Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2013-2014)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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Mac
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Re: Jésus rencontre la Samaritaine

Message non lu par Mac »

Jean 7 /
Le dernier jour de la fête, qui en est le jour le plus solennel, Jésus, debout, dit à haute voix: "Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive. 38Celui qui croit en moi, de son sein, comme dit l'Ecriture, couleront des fleuves d'eau vive." 39Il disait cela de l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croient en lui; car l'Esprit n'était pas encore donné, parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié.
http://www.apologetique.net/BibleCathol ... lique.aspx

Pour ceux que cela intéresse, l'eau vive semble finalement bien être l'Esprit Saint d'après le passage ci-dessus..

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gerardh
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Re: Jésus rencontre la Samaritaine

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Bonjour,

Le don de Dieu de ce passage est sans doute pluriel, mais cela dit certains pensent effectivement qu'il est plus spécifiquement fait allusion au Saint Esprit



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Re: Jésus rencontre la Samaritaine

Message non lu par Peccator »

Les Samaritains adorent l'Eternel, et considèrent être les descendants des tribus du Royaume d'Israël, dont une partie a été déportée par les Assyriens, mais une partie serait restée sur place. Ils ne reconnaissent comme Ecritures Saintes que le pentateuque et le livre de Josué (on parle d'Hexateuque, puisque cela fait 6 livres), mais ni les Prophètes, ni les Ecrits (ce qui ne veut pas dire qu'ils ne les connaissent pas, mais qu'ils ne les considèrent pas comme inspirés). Je parle au présent, car il y a toujours des Samaritains aujourd'hui, même s'ils ne sont plus très nombreux. D'ailleurs, ils continuent de célébrer le sacrifice pascal au mont Garizim, puisqu'à la différence du Temple de Jérusalem, il est toujours là. Quelques décennies avant Jésus, ils avaient d'ailleurs le droit de venir aussi au Temple de Jérusalem, et au retour de Babylone ils avaient même proposé de participer à sa reconstruction (cf Esdras).

La centralisation du culte à Jérusalem est très récente à l'époque de la fondation du royaume d'Israël, et elle est encore très contestée, malgré les imprécations des prophètes (il me semble que c'est Osée qui ironisait en appelant Béthel - qui signifie "maison de Dieu" - Beth-aven - qui signifie "maison du néant"). De fait, on adorait encore l'Eternel sur des hauts lieux en plusieurs endroits, dont le mont Garizim (et ce, avec de solides bases scripturaires à l'appui). La centralisation à Jérusalem avait été mieux respectée en Judée (même si là aussi elle ne s'est pas faite sans difficultés).

Les juifs, c'est à dire les judéens, le royaume de Judée, ont interprété la chute du royaume d'Israël, leur frère mais néanmoins rival (et qui quelque part avait quand même fait sécession...), comme destruction complète du royaume, avec déportation de la totalité de la population (d'où les 10 tribus perdues d'Israël). Et ils considéraient les samaritains comme les descendants des populations que les Assyriens y avaient déplacées (à la place des tribus israélites).
Aujourd'hui, la génétique semble montrer que les Samaritains sont bien des descendants des israélites, mais ce n'est pas très important

Selon le livre des Rois, ces populations étaient au nombre de cinq, chacune venue avec son dieu. Mais, selon la croyance générale de l'époque que le dieu était avant tout le dieu du pays, elles ont adopté le "dieu local", c'est à dire le Dieu unique, adoré par les tribus israélites sur le mont Garizim.

C'est là l'explication symbolique des 5 maris de la femme, et ce celui qui n'est pas le sien, telle qu'on la comprend aisément quand on connait l'histoire de la Samarie telle qu'elle est présentée dans l'Ancien Testament, et telle que n'ont pas manqué de la faire, très tôt, les Pères de l'Eglise, probablement en relais de la tradition orale.



Pour l'interprétation littérale, il me semble qu'il faut voir dans les 5 maris de cette femme très probablement une application de la loi du lévirat, en effet, mais le fait qu'elle vive actuellement avec un homme qui n'est pas son mari montre aussi qu'elle est en recherche d'amour, d'une présence dans sa vie.
J'ignore à quel point son état de vie peut être considéré comme étant pécheur (ne vit-elle pas une relation adultère ?), mais il est notable que Jésus ne la condamne pas du tout : il se contente de la regarder en vérité, l'acceptant telle qu'elle est.


Avant de faire une lecture croisée avec la femme courbée (lecture qui n'est pas fausse, mais moins immédiate), il faut commencer par voir ce qui peut être appris au sein même de l'évangile selon St Jean : chaque évangile a son unité propre, avant de s'enrichir des lectures synoptiques. Et ce n'est pas un hasard si le lectionnaire dominical place la guérison de l'aveugle-né le dimanche de carême qui suit la samaritaine : on y voit deux très beaux parcours de conversion, qui suivent le même cheminement, et qui tous deux amènent la personne à entrer dans la présence de Dieu qui se révèle à eux en Jésus.




Je ne sais pas s'il est sage de chercher une lecture allégorique directe pour trouver ce que pourrait bien être l'eau vive. Je ne pense pas que ce soit une erreur d'y voir l'Esprit Saint, mais je pense surtout que cette eau vive, c'est tout ce qui vient étancher la soif de Dieu. Certes, c'est donc l'Esprit. Mais n'est-ce pas aussi bien la foi, qui elle aussi est don de Dieu ? N'est-elle pas surtout la présence de Jésus, cette grâce de communion qui nous est donnée, et qui nous permet d'être membre du Corps du Christ ? Et là, l'eau vive devient eucharistie, devient le vin de l'alliance nouvelle et éternelle, sang versé pour la multitude...
On le voit, tout cela est très riche, et il serait dommage de s'arrêter à une seule lecture allégorique.



J'aime beaucoup dans cette méditation de soeur Sylvie de Langeac le fait qu'elle s'attarde sur la soif de Jésus : j'ai moi aussi été frappé par cet exemple si simple et si parlant pour nous de la kénose, de Dieu qui s'abaisse pour être pleinement homme, jusqu'à éprouver cette simple soif, cette simple fatigue d'avoir marché. D'autant que quelques versets à peine plus loin, on verra Jésus rassasié par la conversion de cette femme... C'est vraiment très beau.
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Re: Jésus rencontre la Samaritaine

Message non lu par Mac »

Bonjour gerardh, :)
gerardh a écrit :Bonjour, Le don de Dieu de ce passage est sans doute pluriel, mais cela dit certains pensent effectivement qu'il est plus spécifiquement fait allusion au Saint Esprit_____________
Pourquoi pluriel? C'est singulier justement.

Jésus lui répondit : « Si tu savais le don de Dieu..."

En fait le danger de voir dans l'expression "l'eau vive" tout et n'importe quoi, c'est qu'on finit par ne plus voir ce qu'à voulu dire précisément Jésus. Personnellement je pars du principe que Jésus est précis et clair car Il sait ce qu'Il dit et ce pourquoi Il est venu dans le monde.
Or en Jean 7 pour moi cela devient clair que l'eau vive c'est l'Esprit Saint puisque Jésus explique ce que c'est que cette eau vive en disant : "couleront des fleuves d'eau vive." 39 Il disait cela de l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croient en lui".
Et cela s'inscrit complètement, concrètement, et de façon cohérente dans la mission de Jésus Christ qui devait répandre Son Esprit Saint.

Ps peccator : merci pour le développement sur les samaritains, je ne savais pas qu'il y en avait encore aujourd'hui.

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Re: Jésus rencontre la Samaritaine

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Bonjour Mac,

Je suis bien d'accord pour le fait que le don de Dieu mentionné ici se réfère essentiellement à l'Esprit.

Mais cela dit, le don de Dieu c'est également Jésus lui-même, présent ici physiquement au puits de Sichar. C'est aussi toutes les choses auxquelles Dieu pourvoit dans son amour pour les siens.


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Re: Jésus rencontre la Samaritaine

Message non lu par Mac »

Peccator a écrit :Pour l'interprétation littérale, il me semble qu'il faut voir dans les 5 maris de cette femme très probablement une application de la loi du lévirat, en effet, mais le fait qu'elle vive actuellement avec un homme qui n'est pas son mari montre aussi qu'elle est en recherche d'amour, d'une présence dans sa vie.
J'ignore à quel point son état de vie peut être considéré comme étant pécheur (ne vit-elle pas une relation adultère ?), mais il est notable que Jésus ne la condamne pas du tout : il se contente de la regarder en vérité, l'acceptant telle qu'elle est.
Et pourquoi Jésus précise que le dernier homme avec lequel se trouve la samaritaine n'est pas son mari? Qu'est-ce qui manque pour que ce soit son mari?
gerardh a écrit :Mais cela dit, le don de Dieu c'est également Jésus lui-même, présent ici physiquement au puits de Sichar. C'est aussi toutes les choses auxquelles Dieu pourvoit dans son amour pour les siens.
Ah ok ok!
Oui, après tout est lié et effectivement on peut se rendre compte le don c'est Jésus Lui-même c'est pour cela je disais que cela me rappelait Jean 6 " celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle en lui."

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La foi et les signes

Message non lu par etienne lorant »

Le lundi de la 3e semaine de Carême

Deuxième livre des Rois 5,1-15a.

Naaman, général de l'armée du roi de Syrie, était hautement estimé par son maître, car il avait été l'instrument du Seigneur pour donner la victoire à la Syrie. Or, cet homme était lépreux.
Des Syriens, au cours d'une expédition en terre d'Israël, avaient fait prisonnière une fillette qui fut mise au service de la femme de Naaman.
Elle dit à sa maîtresse : « Ah ! si mon maître s'adressait au prophète qui est à Samarie, celui-ci le délivrerait de sa lèpre. »
Naaman alla auprès du roi et lui dit : « Voilà ce que la jeune fille d'Israël a déclaré. »
Le roi de Syrie lui répondit : « Vas-y. J'envoie une lettre au roi d'Israël. » Naaman partit donc ; il emportait sept cents livres d'argent, douze cent livres d'or et dix vêtements de fête.
Il remit la lettre au roi d'Israël. Celle-ci portait : « En même temps que te parvient cette lettre, je t'envoie Naaman mon serviteur, pour que tu le délivres de sa lèpre. »
Quand le roi d'Israël lut ce message, il déchira ses vêtements et s'écria : « Est-ce que je suis Dieu, maître de la vie et de la mort ? Car ce roi m'envoie un homme pour que je le délivre de sa lèpre ! Vous le voyez bien : c'est une provocation ! »
Quand Élisée, l'homme de Dieu, apprit que le roi d'Israël avait déchiré ses vêtements, il lui fit dire : « Pourquoi as-tu déchiré tes vêtements ? Que cet homme vienne à moi, et il saura qu'il y a un prophète en Israël. »
Naaman arriva avec ses chevaux et son char, et s'arrêta à la porte de la maison d'Élisée.
Élisée envoya un messager lui dire : « Va te baigner sept fois dans le Jourdain, et ta chair redeviendra nette. »
Naaman se mit en colère et s'éloigna en disant : « Je m'étais dit : Sûrement il va sortir, et se tenir debout pour invoquer le nom du Seigneur son Dieu ; puis il agitera sa main au-dessus de l'endroit malade et guérira ma lèpre.
Est-ce que les fleuves de Damas, l'Abana et le Parpar, ne valent pas mieux que toutes les eaux d'Israël ? Si je m'y baignais, est-ce que je ne serais pas purifié ? » Il tourna bride et partit en colère.
Mais ses serviteurs s'approchèrent pour lui dire : « Père ! Si le prophète t'avait ordonné quelque chose de difficile, tu l'aurais fait, n'est-ce pas ? Combien plus, lorsqu'il te dit : 'Baigne-toi, et tu seras purifié. ' »
Il descendit jusqu'au Jourdain et s'y plongea sept fois, pour obéir à l'ordre d'Élisée ; alors sa chair redevint semblable à celle d'un petit enfant : il était purifié !
Il retourna chez l'homme de Dieu avec toute son escorte ; il entra, se présenta devant lui et déclara : « Je le sais désormais : il n'y a pas d'autre Dieu, sur toute la terre, que celui d'Israël ! Je t'en prie, accepte un présent de ton serviteur. »


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 4,24-30.
Dans la synagogue de Nazareth, Jésus déclarait : " Amen, je vous le dis, aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays.En toute vérité, je vous le déclare : Au temps du prophète Élie, lorsque la sécheresse et la famine ont sévi pendant trois ans et demi, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie n'a été envoyé vers aucune d'entre elles, mais bien à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon. Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; pourtant aucun d'eux n'a été purifié, mais bien Naaman, un Syrien. » A ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin.

Cy Aelf, Paris

Les deux textes proposés par la Liturgie se rencontrent sur la guérison de Naaman le Syrien, car celui-ci, tout comme les juifs de la synagogue de Nazareth, n'y ont rien compris.

Naaman pensait devoir accomplir quelque grande épreuve pour mériter d'être guéri par le prophète Elie, tandis que les juifs de Nazareth, qui avaient connu Jésus comme charpentier, attendaient - jusqu'à l'exigence !, une démonstration extraordinaire de son pouvoir. Mais dans les deux cas, la manifestation de la divinité demeure dans la plus grande simplicité. Et si Jésus n'a accompli aucun "signe" à Nazareth, c'est que ses habitants avaient envers lui un préjugé négatif : le fait est qu'ils n'avaient pas foi en lui et se tenaient prêts de le juger.

Dans la vie courante, le Seigneur voit nos efforts et pour peu que nous lui fassions confiance, il nous exauce. N'attendons pas de signes extraordinaires, mais ayons les yeux et l'esprit attentifs aux petits signes que la plupart négligent !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Jésus rencontre la Samaritaine

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Je suis d'accord avec Gérardh.

C'est écrit dans les évangiles : Jésus parle en paraboles. Et les paraboles, c'est tout sauf un discours simple et explicite. Ce sont des énigmes, et elles sont toujours polysémiques. Même lorsque Jésus en donne une interprétation, il ne faut pas s'y arrêter, car Il n'en dit pas tout (et généralement, il dit dans son interprétation des choses un peu différentes de la parabole, raison pour laquelle l'évangéliste donne et la parabole et l'interprétation : sinon, l'une des deux suffirait).


Alors, oui, l'eau vive, c'est très probablement l'Esprit. Tous les commentateurs s'accordent sur ce point, et l'analyse du texte permet de le comprendre.

Mais il ne faut pas s'arrêter là, il y a tellement d'autres choses à apprendre ! Y compris sur l'eau vive, qui comme le dit très justement Gérard, est aussi présence de Jésus (ce qui n'est pas contradictoire avec le fait qu'elle soit l'Esprit, au contraire).


Je vous propose de commencer à relire ensemble ce passage, en indiquant des pistes à creuser.


Nous sommes donc en Samarie. Si Jean nous situe géographiquement la scène, c'est que le lieu est significatif. Il faut donc mobiliser tout ce qu'on sait sur la Samarie. J'ai fait un résumé précédemment (qui est loin d'épuiser la question). Et je tiens à préciser que ce résumé ne rapporte que des connaissances bibliques (à part le fait que les Samaritains existent encore aujourd'hui, et ce que la génétique nous apprend les concernant). La Bible parle beaucoup des Samaritains, et Jean suppose bien sûr qu'on connait sa Tanak sur le bout des doigts ;)
A minima, il faudra aller relire le 2nd Livre des Rois et le prophète Osée. L'étude sera plus facile si on s'appuie sur une bonne concordance (un outil indispensable quand on commence à vouloir approfondir un peu son étude de la Bible).

D'ailleurs, question : pourquoi Jésus est-il en Samarie ? Il faut remonter un peu le texte, au moins au début du chapitre 4, et c'est mieux encore de remonter un peu plus haut. Jésus est en train de fuir Jérusalem, où les dirigeants religieux veulent sa peau (ceux que Jean appelle "les juifs", terme qui chez Jean ne désigne pas tout le peuple, loin de là...). Il se retire en Galilée, et pour cela, Jean nous dit qu'il faut qu'il passe par la Samarie. Il faut ? Ah bon ? Regardons sur une carte : effectivement, la Samarie est pile entre la Judée et la Galilée. Et de fait, beaucoup de Galiléens la traversaient quand ils allaient en pélerinage à Jérusalem. Mais (et ça, il faut un bon atlas pour l'apprendre), beaucoup préféraient éviter de traverser ce pays méprisé, et choisissaient de le contourner en longeant le Jourdain, par la rive gauche, la Pérée (et traversaient de nouveau à Jéricho). Traverser la Samarie n'était donc pas la seule possibilité. Ce qui implique soit que Jésus ne pouvait pas passer par la route du Jourdain (et alors il faut se demander pourquoi), soit que Jésus a librement choisi de passer par la Samarie (et par Sychar en particulier), et là aussi c'est significatif.

Tant qu'on est à remonter plus haut, on note dans un coin que Jésus fuit parce qu'il faisait beaucoup de baptême. C'est une info qui pourrait servir ;)

Jésus arrive à Sychar, un ville qui autrefois s'appelait Sichem (ou qui a été construite pas loin de l'ancienne Sichem, je ne suis pas bien sûr, mais en tout cas quand on nous dit Sychar, il faut aussi penser Sichem, ça va avec)., près du Puits de Jacob, le terrain que Jacob avait autrefois donné à son fils Joseph.
Oulà, on apprend plein de trucs d'un coup.

Alors déjà, Sichem. Il va falloir aller chercher dans la Bible où on nous parle de Sichem (c'est là qu'une concordance aide bien ! à défaut, Google aide pas mal, ainsi que les sites web proposant des moteurs de recherche biblique). On va très vite trouver que c'est au pied du mont Garizim, ce qu'on va noter dans un coin parce qu'on a pris soin de lire le texte une première fois en entier, et qu'on n'a pas oublié qu'on en parlera en cours de route. Et puis notre recherche sur les Samaritains nous a appris que c'est important, le Garizim, quand on parle de Samaritains.

Le Puits de Jacob, ça nous amène à mobiliser plusieurs choses :
- ce qu'on sait de Jacob (aussi appelé Israël).
- ce qu'on sait de l'histoire de ce terrain (l'histoire de Jacob avec les sichémites, mais aussi à la fin du roman de Joseph, le fait qu'il a été légué à Joseph, parce que Jean ne nous le précise pas pour rien), et du coup, mobiliser aussi tout ce qu'on sait de la figure de Joseph.
- ce qu'on sait de manière générale sur les puits dans la Bible. Dans les commentaires déjà publiés ici, on a un peu parlé d'Isaac et Rébecca. A minima, on ira aussi regarder l'histoire de Jacob et Rachel, et puis tiens, celle de Moïse et Tsipora.

Entre autres, on commence sentir venir une histoire de mariages, et même de manière plus générale d'alliance (c'est là qu'on est content d'avoir été rafraîchir sa mémoire à propos d'Osée, par exemple, mais aussi le passage des sichémites).


Jésus, fatigué par la route, s'assied près de la source. Ah tiens, c'est plus un puits, c'est une source. Je précise que ce n'est pas là une erreur de traduction : c'est dans le grec. Une bonne traduction doit bien distinguer les deux.

Il y a pas mal à dire sur la fatigue de Jésus, et c'est un point qui a déjà été abordé. Personnellement, c'est quelque chose qui me touche beaucoup.

Je l'ai souligné : Jean parle de source. Il va donc falloir étendre nos recherches à la notion de sources, et pas seulement de puits. On trouvera des références intéressantes chez Jean lui-même, mais aussi ailleurs dans la Bible. A commencer par le verset 14 "L’eau que je lui donnerai deviendra en lui source jaillissante pour la vie éternelle".
Source jaillissante, ça "sonne" référence biblique, ça. Pourrait-on trouver quelque chose ? Oui, par exemple, dans un livre qu'on ne lit pas forcément très souvent, parce que c'est un peu fastidieux (et si comme moi vous êtes dans ce cas, comme moi vous avez bien tort : c'est un livre très riche) : Proverbes 5, 15
"Bois l’eau de ta propre citerne, l’eau jaillissante de ton propre puits."

Un contraste bien intéressant avec notre passage d'évangile. Ca doit nous interpeller...


Jésus s'assied. Bien sûr, avec la fatigue, c'est compréhensible, et on glisse facilement sur ce verbe sans y prêter attention. Mais dans les évangiles, on ne nous dit jamais par hasard que Jésus s'assied. La position assise, dans la Bible, est significative. Il faut donc se rappeler qui sont ceux qui s'assied : cela nous dira quelque chose de Jésus, ou à tout le moins de ce qu'il va faire.


Il est midi, la 6e heure. Là encore, si Jean prend le soin de nous le préciser, ce n'est pas pour faire "couleur locale". Il faut donc aller chercher ce qui se passe à midi dans la Bible.

Arrive une samaritaine. On a déjà regardé que qu'on savait des samaritains. Peut-être y a-t-il quelque chose à apprendre du fait que c'est une femme (je n'ai personnellement pas encore exploré cette piste, donc je ne sais pas), mais en tout cas on commence à voir se mettre en place le mécanisme désormais bien connu de la rencontre entre un homme et une femme (souvent étrangère, en plus) à côté d'un puits.

Oh, et puis on repense à Osée, qui était marié à une femme impure. Cette samaritaine n'est pas exactement comme elle, mais par certains côtés, elle ressemble à la femme d'Osée. Osée, dont le nom signifie "Sauve". Et là, on a Jésus : Dieu sauve. Et on avait vu que le mont Garizim intervient dans l'histoire, et il y a un lien avec Josué (même nom que Jésus, en hébreu). Et puis on se rappelle les enfants d'Osée... (Je viens seulement d'y penser, à ce parallèle entre Jésus et Osée ! Me voilà récompensé d'avoir pris le temps d'écrire ce message ! J'ai trouvé encore un truc que je n'avais pas vu dans cette péricope, et que je n'ai encore lu nulle part...)

Et puis, si on se rappelle qu'il est midi, on peut légitimement s'étonner : ce n'est pas l'heure à laquelle on va chercher l'eau. Normalement, on y va le matin. A la rigueur, le soir. En tout cas, à la fraîche. Pas en plein cagnard de midi. C'est là une "anomalie", et dans les évangiles les anomalies sont toujours des indices significatifs. Si on ne l'a pas déjà fait, on se dit qu'effectivement, il faut aller chercher en quoi midi est une heure particulière.


La Samaritaine vient puiser : ça va parler d'eau, forcément. Pour un chrétien, ça doit nous faire penser au baptême. On n'avait pas noté un truc dans un coin, à ce sujet ? ;)


On en est où, là ? 3 versets et demi ?
Et il va falloir continuer comme ça sur 40 versets ;)


On commence à voir s'esquisser des lignes fortes en filigrane : ça va parler d'alliance, ça va parler de baptême, et l'histoire d'Osée me dit que ça devrait parler de salut et de miséricorde. Et puis je dévoile un peu en avance que ça va aussi nous parler du Temple, le lieu où l'on est en présence de Dieu. Donc de comment être en présence de Dieu...


Bref, ça envoie du lourd, et en 40 verset, c'est tout l'évangile, et même probablement toute la Bible, qu'on va pouvoir retrouver ainsi. C'est toute l'histoire du salut qui y est présentée, y compris l'Incarnation et la Passion du Christ. C'est la miséricorde que Jésus offre à chacun, c'est notre parcours individuel de conversion, et c'est notre vie dans la foi. Ca va aussi nous parler de l'Eglise, de ce qui la fait vivre, de la présence de Jésus au milieu de nous, des sacrements (baptême, eucharistie, mariage, réconciliation, et je viens seulement de réaliser qu'il faudrait que je regarde si on n'apprend pas aussi quelque chose des autres), de sa mission d'évangélisation... Et puisque Gérardh participe à la discussion, je suis sûr qu'il ne lui aura pas échappé que ça nous parle un peu d'oecuménisme ;)
Tout ça en 40 versets... Plus je le lis, moins je comprend comment il est humainement possible d'écrire une page pareille. Ces 40 versets sont en train de devenir pour moi une preuve de plus l'existence de Dieu.

Je vais m'arrêter là, et m'abstenir de faire ici le travail : c'est beaucoup plus intéressant de le faire soi-même. On découvre une saveur dans les évangiles qu'on ne soupçonnait pas, et qu'on n'apprécie pas autant quand on lit le travail déjà tout mâché (quand quelqu'un a mâché avant vous, ça a plus autant de goût...). Et puis je n'ai pas la prétention, ni même la qualification, de dire ce qu'il faut lire dans ce texte. C'est l'Esprit qui guide chacun, et lui révèle ce qu'Il a à lui dire aujourd'hui.





PS : si vous trouvez que c'est dense, et qu'on a déjà passé des heures sur 3 versets et demi, dites-vous que dimanche prochain, l'aveugle-né, c'est du même calibre :D
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Re: Jésus rencontre la Samaritaine

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Mac a écrit :Et pourquoi Jésus précise que le dernier homme avec lequel se trouve la samaritaine n'est pas son mari? Qu'est-ce qui manque pour que ce soit son mari?
Je viens de penser que j'avais oublié que la loi mosaïque autorisait la répudiation. Une possibilité est donc que cette femme ne soit pas 5 fois veuve, mais qu'elle ait aussi été répudiée une ou plusieurs fois.

Je pense que si l'évangéliste ne nous en dit pas plus, c'est que cela n'est pas important. Ce qui compte, ce n'est pas l'histoire de cette femme. Mettons cela sur le compte du secret de la confession.


Pour répondre à votre question, ce qui manque, c'est qu'ils soient mariés, tout simplement. Cette femme vit avec un homme sans qu'ils soient unis par une alliance légitime.

On ne connait pas la cause de cette situation. Peut-être n'ont-ils pas envie de se marier. Peut-être est-ce une union adultère. Peut-être est autre chose encore. Ce n'est pas important.

Ce qui compte, c'est ce qui se joue entre cette femme et Jésus. Ce qui a changé dans l'attitude de la femme quand Jésus lui a dit "va chercher ton mari". Le fait que Jésus lui montre qu'il connait le secret de son coeur. Le fait que Jésus fait la lumière sur la vérité de son histoire ("il m'a dit tout ce que j'ai fait"), mais c'est une lumière qui éclaire sans pour autant juger.

Il faut vraiment s'arrêter sur ces 3 versets : il y a là un changement radical chez cette femme, qui passe d'un étonnement amusé, et même moqueur, voire railleur, à la découverte de Jésus comme prophète. Quelque chose a bougé en elle. Et je suppose que cela devrait rappeler des souvenir à tout chrétien, qui se rappelle en lisant ces lignes à quelle occasion est-ce que quelque chose à bougé en lui aussi.
Ecoutez cette femme parler. Elle était volubile, avec une certaine gouaille. Et au verset 17, cette réponse brève, claquante : "Je n'ai pas de mari". En latin, Νon habeo virum. En grec, οὐκ ἐκω ἀνδρα. 3 mots.
Est-ce une réponse sèche, cinglante ? Est-ce une réponse honteuse, le rouge aux joues ? Difficile à dire. Mais quoi qu'il en soit, il faut entendre la douceur de Jésus juste après, quand il dit la vérité, sans juger, simplement.

Il y en a qui se sont convertis parce qu'ils ont été guéris. Qu'est-ce donc que Jésus a guéri chez cette femme ?


Mac, quand vous avez rencontré Jésus, vous creviez de faim et de soif, n'est-ce pas ? Ca devrait vous prendre aux tripes, ces quelques lignes...
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Re: Jésus rencontre la Samaritaine

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Peccator a écrit :Je vais m'arrêter là, et m'abstenir de faire ici le travail : c'est beaucoup plus intéressant de le faire soi-même. On découvre une saveur dans les évangiles qu'on ne soupçonnait pas, et qu'on n'apprécie pas autant quand on lit le travail déjà tout mâché (quand quelqu'un a mâché avant vous, ça a plus autant de goût...). Et puis je n'ai pas la prétention, ni même la qualification, de dire ce qu'il faut lire dans ce texte. C'est l'Esprit qui guide chacun, et lui révèle ce qu'Il a à lui dire aujourd'hui.
Merci Peccator pour ce travail mâché ! ;)

C'est certainement plus intéressant de le faire soi-même mais faut-il encore en avoir les capacités ?

Quoiqu'il en soit une méditation guidée est toujours très intéressante et permet d'avoir une trame pour pouvoir faire un approfondissement...
L'amitié nous fait partager de grands moments de bonheur, mais aussi d'immenses peines. L'important est de partager, de s'écouter, de se soutenir.
Abbé Pierre
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Re: Jésus rencontre la Samaritaine

Message non lu par Peccator »

astre a écrit :Merci Peccator pour ce travail mâché ! ;)
Oula, mais là je n'ai rien mâché, je n'ai fait que dresser la table. Et encore, je me suis arrêté à 3 versets et demi !
Et puis j'ai pas mal chargé la table, attention à l'indigestion.

Tout le travail est à faire : en gros, lire la moitié de la Genèse, quelques pages de l'Exode, des Nombres, le 2nd livre des Rois, le parallèle dans les Chroniques pour les motivés, Esdras pour les très motivés, Osée, fouiller dans Jérémie, jeter un oeil aux proverbes, lire les épîtres de Jean, l'épître aux Hébreux... Oh, et il ne faudrait pas oublier les Psaumes, il serait quand même étonnant qu'on n'y trouve rien.
En connaissant bien sa Bible et en ayant de bons outils de recherche, il y a déjà plusieurs heures de travail !

Et une fois tout cela fini, ça vaudra probablement le coup de relire l'épître aux Romains, la 2e aux Corinthiens (chap 4 à 6), celle aux Galates (3 à 5), les épîtres de captivité (Colossiens, Ephésiens, Philippiens), parce qu'on risque bien soit d'y trouver un éclairage complémentaire, soit surtout de les lire autrement...

C'est certainement plus intéressant de le faire soi-même mais faut-il encore en avoir les capacités ?
Mais non, justement : chacun fait en fonction de là où il en est. Il y a 1 an, jamais je n'aurais pu faire ça. Et pourtant, je méditais les évangiles, et l'Esprit m'apprenait ce qu'il était bon que j'apprenne à ce stade de mon parcours.

Ce que j'ai tenté de faire aujourd'hui, c'est de soulever un coin du voile, pour montrer toute la richesse qu'aujourd'hui je perçois dans ces pages d'évangile. Pour que cela incite à aller plus loin, à creuser davantage, à ne pas s'arrêter à la première interprétation qu'on trouve et qui a l'air satisfaisante.
A aller se nourrir aussi de l'Ancien Testament (et pour ça, le plus simple est de partir des notes dans sa Bible, qui donnent quand même les principaux repères). Et petit à petit, avancer, à son rythme. En fonction de ce qu'on vit au quotidien, aussi.

Et si j'allais montrer ça à un spécialiste en Ecritures Saintes, il me dirait probablement (enfin, j'espère !) que c'est un bon début, que pour un débutant c'est pas trop mal. Mais ce n'est que du travail de débutant.


Comme je l'ai dit, j'ai pas mal chargé à la table : à chacun de manger à sa faim.
Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux. Mc 14, 36
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Re: Jésus rencontre la Samaritaine

Message non lu par etienne lorant »

Quant à moi, la première fois que j'ai plongé dans cet épisode, ce qui m'a "éveillé" le plus ce sont les mots qu'emploient Jésus pour s'adresser à ses disciples, tout à la fin:

Pendant ce temps, les disciples l'appelaient : « Rabbi, viens manger. »
Mais il répondit : « Pour moi, j'ai de quoi manger : c'est une nourriture que vous ne connaissez pas. »
Les disciples se demandaient : « Quelqu'un lui aurait-il apporté à manger ? »
Jésus leur dit : « Ma nourriture, c'est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé et d'accomplir son œuvre
.


Et comme il est écrit encore: «L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »


:oui:
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Jésus rencontre la Samaritaine

Message non lu par Mac »

Peccator a écrit :Il est midi, la 6e heure. Là encore, si Jean prend le soin de nous le préciser, ce n'est pas pour faire "couleur locale". Il faut donc aller chercher ce qui se passe à midi dans la Bible.
Jean Chapitre 4
6Or, là était le puits de Jacob. Jésus fatigué de la route, s'assit tout simplement au bord du puits: il était environ la sixième heure.
Jean Chapitre 19
14C'était la Préparation de la Pâque, et environ la sixième heure. Pilate dit aux Juifs: "Voici votre roi."

Pour la sixième heure voilà ce que l'on peut lire en Saint Jean.

Fraternellement.
Mac
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Re: Jésus rencontre la Samaritaine

Message non lu par Mac »

Peccator a écrit :Pour répondre à votre question, ce qui manque, c'est qu'ils soient mariés, tout simplement. Cette femme vit avec un homme sans qu'ils soient unis par une alliance légitime.

On ne connait pas la cause de cette situation. Peut-être n'ont-ils pas envie de se marier. Peut-être est-ce une union adultère. Peut-être est autre chose encore. Ce n'est pas important.
Merci.

Matthieu Chapitre 5
31Il a été dit aussi : Si quelqu'un répudie sa femme, qu'il lui donne un acte de répudiation.

Pour répudier il y avait un acte de répudiation.
Et la question que je me pose c'est pour être marié à cette époque est-ce qu'il y avait un acte?
Parce que vous dites que la samaritaine n'est pas marié, le texte de l'évangile le dit donc je ne suis pas plus avancé, ou encore qu'il n'y a pas d'alliance, mais concrètement qu'est-ce qui permet à Jésus de dire que l'homme avec lequel la samaritaine vit n'est pas son mari.

Fraternellement. :coeur:
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Re: Jésus rencontre la Samaritaine

Message non lu par Peccator »

Mac a écrit :Et la question que je me pose c'est pour être marié à cette époque est-ce qu'il y avait un acte?
Je n'en ai aucune idée ! Maintenant que vous le demandez, je suis étonné de ne m'être jamais posé la question :D

Parce que vous dites que la samaritaine n'est pas marié, le texte de l'évangile le dit donc je ne suis pas plus avancé, ou encore qu'il n'y a pas d'alliance, mais concrètement qu'est-ce qui permet à Jésus de dire que l'homme avec lequel la samaritaine vit n'est pas son mari.
C'est bien là toute la question ;)
Notez bien que Jésus n'a pas demandé ses papiers à cette femme, et que l'issue de cet échange, c'est qu'elle voit en Jésus un prophète...
Par cette affirmation, il y a bien quelque chose qui nous est révélé à propos de qui est Jésus.
Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux. Mc 14, 36
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