Crise des vocations

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jean_droit
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Re: Crise des vocations

Message non lu par jean_droit »

Témoignage lu dans Belgicatho :

http://belgicatho.hautetfort.com/archiv ... 83619.html
La vocation n'est pas l'effet du hasard...

En témoigne ce témoignage d'un séminariste qui sera prochainement ordonné et qui souligne l'importance d'un milieu familial croyant et pratiquant :

Extraits de l'interview de Vincent Drouguet (sur le site du diocèse de Liège):

Votre vie familiale dans votre jeunesse vous a-t-elle aidé à vouloir devenir prêtre ?

J’ai passé ma jeunesse à Julémont, près de Blegny, dans un petit hameau d’une quinzaine de maisons. Mes parents étaient pratiquants et nous avions comme ligne de conduite à suivre : assister à la messe dominicale et faire sa Profession de foi. Puis, nous étions libres de choisir notre avenir. J’ai un frère qui compte deux ans de moins que moi –j’ai également une sœur et un frère plus jeunes d’une dizaine d’années– et, proche de lui, je l’ai souvent trouvé à mes côtés dans mon parcours. Si mes parents n’étaient pas impliqués directement dans la paroisse, ils allaient à la messe tous les dimanches et vivaient en parfaite conformité avec leur foi. Maman, mère au foyer, touche à tout dans le domaine de l’art –poterie, peinture, sculpture, vitraux…- nous a éveillés à la foi à travers les arts. (...)

Vos parents et d’autres personnes ont-ils joué un rôle dans l’orientation de votre vie ?

Un jour, alors que je devais avoir 21 ans, mon papa me demanda si j’étais heureux. Je sentais bien que quelque chose me manquait, que je n’allais pas faire de la photo toute ma vie. Inconsciemment cette réflexion me mettait sur la voie de la prêtrise. Et ma maman –merci d’avoir eu cette gentillesse, cette lucidité, cette intelligence du cœur- m’a conseillé d’aller voir un prêtre. Ma pratique religieuse était tombée bas même si je n’ai jamais coupé les ponts, mais j’attendais des signes… sans attendre vraiment. Mon cœur était toujours ouvert, ou plutôt entrouvert, j’étais dans le domaine des recherches sur l’homme qui m’ont amené à me poser des questions sur Dieu. J’ai été à l’abbaye de Wavreumont vers un jeune prêtre –son papa était le meilleur ami de mon grand-père– souffrant de sclérose en plaques. Je le voyais si fragile dans sa chaise roulante, devant moi, si faible aussi. Il ne m’a rien caché de ce que pouvait comporter mon cheminement vers le séminaire et la vie de prêtre : 7 ans d’études, une vie solitaire sans famille d’accueil, dans un presbytère vide, parfois froid, mais solidaire, en relation avec Dieu. Alors que les ambiances, les émotions m’avaient souvent envahi, il m’a fait voir que j’étais loin de la prière, de la foi. J’ai aussi été frappé par la profondeur de la prière en Communauté. Une petite sœur de Sainte Thérèse, qui habitait mon village et revenait d’un voyage en mission, m’a un jour interpellé au sortir de la messe. Je ne l’avais jamais vue. Elle m’a capté dans son regard qui semblait me transpercer pour atteindre mon âme. Puis elle m’a dit à l’oreille : Ne penserais-tu pas un jour devenir prêtre ? J’étais sous le choc et maman m’a même demandé si j’allais bien. (...)

Quel fut le déclic qui vous a décidé d’entrer au séminaire ?

Un ami, comme moi très branché sur le questionnement de la vie, m’amena à Lourdes. Là, j’ai vraiment aimé ce que je faisais. L’avant-dernier jour du pèlerinage, alors que la canicule avait envahi la ville et même la grotte, je me suis décidé vers 2 heures du matin à aller prier la Vierge -lui confiant mes questions sur ma vie future et mon désir d’être heureux- alors qu’une dizaine de personnes étaient encore présentes. Ma prière était sincère, elle venait du fond de mon cœur, ce n’était pas du vent. Au moment où je demande à Marie de m’éclairer, je sens physiquement comme un souffle émanant de la Vierge qui m’effleure dans une douce chaleur. Pour moi, c’était le cœur de Marie qui me parlait. Plus jamais je n’ai ressenti cela. J’ai eu par la suite d’autres signes, moins surnaturels que ce soir-là, mais mon cœur était enfin préparé et depuis, la prière est mon livre de chevet. Peu après, lors de la Journée des Vocations, j’ai été sensible à cette brochure que je retournais sans cesse pendant la messe, regardant fixement ce titre : Prêtre pourquoi pas ? Avant d’aller rencontrer notre évêque, lors d’un repas en tête-à-tête avec mes parents je leur ai annoncé mon intention d’entrer au séminaire.

Mes parents m’ont dit qu’ils m’accompagneraient sur mon chemin, dans mon ministère, soulignant que c’était un choix très engageant mais que le plus grand bonheur des parents est de voir leur enfant heureux. (...)
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Zarus
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Re: Crise des vocations

Message non lu par Zarus »

Ah bon Dieu est surtout présent dans les familles, sympa pour ceux qui ont pas de famille chrétienne. :clown:

Décidement, le catholicisme c'est qu'une histoire de bonnes familles apparemment.
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Re: Crise des vocations

Message non lu par Peccator »

Zarus, vous faites du mauvais esprit :non:


C'est tout à fait logique : pour entendre l'appel, mieux vaut grandir dans une famille qui va à la messe tous les dimanches, prie tous les jours en famille, envoie ses enfants être servants d'autel, et se réjouisse quand on parle d'avoir un fils prêtre, que dans une famille athée et/ou anticléricale. Tout simplement parce que dans le second cas, même si on finit par rencontrer Dieu et s'ouvrir à la foi, pour la prêtrise il est bien possible qu'il soit déjà trop tard.

Il est donc normal qu'on croise beaucoup plus de prêtres dans le premier cas que dans le second...

La vocation, c'est un appel, ce n'est pas une compulsion irrésistible. Il ne suffit pas que Dieu appelle, encore faut-il l'entendre et accepter.
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Zarus
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Re: Crise des vocations

Message non lu par Zarus »

Pourtant je vois que subtilement certains ont eu ce genre de pensées ici, même si ça plus l'air de subtils lapsus que d'autres choses.

Par contre, je démens votre accusation de mauvais esprit;, moi de mauvais esprit, de mauvaise foi ou moqueur ? que nenni, je suis l'humilité et la délicatesse dans les propos même.
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Re: Crise des vocations

Message non lu par Anaisunivers »

Peccator a écrit :C'est tout à fait logique : pour entendre l'appel, mieux vaut grandir dans une famille qui va à la messe tous les dimanches, prie tous les jours en famille, envoie ses enfants être servants d'autel, et se réjouisse quand on parle d'avoir un fils prêtre, que dans une famille athée et/ou anticléricale. Tout simplement parce que dans le second cas, même si on finit par rencontrer Dieu et s'ouvrir à la foi, pour la prêtrise il est bien possible qu'il soit déjà trop tard.
Étrangement, je connais plus d'appelés qui n'ont pas le profil familial que vous décrivez, tout comme je connais des familles pratiquantes (et nombreuses !) dont aucune vocation ne sort. Alors !
Néanmoins, c'est sûr qu'un contexte favorable permet d'entendre un appel.

Cordialement,
In Christo,
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Zarus
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Re: Crise des vocations

Message non lu par Zarus »

Anaisunivers a écrit :
Peccator a écrit :C'est tout à fait logique : pour entendre l'appel, mieux vaut grandir dans une famille qui va à la messe tous les dimanches, prie tous les jours en famille, envoie ses enfants être servants d'autel, et se réjouisse quand on parle d'avoir un fils prêtre, que dans une famille athée et/ou anticléricale. Tout simplement parce que dans le second cas, même si on finit par rencontrer Dieu et s'ouvrir à la foi, pour la prêtrise il est bien possible qu'il soit déjà trop tard.
Étrangement, je connais plus d'appelés qui n'ont pas le profil familial que vous décrivez, tout comme je connais des familles pratiquantes (et nombreuses !) dont aucune vocation ne sort. Alors !
Néanmoins, c'est sûr qu'un contexte favorable permet d'entendre un appel.

Cordialement,
In Christo,

Beaucoup de ces "familles pratiquantes" appartiennent à un néo-conservatisme basé sur les valeurs familiales traditionnelles et opposés au sexe libre, le "célibat par égoïsme",ect...; paradoxalement il est possible que le fait de voir un de leurs enfants ne pas procréer ne plaise pas tant que ça. (ou que cette éducation basé sur les valeurs de la famille n'encourage inconsciemment pas à ne pas fonder une famille)
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Louis P.
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Re: Crise des vocations

Message non lu par Louis P. »

quelques indications (source: cef.fr et presse)

4 % de cathos pratiquants sur les 50% de français se disant cathos, 1 million de français qui vont à la messe 1 fois par mois minimum, c'est très peu.

50 000 curés en 1970, 14 000 en 2011 (la moitié=7000 ont plus de 75ans) & 6000 en 2020 (dont le tiers plus de 75 ans donc 4000 servants actifs)....
en 2024-25 (-700/an de moyenne, net d'ordination annuel (+100)), les pretres seront une poignée avec le millier de cures etrangers pour 9000 paroisses ca va etre hard.

les moines sont plus que 6000 (-400 par an) & 24 000 moniales (-2000 /an)

baptemes, mariages religieux confirmations baissent bcp, ya que le diaconat qui grimpe fort.

pas question de desesperer, "dieu gère", mais les realites presentes et proches annoncent silencieusement un "ko" général en france entre 2024 et 2030... restera des oasis +/- fraiches qui donneront une eglise-communautariste et non plus civile-paroissiale, presque plus de temoins-temoignages, quoi....donc vocations encore plus rare en bout de periple:
ca va changer du tout au tout apres le papy boom de 2026 !

mais qui regrettera la disparition du clergé & abbayes ???
ce pays est apostat depuis longtemps largement totalement (98% en 2030, 1à2% de pratiquants), c'est son choix confirmé pour longtemps.

à première vue l'immense majorité s'en tape, et ça lui piquera les yeux.

Louis.
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Re: Crise des vocations

Message non lu par Peccator »

Karol Wojtyła, futur pape Jean-Paul I Iavait fait un petit voyage en France (et en Belgique) à la fin des années 1940, alors qu'il n'était encore que jeune prêtre, étudiant à Rome, pour voir les "nouvelles pratiques pastorales". Il avait conclu à l'urgence de cette nouvelle évangélisation car le pays était déjà fortement déchristianisé.

Nous constatons aujourd'hui les effets non d'une crise des années 1960, ni des réformes de l'Eglise, mais d'un travail en cours depuis la fin du XIXe siècle, patient mais efficace, pour saper la foi chrétienne.
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Suliko
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Re: Crise des vocations

Message non lu par Suliko »

Peccator a écrit :Karol Wojtyła, futur pape Jean-Paul I Iavait fait un petit voyage en France (et en Belgique) à la fin des années 1940, alors qu'il n'était encore que jeune prêtre, étudiant à Rome, pour voir les "nouvelles pratiques pastorales". Il avait conclu à l'urgence de cette nouvelle évangélisation car le pays était déjà fortement déchristianisé.

Nous constatons aujourd'hui les effets non d'une crise des années 1960, ni des réformes de l'Eglise, mais d'un travail en cours depuis la fin du XIXe siècle, patient mais efficace, pour saper la foi chrétienne.
Un peu facile comme analyse...
Bien sûr que tous les problèmes ne datent pas du dernier concile. La Révolution française portait déjà en son sein nombre d'idées antichrétiennes. Cependant, la déchristianisation amorcée déjà avant le concile n'est pas comparable à celle que l'Eglise a connue à partir des années 1965-1970. Pour un évêque des années cinquante, une pratique religieuse régulière par 60% des habitants était déjà une catastrophe, alors qu'aujourd'hui, ce serait un bonheur inespéré. Regardez les chiffres: vous verrez bien qu'il y a une corrélation indéniable entre la période conciliaire et postconciliaire et le déclin massif de la pratique religieuse.
Tant que les catholiques se voileront la face, rien ne pourra être résolu...
Je suis vraiment lasse de tous ces discours lénifiants...

Suliko
C'est pourquoi elle seule, prédestinée avant les générations et annoncée par les prophètes, la Mère du Créateur de tout l'univers, non seulement n'a participé en rien à la tache originelle, mais elle est toujours demeurée pure comme le ciel et toute belle. (extrait du règlement pour le monastère de Biélokrinitsa (1841)
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Re: Crise des vocations

Message non lu par Jeremy43 »

Bonjour,
Nous constatons aujourd'hui les effets non d'une crise des années 1960, ni des réformes de l'Eglise, mais d'un travail en cours depuis la fin du XIXe siècle, patient mais efficace, pour saper la foi chrétienne.
C'est sûr, mais "l'application" du concile Vatican II a été l'occasion que le grand n'importe quoi, qui couvait sans aucun doute dans les esprits avant, se traduise dans les faits par tout simplement l'abomination dans l'Eglise dont les dégâts sont encore visibles aujourd'hui.

Aujourd'hui si on pratique la pénitence, si on est intransigeant sur la doctrine et si on souhaite une liturgie fastueuse et magnifique amenant un peu de Ciel sur terre, on est au mieux un affreux rétrograde.

Mais le bon signe c'est que chez les jeunes il n'y a plus du tout ce mouvement moderniste mais au contraire un "retour aux sources" et au sens du sacré. Dieu aura de toute façon quoiqu'il arrive toujours le dernier mot.
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