Se scandaliser pour les millions de morts de la première guerre mondiale a peu de sens si l’on ne se scandalise pas également pour les morts des nombreuses petites guerres d’aujourd’hui. Et ce sont des guerres qui font mourir de faim de très nombreux enfants dans les camps de réfugiés, alors que les marchands d’armes font la fête. C'est un appel à ne pas rester indifférents face aux conflits qui continuent à ensanglanter la planète que le Pape a lancé lors de la Messe célébrée le mardi 25 février dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe.
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Il s’est inspiré des deux lectures de la liturgie, tirées de la lettre de Jacques (4, 1-10) et de l’Evangile de Marc (9,30-37). Ce sont des paroles qui «font réfléchir» en raison de leur actualité. En effet, a fait remarquer le Pape, «chaque jour, dans les journaux, nous trouvons des guerres». Et nous lisons que «à cet endroit ils se sont séparés en deux» et qu’il y a eu «cinq morts», dans un autre lieu il y a eu des victimes et ainsi de suite. Au point que, désormais, «les morts semblent faire partie d’une comptabilité quotidienne».
A présent, «il semble que l’esprit de la guerre se soit emparé de nous». Ainsi «l’on fait des cérémonies pour commémorer le centenaire de cette grande guerre», avec «tant de millions de morts», et nous sommes «tous scandalisés»; pourtant, aujourd’hui aussi, a lieu «la même chose: au lieu d’une grande guerre» il y a «des petites guerres partout». Il y a des «peuples divisés» qui «pour conserver leur propres intérêts s’assassinent, se tuent entre eux».
«D’où viennent les guerres, les disputes qui ont lieu parmi vous? Ne viennent-elles peut-être pas de vos passions qui deviennent des guerres?» se demande Jacques. Oui, a répondu le Pape, la guerre naît «à l’intérieur». Car «les guerres, la haine, l’inimitié ne s’achètent pas au marché. Elle sont ici, dans le cœur». Et il a rappelé que «quand, enfants, au catéchisme on nous expliquait l’histoire de Caïn et Abel, nous étions tous scandalisés: celui-ci a tué son frère, on ne peut pas le comprendre!». Pourtant «aujourd’hui des millions de personnes se tuent entre frères, entre elles. Mais nous sommes habitués!». Ainsi, «la grande guerre de 1914 nous scandalise» alors que «cette grande guerre un peu partout, un peu — je le dis — cachée ne nous scandalise pas». Et entre temps «de nombreuses personnes meurent pour un bout de terre, pour une ambition, pour de la haine, pour une jalousie raciale. Tant de personnes meurent!».
«La passion — a encore dit le Pape — nous conduit à la guerre, à l’esprit du monde». Ainsi, «habituellement, face à un conflit, nous nous trouvons dans une situation curieuse», qui nous pousse à «aller de l’avant pour le résoudre en nous disputant, avec un langage de guerre». En revanche, devrait prévaloir «le langage de paix». Et quelles sont les conséquences? La réponse du Pape a été nette: «Pensez aux enfants affamés dans les camps de réfugiés: pensez seulement à cela! C’est le fruit de la guerre!». Mais sa réflexion est allée au-delà. Et il a ajouté: «Et si vous voulez, pensez aux grands salons, aux fêtes que font les patrons des industries d’armement, qui fabriquent les armes». Les conséquences de la guerre sont donc, d’une part, «l’enfant malade, affamé dans un camp de réfugiés» et, de l’autre, «les grandes fêtes» et la belle vie que font les fabricants d’armes.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Première lettre de saint Pierre Apôtre 1,3-9. Béni soit Dieu, le Père de Jésus Christ notre Seigneur : dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître grâce à la résurrection de Jésus Christ pour une vivante espérance, pour l'héritage qui ne connaîtra ni destruction, ni souillure, ni vieillissement. Cet héritage vous est réservé dans les cieux, à vous que la puissance de Dieu garde par la foi, en vue du salut qui est prêt à se manifester à la fin des temps. Vous en tressaillez de joie, même s'il faut que vous soyez attristés, pour un peu de temps encore, par toutes sortes d'épreuves ; elles vérifieront la qualité de votre foi qui est bien plus précieuse que l'or (cet or voué pourtant à disparaître, qu'on vérifie par le feu). Tout cela doit donner à Dieu louange, gloire et honneur quand se révélera Jésus Christ, lui que vous aimez sans l'avoir vu, en qui vous croyez sans le voir encore ; et vous tressaillez d'une joie inexprimable qui vous transfigure, car vous allez obtenir votre salut qui est l'aboutissement de votre foi.
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10,17-27. Jésus se mettait en route quand un homme accourut vers lui, se mit à genoux et lui demanda : « Bon maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
Jésus lui dit : « Pourquoi m'appelles-tu bon ? Personne n'est bon, sinon Dieu seul.
Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d'adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère. »
L'homme répondit : « Maître, j'ai observé tous ces commandements depuis ma jeunesse. »
Posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l'aimer. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis-moi. »
Mais lui, à ces mots, devint sombre et s'en alla tout triste, car il avait de grands biens.
Alors Jésus regarde tout autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d'entrer dans le royaume de Dieu ! »
Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Mais Jésus reprend : « Mes enfants, comme il est difficile d'entrer dans le royaume de Dieu. Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. » De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? »
Jésus les regarde et répond : « Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. »
Cy Aelf, Paris
Le chameau était en Israël l'animal le plus imposant que les juifs pouvaient croiser couramment. Même si l'on tient compte de ce détail, cette parole de Jésus demeure parmi les plus connues. Elle indique une impossibilité fondamentale: un riche ne sait pas entrer dans le royaume de Dieu. Et seul un pauvre le peut. Encore faut-il bien comprendre qu'un riche peut se cacher sous la peau d'un clochard qui dort sous un pont, mais continue de se considérer lui-même comme le centre du monde.
Il n'est possible d'entrer dans le Royaume qu'en abandonnant derrière soit tout ce que l'on fût, toute la bonne (et même la mauvaise) considération de nous-mêmes, afin d'adopter le regard de Dieu sur nous. Si nous franchissons ce pas, alors, que l'on soit riche ou pauvre d'argent, nous serons et demeurerons un pauvre sous le regard de Dieu et nous connaîtrons combien grande est sa miséricorde.
Je me souviens du dépit de lui-même qu'éprouva saint François lorsqu'il croisa le chemin de ses anciens amis, tous fils de grand bourgeois d'Assise. Car, devant eux, il n'osa pas demander l'aumône et dire: "pour les pauvres" et il s'enfuit. Cet incident lui prouva qu'en dépit de son changement de vie radical, il gardait encore en lui quelque chose de "l'homme ancien" - mais il redoubla d'efforts.
Cette épreuve est pour chacun de nous aussi. Cette épreuve et d'autres épreuves encore, comme les décrit l'épître de Pierre, sont destinées à nous transfigurer à l'image du "Fils de l'homme", qui est aussi Fils de Dieu. J'ai beaucoup songé au "carême de partage" de cette année, car dès ce mercredi, nous entrons dans le carême.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Première lettre de saint Pierre Apôtre 1,10-16. Frères, les prophètes ont réfléchi et médité sur le salut, et ils ont annoncé la grâce que vous deviez recevoir. Ils cherchaient à savoir de quels temps et de quelles circonstances voulait parler l'Esprit du Christ présent en eux, quand il prédisait les souffrances du Messie et la gloire qui suivrait sa Passion.
Dieu leur révéla que l'accomplissement de leurs prophéties n'était pas pour leur temps, mais pour le vôtre. Et maintenant, cet accomplissement vous a été proclamé par ceux qui vous ont apporté l'Évangile sous l'action de l'Esprit Saint envoyé du ciel, alors que les anges eux-mêmes voudraient bien pouvoir scruter ce message.
Préparez donc votre esprit pour l'action, restez sobres, mettez toute votre espérance dans la grâce que vous devez recevoir lorsque Jésus Christ se révélera.
Soyez comme des enfants obéissants, cessez de modeler vos désirs sur ceux que vous aviez autrefois, quand vous étiez dans l'ignorance. Mais, à l'image du Dieu saint qui vous a appelés, soyez saints, vous aussi, dans toute votre conduite,
puisque l'Écriture dit : Soyez saints, car moi, je suis saint.
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10,28-31. Pierre se mit à dire à Jésus : « Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre. »
Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : personne n'aura quitté, à cause de moi et de l'Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre, sans qu'il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle.
Beaucoup de premiers seront derniers, et les derniers seront les premiers. »
Cy Aelf, Paris
Comme le révèle ici saint Pierre, les anges voudraient bien pouvoir le scruter le dessein de Dieu sur l'homme. Cependant, ce dessein, ce sont des hommes eux-mêmes qui l'ont révélé sous l'action de l'Esprit Saint. Et ceci surprend , car les anges étant immatériels, les hommes ont tendance à les considérer comme leur étant supérieurs. Pourquoi ? A cause de la condition humaine, bien sûr, à cause de la maladie, des souffrances et de la mort.
Mais, voilà : Dieu s'est fait homme en Jésus-Christ ! Et cela, quel homme ou quel ange auraient pu le concevoir ? Comme il est pénible, pour l'intelligence humaine livrée à elle-même (c'est-à-dire: sans le secours de la grâce), de se représenter la divinité s'abaissant à devenir chair et chair souffrante jusqu'à la croix ?
Aussi n'est-il guère étonnant - de mon point de vue aussi, et du point de vue de beaucoup de convertis - qu'une multitude d'hommes ont inventé des divinités selon leur compréhension limitée de l'univers. Les idéologies d'aujourd'hui sont, elles aussi, des représentations incrédules de la destinée de l'homme. En cette veille du mercredi des cendres, n'est-il pas juste de nous souvenir de quel "bouillon" de pensées et de sentiments multiples mais contraires, nous avons été délivrés par la foi ?
Mais à présent, il nous faut devenir saint comme Dieu est saint. Il nous faut accepter vivement de nous dépouiller du vieil homme pour revêtir le Christ. Heureux sommes-nous déjà pour tout ce que nous avons laissé derrière nous en devenant croyants. C'est la vie éternelle à laquelle nous sommes appelés ! Ne sommes-nous pas des élus du Seigneur ? Dès lors, nous avons été rendu capables de supporter déboires, souffrances, rejets, contradictions et persécutions, à la suite du Seigneur que nous vénérons.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
La Croix est toujours sur le chemin chrétien”. Telle est l’une des phrases fortes de l’homélie du Pape François ce mardi matin à la Maison Sainte Marthe. Une homélie centrée sur les persécutions des chrétiens dans le monde, à la lumière de l'Evangile de ce mardi, tiré de Saint Marc. Le Pape a rappelé que les martyrs au nom de leur foi sont plus nombreux qu’aux premiers temps de l’Eglise.
La persécution est le chemin emprunté par le Christ
Pierre pense peut-être que suivre le Christ est une « belle activité commerciale » a souligné le Pape, quand il parle de « centuple », mais Jésus ajoute que ceux qui ont tout laissé ont reçu beaucoup, y compris les persécutions. « Cette persécution est le gain du chrétien, le chemin de celui qui veut marcher à la suite de Jésus. Ce chemin, c’est Lui qui l’a parcouru, c’est lui qui a été persécuté ! C’est le chemin de l’abaissement.»
Le Saint-Père a poursuivi en citant les Béatitudes : « Heureux êtes-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on vous calomnie de toutes manières à cause de moi. » Ces persécutions sont au cœur de la vie des disciples, elles ont commencé très vite après leur prédication, une fois l’Esprit Saint reçu a t-il rappelé. Et nous même dans nos vies de chrétiens nous aurons la persécution.
Les martyrs d'aujourd'hui
Cette persécution, le Pape en a ensuite rappelé la réalité: les diffamations, les arrestations, la mise en prison, la mort. « Nous oublions facilement, mais pensons à tous les chrétiens il y a 60 ans, dans les camps nazis et communistes : ils étaient si nombreux ! Enfermés car ils étaient chrétiens ! » Et le souverain pontife de mettre en garde contre l’oubli : « Cela existe encore et je peux vous dire qu’ il y a plus de martyrs aujourd’hui que dans les premiers temps de l’Eglise ! »
Le Pape a ainsi fait référence à tous ces chrétiens qui sont condamnés pour le simple fait de posséder une bible, ou qui ne peuvent pas faire un signe de croix. Ce chemin de persécution est ce qui arrive quand nous suivons Jésus a t-il répété. « Pensons à tant de frères et sœurs qui ne peuvent pas prier ensemble, parce qu’ils sont persécutés, parce qu’ils ne peuvent avoir le livre de l’Evangile ou bien une bible a conclu François, pensons aussi à ceux pour qui il est interdit d’aller à la messe. Demandons-nous enfin si nous sommes disposés à porter la Croix comme Jésus, à porter les persécutions pour témoigner de Jésus, comme le font tous ces frères et sœurs humiliés. Penser à cela nous fera du bien à tous »
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Livre de Joël 2,12-18. Parole du Seigneur : « Revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil ! »
Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d'amour, renonçant au châtiment.
Qui sait ? Il pourrait revenir, il pourrait renoncer au châtiment, et vous combler de ses bienfaits : ainsi vous pourrez offrir un sacrifice au Seigneur votre Dieu.
Sonnez de la trompette dans Jérusalem : prescrivez un jeûne sacré, annoncez une solennité,
réunissez le peuple, tenez une assemblée sainte, rassemblez les anciens, réunissez petits enfants et nourrissons ! Que le jeune époux sorte de sa maison, que la jeune mariée quitte sa chambre !
Entre le portail et l'autel, les prêtres, ministres du Seigneur, iront pleurer et diront : « Pitié, Seigneur, pour ton peuple, n'expose pas ceux qui t'appartiennent à l'insulte et aux moqueries des païens ! Faudra-t-il qu'on dise :
'Où donc est leur Dieu ? ' »
Et le Seigneur s'est ému en faveur de son pays, il a eu pitié de son peuple.
Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 5,20-21.6,1-2. Frères, nous sommes les ambassadeurs du Christ et par nous, c'est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu.
Celui qui n'a pas connu le péché, Dieu l'a pour nous identifié au péché des hommes, afin que, grâce à lui, nous soyons identifiés à la justice de Dieu.
Et puisque nous travaillons avec lui, nous vous invitons encore à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de Dieu.
Car il dit dans l'Écriture : Au moment favorable je t'ai exaucé, au jour du salut je suis venu à ton secours. Or, c'est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,1-6.16-18. Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d'agir devant les hommes pour vous faire remarquer. Autrement, il n'y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.
Ainsi, quand tu fais l'aumône, ne fais pas sonner de la trompette devant toi, comme ceux qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ignore ce que donne ta main droite,
afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.
Et quand vous priez, ne soyez pas comme ceux qui se donnent en spectacle : quand ils font leurs prières, ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et les carrefours pour bien se montrer aux hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.
Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme ceux qui se donnent en spectacle : ils se composent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu'ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ;
ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.
Cy Aelf, Paris
Ce qui marque la différence, dans la pratique du jeûne, entre l'ancienne et la nouvelle alliance, c'est que les pratiques de jeûne, de l'aumône et de la prière ne doivent plus être publiques et visibles de tous. Tout au contraire, c'est le secret des pratiques qui permet de rétablir au mieux la relation avec Dieu. Et j'ai ressenti cela très profondément: tout ce qui se déroule à l'extérieur, au vu et au su de tous, c'est très souvent le "paravent" du réel. Il suffit de songer à toutes les images qu'on nous envoie via l'écran de télévision ou celui de l'ordinateur pour réaliser que cette civilisation de l'image est souvent factice et trompeuse. Car lorsque les membres des gouvernements se réunissent pour décider de l'avenir d'un pays, ils le font le plus souvent dans des endroits d'où aucune image ni le moindre commentaire ne filtreront.
Le carême nous invite donc à retrouver une relation intime avec Dieu, qui peut se vivre de multiples façons. Cette plongée dans l'intimité et le secret, c'est en réalité le retour à la vraie démarche de foi. C'est vivre de nouveau, non de ce dont nous nous croyons capables, mais de ce qui nous est donné par Dieu. De la sorte, je prie aujourd'hui de retrouver durant mon carême ce mouvement intérieur qui se produisait à tout moment pendant les trois années qui ont suivi la conversion: tout ce que je pouvais accomplir de bon s'était déjà réalisé dans mon coeur. Et la Joie se nourrissait d'elle-même ainsi. Comme le disait Jésus aux disciples: "J'ai une nourriture que vous ne connaissez pas. Ma nourriture, c'est la volonté de mon Père".
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Livre du Deutéronome 30,15-20. Moïse disait au peuple d'Israël : " Je te propose aujourd'hui de choisir ou bien la vie et le bonheur, ou bien la mort et le malheur. Écoute les commandements que je te donne aujourd'hui : aimer le Seigneur ton Dieu, marcher dans ses chemins, garder ses ordres, ses commandements et ses décrets. Alors, tu vivras et te multiplieras ; le Seigneur ton Dieu te bénira dans le pays dont tu vas prendre possession.
Mais si tu détournes ton cœur, si tu n'obéis pas, si tu te laisses entraîner à te prosterner devant d'autres dieux et à les servir, je te le déclare aujourd'hui : certainement vous périrez, vous ne vivrez pas de longs jours sur la terre dont vous allez prendre possession quand vous aurez traversé le Jourdain.
Je prends aujourd'hui à témoin contre toi le ciel et la terre : je te propose de choisir entre la vie et la mort, entre la bénédiction et la malédiction. Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance, en aimant le Seigneur ton Dieu, en écoutant sa voix, en vous attachant à lui ; c'est là que se trouve la vie, une longue vie sur la terre que le Seigneur a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9,22-25. Jésus disait à ses disciples : " Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les chefs de prêtres et les scribes, qu'il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. "
Il leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix chaque jour, et qu'il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera.
Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c'est en se perdant lui-même et en le payant de sa propre existence ?
Cy Aelf, Paris
La terre promise à la descendance d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, les juifs sont sur le point d'en commencer la conquête par la traversée du Jourdain; et le prophète rappelle donc au peuple qu'il doit vivre selon les préceptes de l'élection divine : il doit obéir aux commandements de Dieu et à ses décrets, s'abstenir d'adorer d'autres dieux, sous peine d'avoir une vie courte et misérable.
Jésus tient un tout autre langage. Un langage étonnamment moderne (du moins pour son auditoire) puisque la croix est un supplice romain. Mourir sur une croix, c'est une infamie, ce ne peut être que l'indice clair d'une malédiction divine ! Mais Jésus va plus loin encore - et lorsqu'il parle de prendre sa croix chaque jour, de quoi est-il question ? Car à l'évidence, on ne peut bien sûr être crucifié qu'une seule fois et l'on ne peut donc porter sa croix que le jour de sa mort !
En sorte que cette parole de Jésus s'adresse d'emblée à toutes les générations qui viendront après Lui et qui se reconnaîtront en Lui. Prendre sa croix chaque jour, oui, c'est clair et c'est même lumineux pour tous les hommes et toutes les femmes qui se reconnaîtront dans la peine qui est intimement associée à la vie.
S'il n'y avait que la seule conscience de notre nature mortelle, c'est déjà la croix qu'il faut porter. Mais il y a aussi le deuil - la disparition de ceux que nous aimons; il y a la maladie; il y a l'échec rencontré dans nos projets; la faillite de certaines ambitions; il y a la solitude, les sanctions injustes, la perte de revenus, les moqueries, les insultes, l'isolement, le rejet, l'incompréhension, etc.
Eh bien, nous dit Jésus, prenez tout cela à dos, faites-en donc une seule et même croix, et marchez derrière moi.
Au fil des ans, c'est devenu tellement clair pour moi que je ne conçois plus une seule journée sans avoir accepté par avance une contrariété à supporter ni sans avoir décidé que ce jour est pour la lutte : le repos, c'est la nuit, mais le jour, c'est la peine acceptée, la peine que l'Eucharistie transforme en effort conscient tourné vers le Bien.
Heureux sommes-nous si, aujourd'hui même, nous avons une croix à porter ! Mais malheureux, et nous les connaissons, tous ceux et toutes celles qui prêtent l'oreille aux murmures de ce monde, qui en deviennent les esclaves, tout en proclamant qu'ils sont libres ! La liberté de l'homme, c'est de suivre le Seigneur en acceptant sa croix.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Livre d'Isaïe 58,1-9a. Parole du Seigneur : Crie à pleine gorge ! Ne te retiens pas ! Que ta voix résonne comme le cor ! Dénonce à mon peuple ses fautes, à la maison de Jacob ses péchés.
Ils viennent me consulter jour après jour, ils veulent connaître mes chemins. Comme une nation qui pratiquerait la justice et n'abandonnerait pas la loi de son Dieu, ils me demandent de leur faire justice, ils voudraient que Dieu se rapproche.
« Pourquoi jeûner si tu ne le vois pas ? pourquoi nous mortifier si tu l'ignores ? » Oui, mais le jour où vous jeûnez, vous savez bien trouver votre intérêt, et vous traitez durement ceux qui peinent pour vous.
Votre jeûne se passe en disputes et querelles, en coups de poings sauvages. Ce n'est pas en jeûnant comme vous le faites aujourd'hui que vous ferez entendre là-haut votre voix.
Est-ce là le jeûne qui me plaît ? Est-ce là votre jour de pénitence ? Courber la tête comme un roseau, coucher sur le sac et la cendre, appelles-tu cela un jeûne, un jour bien accueilli par le Seigneur ?
Quel est donc le jeûne qui me plaît ? N'est-ce pas faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ?
N'est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, recueillir chez toi le malheureux sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable ?
Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, et tes forces reviendront rapidement. Ta justice marchera devant toi, et la gloire du Seigneur t'accompagnera.
Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. »
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,14-15. Les disciples de Jean Baptiste s'approchent de Jésus en disant : « Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas, alors que nous et les pharisiens nous jeûnons ? »
Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc faire pénitence pendant le temps où l'Époux est avec eux ? Mais un temps viendra où l'Époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront.
Cy Aelf, Paris
Le jeûne excellent, le jeûne qui plaît au Seigneur n'est pas de ceux qui peuvent se voir de l'extérieur. Mais il dépend de notre relation à Dieu et à autrui. C'est cela qui est mis en valeur par le choix des textes aujourd'hui. "Tes disciples ne jeûnent pas, disent à Jésus les disciples de Jean - qui, pour l'occasion, se sont étrangement rapprochés des pharisiens. Mais qu'en savent-ils ?
Il ne connaissent que leur pratique, héritée de leurs ancêtres. On peut bien jeûner, on peut bien se priver, mais on sait où demeure son intérêt ! Certes, on jeûne, mais on continue de priver du nécessaire ceux qui sont dans le besoin. On se sert du jeûne et de la pénitence pour se justifier soi-même à ses propres yeux - et l'on s'imagine que Dieu approuve un tel jeûne ?
Qu'il n'en soit pas ainsi pour nous. Au cours de ce carême, puissent nos renoncements demeurer "dans le secret" tandis que nous manifesterons aux autres, à tous les autres, bienveillance, sincère sollicitude et aussi quelques secours bien concrets. Si nous recherchons la justification, pratiquons la miséricorde envers l'autre, et Dieu à son tour nous fera miséricorde et nous pardonnera nos fautes.
La chapelle où j'ai reçu les cendres mercredi était comble. Combien de fidèles ? Près d'une trentaine. Mais nous n'étions plus que huit ce vendredi matin. Il est vrai qu'il faut se lever tôt, mais il est vrai aussi que c'est congé de carnaval... ne soyons donc pas divisés en nous-mêmes sous le regard de Jésus qui voit tout...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Livre d'Isaïe 58,9b-14. Si tu fais disparaître de ton pays le joug, le geste de menace, la parole malfaisante, si tu donnes de bon cœur à celui qui a faim, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera comme la lumière de midi.
Le Seigneur sera toujours ton guide. En plein désert, il te comblera et te rendra vigueur. Tu seras comme un jardin bien irrigué, comme une source où les eaux ne manquent jamais.
Tu rebâtiras les ruines anciennes, tu restaureras les fondations séculaires. On t'appellera : « Celui qui répare les brèches », « Celui qui remet en service les routes ». Si tu t'abstiens de voyager le jour du sabbat, de traiter tes affaires pendant le jour qui m'est consacré, si tu appelles le sabbat : « mes délices », et : « ma vénération » le jour du Seigneur, si tu le vénères, en évitant démarches, affaires et pourparlers, alors tu trouveras tes délices dans le Seigneur ; je ferai passer ton char sur les hauteurs du pays, je te donnerai pour vivre l'héritage de Jacob ton père. Oui, la bouche du Seigneur a parlé.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 5,27-32. Jésus remarqua un publicain (collecteur d'impôts) du nom de Lévi assis à son bureau de publicain. Il lui dit : " Suis-moi." Abandonnant tout, l'homme se leva et se mit à le suivre. Lévi lui offrit un grand festin dans sa maison ; il y avait une grande foule de publicains et d'autres gens attablés avec eux.
Les pharisiens et les scribes de leur parti récriminaient en disant à ses disciples : « Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus leur répondit : « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs, pour qu'ils se convertissent. »
Cy Aelf, Paris
Le prophète Isaïe, tout en demeurant un des messagers de Dieu de l'ancienne alliance, manifeste que la charité et la miséricorde pratiquées sont le couronnement de la Loi donnée au peuple par Moïse. C'est en cela qu'il est le digne prophète de la nouvelle alliance, celle que Jésus vient accomplir en ouvrant le dessein d'amour de Dieu à tous les hommes sans exception.
C'est bien la raison pour laquelle Jésus s'adresse d'emblée non pas à ceux qui sont persuadés d'être des justes par leurs pratiques, mais plutôt à ceux qui se croient rejetés du dessein de Dieu à cause de leur mode de vie. Aujourd'hui, nous reconnaissons que tout être humain est pécheur, mais du temps de Jésus, au sein même du "peuple élu", existaient des catégories de personnes qui, du fait de leur mode de vie, étaient des "pécheurs publics": des hommes et des femmes dont il fallait se tenir à l'écart. Aucun bon juif ne pouvait les fréquenter sans se souiller lui-même. Voleurs, juifs hérétiques, étrangers, prostituées, collaborateurs de l'occupant romain, etc.
Jésus va tout droit vers eux. Ici, il choisit Lévi, le collecteur d'impôt qui deviendra l'évangéliste Matthieu. Et il ne se contente pas de le choisir comme disciple, mais il participe au festin improvisé par celui-ci à l'occasion de son changement de vie.
En redécouvrant ce texte, ce matin, j'ai songé à la joie qui est la mienne, pas seulement à chaque eucharistie, mais aussi après le sacrement de réconciliation. La joie éprouvée par Matthieu, je la connais aussi. Cette image du festin improvisé par Matthieu, elle me plait vraiment beaucoup. C'est un temps de réjouissance auquel Dieu participe, car Dieu est le premier à se réjouir de la conversion des pécheurs. En effet, "il y aura plus de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion."
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Livre de la Genèse 2,7-9.3,1-7. Au temps où le Seigneur Dieu fit le ciel et la terre, il modela l’homme avec la poussière tirée du sol ; il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant.
Le Seigneur Dieu planta un jardin en Éden, à l'orient, et y plaça l'homme qu'il avait modelé.
Le Seigneur Dieu fit pousser du sol toute sorte d'arbres à l'aspect attirant et aux fruits savoureux ; il y avait aussi l'arbre de vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal.
Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que le Seigneur Dieu avait fait. Il dit à la femme : « Alors, Dieu vous a dit : ‘Vous ne mangerez le fruit d’aucun arbre du jardin’ »
La femme répondit au serpent : « Nous mangeons les fruits des arbres du jardin. Mais, pour celui qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : 'Vous n'en mangerez pas, vous n'y toucherez pas, sinon vous mourrez. ' »
Le serpent dit à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas !
Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. » La femme s'aperçut que le fruit de l'arbre devait être savoureux, qu'il avait un aspect agréable et qu'il était désirable, puisqu'il donnait l'intelligence. Elle prit de ce fruit, et en mangea. Elle en donna aussi à son mari, et il en mangea.
Alors leurs yeux à tous deux s'ouvrirent et ils connurent qu'ils étaient nus. Ils attachèrent les unes aux autres des feuilles de figuier, et ils s'en firent des pagnes.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 5,12-19. Frères, par un seul homme, Adam, le péché est entré dans le monde, et par le péché est venue la mort ; et ainsi, la mort est passée en tous les hommes, du fait que tous ont péché.
Avant la loi de Moïse, le péché était déjà dans le monde. Certes, on dit que le péché ne peut être sanctionné quand il n'y a as de loi; mais pourtant, depuis Adam jusqu'à Moïse, la mort a régné, même sur ceux qui n'avaient pas péché par désobéissance à la manière d'Adam. Or, Adam préfigurait celui qui devait venir.
Mais le don gratuit de Dieu et la faute n'ont pas la même mesure. En effet, si la mort a frappé la multitude des hommes par la faute d'un seul, combien plus la grâce de Dieu a-t-elle comblé la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ.
Le don de Dieu et les conséquences du péché d'un seul n'ont pas la même mesure non plus : d'une part, en effet, pour la faute d'un seul, le jugement a conduit à la condamnation ; d'autre part, pour une multitude de fautes, le don gratuit de Dieu conduit à la justification.
En effet, si, à cause d'un seul homme, par la faute d'un seul homme, la mort a régné, combien plus, à cause de Jésus Christ et de lui seul, régneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent en plénitude le don de la grâce qui les rend justes.
Bref, de même que la faute commise par un seul a conduit tous les hommes à la condamnation, de même l'accomplissement de la justice par un seul a conduit tous les hommes à la justification qui donne la vie. En effet, de même que tous sont devenus pécheurs parce qu'un seul homme a désobéi, de même tous deviendront justes parce qu'un seul homme a obéi.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 4,1-11. Jésus, après son baptême, fut conduit au désert par l'Esprit pour être tenté par le démon.
Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Le tentateur s'approcha et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » Mais Jésus répondit : « Il est écrit : Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »
Alors le démon l'emmène à la ville sainte, à Jérusalem, le place au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » Jésus lui déclara : « Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu. »
Le démon l'emmène encore sur une très haute montagne et lui fait voir tous les royaumes du monde avec leur gloire.
Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si tu te prosternes pour m'adorer. » Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! car il est écrit : C'est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, et c'est lui seul que tu adoreras. » Alors le démon le quitte. Voici que des anges s'approchèrent de lui, et ils le servaient.
Cy Aelf, Paris
Je crois avoir maintes fois commenté ces textes, mais ils m'apparaissent chaque fois différents. Sans doute, mon regard a-t-il changé ? En tout cas, des trois tentations, je me souviens avoir écrit que la première concerne le besoin primordial de manger et de boire - et par extension: tous les besoins liés à la nature humaine; la seconde touche aux moyens de se faire reconnaître par son prochain car si Jésus était apparu soudainement au sommet du temple de Jérusalem, personne n'eût douté de sa nature divine); quand à la troisième, celle qui me touche le plus aujourd'hui, c'est la tentation d'obtenir par fraude, tricherie et mensonge, tout ce que l'on désire.
Cette dernière tentation me paraît tout à fait actuelle - et en même temps, c'est exactement la même fit chuter Adam et Ève. Car l'homme en est revenu, comme au jardin d'Eden, a vouloir se proclamer Dieu, en décidant de lui-même ce qui est bien et ce qui est mal, ce qui aboutit rapidement à déclarer que tout est bien puisque le mal n'est, somme doute, qu'une autre forme du bien ! C'est vraiment l'abomination de notre temps, une forme de folie furieuse par laquelle tout se vaut et son contraire... Pour moi qui n'ai jamais voulu prêter l'oreille aux prophéties modernes d'apocalypse, à présent, je concède que, pour le moins, nous allons retourner rapidement à une forme de barbarie, semblable à celle que les nazis ont fait régner sur l'Europe.
Cependant, réjouissons-nous, tous et toutes, qui demeurons dans le Christ ! Comme le dit saint Paul : "si, à cause d'un seul homme, par la faute d'un seul homme, la mort a régné, combien plus, à cause de Jésus Christ et de lui seul, régneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent en plénitude le don de la grâce qui les rend justes". Certes, nous pouvons bien retourner à une de ces époques où l'on croira plaire aux peuples en massacrant des disciples de Jésus, moi je n'ai aucun doute : j'ai déjà été sauvé par la conversion et ma marche ne s'achèvera de toute façon qu'à la rencontre de mon sauveur, Jésus-Christ, mon Seigneur et mon Dieu.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Livre du Lévitique 19,1-2.11-18. [/b] Le Seigneur adressa la parole à Moïse :
« Parle à toute l'assemblée des fils d'Israël ; tu leur diras : Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint.
Vous ne volerez pas, vous ne mentirez pas, vous ne tromperez pas votre compagnon.
Vous ne ferez pas de faux serments par mon nom : tu profanerais le nom de ton Dieu. Je suis le Seigneur.
Tu n'opprimeras pas ton prochain, tu ne l'exploiteras pas : tu ne retiendras pas jusqu'au lendemain matin le salaire du journalier.
Tu n'insulteras pas un sourd, tu ne mettras pas d'obstacle sur le chemin d'un aveugle : tu craindras ton Dieu. Je suis le Seigneur.
Quand vous siégerez au tribunal, vous ne commettrez pas d'injustice ; tu n'avantageras pas le faible, tu ne favoriseras pas le puissant : tu jugeras ton compagnon avec justice.
Tu ne répandras pas de calomnies contre ton compatriote, tu ne réclameras pas la peine de mort contre ton prochain. Je suis le Seigneur.
Tu n'auras aucune pensée de haine contre ton frère. Mais tu n'hésiteras pas à réprimander ton compagnon, et ainsi tu ne partageras pas son péché.
Tu ne te vengeras pas. Tu ne garderas pas de rancune contre les fils de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis le Seigneur ! »
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25,31-46. Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres :
il placera les brebis à sa droite, et les chèvres à sa gauche.
Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : 'Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde. Car j'avais faim, et vous m'avez donné à manger ; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ; j'étais nu, et vous m'avez habillé ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi ! '
Alors les justes lui répondront : 'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu... ? tu avais donc faim, et nous t'avons nourri ? tu avais soif, et nous t'avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t'avons accueilli ? tu étais nu, et nous t'avons habillé ? tu étais malade ou en prison... Quand sommes-nous venus jusqu'à toi ? '
Et le Roi leur répondra : 'Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. '
Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : 'Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le démon et ses anges. Car j'avais faim, et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'avais soif, et vous ne m'avez pas donné à boire ;
j'étais un étranger, et vous ne m'avez pas accueilli ; j'étais nu, et vous ne m'avez pas habillé ; j'étais malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité. ' sAlors ils répondront, eux aussi : 'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu avoir faim et soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ? '
Il leur répondra : 'Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces petits, à moi non plus vous ne l'avez pas fait. '
Et ils s'en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »
Les Lévites constituaient une caste chargée du bon ordonnancement des cérémonies religieuse dans le temple. C'est à eux d'abord que Moïse adresse les commandements reçus de Dieu, ce qui nous indique que dès le commencement, la religion désirée par Dieu et exprimée dans ce passage ne peut être figée dans les rites et les pratiques. Tout ce qu'il est interdit de faire à autrui se résume en une parole que Jésus reprend : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même". Ce commandement, dira Jésus, est l'équivalent du tout premier des commandements. C'est bien ce que l'on retrouve dans le chapitre 12 de l'évangile selon saint Marc: Un scribe qui avait entendu la discussion, et remarqué que Jésus avait bien répondu, s’avança pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? » Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui. L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. » Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger.
Dans la scène du jugement dernier, cette assimilation de l'amour de Dieu dans l'amour du prochain, atteint son sommet: les rites ne sont pas retirés de la pratique religieuse, mais que l'on ne s'y trompe pas : suivant que l'on aura ou que l'on n'aura pas répondu aux besoins de son prochain dans la détresse, on sera sauvé ou maudit éternellement. Dès lors, quelle est la chose la plus urgente à acquérir dans son coeur pour la mettre en pratique, si ce n'est la charité ?
Il est tout à fait dans la logique de Dieu, selon sa justice, de trancher ainsi. Car Dieu ne veut pas être adoré ni aimé comme étant "l'être suprême" qui possède tout pouvoir et dont il faut avoir peur. Mais Il veut être tout entier reconnu dans la manifestation de sa miséricorde envers l'homme. Et donc, comment pourrait-on le mieux manifester à Dieu que nous l'aimons si nous ne nous rendons pas capables, en plus de nos rites, d'aimer et de servir le prochain - lui qui doit devenir, pour nous, comme une icône du Dieu trinitaire ? Telle est la démarche demandée et qui, à première vue, paraît difficile, car elle impose de renoncer complètement à l'égoïsme - et finalement de renoncer à soi-même.
Manifester à Dieu qu'on L'aime véritablement, c'est mettre en pratique ce qu'Il a commandé, et donc aimer même nos ennemis, même ceux qui nous font du mal. Mais ce qui nous est le plus simple, c'est d'aimer et d'assister ceux qui souffrent et sont dans le manque de tout. Comme l'enseignement de ce jour demeure d'actualité !!!
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Livre d'Isaïe 55,10-11. Ainsi parle le Seigneur : La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, pour donner la semence au semeur et le pain à celui qui mange ;
ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce que je veux, sans avoir accompli sa mission.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,7-15. Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés.
Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin avant même que vous l'ayez demandé.
Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié.
Que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Remets-nous nos dettes, comme nous les avons remises nous-mêmes à ceux qui nous devaient.
Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du Mal.
Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi.
Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, à vous non plus votre Père ne pardonnera pas vos fautes. »
Cy Aelf, Paris
Que pouvons-nous souhaiter de mieux, sur la terre et dans nos vies, que le plein accomplissement de la volonté du Père ? C'est bien à cette adhésion à la volonté de Dieu que doivent nous mener la foi et la pratique de notre foi. C'est le plus désirable des biens, quand bien même il n'apparaît jamais de manière évidente.
Ah, si nous pouvions voir au-delà de nos systèmes de compréhension et de pensée ! C'est ainsi : si nous nous étions entraînés dès l'enfance, comme ce fut le cas pour de nombreux saints, à nous abandonner à la volonté divine, nous n'éprouverions aucune difficulté ! Mais chaque événement de notre quotidien nous servirait de signe positif - et surtout les difficultés imprévues nous serviraient à progresser !
L'essentiel, pour corriger l'appréciation que nous avons de notre Père céleste, c'est l'exercice du pardon et de la patience envers autrui. C'est l'attitude de miséricorde. Puisse le Seigneur nous exercer envers autrui à la patience que lui-même nous manifeste, à tous et à chacun en particulier. Il y a, je le dis comme je l'ai découvert chez beaucoup d'auteurs, un important effort d'attention à fournir envers autrui. Car tout se passe "comme si" Dieu était absent, mais sans Dieu, rien se passerait. Tant de saints et de mystiques ont insisté sur ce défaut d'attention !
Ainsi, puissions-nous, au cours de ce carême, nous entraîner à la veille continue...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Livre de Jonas 3,1-10. La parole du Seigneur fut adressée à Jonas :
« Lève-toi, va à Ninive, la grande ville païenne, proclame le message que je te donne sur elle. »
Jonas se leva et partit pour Ninive, selon la parole du Seigneur. Or, Ninive était une ville extraordinairement grande : il fallait trois jours pour la traverser. Jonas la parcourut une journée à peine en proclamant : « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite ! » Aussitôt, les gens de Ninive crurent en Dieu. Ils annoncèrent un jeûne, et tous, du plus grand au plus petit, prirent des vêtements de deuil. La chose arriva jusqu'au roi de Ninive. Il se leva de son trône, quitta son manteau, se couvrit d'un vêtement de deuil, et s'assit sur la cendre. Puis il fit crier dans Ninive ce décret du roi et de ses grands : « Hommes et bêtes, gros et petit bétail, ne goûteront à rien, ne mangeront et ne boiront pas.
On se couvrira de vêtements de deuil, hommes et bêtes, on criera vers Dieu de toute sa force, chacun se détournera de sa conduite mauvaise et de ses actes de violence. Qui sait si Dieu ne se ravisera pas, s'il ne reviendra pas de l'ardeur de sa colère ? Et alors nous ne périrons pas ! »
En voyant leur réaction, et comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise, Dieu renonça au châtiment dont il les avait menacés.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 11,29-32. Comme la foule s'amassait, Jésus se mit à dire : « Cette génération est une génération mauvaise : elle demande un signe, mais en fait de signe, il ne lui sera donné que celui de Jonas.
Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ; il en sera de même avec le Fils de l'homme pour cette génération.
Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que les hommes de cette génération, et elle les condamnera. En effet, elle est venue de l'extrémité du monde pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon.
Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas.
Cy Aelf, Paris
N'est-il pas curieux, du moins du point de vue juif, du peuple de l'alliance, que Dieu ait envoyé un prophète vers un pays païen pour les prévenir du châtiment auquel leurs pratiques les exposent ? Pourquoi les avertir, doivent-ils se dire, puisqu'ils ne sont pas des nôtres ? Or, contre toute attente, les habitants de Ninive, du plus humble jusqu'au roi, manifestent aussitôt un grand repentir. Comment ne pas en déduire que la reconnaissance des catégories de bien et de mal est le propre de l'homme, quel soit son origine ? Dieu renonça et les habitants de Ninive devinrent des témoins de la miséricorde divine.
La reine de Saba était tout autant une étrangère, païenne et idolâtre, mais fascinée par la sagesse que Salomon avait reçue de Dieu.
En choisissant les habitants de Ninive et la reine de Saba comme futurs accusateurs des juifs qui refusent de l'écouter, Jésus condamne la manière de croire de ses contemporains. Ceux-ci exigent de lui des preuves. C'est exactement ce que Satan, lors de la tentation au désert, avait demandé : "Si tu es le Fils de Dieu..."
La conclusion que j'en tire, c'est que nous ne pouvons éluder de vivre en cohérence avec la foi que nous professons. Si donc nous déclarons que nous croyons en Dieu, il faut que nous vivions de la Parole en toutes occasions. Et si ce n'est pas en tout temps, du moins qu'il y ait en nous des temps d'examen de conscience. Prenons garde : car la conscience se laisse détourner facilement sous le coup des émotions, des mouvements du coeur, des désirs comme des frayeurs également.
Il nous faut tenir notre lampe allumée, dont la place est sur la table afin que tous puisse y voir clair chez nous. Pas de "Oui, mais..." et pas de face cachée. Mais une volonté déterminée au Bien.
Nota Bene : La fin du Livre de Jonas est intéressante à lire, car Dieu donne à Jonas une leçon de miséricorde:
Jonas trouva la chose très mauvaise et se mit en colère.
Il fit cette prière au Seigneur : « Ah ! Seigneur, je l'avais bien dit lorsque j'étais encore dans mon pays ! C'est pour cela que je m'étais d'abord enfui à Tarsis. Je savais bien que tu es un Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d'amour, renonçant au châtiment.
Eh bien, Seigneur, prends ma vie ; mieux vaut pour moi mourir que vivre. »
Le Seigneur lui dit : « As-tu vraiment raison de te mettre en colère ? »
Jonas sortit de Ninive et s'assit à l'est de la ville. Là, il fit une hutte de branchages et s'assit dessous, à l'ombre, pour voir ce qui allait arriver dans la ville.
Le Seigneur Dieu donna l'ordre à un arbuste, un ricin, de pousser au-dessus de Jonas pour donner de l'ombre à sa tête et le délivrer ainsi de sa mauvaise humeur. Jonas fut très content à cause du ricin.
Mais le lendemain, à l'aube, Dieu donna l'ordre à un ver de piquer le ricin, et celui-ci se dessécha.
Au lever du soleil, Dieu fit souffler un vent d'est brûlant ; Jonas fut frappé d'insolation. Se sentant défaillir, il demanda la mort et ajouta : « Mieux vaut pour moi mourir que vivre. »
Dieu dit à Jonas :« As-tu vraiment raison de te mettre en colère au sujet de ce ricin ? » Il répondit : « Oui, j'ai bien raison de me mettre en colère jusqu'à souhaiter la mort. » Le Seigneur répliqua : « Toi, tu as pitié de ce ricin, qui ne t'a coûté aucun travail et que tu n'as pas fait grandir, qui a poussé en une nuit et en une nuit a disparu. Et moi, comment n'aurais-je pas pitié de Ninive, la grande ville, où, sans compter une foule d'animaux, il y a plus de cent vingt mille petits enfants qui ne distinguent pas leur droite de leur gauche ? »
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Livre d'Esther 14,1.3-5.12-14. La reine Esther, dans l'angoisse mortelle qui l'étreignait, chercha refuge auprès du Seigneur.
Elle priait ainsi le Seigneur Dieu d'Israël : « Mon Seigneur, notre Roi, c'est toi le seul Dieu ; viens me secourir, car je suis seule, et je n'ai pas d'autre secours que toi, et je vais risquer ma vie.
Depuis ma naissance, j'ai entendu répéter, dans la tribu de mes pères, que tu as choisi Israël de préférence à toutes les nations, et nos pères de préférence à tous leurs ancêtres, pour en faire à jamais un peuple qui t'appartienne, et tu as fait pour eux tout ce que tu avais promis.
Souviens-toi, Seigneur ! Fais-toi connaître au moment de notre détresse ; donne-moi du courage, toi le roi des dieux, qui domines toute autorité. Mets sur mes lèvres un langage harmonieux quand je serai en présence de ce lion, et change son cœur : qu'il se mette à détester celui qui nous combat, qu'il le détruise avec tous ses partisans.
Délivre-nous par ta main, viens me secourir car je suis seule, et je n'ai que toi, Seigneur, toi qui connais tout. »
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 7,7-12. Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : " Demandez, vous obtiendrez; cherchez, vous trouverez; frappez, la porte vous sera ouverte.
Celui qui demande reçoit ; celui qui cherche trouve ; et pour celui qui frappe, la porte s'ouvrira.
Lequel d'entre vous donnerait une pierre à son fils qui lui demande du pain ?
ou un serpent, quand il lui demande un poisson ? Si donc, vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent !
Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi, voilà ce que dit toute l'Écriture : la Loi et les Prophètes.
Cy Aelf, Paris
Les lectures d'aujourd'hui traitent toutes deux de la juste façon de prier. Et, nous a dit le prêtre, la juste façon de prier n'est possible que par la reconnaissance de la présence effective de Dieu. Dieu qui est amour et miséricorde mais qui n'est pas comme nous l'imaginons. Car Dieu n'est pas soumis aux représentations humaines, qu'il s'agisse de nos réflexions, de nos idées reçues, ou des tentatives de définition tirées d'ouvrages savants. Mais Il est présent à quiconque Le prie et Il est amour.
Le modèle que donne donc Jésus de la bonne pratique de la prière, c'est tout simplement la recherche continue de la présence de Dieu. C'est de placer notre vie entière d'instant en instant sous son regard. Si vraiment nous nous impliquions complètement dans cette attention à Dieu, alors, quels que soient nos besoins, ils seraient satisfaits. Ce qui compte, en réalité, c'est la confiance absolue, c'est la foi de confiance qui dépasse tous les besoins issus de notre être de chair. Cette attitude est celle de l'enfance spirituelle,
Personnellement, chaque fois que j'y songe, je retrouve ce passage que j'avais lu de Bernanos, tiré du Journal d'un curé de campagne, où je lis, à la page 46 de l'édition de poche: "D’où vient que le temps de notre petite enfance nous apparaît si doux, si rayonnant? Un gosse a des peines comme tout le monde, et il est, en somme, si désarmé contre la douleur, la maladie! L’enfance et l’extrême vieillesse devraient être les deux grandes épreuves de l’homme. Mais c’est du sentiment de sa propre impuissance que l’enfant tire humblement le principe même de sa joie. Il s’en rapporte à sa mère, comprends-tu? Présent, passé, avenir, toute sa vie, la vie entière tient dans un regard, et ce regard est un sourire."
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Livre d'Ézéchiel 18,21-28. Parole du Seigneur. Si le méchant se détourne de tous les péchés qu'il a commis, s'il observe tous mes commandements, s'il pratique le droit et la justice, il ne mourra pas, il vivra.
On ne se souviendra pas des péchés qu'il a commis, il vivra à cause de la justice qu'il a pratiquée.
Est-ce donc la mort du méchant que je désire, déclare le Seigneur, n'est-ce pas plutôt qu'il se détourne de sa conduite et qu'il vive ?
Mais, si le juste se détourne de sa justice et fait le mal en imitant toutes les abominations des méchants, est-ce qu'il vivra ? On ne se souviendra plus de toute la justice qu'il avait pratiquée : à cause de son infidélité et de son péché, il mourra !
Et pourtant vous dites : 'La conduite du Seigneur est étrange. ' Écoutez donc, fils d'Israël : est-ce ma conduite qui est étrange ? N'est-ce pas plutôt la vôtre ?
Si le juste se détourne de sa justice, se pervertit, et meurt dans cet état, c'est à cause de sa perversité qu'il mourra.
Mais si le méchant se détourne de sa méchanceté pour pratiquer le droit et la justice, il sauvera sa vie.
Parce qu'il a ouvert les yeux, parce qu'il s'est détourné de ses fautes, il ne mourra pas, il vivra.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,20-26. Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Je vous le déclare : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux.
Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu'un commet un meurtre, il en répondra au tribunal. Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal. Si quelqu'un insulte son frère, il en répondra au grand conseil. Si quelqu'un maudit son frère, il sera passible de la géhenne de feu. Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande.
Accorde-toi vite avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu'on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n'en sortiras pas avant d'avoir payé jusqu'au dernier sou.
Cy Aelf, Paris
Aujourd'hui comme autrefois, la justice des hommes aboutit très couramment infliger la peine de mort. Un homme est condamné à être supplicié jusqu'à la mourir pour les actes mauvais qu'il a commis. Cette forme de justice ne tient évidemment compte que d'un acte seul acte, commis une fois dans le temps. Et il écarte tout ce qui a pu se passer dans la tête, le coeur et les actes du condamné, entre le moment de sa condamnation et celui de son exécution.
Notre prêtre nous a rappelé que Jésus a volontairement affronté et supporté cette justice des hommes telle qu'elle était pratiquée par les juifs de son temps - et telle qu'elle est toujours pratiquée de nos jours. Mais il l'a définitivement vaincue par sa résurrection.
Quant à la justice de Dieu, eh bien, elle surpasse complètement celle des hommes, puisqu'elle se fonde sur la conversion et repentir. En effet, si nous arrivons au terme de notre vie sans jamais avoir songé à nous repentir de nos fautes, alors nous nous retrouverions comme le dit Jésus : dans une prison d'où l'on ne sort qu'après avoir payé "jusqu'au dernier sou". Voici qui est fort étonnant ! Car comment rembourser "jusqu'au dernier sou" lorsqu'on se trouve en prison ? C'est certainement que cette prison est comme un bagne où l'on casse du caillou à longueur de journées - et ce bagne, n'est-ce pas le purgatoire ?
Béni soit le Seigneur pour nous avoir donné la possibilité de nous repentir, ainsi qu'un sacrement par lequel l'aveu et le regret sincères nous rendent libres de nouveau !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )