Le dialogue inter-religieux
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Forum de débats dialectiques entre personnes de bonne volonté autour de la religion chrétienne (catholicisme) et des objections formulées à son encontre
NB : L'attention des intervenants est particulièrement attirée sur la courtoisie et le respect ; les blasphèmes et provocations visant à blesser le sentiment religieux des lecteurs seront modérés ; les discussions inutilement polémiques seront verrouillées et leur initiateurs sanctionnés.
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Christophe67
- Barbarus

Re: Le dialogue inter-religieux
Bonjour,
Pourquoi dialogue inter-religieux ? C'est déjà long et difficile dans le cadre de l'œcuménisme, et encore. Chez nous une messe œcuménique tourne plus à au culte protestant.
Il faut faire place à la raison par moments. Si le musulman, le chrétien, le bouddhiste sont fermes dans leur foi alors ils sont persuadés tous d'avoir raison, et au mieux ils verront dans l'autre un agneau égaré. La conversion n'est pas de notre fait, c'est une grâce, et ceux qui en parlent le mieux sont les convertis eux-mêmes.
Alors il faut évangéliser, porter témoignage , demander les grâces, mais je ne vois dans le dialogue inter-religieux que l'aboutissement à un melting pot religieux ou spirituel que finalement chacun adopterait pour vivre en paix. Ce ne serait encore une fois qu'une envie des hommes, le Christ nous a apporté l'épée et nous demande d'être confiants, fidèles, dans l'espérance, d'enseigner les nations mais pas de concéder.
Cordialement.
Pourquoi dialogue inter-religieux ? C'est déjà long et difficile dans le cadre de l'œcuménisme, et encore. Chez nous une messe œcuménique tourne plus à au culte protestant.
Il faut faire place à la raison par moments. Si le musulman, le chrétien, le bouddhiste sont fermes dans leur foi alors ils sont persuadés tous d'avoir raison, et au mieux ils verront dans l'autre un agneau égaré. La conversion n'est pas de notre fait, c'est une grâce, et ceux qui en parlent le mieux sont les convertis eux-mêmes.
Alors il faut évangéliser, porter témoignage , demander les grâces, mais je ne vois dans le dialogue inter-religieux que l'aboutissement à un melting pot religieux ou spirituel que finalement chacun adopterait pour vivre en paix. Ce ne serait encore une fois qu'une envie des hommes, le Christ nous a apporté l'épée et nous demande d'être confiants, fidèles, dans l'espérance, d'enseigner les nations mais pas de concéder.
Cordialement.
Re: Le dialogue inter-religieux
Il y a deux autres possibilités que le dialogue entre religions. Il y a le repli sur soi et la violence.
Je n'ai pas bien compris celle que prônaient les adversaires du dialogue entre religions. Quelle est-elle?
Je n'ai pas bien compris celle que prônaient les adversaires du dialogue entre religions. Quelle est-elle?
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu
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gerardh
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Re: Le dialogue inter-religieux
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Bonjour Prodigal, vous demandez :
Lorsque Paul est allé à Ephèse, il n'a pas cherché à disserter sur l'Artémis-Diane des Ephésiens, mais a annoncé le Christ.
Cela dit il n'a pas proféré de propos injurieux contre l'idole.
Tout cela n'empêche pas de vivre en paix avec tout le monde pour autant que cela dépende de nous.
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Bonjour Prodigal, vous demandez :
En ce qui me concerne je prône "Jésus et Jésus crucifié", comme l'écrit l'apôtre Paul. En d'autres termes je prône l'évangile du salut.Je n'ai pas bien compris celle que prônaient les adversaires du dialogue entre religions
Lorsque Paul est allé à Ephèse, il n'a pas cherché à disserter sur l'Artémis-Diane des Ephésiens, mais a annoncé le Christ.
Cela dit il n'a pas proféré de propos injurieux contre l'idole.
Tout cela n'empêche pas de vivre en paix avec tout le monde pour autant que cela dépende de nous.
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Re: Le dialogue inter-religieux
Paul a dialogué avec les païens. Ce sont ceux-ci qui ont fini par refuser d'aller plus loin, lorsque les dires de Paul leur ont semblé absurdes.
Donc, si vous faites comme Paul c'est le dialogue que vous préconisez. Parler avec des personnes qui sont en désaccord avec nous, afin de se rapprocher ensemble de la vérité, de leur apporter ce que l'on sait mais aussi de tirer profit à les écouter, qu'est-ce sinon dialoguer?
Donc, si vous faites comme Paul c'est le dialogue que vous préconisez. Parler avec des personnes qui sont en désaccord avec nous, afin de se rapprocher ensemble de la vérité, de leur apporter ce que l'on sait mais aussi de tirer profit à les écouter, qu'est-ce sinon dialoguer?
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- Fée Violine
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Re: Le dialogue inter-religieux
Cette réponse du vicaire est normale, car c'est l'opinion générale de l'Église, exprimée depuis longtemps par st Thomas d'Aquin (désolée je n'ai pas la référence du texte de st Thomas mais je sais que je l'ai lu. Je peux chercher la référence). Non que la conversion soit facultative : mais elle doit être libre.Cinci a écrit :Pensez à l'anecdote du pape Jean Paul II qui retourne pour la première fois en Pologne, après son élection.
Il était allé rencontrer un rabbin d'une synagogue, je ne me rappelle plus la ville. Qui était ce rabbin? Enfant, celui-ci avait été confié par ses parents juifs à un couple de catholiques polonais, comme peu avant qu'ils ne soient eux-mêmes déportés à Auschwitz et d'où ils ne sont pas revenus après la guerre évidemment. L'homme de ce couple de catholiques avait été voir le vicaire de la paroisse, un peu embarrassé, ne sachant trop quoi faire avec l'enfant. Fallait-il le faire baptiser ou pas? Le vicaire lui aurait alors demandé d'essayer de se rappeler si les parents juifs auraient fait quelque recommandation. Oui, il semblerait qu'ils auraient demandé que l'enfant puisse être élevé en tant que juif finalement. Alors le vicaire a répondu que c'est bien ce qui devrait être fait. C'est Karol Wojtyla qui était ce fameux vicaire à l'époque.
Est-ce que Jean-Paul II aurait pensé, lui-même, que pour être sauvé il fallait à tout prix qu'un protestant devienne catholique? Et s'il ne le croirait pas, mais pour quelle raison devrait-il supposément mettre du miel pour tant vouloir s'emparer de la personne des frères séparés?
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axou
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Re: Le dialogue inter-religieux
Bonjour à tous !Christophe67 a écrit :Pourquoi dialogue inter-religieux ? C'est déjà long et difficile dans le cadre de l'œcuménisme, et encore. Chez nous une messe œcuménique tourne plus à au culte protestant.
Il faut faire place à la raison par moments. Si le musulman, le chrétien, le bouddhiste sont fermes dans leur foi alors ils sont persuadés tous d'avoir raison, et au mieux ils verront dans l'autre un agneau égaré.
Comme il a été dit plus haut, le dialogue inter-religieux, c'est pour se rencontrer, essayer de se comprendre, de se connaître, et de prier ensemble pour la paix. C'est expérimenter l'altérité ! L'autre est autre et je m'ouvre à sa différence et je tente de la comprendre sans m'en sentir agressée.
Ayant fait partie d'un petit groupe inter-religieux pendant 7 ans (juifs, chrétiens et musulmans pour une étude des textes) et participé à des événements plus larges dans la lignée d'Assise avec les Fraternités monastiques de Jérusalem, je peux témoigner qu'aucun de nous ne pensait que "toutes les religions se valent". En revanche, l'esprit d'ouverture nous amenait à accepter que, si moi je considérais que Jésus fils de Dieu était La vérité, Jésus simple prophète était la vérité pour mes frères juifs et musulmans. C'est la base : accepter que l'autre ait une foi différente et m'intéresser à lui et sa pratique, découvrir aussi comment Dieu lui parle et comment il avance avec Dieu, comment sa foi le porte. Comment l'Esprit parle à travers la foi de l'autre. Je vous rappelle que selon Vatican 2, ils ont droit à des "miettes" de vérité ! Et oui, Dieu fait des merveilles dans les coeurs, par la foi de l'autre. Non, l'autre n'est pas un agneau égaré mais un enfant de Dieu et comment Dieu lui parle et où il veut l'emmener, ce sont les affaires de Dieu. Et si Dieu veut se servir de moi pour le conduire au Christ, alors Amen.
Il y a eu des conversions dans notre petit groupe : un juif et une musulmane sont devenus chrétiens. ça s'est fait tout seul, la grâce a agi. La conversion, c'est l'affaire de l'Esprit Saint, pas nos affaires. En revanche, nous sommes appelés à témoigner et quelle occasion merveilleuse de témoigner que la rencontre inter-religieuse puisque nous nous exprimons clairement sur notre foi et prenons le temps de l'expliciter et l'autre ne demande que cela ! Et puis, nous allions aux rituels les uns des autres pour les fêtes religieuses essentielles. Un beau jour, une amie musulmane m'a dit : "tu vas où à la messe, je peux venir avec toi ?", voilà, Jésus est venu la chercher, et leur histoire d'amour a commencé, et aujourd'hui, c'est elle qui m'évangélise, c'est elle qui répand avec une ferveur incroyable le feu sacré.
Le Christ nous demande de nous rencontrer et de nous aimer tels que nous sommes, de l'annoncer tout en respectant l'autre dans ce qu'il est. Ensuite, c'est Son affaire, c'est lui qui vient habiter les coeurs et les conduire.
Il est certain que si nous, chrétiens, étions arrivés dans ce groupe en disant "vous avez tort et nous avons raison", rien ne se serait passé, pas de rencontre, pas d'amour, pas d'occasion de rencontre pour certains avec le Christ. En revanche dire "pour moi, la vérité c'est le Christ et en voilà l'impact dans ma vie" et demander à l'autre "qui est Dieu pour toi et comment ça se passe dans ta vie ?", ça change tout.
En fait, tout est une question de confiance : confiance en Dieu et en l'action de l'Esprit, confiance en l'autre qui chemine, confiance en moi qui peux me permettre de lâcher prise car je ne possède pas la vérité mais je sais qui elle est.
Mère Térésa veillait à Calcutta que chacun soit accompagné et enterré dans le rituel de sa propre religion, elle n'a cherché à convertir personne. A sa mort, je me souviens d'un Hindou qui disait "de toutes les religions, elle n'en a fait qu'une seule, celle de l'amour, c'est ce qui compte pour nous". C'était un bel hommage à celle qui avait consacré toute sa vie à apporter le Christ et son amour partout, et surtout là où personne ne voulait aller.
Aujourd'hui, après les évènements récents, je me pose beaucoup de questions. J'ai envie de me réinvestir dans le dialogue inter-religieux mais j'ai pris conscience de manière aigüe de ceci. Les lieux de rencontre inter-religieux en France réunissent en général des personnes extrêmement cultivées, l'esprit ouvert par les études, les voyages... Les musulmans présents font partie d'une élite intellectuelle. Or l'Islamisme se répand dans nos banlieues dans des milieux défavorisés et peu cultivés.
Nous chrétiens, comment tendons-nous la main à ces personnes-là ? Comment prenons-nous notre part pour apporter du sens et de la lumière à cette population qui se clive et s'enfoularde à vitesse grand V avant de laisser, peut-être, ses fils partir au dhihad ?
Je me rends compte du génie prophétique de Chistian de Chergé et de ses moines, qui partageaient le quotidien simple des villageois (et qui participaient également aux rencontres spirituelles avec des soufis) et plus près de nous en France de l'initiative d'Henri Quinson avec la Cité Saint Pierre à Marseille : pendant 15 ans, quelques moines ont vécu parmi la population immigrée, invitant les gens à assister si ils le voulaient à leurs offices et en faisant du soutien scolaire. Ils n'ont cherché à convertir personne, ils ont apporté le Christ en personne par leur présence et ont permis à de nombreux jeunes de trouver leur place dans la société française. (Il y a dû aussi avoir des conversions, de manière naturelle).
Le soutien scolaire me paraît une bonne manière de s'impliquer aujourd'hui, dans certains quartiers.
Bien à vous !
Axou
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Christophe67
- Barbarus

Re: Le dialogue inter-religieux
Bonjour Axou,
Oui je comprends, mais quel intérêt de déclarer "un dialogue inter-religieux" qui aurait dû toujours exister.
En Alsace, sous le régime concordataire (probablement plus pour longtemps), ce principe parait assez ridicule. Nous l'appelons le savoir vivre ensemble et cela ne date pas d'aujourd'hui puisque juifs, chrétiens, protestants n'ont jamais eu de problèmes ensemble, et même pendant le massacre de la Saint Barthélémy ou tous ont faits bloc.
Nous allons les uns chez les autres, respectons les cultes de chacun et y envoyons des représentants lors d' événements importants. Par contre, personne n'essaie de convertir personne, si cela se fait et bien tant mieux, chacun exprime sa position et respecte celle de l'autre. Donc en 2014, prôner le dialogue inter-religieux me parait (avis tout à fait personnel) d'un archaïsme incroyable.
Comme je l'expliquais dans un autre fil, nous avons en droit local une loi contre le blasphème (qui concerne les catholiques, juifs, protestants), mais pas les musulmans, non parce qu'ils n'y auraient pas droit, mais parce que le droit local est un héritage du droit allemand et ne peut-être modifié en légiférant.
Je le répète , je ne vois dans ce principe que l'aboutissement d'un melting pot spirituel ne visant qu'à vivre tranquille ensemble, et l'actualité semble aller en ce sens puisque l'école laïque, d'après les propos de Najat Vallaud-Belkacem ce matin à France Info, va former des enseignants laïques à enseigner ce que doit être la religion. Désolé mais le clergé laïque qui se propose d'enseigner, probablement, sa religion il ne va pas en rester grand chose du dialogue inter-religieux. Dans un tour d'illusionniste on attire l'attention sur la main droite pour masquer ce que fait la main gauche. Mais bon, ce n'est que mon avis.
Cordialement.
Oui je comprends, mais quel intérêt de déclarer "un dialogue inter-religieux" qui aurait dû toujours exister.
En Alsace, sous le régime concordataire (probablement plus pour longtemps), ce principe parait assez ridicule. Nous l'appelons le savoir vivre ensemble et cela ne date pas d'aujourd'hui puisque juifs, chrétiens, protestants n'ont jamais eu de problèmes ensemble, et même pendant le massacre de la Saint Barthélémy ou tous ont faits bloc.
Nous allons les uns chez les autres, respectons les cultes de chacun et y envoyons des représentants lors d' événements importants. Par contre, personne n'essaie de convertir personne, si cela se fait et bien tant mieux, chacun exprime sa position et respecte celle de l'autre. Donc en 2014, prôner le dialogue inter-religieux me parait (avis tout à fait personnel) d'un archaïsme incroyable.
Comme je l'expliquais dans un autre fil, nous avons en droit local une loi contre le blasphème (qui concerne les catholiques, juifs, protestants), mais pas les musulmans, non parce qu'ils n'y auraient pas droit, mais parce que le droit local est un héritage du droit allemand et ne peut-être modifié en légiférant.
Je le répète , je ne vois dans ce principe que l'aboutissement d'un melting pot spirituel ne visant qu'à vivre tranquille ensemble, et l'actualité semble aller en ce sens puisque l'école laïque, d'après les propos de Najat Vallaud-Belkacem ce matin à France Info, va former des enseignants laïques à enseigner ce que doit être la religion. Désolé mais le clergé laïque qui se propose d'enseigner, probablement, sa religion il ne va pas en rester grand chose du dialogue inter-religieux. Dans un tour d'illusionniste on attire l'attention sur la main droite pour masquer ce que fait la main gauche. Mais bon, ce n'est que mon avis.
Cordialement.
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axou
- Barbarus

Re: Le dialogue inter-religieux
Bonsoir Christophe, je trouve cela beau ce que vous vivez en Alsace, pour ceux qui le vivent car j'imagine que tout le monde n'a pas cette simplicité et cette ouverture. Rien ne vaut en effet la rencontre informelle et naturelle, et le dialogue tout court.
Si les autorités religieuses ont créé des rencontres inter-religieuses, c'est bien que le plus souvent elles ne vont pas de soi. Ce sont aussi des lieux de parole de vérité sur la foi des uns et des autres qui sont rarement dites lors des rencontres informelles. Au Liban où les gens de 17 confessions vivent et travaillent ensemble (entre 2 guerres...), les courageux qui organisent des rencontres inter-religieuses avec prise de parole sur la foi des uns et des autres s'aperçoivent de l'ignorance crasse de la foi de l'autre et parfois de l'impossibilité de seulement entendre évoquer une différence de point de vue religieuse. On vit ensemble mais surtout qu'on ne se connaisse pas en profondeur et qu'on n'évoque pas les sujets qui fâchent. On connaît le résultat de cet évitement...
Tout dépend de ce qu'on met derrière le mot "inter-religieux" : pour moi, par expérience, ce n'est pas un principe mais de vraies rencontres avec des conférences, ateliers, confrontations et échanges passionnants et une exigence de vérité. Cela me paraît très nécessaire, enfin pour ceux qui se sentent appelés à cela (chacun son charisme).
Je trouve que c'est une bonne idée d'enseigner l'histoire des religions à l'école, cela peut apprendre aux enfants l'altérité, à condition que les enseignants soient bien formés.
Bien à vous,
Axou
Si les autorités religieuses ont créé des rencontres inter-religieuses, c'est bien que le plus souvent elles ne vont pas de soi. Ce sont aussi des lieux de parole de vérité sur la foi des uns et des autres qui sont rarement dites lors des rencontres informelles. Au Liban où les gens de 17 confessions vivent et travaillent ensemble (entre 2 guerres...), les courageux qui organisent des rencontres inter-religieuses avec prise de parole sur la foi des uns et des autres s'aperçoivent de l'ignorance crasse de la foi de l'autre et parfois de l'impossibilité de seulement entendre évoquer une différence de point de vue religieuse. On vit ensemble mais surtout qu'on ne se connaisse pas en profondeur et qu'on n'évoque pas les sujets qui fâchent. On connaît le résultat de cet évitement...
Tout dépend de ce qu'on met derrière le mot "inter-religieux" : pour moi, par expérience, ce n'est pas un principe mais de vraies rencontres avec des conférences, ateliers, confrontations et échanges passionnants et une exigence de vérité. Cela me paraît très nécessaire, enfin pour ceux qui se sentent appelés à cela (chacun son charisme).
Je trouve que c'est une bonne idée d'enseigner l'histoire des religions à l'école, cela peut apprendre aux enfants l'altérité, à condition que les enseignants soient bien formés.
Bien à vous,
Axou
- PaxetBonum
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Re: Le dialogue inter-religieux
Tout est là : qui va former qui et dans quelle optique ?axou a écrit : Je trouve que c'est une bonne idée d'enseigner l'histoire des religions à l'école, cela peut apprendre aux enfants l'altérité, à condition que les enseignants soient bien formés.
Quand je vois la catastrophique "pastorale" enseignée dans les écoles dites privées catholiques où l'on enseigne un syncrétisme confinant au crétinisme, j'ai peur de ce que nos ayatollah de la laïcité vont accoucher.
On connaît leur anticatholicisme primaire et leur islamophilie compulsive.
Bref je ne pense que cela peut-être envisagé en dehors de toute propagande laïciste que si les intervenants sont des religieux de chacune des religions présentées. Autrement le pire est le meilleur à craindre.
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Toto
- Barbarus

Re: Le dialogue inter-religieux
Saint Thomas ne traitait pas le cas du baptême d'un enfant quand les parents étaient morts, mais quand les parents étaient vivants. Ici, ils sont morts, donc ce que prévoyait Saint Thomas (cité dans Denzinger, 2552 : II, a 7 ; II q10 a 12 ; III q 68, a 10) ne s'applique pas.Fée Violine a écrit : Cette réponse du vicaire est normale, car c'est l'opinion générale de l'Église, exprimée depuis longtemps par st Thomas d'Aquin (désolée je n'ai pas la référence du texte de st Thomas mais je sais que je l'ai lu. Je peux chercher la référence). Non que la conversion soit facultative : mais elle doit être libre.
On s'en remettra donc au Magistère : Benoît XIV estimait que "un enfant juif chassé par ses parents doit être baptisé" ; le code du droit canon, can. 868, dit que : "Can. 868 – § 1. Pour qu’un enfant soit baptisé licitement, il faut : 1 que les parents y consentent, ou au moins l’un d’eux, ou ceux qui tiennent légitimement leur place." Or, ici, ceux qui tiennent légitimement leur place sont ce couple catholique auquel les parents juifs ont confié volontairement leur enfant. Donc, si les parents catholiques, qui deviennent parents adoptifs par le fait des événements, y consentent, l'enfant selon moi devrait être baptisé.
- Olivier C
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Re: Le dialogue inter-religieux
Et avant même de parler de la relation catholiques/orthodoxes, il faudrait déjà que ces Églises orthodoxes puissent s'accorder entre elles. Celles-ci revendiquent la primauté du concile sur toute hiérarchie... mais ne peuvent en convoquer un faute d'être suffisamment unies.Héraclius a écrit :[...] Je pense notamment aux églises orthodoxes orientales, dont l'humilité plus grande leur permettrait plus facilement de reconnaître la primauté romaine que les églises des 7 conciles qui sont trèèèès loin d'être prêtes à la réunion... Et pour les protestants, c'est pire.
Je suis un simple serviteur, je ne fais que mon devoir.
- Fée Violine
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Re: Le dialogue inter-religieux
Les parents sont morts, mais avant de mourir ils ont indiqué clairement leur volonté.Toto a écrit : Saint Thomas ne traitait pas le cas du baptême d'un enfant quand les parents étaient morts, mais quand les parents étaient vivants. Ici, ils sont morts, donc ce que prévoyait Saint Thomas (cité dans Denzinger, 2552 : II, a 7 ; II q10 a 12 ; III q 68, a 10) ne s'applique pas.
On s'en remettra donc au Magistère : Benoît XIV estimait que "un enfant juif chassé par ses parents doit être baptisé" ; le code du droit canon, can. 868, dit que : "Can. 868 – § 1. Pour qu’un enfant soit baptisé licitement, il faut : 1 que les parents y consentent, ou au moins l’un d’eux, ou ceux qui tiennent légitimement leur place." Or, ici, ceux qui tiennent légitimement leur place sont ce couple catholique auquel les parents juifs ont confié volontairement leur enfant. Donc, si les parents catholiques, qui deviennent parents adoptifs par le fait des événements, y consentent, l'enfant selon moi devrait être baptisé.
De plus, ils n'ont pas "abandonné" cet enfant, ils ne l'ont pas confié "volontairement" mais dans une situation de persécution où ils n'ont pas trouvé d'autre moyen de lui sauver la vie.
Re: Le dialogue inter-religieux
Bonsoir,PaxetBonum a écrit : Oui vous avez raison.
Lors du débat avec des musulmans converti après la projection de "l'Apôtre", un intervenant disait aussi cela : il faut cesser le dialogue interreligieux, ce n'est pas ce que demande le Christ, il demande d'annoncer l'Evangile à toutes les nations.
Il y a des communautés religieuses qui apparaissent pour cela :
http://misericordedivine.fr/+-Islam-+
Normalement, le dialogue inter-religieux est le commencement de l'évangélisation. Il reste nécessaire, parce que pour évangéliser, il faut commencer par dialoguer.
Le problème est que dans de nombreuses régions du monde, dont la France, on fait du dialogue inter-religieux un but, et on s'y arrête dans une certaine paresse. En réalité, dès que le dialogue est instauré, il faudrait pouvoir passer à l'étape supérieure : annoncer le Christ, témoigner de notre foi et de notre joie à être en relation avec ce Dieu d'Amour qui nous a tant aimé qu'il s'est livré sur une croix.
Sur le plan pratique, annoncer le Christ se fait d'abord par une vie centrée sur Lui. Et c'est là que le bât blesse en France. La tiédeur de notre christianisme rend le dialogue inter-religieux inefficace. Alors que si l'incroyant ou le croyant d'une autre religion constate une vie de foi qui donne le bonheur au chrétien, cela donne envie ! Vivre avec le Christ doit se voir sur nos visages ! Il ne s'agit pas de faire du prosélytisme de conviction, mais de dire, simplement et humblement, quel est le sens de notre vie. D'expérience, les gens y sont sensibles.
Cgs
Mes propos qui apparaissent en vert comme ceci indiquent que j'agis au nom de la modération du forum.
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- PaxetBonum
- Tribunus plebis

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- Inscription : lun. 21 juin 2010, 19:01
Re: Le dialogue inter-religieux
Cgs, votre réponse est complète et véridique, je ne peux que vous remercier pour cette intervention.
Après il ne pas oublier un dialogue inter-religieux avec la religion la moins tolérante de France : le laïcisme.
D'où l'œuvre de ces communautés religieuses émergentes qui vont au péril de leurs vies témoigner du Christ à travers la Cité.
Après il ne pas oublier un dialogue inter-religieux avec la religion la moins tolérante de France : le laïcisme.
D'où l'œuvre de ces communautés religieuses émergentes qui vont au péril de leurs vies témoigner du Christ à travers la Cité.
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axou
- Barbarus

Re: Le dialogue inter-religieux
Oui CGS c'est très vrai le vrai ennemi de l'Eglise et de la foi chrétienne, c'est notre tiédeur à nous chrétiens ! C'est l'enthousiasme et le feu intérieur qui atirrent au Christ. j'ai eu le bonheur de découvrir le Père Zanetti -Zorkine sur le forum et j'écoute de temps en temps certaines de ses homélies, il est un bon antidote anti-tiédeur et nous ramène à l'urgence de répandre le feu sur la Terre."Sur le plan pratique, annoncer le Christ se fait d'abord par une vie centrée sur Lui. Et c'est là que le bât blesse en France. La tiédeur de notre christianisme rend le dialogue inter-religieux inefficace. Alors que si l'incroyant ou le croyant d'une autre religion constate une vie de foi qui donne le bonheur au chrétien, cela donne envie ! Vivre avec le Christ doit se voir sur nos visages ! Il ne s'agit pas de faire du prosélytisme de conviction, mais de dire, simplement et humblement, quel est le sens de notre vie. D'expérience, les gens y sont sensibles."
Axou
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