Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2013-2014)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Re: Confiance en Dieu de bout en bout

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L'Homélie du Pape François



Le mardi de la 7e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 20,17-27.

Paul, se hâtant de revenir à Jérusalem après avoir traversé la Grèce, avait fait escale à Milet. De là il envoya un message à Ephèse pour convoquer les Anciens de cette Église.
Quand ils furent auprès de lui, il leur adressa la parole : « Vous savez comment je me suis comporté tout le temps où j'étais avec vous, depuis le jour de mon arrivée dans ce pays d'Asie.
J'ai servi le Seigneur en toute humilité, dans les larmes, et au milieu des épreuves provoquées par les complots des Juifs.
Vous savez que je n'ai rien négligé de ce qui pouvait vous être utile ; au contraire, j'ai prêché, je vous ai instruits en public ou dans vos maisons.
J'adjurais les Juifs et les païens de se convertir à Dieu et de croire en notre Seigneur Jésus.
Et maintenant, me voici contraint par l'Esprit de me rendre à Jérusalem, sans savoir ce que je vais y trouver.
Je sais seulement que l'Esprit Saint, dans chaque ville où je passe, témoigne que la prison et les épreuves m'attendent.
Mais pour moi la vie ne compte pas, pourvu que je tienne jusqu'au bout de ma course et que j'achève le ministère que j'ai reçu du Seigneur Jésus : rendre témoignage à la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu.
Et maintenant, je sais que vous ne reverrez plus mon visage, vous tous chez qui je suis passé en proclamant le Royaume. J'en témoigne donc aujourd'hui devant vous : on ne peut pas me reprocher de vous avoir menés à votre perte, car je n'ai rien négligé pour vous annoncer le plan de Dieu tout entier
.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 17,1-11a.
A l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il leva les yeux au ciel et pria ainsi : « Père, l'heure est venue. Glorifie ton Fils, afin que le Fils te glorifie.
Ainsi, comme tu lui as donné autorité sur tout être vivant, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés.
Or, la vie éternelle, c'est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus Christ. Moi, je t'ai glorifié sur la terre en accomplissant l'œuvre que tu m'avais confiée.
Toi, Père, glorifie-moi maintenant auprès de toi : donne-moi la gloire que j'avais auprès de toi avant le commencement du monde.
J'ai fait connaître ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé fidèlement ta parole.
Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m'as donné vient de toi,
car je leur ai donné les paroles que tu m'avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis venu d'auprès de toi, et ils ont cru que c'était toi qui m'avais envoyé.
Je prie pour eux ; ce n'est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m'as donnés : ils sont à toi,
et tout ce qui est à moi est à toi, comme tout ce qui est à toi est à moi, et je trouve ma gloire en eux.
Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. Père saint, garde mes disciples dans la fidélité à ton nom que tu m'as donné en partage, pour qu'ils soient un, comme nous-mêmes.


Cy Aelf, Paris  

Jésus prie pour chacun de nous, en montrant au Père ses plaies. C’est l’un des passages forts de l’homélie du Pape François lors de la Messe célébrée ce mardi matin en la chapelle de la Maison Sainte Marthe au Vatican. Le Pape a tenu à souligner que Jésus est notre avocat, il nous défend même si nous avons commis de nombreux péchés.

L’adieu de Jésus, l’adieu de Saint Paul.

Les lectures du jour ont offert au Pape François une occasion pour parler de la prière d’intercession. Quand Paul quitte Milet, a souligné le Pape, tous sont tristes, et la même chose était arrivée aux disciples lorsque Jésus avait prononcé son discours d’adieu avant de partir pour « Gethsémani et entamer la Passion ». Le Seigneur, a poursuivi le Pape, les console, et « nous avons une petite phrase d’adieu de Jésus qui fait réfléchir ». Jésus, a commenté le Pape, « parle avec le Père, dans ce discours, et dit :’Je prie pour eux’. Jésus prie pour nous ». Comme il avait prié pour Pierre et pour Lazare devant son tombeau. Jésus nous dit : « Tous vous êtes du Père. Et moi je prie pour vous devant le Père ». Jésus ne prie pas pour le monde, « il prie pour nous », il « prie pour son Eglise » :

Jésus est notre avocat devant le Père

« L’apôtre Jean, en pensant à ces choses et en parlant de nous qui sommes de grands pécheurs, déclare : ‘Ne péchez pas, mais si quelqu’un parmi vous pèche, sachez que nous avons un avocat devant le Père, quelqu’un qui prie pour nous, nous défend devant le Père, nous justifie’. Je croie que nous devons beaucoup réfléchir sur cette vérité, cette réalité : en ce moment, Jésus prie pour moi. Je peux aller de l’avant dans la vie parce que j’ai un avocat qui me défend et si moi je suis coupable et j’ai tellement de péchés à confesser…c’est un bon avocat pour la défense, et il parlera de moi au Père ».
« Lui, a ajouté le Pape, c’est le premier » avocat qui envoie ensuite le Paraclet. Quand nous en paroisse, à la maison, en famille « nous avons l’un ou l’autre besoin, ou quelque problème », a poursuivi le Pape, nous devons demander à Jésus de prier pour nous.

« Et aujourd’hui, comment prie Jésus ? Moi, a affirmé le Pape, je crois que Jésus ne parle pas beaucoup avec le Père » :

« Il ne parle pas : il aime. Mais il y a une chose que fait Jésus, je suis certain qu’il le fait. Il fait voir au Père ses plaies et Jésus, avec ses plaies, prie pour nous comme s’il disait au Père :’Mais, Père, c’est le prix de ces plaies ! Aide-les, protège-les. Ce sont tes fils que j’ai sauvé, avec ces plaies ». Par contre, on ne comprend pas pourquoi Jésus après la Résurrection a eu ce corps glorieux, très beau, il n’y avait pas de coups, il n’y avait pas les blessures de la flagellation, tout était beau, mais il y avait les plaies. Les cinq plaies. Pourquoi Jésus a voulu le porter au ciel ? Pourquoi? Pour prier pour nous. Pour faire voir au Père le prix: ‘C’est le prix, et donc ne les laisse pas seuls. Aide-les ‘ ».

Demandons à Jésus de prier pour nous

« Nous devons avoir cette foi, a répété le Pape François. Jésus en ce moment intercède devant le Père pour chacun de nous ». Et quand nous prions, c’est son exhortation, nous ne devons pas oublier de demander à Jésus de prier pour nous :

« ‘Jésus, prie pour moi. Fais voir au Père tes plaies qui sont aussi les miennes, ce sont les plaies de mon péché. Ce sont les plaies de mon problème en ce moment’. Jésus intercesseur, il fait juste voir au Père tes plaies. Et cela arrive aujourd’hui, en ce moment. Prenons cette phrase que Jésus a dite à Pierre :’Pierre, je prierai pour toi pour que ta foi ne diminue pas ‘ ». « Soyons certains, a conclu le Pape, que Jésus est en train de faire cela pour chacun de nous ». Nous devons avoir confiance, a conclu le Pape, « en cette prière de Jésus avec ses plaies devant le Père ».

http://www.news.va/fr/news/jesus-prie-p ... ses-plaies
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Vaincre less émotions, vivre de la Vérité

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Le mercredi de la 7e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 20,28-38.

Paul faisait ses adieux aux Anciens de l'Église d'Ephèse. Il leur disait : " Veillez sur vous-mêmes, et sur tout le troupeau où l'Esprit Saint vous a placés comme responsables, pour être les pasteurs de l'Église de Dieu, qui lui appartient grâce au sang qu'a versé son propre Fils.
Pour moi, je sais que des loups féroces s'introduiront chez vous quand je ne serai plus là, et le troupeau ne sera pas épargné. Même parmi vous, surgiront des hommes qui tiendront des discours mensongers pour entraîner les disciples à leur suite.
Soyez donc vigilants, et souvenez-vous des avertissements que, pendant trois années, je n'ai cessé de donner à chacun de vous, nuit et jour, jusqu'à en pleurer.
Et maintenant, je vous confie à Dieu et à son message de grâce, qui a le pouvoir de construire l'édifice et de faire participer les hommes à l'héritage de ceux qui ont été sanctifiés.
Argent, or ou vêtements, je n'ai rien attendu de personne.
Vous le savez bien vous-mêmes : les mains que voici ont pourvu à mes besoins et à ceux de mes compagnons.
Je vous ai toujours montré qu'il faut travailler ainsi pour secourir les faibles, en nous rappelant les paroles du Seigneur Jésus, car lui-même a dit : Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir. »
Quand Paul eut ainsi parlé, il se mit à genoux et il pria avec eux tous.
Ils se mirent tous à pleurer ; ils se jetaient au cou de Paul pour l'embrasser ;
ce qui les attristait le plus, c'est la parole qu'il avait dite : « Vous ne verrez plus mon visage. » Puis on l'accompagna jusqu'au bateau
.



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 17,11b-19.
À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, les yeux levés au ciel, il priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples dans la fidélité à ton nom que tu m'as donné en partage, pour qu'ils soient un, comme nous-mêmes.
Quand j'étais avec eux, je les gardais dans la fidélité à ton nom que tu m'as donné. J'ai veillé sur eux, et aucun ne s'est perdu, sauf celui qui s'en va à sa perte de sorte que l'Écriture soit accomplie.
Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, en ce monde, pour qu'ils aient en eux ma joie, et qu'ils en soient comblés.
Je leur ai fait don de ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu'ils ne sont pas du monde, de même que moi je ne suis pas du monde.
Je ne demande pas que tu les retires du monde, mais que tu les gardes du Mauvais.
Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde.
Consacre-les par la vérité : ta parole est vérité.
De même que tu m'as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde.
Et pour eux je me consacre moi-même, afin qu'ils soient, eux aussi, consacrés par la vérité.



Cy Aelf, Paris.

Il est humain de pleurer, mais les pleurs ont pour fonction d'atténuer le chagrin, afin que celui-ci ne demeure qu'un moment et ne suscitent pas des attitudes contraires dans l'avenir. L'apôtre Paul a pleuré en songeant au mal qui diviserait ceux qu'il a évangélisés; à leur tour, les Ephésiens pleurent le départ de Paul car ils savent qu'ils ne le reverront plus.

Dans l'Evangile, Jésus, comme Paul plus tard, est sur le point de s'en aller... tout en demeureant présent : n'est-Il pas, Lui, la parole de Dieu, et cette parole demeure pour toujours. Plus tard, les disciples vont pleurer, eux aussi. Et Pierre en premier, car saisi par la peur, c'est-à-dire par une émotion, il va trahir son maître et en éprouvera un intense regret. Les femmes de Jérusalem vont pleurer elles aussi, mais Jésus, en dépit de ses douleurs, leur dira de ne pas pleurer sur lui.

Ne soyons donc pas soumis à nos émotions, mais apprenons à les garder sous contrôle. La joie humaine, elle aussi, est une émotion: on rit parce qu'on est content de revoir de vieilles connaissances, mais plus tard on se quitte après un lourd barbecue, en se sentant fatigué et un peu ivre - et ce sont des émotions aussi. La Joie qui naît de l'accomplissement de la Vérité est autre ! Les sentiments demeurent, les émotions passent. Lorsque Jésus, portant sa croix, se retourne sur les femmes de Jérusalem, leur dit : "Ne pleurez pas sur moi. Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants, car si c'est ce que l'on fait du bois vert, que fera-t-on du bois sec ?" Et Jésus, ailleurs, de minimiser les larmes de la femme qui doit accoucher: les larmes d'angoisse se transformeront en larmes de joie.

Tout ce qui doit importer c'est que s'accomplisse la volonté de Dieu. Si nous pouvions demeurer dans cet état d'esprit, du désir de la volonté du Père, nous serions toujours joyeux. Est-il possible d'être triste et ne manifester aucune tristesse ? Oui, c'est possible et c'est un acte de miséricorde pour quiconque nous rencontre.
Laissons-nous donc consacrer par la vérité !


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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Notre force est dans notre docilité à l'Esprit Saint

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Le jeudi de la 7e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 22,30.23,6-11.

Paul avait été arrêté à Jérusalem. Le lendemain, le commandant romain voulut savoir à quoi s'en tenir sur les accusations des Juifs contre lui. Il lui fit donc enlever ses chaînes, puis il convoqua les chefs des prêtres et tout le grand conseil, et fit descendre Paul pour l'amener devant eux.
Paul se rendit compte qu'il y avait là le parti des sadducéens et celui des pharisiens. Alors, devant le conseil, il déclara d'une voix forte : « Moi, frères, je suis un pharisien, fils de pharisiens. C'est à cause de notre espérance en la résurrection des morts que je passe en jugement. »
À peine eut-il dit cela qu'une dispute éclata entre pharisiens et sadducéens, et l'assemblée se divisa.
En effet, les sadducéens prétendent qu'il n'y a ni résurrection, ni ange, ni esprit, tandis que les pharisiens y croient. Cela fit un grand vacarme. Quelques scribes du parti pharisien intervinrent pour protester vigoureusement : « Nous ne trouvons rien de mal chez cet homme. Un esprit ou un ange lui a peut-être parlé. »
La dispute devint très violente, et le commandant craignit que Paul ne se fasse écharper. Il ordonna à la troupe de descendre pour l'arracher à la mêlée et le ramener dans la forteresse.
La nuit suivante, le Seigneur vint auprès de Paul et lui dit : « Courage ! Le témoignage que tu m'as rendu à Jérusalem, il faut que tu le rendes aussi à Rome. »



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 17,20-26.
À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, les yeux levés au ciel, il priait ainsi : « Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui accueilleront leur parole et croiront en moi.
Que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu'ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m'as envoyé.
Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, pour qu'ils soient un comme nous sommes un :
moi en eux, et toi en moi. Que leur unité soit parfaite ; ainsi, le monde saura que tu m'as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m'as aimé.
Père, ceux que tu m'as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, et qu'ils contemplent ma gloire, celle que tu m'as donnée parce que tu m'as aimé avant même la création du monde.
Père juste, le monde ne t'a pas connu, mais moi je t'ai connu, et ils ont reconnu, eux aussi, que tu m'as envoyé.
Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître encore, pour qu'ils aient en eux l'amour dont tu m'as aimé, et que moi aussi, je sois en eux. »


Cy Aelf, Paris

Saint Paul renvoie ses accusateurs à leurs propres jugements et à leurs contradictions. Ces derniers ne sont pas d'accord entre eux sur la question de la résurrection. Il lui suffit donc de témoigner qu'il croit en la résurrection, tandis que ses adversaires ne savent même pas s'entendre sur le sujet. Il n'en suffit pas plus au commandant romain, qui peut voir les accusateurs eux-mêmes se disputer entre eux, pour dissoudre l'assemblée "manu militari" !

Or, c'est ainsi que procède jésus dans tout l'Evangile lorsque ses adversaires essaient de le prendre en défaut. J'ai trois exemples en tête, les voici :

- En saint Luc 20, à propos de Jean le Baptiste
Un de ces jours-là où Jésus, dans le Temple, enseignait le peuple et proclamait la Bonne Nouvelle, survinrent les grands prêtres et les scribes avec les anciens. Ils lui demandèrent : « Dis-nous par quelle autorité tu fais cela ? Ou alors qui est celui qui t’a donné cette autorité ? »
Il leur répliqua : « Moi aussi, je vais vous poser une question. Dites-moi : Le baptême de Jean venait-il du ciel ou des hommes ? ». Ils firent entre eux ce raisonnement : « Si nous disons : “Du ciel”, il va dire : “Pourquoi n’avez-vous pas cru à sa parole ?” et si nous disons : “Des hommes”, le peuple tout entier va nous lapider, car il est persuadé que Jean est un prophète. »
Et ils répondirent qu’ils ne savaient pas d’où il venait.
Alors Jésus leur déclara : « Eh bien, moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela. »


- En saint Matthieu 22, concernant l'impôt à César
Alors les pharisiens allèrent tenir conseil pour prendre Jésus au piège en le faisant parler.
Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d’Hérode : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens.
Alors, donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? »
Connaissant leur perversité, Jésus dit : « Hypocrites ! pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ?
Montrez-moi la monnaie de l’impôt. » Ils lui présentèrent une pièce d’un denier.
Il leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? »
Ils répondirent : « De César. » Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
À ces mots, ils furent tout étonnés. Ils le laissèrent et s’en allèrent.

Et enfin, en saint Jean 8, lorsque les juifs traînent devant lui une femme prise en adultère, une réplique incontournable et toujours fondée sur la contradiction entre les pensées et les actes :
« Maître, cette femme a été prise en flagrant délit d'adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, qu'en dis-tu ? »
Ils parlaient ainsi pour le mettre à l'épreuve, afin de pouvoir l'accuser. Mais Jésus s'était baissé et, du doigt, il traçait des traits sur le sol. Comme on persistait à l'interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d'entre vous qui est sans péché, qu'il soit le premier à lui jeter la pierre.
»

Ce qui importe pour nous, afin que nul ne puisse nous confondre, c'est de demeureur toujours en Jésus. C'est à cette condition que l'Esprit Saint vient en son heure à notre secours. J'ai déjà raconté comment un policier avait pensé obtenir de moi un aveu en me disant : "N'est-il pas écrit dans votre Bible : "Faute avouée à moitié pardonnée ?", mais à l'instant même, j'avais été inspiré et j'ai répondu: "Non. Ce que vous dîtes, n'est rien qu'un proverbe. Ce qui est dit dans la bible, c'est "La vérité vous rendra libre". Donc, puisque j'ai dit la vérité, je rentre chez moi" - et l'on m'a laissé partir !

Saint Paul est véritablement inspiré par le Seigneur et celui-ci va l'envoyer jusqu'à Rome, car désormais, il est prêt. L'élève est devenu comme son Maître. C'est ce que prédit Jésus dans la prière qu'il fait au Père. Et pour la seule fois, dans tout l'Evangile, Jésus se montre à ce point solidaire de ses disciples, qu'il va exprimer une volonté à son Père - et c'est la seule fois dans tous les textes:
"Père, ceux que tu m'as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, et qu'ils contemplent ma gloire, celle que tu m'as donnée parce que tu m'as aimé avant même la création du monde."

Pour parvenir à bon port, ne comptons donc pas sur nos propres talents, mais sachons nous en remettre entièrement à Jésus.

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C'est l'Amour qui nous entraîne chaque jour

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Le vendredi de la 7e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 25,13b-21.

Le roi Agrippa et sa sœur Bérénice vinrent à Césarée saluer le gouverneur Festus.
Comme ils passaient là plusieurs jours, Festus exposa au roi la situation de Paul : « Il y a ici un homme que mon prédécesseur Félix a laissé en prison.
Quand je suis allé à Jérusalem, les chefs des prêtres et les anciens des Juifs ont porté plainte contre lui en réclamant sa condamnation.
J'ai répondu que la loi romaine ne permet pas de livrer un accusé sans l'avoir d'abord confronté avec ses accusateurs, et lui avoir donné la possibilité de présenter sa défense.
Ils sont alors venus ici, et sans aucun délai, le lendemain même, j'ai siégé au tribunal et j'ai fait comparaître cet homme.
Mis en sa présence, les accusateurs ne lui reprochaient aucun des crimes que, pour ma part, j'aurais imaginés.
Ils avaient seulement avec lui certaines discussions au sujet de leur religion à eux, et au sujet d'un certain Jésus qui est mort, mais que Paul déclarait toujours vivant.
Quant à moi, ne sachant vraiment pas quelle suite donner à l'instruction, j'ai demandé à Paul s'il voulait aller à Jérusalem pour y être jugé sur cette affaire.
Mais Paul a fait appel pour que son cas soit réservé à la juridiction impériale. J'ai donc ordonné de le garder en prison jusqu'à son transfert devant l'empereur. »


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 21,15-19.
Après le repas au bord du lac, Jésus ressuscité dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur, je t'aime, tu le sais. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. »
Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur, je t'aime, tu le sais. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. »
Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, est-ce que tu m'aimes ? » Pierre fut peiné parce que, pour la troisième fois, il lui demandait : « Est-ce que tu m'aimes ? » et il répondit : « Seigneur, tu sais tout : tu sais bien que je t'aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis.
Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c'est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t'emmener là où tu ne voudrais pas aller. »
Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Puis il lui dit encore : « Suis-moi.
»


Cy Aelf, Paris

C'est par amour que l'on donne sa vie, non pas par obéissance ou parce que l'on a des certitudes. Notre prêtre nous a dit que le passage dans lequel Jésus demande par trois fois à Simon Pierre s'il l'aime, avait été surajouté à l'Evangile de Jean au cours du premier siècle. Car, nous a-t-il affirmé, il existait déjà parmi les premiers chrétiens un mouvement "gnostique". Mais la foi fondée sur la connaissance s'éloigne de l'Amour. C'est par amour que Paul et Pierre vont achever leur parcours à Rome.
C'est de bout en bout par amour du Christ, aujourd'hui encore, qu'il nous est donné de pratiquer notre foi. Même si nous n'allons pas jusqu'au témoignage du martyre, le Seigneur nous conduira en certaines circonstances "là où nous ne voudrions pas aller".

J'ai connu des périodes durant lesquelles mon mode de vie fut menacé, j'ai dû vivre dans l'angoisse de perdre tout revenu, j'ai traversé dans la solitude une pénible maladie qui m'a fait craindre le pire, j'ai été menacé plusieurs fois par de jeunes délinquants et cette année même, peu avant Pâques, un inconnu monté sur un vélo m'a poussé dans le dos et projeté la tête la première sur les durs pavés de la route: j'ai supporté douze points de suture, une semaine d'absence au travail, plusieurs examens médicaux et, désormais, une prudence accrue régit toujours mon quotidien.

Cependant, cette vie, tournée vers Jésus, est constamment remplie de sa douceur de coeur, de sa miséricorde, de l'amitié que d'autres, à l'improviste, me manifestent. Je ne parle jamais de bonheur, car le bonheur ce sera pour "après", mais de Joie, car Joie entraîne à l'effort, inspire ce que je dis et ce que j'écris et me guide tout au long de mes journées. Mes yeux n'ont pas besoin de voir, car c'est dans mon coeur que le Seigneur se manifeste. Je souhaite à toutes et à tous une très belle journée de juin, car le soleil est de la partie, aujourd'hui !

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Vocations diverses et multiples

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Le samedi de la 7e semaine de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 28,16-20.30-31.

À son arrivée à Rome, Paul reçut l'autorisation d'habiter en ville avec le soldat qui le gardait. Trois jours après, il fit appeler les notables de la communauté juive. Quand ils arrivèrent, il leur dit : « Frères, sans avoir rien fait contre notre peuple et les règles reçues de nos pères, j'arrive de Jérusalem comme prisonnier livré aux Romains.
Après m'avoir interrogé, ceux-ci voulaient me relâcher, puisqu'il n'y avait dans mon cas aucun motif de condamnation à mort. Mais, devant l'opposition des Juifs, j'ai été obligé de faire appel à l'empereur, sans vouloir pour autant accuser ma nation.
C'est donc pour ce motif que j'ai demandé à vous voir et à vous parler, car c'est à cause de l'espérance d'Israël que je porte ces chaînes. »
Paul demeura deux années entières dans le logement qu'il avait loué ; il accueillait tous ceux qui venaient chez lui ; il annonçait le règne de Dieu et il enseignait ce qui concerne le Seigneur Jésus Christ avec une assurance totale, et sans rencontrer aucun obstacle.




Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 21,20-25.
Jésus ressuscité venait d'annoncer à Pierre par quel genre de mort il rendrait gloire à Dieu. En se retournant, Pierre aperçoit, marchant à leur suite, le disciple que Jésus aimait. (C'est lui qui, pendant le repas, s'était penché sur la poitrine de Jésus pour lui dire : " Seigneur, quel est celui qui va te livrer?" )
Pierre, voyant ce disciple, dit à Jésus : « Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? »
Jésus lui répond : « Si je veux qu'il reste jusqu'à ce que je vienne, est-ce ton affaire ? Mais toi, suis-moi. »
Ainsi se répandit parmi les frères l'idée que ce disciple ne mourrait pas. Or, Jésus n'avait pas dit à Pierre : « Il ne mourra pas », mais : « Si je veux qu'il reste jusqu'à ce que je vienne, est-ce ton affaire ? »
C'est lui, le disciple qui rend témoignage de tout cela, et qui l'a rapporté par écrit, et nous savons que son témoignage est vrai.
Il y a encore beaucoup d'autres choses que Jésus a faites ; et s'il fallait rapporter chacune d'elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l'on écrirait ainsi.

Cy Aelf, Paris

Ces textes nous montrent qu'il existe sur la terre autant de formes de vie chrétienne qu'il y a de chrétiens. Car l'esprit du Seigneur agit en tous en se servant des dispositons naturelles et des talents différents de chaque fidèle. Paul se retrouvera  à Rome, où il sera décapité, mais après avoir écrit ces courriers dont nous faisons nous aussi, nous encore et toujours, notre profit. Pierre rejoindra Paul dans la "ville éternelle" : rétrospectivement, il ne pouvait finir qu'à Rome.  Quant à Jean, il sera l'homme des visions, mais aussi le premier fils de Marie par adoption et par la volonté de Jésus sur la croix.

Jésus a encore accompli beaucoup de choses sur la terre.  Il en accomplit encore de nombreuses chaque jour, en sorte que si tout devait être inscrit et répertorié dans des rapports classés, ce que dit Jean est vrai : le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l'on écrirait ainsi.

Moi aussi, je me suis mis à écrire. J'essaie, des années plus tard de me souvenir pourquoi j'ai commencé. L'explication première est que l'on m'avait demandé, comme exercice spirtuel, de méditer chaque jour les textes de la Liturgie. Mais dans ces méditations, je rencontrais des difficutés. Les pensées me venaient de façon toute "décousue", je m'y perdais un peu, les idées partaient dans tous les sens, j'avais difficile de demeurer cohérent. De ce fait, je me suis obligé à écrire ... et me voici toujours à l'oeuvre aujourd'hui !

Heureux !


.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Vigile et fête de la Pentecôte

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Livre des Actes des Apôtres 2,1-11.
Quand arriva la Pentecôte (le cinquantième jour après Pâques), ils se trouvaient réunis tous ensemble.
Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie.
Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d'eux.
Alors ils furent tous remplis de l'Esprit Saint : ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit.
Or, il y avait, séjournant à Jérusalem, des Juifs fervents, issus de toutes les nations qui sont sous le ciel.
Lorsque les gens entendirent le bruit, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient dans la stupéfaction parce que chacun d'eux les entendait parler sa propre langue.
Déconcertés, émerveillés, ils disaient : « Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous des Galiléens ?
Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ?
Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, des bords de la mer Noire, de la province d'Asie,
de la Phrygie, de la Pamphylie, de l'Égypte et de la Libye proche de Cyrène, Romains résidant ici,
Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu. »



Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 12,3b-7.12-13.
C'est pourquoi je vous le rappelle : Si l'on parle sous l'action de l'Esprit de Dieu, personne ne dit : « Jésus est un maudit » ; et personne n'est capable de dire : « Jésus est le Seigneur » sans l'action de l'Esprit Saint.
Les dons de la grâce sont variés, mais c'est toujours le même Esprit.
Les fonctions dans l'Église sont variées, mais c'est toujours le même Seigneur.
Les activités sont variées, mais c'est toujours le même Dieu qui agit en tous.
Chacun reçoit le don de manifester l'Esprit en vue du bien de tous.
Prenons une comparaison : notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ.
Tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés dans l'unique Esprit pour former un seul corps. Tous nous avons été désaltérés par l'unique Esprit.



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20,19-23.
C'était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint.
Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »


Cy Aelf, Paris

A la veille de cette fête de Pentecôte, tandis que d'un côté, l'on rappelle le sacrifice de millions d'hommes durant la dernière guerre... tandis que le monde se réjouit et se mobilise pour la compétition de la coupe du monde de football... et comme au même moment tous s'inquiètent de l'avenir de l'Europe et du monde, je me suis retiré pour méditer cette prière.

Découverte sur le portail des Fraternités de Jérusalem. ce sont les oraisons pour demander les sept dons de l'Esprit.

J'en ai bien besoin et chacun de nous en a besoin. Le jeudi précédent Pâques, cette année, j'ai pris un congé du fait d'une chute peu ordinaire, que j'ai cru accidentelle sur le moment, mais dont on m'a révélé ensuite qu'il s'agissait d'une agression. Depuis, je vis en retrait. J'ai cessé mon activité professionnelle durant une semaine, j'ai mis en ordre tous mes papiers, j'ai même changé de lieu pour la nuit: je dors désormais dans la plus petite chambre de la maison où je demeure seul. Mon désir de rupture "d'avec le monde" m'a poussé plus loin que j'avais jamais été.

J'écris ceci parce qu'il est possible que je renonce aussi à l'écriture quotidienne. J'agirai selon le conseil de l'Esprit, je ferai ce que voudra de moi le Seigneur, dans une période que je trouve extrêmement trouble et propice à toutes sortes de conflits, de dérèglements sociaux, de tumultes, de folies...

Voici cette prière:

Oraisons pour demander les 7 dons de l'Esprit

Esprit Saint, accorde-nous le don de la Sagesse,
que nous sachions reconnaître Dieu présent et manifesté dans le monde,
considérant toutes choses dans sa lumière
et dans le souvenir permanent de la vie éternelle.

Esprit Saint, accorde-nous le don d’intelligence
qui nous fera comprendre les vérités de la foi,
entrer dans leur sens et contempler leur harmonie intérieure.
Mets en nous l’amour et l’intelligence des vérités enseignées par l’Église.

Esprit Saint, accorde-nous le don de conseil,
que nous sachions toujours discerner la volonté de Dieu,
même dans les moments les plus difficiles ;
et garde-nous de toute décision inconsidérée,
nous dirigeant toujours et en tout par ta prudence.

Esprit Saint, accorde-nous le don de force,
qu’il nous donne le courage de dépasser les épreuves
sur le chemin qui nous conduit au salut.

Esprit Saint, accorde-nous le don de science,
que nous nous laissions guider par la foi, jour après jour,
et que nous sachions discerner ce qui nous conduit vers toi.

Esprit Saint, accorde-nous le don de piété,
que nous demeurions dans la confiance sous le regard aimant de notre Père,
et que nous soyons les témoins de sa tendresse auprès de tous les hommes.

Viens Esprit de crainte,
rends-nous suffisamment conscients de la toute-puissance et de la majesté de Dieu
pour ne point pécher envers elle.

Amen.


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http://jerusalem.cef.fr/fraternites/viv ... e-l-esprit
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Les béatitudes et la béatitude de la persécution

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Le lundi de la 10e semaine du Temps Ordinaire

Premier livre des Rois 17,1-6.

Le prophète Élie, de Tisbé en Galaad, dit au roi Acab : « Par le Seigneur qui est vivant, par le Dieu d'Israël dont je suis le serviteur, pendant plusieurs années il n'y aura pas de rosée ni de pluie, à moins que j'en donne l'ordre. »
La parole du Seigneur lui fut adressée :
« Va-t'en d'ici, dirige-toi vers l'est, et cache-toi près du torrent de Kérith, qui se jette dans le Jourdain.
Tu boiras au torrent, et j'ordonne aux corbeaux de t'apporter ta nourriture. »
Le prophète fit ce que le Seigneur lui avait dit, et alla s'établir près du torrent de Kérith, qui se jette dans le Jourdain.
Les corbeaux lui apportaient du pain et de la viande, matin et soir, et le prophète buvait au torrent.



Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,1-12.
Quand Jésus vit la foule qui le suivait, il gravit la montagne. Il s'assit, et ses disciples s'approchèrent.
Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux !
Heureux les doux : ils obtiendront la terre promise !
Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés !
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés !
Heureux les miséricordieux : ils obtiendront miséricorde !
Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu !
Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu !
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux !
Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ! C'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.


Aelf, Paris


Durant les années de sécheresse prophétisées au roi Acab, le prophète s'en est trouve préservé par l'intervention divine. Elie n'avait pas craint pour lui-même de se retrouver dans le besoin, car la volonté de Dieu était pour lui aussi bien la vraie nourriture que la vraie boisson. Car tout vient de Dieu et tout y retourne. Ainsi est bienheureux l'homme qui ne se fie pas à son propre jugement, mais s'en remet tout entier au Seigneur.

L'enseignement de Jésus, dans les Béatitudes, exalte ce rapport à Dieu qui se vit dans cette attitude de confiance absolue, quelles que soient les prédisposition et les situations de ceux qui veulent bien accueillir le message de l’Évangile.

Désormais, au même titre qu'Elie, que les juifs considéraient comme l'un des plus grands prophètes, toutes celles et tous ceux qui ouvriront leur cœur à l'enseignement de Jésus, en seront exaltés au-delà même de la condition humaine.

Certes, tous les prophètes ont été persécutés et les chrétiens seront persécutés aussi. Mais justement:  la persécution deviendra pour eux le signe évident de l'élection divine. Ce n'est pas pour rien que cette béatitude est la plus grande de toutes, puisqu'elle vérifie, puisqu'elle authentifie la qualité de l'abandon de foi en Dieu notre Père.

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Devenir reflets de la Miséricorde divine

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Le mardi de la 10e semaine du Temps Ordinaire

Premier livre des Rois 17,7-16.

Sur l'ordre du prophète Élie, il ne tombait plus une goutte de pluie dans tout le pays, et le torrent où buvait le prophète finit par être à sec.
Alors la parole du Seigneur lui fut adressée : « Lève-toi, va à Sarepta, dans le pays de Sidon ; tu y habiteras ; il y a là une veuve que j'ai chargée de te nourrir. »
Le prophète Élie partit pour Sarepta, et il parvint à l'entrée de la ville. Une veuve ramassait du bois ; il l'appela et lui dit : « Veux-tu me puiser, avec ta cruche, un peu d'eau pour que je boive ? »
Elle alla en puiser. Il lui dit encore : « Apporte-moi aussi un morceau de pain. »
Elle répondit : « Je le jure par la vie du Seigneur ton Dieu : je n'ai pas de pain. J'ai seulement, dans une jarre, une poignée de farine, et un peu d'huile dans un vase. Je ramasse deux morceaux de bois, je rentre préparer pour moi et pour mon fils ce qui nous reste. Nous le mangerons, et puis nous mourrons. »
Élie lui dit alors : « N'aie pas peur, va, fais ce que tu as dit. Mais d'abord cuis-moi un petit pain et apporte-le moi, ensuite tu feras du pain pour toi et ton fils.
Car ainsi parle le Seigneur, Dieu d'Israël : Jarre de farine point ne s'épuisera, vase d'huile point ne se videra, jusqu'au jour où le Seigneur donnera la pluie pour arroser la terre. »
La femme alla faire ce qu'Élie lui avait demandé, et longtemps, le prophète, elle-même et son fils eurent à manger.
Et la jarre de farine ne s'épuisa pas, et le vase d'huile ne se vida pas, ainsi que le Seigneur l'avait annoncé par la bouche d'Élie
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Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,13-16.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Vous êtes le sel de la terre. Si le sel se dénature, comment redeviendra-t-il du sel ? Il n'est plus bon à rien : on le jette dehors et les gens le piétinent.
Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée.
Et l'on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux.


Cy Aelf, Paris

Jésus avait mentionné l'histoire de la veuve Sarepta lors de son bref retour à la synagogue de Nazareth. Car elle manifeste, dans l'accueil qu'elle réserve au prophète Elie, que Dieu ne fait pas de différence entre les hommes, ni entre les hommes et les femmes. Dieu est Amour et il aime. C'est seulement si l'humain le rejette qu'il ne peut rien pour lui. A Nazareth déjà, on avait cherché à mettre à mort "Jésus, le fils du charpentier"...

Révéler l'amour de Dieu aux hommes, telle est la mission des apôtres. Ils sont les continuateurs des prophètes.  Mais eux-mêmes sont des hommes comme les autres : s'il advenait qu'ils perdent le sel de leur foi, alors la nature humaine reprendrait le dessus et ils seraient perdus pour tous.

Il n'y a donc qu'un salut véritable et c'est de suivre le Seigneur, d'aimer à notre tour comme Il nous a aimés et d'aller jusqu'au bout de cet amour. Il ne suffit pas d'en témoigner par la parole ou par l'écriture, mais ce doit devenir une disposition fondamentale de toute la personne. En toute occasion. C'est ce que nous apprenons, pas après pas, jour après jour.

J'en ai eu un exemple dès mon lever aujourd'hui.

En me rendant à la messe, j'ai croisé un homme âgé sur un banc. Il émiétait un morceau de pain sec, le reste d'un sandwich abandonné dans son sachet, qu'il humidifiait de sa langue afin d'en faire son repas... A voir sa mine, je me suis demandé s'il avait dormi sur ce banc la nuit dernière. J'ai failli lui offrir un sandwich, mais je me hâtais pour ne pas manquer l'Eucharistie.  Occasion manquée ?  Pas vraiment, car lorsque j'ai communié, j'ai ressenti en moi comme si le Seigneur me remerciait de Lui avoir prêté mon attention - en effet, le Seigneur s'identifie complètement aux vieillards qui dorment sur les bancs de la ville et survivent un jour à la fois .... Mais ce témoignage est-il recevable ?

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Les béatitudes et la béatitude de la persécution

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L'homélie du Pape François

(RV) Les Béatitudes sont le programme de vie du chrétien : le pape l’a affirmé ce matin, lors de la messe qu’il présidait en la chapelle de la Maison Ste Marthe. Le Souverain pontife a centré son homélie sur les Béatitudes, remarquant, -au lendemain de la rencontre de paix historique qui s’est tenue au Vatican-, qu’on avait besoin de courage de la douceur pour vaincre la haine.

Heureux les doux et les assoiffés de justice

Les Béatitudes sont le « programme », la « carte d’identité du chrétien ». Le Pape François a offert, dans son homélie, une intense méditation sur les Béatitudes, dont parle d’Evangile du jour.

« Si quelqu’un parmi nous, a-t-il affirmé-, se demande : ‘comment devient-on un bon chrétien ?’, ici nous trouvons la réponse de Jésus, qui indique des choses « tellement à contre-courant » de ce qui habituellement « se fait dans le monde ».

Bienheureux les pauvres en esprit. « Les richesses, a averti le Pape, ne t’assurent de rien. De plus, quand le cœur est riche, il est tellement satisfait de lui-même, qu’il n’a plus de place pour la Parole de Dieu ».

Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés :
« Mais le monde nous dit : la joie, le bonheur, le divertissement, c’est cela qui rend la vie si belle. Le monde ignore, regarde de l’autre côté, quand il y a des problèmes de maladie, des problèmes douloureux dans les familles. Le monde ne veut pas pleurer, il préfère ignorer les situations douloureuses, les cacher. Seule la personne qui voit les choses comme elles sont, et pleure dans son cœur, sera heureuse et sera consolée. La consolation de Jésus, non celle du monde.

Heureux les doux dans ce monde, qui dès le commencement est un monde de guerre, un monde où l’on se dispute, un monde rempli de haine. Et Jésus dit : non à la guerre, non à la haine, douceur, paix ».
Si je suis «doux dans la vie », a poursuivi le Pape, « les gens vont penser que je suis un idiot ». « Qu’ils le pensent ! », a lancé le Pape, « mais tu es doux, parce qu’avec cette douceur, tu auras la terre promise en héritage ».

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice ; heureux, a-t-il ajouté, « ceux qui luttent pour la justice, parce qu’il y a la justice dans le monde ».
« Il est tellement facile de se faire prendre dans les mailles de la corruption », a admis le Pape, « cette politique du « do ut des, (« je te donne afin que tu me donnes »). Tout est une question d’affaires ». Cette politique génère « tant d’injustices. Combien de personnes souffrent de ces injustices ». Et Jésus nous dit : « heureux ceux qui luttent contre ces injustices ».

Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Les miséricordieux, a encore affirmé le Pape, « sont ceux qui pardonnent, qui comprennent les erreurs des autres ». Jésus, a observé François, ne dit pas « heureux ceux qui se vengent », mais « Heureux ceux qui pardonnent, les miséricordieux. Parce que nous tous, nous sommes une armée de pardonnés ! Nous tous, nous avons été pardonnés. C’est pour cela qu’il est heureux celui qui se dirige sur ce chemin du pardon.

Heureux les cœurs purs, qui ont un cœur simple, pur, sans souillure, un cœur qui sait aimer avec cette pureté si belle.

Heureux les artisans de paix. Mais, il est si commun pour nous d’être des artisans de guerre, ou des artisans de malentendus ! Quand j’entends une chose de quelqu’un, et qu’ensuite je vais la répéter à un autre, tout en en donnant une autre version, et que je la répète encore : c’est le monde du commérage. Ces personnes qui bavardent ne font pas la paix, ils sont ennemis de la paix. Ils ne sont pas heureux ! »

Un programme de sainteté

Heureux les persécutés pour la justice. Ces personnes, a constaté le Pape, « sont persécutées simplement pour avoir lutté pour la justice ». Cette Béatitude est le programme de vie que nous propose Jésus, « si simple, mais si difficile ». Et, a-t-il poursuivi, « si nous voulons quelque chose de plus, Jésus nous donne également d’autres indications », ce « protocole sur lequel nous serons jugés », dans le chapitre 25 de l’Evangile de St Matthieu : « j’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’avais soif et vous m’avez donné à boire, j’étais malade et vous m’avez visité, j’étais en prison, et vous êtes venu vers moi ».

Avec ces deux choses, -les Béatitudes et le chapitre 25 de Matthieu-, « on peut vivre la vie chrétienne, au niveau de la sainteté » :
« Peu de paroles, des paroles simples, mais pratiques, parce que le christianisme est une religion pratique : il ne faut pas la penser, il faut la pratiquer, la faire. Aujourd’hui, si vous avez du temps à la maison, prenez l’Evangile, l’Evangile de Matthieu, chapitre 5, qui commencent par les Béatitudes. Au chapitre 25, il y a les autres. Et ça vous fera du bien de les lire une fois, deux fois, trois fois. C’est un programme de sainteté. Que le Seigneur nous donne la grâce de comprendre son message ».

http://www.news.va/fr/news/les-beatitud ... du-chretie
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Purification et quête de sainteté

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Le jeudi de la 10e semaine du Temps Ordinaire

Premier livre des Rois 18,41-46.

Au pied du mont Carmel, le prophète Elie dit au roi Acab : « Monte, tu peux maintenant manger et boire, car j'entends le grondement de la pluie. »
Le roi Acab monta pour aller manger et boire. Élie, de son côté, monta sur le sommet du Carmel, il se courba vers la terre et mit son visage entre ses genoux.
Il dit à son serviteur : « Monte, et regarde du côté de la mer. » Le serviteur monta, regarda et dit : « Il n'y a rien. » Sept fois de suite, Élie lui dit : « Retourne. »
La septième fois, le serviteur annonça : « Voilà un nuage qui monte de la mer, gros comme le poing. » Alors Élie dit au serviteur : « Va dire au roi Acab : 'Attelle ton char et descends de la montagne, avant d'être arrêté par la pluie. ' »
Peu à peu, le ciel s'obscurcit de nuages, poussés par le vent, et il tomba une grosse pluie. Acab monta sur son char et partit pour la ville d'Isréel.
La main du Seigneur s'empara du prophète ; Élie retroussa son vêtement et courut en avant d'Acab jusqu'à l'entrée de la ville d'Isréel. Le roi Acab avait épousé Jézabel, fille du roi de Sidon. Cette femme le poussa à l'idolâtrie, et devint, de ce fait, une véritable personnification de l'impiété et de l'infidélité au Dieu de l'Alliance
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Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,20-26.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Je vous le déclare : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux. Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu'un commet un meurtre, il en répondra au tribunal.
Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal. Si quelqu'un insulte son frère, il en répondra au grand conseil. Si quelqu'un maudit son frère, il sera passible de la géhenne de feu.
Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande.
Accorde-toi vite avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu'on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n'en sortiras pas avant d'avoir payé jusqu'au dernier sou.


Cy Aelf, Paris

A propos de la première lecture, notre prêtre a beaucoup parlé de l'importance du rôle attribué à l'eau dans l'Ancien Testament. C'est de l'eau que toute la création a été tirée. C'est l'eau qui fait lever les blés, qui sert aux multiples ablutions rituelles. C'est l'eau du déluge qui a présidé au renouvellement de la première création, c'est l'eau qu'ont franchi les juifs en quittant l'esclavage égyptien et c'est encore par l'eau du Jourdain que le peuple est passé en terre promise. Ce même Jourain qui servira pour le baptême de Jean.

Avec la venue du Christ, la valeur du baptême et celle des purifications ne sont pas retranchées, mais nul ne peut se contenter d'avoir été baptisé afin d'assurer son salut ! La vie chrétienne bien vécue nous entraîne dans un effort de chaque jour - en même temps de foi et de confiance, mais aussi de lutte et d'acceptation. La pratique d'une justice rituelle ne suffit plus, mais il faut aller au-delà et suivre Jésus.

Quant à l'image de l'homme que l'on jette en prison jusqu'à ce qu'il ait tout payé de sa dette... comment un homme en prison peut-il rembourser ce qu'il doit, sou après sou, si cette prison n'est pas le purgatoire ?
Nous aussi, nous ne pouvons donc nous contenter de pratiquer notre foi par les sacrements, mais chaque jour de notre passage sur la terre doit devenir un témoignage, une lutte et une action de grâce.

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Le désir et l'abandon du désir

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Le vendredi de la 10e semaine du Temps Ordinaire

Premier livre des Rois 19,9.11-16.

Lorsque le prophète Élie fut arrivé à l'Horeb, il entra dans une caverne et y passa la nuit.
La parole du Seigneur lui fut adressée : « Sors dans la montagne et tiens-toi devant le Seigneur, car il va passer. » A l'approche du Seigneur, il y eut un ouragan, si fort et si violent qu'il fendait les montagnes et brisait les rochers, mais le Seigneur n'était pas dans l'ouragan ; et après l'ouragan, il y eut un tremblement de terre, mais le Seigneur n'était pas dans le tremblement de terre ;
et après ce tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n'était pas dans ce feu ; et après ce feu, le murmure d'une brise légère.
Aussitôt qu'il l'entendit, Élie se couvrit le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l'entrée de la caverne. Alors il entendit une voix qui disait : « Que fais-tu là, Élie ? »
Il répondit : « J'éprouve une ardeur jalouse pour toi, Seigneur, Dieu de l'univers, car les fils d'Israël ont abandonné ton Alliance, renversé tes autels, et tué tes prophètes par l'épée. Je suis le seul à être resté et ils cherchent à me tuer. »
Le Seigneur lui dit : « Repars vers Damas, par le chemin du désert. Arrivé là, tu consacreras par l'onction Hazaël comme roi de Syrie ;
puis tu consacreras Jéhu, fils de Namsi, comme roi d'Israël ; et tu consacreras Élisée, fils de Shafate, comme prophète pour te succéder. »



Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,27-32.

Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : " Vous avez appris qu'il a été dit : Tu ne commettras pas d'adultère.
Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme et la désire a déjà commis l'adultère avec elle dans son cœur.
Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi : car c'est ton intérêt de perdre un de tes membres, et que ton corps tout entier ne soit pas jeté dans la géhenne.
Et si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi : car c'est ton intérêt de perdre un de tes membres, et que ton corps tout entier ne s'en aille pas dans la géhenne.
Il a été dit encore : Si quelqu'un renvoie sa femme, qu'il lui donne un acte de répudiation.
Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui renvoie sa femme, sauf en cas d'union illégitime, la pousse à l'adultère ; et si quelqu'un épouse une femme renvoyée, il est adultère.


Cy Aelf, Paris

Le thème principal des lectures de ce jour est le désir.  Le désir sous toutes ses formes, désir de possession de biens matériels (qui apparaît dans l'affaire de la vigne désirée par le roi Acab et obtenue de manière criminelle par Jézabel, sa femme); le désir sexuel qu'évoque Jésus dans l'Evangile; le désir de connaître Dieu par des représentations - c'est ainsi que le prophète Elie s'attendait à rencontrer Dieu d'abord dans un puissant ouragan, puis un tremblement de terre, puis un feu - mais c'est dans une brise légère que la rencontre a lieu.

Ce que propose Jésus dans l'Evangile, c'est de trancher net dans le désir humain. C'est pourquoi l'oeil avide et la main qui saisit doivent toujours demeurer sous un contrôle radical. Ce n'est pas pour rien que Jésus est parti au désert pour se confronter au démon - qui se fait le premier ennemi de l'homme en suscitant le désir jusqu'à l'exacerbation.

Faut-il donc devenir ascète ?  Sans doute, mais cela ne se passe pas comme nous l'imaginons souvent, ni comme certains livres nous décrivent la démarche des ascètes.  Je peux rapporter ici que mon désir de rompre avec le tabac s'est heurté durant des années à ce que je croyais être la faiblesse de ma volonté. C'est la tenue d'un petit journal spirituel, un carnet de "chutes" et de "victoires" qui m'a permis de découvrir que je fumais plus en certaines occasions "conflictuelles" que lorsque j'étais en harmonie avec moi-même.
Et finalement, en voulant me fier à ma propre volonté, je me débattais vainement contre moi-même.
La délivrance n'est pas venue de  l'effort, de la décision, de l'investissement de "moi-même".  C'est plutôt le contraire: d'abord parce que j'ai demandé d'être délivré et ensuite, parce que j'ai abandonné ma volonté. Autrement dit: j'ai accepté de passer au travers de l'épreuve, je m'y suis laissé entraîner, j'ai accepté par avance les malaises que je devrais traverser.

La souffrance du manque est apparue le deuxième jour, mais elle s'est accompagnée d'une joie extraordinaire, une joie de la même qualité que celle que j'avais ressentie lors de ma conversion.

Et pour conclure (mais c'est un avis personnel): tout être humain qui désire rencontrer Dieu, doit d'abord abandonner ce désir. Qu'il se mettre à prier et il verra sa vie changer. Non seulement cela, mais il constatera qu'elle est effectivement toute changée : ce qu'il désirait autrefois a disparu; les relations qu'il avait nouées, il n'en a plus qu'un souvenir vague; ses "grandes" histoires d'amour lui paraissent fort peu de choses. Il est autre pour lui-même, car c'est le Seigneur qui le conduit. Et toute crainte disparaît.


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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Par amour de la Charité parfaite

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Le samedi de la 10e semaine du Temps Ordinaire

Premier livre des Rois 19,19-21.

Le Seigneur avait dit au prophète Élie ; « Tu consacreras Élisée, fils de Shafate, comme prophète pour te succéder. » Élie s'en alla. Il trouva Élisée, fils de Shafate, en train de labourer. Il avait à labourer douze arpents, et il en était au douzième. Élie passa près de lui et jeta vers lui son manteau.
Alors Élisée quitta ses bœufs, courut derrière Élie, et lui dit :« Laisse-moi embrasser mon père et ma mère, puis je te suivrai. » Élie répondit : « Va-t'en, retourne là-bas ! Je n'ai rien fait. »
Alors Élisée s'en retourna ; mais il prit la paire de bœufs pour les immoler, les fit cuire avec le bois de l'attelage, et les donna à manger aux gens. Puis il se leva, partit à la suite d'Élie et se mit à son service.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,33-37.
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Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : " Vous avez encore appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne feras pas de faux serments, mais tu t'acquitteras de tes serments envers le Seigneur.
Eh bien moi, je vous dis de ne faire aucun serment, ni par le ciel, car c'est le trône de Dieu,
ni par la terre, car elle est son marchepied, ni par Jérusalem, car elle est la Cité du grand Roi.
Et tu ne jureras pas non plus sur ta tête, parce que tu ne peux pas rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir.
Quand vous dites 'oui', que ce soit un 'oui', quand vous dites 'non', que ce soit un 'non'. Tout ce qui est en plus vient du Mauvais.


Cy Aelf, Paris

A la demande d'Elisée à Elie : « Laisse-moi embrasser mon père et ma mère, puis je te suivrai. » correspond dans l'Evangile : "Quand vous dites 'oui', que ce soit un 'oui', quand vous dites 'non', que ce soit un 'non'. Tout ce qui est en plus vient du Mauvais."  Chaque fois que nous remettons en question un appel du Seigneur à faire, par pure charité, un petit geste envers autrui, alors nous courrons le risque que ce petit moment de doute viendra annule en nous la bonne volonté qui présidait au départ.

Le Mauvais, c'est bien l'adversaire, c'est le diable qui "interfère" par la raison, par la logique, par la réfexion, pour nous dissuader de faire le bien, ce qui nous empêchera de plaire à Dieu et diminuera la grâce en nous.

Le texte de ce matin tombe vraiment à pic pour que me permettre de rapporter ce qui s'est passé hier soir, après ma journée de travail.

Il était passé 19h00, lorsque je reçois un coup de fil qui m'annonce la chute, dans sa cage d'escalier, de Soeur Hélène, qui m'avait rendu service au plus fort de ma sciatique, en m'apportant ce qui lui restait d'une boîte d'un puissant anti-inflammatoire.  Et bref, on me demandait s'il m'en restait et d'en rapporter ce matin une plaquette de 8 comprimés.  

Mais à ce moment-là, le Seigneur m'a soufflé à l'oreille de prendre sur moi, de ne pas attendre le lendemain, mais de rentrer chez moi de prendre cette plaquette et d'aller d'office la rapporter, afin que Sr Hélène passe une bonne nuit.  Et en plus, tout à fait clairement un mot des Béatitudes a jailli au fond de moi et s'est mis à briller au coeur et à l'esprit. C'était : "Si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui." Je me suis dit: "Oui !  Les premiers mille pas pour rendre le service à la personne, et les mille pas de retour pour rendre grâce pour l'occasion d'un vrai geste de miséricorde !"

Cela m'a mis le coeur en fête et je n'ai pas ressenti la fatigue du double trajet. En plus, au moment où j'ai sonné à la porte, on a protesté aimablement : "Il ne fallait pas courir, çà pouvait attendre demain". Bien sûr, mais j'ai dit - sans même y avoir réfléchi: "Oh, aucun problème ! C'est sur mon chemin: je vais au video-club m'acheter un petit film pour ce soir !..." De la sorte, je n'ai pas reçu ma récompense, et à la joie ressentie sur le chemin du retour, j'ai reconnu que je venais de faire provision d'autres grâces à venir de la part du Seigneur.

Des occasions de sortir de soi, il y en a beaucoup sur une journée, et plus encore sur une semaine, mais combien de fois les laissons-nous passer sans les saisir ?  

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Dimanche : Fête de la sainte Trinité

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Sainte Trinité, solennité

Livre de l'Exode 34,4b-6.8-9.

Moïse se leva de bon matin, et il gravit la montagne du Sinaï comme le Seigneur le lui avait ordonné. Le Seigneur descendit dans la nuée et vint se placer auprès de Moïse. Il proclama lui-même son nom ;
il passa devant Moïse et proclama : « YAHVÉ, LE SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d'amour et de fidélité,
Aussitôt Moïse se prosterna jusqu'à terre, et il dit : « S'il est vrai, Seigneur, que j'ai trouvé grâce devant toi, daigne marcher au milieu de nous. Oui, c'est un peuple à la tête dure ; mais tu pardonneras nos fautes et nos péchés, et tu feras de nous un peuple qui t'appartienne. »


Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 13,11-13.
Frères, soyez dans la joie, cherchez la perfection, encouragez-vous, soyez d'accord entre vous, vivez en paix, et le Dieu d'amour et de paix sera avec vous. Exprimez votre amitié en échangeant le baiser de paix. Tous les fidèles vous disent leur amitié.
Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l'amour de Dieu et la communion de l'Esprit Saint soient avec vous tous.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3,16-18.
Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne veut pas croire est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

Cy Aelf, Paris

La beauté et la force des textes de ce dimanche qui vient (j'écris la veille) tiennent aux trois lectures liées ensemble. Je les ai découverts et j'ai été un peu surpris, je me suis dit d'abord: "Mais, où est-il question de chacune des personnes de la sainte Trinité ?"

J'ai compris en relisant :

- Le premier texte nous montre le Père, c'est évident : Il se révèle à Moïse dans ce passage du Livre de l'Exode.

- Dans le troisième texte, Jésus se désigne lui-même, mais dans les paroles qu'il emploie pour se désigner lui-même, c'est le Père qu'il honore.  Jésus ne dit pas : "C'est moi le Fils unique de Dieu", mais il dit: "Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique". En parlant ainsi, le Fils rend hommage au Père, il ne tient pas compte de lui-même, mais il adore le Père et il exprime son amour envers tous les enfants du Père que sont les hommes.

- C'est bien le second texte, l'Epître de saint Paul aux Corinthiens, qui décrit l'action de l'Esprit Saint au milieu des hommes. Il y est question de la joie, de la quête de la perfection, de l'accord et de l'encouragement mutuels, de l'amitié, de la paix, de la communion des esprits.

Ce choix liturgique est en même temps judicieux et évocateur du rapport dynamique des trois personnes de la Trinité entre elles-mêmes. Le Père, le Fils et l'Esprit sont effectivement des personnes distinctes, mais elles n'agissent qu'en communion et en échange perpétuels entre elles-mêmes. C'est un très grand mystère. Je voudrais citer ici ce qu'en disait une Carmélite, mère Isabelle Daurelle. Elle ne fait qu'évoquer le mystère, mais elle en est toute transformée :

"Pendant la prière du soir, le troisième jour, je pénétrai à l'intérieur de mon âme, et il me parut que je descendais dans les vertigineuses profondeurs d'un abîme où j'eus l'impression d'être entourée d'un espace sans limites. Je sentis alors la présence de la Sainte Trinité et me rendis compte de mon propre néant que je compris mieux que jamais auparavant. Cette connaissance me fut très douce. La divine Immensité dans laquelle je fus plongée et qui me remplit avait la même douceur..."

(Citation de Julien Green dans son Journal, 16 janvier 1968)

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Ne pas riposter aux méchants, se confier à Dieu

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Le lundi de la 11e semaine du Temps Ordinaire

Premier livre des Rois 21,1-16.

Naboth, de la ville d'Isréel, possédait une vigne à côté du palais d'Acab, roi de Samarie.
Acab dit un jour à Naboth : « Cède-moi ta vigne ; elle me servira de jardin potager, car elle est juste à côté de ma maison ; je te donnerai en échange une vigne meilleure, ou, si tu préfères, je te donnerai l'argent qu'elle vaut. » . Naboth répondit à Acab : « Que le Seigneur me préserve de te céder l'héritage de mes pères ! »
Acab retourna chez lui sombre et irrité, parce que Naboth lui avait dit : « Je ne te céderai pas l'héritage de mes pères. » Il se coucha sur son lit, tourna son visage vers le mur, et refusa de manger.
Sa femme Jézabel vint lui dire : « Pourquoi es-tu de mauvaise humeur ? Pourquoi ne veux-tu pas manger ? »
Il répondit : « J'ai parlé à Naboth d'Isréel. Je lui ai dit : 'Cède-moi ta vigne pour de l'argent, ou, si tu préfères, pour une autre vigne en échange. ' Mais il a répondu : 'Je ne te céderai pas ma vigne ! ' »
Alors sa femme Jézabel lui dit : « Est-ce que tu es le roi d'Israël, oui ou non ? Lève-toi, mange, et retrouve ta bonne humeur : moi, je vais te donner la vigne de Naboth. »
Elle écrivit des lettres au nom d'Acab, elle les scella du sceau royal, et elle les adressa aux anciens et aux notables de la ville où habitait Naboth.
Elle avait écrit dans ces lettres : « Proclamez un jeûne, faites comparaître Naboth devant le peuple.
Placez en face de lui deux individus sans scrupules, qui témoigneront contre lui : 'Tu as maudit Dieu et le roi ! ' Ensuite, faites-le sortir de la ville, lapidez-le, et qu'il meure ! »
Les anciens et les notables qui habitaient la ville de Naboth firent ce que Jézabel avait ordonné dans ses lettres.
Ils proclamèrent un jeûne et firent comparaître Naboth devant le peuple.
Alors arrivèrent les deux individus qui se placèrent en face de lui et portèrent contre lui ce témoignage : « Naboth a maudit Dieu et le roi. » On fit sortir Naboth de la ville, on le lapida, et il mourut.
Puis on envoya dire à Jézabel : « Naboth a été lapidé et il est mort. »
Lorsque Jézabel en fut informée, elle dit à Acab : « Va, prends possession de la vigne de ce Naboth qui a refusé de la céder pour de l'argent, car il n'y a plus de Naboth : il est mort. »
Quand Acab apprit que Naboth était mort, il se rendit à la vigne de Naboth et en prit possession.



Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,38-42.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Vous avez appris qu'il a été dit : œil pour œil, dent pour dent.
Eh bien moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l'autre. Et si quelqu'un veut te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau.
Et si quelqu'un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui.
Donne à qui te demande ; ne te détourne pas de celui qui veut t'emprunter.



Cy Aelf, Paris

L'affaire de la vigne que Naboth refuse au roi Acab m'a rappelé ce qui s'est passé lorsque l'ancienne galerie où j'avais ma boutique a été rasée afin de laisser place à un grand parking. Me voyant déjà perdre mon travail, j'ai voulu lutter contre le promoteur du projet. Il y a eu quelques épisodes durant lesquels j'ai manifesté que j'entrais en "résistance". Seul contre tous, J'ai remué beaucoup d'air jusqu'au moment où le "grand patron" m'a fait venir. Il m'a d'abord proposé un verre du vin, mais j'ai dit ne pas boire d'alcool. Il m'a dit ensuite: "Je sais ce que vous voulez:  c'est une indemnité, n'est-ce pas".  Et j'ai répondu "Bien sûr, car vous allez m'empêcher de travailler pendant près d'une année".  Il m'a répondu : "Envoyez-moi donc vos avocats, ils rencontreront les miens pour en discuter"... Autrement dit : vous n'aurez pas un centime. Ce que m'ont confirmé les propriétaires de mon magasin: "Nous ne pouvons pas intervenir. Le temps d'échanger des courriers et d'arriver devant un juge, il y a longtemps que tu auras retrouvé ton boulot." Mais ils m'ont suspendu le paiement du loyer durant la période du chantier. C'est ainsi que, du jour au lendemain, lorsque les engins de chantier sont apparus pour abattre les murs... j'ai retrouvé ma chambre dans la maison de mes parents. Les travaux ont duré plus longtemps que prévu, mon père est tombé malade et m'a confié toutes ses affaires, etc. Je n'ai plus quitté la maison et j'y suis encore, tout seul, désormais, mais certes pas sans rien pour vivre.

Il n'était pas très sage, de la part de Naboth, de refuser d'embée l'offre de son roi, d'autant que l'échange semblait équitable. Bien sûr, cela ne justifie pas le simulacre de procès, les témoins mensongers et l'exécution, mais des affaires comme celle présentée dans le livre des Rois, il s'en passe tous les jours.

Le conseil de Jésus, c'est de ne pas entrer en débat, de ne pas résister au méchant. L'autre qui me veut du mal, c'est moi-même lorsque je pense tout gérer de ma vie par moi-même.  Et finalement, mon véritable ennemi, n'est-il pas toujours en moi-même ? Ou toujours présent à moi-même ?  C'est l'Adversaire. L'Adversaire me présente mes intérêts et mon avantage, qui me mettent en opposition avec autrui. Il faut y prendre garde car de nos petits conflits d'intérêts à une guerre mondiale, il n'y a qu'une différence de taille, rien de plus !

Mais l'autre jour, lorsqu'on m'a demandé de rapporter une plaquette d'un anti-douleur à une voisine, j'ai éprouvé une forte joie, car cela "collait" littéralement à la parole de Jésus dans l'Evangile de ce jour: "Si quelqu'un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui" - j'ai eu mal aux pieds, mais de la joie plein le coeur à l'aller comme au retour !

Soyons positifs !


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L'amour de Dieu triomphe toujours

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Le mardi de la 11e semaine du Temps Ordinaire

Premier livre des Rois 21,17-29.

La parole du Seigneur fut adressée au prophète Élie :
« Lève-toi, va trouver Acab, qui règne sur Israël à Samarie. Il est en ce moment dans la vigne de Naboth, où il s'est rendu pour en prendre possession.
Tu lui diras : 'Ainsi parle le Seigneur : Tu as commis un meurtre, et maintenant tu prends possession. C'est pourquoi, ainsi parle le Seigneur : À l'endroit même où les chiens ont lapé le sang de Naboth, les chiens laperont ton sang à toi aussi. ' »
Acab dit à Élie : « Tu m'as donc retrouvé, toi, mon ennemi ! » Élie répondit : « Oui, je t'ai retrouvé. Puisque tu t'es déshonoré en faisant ce qui est mal aux yeux du Seigneur,
je vais faire venir sur toi le malheur : je supprimerai ta descendance, j'exterminerai tous les mâles de ta maison, esclaves ou hommes libres.
Je ferai à ta maison ce que j'ai fait à celle de Jéroboam, et à celle de Baasa, tes prédécesseurs, car tu as provoqué ma colère et fait pécher Israël.
Et le Seigneur a encore cette parole contre Jézabel : 'Les chiens dévoreront Jézabel sous les murs de la ville d'Isréel ! '
Celui de la maison d'Acab qui mourra dans la ville sera dévoré par les chiens ; celui qui mourra dans la campagne sera dévoré par les oiseaux du ciel. »
On n'a jamais vu personne se déshonorer comme Acab en faisant comme lui ce qui est mal aux yeux du Seigneur, sous l'influence de sa femme Jézabel.
Il s'est conduit d'une manière abominable en s'attachant aux idoles, comme faisaient les Amorites que le Seigneur avait chassés devant les Israélites.
Quand Acab entendit les paroles prononcées par Élie, il déchira ses habits, se couvrit le corps d'un vêtement de pénitence ; et il jeûnait, il gardait le vêtement de pénitence pour dormir, et il marchait lentement.
Alors la parole du Seigneur fut adressée à Élie :
« Tu vois comment Acab s'est humilié devant moi ! Puisqu'il s'est humilié devant moi, je ne ferai pas venir le malheur de son vivant ; c'est sous le règne de son fils que je ferai venir le malheur sur sa maison.



Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,43-48.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : " Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.
Eh bien moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent,
afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.
Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n'en font-ils pas autant ?  Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.



Cy Aelf, Paris

Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive. C'est ainsi que, devant le repentir du roi, Dieu renonce au châtiment. Cependant, si le châtiment retombera sur sa descendance, c'est que la pratique du mal va se poursuivre, l'homme persistant dans ses propres vues, ses propres estimations.

Jésus, dans le sermon sur la montagne, montre qui est vraiment fils du Père - et c'est quiconque place en tout premier lieu la valeur de l'amour de miséricorde.  Les problèmes que les hommes connaissent entre eux procèdent tous d'une mauvaise connaissance de Dieu, ou tout simplement : de l'athéisme qui produit les idéologies, lesquelles ont engendré aussi bien le communisme que le fascisme.

Aujourd'hui même, les "djihadistes" d'Irak, Chiites comme Sunnites, vont s'entretuer tous au nom d'Allah, tandis que dans les pays occidentaux, les bien nantis vont s'enrichir encore sur le dos du reste de la population. Il n'y a rien de nouveau sous le soleil, comme dit l'Ecclésiaste.  Cependant, pour tous ceux qui ont reconnu le Seigneur et qui AIMENT la vie est déjà toute renouvelée et il n'est rien qui puisse entraver notre marche vers la Vie.


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