des chrétiens commettent leurs crimes, c'est contre lui. Cette distinction est quand même élémentaire.MB a écrit :Ok, je suis ton raisonnement en le transposant à une autre période.
Louis XIV était le Roi très-chrétien, protecteur de la Foi.
Or, d'une part, il patronnait Molière : contradiction flagrante avec les enseignements chrétiens de l'époque.
D'autre part, il alignait les maîtresses et n'hésitait pas à les malmener ouvertement, comme le rappelle Saint-Simon.
Enfin, il a engagé un grand nombre de guerres injustes, a dévasté des pays entiers, sans aucune autre raison que la conquête et la vaine gloire.
Si je suis ta manière de raisonner, je conclurai ainsi : tout cela, Louis XIV l'a fait parce qu'il était chrétien.
Dernière modification par Charles le mar. 05 juin 2007, 13:27, modifié 6 fois.
Parce que j'ai le malheur de ne pas adhérer à l'idéologie libérale, il faut que je sois donc un "ennemi" bien étiqueté, communiste ou gauchiste donc. C'est d'un ridicule, mon ami... Ce n'est pas l'Eglise catholique qui invente et expérimente aujourd'hui les moyens de police biométrique, mais des entreprises et des gouvernements libéraux. Christian écrit "je n’ai personnellement aucun problème avec le fichage ("telles le fichage, qui violent clairement les libertés individuelles") par une entreprise privée, SI ce fichage est de sa propre initiative" : c'est la logique libérale qui est totalitaire. Mais bon, il faut un minimum de liberté intérieure ou de recul critique pour le percevoir.MB a écrit : Elle est la confirmation, tout compte fait, des ravages exercés par la police de la pensée par les intellectuels de gauche depuis 1945 : ils ont manié le mensonge si souvent, tellement déformé les faits, tellement inversé le sens des termes, que le débat est devenu impossible. A cela s'est ajouté le talent communicateur des 68ards, qui n'étaient pas moins idéologues.
Voilà le résultat : parler de totalitarisme comme tu le fais, Charles, s'aveugler à ce point, utiliser un mot pour désigner le contraire de ce qu'il signifie, tout cela, appliqué à une personne pourtant fine et cultivée, montre à quel point les réflexes du type Aragon ont contaminé le débat français.
Qui met en place la police biométrique ?
Qui met en place la police biométrique ? A l'avant-garde de la police biométrique, on trouve en 2006 :
Etat & élus : Jacques Lebrot, sous-préfet "sécurité" de Seine-St-Denis, qui s’est distingué ces dernières années en privant d’emploi plusieurs milliers de salariés sur la foi de fichiers policiers recensant, non pas les délinquants avérés, mais de simples suspects, violant leur présomption d’innocence sur la base de pratiques clairement discriminatoires. Gilles de Robien, ministre de l’éducation nationale, avec son fichier "base élèves" compilant une foultitude de données personnelles concernant les élèves de la maternelle à la primaire (3 à 10 ans !).
Entreprises : la société Sony-BMG s’est particulièrement illustrée en raison de son "rootkit", petit programme espion qu’elle avait installée dans les CD qu’elle vendait dans le commerce afin de contrôler l’usage qui pourrait en être fait par ceux-là même qui, pourtant, en était devenu les légitimes propriétaires puisqu’ils les avaient acheté. Sacem & SCPP, sociétés civiles censées défendre les droits des auteurs et producteurs et qui, pour cela, ont fiché nombre d’internautes en violation de la loi. Le GIP-DMP, en charge du déploiement du Dossier Médical Personnel..
Localités : Paul Anselin, maire de Ploërmel dans le Morbihan, pour sa soif de vidéosurveillance (bientôt plus de 50 caméras pour 9000 habitants) malgré une délinquance zéro, ainsi que pour la création d’un n° vert visant à encourager la délation. Le Conseil général de Haute-Savoie, qui a installé des systèmes de vidéosurveillance dans 10 des 48 collèges du département, mais omis de les déclarer, et Gérard Gaudron, maire d’Aulnay sous Bois (93), pour sa son contrat local de sécurité et ses dotations en la matière, parmi lesquelles l’acquisition du logiciel CORTO (Carthographie et Observation des Risques sur les Territoires Ouvert)
Propagande : Frédéric Péchenard, directeur de la Police Judiciaire, qui encourage le fichage génétique de l’ensemble de la population au prétexte que les innocents pourront, dès lors, "être lavés de tout soupçon"... L’Assedic et l'ANPE, pour le tri informatique des chômeurs de longue durée qu’ils ont entamé, alors même qu’il n’est fiable qu’à 60% et qu’il risque surtout d’enfoncer les plus précaires. Sophie Planté et Philippe Melchior, du ministère de l’intérieur, qui expliquent que les papiers d’identité électroniques “sécurisés“, biométriques et dotés de puces RFId ne sont pas un outil au service de la police, mais qu’ils serviront d’abord et avant tout à... faciliter le commerce électronique.
Et aussi : Pascal Clément, garde des Sceaux, avait imposé rétroactivement le bracelet GPS aux délinquants sexuels après leur libération, au mépris de la Constitution. La RATP, pour son désormais célèbre pass Navigo, et la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale accusée de ficher, en toute illégalité, des millions de gens depuis des années : si JUDEX (2,8M de simples "suspects") vient d’être légalisé... 20 ans après sa création, le fichier des personnes nées à l’étranger (7M de fichés) et le FAR, qui sert à évaluer la dangerosité de la population (60M de fichés !) sont toujours illégaux.
Source : http://www.privacyinternational.org/
Etat & élus : Jacques Lebrot, sous-préfet "sécurité" de Seine-St-Denis, qui s’est distingué ces dernières années en privant d’emploi plusieurs milliers de salariés sur la foi de fichiers policiers recensant, non pas les délinquants avérés, mais de simples suspects, violant leur présomption d’innocence sur la base de pratiques clairement discriminatoires. Gilles de Robien, ministre de l’éducation nationale, avec son fichier "base élèves" compilant une foultitude de données personnelles concernant les élèves de la maternelle à la primaire (3 à 10 ans !).
Entreprises : la société Sony-BMG s’est particulièrement illustrée en raison de son "rootkit", petit programme espion qu’elle avait installée dans les CD qu’elle vendait dans le commerce afin de contrôler l’usage qui pourrait en être fait par ceux-là même qui, pourtant, en était devenu les légitimes propriétaires puisqu’ils les avaient acheté. Sacem & SCPP, sociétés civiles censées défendre les droits des auteurs et producteurs et qui, pour cela, ont fiché nombre d’internautes en violation de la loi. Le GIP-DMP, en charge du déploiement du Dossier Médical Personnel..
Localités : Paul Anselin, maire de Ploërmel dans le Morbihan, pour sa soif de vidéosurveillance (bientôt plus de 50 caméras pour 9000 habitants) malgré une délinquance zéro, ainsi que pour la création d’un n° vert visant à encourager la délation. Le Conseil général de Haute-Savoie, qui a installé des systèmes de vidéosurveillance dans 10 des 48 collèges du département, mais omis de les déclarer, et Gérard Gaudron, maire d’Aulnay sous Bois (93), pour sa son contrat local de sécurité et ses dotations en la matière, parmi lesquelles l’acquisition du logiciel CORTO (Carthographie et Observation des Risques sur les Territoires Ouvert)
Propagande : Frédéric Péchenard, directeur de la Police Judiciaire, qui encourage le fichage génétique de l’ensemble de la population au prétexte que les innocents pourront, dès lors, "être lavés de tout soupçon"... L’Assedic et l'ANPE, pour le tri informatique des chômeurs de longue durée qu’ils ont entamé, alors même qu’il n’est fiable qu’à 60% et qu’il risque surtout d’enfoncer les plus précaires. Sophie Planté et Philippe Melchior, du ministère de l’intérieur, qui expliquent que les papiers d’identité électroniques “sécurisés“, biométriques et dotés de puces RFId ne sont pas un outil au service de la police, mais qu’ils serviront d’abord et avant tout à... faciliter le commerce électronique.
Et aussi : Pascal Clément, garde des Sceaux, avait imposé rétroactivement le bracelet GPS aux délinquants sexuels après leur libération, au mépris de la Constitution. La RATP, pour son désormais célèbre pass Navigo, et la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale accusée de ficher, en toute illégalité, des millions de gens depuis des années : si JUDEX (2,8M de simples "suspects") vient d’être légalisé... 20 ans après sa création, le fichier des personnes nées à l’étranger (7M de fichés) et le FAR, qui sert à évaluer la dangerosité de la population (60M de fichés !) sont toujours illégaux.
Source : http://www.privacyinternational.org/
Le bracelet GPS instauré par le gouvernement UMP et Pascal Clément est une violation de nos libertés individuelles. Ce bracelet permet le traçage des personnes, aujourd'hui de celles condamnées à des peines de prisons. Il soulève un énorme problème. En effet la prison n'est pas seulement le lieu de la restriction des libertés individuelles, elle est aussi le lieu de sa contention. Il y a un intérieur et un extérieur de la prison et ce qui est admissible à l'intérieur de la prison est inadmissible à l'extérieur. Le bracelet GPS ne permet pas seulement aux criminels de sortir de prison, il fait sortir avec eux la prison et la répand dans l'espace public et privé. C'est un moyen de carcéralisation de l'extérieur de la prison, il transforme notre univers quotidien en univers carcéral. C'est très grave, c'est une rupture. Malgré tous les problèmes que pose la restriction des libertés dans la cadre de la prison, celle-ci a l'avantage d'en délimiter de façon précise l'extension. On sait au moins qu'hors de prison, à l'extérieur, les libertés individuelles sont respectée, qu'on n'a pas à subir de contrôles et de surveillants. Le bracelet GPS efface les murs de la prison, et la distinction entre l'espace carcéral et l'espace public et privé, mais pas pour faire entrer la liberté dans la prison, pour carcéraliser notre vie quotidienne. Il est indifférent de savoir que des criminels purgeant leur peine se promènent parmi nous ou habitent près de chez nous, ce qui est inadmissible est que la rue dans laquelle nous marchons ou l'immeuble dans lequel nous habitons soit aussi un espace carcéral. Qu'il y ait continuité entre la prison, la rue, et notre immeuble. C'est cela le danger, l'immense scandale... que si peu comprennent et dénoncent.
Les entreprises et gouvernements libéraux font de ce qui doit rester une exception - le contrôle coercitif des criminels, la norme sociale. Ils violent la présomption d'innocence en considérant la société entière comme potentiellement criminelle... ce qui est spécifiquement totalitaire. Dans un régime respectueux des libertés publiques tout ce qui n'est pas interdit est permis, dans un régime totalitaire, tout ce qui est socialement souhaitable est obligatoire, et sans reste, sans scories, sans déviance ni criminalité observables. Les libéraux mettent en place un système totalitaire en donnant comme justification d'éradiquer la possibilité même de la déviance (voir plus bas les analyses de Monique Canto-Sperber). Cela pose encore deux graves questions : toujours celle de l'idéologie, qui ne peut par définition penser la contingence, la singularité, la liberté concrète des personnes (et non pas celle théorique dont il est question dans le mot libéralisme) et aussi celle de la nature de la déviance : refuser d'admettre la possibilité réelle de la criminalité est déjà problématique mais - et si c'est la possibilité de comportements non-criminels mais d'indifférence ou d'opposition au système ou encore la possibilité d'une expression ou d'une pensée d'opposition ou alternatives qui ne sont pas admises par les libéraux qui nous gouvernent ?
Autre chose, souvenons-nous de la première mise en oeuvre systématique d'un moyen de police biométrique. Elle été le fait d'experts en carcéralisation de population : les nazis... qui sont donc en la matière les aînés de notre GIXEL et complices contemporains.

Source : http://phomul.canalblog.com/archives/co ... index.html
Dans cet intéressant compte-rendu de l'exposition de la Cité des Sciences, l'auteur omet la référence au tatouage des camps de concentration, il faut la rappeler : http://souriez.info/imprimer.php3?id_article=288
Les entreprises et gouvernements libéraux font de ce qui doit rester une exception - le contrôle coercitif des criminels, la norme sociale. Ils violent la présomption d'innocence en considérant la société entière comme potentiellement criminelle... ce qui est spécifiquement totalitaire. Dans un régime respectueux des libertés publiques tout ce qui n'est pas interdit est permis, dans un régime totalitaire, tout ce qui est socialement souhaitable est obligatoire, et sans reste, sans scories, sans déviance ni criminalité observables. Les libéraux mettent en place un système totalitaire en donnant comme justification d'éradiquer la possibilité même de la déviance (voir plus bas les analyses de Monique Canto-Sperber). Cela pose encore deux graves questions : toujours celle de l'idéologie, qui ne peut par définition penser la contingence, la singularité, la liberté concrète des personnes (et non pas celle théorique dont il est question dans le mot libéralisme) et aussi celle de la nature de la déviance : refuser d'admettre la possibilité réelle de la criminalité est déjà problématique mais - et si c'est la possibilité de comportements non-criminels mais d'indifférence ou d'opposition au système ou encore la possibilité d'une expression ou d'une pensée d'opposition ou alternatives qui ne sont pas admises par les libéraux qui nous gouvernent ?
Autre chose, souvenons-nous de la première mise en oeuvre systématique d'un moyen de police biométrique. Elle été le fait d'experts en carcéralisation de population : les nazis... qui sont donc en la matière les aînés de notre GIXEL et complices contemporains.

Source : http://phomul.canalblog.com/archives/co ... index.html
Dans cet intéressant compte-rendu de l'exposition de la Cité des Sciences, l'auteur omet la référence au tatouage des camps de concentration, il faut la rappeler : http://souriez.info/imprimer.php3?id_article=288
Une philosophe (libérale) ne veut pas mourir
Monique Canto-Sperber, philosophe libérale fréquentant la "Fondation pour l'Innovation politique" de l'UMP, a été entendue par la CNIL en 2005 au sujet de la biométrie. Le texte est disponible ICI. Que dit-elle ?
On croirait presque que la vie sociale est oppressive par définition... Ces mauvaises relations ("enfermer", "enserrant") s'opposent au "caractéristiques propres" de l'individu. Il faudrait pouvoir questionner Monique Canto sur ce "propre" dont elle parle. Mais l'association "propre" et "individu" rappelle inévitablement l'oeuvre de Max Stirner, "L'Unique et sa propriété", manifeste libertarien du XIX° siècle. Creuser dans ce sens, explorer les parentées entre le libéralisme et l'anarchisme de Stirner ou le freudo-marxisme de Marcuse est sans doute l'une des pistes les plus fructueuse de la critique sociale du temps qui vient. Mais ni les gauchistes, ni les libéraux ne peuvent la faire, c'est une tâche catholique.
D'abord, nous retrouvons la perversion originaire de l'idéologie libérale telle qu'elle est apparue plus haut dans le sujet ("je n’ai personnellement aucun problème avec le fichage ("telles le fichage, qui violent clairement les libertés individuelles") par une entreprise privée, SI ce fichage est de sa propre initiative"). Mais exprimée de façon un peu différente : "Nos sociétés sont basées sur l'ouverture et la confiance accordée au citoyen. La libre circulation des biens, des personnes et de l'information les rendent cependant très vulnérables. (...) nécessité pour nos sociétés de se protéger d'avantage (...) par une surveillance plus étroite des citoyens." C'est la même contradiction interne, originaire et insoluble du libéralisme : parce qu'il ne fonde pas la vie politique sur un lien social entre deux personnes douées de liberté, mais sur l'individu dont la liberté, ou plutôt la licence de tout faire, est sacralisée, le libéralisme implique une violation des libertés individuelles bien plus grave que les nécessités de la vie sociale naturelle (évoquées péjorativement par Monique Canto comme "enserrement", "enfermement"). Parce qu'on refuse les limites imposées à la liberté individuelle par la vie sociale, on se voit obligé de subir des nécessités "sociales" totalitaires (" pour nos sociétés de se protéger d'avantage" par la biométrie) et arbitraires ("le fichage, qui violent clairement les libertés individuelles" - " par une entreprise privée, SI ce fichage est de sa propre initiative"). Refusant la naturalité des rapports sociaux et leurs communautés intermédiaires, on se retrouve face à l'obstacle de la liberté individuelle de tout autre et à celui global du système totalitaire libéral.
La référence au terme "géopolitique" est aussi à noter. Comme nous le découvrions plus haut dans le sujet, le moyen terme entre libéralisme et biométrie est la mondialisation. Monique Canto dit ici que la biométrie et les violations de libertés publiques qui en découlent ont une inspiration mondialiste, que c'est dans un exercice du pouvoir au niveau mondial, global, géopolitique, qu'est préconisé le développement de la biométrie.
L'objection du piratage et de "l'intrusion d'un individu aux intentions malveillantes dans le fichier central" a été aussi déjà entendue. Elle semble au premier abord une limite sérieuse à la mise en oeuvre des moyens de police biométrique. Mais elle est toujours avancée par les promoteurs de la biométrie comme une garantie de leur impartialité sur la question. En fait, elle permet d'éviter les objections graves et sérieuses. Et sa résolution est logique : pour ne pas qu'un individu aux intentions malveillantes entrent dans le fichier central, il faut nécessairement encore plus de sécurité... C'est une fausse objection.
L'expression d' "Etat totalitaire" qui revient dans le discours de Monique Canto est fumeuse. Hannah Arendt l'a montré avec rigueur, les régimes totalitaires ne sont pas des administrations avec un leader charismatique à leur tête, ce sont des systèmes parallèlles à l'Etat et à l'administration, antithétiques à la sociabilité naturelle et politique, et fonctionnant sur le modèles des mafias et des organisations comme la franc-maçonnerie et le Bilderberg.
Enfin, la déclaration : "pendant longtemps, la liberté était entendue comme la possibilité pour chacun de recommencer une vie nouvelle en faisant fi du passé. Au regard des évolutions en cours, cette conception n'aura bientôt plus de sens" est assez choquante de la part d'une philosophe spécialiste en morale et politique. Cette façon qu'elle a de reconnaître le fait accompli de l'avénement d'un système totalitaire est vraiment odieuse. La possibilité de commencer, de recommencer, est en effet ce que Hannah Arendt pense comme étant la dimension irréductible de la liberté humaine à la pensée idéologique et au système totalitaire. Monique Canto connaît l'oeuvre de Arendt, sa référence à la possibilité d'un commencement nouveau dans un contexte évoquant le totalitarisme doit être interprétée en relation avec Arendt : c'est l'aveu au fond de l'adhésion de Canto au système totalitaire qui vient (il est libéral et elle aussi).
Voir aussi : http://fr.wikipedia.org/wiki/Monique_Canto-Sperber
http://www.liberte-cherie.com/a581-L_et ... erber.html
http://crpra.ehess.fr/document.php?id=24 ("Quelles sont les conditions de possibilité d’une morale internationale, dans un monde où la notion de souveraineté est progressivement remise en cause ?")
PS : j'ai lu un peu en vitesse le texte de Canto, remarques et critiques sont les bienvenues.
C'est juste, mais ce n'est pas seulement dans les sociétés antiques que les "personnes" sont singularisées et connues au sein de leur communauté, c'est dans toutes les sociétés qui ne sont pas de masse et où les personnes ne subissent pas la tendance à la "désolation" décrite par Hannah Arendt, c'est-à-dire à l'affaiblissement et la rupture des liens humains naturels (parents, amis, collègues, voisins, compatriotes, corréligionnaires).Monique Canto-Sperber a écrit :"Le souhait de répondre de façon univoque à la question "qui est qui ?" est une caractéristique des sociétés modernes. En effet dans les sociétés antiques, tous les individus sont singularisés et connus au sein de leur communauté."
Monique Canto omet ici un aspect fondamental de la biométrie qui est qu'elle relève d'un phénomène mondial. La biométrie est un concept mondial, global, comme le sont la mondialisation des échanges économiques et financiers, d'un système comptable unique, d'une culture unique, etc. Les traditions humaines définisent toutes l'individu en incluant ses relations humaines, seule la biométrie (et le libéralisme) ignore la dimension relationelle et sociale de la personne humaine.Monique Canto-Sperber a écrit :"Toutefois, dans la tradition française, il s'agissait jusqu'alors d'identifier la personne non en fonction de ses caractéristiques intrinsèques mais en fonction des liens qu'elle entretenait dans diverses sphères (famililale, professionnelle, religieuse) afin de l'enfermer dans un réseau étroit de temps, de lieux, de filiations."
Notez la connotation péjorative donné par Monique Canto à la dimension relationelle et sociale de l'être humain : "des liens qu'elle entretenait dans diverses sphères (famililale, professionnelle, religieuse) afin de l'enfermer dans un réseau étroit de temps, de lieux, de filiations", "non plus à partir des réseaux de relations enserrant l'individu mais en fonction de ses caractéristiques propres".Monique Canto-Sperber a écrit :"l'identification d'une personne tend à s'établir non plus à partir des réseaux de relations enserrant l'individu mais en fonction de ses caractéristiques propres."
On croirait presque que la vie sociale est oppressive par définition... Ces mauvaises relations ("enfermer", "enserrant") s'opposent au "caractéristiques propres" de l'individu. Il faudrait pouvoir questionner Monique Canto sur ce "propre" dont elle parle. Mais l'association "propre" et "individu" rappelle inévitablement l'oeuvre de Max Stirner, "L'Unique et sa propriété", manifeste libertarien du XIX° siècle. Creuser dans ce sens, explorer les parentées entre le libéralisme et l'anarchisme de Stirner ou le freudo-marxisme de Marcuse est sans doute l'une des pistes les plus fructueuse de la critique sociale du temps qui vient. Mais ni les gauchistes, ni les libéraux ne peuvent la faire, c'est une tâche catholique.
C'est vrai. Mais il faut faire la généalogie de cette désolation.Monique Canto-Sperber a écrit :"Pour la première fois dans l'histoire humaine, la société n'aura donc plus le moindre rôle à jouer dans le processus d'identification de la personne. (...) On peut désormais se passer - au moins pour l'identité - de la connaissance du réseau relationnel."
Voici un exemple flagrant de paresse intellectuelle. Un consentement tacite ou explicite suppose la connaissance des tenants et aboutissants. Mais pour ce qui est de la biométrie, il n'y a pas de débat public, ni même politique, ou à peine. Le problème de la biométrie est qu'elle est un concept et une réalité mondiale, universelle, c'est-à-dire lointaine. Se pose avec la biométrie le même problème que pour les idéologies : leur universalité, leur idéalité, les rendent peu accessibles et peu identifiables aux masses. Qu'est-ce que le nazisme, le communisme, le libéralisme, la mondialisation des échanges, la biométrie... signifient pour les masses ? Tout cela est lointain. La plupart des gens ne perçoivent que ce qui leur est proche. On ne peut pas demander aux masses de penser l'universel, d'avoir l'esprit critique. Tant qu'on n'a pas perdu son emploi parce que l'entreprise a été rachetée par une multinationale et l'unité de production délocalisée dans le Tiers-Monde, le libéralisme est lointain, nébuleux, fantasmagorique. Mais dès que cela se produit, là oui, il peut y avoir une prise de conscience. Malheureusement, pour la biométrie comme pour les systèmes totalitaires, la prise de conscience, quand elle a lieu, est tardive et parfois même impossible pour ceux qui collaboré et reçu des avantages du système.Monique Canto-Sperber a écrit :"Ce mouvement (le développement de la biométrie) se heurte à peu de résistances et fait l'objet d'un consentement tacite de la population."
Nous en arrivons aux passages les plus décevants (Monique Canto ayant su faire preuve d'intelligence en d'autres matières).Monique Canto-Sperber a écrit :"Nos sociétés sont basées sur l'ouverture et la confiance accordée au citoyen. La libre circulation des biens, des personnes et de l'information les rendent cependant très vulnérables. (...) De nombreuses menaces pèsent sur le monde occidental, le terrorisme n'en est qu'une parmi tant d'autres. Face à ce constat, de nombreux spécialistes de géopolitique font valoir la nécessité pour nos sociétés de se protéger d'avantage, que ce soit par un contrôle accru des frontières ou par une surveillance plus étroite des citoyens."
D'abord, nous retrouvons la perversion originaire de l'idéologie libérale telle qu'elle est apparue plus haut dans le sujet ("je n’ai personnellement aucun problème avec le fichage ("telles le fichage, qui violent clairement les libertés individuelles") par une entreprise privée, SI ce fichage est de sa propre initiative"). Mais exprimée de façon un peu différente : "Nos sociétés sont basées sur l'ouverture et la confiance accordée au citoyen. La libre circulation des biens, des personnes et de l'information les rendent cependant très vulnérables. (...) nécessité pour nos sociétés de se protéger d'avantage (...) par une surveillance plus étroite des citoyens." C'est la même contradiction interne, originaire et insoluble du libéralisme : parce qu'il ne fonde pas la vie politique sur un lien social entre deux personnes douées de liberté, mais sur l'individu dont la liberté, ou plutôt la licence de tout faire, est sacralisée, le libéralisme implique une violation des libertés individuelles bien plus grave que les nécessités de la vie sociale naturelle (évoquées péjorativement par Monique Canto comme "enserrement", "enfermement"). Parce qu'on refuse les limites imposées à la liberté individuelle par la vie sociale, on se voit obligé de subir des nécessités "sociales" totalitaires (" pour nos sociétés de se protéger d'avantage" par la biométrie) et arbitraires ("le fichage, qui violent clairement les libertés individuelles" - " par une entreprise privée, SI ce fichage est de sa propre initiative"). Refusant la naturalité des rapports sociaux et leurs communautés intermédiaires, on se retrouve face à l'obstacle de la liberté individuelle de tout autre et à celui global du système totalitaire libéral.
La référence au terme "géopolitique" est aussi à noter. Comme nous le découvrions plus haut dans le sujet, le moyen terme entre libéralisme et biométrie est la mondialisation. Monique Canto dit ici que la biométrie et les violations de libertés publiques qui en découlent ont une inspiration mondialiste, que c'est dans un exercice du pouvoir au niveau mondial, global, géopolitique, qu'est préconisé le développement de la biométrie.
D'où tire-t-elle que cette problématique est galvaudée ? La vérité qu'elle ne peut dire est que c'est la liberté même qui est galvaudée. Le libéralisme moral, politique et économique en ont fait une telle ordurerie, notre liberté et dignité de citoyens ont été abaissées au niveau de la consommation avide des chimères les plus vulgaires et nulles, qu'on peut effectivement renoncer à poser sérieusement cette problématique. Il y a un pessismisme de la culture contemporaine qui se traduit ici par la question : les hommes valent-ils vraiment d'être citoyens ? Les hommes méritent-ils vraiment la démocratie ? Je l'ai entendu d'une journaliste du Figaro, tout ce qu'il y a de plus libéralement correct, qui me disait que le pouvoir doit être exclusivement réservé à des experts et que le peuple ne doit avoir aucune responsabilité politique. Ce sont des choses qui se disent entre-soi, mais bien sûr pas en public.Monique Canto-Sperber a écrit :"Nous entrons dans la problématique un peu galvaudée du nécessaire arbitrage entre la liberté et la sécurité. (...)
Justement, voilà une proposition destinée au peuple. Mais notez comme on est passé de "de nombreuses menacent pèsent sur le monde occidental, le terrorisme n'en est qu'une parmi tant d'autres" à " (dont le terrorisme kamikaze par exemple) pulvérisent cet ensemble de certitudes. Les barrières et tabous qui fondaient le socle de nos civilisations sont menacés"... Du "monde occidental" à "nos civilisations". C'est très étonnant n'est-ce pas ? Ce "nos civilisations" est encore la mondialisation comme moyen terme entre libéralisme et biométrie. Mais comment croire que quelques terroristes ou quelques kamikazes menacent "le monde occidental", "les barrières et tabous qui fondaient le socle de nos civilisations". Oui, le libéralisme menace le socle des civilisations, comme tout système totalitaire s'emploie à détruire l'idée et la réalité d'une sociabilité naturelle alternative à son propre projet de société idéologique et utopique. Mais pas quelques terroristes fouettés par le ressentiment, c'est-à-dire tout prêts à céder à l'objet de leur plus grand désir (nous).Monique Canto-Sperber a écrit :"Or dans le monde contemporain, de nombreux phénomènes (dont le terrorisme kamikaze par exemple) pulvérisent cet ensemble de certitudes. Les barrières et tabous qui fondaient le socle de nos civilisations sont menacés."
Pourquoi ne pas "aller jusqu'à imaginer le scénario d'un système totalitaire" ? Les manuels d'histoire des idées politiques bien faits recensent tous les projets politiques, pour la simple raison qu'ils n'y a rien qui puisse nous dire à l'avance que tel projet ne fera jamais l'objet d'une tentative de réalisation. Les idées politiques, mêmes les plus perverses et les plus inhumaines, ont toutes droit à un chapitre parce que la politique est une science pratique, qu'elle considère un objet contigent, l'homme, du fait de sa liberté, et que tout nous est possible dans l'ordre des tentatives sociales et politiques. Pourquoi donc ne pas "aller jusqu'à imaginer le scénario d'un système totalitaire" ? Parce que ce scénario serait trop réaliste, déjà trop avancé ?Monique Canto-Sperber a écrit :"le risque est grand que le stockage des données biométriques soit utilisé à l'encontre des citoyens. Sans aller jusqu'à imaginer le scénario d'un Etat totalitaire, l'intrusion d'un individu aux intentions malveillantes dans le fichier central pourrait avoir de graves conséquences. (...) Une telle tendance "totalitaire" de l'Etat moderne se constate déjà. (...) Pendant longtemps, la liberté était entendue comme la possibilité pour chacun de recommencer une vie nouvelle en faisant fi du passé. Au regard des évolutions en cours, cette conception n'aura bientôt plus de sens."
L'objection du piratage et de "l'intrusion d'un individu aux intentions malveillantes dans le fichier central" a été aussi déjà entendue. Elle semble au premier abord une limite sérieuse à la mise en oeuvre des moyens de police biométrique. Mais elle est toujours avancée par les promoteurs de la biométrie comme une garantie de leur impartialité sur la question. En fait, elle permet d'éviter les objections graves et sérieuses. Et sa résolution est logique : pour ne pas qu'un individu aux intentions malveillantes entrent dans le fichier central, il faut nécessairement encore plus de sécurité... C'est une fausse objection.
L'expression d' "Etat totalitaire" qui revient dans le discours de Monique Canto est fumeuse. Hannah Arendt l'a montré avec rigueur, les régimes totalitaires ne sont pas des administrations avec un leader charismatique à leur tête, ce sont des systèmes parallèlles à l'Etat et à l'administration, antithétiques à la sociabilité naturelle et politique, et fonctionnant sur le modèles des mafias et des organisations comme la franc-maçonnerie et le Bilderberg.
Enfin, la déclaration : "pendant longtemps, la liberté était entendue comme la possibilité pour chacun de recommencer une vie nouvelle en faisant fi du passé. Au regard des évolutions en cours, cette conception n'aura bientôt plus de sens" est assez choquante de la part d'une philosophe spécialiste en morale et politique. Cette façon qu'elle a de reconnaître le fait accompli de l'avénement d'un système totalitaire est vraiment odieuse. La possibilité de commencer, de recommencer, est en effet ce que Hannah Arendt pense comme étant la dimension irréductible de la liberté humaine à la pensée idéologique et au système totalitaire. Monique Canto connaît l'oeuvre de Arendt, sa référence à la possibilité d'un commencement nouveau dans un contexte évoquant le totalitarisme doit être interprétée en relation avec Arendt : c'est l'aveu au fond de l'adhésion de Canto au système totalitaire qui vient (il est libéral et elle aussi).
Voir aussi : http://fr.wikipedia.org/wiki/Monique_Canto-Sperber
http://www.liberte-cherie.com/a581-L_et ... erber.html
http://crpra.ehess.fr/document.php?id=24 ("Quelles sont les conditions de possibilité d’une morale internationale, dans un monde où la notion de souveraineté est progressivement remise en cause ?")
PS : j'ai lu un peu en vitesse le texte de Canto, remarques et critiques sont les bienvenues.
Dernière modification par Charles le jeu. 07 juin 2007, 14:41, modifié 2 fois.
Menace fantôme et concrète oppression
Vu en photo et lu dans Le Point du 07.06.07, en page 64 : "Le "code" du village est inscrit sur le cou des hommes et les mains des femmes pour contrôler les déplacements"... la façon dont l'armée américaine "traite" le bétail humain de la population irakienne.
Ainsi que le montre René Girard, la violence se définit toujours comme réponse, à une menace ou une agression. L'attaque se définit donc toujours comme contre-attaque, et dans le cas où l'attaque est impossible à établir, la "menace" suffit à justifier la "guerre préventive" et même si cette menace est fictive.

Colin Powell agitant la "menace" à l'ONU. Un tube rempli de farine... pour justifier l'attaque et la destruction d'un pays.

Les E.U. protégeant leur american way of life ou comment la sécurité du "menacé" prend immédiatement la forme d'une oppression.
La récurrence du mot "menace" dans le discours de Monique Canto-Sperber et celui des instigateurs de la biométrie est très inquiétante, elle laisse présager de violations des libertés individuels justifiées en tant que représailles ou auto-défense, et dont nous serons les victimes, puisqu'avec la biométrie, c'est à notre tour de devenir bétail humain, live stock, ressource humaine, de la mondialisation libérale. Laisses en cuir ou laisses électroniques, c'est la même atteinte à la dignité humaine.
Ainsi que le montre René Girard, la violence se définit toujours comme réponse, à une menace ou une agression. L'attaque se définit donc toujours comme contre-attaque, et dans le cas où l'attaque est impossible à établir, la "menace" suffit à justifier la "guerre préventive" et même si cette menace est fictive.

Colin Powell agitant la "menace" à l'ONU. Un tube rempli de farine... pour justifier l'attaque et la destruction d'un pays.

Les E.U. protégeant leur american way of life ou comment la sécurité du "menacé" prend immédiatement la forme d'une oppression.
La récurrence du mot "menace" dans le discours de Monique Canto-Sperber et celui des instigateurs de la biométrie est très inquiétante, elle laisse présager de violations des libertés individuels justifiées en tant que représailles ou auto-défense, et dont nous serons les victimes, puisqu'avec la biométrie, c'est à notre tour de devenir bétail humain, live stock, ressource humaine, de la mondialisation libérale. Laisses en cuir ou laisses électroniques, c'est la même atteinte à la dignité humaine.
Dernière modification par Charles le mer. 13 juin 2007, 16:15, modifié 6 fois.
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