Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2013-2014)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Le tribunal de la Miséricorde

Message non lu par etienne lorant »

Le lundi de la 5e semaine de Carême

Livre de Daniel 13,1-9.15-17.19-30.33-62.

L'assemblée les crut, car c'étaient des anciens du peuple et des juges, et Suzanne fut condamnée à mort.
Alors elle cria d'une voix forte : « Dieu éternel, toi qui pénètres les secrets, toi qui connais toutes choses avant qu'elles n'arrivent,
tu sais qu'ils ont porté contre moi un faux témoignage. Voici que je vais mourir, sans avoir rien fait de tout ce que leur méchanceté a imaginé contre moi. »
Le Seigneur entendit sa voix.
Comme on la conduisait à la mort, Dieu éveilla l'esprit de sainteté chez un tout jeune garçon nommé Daniel, qui se mit à crier d'une voix forte : « Je suis innocent de la mort de cette femme ! »
Tout le peuple se tourna vers lui et on lui demanda : « Que signifie cette parole que tu as prononcée ? »
Alors, debout au milieu du peuple, il leur dit : « Vous êtes donc fous, fils d'Israël ? Sans interrogatoire, sans recherche de la vérité, vous avez condamné une fille d'Israël.
Revenez au tribunal, car ces gens-là ont porté contre elle un faux témoignage. »
Tout le peuple revint donc en hâte, et le collège des anciens dit à Daniel : « Viens siéger au milieu de nous et donne-nous des explications, car Dieu a déjà fait de toi un Ancien. »
Et Daniel leur dit : « Séparez-les l'un de l'autre, je vais les interroger. »
Quand on les eut séparés, Daniel appela le premier et lui dit : « Toi qui as vieilli dans le mal, tu portes maintenant le poids des péchés que tu as commis autrefois en jugeant injustement :
tu condamnais les innocents et tu acquittais les coupables, alors que le Seigneur a dit : Tu ne feras pas mourir l'innocent et le juste.
Eh bien ! si réellement tu as vu cette femme, dis-nous sous quel arbre tu les as vus se donner l'un à l'autre ? » Il répondit : « Sous un sycomore. »
Daniel dit : « Voilà justement un mensonge qui te condamne : l'ange de Dieu a reçu un ordre de Dieu, et il va te mettre à mort.
Daniel le renvoya, fit amener l'autre et lui dit : « Tu es de la race de Canaan et non de Juda ! La beauté t'a dévoyé et le désir a perverti ton cœur.
C'est ainsi que vous traitiez les filles d'Israël, et, par crainte, elles se donnaient à vous. Mais une fille de Juda n'a pu consentir à votre crime.
Dis-moi donc sous quel arbre tu les as vus se donner l'un à l'autre ? » Il répondit : « Sous un châtaignier. »
Daniel lui dit : « Toi aussi, voilà justement un mensonge qui te condamne : l'ange de Dieu attend, l'épée à la main, pour te châtier, et vous faire exterminer. »
Alors toute l'assemblée poussa une grande clameur et bénit Dieu qui sauve ceux qui espèrent en lui.
Puis elle se retourna contre les deux anciens que Daniel avait convaincus de faux témoignage par leur propre bouche. Conformément à la loi de Moïse, on leur fit subir la peine que leur méchanceté avait imaginée contre leur prochain :
on les mit à mort. Et ce jour-là, une vie innocente fut épargnée.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 8,1-11.
Jésus s'était rendu au mont des Oliviers ;
de bon matin, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s'assit et se mit à enseigner.
Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu'on avait surprise en train de commettre l'adultère. Ils la font avancer,
et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été prise en flagrant délit d'adultère.
Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, qu'en dis-tu ? »
Ils parlaient ainsi pour le mettre à l'épreuve, afin de pouvoir l'accuser. Mais Jésus s'était baissé et, du doigt, il traçait des traits sur le sol.
Comme on persistait à l'interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d'entre vous qui est sans péché, qu'il soit le premier à lui jeter la pierre. »
Et il se baissa de nouveau pour tracer des traits sur le sol.
Quant à eux, sur cette réponse, ils s'en allaient l'un après l'autre, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme en face de lui.
Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Alors, personne ne t'a condamnée ? »
Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »



Cy Aelf, Paris

Tandis que Daniel confond les juges iniques, Jésus va plus loin, car par cette parole de Miséricorde : "Que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre !"

Ainsi, chacun est ramené à sa propre conscience : les scribes et les pharisiens sont invités à effectuer ce retour sur eux-mêmes (et l'on voit bien que les plus âgés sont les premiers à renoncer); quant à la femme elle est renvoyée libre mais avec l'injonction de ne plus pécher.

Ce qui me frappe dans cette histoire, c'est justement ce "tribunal de miséricorde" qui se manifeste lors du retour du fils prodigue.  - et je me souviens, encore des ouvriers de la dernière heure, qui repartirent avec le même salaire que ceux de la première. A celui qui envie l'autre, Jésus fait cette magnifique répartie: "Quoi ? Vas-tu me juger mauvais parce que moi, je suis bon ?"  

Véritablement, la Miséricorde divine est un tribunal qui,  jusqu'à la fin , laisse la part belle à la conscience humaine que l'Esprit-Saint ne cesse de solliciter.  Bienheureux serons-nous si, en l'occasion de ce carême, nous abandonnons un jugement que nous tenons pour véritable, envers une personne qui nous a blessée.  (Il faut bien que ce soit quelqu'un qui nous ait blessé, sinon notre miséricorde ne vaudrait pas grand chose) ...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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mike.adoo
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Re: Le premier de tous les commandements

Message non lu par mike.adoo »

A lire et à relire ...
Merci
etienne lorant
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Jésus et le serpent de bronze

Message non lu par etienne lorant »

Le mardi de la 5e semaine de Carême

Livre des Nombres 21,4-9.

Au cours de sa marche à travers le désert, le peuple d'Israël, à bout de courage,
récrimina contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter d'Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir dans le désert, où il n'y a ni pain ni eau ? Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable ! »
Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d'Israël.
Le peuple vint vers Moïse et lui dit : « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu'il éloigne de nous les serpents. »
Moïse intercéda pour le peuple, et le Seigneur dit à Moïse : « Fais-toi un serpent, et dresse-le au sommet d'un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu'ils le regardent, et ils vivront ! »
Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet d'un mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu'il regardait vers le serpent de bronze, il conservait la vie !


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 8,21-30.
Jésus disait aux Juifs : " Je m'en vais; vous me chercherez et vous mourrez dans votre péché. Là où moi je m'en vais, vous ne pouvez pas y aller."
Les Juifs disaient : « Veut-il donc se suicider, puisqu'il dit : 'Là où moi je m'en vais, vous ne pouvez pas y aller' ? »
Il leur répondit : « Vous, vous êtes d'en bas ; moi, je suis d'en haut. Vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde.
C'est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés. Si, en effet, vous ne croyez pas que moi, JE SUIS, vous mourrez dans vos péchés. »
Ils lui demandaient : « Qui es-tu donc ? » Jésus leur répondit : « Je n'ai pas cessé de vous le dire.
J'ai beaucoup à dire sur vous, et beaucoup à condamner. D'ailleurs celui qui m'a envoyé dit la vérité, et c'est de lui que j'ai entendu ce que je dis pour le monde. »
Ils ne comprirent pas qu'il leur parlait du Père.
Jésus leur déclara : « Quand vous aurez élevé le Fils de l'homme, alors vous comprendrez que moi, JE SUIS, et que je ne fais rien par moi-même, mais tout ce que je dis, c'est le Père qui me l'a enseigné.
Celui qui m'a envoyé est avec moi ; il ne m'a pas laissé seul parce que je fais toujours ce qui lui plaît. »
Sur ces paroles de Jésus, beaucoup crurent en lui.



Cy Aelf, Paris

Jésus est sur le point de dire ouvertement aux Juifs qui le harcèlent qu'Il est bien lui, le Fils de Dieu, le Messie. Lorsqu'il dira : "Avant qu'Abraham fut, moi JE SUIS" ceux qui l'écoutent seront contraints de faire un choix décisif, absolu. Ou bien ils croiront en lui, ou bien ils le rejetteront et le mettront à mort.

Pour moi, chaque année ce passage est difficile, non qu'il me donne des difficultés pour croire, mais je ressens toute la tension de cette "confrontation finale" avec les Juifs. Mais j'éprouve déjà avec le cœur tout ce qui va suivre : le dernier repas, la trahison de Judas, l’épouvantable agonie sur le mont des oliviers, l'arrestation... et tout le reste. L'an dernier, j'aurais frémi intérieurement mais j'aurais donné un commentaire précis - j'aurais relevé, par exemple, le rapport évident entre "l'élévation" du Fils de l'homme et celle du serpent de bronze, dans la première lecture.

Il faut dire, aussi, que la date du 8 avril restera toujours liée dans mon esprit à l'agonie du mon père, Gabriel. Le 8 avril fut son dernier jour parmi nous.  Alors, vous me comprendrez...


.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Jésus : JE SUIS

Message non lu par etienne lorant »

Le jeudi de la 5e semaine de Carême

Livre de la Genèse 17,3-9.

Abraham tomba la face contre terre et Dieu lui parla ainsi : « Voici l'Alliance que je fais avec toi : tu deviendras le père d'un grand nombre de peuples. Au lieu d'être appelé Abram, comme jusqu'ici, ton nom sera désormais Abraham, car je fais de toi le père d'un grand nombre de peuples.
Je te ferai porter des fruits à l'infini, de toi je ferai des peuples, et des rois sortiront de toi.
J'instituerai mon Alliance entre moi et toi, et après toi avec ta descendance, de génération en génération ; ce sera une Alliance perpétuelle par laquelle je serai ton Dieu, et celui de ta descendance après toi.
A toi et à ta descendance après toi je donnerai tout le pays de Canaan - ce pays où tu es venu en immigré - pour que tu en aies la possession perpétuelle, et je serai votre Dieu. »
Dieu lui dit aussi : « Tu observeras mon Alliance, toi et ta descendance après toi, de génération en génération.



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 8,51-59.
Jésus disait aux Juifs : " Amen, amen, je vous le dis : si quelqu'un reste fidèle à ma parole, il ne verra jamais la mort. " Les Juifs lui dirent : « Nous voyons bien maintenant que tu es un possédé. Abraham est mort, les prophètes aussi, et toi, tu dis : 'Si quelqu'un reste fidèle à ma parole, jamais il ne connaîtra la mort. '
Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ? Il est mort, et les prophètes aussi. Qui donc prétends-tu être ? »
Jésus répondit : « Si je me glorifie moi-même, ma gloire n'est rien ; c'est mon Père qui me glorifie, lui que vous appelez votre Dieu, alors que vous ne le connaissez pas. Mais moi, je le connais, et, si je dis que je ne le connais pas, je serai un menteur, comme vous. Mais je le connais, et je reste fidèle à sa parole. Abraham votre père a tressailli d'allégresse dans l'espoir de voir mon Jour. Il l'a vu, et il a été dans la joie. »
Les Juifs lui dirent alors : « Toi qui n'as pas cinquante ans, tu as vu Abraham ! »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : avant qu'Abraham ait existé, moi, JE SUIS. »
Alors ils ramassèrent des pierres pour les lui jeter. Mais Jésus, en se cachant, sortit du Temple.


Cy Aelf, Paris

Fin du procès de Jésus. Les juifs présents - qui s'opposent à Jésus pour la dernière fois avant de le livrer aux Romains, maintiennent Abraham comme étant le seul être auquel un juif peut se référer lorsqu'il s'agit de religion. Et, Jésus, quant à lui, ne cesse de leur rappeler qu'il n'y eut pas eu Abraham sans Dieu. Sans Dieu, pas d'alliance, pas de génération et pas d'aboutissement de la génération. Sans Dieu, point de prophètes non plus, évidemment !

Finalement, la religion cesse d'être le mode de relation à Dieu, mais elle devient une forme d'idéologie. C'est d'ailleurs ce que l'on voit revenir en force de ce temps et qui aboutit à des bizarreries, à ces "fumées de Satan" qui émanent de la "théorie du genre", de la promotion du suicide assisté et de l'euthanasie, etc. "Vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal"...

Guère étonnant que Jésus garde le dernier mot, le plus fort de tout l'Evangile : "Avant qu'Abraham ait existé, moi, JE SUIS."

Nous n'étions que trois fidèles ce matin et le prêtre, en entrant, après avoir un instant contemplé la chapelle toute vide, nous a salué en disant : "Courage, peuple de Dieu !"
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Re: Jésus : JE SUIS

Message non lu par PaxetBonum »

etienne lorant a écrit : Guère étonnant que Jésus garde le dernier mot, le plus fort de tout l'Evangile : "Avant qu'Abraham ait existé, moi, JE SUIS."
Je partage totalement votre analyse, ces mots sont aussi pour moi les plus fort des Evangiles.
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Re: Jésus : JE SUIS

Message non lu par etienne lorant »

Merci PaxetBonum... et quelle ne fut pas ma surprise de découvrir, dans l'homélie du Pape, la même défiance à l'égard d'un mode de "pensée unique" qui finit carrément dans une forme de dictature !


(RV) Le Pape François ce jeudi matin nous a offert une homélie des plus intéressantes lors de la messe célébrée en la chapelle de la Maison Sainte Marthe au Vatican.

Centrée sur les méfaits de la dictature de la pensée unique. « La pensée unique tue la liberté des peuples, la liberté des gens, la liberté des consciences ». Et le Pape est parti des lectures du jour pour expliquer comment les pharisiens étaient complètement fermés au message de Jésus. « C’est là tout le drame du cœur fermé, le drame de l’esprit fermé, a affirmé le Pape, et quand le cœur est fermé, ce cœur ferme à son tour l’esprit, et quand cœur et esprit sont fermés, il n’y a plus de place pour Dieu ».

Le Pape met en garde contre les risques d’avoir une pensée fermée. « C’est plus grave que d’être simplement têtu », a-t-il expliqué. « Il y a là une idolâtrie de sa propre pensée. Moi je pense ainsi, et cela doit être ainsi et pas autrement ». « Les pharisiens avec leur pensée unique voulaient imposer cette pensée au peuple de Dieu, et c’est pour cela que Jésus les réprimande :’Vous chargez les épaules de votre peuple de tant de commandements et vous ne les touchez pas d’un doigt ‘».

« Avec l’esprit fermé, avertissait le Pape, il n’existe aucune possibilité de dialogue, ni de s’ouvrir aux nouveautés que Dieu amène avec les prophètes. Ils ont tué les prophètes, ces pharisiens. Ils ont fermé la porte à la promesse de Dieu. Et quand dans l’histoire de l’humanité nous trouvons ce phénomène de la pensée unique, combien de malheurs cela entraîne ! » « Le siècle dernier, nous tous avons connu les dictatures de la pensée unique, qui ont fini par tuer tellement de gens ».

« Et malheureusement, a regretté le Pape, aujourd’hui encore existe l’idolâtrie de la pensée unique : ‘Actuellement il faut penser d’une certaine manière, et si tu ne penses pas comme cela, tu n’es pas moderne, tu n’es pas ouvert ou pire. ‘ » « Aujourd’hui encore, a conclu le Pape, la dictature de la pensée unique ressemble à ce qui se passait au temps de Jésus : elle prend les pierres pour lapider la liberté des peuples, la liberté des consciences, le rapport des gens avec Dieu, et aujourd’hui Jésus est crucifié une fois encore ».

http://www.news.va/fr/news/le-pape-fran ... pensee-uni
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Re: Jésus : JE SUIS

Message non lu par PaxetBonum »

Merci d'avoir partagé cette allocution du pape si véridique.
Je vais chercher l'intégralité de cette allocution si nécessaire à notre temps.
Pax et Bonum !
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Re: Jésus : JE SUIS

Message non lu par astre »

etienne lorant a écrit :C’est là tout le drame du cœur fermé, le drame de l’esprit fermé, a affirmé le Pape, et quand le cœur est fermé, ce cœur ferme à son tour l’esprit, et quand cœur et esprit sont fermés, il n’y a plus de place pour Dieu ».
C'est pure vérité... On vit dans un monde sans coeur à tout niveau... et lorsque le sans coeur se trouve au coeur de la famille, c'est encore plus douloureux... Il n'y a vraiment plus de place pour Dieu.

Comment peut on faire pour changer le coeur des hommes ? J'ai l'impression que plus je prie dans ce sens, plus le coeur de celui que j'ai aimé se ferme... Pourquoi ?
L'amitié nous fait partager de grands moments de bonheur, mais aussi d'immenses peines. L'important est de partager, de s'écouter, de se soutenir.
Abbé Pierre
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Jésus quitte Jérusalem et revient au Jourdain

Message non lu par etienne lorant »

Le vendredi de la 5e semaine de Carême

Livre de Jérémie 20,10-13.

Moi, Jérémie, j’ai entendu les menaces de la foule : « Dénoncez-le ! Allons le dénoncer, l’homme qui voit partout la terreur ! » Mes amis eux-mêmes guettent mes faux pas et ils disent : « Peut-être se laissera-t-il séduire… Nous réussirons, et nous prendrons notre revanche ! »
Mais le Seigneur est avec moi, comme un guerrier redoutable : mes persécuteurs s'écrouleront, impuissants. Leur défaite les couvrira de honte, d'une confusion éternelle, inoubliable.
Seigneur de l'univers, toi qui scrutes l'homme juste, toi qui vois les reins et les cœurs, montre-moi la revanche que tu prendras sur ces gens-là, car c'est à toi que j'ai confié ma cause.
Chantez le Seigneur, alléluia ! Il a délivré le pauvre du pouvoir des méchants.



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 10,31-42.
Les Juifs allèrent de nouveau chercher des pierres pour lapider Jésus.
Celui-ci prit la parole : « J'ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes de la part du Père. Pour laquelle voulez-vous me lapider ? » Les Juifs lui répondirent : « Ce n'est pas pour une œuvre bonne que nous voulons te lapider, c'est parce que tu blasphèmes : tu n'es qu'un homme, et tu prétends être Dieu. »
Jésus leur répliqua : « Il est écrit dans votre Loi : J'ai dit : Vous êtes des dieux.
Donc, ceux à qui la parole de Dieu s'adressait, la Loi les appelle des dieux ; et l'Écriture ne peut pas être abolie.
Or, celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous lui dites : 'Tu blasphèmes', parce que j'ai dit : Je suis le Fils de Dieu. Si je n'accomplis pas les œuvres de mon Père, continuez à ne pas me croire.
Mais si je les accomplis, quand bien même vous refuseriez de me croire, croyez les œuvres. Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus, que le Père est en moi, et moi dans le Père. » Les Juifs cherchaient de nouveau à l'arrêter, mais il leur échappa.
Il repartit pour la Transjordanie, à l'endroit où Jean avait commencé à baptiser. Et il y demeura.
Beaucoup vinrent à lui en déclarant : « Jean n'a pas accompli de signe ; mais tout ce qu'il a dit au sujet de celui-ci était vrai. » Et à cet endroit beaucoup crurent en lui.


Cy Aelf, Paris

Jésus, comme le prophète Jérémie autrefois, est rejeté car le message qu'Il apporte n'est pas celui que le peuple escomptait sur le plan humain. C'est une leçon dont nous pouvons toujours nous inspirer de notre temps, car les nombreux malheurs que prophétisait Jérémie, nous guettent toujours. Lorsque les hommes se détournent de Dieu, lorsqu'ils se mettent à croire en leur propre projet sur l'homme, tout échoue avec plus ou moins grand fracas !

Cependant, pour ceux qui croient, la porte du Royaume demeure ouverte. Il n'est guère étonnant que Jésus retourne donc où tout a commencé. Cette indication donnée par Jean signifie d'une part que la Parole de Dieu demeure toujours, quelle que soit l'époque. Et elle trouve toujours le chemin des coeurs qui sont prêts à la recevoir.

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Jésus et le parfum de l'ensevelissement

Message non lu par etienne lorant »

Le lundi saint

Livre d'Isaïe 42,1-7.

Ainsi parle le Seigneur : Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui j’ai mis toute ma joie. J’ai fait reposer sur lui mon esprit; devant les nations, il fera paraître le jugement que j’ai prononcé.
Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, on n'entendra pas sa voix sur la place publique.
Il n'écrasera pas le roseau froissé, il n'éteindra pas la mèche qui faiblit, il fera paraître le jugement en toute fidélité.
Lui ne faiblira pas, lui ne sera pas écrasé, jusqu'à ce qu'il impose mon jugement dans le pays, et que les îles lointaines aspirent à recevoir ses instructions.
Ainsi parle Dieu, le Seigneur, qui crée les cieux et les déploie : il dispose la terre avec sa végétation, il donne la vie au peuple qui l'habite, et le souffle à ceux qui la parcourent :
Moi, le Seigneur, je t'ai appelé selon la justice, je t'ai pris par la main, je t'ai mis à part, j'ai fait de toi mon Alliance avec le peuple et la lumière des nations ;
tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison, et de leur cachot ceux qui habitent les ténèbres.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 12,1-11.
Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare, celui qu'il avait ressuscité d'entre les morts.
On donna un repas en l'honneur de Jésus. Marthe faisait le service, Lazare était avec Jésus parmi les convives.
Or, Marie avait pris une livre d'un parfum très pur et de très grande valeur ; elle versa le parfum sur les pieds de Jésus, qu'elle essuya avec ses cheveux ; la maison fut remplie par l'odeur du parfum.
Judas Iscariote, l'un des disciples, celui qui allait le livrer, dit alors :
« Pourquoi n'a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d'argent, que l'on aurait données à des pauvres ? »
Il parla ainsi, non parce qu'il se préoccupait des pauvres, mais parce que c'était un voleur : comme il tenait la bourse commune, il prenait pour lui ce que l'on y mettait.
Jésus lui dit : « Laisse-la ! Il fallait qu'elle garde ce parfum pour le jour de mon ensevelissement.
Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours. »
Or, une grande foule de Juifs apprit que Jésus était là, et ils arrivèrent, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir ce Lazare qu'il avait ressuscité d'entre les morts.
Les chefs des prêtres décidèrent alors de faire mourir aussi Lazare,
parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui, s'en allaient, et croyaient en Jésus.


Cy Aelf, Paris

Notre prêtre a centré son homélie sur le parfum dont Marie a couvert les pieds de Jésus - et plus précisément encore sur la réponse de celui-ci à Judas: ce parfum est celui de son ensevelissement, parce que Jésus ne connaîtra jamais la décomposition de la chair (c'est même tout le contraire). Le parfum répandu à profusion renvoie directement à la résurrection de Lazare, au moment où Jésus s'apprête à appeler le mort à sortir du tombeau:

-Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. »  Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » (Jn 11, 3-39-40)

Cependant, le complot contre Jésus, qui va aboutir bientôt, continue de faire ombre sur toute la scène. Lazare à peine ressuscité est de nouveau condamné à mort - non pas parce qu'il est ressuscité, mais du fait qu'à cause de sa résurrection, d'autres Juifs se sont mis à croire.

L'ensevelissement annoncé par le Seigneur me rappelle aussi : "« Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’alliance, puissions-nous être unis à la divinité de Celui qui a pris notre humanité ». Je crois que cette association au mystère pascal est rendu possible par l'aveu de notre pauvreté première....

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La dernière cène

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Le mardi saint

Livre d'Isaïe 49,1-6.


Maintenant le Seigneur parle, lui qui m'a formé dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur, que je lui ramène Jacob et que je lui rassemble Israël. Oui, j'ai du prix aux yeux du Seigneur, c'est mon Dieu qui est ma force.
Il parle ainsi : « C'est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob et ramener les rescapés d'Israël : je vais faire de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu'aux extrémités de la terre. »



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 13,21-33.36-38.
A l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, au cours du repas qu'il prenait avec ses disciples, il fut bouleversé au plus profond de lui-même, et il attesta : " Amen, amen, je vous le dis : l'un de vous me livrera. "
Les disciples se regardaient les uns les autres, sans parvenir à comprendre de qui Jésus parlait.
Comme il y avait à table, tout contre Jésus, l'un de ses disciples, celui que Jésus aimait,
Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus de qui il veut parler.
Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus et lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? »
Jésus lui répond : « C'est celui à qui j'offrirai la bouchée que je vais tremper dans le plat. » Il trempe la bouchée, et la donne à Judas, fils de Simon l'Iscariote.
Et, quand Judas eut pris la bouchée, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors : « Ce que tu fais, fais-le vite. »
Mais aucun des convives ne comprit le sens de cette parole.
Comme Judas tenait la bourse commune, certains pensèrent que Jésus voulait lui dire d'acheter ce qu'il fallait pour la fête, ou de donner quelque chose aux pauvres. Quand Judas eut pris la bouchée, il sortit aussitôt ; il faisait nuit.
Quand Judas fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l'homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui.
Si Dieu est glorifié en lui, Dieu en retour lui donnera sa propre gloire ; et il la lui donnera bientôt.
Mes petits enfants, je suis encore avec vous, mais pour peu de temps, et vous me chercherez. J'ai dit aux Juifs : Là où je m'en vais, vous ne pouvez pas y aller. Je vous le dis maintenant à vous aussi.
Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Là où je m'en vais, tu ne peux pas me suivre pour l'instant ; tu me suivras plus tard. »
Pierre lui dit : « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre maintenant ? Je donnerai ma vie pour toi ! »
Jésus réplique : « Tu donneras ta vie pour moi ? Amen, amen, je te le dis : le coq ne chantera pas avant que tu m'aies renié trois fois. .


Cy Aelf, Paris

La première lecture nous dit bien que si Jésus était demeuré, longtemps, très longtemps ou même éternellement sur la terre, c'est toute l'Histoire qui eût été achevée. Mais Dieu ne règne pas à la manière humaine, mais Il veut passer par l'adhésion et la collaboration des hommes.

Les premiers collaborateurs sont donc réunis pour le dernier repas. Ce sont les disciples. Ils sont de bonne volonté, sans doute,  mais jusqu'à ce moment, ils n'ont pas encore compris grand chose sur le dessein de Dieu.  

Je considère d'abord de Judas, présenté comme le traître, mais dont Jésus dit seulement : "celui qui me livrera".  Mais pourquoi, pour le désigner à Jean, Jésus lui donne-t-il donc la bouchée ?  (Pas pour que Satan entre en lui - si Jésus rendait les gens possédés, il ne serait pas Jésus.)  Mais je laisse la question en suspens.  Satan entre donc en Judas en même temps que la bouchée et lorsque j'entends Satan, je comprends facilement la Raison, la pensée déifiée. Par exemple: celle de contraindre Jésus à se manifester comme étant le Christ devant ses accusateurs. Si vous avez lu les mémoires de certains grands avocats, cette façon de forcer la conscience donne parfois le résultat recherché.  

Pierre est le chef. Et puisqu'il est le chef, il se déclare prêt à donner sa vie pour Jésus. Mais en réalité, très honteusement, par trois fois, il va le renier. Une première fois, honteusement et à voix basse,  la seconde fois avec plus de force, la troisième fois avec véhémence.

Jean se présente lui-même comme "celui que Jésus aimait" : c'est qu'il se sentait plus aimé que les autres. Hélas, c'est lui aussi qui, lors de l'arrestation de son maître, abandonnera jusqu'à son vêtement pour mieux prendre la fuite.

Ma conclusion, c'est qu'au moment de la dernière cène, au travers du récit que j'ai entendu, j'ai rencontré des disciples très désorientés. Ils sont comme vous et moi, ni plus ni moins. Et en définitive, sans l'humilité et sans le secours de l'Esprit-Saint, nous ne valons pas grand chose. Ainsi ne faut-il jamais dire "j'ai compris", mais "merci d'être venu au secours de mon ignorance". Ce sont de belles prières, tout à fait valables, qui sont exaucées.

«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
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L'avantageuse mise à mort du bouc émissaire

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Le mercredi saint

Livre d'Isaïe 50,4-9a.

Dieu mon Seigneur m'a donné le langage d'un homme qui se laisse instruire, pour que je sache à mon tour réconforter celui qui n'en peut plus. La Parole me réveille chaque matin, chaque matin elle me réveille pour que j'écoute comme celui qui se laisse instruire.
Le Seigneur Dieu m'a ouvert l'oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé.
J'ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m'arrachaient la barbe. Je n'ai pas protégé mon visage des outrages et des crachats.
Le Seigneur Dieu vient à mon secours ; c'est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c'est pourquoi j'ai rendu mon visage dur comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu.
Il est proche, celui qui me justifie. Quelqu'un veut-il plaider contre moi ? Comparaissons ensemble. Quelqu'un a-t-il une accusation à porter contre moi ? Qu'il s'avance !
Voici le Seigneur Dieu qui vient prendre ma défense : qui donc me condamnera ?



Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 26,14-25.
L'un des douze Apôtres de Jésus, nommé Judas Iscariote, alla trouver les chefs des prêtres
et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui proposèrent trente pièces d'argent.
Dès lors, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.
Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples vinrent dire à Jésus : « Où veux-tu que nous fassions les préparatifs de ton repas pascal ? »
Il leur dit : « Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : 'Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c'est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples. ' »
Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.
Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze.
Pendant le repas, il leur déclara : « Amen, je vous le dis : l'un de vous va me livrer. »
Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, l'un après l'autre : « Serait-ce moi, Seigneur ? »
Il leur répondit : « Celui qui vient de se servir en même temps que moi, celui-là va me livrer.
Le Fils de l'homme s'en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux l'homme par qui le Fils de l'homme est livré ! Il vaudrait mieux que cet homme-là ne soit pas né ! »
Judas, celui qui le livrait, prit la parole : « Rabbi, serait-ce moi ? » Jésus lui répond : « C'est toi qui l'as dit ! »



Cy Aelf, Paris

La dernière, cène, cette fois rapportée par Matthieu. J'y ai retrouvé, chez les disciples, la même confusion d'esprit  que dans la lecture d'hier:  "Tous se demandent : est-ce moi ?"

Notre prêtre s'est lancé dans une longue et difficile homélie, que je n'ai pas suivie jusqu'au bout. Mais en fait, je me suis dit, comme hier déjà : "Et moi, dans tout çà, le jour où l'on me demanderait de témoigner de ma foi au risque de devoir en mourir, comment réagirai-je ?  

Je crois que nous devrions toutes et tous nous poser la question. Nous avons la chance de vivre dans des pays où la religion catholique est encore reconnue.  Mais nous savons très bien que cela peut changer très vite !  La crise économique ne fait que commencer et pour tant soit peu que l'on ait étudié l'Histoire, il a toujours fallu un bouc émissaire (!) pour faire accepter au plus grand nombre des temps difficiles.

Or, les chrétiens de notre temps ne sont guère bien vus. Eh quoi ? Ils s'opposent à l'avortement, à l'euthanasie, à la PMA, au mariage homosexuel, à la théorie du genre, à la légalisation des drogues, etc.  Qu'ont-ils donc contre le bonheur de l'être humain, pourquoi refusent-ils ces maigres plaisirs dont ils pourraient goûter avant la mort ?   Eh bien, à défaut de pouvoir donner un revenu décent à tous, arrangeons-nous pour que le peuple se retourne - non plus seulement contre les juifs, mais contre tous les chrétiens aussi.

Ne me dîtes pas que le passé ne revient jamais, car en réalité, c'est cela l'Histoire. La révolution française, vous connaissez ?  Il n'y a pas eu que les juifs !  Et donc, tous ceux qui s'opposent au "progrès", éliminons-les ... et l'économie s'en sortira d'autant mieux.

«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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L'Emmaüs de chaque jour

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Le jeudi de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 3,11-26.

L'infirme que Pierre et Jean venaient de guérir ne les lâchait plus. Tout le peuple accourut vers eux à l'endroit appelé colonnade de Salomon. Les gens étaient stupéfaits ;
voyant cela, Pierre s'adressa au peuple : « Hommes d'Israël, pourquoi vous étonner ? Pourquoi fixer les yeux sur nous, comme si nous avions fait marcher cet homme par notre puissance ou notre sainteté personnelle ?
Le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères, a donné sa gloire à son serviteur Jésus, alors que vous, vous l'aviez livré ; devant Pilate, qui était d'avis de le relâcher, vous l'aviez rejeté.
Lui, le saint et le juste, vous l'avez rejeté, et vous avez demandé qu'on vous accorde la grâce d'un meurtrier.
Lui, le Chef des vivants, vous l'avez tué ; mais Dieu l'a ressuscité d'entre les morts, nous en sommes témoins.
Tout repose sur la foi au nom de Jésus : c'est ce nom qui a donné la force à cet homme, que vous voyez et que vous connaissez ; oui, la foi qui vient de Jésus a rendu à cet homme une parfaite santé en votre présence à tous.
D'ailleurs, frères, je sais bien que vous avez agi dans l'ignorance, vous et vos chefs.
Mais Dieu qui, par la bouche de tous les prophètes, avait annoncé que son Messie souffrirait, accomplissait ainsi sa parole.
Convertissez-vous donc et revenez à Dieu pour que vos péchés soient effacés.
Ainsi viendra, de la part du Seigneur, le temps du repos : il enverra Jésus, le Messie choisi d'avance pour vous,
et il faut que Jésus demeure au ciel jusqu'à l'époque où tout sera rétabli, comme Dieu l'avait annoncé autrefois par la voix de ses saints prophètes.
Moïse a déclaré : Le Seigneur votre Dieu fera se lever pour vous, au milieu de vos frères, un prophète comme moi : vous écouterez tout ce qu'il vous dira.
Si quelqu'un n'écoute pas les paroles de ce prophète, il sera éliminé du peuple.
Ensuite, tous les prophètes qui ont parlé depuis Samuel et ses successeurs ont annoncé eux aussi les jours où nous sommes.
C'est vous qui êtes les fils des prophètes, les héritiers de l'Alliance que Dieu a conclue avec vos pères, quand il disait à Abraham : En ta descendance seront bénies toutes les familles de la terre.
C'est pour vous d'abord que Dieu a fait se lever son Serviteur, et il l'a envoyé vous bénir, en détournant chacun de vous de ses actions mauvaises. »



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24,35-48.
Les disciples qui rentraient d'Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s'était passé sur la route, et comment ils avaient reconnu le Seigneur quand il avait rompu le pain.
Comme ils en parlaient encore, lui-même était là au milieu d'eux, et il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Frappés de stupeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit.
Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent en vous ?
Voyez mes mains et mes pieds : c'est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n'a pas de chair ni d'os, et vous constatez que j'en ai. »
Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds.
Dans leur joie, ils n'osaient pas encore y croire, et restaient saisis d'étonnement. Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? »
Ils lui offrirent un morceau de poisson grillé.
Il le prit et le mangea devant eux.
Puis il déclara : « Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites quand j'étais encore avec vous : Il fallait que s'accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. »
Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures.
Il conclut : « C'est bien ce qui était annoncé par l'Écriture : les souffrances du Messie, sa résurrection d'entre les morts le troisième jour, et la conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés à toutes les nations, en commençant par Jérusalem.
C'est vous qui en êtes les témoins.

Cy Aelf, Paris

Il n'est guère étonnant que le peuple chrétien se retrouve complètement dans l'Eucharistie.  Le repas de la dernière cène se trouve ici renouvelé, mais comme en deux épisodes qui constituent désormais ce que nous appelons la messe. Il y a, d'abord, le partage de la parole (c'est le discours que tient Jésus aux disciples d'Emmaüs) qui devient l'homélie dans la Liturgie, puis la communion, qui est - en quelque sorte - la "réactualisation" du mystère pascal: mort, résurrection, envoi dans le monde.
Les questions que se posent les disciples d'Emmaüs sont les mêmes que vous et moi nous nous posons au quotidien, que ce soit en priant, en écoutant les actualités, en méditant sur nous-mêmes.

En ce qui me concerne, ce n'est pas l'eau froide sur la figure qui me permet de commencer mes journées, mais bien la prière, le chemin (avec la marche, le cheminement-à-pieds durant lequel, comme les disciples d'Emmaüs, je me pose toutes sortes de questions) et ma participation corps et âme à l'Eucharistie, qui constituent le fondement de chacune de mes journées.
Bien que l'Etat puisse me le dire sur tous les tons, papiers et fichages de toutes sortes à l'appui, ce n'est pas le fonctionnement de la société qui est le moteur de ma vie. Mais ce sont bien l'Esprit-Saint et ces sacrements que tant et plus d'âmes vivantes ont repoussés et rejetés, qui président à chacune de mes journées.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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La pauvreté est notre plus grand bien

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Le vendredi de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 4,1-12.

Comme Pierre et Jean parlaient encore au peuple dans le Temple, les prêtres intervinrent, avec le commandant de la garde du Temple et les sadducéens.
Ils ne pouvaient souffrir de les voir enseigner leur doctrine au peuple et annoncer, dans la personne de Jésus, la résurrection.
Ils les firent arrêter et mettre au cachot jusqu'au lendemain, car il était déjà tard.
Or, beaucoup de ceux qui avaient entendu la Parole devinrent croyants ; à ne compter que les hommes, il y en avait environ cinq mille.
Le lendemain il y eut une réunion des chefs du peuple, des anciens et des scribes à Jérusalem.
Il y avait là Anne le grand prêtre, Caïphe, Jean, Alexandre, et tous ceux qui appartenaient aux familles de grands prêtres.
Ils firent comparaître Pierre et Jean et se mirent à les interroger : « Par quelle puissance, par le nom de qui, avez-vous fait cette guérison ? »
Alors Pierre, rempli de l'Esprit Saint, leur déclara : « Chefs du peuple et anciens,
nous sommes interrogés aujourd'hui pour avoir fait du bien à un infirme, et l'on nous demande comment cet homme a été sauvé.
Sachez-le donc, vous tous, ainsi que tout le peuple d'Israël : c'est grâce au nom de Jésus le Nazaréen, crucifié par vous, ressuscité par Dieu, c'est grâce à lui que cet homme se trouve là devant vous, guéri.
Ce Jésus, il est la pierre que vous aviez rejetée, vous les bâtisseurs, et il est devenu la pierre d'angle.
En dehors de lui, il n'y a pas de salut. Et son Nom, donné aux hommes, est le seul qui puisse nous sauver. »



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 21,1-14.
Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord du lac de Tibériade, et voici comment.
Il y avait là Simon-Pierre, avec Thomas (dont le nom signifie : Jumeau), Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres disciples.
Simon-Pierre leur dit : « Je m'en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, ils passèrent la nuit sans rien prendre.
Au lever du jour, Jésus était là, sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c'était lui.
Jésus les appelle : « Les enfants, auriez-vous un peu de poisson ? » Ils lui répondent : « Non. »
Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n'arrivaient pas à le ramener, tellement il y avait de poisson.
Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C'est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre l'entendit déclarer que c'était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n'avait rien sur lui, et il se jeta à l'eau.
Les autres disciples arrivent en barque, tirant le filet plein de poissons ; la terre n'était qu'à une centaine de mètres.
En débarquant sur le rivage, ils voient un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain.
Jésus leur dit : « Apportez donc de ce poisson que vous venez de prendre. »
Simon-Pierre monta dans la barque et amena jusqu'à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s'était pas déchiré.
Jésus dit alors : « Venez déjeuner. » Aucun des disciples n'osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c'était le Seigneur.
Jésus s'approche, prend le pain et le leur donne, ainsi que le poisson.
C'était la troisième fois que Jésus ressuscité d'entre les morts se manifestait à ses disciples.


Cy Aelf, Paris

Ce qui est advenu à Jésus se reproduit pour les apôtres: c'est pour un acte bon et totalement gratuit qu'ils sont questionnés, exactement comme s'ils avaient été des malfaiteurs surpris en pleine action. Mais en eux-mêmes jaillit la source de leur force: c'est leur pauvreté profonde, leur dépendance absolue à Jésus. Dans l'Evangile, ce lien puissant mais invisible se reconnaît dans la reproduction du miracle de la pêche miraculeuse, mais aussi dans la nudité de Pierre. Ne l'avez-vous jamais ressenti vous-même ? Rien ne rend un homme plus vulnérable que la nudité.

La leçon d'aujourd'hui est de grande importance, car elle concerne l'attitude chrétienne fondamentale. Non, il ne s'agit pas de l'attitude envers autrui, mais d'abord du besoin incontournable de "demeurer dans le Christ" en toute occasion. C'est une pauvreté intérieure, ressentie comme telle, c'est-à-dire : dont on sait qu'elle ne pourra pas être comblée, par exemple, au travers d'un bon repas avec une personne aimée et qui nous aime.

Les gens du monde, qui aiment le monde, qui ne connaissent pas le Seigneur ou l'on renié, ne bénéficient pas de cette pauvreté intérieure: il leur faut donc toujours courrir après la fortune, toujours compter l'argent; il leur faut veiller sur leur santé et compenser les excès par des régimes. Mais cela ne suffit pas encore à bannir l'inquiétude fondamentale. La religion devient l'anti-religion, et c'est ainsi que l'on poursuit et maltraite, d'une manière ou d'une autre, toutes celles et tous ceux qui professent leur foi en Dieu.

En résumé: veillons à demeurer pauvres, car la pauvreté est la richesse essentielle.

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: La pauvreté est notre plus grand bien

Message non lu par etienne lorant »

C'est l'incident de ma chute qui a rendu ma solitude comme quelque chose qui est une pauvreté, mais une pauvreté précieuse, un effort de présence constante devant le Christ. Voici plus d'une semaine que l'événement s'est produit, mais je le constante: je suis beaucoup plus prudent, réfléchi, je ne cherche plus mes forces en moi-même. Je tiens un journal manuscrit. Lorsque j'ai quelque chose à faire que je n'aime pas, je ne le reporte plus, mais j'arrive à me contraindre à maintenir la discipline.

Il y avait une messe ce matin, comme d'habitude, mais ayant oublié mon téléphone portable, j'ai fait demi-tour. J'ai éprouvé de la peine pour la messe manquée, mais cela ne doit plus arriver et c'est tout. Quelque chose d'encourageant : ayant constaté que les gens à pieds qui se croisent ne se saluent plus, j'ai commencé de les saluer comme si cela faisait partie de ma discipline de vie. Je crois que je vais devenir de plus en plus rigoureux en me regardant dans la glace...
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