Considérant mon historique personnel, je dirais que j'ai toujours éprouvé des problèmes avec le culte marial et jusqu'à il y a peu. Or ce n'est plus du tout le cas pour moi. Ce temps de l'incompréhension est fini. Et j'en suis très heureux. Quel soulagement!
Quand j'y repense, je dirais que le problème de fond de ma propre résistance ne tenait pas à une histoire "légaliste" de présence ou d'absence d'un illustré suffisant dans le NT concernant Marie. Le texte? Je verrais ça plutôt comme un prétexte, une rationalisation subséquente pour justifier, après-coup, le refus, comme une certaine incompréhension vitale et initiale des «choses de la foi» par rapport à Dieu. Et je pense toujours à moi, ici, en disant ça.
C'est bizarre à dire mais ça demeurera quand même mon expérience de terrain.
Voici : j'ai éprouvé un mal de chien avec la Sainte Vierge tant et aussi longtemps que j'éprouvais, parallèlement, un blocage avec Dieu-le-Père. Aussi simple que ça! Mon canal de communication était obstrué au ciment-joint avec le Père Éternel depuis toujours, et parce que j'aurai eu aussi un père humain déficient (spirituellement absent, silencieux, froid, distant, incapable de reconnaître ses enfants, etc.) La blessure fondamentale humaine avec la figure du père sur terre se traduit par une incommunication avec le Père en Haut, la figure du père ne correspondant pas à une expérience positive. Aussi, le fait d'être bloqué sur la «figure du père» m'aura crispé sur la recherche "du" père, d'une manière ou d'une autre, mais d'une manière désordonnée au fond. Forcément! Je n'étais pas branché avec le Père. C'est ce manque qui me rendait intolérable l'idée de saluer bien bas la Sainte Vierge, intolérable l'idée de devoir la considérer, passer par elle, etc. Je réalise que le manque touchant le Père me faisait surinvestir sur la seule figure de Jésus, lui et lui seul. Les autres n'existaient pas! C'est Jésus qui devait servir de père de substitution (= désordre; le Fils n'est pas le Père).
Pour moi, c'est la survenue du Père (l'établissement du contact au niveau du coeur, contact vrai, le toucher direct, la prise de conscience physique de l'amour de ce Père) qui m'aura ouvert les yeux sur la réalité de la digne mère de Dieu, son importance, la beauté de sa personne, la suavité de l'expérience dont elle est l'objet (aimée du Père, elle, d'une manière incroyable). Je schématise ici mon expérience. Donc, je dirais que je comprends pas bien «la raison du pourquoi du comment». J'ai juste pu constater "cliniquement" qu'un premier verrou ôté concernant le Père (une pure grâce!) aura eu comme conséquence indirecte (totalement imprévue) non seulement d'augmenter la foi chez moi mais de balayer toutes mes dernières résistances à l'égard de Marie. Résultat des courses? La prière mariale a désormais du goût, je n'éprouve plus aucune gêne à saluer Marie, à lui marquer de la révérence, à lui parler, lui demander ci et ça. Le plus important c'est surtout que je les aime.
La différence c'est qu'avant je n'aurais pas pu dire un truc comme «Père, je vous aime» en m'adressant au Père, pour le dire maintenant de manière franche, avec chaleur, reconnaissance, assuré de ne pas parler dans le vent. Je puis le dire depuis que je ne repousse plus Marie, que je ne fais plus l'indifférent, depuis que j'ai senti que je retombe en enfance (sourire). Comme un phénomène de vase communicant.



