Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2013-2014)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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Mac
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Re: Jésus rencontre la Samaritaine

Message non lu par Mac »

Peccator a écrit :Je n'en ai aucune idée ! Maintenant que vous le demandez, je suis étonné de ne m'être jamais posé la question :D
Ce qui m'étonne c'est qu'il faut un acte écrit en cas de répudiation!

Donc :
1°) Cet acte de répudiation devait être écrit parce que l'acte de mariage était lui aussi écrit???

2°) Où cet acte de répudiation devait être écrit alors que l'acte de mariage écrit était inexistant???
Par cette affirmation, il y a bien quelque chose qui nous est révélé à propos de qui est Jésus.
Ben oui, Il lui raconte Sa vie, ça a du lui faire un choc à la samaritaine. :D

Fraternellement. :coeur:
etienne lorant
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L'accomplissement de la Loi dans l'Amour

Message non lu par etienne lorant »

Le mercredi de la 3e semaine de Carême

Livre du Deutéronome 4,1.5-9.

Moïse disait au peuple : « Maintenant, Israël, écoute les commandements et les décrets que je vous enseigne pour que vous les mettiez en pratique. Ainsi vous vivrez, et vous entrerez en possession du pays que vous donne le Seigneur, le Dieu de vos pères.
Voyez, je vous enseigne les commandements et les décrets que le Seigneur mon Dieu m'a donnés pour vous, afin que vous les mettiez en pratique dans le pays dont vous allez prendre possession.
Vous les garderez, vous les mettrez en pratique ; ils seront votre sagesse et votre intelligence aux yeux de tous les peuples. Quand ceux-ci entendront parler de tous ces commandements, ils s'écrieront : « Il n'y a pas un peuple sage et intelligent comme cette grande nation ! »
Quelle est en effet la grande nation dont les dieux soient aussi proches que le Seigneur notre Dieu est proche de nous chaque fois que nous l'invoquons ?
Et quelle est la grande nation dont les commandements et les décrets soient aussi justes que toute cette Loi que je vous présente aujourd'hui ?
Mais prends garde à toi : garde-toi de jamais oublier ce que tes yeux ont vu ; ne le laisse pas sortir de ton cœur un seul jour. Enseigne-le à tes fils, et aux fils de tes fils.



Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,17-19.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Ne pensez pas que je suis venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.
Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas une lettre, pas un seul petit trait ne disparaîtra de la Loi jusqu'à ce que tout se réalise. Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le Royaume des cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera sera déclaré grand dans le Royaume des cieux.


Cy Aelf, Paris

Les commandements et les lois ne sont-ils pas fait pour être observés ?  L'ordre du chef n'appelle-t-il pas l'obéissance ? Jésus ne dit pas qu'il vient abolir les lois, les ordres et les commandements. Mais Il les accomplit. C'est-à-dire qu'avec sa venue dans le monde, en prenant chair, par sa Parole ainsi que par ses actes, ce sont tous les commandements, toutes les lois, tous les ordres et tous les préceptes atteignent leur but.  Il ne s'agit plus d'une obéissance aveugle, "le doigt à la couture du pantalon", mais d'un témoignage d'amour. Et, dans l'amour, l'obéissance est dépassée: c'est-à-dire que celui qui ordonnait autrefois n'a plus besoin de commander, mais il se trouve servi sans avoir ouvert la bouche.

Ceci se manifeste pleinement dans le commandement qui dit : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même". Jusqu'à la venue de Jésus, l'obéissance à ce commandement ne pouvait pas procéder du coeur mais de la simple volonté.  C'est-à-dire que le prochain pouvait bien être servi, puisqu'un infirmier doit bien soigner un blessé, mais quant à l'aimer, c'est tout autre chose ! Et de même, la loi est accomplie lorsqu'il ne s'agit plus seulement d'aimer ceux qui nous aiment, mais plus encore d'aimer du même coeur, du même amour - qui n'est pas le nôtre, mais celui de Dieu - ceux qui ne nous aiment pas.

Oui, Jésus accomplit effectivement "la Loi et les Prophètes" en gravant les commandements non plus dans la pierre, mais dans le coeur du croyant. Cela paraît très difficile à ceux qui reviennent à la foi; cependant, tout devient possible lorsque ces obstacles rencontrent l'amour de Jésus manifesté par la Croix. En effet, quiconque à vraiment cherché l'amour de Jésus l'a découvert un jour en train de donner, pour lui, individuellement, sa vie sur la Croix.  
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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La Vérité n'est pas une idéologie

Message non lu par etienne lorant »

Le jeudi de la 3e semaine de Carême

Livre de Jérémie 7,23-28.

Parole du Seigneur. Voici l'ordre que j'ai donné à vos pères : " Soyez attentifs à ma voix. Alors je serai votre Dieu, et vous serez mon peuple; suivez jusqu'au bout la route que je vous prescris, et vous serez heureux."
Mais ils n'ont pas écouté, ils n'ont pas prêté l'oreille, ils ont suivi les mauvais conseils de leur cœur obstiné ; ils ont reculé au lieu d'avancer. Depuis le jour où vos pères sont sortis d'Égypte jusqu'à aujourd'hui, j'ai envoyé vers vous tous mes serviteurs, les prophètes, je les ai envoyés inlassablement. Mais vous ne m'avez pas écouté, vous n'avez pas prêté l'oreille, vous avez raidi votre cou, vous avez été pires que vos pères. »
Tu auras beau leur répéter ces paroles, ils ne t'écouteront pas davantage. Tu pourras les appeler, ils ne répondront pas.
Tu leur diras alors : « Voilà bien la nation qui n'a pas été attentive à la voix du Seigneur son Dieu, et ne s'est pas laissé former par lui ! La fidélité est morte ; on n'en parle plus. »



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 11,14-23.
Jésus expulsait un démon qui rendait un homme muet. Lorsque le démon fut sorti, le muet se mit à parler, et la foule fut dans l'admiration.
Mais certains se mirent à dire : « C'est par Béelzéboul, le chef des démons, qu'il expulse les démons. »
D'autres, pour le mettre à l'épreuve, lui réclamaient un signe venant du ciel.
Jésus, connaissant leurs intentions, leur dit : « Tout royaume divisé devient un désert, ses maisons s'écroulent les unes sur les autres. Si Satan, lui aussi, est divisé, comment son royaume tiendra-t-il ? Vous dites que c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons.
Et si c'est par Béelzéboul que moi, je les expulse, vos disciples, par qui les expulsent-ils ? C'est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges. Mais si c'est par le doigt de Dieu que j'expulse les démons, c'est donc que le règne de Dieu est survenu pour vous.
Quand l'homme fort et bien armé garde son palais, tout ce qui lui appartient est en sécurité.
Mais si un plus fort intervient et triomphe de lui, il lui enlève l'équipement de combat qui lui donnait confiance, et il distribue tout ce qu'il lui a pris.
Celui qui n'est pas avec moi est contre moi ; celui qui ne rassemble pas avec moi disperse.



Cy Aelf, Paris

En commençant par Abraham, Dieu n'a jamais cessé d'envoyer des prophètes au peuple qu'il s'est choisi, qu'il a fait sortir d'Egypte pour lui donner une terre et le rendre libre en faisant alliance avec Lui. Mais même s'ils ont entendu, ils n'ont pas écouté. Ils ont tourné et retourné les mots pour leur faire dire ce qu'eux-mêmes avaient envie d'entendre. Et Jésus, à sa venue, à l'exception du petit nombre, va rencontrer le même scepticisme.

Que c'est par Béelzéboul que Jésus expulse les démons, ce n'est de nouveau, dans leur bouche, qu'une autre 'hypothèse de travail', une manière d'ouvrir un débat. Jésus prend la peine de rétablir la vérité, mais il ne le fait pas pour ces amateurs de débats: il le fait pour ceux qui le suivent et qui n'ont pas besoin d'un "signe venant du ciel" afin de croire.

Notre prêtre a comparé ces questionnements interminables concernant la personne de Jésus aux multiples idéologies qui ont fait - et continuent de faire - le malheur du plus grand nombre. En effet, si la vérité ne procède pas, dans un coeur, de la foi, de l'espérance et de l'Amour, cette vérité n'en est pas une et ne conduit qu'aux désastres. La parole de Dieu ne se prête pas au débat: mais il faut l'accueillir comme la bonne terre reçoit le bon grain.

Apprenons donc à dire : "Jésus, j'ai confiance en Toi."
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Méditation sur la foi et âge, la maladie, l'isolement ...

Message non lu par etienne lorant »

Je ne sais pas très bien ce qu'il peut advenir de cette souffrance dans mon dos (l'hernie discale n'est pas exclue - les résultats du scanner ne sont pas encore chez mon médecin). Mais depuis deux jours déjà, j'ai résolu d'accepter - tout en me soignant - de supporter sans me plaindre les peines qui pourraient résulter de mon état en les unissant aux peines et aux souffrances d'autrui. En temps de carême, cela m'a semblé évident.

J'espère évidemment, passer "au travers" des mailles du filet de ce handicap. Depuis des années, je me suspends chaque jour à un espalier afin d'étirer mes vertèbres au maximum. Lorsque j'ai commencé le métier de bouquiniste, je savais qu'il faut toujours garder le dos bien droit en soulevant des caisses de livres, et pratiquer ces exercices physiques.

Evidemment, à présent que j'ai atteint l'âge délicat de 57 ans, je n'aurais peut-être pas dû suppléer au manque de personnel, le dimanche, dans la maison de repos où réside ma mère. Il fallait la soulever de son fauteuil roulant pour la poser dans son fauteuil fixe (en fait, un fauteuil à commande électrique - conçu pour pouvoir se reposer en extension presque horizontale).

Avant d'assister ma mère, j'avais fait de même pour mon père, jusqu'à son décès en avril 2008. J'ai vécu ainsi après avoir reconnu la vanité de nombreuses manières de vivre que pratiquaient mes anciennes amitiés. En fait, dès la conversion, en 1985, j'ai cessé d'être un homme en quête d'un "bonheur" à la manière humaine.

(A suivre - éventuellement)
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Le premier de tous les commandements

Message non lu par etienne lorant »

Le vendredi de la 3e semaine de Carême

Livre d'Osée 14,2-10
.
Reviens, Israël, au Seigneur ton Dieu ; car tu t'es effondré par suite de tes fautes.
Revenez au Seigneur en lui présentant ces paroles : « Enlève toutes les fautes, et accepte une belle offrande : au lieu de taureaux, nous t'offrons en sacrifice les paroles de nos lèvres.
Puisque les Assyriens ne peuvent pas nous sauver, nous ne monterons plus sur des chevaux, et nous ne dirons plus à l'ouvrage de nos mains : 'Tu es notre Dieu', car toi seul as compassion de l'orphelin. »
Voici la réponse du Seigneur : Je les guérirai de leur infidélité, je leur prodiguerai mon amour, car je suis revenu de ma colère.
Je serai pour Israël comme la rosée, il fleurira comme le lis, il étendra ses racines comme les arbres du Liban.
Ses jeunes pousses vont grandir, sa parure sera comme celle de l'olivier, son parfum comme celui de la forêt du Liban.
Ils reviendront s'asseoir à son ombre, ils feront revivre le blé, ils fleuriront comme la vigne, ils seront renommés comme le vin du Liban.
Éphraïm ! peux-tu me confondre avec les idoles ? C'est moi qui te réponds et qui te regarde. Je suis comme le cyprès toujours vert, c'est moi qui te donne ton fruit.
Qui donc est assez sage pour comprendre ces choses, assez pénétrant pour les saisir ? Oui, les chemins du Seigneur sont droits : les justes y avancent, les pécheurs y tombent.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 12,28b-34.
Un scribe qui avait entendu la discussion, et remarqué que Jésus avait bien répondu, s'avança pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? »
Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur.
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.
Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as raison de dire que Dieu est l'Unique et qu'il n'y en a pas d'autre que lui.
L'aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices. »
Jésus, voyant qu'il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n'es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n'osait plus l'interroger
.

Cy Aelf, Paris

Le premier précepte "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force" est issu du Livre du Déutéronome ((Dt 6, 2-6); et le second précepte "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" intervient pour vérifier l'authenticité de sa mise en oeuvre.  Jésus n'en cite que le coeur, mais il m'a semblé intéressant d'aller plus loin et de connaître le texte entier, qui figure dans le Lévitique au chapitre 19 :

Le Seigneur adressa la parole à Moïse :
« Parle à toute l'assemblée des fils d'Israël ; tu leur diras : Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint.
Vous ne volerez pas, vous ne mentirez pas, vous ne tromperez pas votre compagnon.
Vous ne ferez pas de faux serments par mon nom : tu profanerais le nom de ton Dieu. Je suis le Seigneur.
Tu n'opprimeras pas ton prochain, tu ne l'exploiteras pas : tu ne retiendras pas jusqu'au lendemain matin le salaire du journalier. Tu n'insulteras pas un sourd, tu ne mettras pas d'obstacle sur le chemin d'un aveugle : tu craindras ton Dieu. Je suis le Seigneur.Quand vous siégerez au tribunal, vous ne commettrez pas d'injustice ; tu n'avantageras pas le faible, tu ne favoriseras pas le puissant : tu jugeras ton compagnon avec justice. Tu ne répandras pas de calomnies contre ton compatriote, tu ne réclameras pas la peine de mort contre ton prochain. Je suis le Seigneur. Tu n'auras aucune pensée de haine contre ton frère. Mais tu n'hésiteras pas à réprimander ton compagnon, et ainsi tu ne partageras pas son péché.
Tu ne te vengeras pas. Tu ne garderas pas de rancune contre les fils de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis le Seigneur ! »

Le texte commence donc par dire : "Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint" et il se termine par : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis le Seigneur ! »   Et donc: s'il faut aimer le Seigneur de tout son coeur, de toute son âme et de toutes ses forces, c'est parce que Dieu est saint et parce que cette sainteté implique de ne causer aucun tort à quiconque.  Jésus précisera que même l'ennemi - celui qui me veut du mal, jusqu'à me tuer - doit être aimé à cause de la sainteté de Dieu.

Le scribe qui avait posé la question a si bien compris la réponse qu'il fait comme les enfants parfois: il en donne une nouvelle formulation, et Jésus, ravi d'avoir trouvé un bon auditeur parmi les scribes l'assure qu'il est désormais tout proche du Royaume. Tout proche car, pour y entrer, encore faut-il mettre en pratique ce commandement dans toute sa vie - sans rien en exclure.

Assez sombre, ce matin, le prêtre nous a évoqué un entretien qui l'a peiné. Un homme lui a dit : "Il serait temps que l'homme se résolve à accepter le rationalisme !" -  mais il lui a répondu que le rationalisme appliquée à l'homme, c'est l'inverse du précepte divin. C'est ce que l'on a expérimenté durant la seconde guerre mondiale, jusqu'aux chambres à gaz et à l'emploi de la bombe atomique: "Tu n'aimeras que toi-même et tu haïras ton prochain"...  Et finalement, il s'est repris et nous a dit pour conclure: "Mais vous, poursuivez vos efforts, ne prêtez pas l'oreille aux voix de ce monde !"  Je suis tout à fait d'accord. Et d'ailleurs, de ces jours-ci, les douleurs de ma sciatique me préservent vraiment des "Murmures de Satan" !
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Re: Le premier de tous les commandements

Message non lu par astre »

Seigneur, remplis mon cœur de ton amour.
Que mon cœur soit tellement plein d’amour qu’il en déborde.
C’est cela qui donne un sens à ma vie, c’est seulement cela qui peut remplir ma vie : recevoir ton amour, et donner ton amour.
L'amitié nous fait partager de grands moments de bonheur, mais aussi d'immenses peines. L'important est de partager, de s'écouter, de se soutenir.
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Re: Le premier de tous les commandements

Message non lu par Peccator »

J'aime bien votre méditation, Etienne.

Mais j'aimerais apporter une précision : le premier commandement commence par "Ecoute, Israël !".

Il est important de ne pas passer par-dessus pour foncer à la suite, "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu..."


Ce qui oppose l'homme à Dieu, c'est l'endurcissement du coeur. Endurcissement qui s'illustre de deux façons (cf Is 6, par exemple) : avoir des yeux mais ne pas voir, avoir des oreilles mais ne pas entendre.

Quand on cesse d'écouter, on ne peut plus entendre les commandements, on se replie sur les lois qu'on se donne à soi-même.



Cela éclaire tout particulièrement ce qui est dit en Lévitique 19, 14 :
Tu n'insulteras pas un sourd, tu ne mettras pas d'obstacle sur le chemin d'un aveugle : tu craindras ton Dieu.

Tu n'insulteras pas un sourd (Osty traduit : tu ne maudiras pas), c'est ne pas condamner celui qui n'écoute pas Dieu. C'est ne pas le rejetter, mais lui laisser la possibilité de revenir sur le chemin de sainteté.

Tu ne mettras pas d'obstacle sur le chemin d'un aveugle, c'est ne pas faire trébucher celui qui cherche à revenir vers Dieu, c'est ne pas l'empêcher de se convertir et d'être pardonné.

Je note en passant qu'il n'est pas question de prendre l'aveugle par la main pour le mener le long du chemin : ça, c'est le boulot de Dieu, puisque c'est Jésus qui est le Chemin. Notre devoir est simplement de ne pas y mettre d'obstacle.

On comprend mieux dès lors la fin de la phrase : tu craindras ton Dieu. Maudire le sourd, faire trébucher l'aveugle, c'est ne pas craindre Dieu, c'est se lever contre Lui.


Que nous dit Osée sur celui qui revient au Seigneur ?
Revenir, déjà, c'est se mettre en chemin, le chemin qui mène au Seigneur. Ce qui nous fait trébucher, nous qui sommes aveugles, ce sont nos fautes. Et pour que cette faute soit enlevée, nous offrons à Dieu une belle offrande : les paroles de nos lèvres.
Qu'est-ce là si ce n'est une bénédiction ?

Nous avons déjà vu qu'il ne faut pas maudire le sourd : voilà maintenant que nous devons bénir.

Et c'est pourquoi le second commandement est une conséquence directe du premier : pour revenir à Dieu, pour que notre faute soit effacée, nous devons aimer notre prochain.

Et tout cela n'est possible que si nous n'oublions pas la toute première injonction : "Ecoute, Israël !". Deux mots qui résument tout, en fait, car qui écoute entend ce qu'il y a à écouter.
Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux. Mc 14, 36
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Re: Le premier de tous les commandements

Message non lu par etienne lorant »

Merci ! Très intéressante et fine lecture des textes. J'en ressors enrichi !

Etienne
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: La parabole du fils prodigue

Message non lu par mike.adoo »

Bonjour à tous

En lisant ces commentaires avec grand intérêt , j'ai pensé à Caïn et Abel ... D'ailleurs , dans les deux histoires , aucune parole entre les deux frères .
J'en suis venu à penser que l'offrande d'Abel ( dit le juste selon la créance commune ) pouvait être qualitativement inférieure à celle de Caïn . Ce n'est dit nulle part . C'est peut être ce que pensait ce dernier , d'où sa colère .
Les silences de la Bible sont souvent assourdissants !
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Le dimanche de Laetare

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 9,1-41.
En sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme qui était aveugle de naissance.
Ses disciples l'interrogèrent : « Rabbi, pourquoi cet homme est-il né aveugle ? Est-ce lui qui a péché, ou bien ses parents ? »  Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents. Mais l'action de Dieu devait se manifester en lui. Il nous faut réaliser l'action de celui qui m'a envoyé, pendant qu'il fait encore jour ; déjà la nuit approche, et personne ne pourra plus agir.
Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. »
Cela dit, il cracha sur le sol et, avec la salive, il fit de la boue qu'il appliqua sur les yeux de l'aveugle,
et il lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » (ce nom signifie : Envoyé). L'aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait.
Ses voisins, et ceux qui étaient habitués à le rencontrer - car il était mendiant - dirent alors : « N'est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? »
Les uns disaient : « C'est lui. » Les autres disaient : « Pas du tout, c'est quelqu'un qui lui ressemble. » Mais lui affirmait : « C'est bien moi. » Et on lui demandait : « Alors, comment tes yeux se sont-ils ouverts ? »
Il répondit : « L'homme qu'on appelle Jésus a fait de la boue, il m'en a frotté les yeux et il m'a dit : 'Va te laver à la piscine de Siloé. ' J'y suis donc allé et je me suis lavé ; alors, j'ai vu. »
Ils lui dirent : « Et lui, où est-il ? » Il répondit : « Je ne sais pas. »
On amène aux pharisiens cet homme qui avait été aveugle.
Or, c'était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux.
A leur tour, les pharisiens lui demandèrent : « Comment se fait-il que tu voies ? » Il leur répondit : « Il m'a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et maintenant je vois. »
Certains pharisiens disaient : « Celui-là ne vient pas de Dieu, puisqu'il n'observe pas le repos du sabbat. » D'autres répliquaient : « Comment un homme pécheur pourrait-il accomplir des signes pareils ? » Ainsi donc ils étaient divisés.
Alors ils s'adressent de nouveau à l'aveugle : « Et toi, que dis-tu de lui, puisqu'il t'a ouvert les yeux ? » Il dit : « C'est un prophète. » Les Juifs ne voulaient pas croire que cet homme, qui maintenant voyait, avait été aveugle. C'est pourquoi ils convoquèrent ses parents et leur demandèrent : « Cet homme est bien votre fils, et vous dites qu'il est né aveugle ? Comment se fait-il qu'il voie maintenant ? » Les parents répondirent : « Nous savons que c'est bien notre fils, et qu'il est né aveugle.
Mais comment peut-il voir à présent, nous ne le savons pas ; et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas non plus. Interrogez-le, il est assez grand pour s'expliquer. »
Ses parents parlaient ainsi parce qu'ils avaient peur des Juifs. En effet, les Juifs s'étaient déjà mis d'accord pour exclure de la synagogue tous ceux qui déclareraient que Jésus est le Messie.
Voilà pourquoi les parents avaient dit : « Il est assez grand, interrogez-le ! »
Pour la seconde fois, les pharisiens convoquèrent l'homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent : « Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. »
Il répondit : « Est-ce un pécheur ? Je n'en sais rien ; mais il y a une chose que je sais : j'étais aveugle, et maintenant je vois. »
Ils lui dirent alors : « Comment a-t-il fait pour t'ouvrir les yeux ? »
Il leur répondit : « Je vous l'ai déjà dit, et vous n'avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous m'entendre encore une fois ? Serait-ce que vous aussi vous voulez devenir ses disciples ? » Ils se mirent à l'injurier : « C'est toi qui es son disciple ; nous, c'est de Moïse que nous sommes les disciples.
Moïse, nous savons que Dieu lui a parlé ; quant à celui-là, nous ne savons pas d'où il est. »
L'homme leur répondit : « Voilà bien ce qui est étonnant ! Vous ne savez pas d'où il est, et pourtant il m'a ouvert les yeux. Comme chacun sait, Dieu n'exauce pas les pécheurs, mais si quelqu'un l'honore et fait sa volonté, il l'exauce. Jamais encore on n'avait entendu dire qu'un homme ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance. Si cet homme-là ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. »  Ils répliquèrent : « Tu es tout entier plongé dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? » Et ils le jetèrent dehors.
Jésus apprit qu'ils l'avaient expulsé. Alors il vint le trouver et lui dit : « Crois-tu au Fils de l'homme ? »
Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? »  Jésus lui dit : « Tu le vois, et c'est lui qui te parle. » Il dit : « Je crois, Seigneur ! », et il se prosterna devant lui.
Jésus dit alors : « Je suis venu en ce monde pour une remise en question : pour que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles. »
Des pharisiens qui se trouvaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent : « Serions-nous des aveugles, nous aussi ? » Jésus leur répondit : « Si vous étiez des aveugles, vous n'auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : 'Nous voyons ! ' votre péché demeure. »


Cy Aelf, Paris

Ce texte de l'évangile de Jean oppose la lumière et les ténèbres, comme c'était déjà le cas dans le prologue de son Evangile: Jésus est bien la vraie lumière qui éclaire tout homme qui vient dans le monde. Tout homme, même cet aveugle de naissance.  Car bien évidemment, cette lumière qui vient de Dieu est essentiellement spirituelle et infiniment supérieure à celle qui nous permet de nous diriger dans le monde matériel !

De ce fait, c'est bien l'aveuglement spirituel, un aveuglement coupable, un aveuglement entretenu pour des questions d'autorité et de pouvoir, que dénonce l’Évangile de ce dimanche. Pour les chefs religieux de Jérusalem, la cécité dès la naissance n'est certainement pas un cas de médecine - mais l'homme qui en est atteint est coupable dès sa naissance.
Sans la moindre compassion, ils lui déclarent: "Tu es tout entier plongé dans le péché depuis ta naissance". Quelle méprisante insulte, quelle affreuse considération de l'être humain !

Jésus a accompli ce miracle un jour de Sabbat. Car dès ce moment, dès ce dimanche de Laetare, l'ordre et l'ordonnancement de la religion qui avaient prévalu jusqu'alors, sont remis en question. Tout va basculer, dans la relation à Dieu !  Les portes qui étaient fermées seront ouvertes. Et Dieu, toujours déclaré Sainteté et Justice, va manifester que le premier de ses attributs est l'Amour de miséricorde.

Cette révélation - de l'Amour miséricordieux du Père, est de notre temps. C'est le fondement de la théologie de la Miséricorde divine, que le Seigneur a manifesté à sainte Faustine AVANT même le déclenchement de la seconde guerre mondiale. Et il n'est guère étonnant, du  moins à mes yeux, que le sanctuaire de la Miséricorde soit situé à quelques kilomètres à peine du camp de concentration d'Auschwitz.  Toujours la Lumière s'oppose aux ténèbres !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
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Guérison d'un paralytique - et l'eau du baptême

Message non lu par etienne lorant »

Le mardi de la 4e semaine de Carême

Livre d'Ézéchiel 47,1-9.12.


Il me dit : « Cette eau coule vers la région de l'orient, elle descend dans la vallée du Jourdain, et se déverse dans la mer Morte, dont elle assainit les eaux.
En tout lieu où parviendra le torrent, tous les animaux pourront vivre et foisonner. Le poisson sera très abondant, car cette eau assainit tout ce qu'elle pénètre, et la vie apparaît en tout lieu où arrive le torrent.
Au bord du torrent, sur les deux rives, toutes sortes d'arbres fruitiers pousseront ; leur feuillage ne se flétrira pas et leurs fruits ne manqueront pas. Chaque mois ils porteront des fruits nouveaux, car cette eau vient du sanctuaire. Les fruits seront une nourriture, et les feuilles un remède
.


Psaume 46(45),2-3.5-6.8-9a.10a.
Le Fleuve, ses bras réjouissent la ville de Dieu,
la plus sainte des demeures du Très-Haut.
Dieu s'y tient : elle est inébranlable ;
quand renaît le matin, Dieu la secourt.
Il est avec nous, le Seigneur de l'univers ;
citadelle pour nous, le Dieu de Jacob !
Venez et voyez les actes du Seigneur,  
Il détruit la guerre jusqu'au bout du monde.



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 5,1-16.
A l'occasion d'une fête des Juifs, Jésus monta à Jérusalem.
Or, à Jérusalem, près de la Porte des Brebis, il existe une piscine qu'on appelle en hébreu Bézatha. Elle a cinq colonnades, sous lesquelles étaient couchés une foule de malades : aveugles, boiteux et paralysés.
Il y en avait un qui était malade depuis trente-huit ans. Jésus, le voyant couché là, et apprenant qu'il était dans cet état depuis longtemps, lui dit : « Est-ce que tu veux retrouver la santé ? » Le malade lui répondit : « Seigneur, je n'ai personne pour me plonger dans la piscine au moment où l'eau bouillonne ; et pendant que j'y vais, un autre descend avant moi. »
Jésus lui dit : « Lève-toi, prends ton brancard, et marche. »
Et aussitôt l'homme retrouva la santé. Il prit son brancard : il marchait ! Or, ce jour-là était un jour de sabbat.
Les Juifs dirent à cet homme que Jésus avait guéri : « C'est le sabbat ! Tu n'as pas le droit de porter ton brancard. »
Il leur répliqua : « Celui qui m'a rendu la santé, c'est lui qui m'a dit : 'Prends ton brancard, et marche ! ' »
Ils l'interrogèrent : « Quel est l'homme qui t'a dit : 'Prends-le, et marche' ? »
Mais celui qui avait été guéri ne le savait pas ; en effet, Jésus s'était éloigné, car il y avait foule à cet endroit. Plus tard, Jésus le retrouva dans le Temple et lui dit : « Te voilà en bonne santé. Ne pèche plus, il pourrait t'arriver pire encore. »
L'homme partit annoncer aux Juifs que c'était Jésus qui lui avait rendu la santé.
Et les Juifs se mirent à poursuivre Jésus parce qu'il avait fait cela le jour du sabbat.

Cy Aelf, Paris

Pourquoi ces histoires de mer, de fleuve, de torrent, d'eau bouillonnante ? Elles préfigurent le baptême. J'avoue que je n'aurais pas pensé à cela sans avoir effectué quelques recherches. Mais le fait est que l'eau nettoie et purifie. Je n'y pense guère lors de mes ablutions le matin, mais ayant l'habitude de me laver la tête à l'eau froide, je suis aussitôt bien éveillé et les dernières "brumes d'images" qui ont occupé mon sommeil, se retrouvent évacuées d'un seul coup.  

Que l'eau du baptême purifie l'âme, c'est le texte de l’Évangile qui le dit. Car après avoir guéri le malade, le Seigneur lui dit de bien de prendre garde de ne plus pécher. Il pourrait lui arriver pire encore que trente-huit années de paralysie du corps. Et si l'on y pense un peu, le péché d'orgueil, pour ne citer que celui-là, peut conduire tout droit à l'enfer.

Cette guérison le jour du Sabbat fait monter d'un cran l'animosité des Juifs à l'égard de Jésus. J'ai remarqué au passage que l'évangéliste n'emploient plus les termes précis pour dire "les pharisiens" ou  "les prêtres", mais simplement "les Juifs". S'il ne fait plus de distinction, ce n'est pas qu'il s'est mis à détester ses congénères, mais probablement pour indiquer, que désormais, c'est clair : "En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes,Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue".


.
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astre
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Re: Guérison d'un paralytique - et l'eau du baptême

Message non lu par astre »

Personnellement, ça me fait penser aux piscines du Sanctuaire de Lourdes où les pèlerins se précipitent pour être purifiés, pour obtenir la guérison du corps et de l'âme...
L'amitié nous fait partager de grands moments de bonheur, mais aussi d'immenses peines. L'important est de partager, de s'écouter, de se soutenir.
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Re: Guérison d'un paralytique - et l'eau du baptême

Message non lu par etienne lorant »

astre a écrit :Personnellement, ça me fait penser aux piscines du Sanctuaire de Lourdes où les pèlerins se précipitent pour être purifiés, pour obtenir la guérison du corps et de l'âme...
Il s'agit toujours de la même démarche: le baptême de Jean où l'on vient symboliquement abandonner ses fautes dans les eaux du Jourdain, ou bien les pèlerins dans l'eau du Gave.
Comme le disait déjà Isaïe : "Je ferai sur vous une aspersion d'eau pure et vous serez purs; je vous purifierai de toutes vos impuretés"
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Jésus menacé poursuit sans faiblir

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Le vendredi de la 4e semaine de Carême

Livre de la Sagesse 2,1a.12-22.

Les impies ne sont pas dans la vérité lorsqu'ils raisonnent ainsi en eux-mêmes :
Attirons le juste dans un piège, car il nous contrarie, il s'oppose à notre conduite, il nous reproche de désobéir à la loi de Dieu, et nous accuse d'abandonner nos traditions.
Il prétend posséder la connaissance de Dieu, et s'intitule fils du Seigneur.
Il est un démenti pour nos idées, sa simple présence nous pèse ;
car son genre de vie s'oppose à celui des autres, sa conduite est étrange.
Il nous regarde comme des gens douteux, se détourne de nos chemins comme s'il craignait de se salir. Il proclame bienheureux le sort final des justes, il se vante d'avoir Dieu pour père.
Voyons si ses paroles sont vraies, regardons où il aboutira.
Si ce juste est fils de Dieu, Dieu l'assistera, et le délivrera de ses adversaires.
Soumettons-le à des outrages et à des tourments ; nous saurons ce que vaut sa douceur, nous éprouverons sa patience.
Condamnons-le à une mort infâme, puisque, dit-il, quelqu'un veillera sur lui. »
C'est ainsi que raisonnent ces gens-là, mais ils s'égarent ; leur méchanceté les a rendus aveugles.
Ils ne connaissent pas les secrets de Dieu, ils n'espèrent pas que la sainteté puisse être récompensée, ils n'estiment pas qu'une âme irréprochable puisse être glorifiée.



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 7,2.10.14.25-30.
La fête juive des Tentes approchait.
Lorsque les frères de Jésus furent montés à Jérusalem pour la fête, il y monta lui aussi, non pas ostensiblement, mais en secret. La semaine de la fête était déjà à moitié passée quand Jésus monta au Temple et se mit à enseigner.
Quelques habitants de Jérusalem disaient alors : « N'est-ce pas lui qu'on cherche à faire mourir ? Le voilà qui parle ouvertement, et personne ne lui dit rien ! Les chefs du peuple auraient-ils vraiment reconnu que c'est lui le Messie ? Mais lui, nous savons d'où il est. Or, lorsque le Messie viendra, personne ne saura d'où il est. »
Jésus, qui enseignait dans le Temple, s'écria : « Vous me connaissez ? Et vous savez d'où je suis ? Je ne suis pas venu de moi-même : mais celui qui m'a envoyé dit la vérité, lui que vous ne connaissez pas. Moi, je le connais parce que je viens d'auprès de lui, et c'est lui qui m'a envoyé. » On cherchait à l'arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n'était pas encore venue.



Cy Aelf, Paris

Jésus vient en cachette pour enseigner. Le messager de Dieu contraint de se glisser en cachette dans la maison de son Père... Imagine-t-on ce que cela représente pour lui ?  

Humainement, je peux effectivement éprouver un sentiment d'incompréhension, de tristesse, de chagrin. Mais je me trompe sans doute. Il n'empêche : ayant croisé une grande malade dans la journée d'hier, étant privé également de rencontres que je désirerais, me retrouvant souvent très isolé, au lieu de tomber dans la déprime, j'ai réagi et j'ai dit: "Je dois aller plus loin que même. Est-ce que je mérite de m'appeler moi-même un chrétien ?  Ce retournement sur moi-même m'a poussé à des choix sévères. Dans la prière et l'offrande, je veux supporter la douleur physique lancinante de ma sciatique et garder mon sourire; je veux être plus régulier et précis dans toutes mes tâches quotidiennes, exactement comme si je n'avais pas de difficultés morales et physiques.  La question définitive est : jusqu'où suis-je vraiment un "enfant de Dieu" ?  Je me dois de montrer l'exemple d'une grande sérénité.

Jésus rencontre donc ceux qui ont déjà résolu de le mettre à l'épreuve - et quelle épreuve, puisque dans la pensée de ses adversaires, il y a, comme le montre la première lecture: les outrages, les tourments, la condamnation à mort et jusqu'à l'exécution. En l’occurrence, Jésus, interpellé, continue de corriger et répondre.

C'est la partie la plus pénible du Carême, du moins pour moi. En réalité, il est heureux que je sois affligé, car cela me prouve à moi-même que ma conversion n'a pas fait de moi "l'homme d'un moment" - mais moi aussi, j'ai un chemin douloureux à gravir puisque ma collaboration à la congrégation dont je croyais être membre depuis longtemps  est toujours remise en question.  Même cela ? Mais c'est l'essentiel pour moi !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Samedi: la question qui rencontre la Vérité

Message non lu par etienne lorant »

Le samedi de la 4e semaine de Carêmere

Livre de Jérémie 11,18-20.

Jérémie disait au Seigneur : " Seigneur, tu m'as averti, et maintenant je sais, tu m'as fait voir leurs manœuvres.
Moi, j'étais comme un agneau docile qu'on emmène à l'abattoir, et je ne savais pas ce qu'ils préparaient contre moi. Ils disaient : 'Coupons l'arbre à la racine, retranchons-le de la terre des vivants, afin qu'on oublie jusqu'à son nom. '
Seigneur de l'univers, toi qui juges avec justice, qui scrutes les reins et les cœurs, fais-moi voir la vengeance que tu leur infligeras, car c'est à toi que je confie ma cause. »



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 7,40-53.
Jésus enseignait au temple de Jérusalem. Dans la foule, on avait entendu ses paroles, et les uns disaient : " C'est vraiment lui, le grand Prophète!"
D'autres disaient : « C'est lui le Messie ! » Mais d'autres encore demandaient : « Est-ce que le Messie peut venir de Galilée ?
L'Écriture dit pourtant qu'il doit venir de la descendance de David et de Bethléem, le village où habitait David ! »
C'est ainsi que la foule se divisa à son sujet.
Quelques-uns d'entre eux voulaient l'arrêter, mais personne ne mit la main sur lui.
Voyant revenir les gardes qu'ils avaient envoyés arrêter Jésus, les chefs des prêtres et les pharisiens leur demandèrent : « Pourquoi ne l'avez-vous pas ramené ? »
Les gardes répondirent : « Jamais un homme n'a parlé comme cet homme ! »
Les pharisiens leur répliquèrent : « Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ?
Parmi les chefs du peuple et les pharisiens, y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ?
Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi, ce sont des maudits ! »
Parmi les pharisiens, il y avait Nicodème, qui était allé précédemment trouver Jésus ; il leur dit :
« Est-ce que notre Loi permet de condamner un homme sans l'entendre d'abord pour savoir ce qu'il a fait ? »
Ils lui répondirent : « Alors, toi aussi, tu es de Galilée ? Cherche bien, et tu verras que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! »  Puis ils rentrèrent chacun chez soi.



Cy Aelf, Paris

J'ai toujours été frappé par la réponse que les gardes du temple donnent pour se justifier devant leur chef. S'ils n'ont pas plu leur ramener Jésus, c'est tout simplement que : "Jamais un homme n'a parlé comme cet homme".  Ils disent la vérité telle qu'ils l'ont perçue. Ils n'ont pas préparé une excuse. Pourquoi !?!  Tous les soldats pris en défaut trouvent des excuses ! Qu'est-ce donc que Jésus a pu dire à ces brutes,  pour qu'ils s'en reviennent ainsi, sans même chercher une excuse à leur échec ?  Avec le temps, je me suis dit que le Seigneur aura guéri leurs cœurs, en sorte qu'ils n'exerceront plus jamais le même métier !

Ce qui me confirme dans cette pensée, c'est que Nicodème, lui aussi, a reçu de Jésus une Parole dont il ne peut que se réjouir, une Parole qui a exalté son coeur. Laquelle ?  Peu importe: il se laisse insulter sans répondre, car lui aussi a reçu au fond de lui-même "quelque chose" qui est tout à la fois amour et vérité et dont il ne se séparera jamais.

Mais cette année, la finale du texte de Jean me parle de la même manière. Jean écrit en finale : Puis ils rentrèrent chacun chez soi.  Ainsi, qu'il s'agisse des chefs des prêtres, des gardes du temple, de Nicodème - ou de moi-même, personne ne va rentrer chez soi sans avoir été touché au fond de son coeur. Je songe à celles et ceux qui reviennent à la lecture de l'Evangile, et qui ont déjà saisis par une parole ou l'autre qui ne quittera plus leurs cœurs.  

C'est l'occasion pour moi de poser à chacun(e), parmi ceux qui me liront,  la question que voici: "A ce jour, quelle est la Parole de Jésus qui vous a frappé au point de la retenir sans effort ?  

Si vous me demandez la mienne, je réponds d'office: "Quiconque cherche la vérité entend ma voix". Car je suis totalement certain, je suis absolument convaincu et persuadé: qui que vous soyez, si vous cherchez la vérité sur vous-même; si vous rechercher la vérité indispensable à votre propre survie, si vous cherchez la vérité sans laquelle vous ne sauriez plus vivre ni même espérer,  eh bien, c'est une parole de Jésus qui vous illuminera tout entier.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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