Je ne suis pas venu apporter la paix sur terre
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- Fée Violine
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Re: A votre avis que voulait dire Jésus en Luc 12 v. 49-53 ?
Bonjour Ullysse,
j'ai fusionné votre question avec un débat sur le même sujet. En espérant que ça vous éclaire !
Voyez aussi ici:
http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... 34&t=27901
(méditations sur le même texte)
j'ai fusionné votre question avec un débat sur le même sujet. En espérant que ça vous éclaire !
Voyez aussi ici:
http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... 34&t=27901
(méditations sur le même texte)
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Cinci
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Re: La paix de Dieu
Un petit texte de Michel Cesbron :
Bienheureux ceux qui travaillent pour la paix : ils seront appelés fils de Dieu
«Le contraire de la paix n'est pas forcément la guerre [...] C'est, en tout domaine, la destruction de l'échelle humaine. Quand celle-ci disparaît, ou et quand que ce soit, une sorte de malaise nous envahit; la paix a disparu et nous nous entre-regardons, sinon en ennemis, du moins en étrangers; le mécanisme est déjà en marche. Il conduira à la simple hargne ou à la Guerre de cent ans. Ce n'est pas à ses conséquences qu'il faut mesurer l'événement. D'âge en âge, les historiens s'extasient devant la disparité de la cause avec l'effet : un coup d'éventail, une fausse dépêche, un sourcil froncé - un million de morts. Mais qui se soucie de la taille d'un virus?
Aimer passionnément la paix, c'est premièrement détester son contraire. Le détester fruits, fleurs et racines - et cela mène loin, car les fruits de la guerre peuvent, un moment, sembler bons et ses fleurs belles. Il existe un fascinant folklore du courage, «la bravoure du sabreur», dont parle Balzac avec un mépris que je ne parviens pas à partager. Il faut pourtant avoir le courage de récuser ce courage-là, ou du moins cette idolâtrie qui le perpétue. Aucune créature du mal ne porte de plus brillants oripeaux que la violence. La paix n'en montre pas autant, loin de là! [...] Cherchez l'équivalent monumental de la «Marseillais»e de Rude!
La paix, le bonheur, l'amour ne sont pas «spectaculaires» [...] Et pourquoi assimile-t-on, consciemment ou non, la non-violence avec la lâcheté, la paix aux dos courbés? le bonheur aux pantoufles, aux descentes de lit, aux vieux chiens? «Bonheur», c'est un mot de femme, dit un personnage de roman et, avant lui, les bravaches, les Don Juan, les aventuriers et tous ces prétendus héros qui, de siècles en siècles, nous empêchent de vivre. Bien des généraux des dernières guerres ne furent que des bouchers - et encore, les bouchers, eux, ont le sens du prix de revient.
[...]
... dès la Maternelle on innocule aux enfants le virus mortel de la concurrence. Il les contaminera tout au long de leur vie. Ils deviendront, si le mal prend bien, ces «jeunes loups» qu'osent réclamer, de nos jours, les offres d'emploi de grandes firmes. S'ils échouent, ils chercheront dans d'autres domaines à passer devant les autres : sur les autoroutes, par exemple, ou même pour monter dans l'autobus. Entre le resquilleur et Alexandre ou Napoléon, il n'y a guère qu'une différence d'envergure. Mais tous les deux nous empêchent de vivre, tous les deux sont à leur façon des ennemis de la paix. Ils n'ont pas entendu la VIIe parole; ou bien ils la méprisent, la considèrent comme une maxime de «dégonflés», de ratés, de mecs "qui n'en ont pas" et qui n'en sortiront jamais ... - et sortir? mais de quoi, sinon de cette jungle étouffante ou leur esprit de concurrence nous tient haletants. Oh! la paix du soir ... ils en rêvent vaguement, eux aussi, pour l'âge de la retraite - à moins qu'à leurs yeux de renards, d'ours, de loups, ce soit un statut pour sous-hommes, infirmes, demi-morts.
[...]
La paix est une longue marche qui, parfois, dure toute la vie. Mais cette quête interminable est un trait commun à toutes les béatitudes : de chutes en relèvements, on approche imperceptiblement de l'esprit de pauvreté, de la non-violence, de la sainteté, de la miséricorde. Seule la compassion paraît donnée d'entrée de jeu - mais c'est un piège : la véritable compassion se trouve, elle aussi, au bout d'un chemin dont les traverses, les ornières, les raccourcis trompeurs se nomment sensiblerie, pitié, activisme charitable ...
Pareillement, on n'en a jamais fini de travailler pour la paix ou même pour la pressentir entière. La première étape est de l'établir en soi, ce qui n'est pas rien. Nous ne vivons généralement qu'en état d'armistice avec nous-même; cela se lit sur la plupart des visages et c'est ce qui les rend si pathétiques. Tandis que la paix intérieure rayonne : comme la non-violence sa voisine, comme la pureté de coeur.
Un mot encore cependant sur la paix intérieure : il ne faut pas l'établir à la façon dont certains rangent leur chambre en fourrant tout pêle-mêle dans les tiroirs qu'ils referment, ni vu ni connu! Traduction : ne nous débarrassons pas à la sauvette (ou plutôt à la hache) de nos dilemmes et de nos partages. Il nous faut affronter en permanence nos propres contradictions et non les réduire artificiellement. Elles nous sont un appel indispensable de notre faiblesse; et aussi de la diversité des réactions humaines : elles nous ouvrent aux autres. Comment être tolérant envers eux (ce qui est l'essence de la paix) si nous ne le sommes pas envers nous-mêmes!
[...]
A l'école publique, laïque et obligatoire, on devrait apprendre aux enfants, au titre de l'instruction civique, la prière de saint François d'Assise - en y supprimant le mot «Seigneur», bien sûr! La leur faire apprendre «par coeur», c'est le cas de le dire ...
A mon usage personnel et à celui de ce siècle sans grâce, je me permettrais d'ajouter : Seigneur, fais aussi que là ou est la hargne, je mette la tendresse. Si l'on traçait un trait vertical passant par la virgule médiane de chacune de ces lignes, il constituerait la frontière entre notre monde : celui de la haine, de l'offense, de la discorde ... et le Royaume de Dieu que définissent l'Amour, le Pardon, l'Union.
L'amour passionné de la paix entraîne loin, toujours plus loin qu'on ne le voudrait - ou plutôt qu'on ne l'aurait voulu : car lorsqu'on s'en avise , il est trop tard. Se croire passionné de paix quand on ne l'est point de justice, quand on ne lutte pas à bras le corps contre les privilèges, l'oppression, le désordre établi, c'est de l'hypocrisie ou, plus souvent, de la pusillanimité. Or les gens des Béatitudes sont des magnanimes, au contraire. Ils prennent la mesure des problèmes et y conforment leur âme, ce qui est épuisant. Épuisant et dangereux!
L'homme de la VIIe béatitude, parce qu'il est un non-violent, oppose au vaincre le convaincre, jusqu'à la limite de ses forces. Ensuite seulement, «il se résigne à préférer la violence à la lâcheté». Il n'empêche que ce comportement n'est guère exaltant, guère «masculin». Il n'existe aucune médaille de la paix; seulement un prix Nobel dont celui qui le reçoit est le premier à ne lui accorder aucune considération, surtout quand il voit cette même Académie attribuer ses prix de physiques à des savants dont les recherches enrichiront tôt ou tard l'arsenal des violents. Non, la véritable récompense de ceux qui travaillent passionément pour la paix, c'est, le Christ l'affirme, d'être appelés fils de Dieu - Quoi?, «fils de Dieu»? comme lui-même? - Oui, comme le Christ! Alors, vous pensez, le prix Nobel ...
La paix, c'est la reconnaissance, sans aucune réserve, de l'autre, individu, classe sociale, peuple ou race. Étant donné les disparités naturelles, les oppositions artificielles, les rivalités dites instinctives, et surtout les Puissances qui, de toutes parts, ont intérêt à nourrir les unes et les autres, il ne suffit pas de bon sens et de bonne volonté pour travailler à la paix. Il y faut de l'amour. De l'amour pour des inconnus, des étrangers, des rivaux, c'est beaucoup demander! Et pourtant, voilà le prix de la paix; et celui qui y travaille doit, par définition, en fournir pour deux.
Encore une métier de dupes, comme on le voit. Les vrais «fils de Dieu» seraient donc des dupes? Si c'est l'apparence, il est grand temps de changer nos définitions. Dupe, celui dont la confiance a été trompée; mais, dans l'affaire, qui tient le mauvais rôle sinon le trompeur?
«Vous avez bien eu tort de ne pas vous méfier ...» Phrase courante, phrase honteuse! Comment peut-on avoir eu tort d'estimer l'autre égal à soi-même? et si l'on a éprouvé quelque soupçon, de lui avoir préféré la confiance? comment peut-on avoir eu tort de miser sur Dieu en l'autre? Car telle est la force du «faiseur de paix» et la seule : il sait que Dieu se tient entre les deux antagonistes et que lui-même n'est que son ambassadeur visible.
«C'est ma paix que je vous donne. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne», dit Jésus dans cette nuit du jeudi au vendredi ou il nous livre tout. Nous voici prévenu : chaque fois que nous tenterons de faire prévaloir sa paix à lui, le monde ne s'y reconnaîtra pas. »
Source : M. Cesbron, Huit paroles pour l'éternité, 1978, pp. 126- 134
Bienheureux ceux qui travaillent pour la paix : ils seront appelés fils de Dieu
«Le contraire de la paix n'est pas forcément la guerre [...] C'est, en tout domaine, la destruction de l'échelle humaine. Quand celle-ci disparaît, ou et quand que ce soit, une sorte de malaise nous envahit; la paix a disparu et nous nous entre-regardons, sinon en ennemis, du moins en étrangers; le mécanisme est déjà en marche. Il conduira à la simple hargne ou à la Guerre de cent ans. Ce n'est pas à ses conséquences qu'il faut mesurer l'événement. D'âge en âge, les historiens s'extasient devant la disparité de la cause avec l'effet : un coup d'éventail, une fausse dépêche, un sourcil froncé - un million de morts. Mais qui se soucie de la taille d'un virus?
Aimer passionnément la paix, c'est premièrement détester son contraire. Le détester fruits, fleurs et racines - et cela mène loin, car les fruits de la guerre peuvent, un moment, sembler bons et ses fleurs belles. Il existe un fascinant folklore du courage, «la bravoure du sabreur», dont parle Balzac avec un mépris que je ne parviens pas à partager. Il faut pourtant avoir le courage de récuser ce courage-là, ou du moins cette idolâtrie qui le perpétue. Aucune créature du mal ne porte de plus brillants oripeaux que la violence. La paix n'en montre pas autant, loin de là! [...] Cherchez l'équivalent monumental de la «Marseillais»e de Rude!
La paix, le bonheur, l'amour ne sont pas «spectaculaires» [...] Et pourquoi assimile-t-on, consciemment ou non, la non-violence avec la lâcheté, la paix aux dos courbés? le bonheur aux pantoufles, aux descentes de lit, aux vieux chiens? «Bonheur», c'est un mot de femme, dit un personnage de roman et, avant lui, les bravaches, les Don Juan, les aventuriers et tous ces prétendus héros qui, de siècles en siècles, nous empêchent de vivre. Bien des généraux des dernières guerres ne furent que des bouchers - et encore, les bouchers, eux, ont le sens du prix de revient.
[...]
... dès la Maternelle on innocule aux enfants le virus mortel de la concurrence. Il les contaminera tout au long de leur vie. Ils deviendront, si le mal prend bien, ces «jeunes loups» qu'osent réclamer, de nos jours, les offres d'emploi de grandes firmes. S'ils échouent, ils chercheront dans d'autres domaines à passer devant les autres : sur les autoroutes, par exemple, ou même pour monter dans l'autobus. Entre le resquilleur et Alexandre ou Napoléon, il n'y a guère qu'une différence d'envergure. Mais tous les deux nous empêchent de vivre, tous les deux sont à leur façon des ennemis de la paix. Ils n'ont pas entendu la VIIe parole; ou bien ils la méprisent, la considèrent comme une maxime de «dégonflés», de ratés, de mecs "qui n'en ont pas" et qui n'en sortiront jamais ... - et sortir? mais de quoi, sinon de cette jungle étouffante ou leur esprit de concurrence nous tient haletants. Oh! la paix du soir ... ils en rêvent vaguement, eux aussi, pour l'âge de la retraite - à moins qu'à leurs yeux de renards, d'ours, de loups, ce soit un statut pour sous-hommes, infirmes, demi-morts.
[...]
La paix est une longue marche qui, parfois, dure toute la vie. Mais cette quête interminable est un trait commun à toutes les béatitudes : de chutes en relèvements, on approche imperceptiblement de l'esprit de pauvreté, de la non-violence, de la sainteté, de la miséricorde. Seule la compassion paraît donnée d'entrée de jeu - mais c'est un piège : la véritable compassion se trouve, elle aussi, au bout d'un chemin dont les traverses, les ornières, les raccourcis trompeurs se nomment sensiblerie, pitié, activisme charitable ...
Pareillement, on n'en a jamais fini de travailler pour la paix ou même pour la pressentir entière. La première étape est de l'établir en soi, ce qui n'est pas rien. Nous ne vivons généralement qu'en état d'armistice avec nous-même; cela se lit sur la plupart des visages et c'est ce qui les rend si pathétiques. Tandis que la paix intérieure rayonne : comme la non-violence sa voisine, comme la pureté de coeur.
Un mot encore cependant sur la paix intérieure : il ne faut pas l'établir à la façon dont certains rangent leur chambre en fourrant tout pêle-mêle dans les tiroirs qu'ils referment, ni vu ni connu! Traduction : ne nous débarrassons pas à la sauvette (ou plutôt à la hache) de nos dilemmes et de nos partages. Il nous faut affronter en permanence nos propres contradictions et non les réduire artificiellement. Elles nous sont un appel indispensable de notre faiblesse; et aussi de la diversité des réactions humaines : elles nous ouvrent aux autres. Comment être tolérant envers eux (ce qui est l'essence de la paix) si nous ne le sommes pas envers nous-mêmes!
[...]
A l'école publique, laïque et obligatoire, on devrait apprendre aux enfants, au titre de l'instruction civique, la prière de saint François d'Assise - en y supprimant le mot «Seigneur», bien sûr! La leur faire apprendre «par coeur», c'est le cas de le dire ...
- Seigneur, fais que là ou est la haine, je mette l'amour;
là ou est l'offense, je mette le pardon,
là ou est la discorde, je mette l'union,
là ou est l'erreur, je mette la vérité,
là ou est le doute, je mette la foi,
là ou est le désespoir, je mette l'espérance,
là ou sont les ténèbres, je mette la lumière,
là ou est la tristesse, je mette la joie.
A mon usage personnel et à celui de ce siècle sans grâce, je me permettrais d'ajouter : Seigneur, fais aussi que là ou est la hargne, je mette la tendresse. Si l'on traçait un trait vertical passant par la virgule médiane de chacune de ces lignes, il constituerait la frontière entre notre monde : celui de la haine, de l'offense, de la discorde ... et le Royaume de Dieu que définissent l'Amour, le Pardon, l'Union.
L'amour passionné de la paix entraîne loin, toujours plus loin qu'on ne le voudrait - ou plutôt qu'on ne l'aurait voulu : car lorsqu'on s'en avise , il est trop tard. Se croire passionné de paix quand on ne l'est point de justice, quand on ne lutte pas à bras le corps contre les privilèges, l'oppression, le désordre établi, c'est de l'hypocrisie ou, plus souvent, de la pusillanimité. Or les gens des Béatitudes sont des magnanimes, au contraire. Ils prennent la mesure des problèmes et y conforment leur âme, ce qui est épuisant. Épuisant et dangereux!
L'homme de la VIIe béatitude, parce qu'il est un non-violent, oppose au vaincre le convaincre, jusqu'à la limite de ses forces. Ensuite seulement, «il se résigne à préférer la violence à la lâcheté». Il n'empêche que ce comportement n'est guère exaltant, guère «masculin». Il n'existe aucune médaille de la paix; seulement un prix Nobel dont celui qui le reçoit est le premier à ne lui accorder aucune considération, surtout quand il voit cette même Académie attribuer ses prix de physiques à des savants dont les recherches enrichiront tôt ou tard l'arsenal des violents. Non, la véritable récompense de ceux qui travaillent passionément pour la paix, c'est, le Christ l'affirme, d'être appelés fils de Dieu - Quoi?, «fils de Dieu»? comme lui-même? - Oui, comme le Christ! Alors, vous pensez, le prix Nobel ...
La paix, c'est la reconnaissance, sans aucune réserve, de l'autre, individu, classe sociale, peuple ou race. Étant donné les disparités naturelles, les oppositions artificielles, les rivalités dites instinctives, et surtout les Puissances qui, de toutes parts, ont intérêt à nourrir les unes et les autres, il ne suffit pas de bon sens et de bonne volonté pour travailler à la paix. Il y faut de l'amour. De l'amour pour des inconnus, des étrangers, des rivaux, c'est beaucoup demander! Et pourtant, voilà le prix de la paix; et celui qui y travaille doit, par définition, en fournir pour deux.
Encore une métier de dupes, comme on le voit. Les vrais «fils de Dieu» seraient donc des dupes? Si c'est l'apparence, il est grand temps de changer nos définitions. Dupe, celui dont la confiance a été trompée; mais, dans l'affaire, qui tient le mauvais rôle sinon le trompeur?
«Vous avez bien eu tort de ne pas vous méfier ...» Phrase courante, phrase honteuse! Comment peut-on avoir eu tort d'estimer l'autre égal à soi-même? et si l'on a éprouvé quelque soupçon, de lui avoir préféré la confiance? comment peut-on avoir eu tort de miser sur Dieu en l'autre? Car telle est la force du «faiseur de paix» et la seule : il sait que Dieu se tient entre les deux antagonistes et que lui-même n'est que son ambassadeur visible.
«C'est ma paix que je vous donne. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne», dit Jésus dans cette nuit du jeudi au vendredi ou il nous livre tout. Nous voici prévenu : chaque fois que nous tenterons de faire prévaloir sa paix à lui, le monde ne s'y reconnaîtra pas. »
Source : M. Cesbron, Huit paroles pour l'éternité, 1978, pp. 126- 134
- FrereRaphael
- Civis

- Messages : 5
- Inscription : mer. 25 déc. 2013, 0:28
Je ne suis pas venu apporter la paix sur terre
«Je ne suis pas venu apporter la paix sur terre, mais le glaive» (Matthieu 10,34-36)
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l'épée.
10.35
Car je suis venu mettre la division entre l'homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère;
10.36
et l'homme aura pour ennemis les gens de sa maison
Bonjour tout le monde,
Quelle interprétation apportez-vous à ce verset?
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l'épée.
10.35
Car je suis venu mettre la division entre l'homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère;
10.36
et l'homme aura pour ennemis les gens de sa maison
Bonjour tout le monde,
Quelle interprétation apportez-vous à ce verset?
-
SergeA
- Senator

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- Inscription : ven. 03 oct. 2014, 15:29
- Conviction : Catholique
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Re: Je ne suis pas venu apporter la paix sur terre
Votre question arrive bien à propos.FrereRaphael a écrit :«Je ne suis pas venu apporter la paix sur terre, mais le glaive» (Matthieu 10,34-36)
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l'épée.
10.35
Car je suis venu mettre la division entre l'homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère;
10.36
et l'homme aura pour ennemis les gens de sa maison
Bonjour tout le monde,
Quelle interprétation apportez-vous à ce verset?
Voir dans le fil "Méditation de la liturgie du jour" :
Jésus étant Dieu sur terre, Il a le savoir du présent et du futur.mandonnaud a écrit :Vendredi 26 DÉCEMBRE 2014 Saint-Etienne, premier martyr
Matthieu 10, 17-22
(Actes des Apôtres 6, 8-10; 7, 54-60 Psaumes de Salomon 30, 3cd-4. 6 & 8ab. 16bc-17 )
http://reflexions.mandonnaud.net/liturg ... 2-2014.php
17 Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues.18 Vous serez conduits devant des gouverneurs et des rois à cause de moi : il y aura là un témoignage pour eux et pour les païens.19 Quand on vous livrera, ne vous inquiétez pas de savoir ce que vous direz ni comment vous le direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là.20 Car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous.21 Le frère livrera son frère à la mort, et le père, son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort.22 Vous serez détestés de tous à cause de mon nom ; mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé._Matthieu.
Jésus ne nous garantit pas la vie sauve, mais des persécutions et une mort dure; il nous garantit si nous sommes fidèle la parole qui témoigne de LUI devant les hommes, sa présence dans les souffrances et la vie éternelle. Mandonnaud Paul de Limoges.
Il sait qu'il viendra un temps où ceux qui ont la foi devront choisir de Lui rester fidèle au risque de leur vie.
Ce ne sera pas facile, car même Pierre L'a trahit à plusieurs reprises, alors qu'Il était emmené par les gardes.
Et le martyr, c'est ce que vivent déjà bon nombre de chrétiens en orient, qui meurent pour leur foi.
La foi des hommes envers Dieu est un handicap dans les projets de satan.
La société, dirigée par les puissants qui sont pour la plupart des serviteurs de satan (en toute connaissance de cause ou à leur insu), cherche à anéantir cette foi, car cette foi maintient les hommes avec des valeurs qui sont celles de l'amour, de la charité, de la compassion, du pardon, et ces valeurs sont contraires à celles qui sont nécessaires pour accepter "le progrès". C'est pour cela que la guerre est déclarée envers les chrétiens et l'église catholique notamment.
Les hommes aveuglés par satan, s'en prendront à ceux qui maintiennent les vraies valeurs vivantes, ces empêcheurs de pécher dans la sérénité !!!
Ceux qui porteront hauts l'étendard de leur foi, seront même trahis par leur propre famille, car tout le monde aura peur de subir un martyr.
Il faudra être fort, et se rappeler que le Christ est venu ici pour nous montrer le chemin ; Il n'a pas fait que nous faire des promesses, il a subi lui même le martyr, nous expliquant ainsi que nous devrons avoir la force et le courage nécessaire pour le suivre.
Car celui qui a la foi et qui sait que cette vie sur terre n'est qu'un minuscule passage, face à la vraie vie qui est l'éternité, doit se préparer pour ce qui semble venir. Ce qui vient est un combat ( «Je ne suis pas venu apporter la paix sur terre, mais le glaive» (Matthieu 10,34-36) ), surtout un combat intérieur, un choix qui doit être fait maintenant, une confirmation de ce choix qui doit être reconduite tous les jours, afin de faire face à ce qui s'en vient.
Dans la paix du Christ.
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"Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée."
"Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée."
Re: Je ne suis pas venu apporter la paix sur terre
Bonsoir
Voici ce que dit la chaîne d'or de Saint Thomas d'Aquin
C'est que la paix consiste surtout à retrancher ce qui est malade, à séparer ce qui est une source de division ; c'est alors seulement qu'il sera possible d'unir le ciel avec la terre. Le médecin ne coupe-t-il pas ainsi le membre qui est incurable pour sauver le reste du corps ? C'est ce qui est arrivé à la tour de Babel, où une heureuse division vint mettre fin à une paix qui était mauvaise. (Gn 11.) C'est ainsi que saint Paul divisa ceux qui s'étaient déclarés contre lui. (Ac 23.) L'accord et la paix ne sont pas toujours une bonne chose, car on les voit régner même parmi les voleurs. Or cette guerre, ce n'est pas Jésus-Christ qui la rend nécessaire, mais bien la volonté de ses ennemis. – S. Jér. En effet, à peine la foi en Jésus-Christ fut-elle annoncée, que tout l'univers s'est trouvé divisé. Dans chaque maison on trouva des croyants et des infidèles, et cette division fut la cause d'une guerre heureuse qui fit cesser une paix pernicieuse dans ses résultats.
La paix est une notion relative ; Il existe des paix malsaines .
Voici ce que dit la chaîne d'or de Saint Thomas d'Aquin
C'est que la paix consiste surtout à retrancher ce qui est malade, à séparer ce qui est une source de division ; c'est alors seulement qu'il sera possible d'unir le ciel avec la terre. Le médecin ne coupe-t-il pas ainsi le membre qui est incurable pour sauver le reste du corps ? C'est ce qui est arrivé à la tour de Babel, où une heureuse division vint mettre fin à une paix qui était mauvaise. (Gn 11.) C'est ainsi que saint Paul divisa ceux qui s'étaient déclarés contre lui. (Ac 23.) L'accord et la paix ne sont pas toujours une bonne chose, car on les voit régner même parmi les voleurs. Or cette guerre, ce n'est pas Jésus-Christ qui la rend nécessaire, mais bien la volonté de ses ennemis. – S. Jér. En effet, à peine la foi en Jésus-Christ fut-elle annoncée, que tout l'univers s'est trouvé divisé. Dans chaque maison on trouva des croyants et des infidèles, et cette division fut la cause d'une guerre heureuse qui fit cesser une paix pernicieuse dans ses résultats.
La paix est une notion relative ; Il existe des paix malsaines .
-
antoine75
- Barbarus

Re: Je ne suis pas venu apporter la paix sur terre
J'aime bien votre citation. Il faut retrancher ce qui est malade. Selon le Christ, ce qui est malade est ce qui manque d'amour. C'est la médisance, le rejet de l'autre, l'orgueil (se croire supérieur), la méchanceté, la cruauté et j'en passe. Mais faisons attention de ne pas juger et nous prendre pour Dieu. Ce qui est sûr, c'est que nous serons jugés par le Christ selon l'amour. Retrancher ce qui est malade ne veut bien évidemment pas dire retrancher les handicapés (mentaux et physique) !
Re: Je ne suis pas venu apporter la paix sur terre
C'eut été écrit au pluriel ...antoine75 a écrit :J'aime bien votre citation. Il faut retrancher ce qui est malade... Retrancher ce qui est malade ne veut bien évidemment pas dire retrancher les handicapés (mentaux et physique) !
Re: Je ne suis pas venu apporter la paix sur terre
Jésus est venu apporter la paix avec Dieu, mais quand on est en paix avec Dieu on sera en guerre avec ceux qui ont choisi le monde, ou le diable. Et cette guerre ne finira que par la capitulation d'un partie car il n'y a pas de compromis possible avec le monde et avec le diable quand on a choisi le camp de Dieu. Ainsi pour être en paix avec les partisans du monde, il faut que soit ils renoncent totalement au monde pour choisir Dieu, soit renoncer à Dieu pour choisir le monde.
-
Cinci
- Tribunus plebis

- Messages : 11757
- Inscription : lun. 06 juil. 2009, 21:35
- Conviction : catholique perplexe
Re: Je ne suis pas venu apporter la paix sur terre
Frère Raphaël,
Aussi, pour l'interprétation :
Les hébreux aimaient croire que la venue du Messie aurait mis tout le monde d'accord. Avec le Messie Jésus, ce n'est pas ce qui est arrivé. Non, c'est pratiquement tout Israël qui se trouve en guerre contre Jésus, contre son roi («... Acclame, fille de Jérusalem! Voici que ton roi vient vers toi; il est juste et victorieux, humble et monté sur un âne [...]» - Zacharie 9,9) Alors, Jésus se réfère lui-même à ces passages de Zacharie qu'on trouve à travers les chapitres 9 et 10. Une paix qui ne fait pas l'économie du grand combat métaphysique, eschatologique, les épisodes crucifiants, la lutte contre le mal cf «Vois; cet enfant est là pour la chute et le relèvement de beaucoup en Israël, et pour être un signe en butte à la contradiction - et toi-même une épée te transpercera l'âme! - afin que de bien des coeurs soient révélé les raisonnements» Luc 2,34
Il me semble que Jésus en a lui-même livré la clé.[...]
- «Un prophète est méprisé dans sa patrie»; «Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi»; «Jérusalem, toi qui tue les prophètes! Depuis le sang d'Abel ...»; «Je voyais Satan tomber comme l'éclair», etc.
Aussi, pour l'interprétation :
Les hébreux aimaient croire que la venue du Messie aurait mis tout le monde d'accord. Avec le Messie Jésus, ce n'est pas ce qui est arrivé. Non, c'est pratiquement tout Israël qui se trouve en guerre contre Jésus, contre son roi («... Acclame, fille de Jérusalem! Voici que ton roi vient vers toi; il est juste et victorieux, humble et monté sur un âne [...]» - Zacharie 9,9) Alors, Jésus se réfère lui-même à ces passages de Zacharie qu'on trouve à travers les chapitres 9 et 10. Une paix qui ne fait pas l'économie du grand combat métaphysique, eschatologique, les épisodes crucifiants, la lutte contre le mal cf «Vois; cet enfant est là pour la chute et le relèvement de beaucoup en Israël, et pour être un signe en butte à la contradiction - et toi-même une épée te transpercera l'âme! - afin que de bien des coeurs soient révélé les raisonnements» Luc 2,34
Re: Je ne suis pas venu apporter la paix sur terre
Regardez ce qui se est passé en Irak récemment. Les dirigeants ISIS ont ordonné à tous les non-musulmans de quitter la ville. Des milliers de chrétiens ont quitté la ville plutôt que de renier le Christ. Il y avait une famille qui a choisi de se convertir à l'islam plutôt que de perdre leur richesse et leur position dans la ville. Une fille qui était une fille de cette famille a choisi de suivre le Christ et elle est partie avec les autres chrétiens Elle vit maintenant à Kirkouk en dehors de sa famille. Parfois, suivre le Christ nécessite de grands sacrifices.
- Libremax
- Pater civitatis

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Re: Je ne suis pas venu apporter la paix sur terre
Bonjour FrereRaphael,FrereRaphael a écrit :Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l'épée.
10.35
Car je suis venu mettre la division entre l'homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère;
10.36
et l'homme aura pour ennemis les gens de sa maison
pour ma part, je chosis l'interprétation qui est basée sur le texte araméen des Evangiles.
L'araméen a deux mots que nous traduisons par "paix" (le grec fait la même confusion). Et Jésus, en araméen, quand il dit "la paix soit avec vous, n'utilise pas le même mot qui est utilisé dans cette citation de Matthieu.
Il y a le mot "shayna", c'est la tranquillité, la quiétude.
Et il y a "salma", c'est la perfection, la plénitude.
Jésus ne vient pas apporter la tranquillité du consensus, mais l'épée de la justice et du discernement.
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