Les églises des trois premiers siècles
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Serge BS
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Les églises des trois premiers siècles
Les Églises des trois premiers siècles : généralités
L’Église de Jérusalem (Palestine)
Jérusalem est le berceau de l’Église. C’est en ce lieu qu’a réellement vu le jour la toute première communauté des disciples du Christ, la plupart de ces disciples étant issus du judaïsme. Le fait le plus marquant de cette Église aura été le concile apostolique de 49 qui devait permettre d’écarter la menace de repli sur elle-même qui pesait sur l’Église, mais ce sera au prix d’un premier déchirement, celui de la partition des judéo-chrétiens.
Les dernières décades du I° siècle auront été assez ternes pour l’Église mère, ceci étant lié au départ des Apôtres en mission, puis à la destruction du Temple en 70. Face à ces crises, la communauté de Jérusalem se sent un peu abandonnée, et surtout dépassée par les Églises d’origine païenne, en particulier celle d’Antioche, comme si cette Église de Jérusalem avait tout donné d’un seul coup avec le Christ et le départ des Apôtres pour essaimer la grande nouvelle, comme si elle s’était épuisée. Toujours est-il que le cœur de la Chrétienté naissante se trouve désormais à Rome, à Alexandrie, à Carthage et à Antioche… On notera cependant au IV° siècle la grande figure de Cyrille de Jérusalem.
L’Église d’Antioche (Syrie)
Antioche était l’une des grandes villes de l’époque. Ce sera le premier des lieux où la semence chrétienne devait pousser en terre païenne, et ce à partir de 38. C’est d’ailleurs de cette ville que saint Paul et saint Barnabé allaient retourner à Jérusalem pour s’expliquer à l’occasion du concile de 49. Antioche sera surtout le point de départ des grandes missions de saint Paul. C’est aussi à Antioche que devait être vraisemblablement rédigée la Didachè, ainsi que peut-être les Odes de Salomon. Outre par celle de saint Paul, cette Église est dominée par l’immense figure d’Ignace d’Antioche.
Elle allait cependant connaître tout au long du II° siècle les affres de l’hérésie gnostique, ce qui affaiblira sa renommée, même si elle devait retrouver à la fin du III° siècle, avec l’Évêque Paul et le Prêtre Julien une position enviée, suite à la création d’une école exégétique dont le seul équivalent resta pour l’époque l’Église d’Alexandrie.
L’Église d’Éphèse (Asie mineure)
Éphèse, qui connut saint Paul, aura d’abord été le point d’ancrage de Timothée, même si l’Apôtre saint Jean devait s’y imposer, y mourant même vers 100. Elle conservera son influence tout au long du II° siècle, même si l’hérésie de Marcion allait y naître et s’y développer, à côté des figures majeures de deux de ses Évêques : Papias d’Hiérapolis et Polycarpe de Smyrne. Terre de débats, elle aura aussi à affronter au III° siècle diverses hérésies, dont l’hérésie manichéenne qui naît en Asie mineure. L’Asie mineure reste à cette époque le centre de la Chrétienté, puisque c’est sur ses terres qu’aura lieu en 325 le premier Concile de Nicée.
L’Église de Rome (Italie)
Saint Pierre devait mourir à Rome en 64, victime de la persécution de Néron… Saint Paul y fut décapité en 67… Le Pape Clément, avant beaucoup d’autre de ses successeurs y mourra martyr… Pourtant, la succession du siège de Pierre ne s’éteint pas, d’autant plus que la première partie du II° siècle fut relativement calme (c’est l’époque du Pasteur d’Hermas). Mais, dès le milieu de ce siècle, et notamment à l’époque de l’enseignement de Justin, la persécution reprend, ce dernier Père connaissant le martyre. Au III° siècle, la persécution allait s’intensifier, hargneuse, haineuse ; c’est la période de l’Église des catacombes, sous Rome. C’est aussi la période où la communauté allait connaître des schismes l’ébranlant, en particulier ceux d’Hyppolite, puis de Novation sous les pontificats de Calixte et de Corneille… C’est aussi à cette époque que les Papes Corneille et Étienne allaient connaître de graves controverses avec le “Pape“ de Carthage, Cyprien, le premier à propos de la réintégration des lapsi, le second à propos du re-baptême des hérétiques convertis… Cette Église allait encore connaître des luttes, plus politiques cette fois, à l’occasion de l’avènement de l’empereur Constantin…
L’Église d’Alexandrie (Égypte)
Avec l’implantation du Christianisme à Alexandrie, on commence à assister à l’émergence de la pensée. Alexandrie aura en effet été la ville des philosophies religieuses, de la gnose et du néo-platonisme… L’Égypte est la patrie du gnosticisme, avec notamment Basilide au début du II° siècle… Mais c’est aussi là qu’allait naître la pensée chrétienne par delà la stricte théologie, qu’elle allait prendre racine, notamment avec Pantène, Clément et Origène… C’est aussi de cette ville qu’allait partir vers les déserts de son sud le vaste élan spirituel des Pères du désert, ces déserts se peuplant de milliers de moines aux III° et IV° siècles, notamment autour de saint Antoine et de saint Pacôme… Et Alexandrie allait continuer à tenir son rang au IV° siècle avec Athanase ou encore Cyrille…
L’Église de Carthage (Afrique)
Le tout premier témoignage que nous ayons de l’existence de l’Afrique chrétienne reste celui relatif au martyre des Scilitains, le 17 juillet 180… Carthage est aussi la terre de Tertullien qui allait devenir chrétien en 193, même s’il allait sombrer dans l’hérésie montaniste un peu moins de vingt ans plus tard…C’est aussi la terre de l’Évêque Cyprien qui allait devoir faire face à la terrible persécution de Dèce, mais aussi au schisme de Novat, ainsi qu’à la révolte des lapsi. Cet Évêque reste aussi remarquable car il semble être l’un des tous premiers, si ce n’est le premier en Afrique, à réunir fréquemment autour de lui ses collègues voisins afin de former un groupe compact d’Évêques africains afin de trancher des questions de dogme ou de vie sociale ; si ceci était vertueux, cela allait aussi entraîner des heurts fréquents avec Rome quant aux questions de discipline sacramentaire… Il allait mourir martyr en 258. Si le reste du II° siècle ainsi que le III° allaient être relativement calmes, le IV° siècle allait voir l’émergence de l’immense figure de saint Augustin, sous la pression des invasions qui ébranlaient alors tout l’empire romain s’effondrant…
Les Églises de Gaule
Il est très vraisemblable que le Christianisme ait pénétré très tôt la Gaule par le sud, tout particulièrement par la région de Marseille, un certain nombre de témoignages archéologiques du I° siècle allant dans ce sens, malgré certaines divergences d’interprétation entre archéologues, mais le plus souvent non catholiques. Reste que nous n’avons trace historique que d’un seul siège épiscopal jusqu’au milieu du III° siècle, celui de Lyon, avec Pothin puis Irénée. Pourtant, la tradition donne dès la fin du I° siècle des Évêques à Arles et à Marseille, avec saint Lazare Évêque dans le second cas. En fait, tout porte à croire, et cela est logique vues les échanges commerciaux de l’époque, que des communautés chrétiennes ont très tôt existé en Gaule narbonnaise et en Gaule lyonnaise, notamment à Vienne à Autun, à Narbonne, à Toulouse, à Nîmes et à Béziers, sans revenir sur Arles et Marseille…
À partir de 250, il est possible de distinguer dans les Gaules deux grands axes de diffusion de la foi chrétienne :
- l’un au sud où les évêchés devaient se multiplier à partir de Toulouse et d’Arles ;
- l’un vers le nord-est, le nord et l’ouest, avec l’émergence des diocèses de Paris, de Reims, de Trêves, de Bordeaux et de Tours.
Ce développement harmonieux de la foi chrétienne en Gaule aura été favorisé par trois facteurs :
- le nombre relativement restreint de persécutions par rapport au reste de l’empire ;
- le grand brassage des populations, les grandes invasions y commençant dès cette époque ;
- l’excellence de l’administration en place, tant romaine qu’autochtone, qui gérait de manière quasi-parfaite ces territoires. C’était là un grand facteur de paix, ce qui facilitait les voyages et les échanges, permettait la création de liens de bonne entente et d’amitié entre habitants et occupants, mais aussi entre habitants de diverses villes.
On remarquera que lorsque Constantin convoquera en 314 le Concile d’Arles, ce seront seize Églises gauloises qui y seront représentées, dont Arles, Vienne, Lyon, Reims, Vaison, Marseille, …, ce qui montre bien la grande antiquité de ces Églises.
Source : Diocèse de Marseille, Textes choisis des Pères de l'Église, pp. 116-117 (polycopié, vers 1980)
L’Église de Jérusalem (Palestine)
Jérusalem est le berceau de l’Église. C’est en ce lieu qu’a réellement vu le jour la toute première communauté des disciples du Christ, la plupart de ces disciples étant issus du judaïsme. Le fait le plus marquant de cette Église aura été le concile apostolique de 49 qui devait permettre d’écarter la menace de repli sur elle-même qui pesait sur l’Église, mais ce sera au prix d’un premier déchirement, celui de la partition des judéo-chrétiens.
Les dernières décades du I° siècle auront été assez ternes pour l’Église mère, ceci étant lié au départ des Apôtres en mission, puis à la destruction du Temple en 70. Face à ces crises, la communauté de Jérusalem se sent un peu abandonnée, et surtout dépassée par les Églises d’origine païenne, en particulier celle d’Antioche, comme si cette Église de Jérusalem avait tout donné d’un seul coup avec le Christ et le départ des Apôtres pour essaimer la grande nouvelle, comme si elle s’était épuisée. Toujours est-il que le cœur de la Chrétienté naissante se trouve désormais à Rome, à Alexandrie, à Carthage et à Antioche… On notera cependant au IV° siècle la grande figure de Cyrille de Jérusalem.
L’Église d’Antioche (Syrie)
Antioche était l’une des grandes villes de l’époque. Ce sera le premier des lieux où la semence chrétienne devait pousser en terre païenne, et ce à partir de 38. C’est d’ailleurs de cette ville que saint Paul et saint Barnabé allaient retourner à Jérusalem pour s’expliquer à l’occasion du concile de 49. Antioche sera surtout le point de départ des grandes missions de saint Paul. C’est aussi à Antioche que devait être vraisemblablement rédigée la Didachè, ainsi que peut-être les Odes de Salomon. Outre par celle de saint Paul, cette Église est dominée par l’immense figure d’Ignace d’Antioche.
Elle allait cependant connaître tout au long du II° siècle les affres de l’hérésie gnostique, ce qui affaiblira sa renommée, même si elle devait retrouver à la fin du III° siècle, avec l’Évêque Paul et le Prêtre Julien une position enviée, suite à la création d’une école exégétique dont le seul équivalent resta pour l’époque l’Église d’Alexandrie.
L’Église d’Éphèse (Asie mineure)
Éphèse, qui connut saint Paul, aura d’abord été le point d’ancrage de Timothée, même si l’Apôtre saint Jean devait s’y imposer, y mourant même vers 100. Elle conservera son influence tout au long du II° siècle, même si l’hérésie de Marcion allait y naître et s’y développer, à côté des figures majeures de deux de ses Évêques : Papias d’Hiérapolis et Polycarpe de Smyrne. Terre de débats, elle aura aussi à affronter au III° siècle diverses hérésies, dont l’hérésie manichéenne qui naît en Asie mineure. L’Asie mineure reste à cette époque le centre de la Chrétienté, puisque c’est sur ses terres qu’aura lieu en 325 le premier Concile de Nicée.
L’Église de Rome (Italie)
Saint Pierre devait mourir à Rome en 64, victime de la persécution de Néron… Saint Paul y fut décapité en 67… Le Pape Clément, avant beaucoup d’autre de ses successeurs y mourra martyr… Pourtant, la succession du siège de Pierre ne s’éteint pas, d’autant plus que la première partie du II° siècle fut relativement calme (c’est l’époque du Pasteur d’Hermas). Mais, dès le milieu de ce siècle, et notamment à l’époque de l’enseignement de Justin, la persécution reprend, ce dernier Père connaissant le martyre. Au III° siècle, la persécution allait s’intensifier, hargneuse, haineuse ; c’est la période de l’Église des catacombes, sous Rome. C’est aussi la période où la communauté allait connaître des schismes l’ébranlant, en particulier ceux d’Hyppolite, puis de Novation sous les pontificats de Calixte et de Corneille… C’est aussi à cette époque que les Papes Corneille et Étienne allaient connaître de graves controverses avec le “Pape“ de Carthage, Cyprien, le premier à propos de la réintégration des lapsi, le second à propos du re-baptême des hérétiques convertis… Cette Église allait encore connaître des luttes, plus politiques cette fois, à l’occasion de l’avènement de l’empereur Constantin…
L’Église d’Alexandrie (Égypte)
Avec l’implantation du Christianisme à Alexandrie, on commence à assister à l’émergence de la pensée. Alexandrie aura en effet été la ville des philosophies religieuses, de la gnose et du néo-platonisme… L’Égypte est la patrie du gnosticisme, avec notamment Basilide au début du II° siècle… Mais c’est aussi là qu’allait naître la pensée chrétienne par delà la stricte théologie, qu’elle allait prendre racine, notamment avec Pantène, Clément et Origène… C’est aussi de cette ville qu’allait partir vers les déserts de son sud le vaste élan spirituel des Pères du désert, ces déserts se peuplant de milliers de moines aux III° et IV° siècles, notamment autour de saint Antoine et de saint Pacôme… Et Alexandrie allait continuer à tenir son rang au IV° siècle avec Athanase ou encore Cyrille…
L’Église de Carthage (Afrique)
Le tout premier témoignage que nous ayons de l’existence de l’Afrique chrétienne reste celui relatif au martyre des Scilitains, le 17 juillet 180… Carthage est aussi la terre de Tertullien qui allait devenir chrétien en 193, même s’il allait sombrer dans l’hérésie montaniste un peu moins de vingt ans plus tard…C’est aussi la terre de l’Évêque Cyprien qui allait devoir faire face à la terrible persécution de Dèce, mais aussi au schisme de Novat, ainsi qu’à la révolte des lapsi. Cet Évêque reste aussi remarquable car il semble être l’un des tous premiers, si ce n’est le premier en Afrique, à réunir fréquemment autour de lui ses collègues voisins afin de former un groupe compact d’Évêques africains afin de trancher des questions de dogme ou de vie sociale ; si ceci était vertueux, cela allait aussi entraîner des heurts fréquents avec Rome quant aux questions de discipline sacramentaire… Il allait mourir martyr en 258. Si le reste du II° siècle ainsi que le III° allaient être relativement calmes, le IV° siècle allait voir l’émergence de l’immense figure de saint Augustin, sous la pression des invasions qui ébranlaient alors tout l’empire romain s’effondrant…
Les Églises de Gaule
Il est très vraisemblable que le Christianisme ait pénétré très tôt la Gaule par le sud, tout particulièrement par la région de Marseille, un certain nombre de témoignages archéologiques du I° siècle allant dans ce sens, malgré certaines divergences d’interprétation entre archéologues, mais le plus souvent non catholiques. Reste que nous n’avons trace historique que d’un seul siège épiscopal jusqu’au milieu du III° siècle, celui de Lyon, avec Pothin puis Irénée. Pourtant, la tradition donne dès la fin du I° siècle des Évêques à Arles et à Marseille, avec saint Lazare Évêque dans le second cas. En fait, tout porte à croire, et cela est logique vues les échanges commerciaux de l’époque, que des communautés chrétiennes ont très tôt existé en Gaule narbonnaise et en Gaule lyonnaise, notamment à Vienne à Autun, à Narbonne, à Toulouse, à Nîmes et à Béziers, sans revenir sur Arles et Marseille…
À partir de 250, il est possible de distinguer dans les Gaules deux grands axes de diffusion de la foi chrétienne :
- l’un au sud où les évêchés devaient se multiplier à partir de Toulouse et d’Arles ;
- l’un vers le nord-est, le nord et l’ouest, avec l’émergence des diocèses de Paris, de Reims, de Trêves, de Bordeaux et de Tours.
Ce développement harmonieux de la foi chrétienne en Gaule aura été favorisé par trois facteurs :
- le nombre relativement restreint de persécutions par rapport au reste de l’empire ;
- le grand brassage des populations, les grandes invasions y commençant dès cette époque ;
- l’excellence de l’administration en place, tant romaine qu’autochtone, qui gérait de manière quasi-parfaite ces territoires. C’était là un grand facteur de paix, ce qui facilitait les voyages et les échanges, permettait la création de liens de bonne entente et d’amitié entre habitants et occupants, mais aussi entre habitants de diverses villes.
On remarquera que lorsque Constantin convoquera en 314 le Concile d’Arles, ce seront seize Églises gauloises qui y seront représentées, dont Arles, Vienne, Lyon, Reims, Vaison, Marseille, …, ce qui montre bien la grande antiquité de ces Églises.
Source : Diocèse de Marseille, Textes choisis des Pères de l'Église, pp. 116-117 (polycopié, vers 1980)
Dernière modification par Serge BS le mar. 24 févr. 2009, 10:33, modifié 1 fois.
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gerardh
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Re: Les églises des trois premiers siècles
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Bonjour SBS,
Il me semble qu'une première référence incontournable (outre les Actes et les épîtres) est Apocalypse 2 et 3.
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Bonjour SBS,
Il me semble qu'une première référence incontournable (outre les Actes et les épîtres) est Apocalypse 2 et 3.
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Serge BS
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Re: Les églises des trois premiers siècles
Certes... Mais l'objet de ce fil n'est pas eschatologique ou exégétique mais plus simplement historique, comme le précise d'ailleurs le thème du salon où il se trouve. De plus, je parle des trois premiers siècles et non pas du seul premier siècle, ce qui fait que je suis concentré sur les seules Eglises marquantes, Eglises devant s'entendre certes en tant qu'assemblées locales, mais aussi en tant que zone de pensée. D'ailleurs, toutes les Eglises citées en (Ap 2-3) se rattachent à l'une ou l'autre de celles que j'ai citées. Enfin, il ne s'agissait que d'une fiche de synthèse introductive.
Maintenant, rien ne vous empêche de nous proposer une étude historique détaillée et documentée des Eglises d'Ephèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie et Laodicée... Comme vous semblez bien formé et bien documenté, je ne les développerai donc pas, et je vous cède très volontiers la place sur ce sujet précis, ce qui me permettra de me concentrer sur le reste. J'attends donc avec impatience, tout en vous remerciant de me relayer dans mes développements, vos sept fiches de synthèse.
Maintenant, rien ne vous empêche de nous proposer une étude historique détaillée et documentée des Eglises d'Ephèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie et Laodicée... Comme vous semblez bien formé et bien documenté, je ne les développerai donc pas, et je vous cède très volontiers la place sur ce sujet précis, ce qui me permettra de me concentrer sur le reste. J'attends donc avec impatience, tout en vous remerciant de me relayer dans mes développements, vos sept fiches de synthèse.
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gerardh
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Re: Les églises des trois premiers siècles
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Bonjour SBS,
Je ne suis pas historien. Je recherche le message de Dieu dans la description des 7 églises d'Apocalypse. Je pourrais développer, mais j'ai peur que cela émeuve quelques uns sur ce forum. Néanmoins je vais réfléchir à votre proposition.
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Bonjour SBS,
Je ne suis pas historien. Je recherche le message de Dieu dans la description des 7 églises d'Apocalypse. Je pourrais développer, mais j'ai peur que cela émeuve quelques uns sur ce forum. Néanmoins je vais réfléchir à votre proposition.
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gerardh
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Re: Les églises des trois premiers siècles
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Bonjour,
SBS ayant insisté pour que je traite des 7 églises d'Apocalypse 2 et 3, je vais en dire quelque chose après avoir beucoup hésité. Ce ne seront pas des considérations historiques au sens scientifique de ce terme.
Ces deux chapitres peuvent être lus comme des enseignements ou exhortations morales utiles pour les individus ou les communautés ecclésiales.
Mais ces lettres aux sept assemblées d'Asie décrivent aussi en autant de tableaux successifs l'histoire de la chrétienté responsable. Le Seigneur se présente à chacune de ces églises, fait un inventaire précis de ce qu'Il y trouve… et n'y trouve pas, exhorte et promet Sa récompense au vainqueur.
Ainsi pour prendre les 3 premières églises, à Éphèse en apparence tout allait le mieux possible (chapitre 2 v. 2, 3). Mais c'est au cœur que le Seigneur regarde (Jér. 2 v. 2). Malheureusement Il n'y voit plus la réponse à son propre amour ; Il a cessé d'y occuper la première place! Pour enrayer ce déclin, le Seigneur fidèle va user d'un remède étrange : l'épreuve. Il lâche la bride à la puissance de Satan. Après Éphèse (l'aimable) vient Smyrne qui signifie «l'amère». Ce fut le temps des martyrs sous les cruels empereurs romains (au 2º et 3º siècles). Pendant la période de Smyrne, dix grandes persécutions collectives n'ont pas eu raison de la foi chrétienne. Alors Satan use d'une autre tactique, et c'est Pergame (v. 13). Ce que la violence n'a pu produire, la faveur des autorités va l'accomplir. Sous le règne de l'empereur Constantin en l'an 312, l'adoption du christianisme comme religion d'état, événement que beaucoup ont pu considérer comme un grand succès de la vérité, a favorisé le relâchement, la mondanité, l'introduction de doctrines étrangères (v. 14, 15).
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Bonjour,
SBS ayant insisté pour que je traite des 7 églises d'Apocalypse 2 et 3, je vais en dire quelque chose après avoir beucoup hésité. Ce ne seront pas des considérations historiques au sens scientifique de ce terme.
Ces deux chapitres peuvent être lus comme des enseignements ou exhortations morales utiles pour les individus ou les communautés ecclésiales.
Mais ces lettres aux sept assemblées d'Asie décrivent aussi en autant de tableaux successifs l'histoire de la chrétienté responsable. Le Seigneur se présente à chacune de ces églises, fait un inventaire précis de ce qu'Il y trouve… et n'y trouve pas, exhorte et promet Sa récompense au vainqueur.
Ainsi pour prendre les 3 premières églises, à Éphèse en apparence tout allait le mieux possible (chapitre 2 v. 2, 3). Mais c'est au cœur que le Seigneur regarde (Jér. 2 v. 2). Malheureusement Il n'y voit plus la réponse à son propre amour ; Il a cessé d'y occuper la première place! Pour enrayer ce déclin, le Seigneur fidèle va user d'un remède étrange : l'épreuve. Il lâche la bride à la puissance de Satan. Après Éphèse (l'aimable) vient Smyrne qui signifie «l'amère». Ce fut le temps des martyrs sous les cruels empereurs romains (au 2º et 3º siècles). Pendant la période de Smyrne, dix grandes persécutions collectives n'ont pas eu raison de la foi chrétienne. Alors Satan use d'une autre tactique, et c'est Pergame (v. 13). Ce que la violence n'a pu produire, la faveur des autorités va l'accomplir. Sous le règne de l'empereur Constantin en l'an 312, l'adoption du christianisme comme religion d'état, événement que beaucoup ont pu considérer comme un grand succès de la vérité, a favorisé le relâchement, la mondanité, l'introduction de doctrines étrangères (v. 14, 15).
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- Soleil de Minuit
- Ædilis

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Re: Les églises des trois premiers siècles
Bonjour,gerardh a écrit :
Sous le règne de l'empereur Constantin en l'an 312, l'adoption du christianisme comme religion d'état, événement que beaucoup ont pu considérer comme un grand succès de la vérité, a favorisé le relâchement, la mondanité, l'introduction de doctrines étrangères (v. 14, 15).
A partir de ce moment-là il est même juste de parler de vérité d'Etat.
Vers le Minuit. Là-bas doivent se trouver une montagne du Rassemblement et une couronne...
Re: Les églises des trois premiers siècles
En fait, je ne suis pas sûr que le christianisme soit devenu religion d'Etat, au sens strict du terme, sous Constantin.Soleil de Minuit a écrit :Bonjour,gerardh a écrit :
Sous le règne de l'empereur Constantin en l'an 312, l'adoption du christianisme comme religion d'état, événement que beaucoup ont pu considérer comme un grand succès de la vérité, a favorisé le relâchement, la mondanité, l'introduction de doctrines étrangères (v. 14, 15).
A partir de ce moment-là il est même juste de parler de vérité d'Etat.
En effet, avant Constantin, le christianisme était interdit et les chrétiens persécutés (tiens, ça me rappelle certains pays contemporrains !
Parler de religion d'Etat à ce stade me semble donc impropre.
gerardh a écrit :Ce que la violence n'a pu produire, la faveur des autorités va l'accomplir. Sous le règne de l'empereur Constantin en l'an 312, l'adoption du christianisme comme religion d'état, événement que beaucoup ont pu considérer comme un grand succès de la vérité, a favorisé le relâchement, la mondanité, l'introduction de doctrines étrangères
N'importe quoi.
Je vous rappelle, cher Gerard, que la propagande protestante n'est pas tolérée sur ce forum, a fortiori quand elle n'argumente pas et ne se fonde sur rien de concret.
Cordialement,
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
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gerardh
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Re: Les églises des trois premiers siècles
__________
Bonjour cher Raistlin,
Mon précédent message datant de Février, donc avant que nous ayons convenu de limitation à mes propos, je pense que vous voudrez bien me donner l'absolution (sans pénitences)
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Bonjour cher Raistlin,
Mon précédent message datant de Février, donc avant que nous ayons convenu de limitation à mes propos, je pense que vous voudrez bien me donner l'absolution (sans pénitences)
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Re: Les églises des trois premiers siècles
Mais bien sûr.gerardh a écrit :__________
Bonjour cher Raistlin,
Mon précédent message datant de Février, donc avant que nous ayons convenu de limitation à mes propos, je pense que vous voudrez bien me donner l'absolution (sans pénitences)![]()
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« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
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Cinci
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Re: Les églises des trois premiers siècles
gérardh écrivait à l'époque :
Toutefois, il existe bien une autre façon de lire l'Apocalypse, et puis concernant aussi ces fameuses églises des premiers chapitres.
C'est votre conception des choses. Oui, d'accord! Vous pensez pouvoir retrouver ainsi (avec le livre de l'Apocalypse de Jean) une critique de l'Église catholique organisée des premiers siècles. Vous figurez Jean faire d'avance la critique de l'Église catholique du temps d'Athanase ou de saint Ambroise, etc.Ainsi pour prendre les 3 premières églises, à Éphèse en apparence tout allait le mieux possible (chapitre 2 v. 2, 3). Mais c'est au cœur que le Seigneur regarde (Jér. 2 v. 2). Malheureusement Il n'y voit plus la réponse à son propre amour ; Il a cessé d'y occuper la première place!
Pour enrayer ce déclin, le Seigneur fidèle va user d'un remède étrange : l'épreuve. Il lâche la bride à la puissance de Satan.
Après Éphèse (l'aimable) vient Smyrne qui signifie «l'amère». Ce fut le temps des martyrs sous les cruels empereurs romains (au 2º et 3º siècles). Pendant la période de Smyrne, dix grandes persécutions collectives n'ont pas eu raison de la foi chrétienne. Alors Satan use d'une autre tactique, et c'est Pergame (v. 13). Ce que la violence n'a pu produire, la faveur des autorités va l'accomplir. Sous le règne de l'empereur Constantin en l'an 312, l'adoption du christianisme comme religion d'état, événement que beaucoup ont pu considérer comme un grand succès de la vérité, a favorisé le relâchement, la mondanité, l'introduction de doctrines étrangères (v. 14, 15).
Toutefois, il existe bien une autre façon de lire l'Apocalypse, et puis concernant aussi ces fameuses églises des premiers chapitres.
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gerardh
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Re: Les églises des trois premiers siècles
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Bonjour Cinci,
C'est une très bonne chose de relever ce sujet.
Dans l'apocalypse, les chapitres 2 et 3 occupent une place toute spéciale par rapport aux autres chapitres. Il y a plusieurs applications posibles à leur lecture, par exemple une application morale générale. Mais j'avais insisté sur l'application qui voyait en eux une histoire résumée de l'Eglise responsable sur la terre. Des avertissements y sont certes donnés à l'Eglise catholique, mais aussi au protestantisme notamment.
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Bonjour Cinci,
C'est une très bonne chose de relever ce sujet.
Dans l'apocalypse, les chapitres 2 et 3 occupent une place toute spéciale par rapport aux autres chapitres. Il y a plusieurs applications posibles à leur lecture, par exemple une application morale générale. Mais j'avais insisté sur l'application qui voyait en eux une histoire résumée de l'Eglise responsable sur la terre. Des avertissements y sont certes donnés à l'Eglise catholique, mais aussi au protestantisme notamment.
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Cinci
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Re: Les églises des trois premiers siècles
Une petite recension ...
étienne lorant en faisait déjà une interprétation ici (alors la sienne) :
Dangers de ritualisation et de tiédeur
Encore que ce fil de 2008 en parlait également, avec la suggestion par Anne d'une façon de voir de Jean-Pierre Prévost
Les "Sept Églises" de l'Apocalypse
Puis archi écrivait cela :
Les Sept Églises d''Asie
étienne lorant en faisait déjà une interprétation ici (alors la sienne) :
Dangers de ritualisation et de tiédeur
Encore que ce fil de 2008 en parlait également, avec la suggestion par Anne d'une façon de voir de Jean-Pierre Prévost
Les "Sept Églises" de l'Apocalypse
Puis archi écrivait cela :
«Une question que je me pose actuellement est celle des lettres aux Sept Eglises d'Asie, au début de
l'Apocalypse johannique.
Plus précisément, il me revient une interprétation de ces Eglises (au-delà de l'identité historique de
ces évêchés d'Asie Mineure, qui ont d'ailleurs tous disparu) dans un texte un peu "ésotérisant", qui y
voit 7 époques successives de l'Eglise universelle.»
Les Sept Églises d''Asie
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Cinci
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- Conviction : catholique perplexe
Re: Les églises des trois premiers siècles
Salut gérardh,
C'est ce qui adviendrait de groupes de chrétiens issus de la première prédication originale, mais dans l'an 130, ou 220 ou 350 après J.C. et etc. Jean avec sa lettre adressée à l'église de Sardes ou Laodicée serait, par exemple, en train de procéder d'avance (prophétiquement) à une critique de ce qui se passe dans le Diocèse de l'évêque d'Hippone en l'an 395; c'est ce que nous devrions supposer.
On devrait comprendre que l'ange du Seigneur ou l'Esprit via ce qu'il transmet à Jean veut nous faire entendre qu'il est fort marri, lui-même, des erreurs doctrinales graves (sans compter la tiédeur, etc.) qui s'infiltrent dans l'évêché à Carthage, et qui seront faussement diffusées dans la suite par les (faux) docteurs désormais en charge, ces faux ministres ordonnés qui viennent égarer les innocents. En passant par Jean, l'Esprit dénoncerait donc la ruine que devient l'Église historique de Jésus Christ.
[...]
Enfin, je ne sais pas si vous seriez totalement d'accord avec ce tableau. Mais c'est du moins ce que je penserais avoir compris jusqu'ici de votre idée, gérardh. Vous pouvez toujours rectifier ma perception ou ajouter le détail que j'aurais pu oublier.
Alors, c'est que vous voyez Jean, avec son livre, comme voulant faire prioritairement une «critique générale de l'Église dans le temps» et tel dans un temps ultérieur à l'époque des apôtres.Mais j'avais insisté sur l'application qui voyait en eux une histoire résumée de l'Eglise responsable sur la terre. Des avertissements y sont certes donnés à l'Eglise catholique, mais aussi au protestantisme notamment
C'est ce qui adviendrait de groupes de chrétiens issus de la première prédication originale, mais dans l'an 130, ou 220 ou 350 après J.C. et etc. Jean avec sa lettre adressée à l'église de Sardes ou Laodicée serait, par exemple, en train de procéder d'avance (prophétiquement) à une critique de ce qui se passe dans le Diocèse de l'évêque d'Hippone en l'an 395; c'est ce que nous devrions supposer.
On devrait comprendre que l'ange du Seigneur ou l'Esprit via ce qu'il transmet à Jean veut nous faire entendre qu'il est fort marri, lui-même, des erreurs doctrinales graves (sans compter la tiédeur, etc.) qui s'infiltrent dans l'évêché à Carthage, et qui seront faussement diffusées dans la suite par les (faux) docteurs désormais en charge, ces faux ministres ordonnés qui viennent égarer les innocents. En passant par Jean, l'Esprit dénoncerait donc la ruine que devient l'Église historique de Jésus Christ.
[...]
Enfin, je ne sais pas si vous seriez totalement d'accord avec ce tableau. Mais c'est du moins ce que je penserais avoir compris jusqu'ici de votre idée, gérardh. Vous pouvez toujours rectifier ma perception ou ajouter le détail que j'aurais pu oublier.
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gerardh
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- Localisation : Le Chambon sur Lignon (France)
Re: Les églises des trois premiers siècles
_______
Salut Cinci,
Parmi d'autres applications possibles, je pense en effet que les chapitres 2 et 3 de l'Apocalypse ont une dimension prophétique. Donc dans ces chapitres toute l'histoire de l'Eglise responsable est concernée.
Pas spécialement Carthage ou Hippone mais toute l'Eglise à toutes les époques.
__________
Salut Cinci,
Parmi d'autres applications possibles, je pense en effet que les chapitres 2 et 3 de l'Apocalypse ont une dimension prophétique. Donc dans ces chapitres toute l'histoire de l'Eglise responsable est concernée.
Pas spécialement Carthage ou Hippone mais toute l'Eglise à toutes les époques.
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Cinci
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Re: Les églises des trois premiers siècles
(Faire suivre ...)
Oui, ici je lançais juste un exemple fictif afin de faire image. C'est juste pour permettre d'ancrer la pensée, gérardh. Vous voulez dire que vous lirez les lettres aux Sept Églises d'Asie mineure en pensant à des cas de figures qui se situent dans l'avenir, et alors dans l'avenir quand on se place du point de vue de Jean. Dieu a sous les yeux la ruine de l'Église catholique de l'an 850, par exemple (la simonie, etc.), et il peut en glisser une critique par avance via ce qu'il peut transmettre à Jean sur son île à Patmos.
Une nouvelle manière de lecture
Mais il pourrait être une "tout autre manière" de décoder le texte de l'Apocalypse et quant à ces fameuses lettres aux Églises des chapitre 2-3. Vous pourriez me dire ce que vous en penserez.
Voici :
Personnellement, j'inclinerais de plus en plus à trouver dans les fameuses lettres aux Sept Églises
d'Asie des lettres purement symboliques, mais pour exprimer un récapitulatif réel que nous livre Jean de toute l'histoire du salut et soit les moments-clés de l'histoire biblique, et ce, jusqu'à cette époque des premiers chrétiens.
En sorte que l'Église d'Éphèse pourrait représenter avec la chute de l'homme la période de la Genèse
(Noé, Abraham, Joseph le patriarche, etc.), puis avec Smyrne l'esclavage et la sortie d'Égypte, Pergame la période d'errance du peuple dans le désert, Canaan et jusqu'à la période des Juges, Thyatire toute la période des rois d'Israël
(David, Salomon, etc.), Sardes correspondant ensuite à l'exil à Babylone, Philadelphie pour évoquer le
retour d'Exil, le relèvement des murailles de Jérusalem, le second temple et jusqu'à l'épisode des
Maccabées, Laodicée qui termine la séquence englobera l'époque dite "intertestamentaire", celle qui voit la dynastie des Hyrcans prendre le pouvoir en Judée, ensuite Hérode (les Hasmonéens) et le développement du pharisaïsme, époque de l'attente fièvreuse du Messie, époque de Jésus.
Je trouve de plus en plus séduisant une pareille lecture. C'est un peu comme si l'ange faisait pour Jean, en ouverture de livre, ce que Jésus pouvait faire jadis avec les disciples d'Emmaüs ou Philippe avec l'esclave sur la route. C'est à dire reprendre tous les textes et revisiter ensemble l'histoire du salut de l'humanité.
Éphèse :
Une notion ici de totalité (sept étoiles, celui qui marche au milieu des sept lampadaires) ou toute l'humanité. Le labeur où le travail dans la peine fait renvoi à la Genèse, alliance avec Noé qui résiste et qui supporte à cause du nom de Dieu, comme Abraham, comme Lot à Sodome. Le patriarche Joseph (vendu par ses frères) est aussi un "survivaliste" plutôt résilient, qui reste fidèle à Dieu dans l'adversité. Ceux de l'alliance de Noé (ceux dans l'arche) comme ceux d'Abraham s'objectent tous contre les cultes idolâtres compromis avec de l'immoralité sexuelle (cf. prostitution, homosexualité, pédophilie, etc.) Les uns pourront parler de loi naturelle s'ils le veulent. La promesse fait allusion au jardin d'Eden = Genèse.
Smyrne :
«Au messager de la communauté de Smyrne, écris :
L'expérience de la sortie d'Égypte est l'expérience de libération fondatrice du peuple hébreu. Ce fut
telle une renaissance pour des fils devenus esclaves. L'oppression renvoi au pharaon d'Égypte («J'ai vu, j'ai vu la
misère de mon peuple qui est en Égypte, et j'ai entendu sa clameur devant ses surveillants; oui, je
connais ses douleurs [...]» - Exode 3,7) Le temps de l'oppression marqué comme dix jours fait renvoi à
la périodicité des dix plaies d'Égypte.
La synagogue de l'Adversaire = le pharaon qui s'oppose à Dieu. Celui qui se prétend juif mais qui ne
l'est pas = Les prétentions du pharaon à être l'élu de Dieu ou le peuple supérieur, Moïse dans sa première version égyptienne et qui va même tuer un juif; le Moïse héroïco-ambigüe d'avant sa rencontre de Dieu à la montagne de l'Horeb. Mais la promesse est qu'il n'y aura plus jamais de mort à craindre pour celui qui reste fidèle jusqu'au bout; être ici dans la vérité, fidèle jusqu'au bout.
Voici : le Diviseur va jeter certains d'entre vous en prison pour que vous
soyez mis à l'épreuve [...] Qui a des oreilles qu'il écoute ce que le Souffle dit aux communautés :
le vainqueur, jamais la seconde mort ne l'atteindra.» = un rappel de l'épisode terrifiant dans lequel Dieu envoie un esprit exterminateur sur le pays d'Égypte pour tuer tous les premiers nés des Égyptiens, juste la veille de la sortie, quand les chefs de famille hébreux devaient assurer la survie de leur premier-né, en marquant d'une croix le seuil de leur demeure, une croix tracée avec du sang de l'agneau sacrifié. On pense à un jugement de Dieu.
Thyatire :
«Au messager de la communauté de Thyatire, écris :
Le fils de Dieu ou le fils de David. Le bronze affiné renvoi à la puissance royale. L'importance des
oeuvres mentionnées avec la notion de service évoque le service du Temple. La reine Jézabel équivaut au
cycle du prophète Élie. Le texte nous entretient de la royauté en Israël et de ses compromissions
fâcheuses avec les idôles, la trahison à l'égard de Yavhé. L'épouse se fait adultère. Ceux qui ne sont pas pénétrés des
profondeurs de l'Adversaire représentent les 7000 qui ne plient pas le genou devant les idôles. La
promesse nous renvoi à l'annonce du Messie à venir, celui qui va hériter du trône de David et dont le
royaume ne passera pas.
Sardes :
«Au messager de la communauté de Sardes, écris :
C'est l'exil pour le peuple hébreu. Israël est tombé sous la coupe des Babyloniens. Parce que Dieu n'a
pas trouvé l'accomplissement qu'il voulait. Ainsi, «faire mémoire, garder et faire retour à Dieu »
signifie se recentrer sur la parole de Dieu. Il reste des fidèles en exil dont le nom ne sera pas
effacé du livre de la vie = qui demeurent dans l'alliance avec Dieu. La mention des sept souffles ou sept
étoiles fait allusion aux nations comme avec Éphèse au départ. Les hébreux sont en exil parmi les
nations.
Philadelphie :
«Au messager de la communauté de Philadelphie, écris :
Le texte fait clairement référence à Isaïe 60 et à Esdras 4 qui sont des passages renvoyant au retour
de l'exil, au projet de "reconstruction de Jérusalem avec ses remparts", son nouveau temple. Ensuite,
l'épreuve sur le point de venir fait allusion à la grande persécution du temps d'Antiochus Épiphane, la
révolte de Simon Maccabées, la victoire des juifs, la purification du temple et sa dédicace.
Laodicée
«Au messager de la communauté de Laodicée, écris :
Nous sommes rendu à l'époque de l'emprise romaine sur la Judée, celle où la prêtrise du temple n'est
plus crédible du tout, période où les saduccéens pactisent avec les Romains, avec des pharisiens du genre de
ceux décriés par Jésus dans les Évangiles. C'est l'ére des brebis qui n'ont pas de berger, en même
temps l'époque de l'attente fiévreuse du Messie.
Ceux qui ne sont "ni chaud ni froid" sont comme Simon le pharisien et à qui Jésus peut reprocher de ne
pas s'etre «trop dérangé» lors de son arrivé chez lui, cependant que la femme "pécheresse" aura versé du parfum
sur lui, pour baigner ses pieds avec ses larmes et les essuyer avec ses cheveux. Ni chaud ni froid, les
pharisiens qui disent ne pas savoir d'où était le baptême de Jean. «Le baptême de Jean était-il du ciel
ou des hommes?» leur demandera Jésus. - Nous ne savons pas. Le Christ peut les vomir de sa bouche.
L'allusion à l'onguent pour enduire les yeux? c'est tout l'épisode de la guérison de l'aveugle-né et que Jean va narrer dans
son Évangile. «Je suis venu dans le monde pour que les aveugles retrouvent la vue»; «Si vous étiez
aveugle vous seriez sans péché, mais tant que vous dite «je vois!» votre péché demeure».
Jean est probablement l'évangéliste le plus sévère et impitoyable avec les pharisiens.
Moi, tous ceux que j'aime, je les corrige et les éduque = une probable allusion de Jean aux martyrs chrétiens qui sont flagellés dans les synagogues de l'Adversaire («Ils vous fouetteront pensant rendre un culte à Dieu ...»)
C'est désormais l'annonce de la bonne nouvelle aux pauvres. Jésus se tient à la porte et frappe. Si quelqu'un
entend sa voix ...
Oui, ici je lançais juste un exemple fictif afin de faire image. C'est juste pour permettre d'ancrer la pensée, gérardh. Vous voulez dire que vous lirez les lettres aux Sept Églises d'Asie mineure en pensant à des cas de figures qui se situent dans l'avenir, et alors dans l'avenir quand on se place du point de vue de Jean. Dieu a sous les yeux la ruine de l'Église catholique de l'an 850, par exemple (la simonie, etc.), et il peut en glisser une critique par avance via ce qu'il peut transmettre à Jean sur son île à Patmos.
Une nouvelle manière de lecture
Mais il pourrait être une "tout autre manière" de décoder le texte de l'Apocalypse et quant à ces fameuses lettres aux Églises des chapitre 2-3. Vous pourriez me dire ce que vous en penserez.
Voici :
Personnellement, j'inclinerais de plus en plus à trouver dans les fameuses lettres aux Sept Églises
d'Asie des lettres purement symboliques, mais pour exprimer un récapitulatif réel que nous livre Jean de toute l'histoire du salut et soit les moments-clés de l'histoire biblique, et ce, jusqu'à cette époque des premiers chrétiens.
En sorte que l'Église d'Éphèse pourrait représenter avec la chute de l'homme la période de la Genèse
(Noé, Abraham, Joseph le patriarche, etc.), puis avec Smyrne l'esclavage et la sortie d'Égypte, Pergame la période d'errance du peuple dans le désert, Canaan et jusqu'à la période des Juges, Thyatire toute la période des rois d'Israël
(David, Salomon, etc.), Sardes correspondant ensuite à l'exil à Babylone, Philadelphie pour évoquer le
retour d'Exil, le relèvement des murailles de Jérusalem, le second temple et jusqu'à l'épisode des
Maccabées, Laodicée qui termine la séquence englobera l'époque dite "intertestamentaire", celle qui voit la dynastie des Hyrcans prendre le pouvoir en Judée, ensuite Hérode (les Hasmonéens) et le développement du pharisaïsme, époque de l'attente fièvreuse du Messie, époque de Jésus.
Je trouve de plus en plus séduisant une pareille lecture. C'est un peu comme si l'ange faisait pour Jean, en ouverture de livre, ce que Jésus pouvait faire jadis avec les disciples d'Emmaüs ou Philippe avec l'esclave sur la route. C'est à dire reprendre tous les textes et revisiter ensemble l'histoire du salut de l'humanité.
Éphèse :
Une notion ici de totalité (sept étoiles, celui qui marche au milieu des sept lampadaires) ou toute l'humanité. Le labeur où le travail dans la peine fait renvoi à la Genèse, alliance avec Noé qui résiste et qui supporte à cause du nom de Dieu, comme Abraham, comme Lot à Sodome. Le patriarche Joseph (vendu par ses frères) est aussi un "survivaliste" plutôt résilient, qui reste fidèle à Dieu dans l'adversité. Ceux de l'alliance de Noé (ceux dans l'arche) comme ceux d'Abraham s'objectent tous contre les cultes idolâtres compromis avec de l'immoralité sexuelle (cf. prostitution, homosexualité, pédophilie, etc.) Les uns pourront parler de loi naturelle s'ils le veulent. La promesse fait allusion au jardin d'Eden = Genèse.
Smyrne :
«Au messager de la communauté de Smyrne, écris :
L'expérience de la sortie d'Égypte est l'expérience de libération fondatrice du peuple hébreu. Ce fut
telle une renaissance pour des fils devenus esclaves. L'oppression renvoi au pharaon d'Égypte («J'ai vu, j'ai vu la
misère de mon peuple qui est en Égypte, et j'ai entendu sa clameur devant ses surveillants; oui, je
connais ses douleurs [...]» - Exode 3,7) Le temps de l'oppression marqué comme dix jours fait renvoi à
la périodicité des dix plaies d'Égypte.
La synagogue de l'Adversaire = le pharaon qui s'oppose à Dieu. Celui qui se prétend juif mais qui ne
l'est pas = Les prétentions du pharaon à être l'élu de Dieu ou le peuple supérieur, Moïse dans sa première version égyptienne et qui va même tuer un juif; le Moïse héroïco-ambigüe d'avant sa rencontre de Dieu à la montagne de l'Horeb. Mais la promesse est qu'il n'y aura plus jamais de mort à craindre pour celui qui reste fidèle jusqu'au bout; être ici dans la vérité, fidèle jusqu'au bout.
Voici : le Diviseur va jeter certains d'entre vous en prison pour que vous
soyez mis à l'épreuve [...] Qui a des oreilles qu'il écoute ce que le Souffle dit aux communautés :
le vainqueur, jamais la seconde mort ne l'atteindra.» = un rappel de l'épisode terrifiant dans lequel Dieu envoie un esprit exterminateur sur le pays d'Égypte pour tuer tous les premiers nés des Égyptiens, juste la veille de la sortie, quand les chefs de famille hébreux devaient assurer la survie de leur premier-né, en marquant d'une croix le seuil de leur demeure, une croix tracée avec du sang de l'agneau sacrifié. On pense à un jugement de Dieu.
Thyatire :
«Au messager de la communauté de Thyatire, écris :
Le fils de Dieu ou le fils de David. Le bronze affiné renvoi à la puissance royale. L'importance des
oeuvres mentionnées avec la notion de service évoque le service du Temple. La reine Jézabel équivaut au
cycle du prophète Élie. Le texte nous entretient de la royauté en Israël et de ses compromissions
fâcheuses avec les idôles, la trahison à l'égard de Yavhé. L'épouse se fait adultère. Ceux qui ne sont pas pénétrés des
profondeurs de l'Adversaire représentent les 7000 qui ne plient pas le genou devant les idôles. La
promesse nous renvoi à l'annonce du Messie à venir, celui qui va hériter du trône de David et dont le
royaume ne passera pas.
Sardes :
«Au messager de la communauté de Sardes, écris :
C'est l'exil pour le peuple hébreu. Israël est tombé sous la coupe des Babyloniens. Parce que Dieu n'a
pas trouvé l'accomplissement qu'il voulait. Ainsi, «faire mémoire, garder et faire retour à Dieu »
signifie se recentrer sur la parole de Dieu. Il reste des fidèles en exil dont le nom ne sera pas
effacé du livre de la vie = qui demeurent dans l'alliance avec Dieu. La mention des sept souffles ou sept
étoiles fait allusion aux nations comme avec Éphèse au départ. Les hébreux sont en exil parmi les
nations.
Philadelphie :
«Au messager de la communauté de Philadelphie, écris :
Le texte fait clairement référence à Isaïe 60 et à Esdras 4 qui sont des passages renvoyant au retour
de l'exil, au projet de "reconstruction de Jérusalem avec ses remparts", son nouveau temple. Ensuite,
l'épreuve sur le point de venir fait allusion à la grande persécution du temps d'Antiochus Épiphane, la
révolte de Simon Maccabées, la victoire des juifs, la purification du temple et sa dédicace.
- cf «... oui, des navires s'assemblent pour moi,
vaisseaux de Tarsis à leur tête, pour ramener tes
fils de loin avec leur or et leur argent, pour
le nom de Yavhé, ton Dieu, pour le Saint d'Israël,
car il t'a glorifié.
Les fils de l'étranger bâtiront tes remparts, leurs
rois te serviront; car dans mon irritation je t'avais frappée,
mais, dans ma bienveillance, j'ai pitié de toi.
Tes portes seront constamment ouvertes; elles ne
seront fermées ni le jour ni la nuit,
pour qu'on apporte chez toi les richesses des nations
[...]» -Isaïe 60, 9
Laodicée
«Au messager de la communauté de Laodicée, écris :
Nous sommes rendu à l'époque de l'emprise romaine sur la Judée, celle où la prêtrise du temple n'est
plus crédible du tout, période où les saduccéens pactisent avec les Romains, avec des pharisiens du genre de
ceux décriés par Jésus dans les Évangiles. C'est l'ére des brebis qui n'ont pas de berger, en même
temps l'époque de l'attente fiévreuse du Messie.
Ceux qui ne sont "ni chaud ni froid" sont comme Simon le pharisien et à qui Jésus peut reprocher de ne
pas s'etre «trop dérangé» lors de son arrivé chez lui, cependant que la femme "pécheresse" aura versé du parfum
sur lui, pour baigner ses pieds avec ses larmes et les essuyer avec ses cheveux. Ni chaud ni froid, les
pharisiens qui disent ne pas savoir d'où était le baptême de Jean. «Le baptême de Jean était-il du ciel
ou des hommes?» leur demandera Jésus. - Nous ne savons pas. Le Christ peut les vomir de sa bouche.
L'allusion à l'onguent pour enduire les yeux? c'est tout l'épisode de la guérison de l'aveugle-né et que Jean va narrer dans
son Évangile. «Je suis venu dans le monde pour que les aveugles retrouvent la vue»; «Si vous étiez
aveugle vous seriez sans péché, mais tant que vous dite «je vois!» votre péché demeure».
Jean est probablement l'évangéliste le plus sévère et impitoyable avec les pharisiens.
Moi, tous ceux que j'aime, je les corrige et les éduque = une probable allusion de Jean aux martyrs chrétiens qui sont flagellés dans les synagogues de l'Adversaire («Ils vous fouetteront pensant rendre un culte à Dieu ...»)
C'est désormais l'annonce de la bonne nouvelle aux pauvres. Jésus se tient à la porte et frappe. Si quelqu'un
entend sa voix ...
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