La violence dans les Écritures

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Cinci
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Re: La violence dans les Écritures

Message non lu par Cinci »

«... il est beaucoup question de violence dans la Bible. Mais loin d'en faire le panégyrique, celle-ci ne s'y attarde que pour en exhiber le caractère odieux, tout en donnant à son lecteur de quoi l'explorer en ses recoins de manière à mieux la reconnaître lorsqu'il a affaire à elle. Certes, comme pour la littérature grecque, un peu de recul est nécéssaire. Pris en lui-même, tel ou tel texte biblique semblera constituer une apologie de la violence. Mais après l'avoir replacé dans le contexte des deux Testaments, le lecteur pourra découvrir que sa fonction peut être plutôt de démonter la violence pour ouvrir une voie vers la justice, et au-delà. » (André Wénin, La Bible ou la violence surmontée, p.30)


Milla,
1/ Dissocier Dieu de la violence. La Bible est écrite par des hommes qui y font figurer les mentalités de leur temps. Elle n'est pas dictée par Dieu, contrairement au Coran. La Révélation est graduelle. Beaucoup de passages ont un sens symbolique, etc. [...]

il me semble que cette explication qui éloigne Dieu de la violence est somme toute assez récente
C'est à dire que la Bible fait la distinction d'avec le mal qui vient des hommes et contrarie la volonté divine. La Bible ne présente jamais la violence comme un idéal propre au divin, une fin en soi. Il n'y a pas l'idée que Dieu userait de violence avec satisfaction à l'encontre des hommes.

Il y a l'idée que «vivre dans le mal» fini par attirer la ruine sur les pécheurs, tout comme pour les juifs exilés à Babylone. C'est l'idée que reprendra Jésus avec la tour de Siloé («Si vous ne vous repentez pas, vous finirez tous ...») Une humanité violente et injuste s'attire le Déluge au temps de Noé, les injustes de Sodome s'attire la foudre du ciel, le pharaon injuste attire des plaies pour l'Égypte, les royaumes d'Israël et de Juda attirent la ruine sur eux à raison de leurs prostitutions spirituelles, etc. Le mal amorce un engrenage impersonnel et assez déshumanisant, une mécanique mortifère dont les hommes feront les frais. Il y a bien une interprétation des scribes qui trouvaient dans le malheur affectant les injustes telle une part de la justice divine, un peu comme chez les amis de Job qui interprètent son malheur.

[...]

Augustin au IVe siècle voyait déjà que l'Écriture ne pouvait pas se lire comme nos intégristes aimeraient, la pluralité de sens restait possible pour des mêmes passages. Les pères de l'Église n'ont jamais compris l'inspiration divine des textes comme les musulmans le comprennent, etc.
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