Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?

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Belin
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Belin »

Arnaud Dumouch a écrit :
kisito a écrit :l'ignorance est un alibi qui ne tient pas: qui cherche (Dieu le) trouve
Non, pas forcément tout de suite en ce qu'on voit de la vie car la foi est un don de Dieu, QUAND DIEU LE VEUT.
ça ne change en rien le fond du problème qui est celui-ci: Dieu ne peut pas laisser quelqu'un qui l'a cherché rester dans l'ignorance! Dieu est le maître de la vie et du temps, Il ne peut pas laisser quelqu'un qui l'a cherché d'un coeur droit demeurer dans l'ignorance jusqu'à la mort, sinon il irait en Enfer! Donc si quelqu'un se retrouve en Enfer par ignorance, et ce serait une ignorance coupable!
La connaissance de Dieu qui conduit au salut est une connaissance dans la Foi et non une connaissance claire! l'âme séparée du corps ne peut plus poser des actes de Foi donc elle ne peut plus rien faire de méritoire, car elle est justement libérée de ce corps qui l'obligeait d'agir envers Dieu par la Foi.
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Arnaud Dumouch
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Arnaud Dumouch »

kisito a écrit :
Non, pas forcément tout de suite en ce qu'on voit de la vie car la foi est un don de Dieu, QUAND DIEU LE VEUT.
ça ne change en rien le fond du problème qui est celui-ci: Dieu ne peut pas laisser quelqu'un qui l'a cherché rester dans l'ignorance! Dieu est le maître de la vie et du temps, Il ne peut pas laisser quelqu'un qui l'a cherché d'un coeur droit demeurer dans l'ignorance jusqu'à la mort, sinon il irait en Enfer! Donc si quelqu'un se retrouve en Enfer par ignorance, et ce serait une ignorance coupable!
La connaissance de Dieu qui conduit au salut est une connaissance dans la Foi et non une connaissance claire! l'âme séparée du corps ne peut plus poser des actes de Foi donc elle ne peut plus rien faire de méritoire, car elle est justement libérée de ce corps qui l'obligeait d'agir envers Dieu par la Foi.[/quote]
C'est même un dogme de Vatican II (Gaudium et Spes 22, 5).

Et puisque cela ne se passe pas toujours en ce que nous voyons de la vie des hommes, c'est que cela se passe dans ce que nous ne voyons pas, selon sainte Faustine :
« Sainte Faustine, Petit journal 1697. J’accompagne souvent les âmes agonisantes et je leur obtiens la confiance en la miséricorde divine. Je supplie Dieu de leur donner toute la grâce divine, qui est toujours victorieuse. La miséricorde divine atteint plus d’une fois le pécheur au dernier moment, d’une manière étrange et mystérieuse. A l’extérieur, nous croyons que tout est fini, mais il n’en est pas ainsi. L’âme éclairée par un puissant rayon de la grâce suprême, se tourne vers Dieu avec une telle puissance d’amour, qu’en un instant elle reçoit de Dieu le pardon de ses fautes et de leurs punitions. Elle ne nous donne à l’extérieur aucun signe de repentir ou de contrition, car elle ne réagit plus aux choses extérieures. Oh ! Que la miséricorde divine est insondable !
Mais horreur! Il y a aussi des âmes, qui volontairement et consciemment, rejettent cette grâce et la dédaignent. C’est déjà le moment même de l’agonie. Mais Dieu, dans sa miséricorde, donne à l’âme dans son for intérieur ce moment de clarté. Et si l’âme le veut, elle a la possibilité de revenir à Dieu.
Mais parfois, il y a des âmes d’une telle dureté de cœur qu’elles choisissent consciemment l’enfer. Elles font échouer non seulement toutes les prières que d’autres âmes dirigent vers Dieu à leur intention, mais même aussi les efforts divins. »
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

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Mon cher Arnaud sainte Faustine parle des âmes agonisantes, (l'âme n'est pas encore séparée du corps), donc elles peuvent encore poser des actes de Foi à travers leur corps! et ne croyez pas que posez des actes de Foi pendant ce moment est ce qui le plus facile! là détrompez vous, sans une grâce très spéciale de Dieu c'est même impossible, d'où la nécessité de prier beaucoup pour ces âmes.
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Arnaud Dumouch
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

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kisito a écrit :Mon cher Arnaud sainte Faustine parle des âmes agonisantes, (l'âme n'est pas encore séparée du corps), donc elles peuvent encore poser des actes de Foi à travers leur corps! et ne croyez pas que posez des actes de Foi pendant ce moment est ce qui le plus facile! là détrompez vous, sans une grâce très spéciale de Dieu c'est même impossible, d'où la nécessité de prier beaucoup pour ces âmes.
Absolument. Cela se passe DANS LE PASSAGE DE LA MORT.

Et le Pape Benoît XVI précise bien qu'il s'agirait d'une apparition du Christ glorieux :

- Pape Benoît XVI, décembre 2007 encyclique « Spe Salvi, 47 ».
« 47. Certains théologiens récents sont de l'avis que le feu qui brûle et en même temps sauve est le Christ lui-même, le Juge et Sauveur. La rencontre avec le Christ est l'acte décisif du Jugement. Devant son regard s'évanouit toute fausseté. C'est la rencontre avec Lui qui, nous brûlant, nous transforme et nous libère pour nous faire devenir vraiment nous-mêmes. Les choses édifiées durant la vie peuvent alors se révéler paille sèche, vantardise vide et s'écrouler. Mais dans la souffrance de cette rencontre, où l'impur et le malsain de notre être nous apparaissent évidents, se trouve le salut. Le regard du Christ, le battement de son cœur nous guérissent grâce à une transformation certainement douloureuse, comme « par le feu ». Cependant, c'est une heureuse souffrance, dans laquelle le saint pouvoir de son amour nous pénètre comme une flamme, nous permettant à la fin d'être totalement nous-mêmes et avec cela totalement de Dieu. Ainsi se rend évidente aussi la compénétration de la justice et de la grâce: notre façon de vivre n'est pas insignifiante, mais notre saleté ne nous tache pas éternellement, si du moins nous sommes demeurés tendus vers le Christ, vers la vérité et vers l'amour. En fin de compte, cette saleté a déjà été brûlée dans la Passion du Christ. Au moment du Jugement, nous expérimentons et nous accueillons cette domination de son amour sur tout le mal dans le monde et en nous. La souffrance de l'amour devient notre salut et notre joie. Il est clair que la « durée » de cette brûlure qui transforme, nous ne pouvons la calculer avec les mesures chronométriques de ce monde. Le « moment » transformant de cette rencontre échappe au chronométrage terrestre – c'est le temps du cœur, le temps du « passage » à la communion avec Dieu dans le Corps du Christ.[39] Le Jugement de Dieu est espérance, aussi bien parce qu'il est justice que parce qu'il est grâce. S'il était seulement grâce qui rend insignifiant tout ce qui est terrestre, Dieu resterait pour nous un débiteur de la réponse à la question concernant la justice – question décisive pour nous face à l'histoire et face à Dieu lui-même. S'il était pure justice, il pourrait être à la fin pour nous tous seulement un motif de peur. L'incarnation de Dieu dans le Christ a tellement lié l'une à l'autre – justice et grâce – que la justice est établie avec fermeté: nous attendons tous notre salut « dans la crainte de Dieu et en tremblant » (Ph 2, 12). Malgré cela, la grâce nous permet à tous d'espérer et d'aller pleins de confiance à la rencontre du Juge que nous connaissons comme notre « avocat » (parakletos) (cf. 1 Jn 2, 1). »
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

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kisito a écrit : Vous dites bien s'il se font attraper, donc il y a possibilité qu'ils ne se fassent pas attraper, et ils espèrent justement ne pas se faire attraper, donc voler n'implique toujours la prison, non!
Par conséquent on ne peut pas dire que celui qui vole, par son acte choisit toujours la prison car il y a possibilité de passer entre les mailles du filet. Il en est de même pour ceux qui iront en Enfer
La comparaison est boiteuse. Échapper à la justice humaine est différent de tenter d'échapper à la justice divine. Avec la première, on peut y parvenir; avec la seconde, j'en doute.
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

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Anne a écrit :
kisito a écrit : Vous dites bien s'il se font attraper, donc il y a possibilité qu'ils ne se fassent pas attraper, et ils espèrent justement ne pas se faire attraper, donc voler n'implique toujours la prison, non!
Par conséquent on ne peut pas dire que celui qui vole, par son acte choisit toujours la prison car il y a possibilité de passer entre les mailles du filet. Il en est de même pour ceux qui iront en Enfer
La comparaison est boiteuse. Échapper à la justice humaine est différent de tenter d'échapper à la justice divine. Avec la première, on peut y parvenir; avec la seconde, j'en doute.
Oui mais certains croient ou espèrent qu'il n'y aura pas de justice dans l'éternité, ou qu'ils auront la grâce du bon larron et se convertir à la dernière minute de vie, etc. Beaucoup parmi ceux-là iront en Enfer, pas parce qu'ils ont explicitement choisi l'enfer, mais à cause de leur mauvais choix et du faux calcul qu'ils ont fait quant à leur salut durant leur vie! Ils seront envoyés en Enfer malgré eux, comme le voleur est envoyé en prison malgré lui; ma comparaison entre l'Enfer et la prison se situe essentiellement à ce niveau.
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Philippe B.
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Philippe B. »

Oui mais n'oubliez pas ce que Jésus a dit dans une de ses paraboles : "il n'en sortira pas (de prison) avant d'avoir payé jusqu'au dernier centime" (en substance)"

La prison dans les évangiles fait plutôt référence donc au Purgatoire. Il ne faut jamais condamner personne.

Mais cela dit, vous avez raison dans le sens qu'un arbre tombe du coté où il penche. Et en refusant de se convertir pour demeurer volontairement dans le péché, sachant que cela déplait à Dieu mais qu'importe, on aura bien l'occasion sur notre lit de lui demander pardon, on commet le péché contre l'Esprit Saint. Je parle bien de ceux qui croient en Dieu mais refusent de faire sa volonté (péché démoniaque).

Mais un tel calcul, c'est commettre le péché irrémissible pour lequel il n'y a aucun salut possible. A notre mort nous n'aurons même plus le désir de demander pardon car notre Dieu ne sera pas le Véritable Dieu mais Lucifer qui lui ne nous proposera pas l'absolution mais l'Enfer qui sera très attirant pour nous car conforme à la vie que nous aurons menée.

Car en choisissant une vie de péché volontairement, en refusant tout aussi volontairement de nous convertir (ce qui nécessite une violence intérieure vis-à-vis de l'Esprit Saint), nous choisissons dès ici-bas notre destinée éternelle. Notre idée du Paradis n'est dès lors plus celui des évangiles mais celui de Satan, un Paradis où le péché est permis et où seul l'orgueil nous guide.
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

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Philippe B. a écrit :
Car en choisissant une vie de péché volontairement, en refusant tout aussi volontairement de nous convertir (ce qui nécessite une violence intérieure vis à vis de l'Esprit Saint),.
C'est se convertir qui exige une violence contre le vieil homme, le refus de se convertir est plutôt la tendance naturelle car c'est plutôt la conversion qui va contre les tendances naturelles de bonheurs que nous avons.
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Philippe B. »

Oui mais je parlais de violence par rapport à l'Esprit Saint (péché contre l'Esprit)

Avez vous déjà lu le livre de Fabrice Hadjadj, "La foi des démons, ou l'athéisme dépassé" Il décrit très bien ce principe. Connaitre la volonté de Dieu et donc croire en Lui mais refuser de faire cette volonté en demeurant dans le péché, dans l'état du vieil homme dont vous parlez. (l'homme déchu)
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Belin »

Philippe B. a écrit :Oui mais je parlais de violence par rapport à l'Esprit Saint (péché contre l'Esprit)

Avez vous déjà lu le livre de Fabrice Hadjadj, "La foi des démons, ou l'athéisme dépassé" Il décrit très bien ce principe. Connaitre la volonté de Dieu et donc croire en Lui mais refuser de faire cette volonté en demeurant dans le péché,
C'est très courant cette tendance, car connaitre la volonté de Dieu c'est aisé, refuser de faire cette volonté est plutôt naturel et c'est je dirais la tendance normale de l'homme, car la volonté de Dieu va contre notre tendance naturelle du bonheur. Alors on triche, voilà!
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Philippe B. »

Oui c'est souvent un péché de faiblesse. Heureusement.
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Christophe67 »

Bonjour,


Un article intéressant que je viens de trouver ce matin en furetant et qui explique pourquoi la théorie de 'l'illumination finale" prônée notamment par A.D. est néfaste.

[auto-modération par l'auteur : Je retire un lien qui n'est pas hétérodoxe, mais compte tenu de l'appartenance de l'auteur au sédévacantisme je ne souhaite pas envoyer les lecteurs sur un blog d'un clerc qui n'est pas en union avec notre pape.]



Cordialement.
Dernière modification par Christophe67 le ven. 20 mars 2015, 11:20, modifié 2 fois.
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Arnaud Dumouch »

Attention, l'Abbé Belmont est Sédévacantiste. Il a quitté l'Eglise catholique et considère qu'il n'y a plus de papes depuis Pie XII. Est-ce vraiment selon vous une source fiable en théologie catholique ?
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Christophe67
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Christophe67 »

Bonjour,

Je ne le savais point, avez-vous une référence pour appuyer votre propos, que je consulterai bien volontiers dans ce cas ?

Bien entendu j'accepte toute possibilité à la modération de juger du bien-fondé, ou non, du lien proposé.

Cordialement.
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Arnaud Dumouch »

L'abbé Belmont répond lui-même :

Suis-je Sédévacantiste, par l'Abbé Belmont ?

http://www.quicumque.com/article-suis-je-sedevacantiste-48572126.html

[+] Texte masqué
Suis-je sédévacantiste ?

Il est des questions qu’on finit par se poser à soi-même, non pour anticiper quelque demande, mais parce qu’elles sont l’occasion d’exprimer avec précision ce qui est plus ou moins diffus, plus ou moins implicite dans les convictions qu’on exprime çà et là.

Dans le dernier bulletin Notre-Dame de la Sainte-Espérance (n°243 d’avril 2010) je me suis donc demandé si je suis sédévacantiste. Voici la réponse (revue et augmentée) que j’y ai apportée. Il faut au préalable que le terme sédévacantiste, forgé voici 30 ou 40 ans, signifie : qui professe que le Siège apostolique est actuellement vacant.

----------------------------------

Je ne récuse ni ne revendique la qualification de sédévacantiste. Mais, puisque nous sommes dans le domaine du témoignage de la foi catholique, cette réponse est trop peu précise, et je m’en vais la développer.


Je ne récuse pas d’être qualifié de sédévacantiste, et cela pour deux raisons.

La raison première, principale, essentielle, est un fait : il n’y a actuellement personne sur le Siège de Saint-Pierre qui soit Pape, investi de l’autorité pontificale, revêtu de la puissance souveraine que Notre-Seigneur Jésus-Christ a confiée à saint Pierre et à ses successeurs, possédant la plénitude du triple pouvoir sur l’Église catholique.
Cette affirmation n’émane pas d’un jugement d’opinion, elle est la conclusion immédiate et inéluctable d’une impossibilité dans la foi : il est impossible d’être Pape et simultanément d’assumer l’héritage de Vatican II, ses hérésies explicites ou implicites, sa réforme liturgique protestante, sa praxis destructrice de la foi, des sacrements et de la vie chrétienne. Ce constat d’impossibilité est immédiatement fondée sur l’enseignement infaillible que l’Église donne à propos d’elle-même ; je connais donc cette impossibilité par et dans la lumière de la foi.
Ce n’est pas le lieu de donner les preuves, de réitérer les raisonnements, de manifester les points clefs de cette impossibilité : je me contente de répondre à la question posée. Oui, le Siège est vacant.

À cette raison j’ajoute une seconde, accidentelle, anecdotique. L’étiquette de sédévacantiste est infamante, elle sonne généralement comme une condamnation. Comme elle est attribuée à ceux qui, malgré leurs défauts, leurs insuffisances voire leurs égarements, s’efforcent dans la situation actuelle d’exercer l’intégrité de la foi catholique : alors, je la prends et je ne la récuse pas. Je ne vais pas, Dieu m’en préserve, me désolidariser des combattants alors que les coups pleuvent ; je ne vais pas proférer un « je ne connais pas cet homme » : ce serait lâcheté. Je réclame ma part d’infamie.

Mais ma réponse ne s’arrête pas là. Car, pour trois raisons, je ne revendique pas non plus la qualification de sédévacantiste.


Tout d’abord, je n’aime pas le néologisme sédévacantisme, parce qu’il donne l’impression d’être une doctrine particulière, un courant parmi d’autres, un parti théologique : or il n’en est rien. C’est même l’inverse qui est vrai : pour affirmer qu’aujourd’hui nous avons un Pape qui gouverne la sainte Église, il faut controuver des doctrines anti-infaillibilistes, désobéissantistes, liberté-religieusistes, liturgico-protestantiste et tutti quanti ; tandis que le sédévacantisme se caractérise par la volonté d’appliquer la doctrine universelle, pérenne, obligatoire de l’Église catholique à la situation du Siège apostolique. Même si quelqu’un pense qu’ils ont tort, il ne trouvera chez les sédévacantistes en tant que tels aucune doctrine nouvelle.

Le sédévacantisme n’est pas un principe ni un système, il est une conclusion ; il est la constatation raisonnée d’un fait qu’on désire voir disparaître au plus tôt. Voilà pourquoi l’appellation sédévacantiste me semble incongrue.

Un apologue me fera comprendre. Je regarde par la fenêtre et dis à un ami plongé dans son journal : il pleut. Lui qui regarde la météo à la télévision – et s’en contente – me dit que c’est impossible : on a annoncé le beau temps pour la journée. Je regarde à nouveau, je vérifie que ce n’est pas le voisin du dessus qui me fait une farce, que ce n’est pas l’arrosage du voisin d’à côté qui est mal réglé, que mes lunettes sont propres, puis j’affirme à nouveau qu’il pleut, puisque de l’eau tombe d’un nuage flottant dans le ciel ! Et mon ami de me dire : tu n’es qu’un pluvialiste ! Pluvialiste ? Non, mais réaliste, certainement. Sédévacantiste ? Non, mais catholique, certainement.

Le seul qualificatif que je revendique est celui de catholique, et catholique romain. Avec la grâce de Dieu, je n’ai pas d’autre volonté, je n’ai pas d’autre doctrine, je n’ai pas d’autre appartenance.

Une seconde raison me fait grandement hésiter à accepter une qualification de ce genre, c’est l’extrême variété de positions et d’opinions que regroupe cette étiquette mal ajustée. Les sédévacantistes affirment l’actuelle et provisoire absence d’autorité pontificale, mais cela ne leur suffit pas pour échapper à la conséquence inéluctable de cette absence : la dispersion. « Je frapperai le Pasteur, et les brebis seront dispersées » (Matth. XXVI, 31).

On trouve donc un peu de tout chez les sédévacantistes, et c’est là un nom tout à fait insuffisant pour identifier ce que je crois être l’attitude pleinement catholique face à la crise de l’Église. Car il y a deux lignes de fracture qui partagent les sédévacantistes, lignes qui marquent des divergences très graves à propos desquelles je veux « prendre parti » autant (sinon davantage) que pour l’affirmation de l’absence d’autorité :
– d’une part je refuse tout sacre épiscopal accompli sans mandat apostolique (et donc tout sacre avant la restauration de l’Autorité) ainsi que tout ce qui en découle (confirmations, ordinations etc.) ;
– d’autre part, je refuse de considérer comme non catholiques, comme hors de l’Église, les personnes qui professent la foi catholique mais qui sont en désaccord avec ce que je crois être la vérité et la ligne de conduite catholiques : je n’ai aucun titre à leur refuser les sacrements pour ce seul motif, ni d’ailleurs à accepter leurs erreurs ou à me taire à leur propos.

Ensuite, c’est la troisième raison de tempérer mon oui, j’éprouve une sympathie, je donne une adhésion à ce qu’on nomme (d’un terme bien malheureux à mon avis) la thèse de Cassiciacum. J’adhère surtout à son principe fondamental : l’intention théologale. Quand le R. P. Guérard des Lauriers a élaboré cette thèse pour rendre compte de la situation de l’Église, il a mis en œuvre le principe adéquat : devant une crise dont l’ampleur et la profondeur obligent à remettre en cause l’existence de l’autorité pontificale dans un sujet paraissant en jouir (pour une autre cause que l’invalidité de l’élection), il faut que le regard porté soit vital, qu’il se tienne à l’intérieur même de l’acte de foi théologale : il aura une portée réelle, il fera discerner la vérité, il permettra de conclure.
Autrement dit, il faut affirmer tout ce que la foi catholique nous contraint d’affirmer, nier tout ce qu’elle nous contraint de nier… et s’en tenir là. Recourir à des éléments qui sont d’une certitude d’ordre inférieur – des faits non certifiés, des raisonnements qui n’atteignent pas à cette lumière théologale, des théories théologiques (comme celles sur le Pape hérétique) que l’Église n’a pas intégrées à sa propre doctrine etc. – peut aider à comprendre, peut conforter dans la certitude de la légitimité de la conclusion, mais ne permet pas de conclure catégoriquement.

Si cette intention théologale exclut les jugements sur les personnes et les conclusions hasardeuses, elle permet d’atteindre une certitude qui relève de la foi catholique. Ce qu’on « perd » en extension, on le gagne en compréhension. Au demeurant, je n’entends pas prouver la thèse de Cassiciacum, mais exposer en quel sens je suis sédévacantiste.

Une précision s’impose cependant. Le Père Guérard des Lauriers, tant en raison de son principe qu’en raison de son argument (induction fondée sur l’ensemble des actes de Vatican II-Paul VI) a usé de la distinction pape materialiter-Pape formaliter qui est au cœur de sa thèse. Cette distinction doit être « mise à jour » : le materialiter attribué Paul VI incluait une réalité juridique du fait qu’il était le sujet canoniquement élu. Mais par la suite, l’élection a disparu avec la disparition des cardinaux (les nouveaux nommés ne l’étant pas vraiment parce que la nomination est un acte de juridiction). Le materialiter qu’on peut attribuer à Benoît XVI est beaucoup plus ténu : il ne reste rien de l’ordre juridique, il ne reste qu’un fait public (l’être-là) qui n’est qu’une disposition prochaine à être reconnu par l’Église universelle en cas de rupture avec la nouvelle religion de Vatican II. Il y a encore une continuité (qui n’est pas sans incidence sur l’apostolicité de l’Église) mais cette continuité est une continuité en puissance.
Arnaud
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