2014 - Synode sur la famille, les divorcés remariés

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Christophe67
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Re: Divorcés remariés (Synode sur la famille 2014)

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papounet a écrit :Que faites-vous donc de la grande miséricorde du Seigneur, même pour les plus grands pécheurs ? On dit qu'elle est infinie...

Est-ce que vous voulez dire que même les prostituées qui continuent leur métier n'obtiennent jamais le pardon et sont condamnées, de facto, à l'enfer c'est à dire à la privation de Dieu après leur mort ?

Bonjour Papounet,

Serait-ce en adéquation avec le principe de liberté que de se voir imposer le pardon ?

Dieu nous a voulu libres, au point de Le refuser; Il est certes miséricordieux mais encore faut-il demander et souhaiter le pardon. Sans regrets, il ne peut y avoir de pardon : Dieu ne force pas, Dieu ne viole pas.

Si, au moment de notre mort, nous n'avons pas de regrets pour nos péchés, alors c'est que nous avons déjà choisi où aller; le moment de la mort fixe notre relation avec Dieu : après le temps de la miséricorde vient le temps de la Justice.

Et si dans notre vie nous n'avons pas souhaité vivre selon les Lois divines, pourquoi le souhaiterions-nous après ? Comment pourrait-Il nous offrir ce que nous ne souhaitons pas ?


C'est de son vivant qu'il faut se préoccuper de son éternité et du choix à faire : vivre avec Dieu ou sans Dieu.


Cordialement.
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papounet
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Re: Divorcés remariés (Synode sur la famille 2014)

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Donc, à vous lire, les prostituées qui n'arrêtent pas leur métier en se roulant dans la poussière sont condamnées au feu éternel... Eh bien, voyez-vous, ce n'est pas mon avis et je pense, à la lecture des évangiles, que ce n'est pas non plus celui de Jésus...
nad
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Re: Divorcés remariés (Synode sur la famille 2014)

Message non lu par nad »

Il y a tout de même une chose qui est oubliée dans ce fil : l'absolution est donnée au cas par cas, en fonction de la situation de la personne qui vient demander pardon...;

Ensuite il n'y a pas un droit à être pardonné.... la miséricorde n'est pas un droit pour l'homme : il n'est que de l'amour, une grâce rétablissant l'homme dans l'amour de Dieu; cessons les revendications et passons à la conversion...

La vie chrétienne est une vie de grâce mais aussi de devoirs. Ces devoirs ne sont pas castrateurs mais libérateurs, comme le pardon de Notre Seigneur.

Rien n'a vraiment changé dans le coeur des hommes, Dieu marche au pas de l'homme qui accepte la conversion; la transformation, le retour vers Dieu et l'Eglise suit Dieu dans ce rythme... La conversion prend du temps, l'homme n'est pas toujours prêt à renoncer à ce qui l'abime car il est dans l'immédiateté, contrairement à Dieu et à L'Eglise qui sont dans l'éternité... Le bonheur de l'homme au sens de béatitude n'est pas de ce monde....

Peut-être avons-nous des espérances au rabais, ce qui explique aussi notre désir de faire progresser les règles : mais toute "progression" n'est pas positive, loin s'en faut....

A rabaisser l'idéal de la vie chrétienne, ne risquons-nous pas de tomber dans la médiocrité de la vie humaine et, au final, de nous détacher de Dieu définitivement ?

udp

nad
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« La parole de Dieu est première dans la mission, non seulement elle est antérieure au sacrement, mais il nous faut croire qu'elle est antérieure à l'annonce proprement dite faite par le disciple qui lui-même est d'ordre sacramentel. » p Christian de Chergé
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axou
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Re: Divorcés remariés (Synode sur la famille 2014)

Message non lu par axou »

Bonsoir à tous !

Je reviens au texte du dominicain (contribution au synode n 3):

"Pourquoi un tel affrontement,(des cardinaux au synode sur l'accès à la communion des divorcés remariés) avec des expressions parfois violentes de la part des défenseurs du statu quo ? Parce qu’on touche à la doctrine. Certains craignent que si l’Église cède sur ce point, ce soit le principe même du magistère de l’Église et de son autorité qui soit mis en cause. Sur ce point, ils n’ont certes pas entièrement tort. Il y a dans ce débat quelque chose de déstabilisant pour l’institution dans son rapport à la vérité, dans sa prétention à définir une fois pour toutes non seulement la vérité de la foi (le dogme), mais la vérité éthique universelle, ou plutôt le lien entre vérité sacramentelle et vérité éthique."

Ce débat, cette déchirure, n'a t-il pas lieu très régulièrement dans l'Eglise depuis les origines sur toutes sortes de sujets (Paul et Pierre se disputant au sujet de la nécessité ou pas de la circoncision...)? Concernant les divorcés remariés : j'ai lu que le droit canon a interdit le droit au baptême pour les enfants des Divorcés remariés en 1915, pour finalement l'autoriser en 1973... Nous sommes choqués à l'idée de cette interdiction aujourd'hui; peut-être plus tard sera t-on choqué à l'idée que les divorcés-remariés ne pouvaient pas communier pendant 2 siècles ? L'Eglise est constamment en recherche, interrogée par le temps présent et si le dogme est intemporel, la vérité éthique ne l'est pas. Il me semble que l'Eglise progresse peu à peu dans la charité en étant interpellée par les signes des temps.

"François ne cesse d’en appeler à la miséricorde, à la proximité de l’Église et en particulier des ministres de l’Église vis-à-vis des personnes réelles, de leur situation, de leur histoire, de leurs blessures.
La question posée, dans le cas qui nous occupe, est au 04/03/15 de savoir si une telle pratique de miséricorde est possible sans changer la doctrine. Est-il possible de développer une pratique pastorale d’accueil des personnes qui ne soit pas en cohérence avec la doctrine ? "

Ce sont aux divorcés-remariés de le dire : la doctrine telle qu'elle est-elle source de conversions ? (Pour reprendre l'expression de Nad), fait-elle grandir ces personnes ? (je n'ai pas de réponse).

"Suffit-il pour faire droit à cette miséricorde d’accueillir avec bonté les personnes en cherchant à les convaincre du bien-fondé de l’attitude de l’Église qui les exclut de la communion eucharistie, ou de les renvoyer simplement à leur conscience ? Pourquoi ces personnes sont-elles exclues de la communion eucharistique ? La raison classiquement invoquée est que ces personnes vivent en état de péché, en situation permanente d’adultère, et qu’une personne en état de péché mortel ne peut communier (...) Pour beaucoup, (cet argument) est insoutenable : un tel couple qui vit fidèlement depuis des années, qui a des enfants, qui assume toutes ses responsabilités, comment considérer qu’il est en état de péché permanent, d’autant plus qu’à l’évidence une séparation causerait des torts très graves aux enfants ? "

il y a pour moi un un problème de déni de la réalité : le réel, ce sont des personnes qui bien souvent, ne désiraient pas divorcer mais qui ont échoué malgré leurs efforts et qui font de leur mieux pour reconstruire leur vie et aller de l'avant. les enfermer dans cette notion d'état de péché permanent est sans doute injuste, car tous ne sont pas coupables d'adultère si tous n'ont pas volontairement "renvoyé-répudié-rejeté" leur premier conjoint.

Une double contorsion au plan de la raison théologique cherche à contourner le jugement d’exclusion, sans toucher à la doctrine. Soit on fait appel à ce que les époux renoncent à toute pratique sexuelle : mais de quelle anthropologie du corps une telle exigence est-elle l’expression ? Soit on invite ces personnes à une communion spirituelle lors de leur participation à l’eucharistie : mais de quelle théologie sacramentelle une telle invitation est-elle l’expression ? Le sacrement n’est-il pas signe visible ? Ces deux arguments ont été développés au synode. On en voit la faiblesse et les contradictions.
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Héraclius
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Re: Divorcés remariés (Synode sur la famille 2014)

Message non lu par Héraclius »

Il n'y a pas de "contorsions". Ce dominicain semble oublier, que, une fois de plus, l'Eglise ne peut pas se tromper. Pas en matière doctrinale lorsqu'elle évoque la foi et les moeurs.
''Christus Iesus, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æquálem Deo, sed semetípsum exinanívit formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus ; et hábitu invéntus ut homo, humiliávit semetípsum factus oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus illum exaltávit et donávit illi nomen, quod est super omne nomen, ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium et terréstrium et infernórum.'' (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 7-10)
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axou
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Re: Divorcés remariés (Synode sur la famille 2014)

Message non lu par axou »

Oups ! mon précédent message a été publié avant sa fin. Je poursuis.


"Une double contorsion au plan de la raison théologique cherche à contourner le jugement d’exclusion, sans toucher à la doctrine. Soit on fait appel à ce que les époux renoncent à toute pratique sexuelle : mais de quelle anthropologie du corps une telle exigence est-elle l’expression ? Soit on invite ces personnes à une communion spirituelle lors de leur participation à l’eucharistie : mais de quelle théologie sacramentelle une telle invitation est-elle l’expression ? Le sacrement n’est-il pas signe visible ? Ces deux arguments ont été développés au synode. On en voit la faiblesse et les contradictions."

Je suis choquée qu'on demande à des personnes qui s'aiment, se désirent et vivent ensemble de renoncer à leurs liens physiques : sauf vocation spéciale comme celle des Maritain, il met en danger le lien dans le couple (et donc la famille) et il méprise l'argument de Jésus qui précise qu'un seul regard peut-être déjà adultère : ce n'est pas seulement la sexualité qui fait foi dans l'adultère.

Concernant la communion spirituelle auxquels les divorcés-remariés ont accès : quel sens cela a-t-il de séparer la communion eucharistique de la communion spirituelle alors que l'Eucharistie est le sommet de la vie spirituelle ?

"Il peut y avoir eu faute, mais pas nécessairement ou pas de façon déterminante : une incompatibilité peut s’être imposée peu à peu. Et qu’en est-il, quand il y a faute de l’un des membres du couple, pour la victime de la faute ? La miséricorde ne demande-t-elle donc pas que soit soutenu le chemin de reconstruction personnelle ? Ne demande-t-elle pas de reconnaître positivement la réalité du nouveau couple ?"

C'est bien le problème : je crois que la doctrine actuelle confond péché et échec, et que non seulement on manque à la miséricorde mais peut-être aussi à la justice. Qui connait le coeur de chacun ?


"Le mariage est un état lié par un contrat, et religieusement confirmé par le sacrement, qui en soi ne peut prendre fin que par le décès de l’un des contractants. Face à cette conception, qu’on prétend fondée directement sur l’Évangile et la déclaration expresse de Jésus comme expression de la volonté divine (ne pas séparer ce que Dieu a uni), la majorité des exégètes aujourd’hui contextualisent le récit : l’intention semble être de protéger la femme contre l’arbitraire de l’homme. Il s’agit donc d’être prudent en invoquant directement l’autorité de l’Écriture. Cela dit, cette tradition du mariage indissoluble n’a-t-elle pas de signification dans le cadre du contexte contemporain ? Le lien matrimonial est essentiellement conçu aujourd’hui comme une expérience d’amour, et non pas d’abord comme un contrat : parler du mariage en termes d’amour est certainement aussi évangélique et sans doute plus évangélique que d’en parler en termes juridiques contractuels, à condition qu’on s’interroge sur ce qu’implique la vérité de l’amour. Mais si le mariage est dissous du fait que l’un des partenaires est décédé, qu’en est-il quand meurt l’amour lui-même qui était le lien ? Ne faut-il pas dire que, de quelque manière, ce mariage est dissous ? Par ailleurs, l’expérience montre que très majoritairement les personnes qui s’engagent dans le lien du mariage (ou qui s’engagent sérieusement dans la vie de couple) espèrent que leur amour durera toujours, et qu’en ce sens il sera indissoluble. La permanence du lien dans la fidélité de l’amour est donc bien un idéal, idéal à soutenir. Mais faut peut-être pouvoir se demander si le mot « indissolubilité » peut encore dire cette expérience et cet idéal. Et si l’Église peut reconnaître l’échec et accueillir positivement la reconstruction que constitue la possibilité d’un nouveau couple, porté par le même idéal de fidélité et de permanence, il faut s’interroger sur le statut de ce nouveau lien "

Si je le comprends bien, il pose l'idée que l'accompagnement de l'Eglise dans le second lien marital ne serait pas de l'ordre de la concession au péché mais de la reconnaissance de l'amour existant de la capacité d'aimer à nouveau des personnes. cela me paraît pertinent. Encore que je sois lucide sur le fait qu'une évolution doctrinale ne soit pas simple ...


Mgr Di Falco :

"Les opinions des cardinaux divergent sur l’accès aux sacrements des
divorcés-remariés. Qu’ils n’oublient pas que l’eucharistie n’est pas une pièce de
musée que l’on peut admirer mais que l’on ne doit surtout pas toucher. Si la
démarche est sincère, la volonté présente, le besoin réel, alors permettons aux
divorcés-remariés de recevoir celui qui sauve, qui se donne et qui aime."

Je suis archi d'accord : priver des personnes en difficulté, qu'elles soient en état de péché ou pas (ne le sommes-nous pas toujours plus ou moins ?) est comme priver des malades de vitamines ! Le Christ a-t-il précisé au moment de la Sainte Table, "ceci est mon corps uniquement pour ceux qui ne sont pas en état de péché "?

Plutôt que le contraire, on devrait demander de communier avant d'aller se confesser : recevoir d'abord la nourriture du ciel offerte à tous, puis ainsi nourris, faire la lumière en nous concernant notre coeur.

Concernant les propos de Suliko sur la pertinence de ce débat :

il a lieu en ce moment même parmi les cardinaux et en Eglise, le Saint-Père lui-même nous y invite. Ce serait dommage de nous dérober et de ne pas profiter du fait que nos opinions sont divergentes pour débattre. :oui:

En participant au débat et questionnant le lien entre doctrine et éthique, nous sommes dans la tradition de l'Eglise qui avance ainsi depuis 2000 ans et en débattant sur ce sujet précis, nous sommes dans l'obéissance au Saint-Père qui souhaite que chacun ait une parole libre.

Bien à vous,

Axou
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Héraclius
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Re: Divorcés remariés (Synode sur la famille 2014)

Message non lu par Héraclius »

Je suis archi d'accord : priver des personnes en difficulté, qu'elles soient en état de péché ou pas (ne le sommes nous pas toujours plus ou moins ?)
La Tradition de l'Eglise fait le lien entre la communion en état de péché mortel et les paroles de Paul en Corinthien I, 11 :
C’est pourquoi celui qui mangera le pain ou boira la coupe du Seigneur indignement se rendra coupable envers le corps et le sang du Seigneur. 28 Que chacun s’éprouve soi-même avant de manger ce pain et de boire cette coupe ; 29 car celui qui mange et boit sans discerner le corps mange et boit sa propre condamnation.
Nous sommes en effet en permanence en état de péché véniel, mais seul le péché mortel, un affront à Dieu, en toute connaissance de cause, dans le cadre d'une matière grave, coupe totalement de la grâce divine, exigeant le sacrement de l'absolution pour restaurer dans l'âme souillée le lien de l'homme à la grâce divine.

Mais bon, il semblerait que la Très Sainte Tradition, tout comme la Très Sainte Ecriture, se trompent souvent lorsqu'il s'agit d'évoquer la charité et la miséricorde... :/
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axou
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Re: Divorcés remariés (Synode sur la famille 2014)

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Héraclius a écrit :Il n'y a pas de "contorsions". Ce dominicain semble oublier, que, une fois de plus, l'Eglise ne peut pas se tromper. Pas en matière doctrinale lorsqu'elle évoque la foi et les moeurs.
En matière de foi, l'Eglise ne peut pas se tromper. En matière de moeurs, la doctrine est mouvante, elle évolue au cours des siècles et bien des choses nous paraissent des erreurs aujourd'hui, peut-être à tort car sorties du contexte. Que pensons-nous aujourd'hui de l'Eglise qui interdisait autrefois l'enterrement religieux aux comédiens, aux enfants nés de filles mères (même en cas de viol, la règle, c'était la règle !), de Pie IX, au XIXe siècle, qui jeta l'anathème sur les droits de l'homme, la liberté religieuse, la liberté de conscience qui seront acceptés par Vatican 2 ? (Le même Pie IX aurait justifié l'esclavage selon Wikipédia !), si on prend connaissance de l'histoire de l'Eglise, on est édifié, en négatif comme en positif : le génie de l'Eglise, c'est de se remettre en question, de se réadapter, de faire ce que l'Islam ne sait pas faire jusqu'à aujourd'hui, c'est-à-dire de sans cesse se réinventer.

En disant cela je n'affirme rien sur la question des Divorcés-remariés, je cherche. Mais j'affirme et l'Histoire en fait foi, que la doctrine de l'Eglise en matière d'éthique est en mouvement.

Une phrase du Père Zorkine que j'aime bien (de mémoire) : "A quoi sert l'Esprit Saint si tout est dit d'avance et si tout doit rester comme avant ?"

Bien à vous,
Axou
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Re: Divorcés remariés (Synode sur la famille 2014)

Message non lu par Héraclius »

Vatican I définit très clairement infaillibilité comme s'appliquant en matière de foi comme de moeurs.

Simplement, les encycliques du Bienheureux Pie IX ne portaient pas sur le champ de la morale mais de la politique, où elles étaient faillibles. De toute façon, une déclaration papale n'est parfaitement infaillible que lorsqu'elle est ex-cathedra.

D'autre part, les enseignements tenus de tout temps sont universellement reconnus comme infaillibles. La Tradition de l'Eglise ne peut pas se tromper sur le long terme, si vous voulez. Certainement pas sur les 8 siècles qui nous séparent de la réforme grégorienne.


La Doctrine de l'Eglise n'est pas en mouvement, elle est en progression : c'est tout à fait différent.
''Christus Iesus, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æquálem Deo, sed semetípsum exinanívit formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus ; et hábitu invéntus ut homo, humiliávit semetípsum factus oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus illum exaltávit et donávit illi nomen, quod est super omne nomen, ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium et terréstrium et infernórum.'' (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 7-10)
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Re: Divorcés remariés (Synode sur la famille 2014)

Message non lu par PaxetBonum »

papounet a écrit :Que faites-vous donc de la grande miséricorde du Seigneur, même pour les plus grands pécheurs ? On dit qu'elle est infinie...

Est-ce que vous voulez dire que même les prostituées qui continuent leur métier n'obtiennent jamais le pardon et sont condamnées, de facto, à l'enfer c'est à dire à la privation de Dieu après leur mort ?

La Miséricorde n'aboutit qu'à celui qui la demande et la recherche.
Effectivement ceux qui s'acharnent dans le péché finissent en enfer, le Christ n'a cessé de le répéter toute sa vie.

"Quelqu'un lui dit: Seigneur, n'y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés? Il leur répondit: Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite. Car, je vous le dis, beaucoup chercheront à entrer, et ne le pourront pas."

"Je vous le dis, je ne sais d'où vous êtes; retirez-vous de moi, vous tous, ouvriers d'iniquité. C'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes, dans le royaume de Dieu, et que vous serez jetés dehors."
Pax et Bonum !
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Re: Divorcés remariés (Synode sur la famille 2014)

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axou a écrit : Je suis choquée qu'on demande à des personnes qui s'aiment, se désirent et vivent ensemble de renoncer à leurs liens physiques : sauf vocation spéciale comme celle des Maritain, il met en danger le lien dans le couple (et donc la famille) et il méprise l'argument de Jésus qui précise qu'un seul regard peut-être déja adultère : ce n'est pas seulement la sexualité qui fait foi dans l'adultère.
Si un seul regard peut être adultère, que penser de ceux qui vivent avec une personne avec qui elle n'est pas mariée ?
Ce qui est coupable ce n'est pas de demander à des personnes qui s'aiment de renoncer à leur liens physiques, c'est d'avoir développé ce lien physique.

axou a écrit : Je suis archi d'accord : priver des personnes en difficulté, qu'elles soient en état de péché ou pas (ne le sommes-nous pas toujours plus ou moins ?) est comme priver des malades de vitamines ! Le Christ a t-il précisé au moment de la Sainte Table, "ceci est mon corps uniquement pour ceux qui ne sont pas en état de péché "?
Plutôt que le contraire, on devrait demander de communier avant d'aller se confesser : recevoir d'abord la nourriture du ciel offerte à tous, puis ainsi nourris, faire la lumière en nous concernant notre coeur.

On sait ce que donne la communion illégitime : "Ainsi donc, quiconque mange le Pain ou boit la Coupe du Seigneur indignement aura à répondre du Corps et du Sang du Seigneur.Que chacun donc s’éprouve soir-même, et qu’ainsi, il mange de ce Pain et boive de cette Coupe. Car celui qui mange et boit, mange et boit sa propre condamnation s’il ne discerne le Corps."

Non on ne communie pas avant de se confesser comme on ne mange pas avant d'aller se purifier.
On se purifie avant d'aller manger.
L'Eglise ne bougera pas d'un iota là-dessus car c'est le Christ qui l'enseigne et tous les saints et l'Eglise à sa suite.
Pourquoi un curé d'Ars, un Padre Pio, un Léopold Mandic passaient-ils tant de temps au confessionnal ?
Pax et Bonum !
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Christophe67
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Re: Divorcés remariés (Synode sur la famille 2014)

Message non lu par Christophe67 »

papounet a écrit :Donc, à vous lire, les prostituées qui n'arrêtent pas leur métier en se roulant dans la poussière sont condamnées au feu éternel...
Seul Dieu sera juge, mais concernant l'enseignement de l'Église, une prostituée telle que Marie Madeleine sera rétablie alors que celle qui aura pratiqué toute sa vie, sans même implorer le pardon, fusse à la dernière seconde de son existence, aura déjà fait son choix.

La miséricorde de Dieu est infiniment plus grande : c’'est pendant le cours de la vie ici-bas qu'’elle convertit, qu'’elle sanctifie, qu’'elle élève l’'ancien pécheur aux sommets les plus sublimes de l’'union à Dieu –– comme sainte Marie-Madeleine –– par une grâce qui transforme intérieurement, et répand la paix et l’'édification ; elle n’'encourage pas le péché ni ne contredit ses propres avertissements.

Le concile Vatican I avait préparé la définition suivante : « Après la mort, terme de notre vie, il nous faut tous paraître immédiatement au tribunal du Christ... et après cette vie mortelle, plus de pénitence possible pour se justifier. »

Voici le texte exact auquel il est fait référence:

«Post mortem quæ est viæ nostræ terminus, illico omnes manifestari nos oportet ante tribunal Christi, ut referat unusquisque propria corporis prout gessit, sive bonum, sive malum (II Cor. v, 10) ; neque ullus post hanc mortalem vitam relinquitur locus pænitentiæ ad justificationem. » [Mansi LIII, 175. Cité dans le Dictionnaire de Théologie Catholique, article Mort, col. 2494]

Du fait de la guerre de 1870, ce texte n'’a pu être présenté ni voté. Il n’'est donc pas, par lui-même, un acte du Magistère. Mais il est une bonne expression de l’'enseignement constant de la sainte Église catholique.
Eh bien, voyez-vous, ce n'est pas mon avis et je pense, à la lecture des évangiles, que ce n'est pas non plus celui de Jésus...
C'est une pente glissante que de vouloir interpréter seul les Écritures.
Et comme vous le précisez, ce n'est que votre avis, il n'est nullement représentatif de la foi catholique et de l'enseignement de son Église qui a autorité en la matière.

Il ne faut pas oublier qu'on peut pécher par désespoir mais aussi par présomption, c'est-à-dire par une vaine et téméraire attente des biens que Dieu a promis, quoiqu'on ne fasse rien pour les obtenir.

Cette présomption entretient le pécheur dans une fausse sécurité, contrariant la motion intérieure de la grâce qui l’'attire au repentir et à la conversion. Elle s’'oppose à la prédication chrétienne qui doit rappeler à temps et à contretemps les fins dernières et leur gravité. Très souvent, Dieu se sert pour convertir les pécheurs de la crainte salutaire qu’'inspire Son jugement, de la crainte d'’être surpris par la mort dans l’'état de péché. Cela fait partie de notre conversion.


Cordialement.
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Re: Divorcés remariés (Synode sur la famille 2014)

Message non lu par Héraclius »

Est-ce que vous voulez dire que même les prostituées qui continuent leur métier n'obtiennent jamais le pardon et sont condamnées, de facto, à l'enfer c'est-à-dire à la privation de Dieu après leur mort ?
Si, et seulement si, elle a pleinement conscience de la gravité religieuse de son acte. Et qu'elle ne s'est pas repentie car, bien entendu, une repentance sincère peut, au moment de la mort, suffire pour recevoir l'absolution ; Dieu est souverain dans Sa grâce.

De plus, il faut que la matière soit grave ; or je ne suis pas sûr que ce soit toujours le cas dans le cadre de la prostitution qui, bien souvent, est contrainte physiquement ou par le besoin d'argent (parfois pour pouvoir simplement nourrir ses enfants !).
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Re: Divorcés remariés (Synode sur la famille 2014)

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axou a écrit : Je suis archi d'accord : priver des personnes en difficulté, qu'elles soient en état de péché ou pas (ne le sommes-nous pas toujours plus ou moins ?) est comme priver des malades de vitamines ! Le Christ a-t-il précisé au moment de la Sainte Table, "ceci est mon corps uniquement pour ceux qui ne sont pas en état de péché "?
Plutôt que le contraire, on devrait demander de communier avant d'aller se confesser : recevoir d'abord la nourriture du ciel offerte à tous, puis ainsi nourris, faire la lumière en nous concernant notre coeur.
Bonjour Axou,

Je vous conjure de bien réfléchir à ce que vous écrivez : si cette profession de foi est la vôtre, elle est une dérive à mes yeux.

Sous-entendez-vous ainsi l'inutilité du jeûne eucharistique avant la messe ? De l'inutilité ou l'inefficacité de la prière à l'Esprit Saint lors de notre examen de conscience avant la confession ?

C'est l'Esprit Saint qui vous aide à faire la lumière en vous avant la confession, c'est le sacrement de réconciliation qui vous purifie et vous rend "apte" [et pas digne comme écrit à l'origine et rappelé par Jeremy43] à recevoir le corps du Christ. Et non l'inverse.

Ne croyez-vous pas en la transsubstantiation et à la présence réelle dans l'Eucharistie ? Si oui, comment le corps de Jésus pourrait être accueilli par la salissure d'autres aliments, et pire, de nos péchés non pardonnés ? Je n'ose déjà le prendre dans mes mains, alors lui imposer mes péchés ...


Cordialement.
Dernière modification par Christophe67 le ven. 20 mars 2015, 14:19, modifié 2 fois.
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Re: Divorcés remariés (Synode sur la famille 2014)

Message non lu par Christophe67 »

Héraclius a écrit :De plus, il faut que la matière soit grave ; or je ne suis pas sur que ce soit toujours le cas dans le cadre de la prostitution qui, bien souvent, est contrainte physiquement ou par le besoin d'argent (parfois pour pouvoir simplement nourrir ses enfants !).
Bonjour Héraclius,

Je suis d'accord avec vous sur le fait que ça réduit la matière grave, mais ça n'en reste pas moins un péché.

Allant même, qui sait, jusqu'à s'opposer à l'action de Dieu, en l'empêchant de se manifester, par exemple, par la mendicité, ou la demande d'aides sociales/familiales/amicales, ou simplement d'un soutien auprès de sa paroisse. Je pense que dans le dernier cas elle obtiendrait plus que de l'argent mais des solutions à long terme. Quel paroissien refuserait d'aider une famille réduite à cet extrême, s'il en a la possibilité ?

La bonne intention de nourrir ses enfants (et que tous comprennent) n'en enlève pas moins au péché d'orgueil si les autres solutions n'ont pas été envisagées. Si la solution finale ne peut être que la prostitution, pour sauver ses enfants, alors je pense que Dieu, dans Sa miséricorde, sait faire la part des choses en y voyant un sacrifice d'amour.

Cordialement.
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