Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?

« Assurément, il est grand le mystère de notre religion : c'est le Christ ! » (1Tm 3.16)
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Mac
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Mac »

Arnaud Dumouch a écrit : La rencontre avec le coeur du Christ. C'est bouleversant. Tant d'amour révélé ! :coeur:
Merci pour votre explication Arnaud.
Le temps de la rencontre avec le cœur du Christ.

Fraternellement. :coeur:
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Arnaud Dumouch
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Arnaud Dumouch »

Peccator a écrit :
Et donc, de là, vous concluez que les âmes errent dans le monde pendant 40 années ?

C'est plus complexe.

Il y a d'abord, partout dans le monde, des récits d'âmes présentes sur les lieux où elles ont vécu. Plusieurs prêtres exorcistes en ont rapportées.

La Bible (livre de l'Exode) semble confirmer que parfois le passage se transforme en un séjour dans le désert, pour un temps d'errance.

Je vous donne une vidéo qui traite de cette question :




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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Peccator »

Non mais sérieusement, vous n'avez pas autre chose que des vidéos ?

J'ai autre chose à faire de mon temps que passer 2h à vous écouter parler en admirant votre noble visage filmé en gros plan...
Le script d'une vidéo de 2h, ça se lit en 20min, et encore...

Je ne comprend pas cette manie de gens qui sont supposés avoir une culture de l'écrit à vouloir toujours faire des vidéos. C'est insupportable.



Par ailleurs, systématiquement ouvrir vos vidéos en vous présentant comme "enseignant la théologie... enfin, la religion catholique", c'est très malhonnête. Vous êtes prof de religion dans l'enseignement secondaire, et doctorant en théologie (en admettant que vous soyez toujours enregistré comme tel dans une école doctorale).
Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux. Mc 14, 36
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Arnaud Dumouch
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Arnaud Dumouch »

Peccator a écrit :Non mais sérieusement, vous n'avez pas autre chose que des vidéos ?

Voilà :
[+] Texte masqué
QUESTION 16 — Le shéol, purgatoire qui précède la parousie du Christ

A ce sujet, neuf questions :
1° Existe-t-il un purgatoire dans le passage de la mort ?
2° La peine du purgatoire est-elle voulue par Dieu ?
3° La peine principale du shéol est-elle la solitude de l’errance ?
4° Les âmes de ce purgatoire sont-elles tourmentées par les démons ?
5° Ce purgatoire est-il pire qu’ici-bas ?
6° Les âmes de ce purgatoire sont-elles saintes ?
7° Les âmes de ce purgatoire peuvent-elles pécher ou au contraire mériter ?
8° Peuvent-elles prier pour nous ?
9° Est-ce dans ce purgatoire que le Christ glorieux paraît dans sa gloire ?

Traité des fins dernières, Q. 16, a. 1 — Existe-t-il un purgatoire dans le passage qu’est la mort ?


Objections :
1. Il semble qu’il ne convienne pas de parler d’un tel purgatoire. La mort est la séparation de l’âme et du corps, selon Aristote. Elle ne laisse donc aucune place pour un passage et encore moins pour un séjour de longue durée.
2. On ne trouve pas, dans l’Ecriture sainte, de passages clairs sur un tel séjour. C’est bien plutôt dans les religions païennes et les cultes animistes que l’on parle de revenants et de fantômes.
3. Même si l’on admet d’un tel purgatoire, ce ne peut être que d’une manière métaphorique. On ne voit pas en effet où il pourrait être situé si tant est qu’on puisse parler d’une localisation pour l’âme d’un mort qui est un esprit. Mais ce ne peut être une localisation telle qu’on en parle pour les hommes de la terre. Tout cela ne relève-t-il pas davantage des contes et légendes que de la réalité ?
4. Il n’y a pas de trace de ce purgatoire dans les textes officiels de l’Église.
5. L’âme qui reste liée au corps de telle manière qu’elle puisse voir ce qui se passe dans le monde d’ici-bas n’est pas vraiment passée par la mort qui est la séparation totale d’avec ce monde et l’entrée dans l’autre monde. Elle n’est donc pas au purgatoire.
6. Ce n’est pas conforme au dogme : Il est dit dans l’Ecriture Sainte : « L’homme meurt une fois puis il reçoit sa récompense. » Or ce purgatoire prolonge la vie terrestre dans un temps qui, comme sur terre, précède le jugement dernier.
7. Ce n’est pas conforme à l’Ecriture qui dit en effet : « Vous savez vous-mêmes parfaitement que le Jour du Seigneur arrive comme un voleur en pleine nuit. Quand les hommes se diront: Paix et sécurité! C’est alors que tout d'un coup fondra sur eux la perdition, comme les douleurs sur la femme enceinte, et ils ne pourront y échapper. » Or, si la mort un long passage, voire un séjour, c’est qu’elle vient progressivement et non brutalement, laissant l’homme dans l’état de mérite ou de démérite où il a été surpris.

Cependant :
Saint Bernard raconte : « Saint Malachie vit un jour sa sœur qui avait trépassé depuis quelques temps. Elle faisait son purgatoire au cimetière : à cause de ses vanités, des soins qu’elle avait eus de sa chevelure et de son corps, elle avait été condamnée à habiter la propre fosse où elle avait été ensevelie et à assister à la dissolution de son cadavre. Le saint offrit pour elle le sacrifice de la messe durant trente jours. Ce terme expiré, il revit à nouveau sa sœur. Cette fois elle avait été condamnée à achever son purgatoire à la porte de l’église, sans doute à cause de ses irrévérences pour le lieu saint, peut être parce qu’elle avait détourné les fidèles de l’attention des Mystères Sacrés. »

Conclusion :
L’Écriture Sainte donne une série de textes dont le sens littéral parle d’un territoire des ombres sans joies, où justes et criminels, rois et esclaves, pieux et impies se retrouvent après la dissolution de leur corps pour y demeurer dans le silence et y redevenir poussière. La Bible hébraïque nomme ce lieu shéol dès le livre de la Genèse : « l'homme insensé ignore qu'il y a là des Ombres et que ses invités sont aux vallées du shéol". Plus tard, dans les livres écrits en grecs, ce lieu est appelé l’Hadès ce qui se réfère au « séjour de la mort » de la mythologie grecque : « Pour eux, durant cette nuit vraiment impuissante, sortie des profondeurs de l'Hadès impuissant, endormis d'un même sommeil, ils étaient tantôt poursuivis par des spectres monstrueux, tantôt paralysés par la défaillance de leur âme; car une peur subite et inattendue les avait envahis. »
Le Magistère de l’Église laisse sur ce point les théologiens sans repères dogmatiques.
Cependant, il est possible d’avancer certains arguments en s’appuyant sur des révélations privées qui paraissent dignes de crédibilité et une longue tradition des saints, des docteurs et des théologiens dans l’Église. De multiples autres témoignages d’apparitions et de révélations faites aux saints confirment ce genre de récit. Donc certaines âmes font leur purgatoire sur terre.
L’existence d’un « passage » entre ce monde et l’autre est d’ailleurs confirmée par les témoins des Near Death Experiences (EMI) qui décrivent un temps relativement court où l’âme, déjà sortie de son corps de chair, n’est pas encore entrée dans l’autre monde. Ils distinguent trois étapes dont la première est une présence en ce monde ; la seconde est un passage en forme de tunnel ; et la troisième un jardin magnifique où ils peuvent s’avancer jusqu’à une certaine limite, symbolisée par une barrière, une rivière ou tout autre limite.

Solutions :
1. C’est au sens théologique et scripturaire que la mort a de tout temps été regardée comme un passage, sens qui ne s’oppose pas à la définition philosophique d’Aristote mais regarde les choses sous un autre rapport. Au plan théologique, est considéré comme ayant franchit la mort celui qui est entré dans l’autre monde, soit pour son salut, soit pour sa perte éternelle.
2. Il est clair que, universellement dans le monde, la croyance au phénomène des âmes errantes est attestée. Mais la tradition biblique scripturaire n’est pas étrangère à cela, non seulement dans ses nombreuses attestations sur le shéol, mais aussi dans le livre de l’Exode tout entier qui est reconnu par la tradition rabbinique comme une métaphore exprimant le passage de cette vie (l’Egypte) à l’autre monde (la terre promise) à travers la mort (le désert). Et on voit bien le livre de l’Exode décrire ce passage comme une véritable purification qui, en l’occurrence, alors qu’il devait durer quelques semaines, dura 40 ans par la faute du peuple Hébreux.
3. La possibilité d’une telle localisation pour l’âme d’un mort s’explique facilement si l’on considère ce que nous avons montré sur la survivance dans les morts d’une vie non seulement spirituelle mais d’un corps psychique. Des traités pluriséculaires, écrits dans les traditions philosophiques égyptiennes (le kâ et le baï ), chinoises, hindoues et tibétaines (corps astral), animistes (esprits) en parlent. C’est d’ailleurs là qu’on trouve les plus profondes explications philosophiques du phénomène. Selon ces traditions, on peut discerner dans l’être humain trois degrés de vie auxquels correspondent trois « natures » unifiées en une personne et parfaitement adaptés l’une à l’autre : le corps physique, le corps psychique et l’esprit.
Dans l’hindouisme, le corps physique est le siège d’un autre corps, appelé le corps astral. Le corps astral est, avec le corps physique, le siège des facultés psychiques comme les sensations, les passions, l’imagination, la mémoire, l’estimative. Mais, selon cette tradition, la survie de ce dernier est indépendante de la mort du premier. Si l’on tue le corps physique, son double subsiste. Cette propriété explique l’expérience de la décorporation, aussi bien chez l’homme que chez l’animal.
4. Lorsque des prêtres sont confrontés à ce phénomène de revenants, ils usent naturellement d’une procédure liée aux âmes du purgatoire, comme on le voit dans le cas de saint Malachie cité ci-dessus.
1° L’enquête est première. Toutes les histoires d’âmes en peine ne doivent pas être prises à la lettre. Une imagination effrayée peut inventer bien des fantasmes.
2° Si le cas est avéré, la deuxième étape est la parole d’explication adressée à l’âme. Parce que la connaissance précède l’amour et que ces âmes sont dans une grande ignorance de ce qui leur est arrivé, les vivants, s’ils se rendent compte de leur présence, ont le pouvoir de les aider en leur expliquant leur erreur et le chemin qui leur est ouvert vers l’autre monde.
3° La troisième étape est la prière : Face au phénomène, la réponse doit être la miséricorde et la prière qui, offerts pour elles, ont une efficacité étonnante. L’âme en peine est bouleversée, comme le serait le plus solitaire des prisonniers, qui, pour la première fois, recevrait une lettre. Ce geste est souvent efficace, surtout lorsque l’âme, après un long temps de solitude, est dans de bonnes dispositions et a besoin de présence affective. Elle peut, devant un geste d’attention, comprendre assez rapidement la grandeur de l’amour. Si on l’y invite et qu’elle a dépassé son blocage intérieur, elle appelle le Sauveur. Elle passe alors dans un autre purgatoire, celui de la parousie du Christ.
5. On peut répondre à cette objection en disant que les apparitions de revenants sont dues à des âmes qui sont dans la mort au sens théologique. Elle est un passage qui peut durer plusieurs jours selon Marthe Robin, voire des années après la mort au sens clinique du corps charnel, selon des récits dignes de crédibilité. La partie psychique de son être subsistant, ces morts errent sur la terre ou dans le parvis de l’autre monde sans avoir vécu la parousie du Christ, des saints et des anges. Elles sont donc entre deux mondes et cet état n’est pas normal. Leur nature aspire au contact avec les vivants des deux mondes et souffre de la solitude.
6. L’homme ne meurt qu’une fois. Il ne revient jamais pour se réincarner sur terre. Ce qui n’empêche pas que la mort puisse être un passage purifiant, pouvant durer de longues années. Ce n’est qu’après cette mort selon la lettre du dogme de Benoît XII , c’est-à-dire après ce passage, et après la parousie du Christ glorieux que l’homme, définitivement stabilisé en état de mérite ou de démérite, reçoit sa récompense s’il ne reste rien à purifier en lui, ou son châtiment.
7. L’heure de la mort arrive d’un coup, sauf bien sûr si une longue maladie ou la vieillesse extrême prévient l’homme attentif. La mort arrache l’homme à cette terre et à ses richesses matérielles. C’est justement lorsque l’homme, surpris par sa venue, refuse de quitter ses attaches à cette terre, qu’il peut être laissé par le Christ dans ce prolongement de temps. D’où l’intérêt du sacrement des malades qui vise, à travers son rituel, à préparer les hommes à ce détachement. Ceci ne veut pas dire que Dieu stériliserait par la mort toute liberté humaine, la statufiant pour l’éternité dans l’état de grâce ou d’absence de grâce, comme le crurent les anciens théologiens. Au contraire, d’une manière ou d’une autre, comme l’enseigne le Concile Vatican II , il est certain que Dieu proposera sa grâce à tout homme avant son entrée dans l’autre monde.

Traité des fins dernières, Q. 16, a. 2 — La peine de ce purgatoire est-elle voulue par Dieu ?

Objections :
1. Tout ce qui peut produire du salut est voulu par Dieu. Or ce prolongement de la vie terrestre, en plongeant l’âme dans la solitude et le malheur, produit souvent de l’humilité, au moins chez les hommes de bonne volonté, donc une disposition au salut. Donc ce purgatoire est voulu par Dieu.

Cependant :
Dans le chapitre 14 du livre des Nombres, on voit que c’est le peuple Hébreux qui, de sa propre initiative, refuse de suivre les indications de Moïse et d’entrer tout de suite dans la terre promise, effrayé à l’idée d’affronter un autre monde et plein de nostalgie pour le pays d’Egypte : « Alors toute la communauté éleva la voix; ils poussèrent des cris; et cette nuit-là le peuple pleura. » Ce n’est qu’en conséquence que Dieu transforme ce passage par le désert en un véritable séjour, une errance de quarante années : « et vos fils seront nomades dans le désert pendant 40 ans, portant le poids de votre infidélité, jusqu'à ce que vos cadavres soient au complet dans le désert. » Donc ce purgatoire est d’abord une responsabilité de l’homme.

Conclusion :
Le projet de Dieu est le salut des hommes. Il n’impose donc pas à l’homme une épreuve sans qu’elle ne soit utile, d’une manière ou d’une autre, pour son salut. C’est pourquoi, en fonction de la mentalité de telle ou telle âme, il peut être sage que Dieu lui laisse souffrir un temps de purgatoire dans ce passage de la mort, et parfois sur les lieux même de sa vie terrestre. On peut voir à cela deux raisons :
1° Le bien de l’âme elle-même. Deux raisons peuvent expliquer qu’une âme ne soit pas prête à entrer dans l’autre monde :
La première vient de ses attaches trop fortes à cette terre, comme on le voit dans la parabole de l’homme des greniers : « et je dirai à mon âme: Mon âme, tu as quantité de biens en réserve pour de nombreuses années; repose-toi, mange, bois, fais la fête. Mais Dieu lui dit: Insensé, cette nuit même, on va te redemander ton âme. » Il est probable qu’un tel homme, surpris par une mort brutal, reste attaché un long temps à ces greniers qui faisaient le but de sa vie. C’est l’âme elle-même qui reste comme "accrochée" au lieu où elle a vécu, incapable malgré la disparition de la chair, de s’en détacher. Il s’agit donc d’une âme pathologiquement attachée à quelque chose de terrestre au point qu’elle est incapable de considérer la Lumière du Christ ou de son ange au moment de son apparition, malgré sa beauté. Cette âme est certes en état de mort spirituelle, sans être pourtant coupable d’un blasphème explicite contre l’Esprit. Elle peut donc être sauvée. Pour que la parousie du Christ puisse produire son effet, à savoir le choix lucide entre le Ciel ou l’enfer, il est nécessaire que la gangue qui l’enferme soit quelque peu et progressivement dégrossie.
La deuxième peut venir du refus d’une âme mourante d’affronter l’apparition lumineuse du Ciel, à cause de la conscience d’un important crime passé non pardonné, comme dans ce texte : « A cette vue, Simon-Pierre se jeta aux genoux de Jésus, en disant: « Eloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur! » Ainsi, sainte Faustine décrit le salut d’un grand pécheur de ce purgatoire à travers un dialogue entre l’âme et Jésus :
« - L'âme, comme éveillée : Est-il possible qu'il y ait encore de la miséricorde pour moi ? demande-t-elle pleine d'effroi.
- Jésus : C'est justement toi, mon enfant, qui as un droit exclusif à ma miséricorde. Permets à ma miséricorde d'agir en toi, dans ta pauvre âme ; permets aux rayons de la grâce d'entrer dans ton âme, ils apportent avec eux la lumière, la chaleur et la vie.
- L'âme : Pourtant la crainte m'envahit au seul souvenir de mes péchés et cette terrible frayeur me pousse à douter de Ta bonté. »
Pour ces deux raisons, le Christ ou son ange peuvent retarder leur parousie. L’âme qui s'accroche à cette terre reste dans le passage de la mort, bloquée sur les lieux où elle a péché sans pouvoir se livrer au péché. Elle touche du doigt d’une certaine façon la vanité du péché. De même, l’âme qui, ayant commis un grand péché, fuit la rencontre de son juge, délaissée dans le désespoir solitaire de ce second purgatoire, visitée au bout d’un long temps d’abandon par les anges ou par la prière des vivants, peut apprendre à demander pardon.

2° La deuxième raison est l’instruction des vivants lorsque, par exception, les âmes en peine de ce purgatoire manifestent leur présence. À la vue de leurs souffrances, les vivants sont amenés à convertir leurs mœurs pour éviter à leur tour de subir cette errance qui suit la mort. En outre, les vivants sont ainsi conduits à offrir leurs prières comme adoucissement aux peines des morts. Pour cela, Dieu permet parfois que les âmes de ce purgatoire apparaissent ou se fassent entendre des vivants. Il leur est difficile de le faire par elles-mêmes car le corps psychique qu’elles gardent est peu adapté à ce genre de contact. C’est pourquoi ceux qui parlent des phénomènes des revenants décrivent parfois la vision d’un corps vaporeux, fait d’énergie physique. Il faut en tout cas tenir que la subsistance de ce lien avec la matière est naturel, comme nous l’avons dit précédemment, même si sa manifestation aux vivants n’est pas aisée pour l’âme faite pour se rendre visible à travers son corps charnel.
La plupart du temps, l’apparition est produite à travers une aide de Dieu et de ses anges. Le phénomène des revenants, quand il se produit, ne doit pas effrayer. Qu’on se rappelle la réaction des disciples de Jésus quand ils le virent s’approcher d’eux en marchant sur les eaux : « Ils crurent que c’était un fantôme, et poussèrent des cris. »

Solutions :
1. Ce purgatoire n’est pas voulu par Dieu directement et par soi mais comme un moyen, une dernière planche de salut, adaptée à certaines âmes. Il peut y avoir dans cette expérience un réel progrès spirituel de certains hommes matérialistes et encore rustres, peu disposés à accueillir l’apparition lumineuse de l’ange de Dieu ou du Christ. Cette prolongation de la vie terrestre, peut faire naître une plus grande sensibilité au spirituel. Ce purgatoire devait être très fréquent dans les temps anciens, à l’époque frustre des générations antiques, selon l’Écriture : « Ce sont les héros du temps jadis, ces hommes fameux. Yahvé voyait que la méchanceté de l'homme était grande sur la terre et que son cœur ne formait que de mauvais desseins à longueur de journée. » De nos jours, la sensibilité et la culture s’étant affinées, il semble être moins universellement nécessaire. Cela explique des récits tels que ceux rapportés par saint Bernard.

Traité des fins dernières, Q. 16, a. 3 — La peine principale du shéol est-elle la solitude de l’errance ?

Objections :
Il ne semble pas qu’on puisse qualifier ce purgatoire par les notions de solitude et d’errance. En effet, pour caractériser un purgatoire, il faut quelque chose qui lui soit propre, comme la parousie du Christ glorieux dans le troisième. Or la terre est elle aussi le plus souvent un lieu de solitude, sans compter les purgatoires qui suivent la parousie du Christ.
2. Dans cette comparaison, Jésus dit à ses disciples : « En vérité, je vous le dis, il sera difficile à un riche d'entrer dans le Royaume des Cieux. Oui, je vous le répète, il est plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume des Cieux. » Il semble donc que ce purgatoire, adapté aux âmes riches, se caractérise par le détachement de soi-même et non par la solitude et l’errance.

Cependant :
Le psaume 116, 3 dit : « Les lacets de la mort m'enserraient, les filets du shéol; l'angoisse et l'affliction me tenaient, j'appelai le nom de Yahvé. De grâce, Yahvé, délivre mon âme! » et le livre de la sagesse 17, 2 ajoute : « Alors que des impies s'imaginaient tenir en leur pouvoir une nation sainte, devenus prisonniers des ténèbres, dans les entraves d'une longue nuit, ils gisaient enfermés sous leurs toits, bannis de la providence éternelle. Alors qu'ils pensaient demeurer cachés avec leurs péchés secrets, sous le sombre voile de l'oubli, ils furent dispersés, en proie à de terribles frayeurs, épouvantés par des fantômes. Car le réduit qui les abritait ne les préservait pas de la peur; des bruits effrayants retentissaient autour d'eux, et des spectres lugubres, au visage morne, leur apparaissaient. »

Conclusion :
Dans le passage de la mort, le mourant n’est pas nécessairement confronté d’un seul coup à toutes les étapes qui le conduiront au choix éternel. Il arrive que ce ne soit que dans un second temps que le Christ paraisse et que sa gloire libère l’âme de toute faiblesse et ignorance. Ainsi, lorsque le Christ retarde son apparition, c’est pour mieux la disposer au salut. Dans cette circonstance, le péché contre le Père, à savoir le péché mortel de faiblesse et le péché contre le Fils, à savoir le péché du à l’ignorance restent possibles. Sans pouvoir atteindre une finalité ni sur terre ni au Ciel, l’âme erre entre deux mondes à la recherche d’un but. Privée pour un temps de toute affection humaine et divine, elle se tourne vers les créatures avec angoisse, ne parvenant plus à en obtenir de satisfaction. Ne pouvant être vues par les hommes vivants (sauf cas exceptionnel) et étant séparées de l’au-delà, leur solitude est totale. Si cette solitude dure plusieurs années, plusieurs siècles, elle finit par produire un retournement. La vanité des choses auxquelles elles sont attachées finit par s’imposer. Ils comprennent que l’unique bien est l’Amour ou au contraire l’égoïsme. Comme un feu contrariant la nature de son esprit et de sa sensibilité, l’effet douloureux de cette errance affine l’âme et la dispose à recevoir en temps voulu deux choses :
1° Un détachement de ses anciennes affections terrestres.
2° Une soif ardente d’un salut.

Solutions :
1. Chacun des purgatoires participe, d’une manière ou d’une autre, à la transformation de l’esprit humain dans l’humilité et l’amour en vue de l’union à Dieu. Pour les caractériser, on regarde ce qui est universellement vécu dans chacun d’eux. Ainsi, pour le premier purgatoire, celui de cette terre, qu’on peut aussi appeler « premier Ciel », la vie est liée au corps biologique. C’est pourquoi ce premier ciel est physique et sa purification peut être caractérisée par la dimension de fragilité charnelle, la nécessité de se nourrir et de mourir, l’incertitude sur la survie après la mort.
Le deuxième ciel est le ciel psychique. L’âme est enserrée dans les liens de sa propre psychologie pécheresse et elle est conduite à s’en détacher par une confrontation à la solitude. Faite pour aimer, l’âme s’ennuie, puis souffre, puis appelle.
Le troisième Ciel est mystique car il correspond à la parousie du Christ accompagné des saints et des anges, qui délivre l’âme de ses faiblesses et de ses ignorances, et lui communique, si elle l’accepte, la plénitude de la grâce sanctifiante.
Quant au fait que certains vivent de cette grâce sanctifiante dès le premier ciel, il n’implique pas qu’on doive caractériser la vie terrestre par cette grâce qui est le fait d’un petit nombre.
2. Le détachement de soi-même est une des dispositions du cœur nécessaire comme préparation à une bonne réception de la grâce. En ce monde, ce détachement -qu’il soit matériel, psychologique ou spirituel- est produit principalement par le silence de Dieu, l’injustice, la famine, la maladie, la guerre et la mort, comme le montre le livre de l’Apocalypse 6-8, à travers les sept mystères scellés. Mais parfois, ces épreuves n’arrivent pas ou ne suffisent pas. C’est pourquoi, dans le passage de la mort et avant la parousie du Christ, cet effet peut être approfondi par la douloureuse expérience de la solitude, dans un séjour ou la souffrance physique n’existe plus, mais où le psychisme humain reste fait pour la compagnie de ses proches, tandis que son esprit reste en attente d’un sens à la vie. C’est pourquoi, bien que le deuxième purgatoire vise à libérer l’âme de ses richesses, il peut être caractérisé par son épreuve significative qui est la solitude et l’errance.

Traité des fins dernières, Q. 16, a. 4 — Les âmes de ce purgatoire sont-elles tourmentées par les démons ?

Objections :
1. Il ne convient pas que les anges révoltés viennent tourmenter et tenter les âmes de ce purgatoire. En effet, les démons ont reçu un pouvoir provisoire en cette terre, par le choix libre d’Adam et Eve lorsqu’ils vivaient dans leur chair. Or, dans la mort, le corps de chair ayant disparu, le pouvoir donné par Adam et Eve disparaît aussi.

Cependant :
Le chapitre 17 du livre de la Sagesse décrit le tourment qui en sort : « Pour eux, impuissants durant cette nuit des profondeurs de l'Hadès, ils étaient tantôt poursuivis par des spectres monstrueux, tantôt paralysés par la défaillance de leur âme ; car une peur subite et inattendue les envahissait. Celui qui tombait là, quel qu'il fût, se trouvait emprisonné dans cette geôle sans verrous. » Tout ceci relève à la fois de la faiblesse d’une psychologie malade et non délivrée du « foyer du péché », et des tentations des démons.

Conclusion :
Ce deuxième purgatoire est, rappelons-le, un prolongement exceptionnel de la vie terrestre, adapté à certaines âmes. Il est donc logique que certains des instruments de Dieu utilisés pour notre salut en cette vie soient encore utilisés. Ainsi en est-il de l’ignorance, mais aussi de certaines des faiblesses psychologiques de cette terre. Tel en est-il aussi du rôle de Satan qui, pour ce qui est de lui, n’a pas pour but de sauver l’homme mais au contraire de l’habituer à l’égoïsme.
Or il faut remarquer que les anges révoltés peuvent visiter l’homme sous deux formes :
1° Ils se font serpent (Satan) sur cette terre: Leur action consiste à se cacher dans la vie des hommes pour les habituer à des égoïsmes matériels - plaisir égoïste, argent égoïste, gloire égoïste -. Le but de Satan est de disposer la volonté humaine à l'égoïsme.
2° Mais les démons se montrent sous leur vrai jour d'Anges de lumière (Lucifer) au dernier moment de notre vie, c’est-à-dire à l'heure de notre mort et à la fin du monde. Là, ils nous révèlent la vraie raison de leur révolte à savoir la liberté, la dignité, l’exigence d'un changement des plans de Dieu, le refus de l'humilité et de l'amour. Ils espèrent que, habitués à l'égoïsme, nous les suivrons librement dans leur révolte.
Dans ce deuxième purgatoire, c’est en tant que Satan que les anges révoltés tourmentent les âmes. Ils prolongent leur œuvre de la terre en appliquant à l’âme des tentations cependant moins charnelles, le corps ayant disparu. Ils les tentent principalement par la convoitise frustrée, le désespoir et la colère.
Ce n’est que lorsque arrive le troisième purgatoire, à savoir la parousie du Christ, que les démons se montrent comme Lucifer, présentant à la liberté de l’âme son projet de salut alternatif.

Solutions :
1. Comme on l’a dit, ce purgatoire est un prolongement de cette vie et non une partie de l’autre monde. Tant que le Christ n’est pas venu, lui qui détient les clefs de l’Hadès , certaines des lois de cette vie fragile restent utiles pour le salut de l’âme. Ainsi en est-il de l’Hadès que le Christ vient visiter lui-même, à l’heure qu’il estime la plus adaptée au salut.

Traité des fins dernières, Q. 16, a. 5 — Ce purgatoire est-il plus douloureux que la vie d’ici-bas ?

Objections :
Il ne semble pas car, sur un point au moins, ces âmes expérimentent leur immortalité, chose dont beaucoup doutent dans l’angoisse sur terre.
2. La vie terrestre laisse l’homme dans un état proche de l’animal puisqu’il doit trouver chaque jour sa nourriture et peut mourir d’un simple accident. Dans le passage de la mort, l’âme est délivrée de tout cela. Donc ce purgatoire est moins douloureux et plus stable que la vie terrestre.
3. Le livre de Job montre que le shéol est souvent un séjour de paix par rapport à la misère de cette vie : « Or mon espoir, c'est d'habiter le shéol, d'étendre ma couche dans les ténèbres. »

Cependant :
L’Ecriture Sainte décrit le shéol comme un séjour sans joie : « Les flots de la Hadès m'enveloppaient, les torrents de Bélial m'épouvantaient; les filets du shéol me cernaient, les pièges de la mort m'attendaient. »

Conclusion :
On peut regarder chaque purgatoire de deux façons :
1° D’abord selon les lois générales qui le caractérisent. Le deuxième purgatoire a pour but de briser le cœur endurci de ceux qui y transitent à travers l’expérience d’une longue et désespérante solitude et errance. La personne étant seule et n’ayant plus son corps de chair, mais seulement sa vie sensible, rien ne peut venir la distraire de l’angoisse. En comparaison, les lois de la vie terrestre permettent de grands moments de bonheur. Donc, selon ses lois générale, le shéol est plus étranger à la nature humaine et beaucoup plus douloureux.
2° On peut regarder chaque purgatoire selon la manière individuelle dont il a été vécu. Selon cette approche, il arrive que le premier purgatoire, celui de cette terre soit pour certains le plus terrible de tous. Je vise principalement les personnes qui, n’ayant pu trouver de réconfort à l’angoisse dans des occupations extérieures ou dans un endurcissement de leur âme, sont extrêmement sensibles à l’épreuve, parfois jusqu’à mettre un terme à leur vie. Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, ayant connu cette tentation du désespoir dès ici-bas dans les affres de sa maladie et du silence de Dieu, écrivait qu’elle comprenait l’acte de ceux qui désirent la mort. Pour ces personnes là, le plus terrible des purgatoires peut être la terre.

Solutions :
1. Sous le point de vue de l’épreuve de la mortalité, le purgatoire de la terre est effectivement le plus terrible puisque les âmes du shéol expérimentent leur indestructibilité. Cependant, non seulement l’homme ne pense pas sur terre à chaque instant à sa mort, mais il peut soit par raisonnement philosophique soit par la foi, vivre dans la certitude de la survie.
Cependant, on doit admettre que pour certains hommes, ceux qui vivent dans l’angoisse de leur mortalité et de la vanité de toute chose, cette épreuve peut être source de désespoir et être donc de la plus terrible des souffrances qu’aucun autre purgatoire ne pourra dépasser.
2. « L’homme ne vit pas seulement de pain… », dit Jésus. Celui qui a souffert expérimente que plus la souffrance touche une dimension profonde de son être, plus elle est douloureuse.
1° Ainsi les souffrances physiques seules, sont moins douloureuses que 2° les souffrances psychologiques à savoir que les passions négatives comme la tristesse, la peur, le désespoir. L’incertitude, source de peurs et d’espoirs alternés, de l’homme qui ne sait pas s’il sera torturé le fait plus sûrement parler que les tortures physiques d’un homme qui, fort dans sa psychologie, défie ses bourreaux. 3° De même les souffrances spirituelles comme le fait d’avoir livrer ses amis à l’ennemi pour éviter la torture physique sont plus douloureuses que la torture elle-même. 4° Au dessus de tout, les souffrances « mystiques », celles qui sont liées à la perte totale du sens à sa vie, conduisent ceux qui les subissent à l’idée du suicide.
Ainsi, si la disparition du corps charnel dans le passage de la mort délivre l’homme des douleurs physiques, elles exacerbent la sensibilité à la douleur psychologique par l’incapacité de l’âme à atteindre les plaisirs sensibles de jadis, spirituelle par l’absence de la compagnie de sa famille et de ses amis, et mystique à cause du silence du Ciel resté fermé. C’est ce que montre Moïse dans le désert de l’Exode, qui est le symbole du shéol : « Il t'a humilié, il t'a fait sentir la faim, il t'a donné à manger la manne que ni toi ni tes pères n'aviez connue, pour te montrer que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais que l'homme vit de tout ce qui sort de la bouche de Yahvé. »
3. Pour l’homme qui vit sur terre un vrai désespoir, tout autre lieu que cette vie devenue insensée semble meilleure. Pourtant, le suicide ne résout rien et celui qui le pratique doit, comme tout homme, à un moment où à un autre, soit dans le passage de la mort ou après la parousie du Christ, expérimenter cette mort à lui-même pour entrer dans le septième Ciel de la Vision de Dieu. Voilà pourquoi le suicide est un acte dommageable, quoique souvent pardonné puisque le plus souvent regretté, et qui ne fait que retarder la purification de l’âme.

Traité des fins dernières, Q. 16, a. 6 — Les âmes de ces purgatoires sont-elles saintes ?

Objections :
1. Elles sont nécessairement saintes, c’est-à-dire en état de mérite, sinon, selon le dogme solennel de Benoît XII , elles sont damnées pour l’éternité puisque ces âmes vivent après la mort. En effet, Benoît XII écrit : « Selon la disposition générale de Dieu, les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel descendent aussitôt après leur mort en enfer. »
2. Sainte Catherine de Gênes note : « L’ardent désir de Dieu est ressenti comme une peine qui est proprement celle du purgatoire. » Or un ardent désir de Dieu est la définition de la sainteté. Donc…

Cependant :
Loin d’être saints, les Hébreux excitèrent la colère de Dieu par leur refus d’entrer dès leur sortie d’Egypte dans la Terre promise. C’est donc à cause de leurs péchés que Dieu les condamna à errer puis à mourir au désert. De même, les âmes ne restent dans le shéol jusqu’à leur mort à elles-mêmes par le désespoir qu’à cause de leur péché grave et actuel.

Conclusion :
Les âmes de ce deuxième purgatoire sont nécessairement en état de mort spirituelle. Comme nous l’avons montré, elles ne restent dans le passage de la mort que pour deux causes :
1° Leur attachement extrême à la terre.
2° Leur refus de rencontrer la lumière du Christ, à cause d’un grand péché dont, ayant conscience, les paralyse dans la peur.
Or ces deux causes sont deux péchés contraires à l’existence de la charité. Un homme centré sur des biens créés ou effrayé par la venue du Messie ou de son ange ne peut en même temps l’aimer dans une amitié réciproque.
Mais c’est parce que ces péchés mortels ne constituent pas un blasphème contre l’Esprit Saint (pleine lucidité et maîtrise de soi) que ce purgatoire à sa raison d’être. Ces âmes peuvent être sauvées et ce prolongement de vie dans l’errance vise à les disposer à accueillir l’Evangile du Christ au jour de sa venue.

Solutions
1. Comme nous l’avons montré, ce purgatoire n’est pas « après la mort. » Il est le passage de la mort lui-même, dont la durée est prolongée exceptionnellement pour certaines âmes. Les expressions bibliques « shéol » ou « Hadès » ne signifient pas autre chose que « la mort. » Elle est un passage qui peut durer plusieurs jours selon Marthe Robin, voire des années après la mort au sens clinique du corps charnel, selon des récits dignes de crédibilité. La partie psychique de son être subsistant, ces morts errent entre deux séjours, parfois sur la terre ou dans les parvis de l’autre monde, sans avoir vécu la parousie du Christ, des saints et des anges. Si, face à la venue du Christ qui se produit dans ce passage, une âme du shéol s’obstine dans son péché mortel, c’est qu’elle est dans un état de blasphème contre l’Esprit Saint. Elle est alors damnée pour l’éternité car elle entre dans le monde qui suit la mort en état de démérite parfaitement lucide, volontaire et libre.
2. Sainte Catherine de Gênes ne parle pas ici de ce purgatoire mais des trois purgatoires mystiques où les âmes saintes qui ont choisi d’aimer le Christ après sa parousie achèvent de se purifier après la mort et le jugement dernier. Dans le shéol, il règne cependant un ardent désir de Dieu, douloureusement ressenti. La grande différence est que cette angoisse, les âmes du shéol n’en connaissent pas toujours la cause alors que dans les purgatoires vus par sainte Catherine de Gênes, les âmes sont paisiblement établies dans la charité et ont compris, comme saint Augustin dans ses Confessions que leur cœur fait pour Dieu aimait jadis Dieu sans le savoir et avant même de le connaître.
Traité des fins dernières, Q. 16, a. 7 — Les âmes du shéol peuvent-elles se damner ou au contraire peuvent-elles mériter ?

Objections :
1. Selon saint Thomas d’Aquin, le temps de la vie terrestre est celui du mérite et du démérite. Après cette vie terrestre, vient le temps de recevoir la récompense de son mérite ou démérite. Or, si ces âmes sont en état de démérite, elles recevront nécessairement l’enfer. Ce qui n’est pas toujours le cas. Donc ces âmes sont saintes.
2. Sainte Catherine de Gênes dans son Traité du purgatoire que les âmes du purgatoire sont assurée de leur salut et en éprouvent une joie constante. Donc elles ne peuvent se damner.

Cependant :
Sainte Brigitte de Suède rapporte ce dialogue entre Satan et la vierge Marie, à l’occasion de la mort et du salut miraculeux de son fils : « Le démon se mit alors à crier : « Écoutez, Juge tout-puissant. J'ai à me plaindre de votre mère (…). Elle m'a injustement ravi l'âme qui comparaît devant vous. Car, en bonne justice, j'avais le droit de m'en emparer au moment de sa sortie du corps et de l'amener, avec mes compagnons, devant votre tribunal. Or, ô juste Juge, l'âme n'était pas sortie pour ainsi dire du corps, que cette femme, votre Mère, s'en est saisie, l'a couverte de sa puissante protection, et vous l'a présentée. » La sainte Vierge dit à Satan : "Tu vois, Satan, dans quelles dispositions cet homme est mort. Que te semble-t-il donc ? N'était-il pas juste que je prisse cette âme sous ma protection devant le tribunal de Dieu, et pouvais-je la laisser tomber en tes mains pour partager tes supplices?" Et Satan demanda de nouveau: "Pourquoi, ô Reine, à l'heure de l'agonie de cette âme, nous avez-vous mis en fuite de telle sorte qu'aucun de nous n'a pu ni la troubler ni l'effrayer?" »
Sainte Faustine rapporte en sens contraire le cas d’une possible damnation dans le passage de la mort : « "Conversation de Dieu miséricordieux avec l'âme désespérée :
- Jésus : Ame plongée dans les ténèbres, ne désespère pas, tout n'est pas encore perdu, entre en conversation avec ton Dieu qui est amour et miséricorde même. - Mais malheureusement l'âme demeure sourde à l'appel de Dieu et se plonge dans des ténèbres plus grandes encore.
- Jésus l'appelle à nouveau : Ame, entends la voix de ton Père miséricordieux.
- Une réponse s'éveille en l'âme : Il n'y a plus pour moi de miséricorde. Et elle tombe dans des ténèbres encore plus grandes, dans une sorte de désespoir qui lui donne comme un avant-goût de l'enfer et la rend complètement incapable de se rapprocher de Dieu.
- Pour la troisième fois, Jésus s'adresse à l'âme, mais l'âme est sourde et aveugle et elle commence à s'affermir dans l'endurcissement et le désespoir. Alors des entrailles de la miséricorde divine un dernier effort est tenté et sans aucune coopération de l'âme, Dieu lui donne Sa dernière grâce. Si elle la dédaigne, Dieu la laisse alors dans l'état où elle-même veut être pour les siècles." » Donc, si on peut être sauvé ou damné dans le passage de la mort.

Conclusion :
Ce purgatoire est situé avant la mort accomplie, entre ce monde et l’autre, comme à la onzième heure de cette vie. Il a lieu avant la parousie du Christ qui permettra le choix définitif de l’âme. Donc l’âme n’a absolument pas reçu les conditions nécessaires à l’acte parfaitement lucide, volontaire et libre qui lui permettrait de se tourner vers la grâce ou au contraire de la rejeter. Comme sur terre, l’âme n’est absolument pas assurée de son salut dont, bien souvent, elle ignore la nature. Ce n’est que lorsque le Christ paraît à ces ouvriers de la onzième heure , qu’il les a appelés à la vigne pour y travailler, qu’ils peuvent s’y rendre ou refuser. Ainsi en est-il pour les âmes du shéol. Elles peuvent donc se damner.

Solutions :
1. Les ouvriers de la onzième heure ne sont pas « après la mort » mais dans le passage de la mort comme nous l’avons dit.
2. Sainte Catherine de Gênes dans son Traité du purgatoire, ne décrit pas ce purgatoire là mais les purgatoires qui se situent après le retour du Christ et après l’entrée dans l’autre monde.

Traité des fins dernières, Q. 16, a. 8 — Les âmes du shéol peuvent-elles prier pour nous ?

Objections :
1. Saint Alphonse de Ligori écrit : « On doit le croire pieusement, Dieu leur manifeste nos prières afin que ces saintes âmes intercèdent pour nous et qu’ainsi entre elles et nous soit conservé ce bel échange de charité ; Elles prient pour nous et nous prions pour elles. »

Cependant :
D’après l’opinion de saint Thomas d’Aquin, les âmes du purgatoire sont dans un tel état d’affliction qu’elles ne peuvent prier pour personne. Elles sont entièrement occupées de leur purification.

Conclusion :
Nous avons montré que ces âmes ne font du passage de la mort un séjour durable qu’à cause d’un attachement très fort aux choses de cette terre, ou encore par un acte de leur conscience qui fuit la lumière du Christ qui vient. Elles ne vivent donc pas de la charité et sont extrêmement centrées sur elles-mêmes. Tout cela ne constitue pas une disposition favorable à la prière.
Par contre, il se produit pour celles pour qui ce purgatoire se révèle profitable, non seulement un détachement vis-à-vis de la terre, mais un progrès dans le repentir selon cette parole biblique : « Les flots de la Mort m'enveloppaient, les torrents de Bélial m'épouvantaient; les filets du shéol me cernaient, les pièges de la mort m'attendaient. Dans mon angoisse j'invoquai Yahvé et vers mon Dieu je lançai mon cri; il entendit de son temple ma voix et mon cri parvint à ses oreilles. »
C’est pourquoi, lorsque l’âme arrive au terme de cette étape de purification, on doit dire que non seulement elle prie Dieu mais qu’elle se met à prier pour les hommes qu’elle voit puisque, comme on l’a dit, beaucoup font ce purgatoire dans les lieux mêmes où elles ont vécues et qu’elles ne quittent pas.

Solutions :
1. Saint Alphonse de Ligori parle ici des purgatoires mystiques qui suivent la parousie du Christ ou encore de l’état de certaines âmes du shéol, lorsqu’elles sont proches de leur délivrance et s’ouvrent enfin à la grâce.
A l’objection en sens contraire :
Il faut répondre que, comme sur terre, les dispositions intérieures des âmes de ce shéol sont diverses et peuvent évoluer selon qu’elles entrent dans une démarche de repentir ou au contraire se durcissent dans l’obstination. Il arrive que, au début de ce long temps d’errance, certaines sont entièrement prises par leurs attaches terrestres, tandis que vers la fin, usée par le désespoir et pleines de bonnes dispositions, elles se mettent à prier pour les hommes qu’elles voient dans les lieux où elles résident et qui, souvent, les ont eux-mêmes aidés de leurs prières.

Traité des fins dernières, Q. 16, a. 9 — Est-ce dans ce purgatoire que le Christ glorieux paraît dans sa gloire ?

Objections :
1. Le Christ devrait apparaître au tout début de l’entrée dans la mort et non au terme de ce passage.
2. D’après saint Paul, c’est plutôt la venue du démon ou de l’Antéchrist qu’on doit attendre avant la fin de cette vie : « Ne vous laissez pas trop vite mettre hors de sens ni alarmer par des manifestations de l'Esprit, des paroles ou des lettres données comme venant de nous, et qui vous feraient penser que le jour du Seigneur est déjà là. Que personne ne vous abuse d'aucune manière. Auparavant doit venir l'apostasie et se révéler l'Homme impie, l'Etre perdu, l'Adversaire, celui qui s'élève au-dessus de tout ce qui porte le nom de Dieu ou reçoit un culte, allant jusqu'à s'asseoir en personne dans le sanctuaire de Dieu, se produisant lui-même comme Dieu. »

Cependant :
L’Apocalypse 1, 17 rapporte cette parole du Christ : « Ne crains pas, je suis le Premier et le Dernier, le Vivant; je fus mort, et me voici vivant pour les siècles des siècles, détenant la clef de la Mort et de l'Hadès. » Donc c’est le Christ qui met fin à l’Hadès en y apparaissant aux mourants.
De plus, avant et après sa passion, le Christ dit et fait dire de nombreuse fois à ses disciples par des anges : « Il est ressuscité d'entre les morts, et voilà qu'il vous précède en Galilée; c'est là que vous le verrez. » Or, la Galilée des nations est présentée par l’Ecriture comme le sombre pays de la mort : « Galilée des nations ! Le peuple qui demeurait dans les ténèbres a vu une grande lumière; sur ceux qui demeuraient dans la région sombre de la mort, une lumière s'est levée. » C’est donc dans ce passage de la mort que le Christ paraît dans sa gloire à tous les hommes de toutes les nations.

Conclusion :
Universellement, pour tous les hommes de tout temps, il est nécessaire que, avant l’entrée dans l’autre monde, la Bonne Nouvelle du salut soit prêchée en pleine lumière et sans que la personne soit esclave de quelques faiblesse ou peur. Cela se fait déjà en cette chair pour certains et dans le passage de la mort pour tous, de telle manière que tout homme qui entre dans l’autre monde soit en état de mérite ou de démérite de manière entièrement libre.
C’est pourquoi, avant l’incarnation du Verbe, cette annonce de la future rédemption était faite par un messager de Dieu, tandis que, après la rédemption, elle est accomplie par le Christ lui-même accompagné des saints et des anges, comme nous l’avons montré dans la question 8. C’est pourquoi le pape Paul VI rappelle dans le Credo de 1968 : « Le Christ viendra de nouveau, en gloire cette fois, pour juger les vivants et les morts : chacun selon ses mérites - ceux qui ont répondu à l'amour et à la pitié de Dieu allant à la vie éternelle, ceux qui les ont refusés jusqu'au bout allant au feu qui ne s'éteint pas. »

Solutions :
1. Dieu patiente, selon saint Pierre : « Le Seigneur ne retarde pas l'accomplissement de ce qu'il a promis, comme certains l'accusent de retard, mais il use de patience envers vous, voulant que personne ne périsse, mais que tous arrivent au repentir. Il viendra, le Jour du Seigneur, comme un voleur ; en ce jour, les cieux se dissiperont avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, la terre avec les œuvres qu'elle renferme sera consumée. » Pour la même raison, pour le salut de quelques-uns, rien n’empêche que cette patience de Dieu se prolonge dans la mort, le Christ retardant de quelques jours ou quelques années son apparition, laissant l’âme découvrir la stupidité de son attachement aux vanités de cette terre.
2. Il est vrai que, pour la liberté du choix, il est nécessaire que Lucifer paraisse aussi avant l’entrée dans l’autre monde Mais auparavant, l’âme doit être confrontée à la venue de Lucifer selon ce texte de saint Paul . Lucifer présente à l’âme, comme séducteur puis accusateur son projet fondé sur une liberté orgueilleuse. Mais saint Paul ajoute, dans le même passage : « Alors l'Impie se révélera, et le Seigneur le fera disparaître par le souffle de sa bouche, l'anéantira par la manifestation de sa venue. » ce qui signifie tout homme recevra toute l’aide qu’il lui faut pour échapper à l’attraction de l’enfer. C’est pourquoi sainte Faustine conclut sa vision du salut d’un grand pécheur dans le passage de la mort : « - Jésus : Ame, sache bien que tous tes péchés ne m'ont pas blessés aussi douloureusement le cœur, que ta méfiance actuelle ; comment peux-tu demeurer incrédule devant ma bonté ?
- L'âme : O Seigneur, sauve-moi Toi-même, car je péris, sois pour moi le Sauveur. O Seigneur, je ne suis pas en état d'exprimer le reste, mon pauvre cœur est déchiré, mais Toi, Seigneur...
Jésus ne laissa pas l'âme terminer ces mots, mais l'enleva de terre, de cet abîme de misère et en un moment la conduisit en la demeure de son propre Cœur où tous ses péchés disparurent en un clin d'œil, le feu de l'amour les détruisit. »
Arnaud
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Cinci »

Raistlin, en reprise :

Mr Dumouch me semble coller à l'enseignement du Magistère.

Autant on peut lui reprocher sa confiance excessive en des apparitions privées et certaines de ses théories théologiques (et je dis cela d'autant mieux que je trouve moi-même certaines de ses théories complètement intenables [Il existe une marge pour les opinions]), autant il me semble difficile de l'accuser de ne pas être fidèle au Magistère. - Raistlin, p.69

- Voilà.



Mais l'Église affirme que la possibilité d'être associé au mystère pascal (et donc de se positionner face à Jésus) est offerte à tout homme. Dieu ne piège personne. Comment cela se passe ? Nul ne peut le dire avec certitude. La théorie de Mr Dumouch sur l'heure de la mort est à ce tire, très intéressante. Sa seule faiblesse est qu'il la généralise et en fait quelque chose de systématique (et qu'il y ajoute certaines considérations issues des NDE/EMI qui sont très douteuses).

Personnellement, j'apprécie aussi beaucoup ce que dit le père Gallez : ce qui sauve, c'est la rencontre avec le Christ, et tout homme se verra proposer cette rencontre, que ce soit ici bas où dans le "temps" qui s'écoule entre la mort clinique et la mort spirituelle.

- C'est ça.

Quant à savoir comment Dieu s'assure que tout homme se voit proposer une chance d'être associé au mystère pascal, je suis d'accord, l'Église ne se prononce pas. Mais ce n'est pas pour cela que la théologie doit se taire. Il est autorisé de se poser la question et d'y chercher une réponse. Celle de Mr Dumouch (la visite du Christ à l'heure de la mort) est intéressante.

- Exactement.
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Cinci »

Arno,
Bonjour Cinci,

avez vous lu le livre l'heure de la mort d'Arnaud Dumouch
il est sur internet
http://eschatologie.free.fr/livres/heuremort.htm
Merci de me le signaler. J'avais vu qu'il en était question, il y a quelques mois. Je ne l'aurai parcouru en diagonal, assez rapidement -et encore ! - comme certains chapitres seulement. Donc, non je n'ai pas tout lu.

Mon attention aurait plutôt porté sur ce que Arnaud aura pu dire, ici, dans ce fil, au cours des différents échanges.
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Peccator »

Question naïve : pourquoi ne pas passer votre doctorat en Belgique, tout simplement ?
Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux. Mc 14, 36
Cinci
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Cinci »

Enfin ...
J'ai fait à peu près comme Peccator, j'ai échantillonné des plages ici et là.

dont, selon Arnaud Dumouch,
l'âme continue à se promener dans l'au delà dans années après sa mort, sans être jugé par Dieu, Arnaud Dumouch
parle, en général, pour les défunts, d'un travail de décantation, d'évolution post mortem, ne savez vous pas que c'est précisément la vision du spiritisme
alors que chez les chrétiens l'âme est immédiatement jugée après la mort ?

ne trouvez vous pas gênant qu'Arnaud Dumouch présente tel point du spiritisme comme un enseignement de la théologie catholique ?
Pour le conte en question, moi, à la différence de Peccator : celui-ci ne m'aura pas scandalisé. Je le recevrais comme une sorte d'allégorie. Je veux dire qu'il n'est pas à prendre au pied-de-la-lettre. Une ébauche de poésie, si vous voulez.

Je pense qu'il veut montrer l'aspect relatif du temps là-dedans, le caractère surprenant de l'affaire, la difficulté de se représenter. mais on voit tout de même le motif général.

Il ne me semble pas qu'Arnaud voudrait présenter le «spiritisme» comme un enseignement dogmatique de l'Église. A ma connaissance, il y a beaucoup de chose dans le domaine spirituel et sur laquelle l'Église ne se prononcera pas; qui ne veut pas dire non plus qu'elle tiendrait pour faux ou inexistant tout ce sur quoi elle n'aurait pas statué. Vous n'auriez qu'à écouter le père Verlinde, et voir tout ce qu'il raconte à propos des divers couches de la réalité (ses ''entités'' d'un niveau vibratoire ou de l'autre) ... jamais l'Église ne se serait prononcé là-dessus (jamais dans le détail en tout cas). C'est pour dire ici, comme à propos de la question des âmes errantes qui est évoqué, ce qui choque Peccator en particulier : je n'ai jamais vu, lu ou trouvé à quelque part que l'Église catholique aurait quelque chose à dire pour nier drastiquement une phénoménalité étrange de cet ordre*. Mon sentiment ici, ma pensée, mais c'est que l'on se retrouvera encore dans le domaine de l'opinion.

Le travail de décantation au travers la mort dont Arnaud parle me semble renvoyer à une sorte de rumination de la personne sur elle-même, permettant de dégager au plus net la vérité du sujet lui-même. A partir du conte, je devrais conclure que le choix du Führer aura été réalisé avant sa mort (exemple : le jusqu'au boutisme et jusqu'à vouloir sacrifier jusqu'au dernier jeune dans une cause perdue, ainsi que son geste suicidaire ultime, qui n'est plus qu'une évasion orgueilleuse pour sauver la face, surtout pas une charité à faire envers quiconque); que ce qui l'aura animé avant sa mort le mènera ensuite au travers la mort à pérenniser lui-même son orientation malicieuse. C'est une façon de voir.

Le fait qu'Arnaud veuille représenter la dernière tentative de Dieu pour détourner de l'irréparable notre candidat à l'enfer, avec cette vision de sa vieille mère et de sa femme : une manière d'exprimer que notre homme n'a pas droit à ce stade-ci à une vision de Dieu en pleine lumière, mais néanmoins une vision de Dieu quand même (adapté) et comme la plus propre à le faire revenir. C'est un peu comme si c'était le bon saint Pierre qui aurait dû se trouver là avec le visage rayonnant. Et ce qui serait bon pour à peu près tout le monde se révèle aversif pour le damné virtuel.

____
Note : dans la vie des saints, il s'en passe bien des choses étranges avec bilocation à l'occasion cf. Padre Pio. Absolument rien pourrait rendre compte qu'une personne puisse être à plus d'un endroit à la fois. Phénoménalité bizarroïde pour phénoménalité bizarroïde ... hein ? Alors pourquoi pas un mort dans le schéol et comme en même temps errant dans quelque désert .... On tomberait ici dans l'aspect difficulté de se représenter les choses, et un peu à l'instar de certains évangéliques aussi - scandalisés ! - incapables de se représenter des défunts priants pour eux, s'empressant d'accuser les catholiques de donner dans le spiritisme.
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Raistlin »

Arnaud Dumouch a écrit :Allez-y ! Cherchez. Trouvez un seul texte du Magistère qui définit ainsi la mort.
Allez-y ! Cherchez. Trouvez un seul texte du Magistère qui définit la mort telle que vous le faites.

La vérité Arnaud, c'est que l'Église, lorsqu'elle dit qu'après la mort vient le jugement, donne au mot "mort" le sens usuel, à savoir le fait qu'une personne ne soit plus en vie ici-bas, sans retour possible par des voies naturelles. Votre prétention de dire que ce mot représenterait autre chose est infondée car il n’y aucune raison de penser que l’Église ait voulu désigner autre chose.

Vous manipulez donc les mots et les concepts pour tenter de faire coller la doctrine catholique avec votre vision des choses. En bon fils de l’Église, c’est plutôt l’inverse que vous devriez faire : ajuster vos théories à la saine doctrine catholique.

Arnaud Dumouch a écrit :Lisez dans l'heure de la mort le chapitre 4 : LES SIX DEGRÉS DU PURGATOIRE
Mais enfin, à quel jeu jouez-vous ? Ai-je nié l’existence du Purgatoire ? Si par « Shéol », vous proposez un mode de Purgatoire, alors je n’ai aucun problème avec ça. Nul ne sait exactement comment se passe le Purgatoire et nous pouvons tout à fait envisager plusieurs « types » de Purgatoire.

En revanche, si par « Shéol », vous entendez un autre « lieu » que le Paradis, l’Enfer et le Purgatoire, là je vous dis que vous faites erreur et que vous vous éloignez de la doctrine catholique qui ne reconnaît que ces trois là depuis l’avènement du Christ.

Arnaud Dumouch a écrit :Détrompez -vous :
Mais enfin Arnaud, vous devriez essayer de me lire pour changer. On gagnerait du temps.

Je n’ai jamais nié la pertinence de la distinction entre la mort biologique et le mort définitive (sans espoir de réanimation), ce que vous appelez l’heure de la mort. C’est un concept qui me paraît juste (je l’ai dit et redit). En revanche, je nie formellement – au nom de la doctrine catholique – qu’il puisse exister un lieu d’attente pour les âmes des défunts (donc mort de façon définitive d’après les lois de la nature) qui ne soit pas le Paradis, l’Enfer ou le Purgatoire. Et strictement AUCUN texte que vous avez cité ne vient me contredire car ces textes parlent justement de l’heure de la mort, mais non pas d’une salle d’attente.

Néanmoins, je n’exclue pas la possibilité qu’il y ait incompréhension entre nous. Aussi, je vous pose une simple question : qu’entendez-vous par Shéol ?
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Raistlin »

Cinci a écrit :Raistlin, en reprise :

Mr Dumouch me semble coller à l'enseignement du Magistère.
Je n'en suis plus si sûr... Il y a comme un arrière goût de doctrine spirite qui me semble douteuse. Mais je peux me tromper.
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Raistlin »

Rappelons un peu ce que dit le CEC :

1- Avant le Christ, les morts attendaient en un "lieu" appelé Hadès ou Shéol :
CEC a écrit :633 Le séjour des morts où le Christ mort est descendu, l’Écriture l’appelle les enfers, le Shéol ou l’Hadès (cf. Ph 2, 10 ; Ac 2, 24 ; Ap 1, 18 ; Ep 4, 9) parce que ceux qui s’y trouvent sont privés de la vision de Dieu (cf. Ps 6, 6 ; 88, 11-13). Tel est en effet, en attendant le Rédempteur, le cas de tous les morts, méchants ou justes (cf. Ps 89, 49 ; 1 S 28, 19 ; Ez 32, 17-32) ce qui ne veut pas dire que leur sort soit identique comme le montre Jésus dans la parabole du pauvre Lazare reçu dans " le sein d’Abraham " (cf. Lc 16, 22-26). " Ce sont précisément ces âmes saintes, qui attendaient leur Libérateur dans le sein d’Abraham, que Jésus-Christ délivra lorsqu’il descendit aux enfers " (Catech. R. 1, 6, 3). Jésus n’est pas descendu aux enfers pour y délivrer les damnés (cf. Cc. Rome de 745 : DS 587) ni pour détruire l’enfer de la damnation (cf. DS 1011 ; 1077) mais pour libérer les justes qui l’avaient précédé (cf. Cc. Tolède IV en 625 : DS 485 ; Mt 27, 52-53).
2- Depuis l'avènement du Christ, après la mort vient immédiatement le jugement particulier :
CEC a écrit :1021 La mort met fin à la vie de l’homme comme temps ouvert à l’accueil ou au rejet de la grâce divine manifestée dans le Christ (cf. 2 Tm 1, 9-10). Le Nouveau Testament parle du jugement principalement dans la perspective de la rencontre finale avec le Christ dans son second avènement, mais il affirme aussi à plusieurs reprises la rétribution immédiate après la mort de chacun en fonction de ses œuvres et de sa foi. La parabole du pauvre Lazare (cf. Lc 16, 22) et la parole du Christ en Croix au bon larron (cf. Lc 23, 43), ainsi que d’autres textes du Nouveau Testament (cf. 2 Co 5, 8 ; Ph 1, 23 ; He 9, 27 ; 12, 23) parlent d’une destinée ultime de l’âme (cf. Mt 16, 26) qui peut être différente pour les unes et pour les autres.

1022 Chaque homme reçoit dans son âme immortelle sa rétribution éternelle dès sa mort en un jugement particulier qui réfère sa vie au Christ, soit à travers une purification (cf. Cc. Lyon : DS 857-858 ; Cc. Florence : DS 1304-1306 ; Cc. Trente : DS 1820), soit pour entrer immédiatement dans la béatitude du ciel (cf. Benoît XII : DS 1000-1001 ; Jean XXII : DS 990), soit pour se damner immédiatement pour toujours (cf. Benoît XII : DS 1002).
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Cgs »

Les querelles de personnes ont été expurgées. Merci de rester dans les sujets théologiques uniquement.
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Mes propos qui apparaissent en vert comme ceci indiquent que j'agis au nom de la modération du forum.
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Arnaud Dumouch
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Arnaud Dumouch »

Merci pour ton ouverture d'esprit.
Raistlin a écrit :
Arnaud Dumouch a écrit :Allez-y ! Cherchez. Trouvez un seul texte du Magistère qui définit ainsi la mort.
Allez-y ! Cherchez. Trouvez un seul texte du Magistère qui définit la mort telle que vous le faites.
Faut-il recommencer ? Je vous ai mis toute une série de texte dont celui de Benoît XVI qui certes, ne veut pas définir mais qui, pour le moins, présente cette hypothèse à l'Eglise.
Raistlin a écrit : La vérité Arnaud, c'est que l'Église, lorsqu'elle dit qu'après la mort vient le jugement, donne au mot "mort" le sens usuel,

Vous le dites en temps que pape ? Et selon vous, le sens usuel, c'est l'arrêt de la respiration, l'EEG plat depuis plus de 10 minutes, L'irréversibilité (qui n'est plus la même depuis l'inventions des tecniques de réanimation)
Raistlin a écrit : En revanche, si par « Shéol », vous entendez un autre « lieu » que le Paradis, l’Enfer et le Purgatoire, là je vous dis que vous faites erreur et que vous vous éloignez de la doctrine catholique qui ne reconnaît que ces trois là depuis l’avènement du Christ.
Vous citez le Magistère. Il me faut le texte exact. A moins que vous entendiez par "doctrine catholique" la synthèse scolastique qui effectivement nie que la mort ait une durée. Mais dans ce cas, si la scolastique est infaillible, il n'y a plus de discussion possible.
Raistlin a écrit : Néanmoins, je n’exclue pas la possibilité qu’il y ait incompréhension entre nous. Aussi, je vous pose une simple question : qu’entendez-vous par Shéol ?
Merci pour votre prudence !!
Le séjour des morts où les âmes vivent tristement et comme des ombres, tel qu'il est rapporté dans la première partie de l'Ancien Testament, jusqu'ç la période grecque qui se met à envisager un enfer des damnés, un purgatoire et un paradis provisoire (le sein d'Abraham).

Voici quelques textes :
Genèse 37, 35 Tous ses fils et ses filles vinrent pour le consoler, mais il refusa toute consolation et dit : "Non, c'est en deuil que je veux descendre au shéol auprès de mon fils." Et son père le pleura.
Genèse 42, 38 Mais il reprit : "Mon fils ne descendra pas avec vous : son frère est mort et il reste seul. S'il lui arrivait malheur dans le voyage que vous allez entreprendre, vous feriez descendre dans l'affliction mes cheveux blancs au shéol."
C'est de ce lieu que parle Isaïe quand il annonce :
Matthieu 4, 14 pour que s'accomplît l'oracle d'Isaïe le prophète (8, 23) :
Matthieu 4, 15 Terre de Zabulon et terre de Nephtali, Route de la mer, Pays de Transjordane, Galilée des nations!
Matthieu 4, 16 Le peuple qui demeurait dans les ténèbres a vu une grande lumière ; sur ceux qui demeuraient dans la région sombre de la mort, une lumière s'est levée.
Il cela s'est réalisé par le Christ :

1 Pierre 3, 19 C'est lui Jésus qui s'en alla même prêcher aux esprits en prison,
1 Pierre 3, 20 à ceux qui jadis avaient refusé de croire lorsque temporisait la longanimité de Dieu, aux jours où Noé construisait l'Arche, dans laquelle un petit nombre, en tout huit personnes, furent sauvées à travers l'eau.
1 Pierre 4, 6 C'est pour cela, en effet, que même aux morts a été annoncée la Bonne Nouvelle, afin que, jugés selon les hommes dans la chair, ils vivent selon Dieu dans l'esprit.



D'après moi et le Père Gallez, cela continue : A chaque fois qu'un homme meurt de nos jours, le Christ lui apparaît accompagné des saints et des anges.

Exceptionnellement, ce passage qu'est le shéol se transforme en séjour où les âmes peuvent mourir à elles-même, comme l'indique cette allégorie du peuple Hébreux qui, au lieu de passer quelques jours dans le désert, y reste 40 ans.

C'est l'objet de mon prochain livre. Quant à, dire qu'il est un livre spirite, c'est typique : Je ne dis pas qu'il faut évoquer ces morts ! Dieu l'interdit.

Je dis simplement que ce phénomène existe. Vous n'allez pas vous mettre à utiliser les argument Protestants qui, pour leur part, nous accusent d'êtres des spirites car nous prions les saints du Ciel. Soyez prudent et patient avant de m'accuser de spiritisme. :D
Arnaud
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Raistlin
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Raistlin »

Arnaud,

J'ai rappelé dans mon précédent message ce que dit le catéchisme. Il me semble que les passages cités invalident complètement la théorie d'une sorte de salle d'attente avant le jugement particulier.

En revanche, la question de l'heure de la mort est pertinente car il y a réellement une distinction entre l'arrêt du coeur et de la respiration (mort clinique) et la mort réelle (les progrès de la médecine, notamment en mantière de réanimation en sont la preuve indéniable), que je définis comme étant le stade où aucun retour par des moyens naturels n'est possible. En gros, la mort, la vraie, celle dont on ne revient pas sauf miracle. Il me semble évident que lorsque l'Église dit qu'après la mort vient le jugement, elle désigne cette mort là, car c'est le sens évident.

Mais RIEN dans la tradition et l'enseignement catholiques ne me semble pouvoir accréditer l'hypothèse d'une sorte de lieu qui ne soit ni le Paradis, ni le Purgatoire ni l'Enfer et où les âmes. En revanche, on peut tout à fait concevoir plusieurs types de Purgatoire. Mais comme le dit l'Église, le Purgatoire n'est en vérité qu'une étape intermédiaire car les âmes du Purgatoire ont l'assurance d'être sauvées, il n'y a plus de choix ni de positionnement face au Salut, il est acquis.

Quant à vos références bibliques qui parlent de l'état des âmes des défunts avant l'avènement du Christ ou lors de sa descente aux enfers, elles n'ont aucune pertinence : l'avènement du Christ a justement tout changé. A ce jeu-là, vous devriez expliquer aux chrétiens qu'ils devraient se faire circoncire parce que c'est écrit dans l'Ancien Testament, ou sacrifier des taureaux, etc.

Voilà l'état des lieux de ce que je pense du sujet et de ce que me semble dire l'Église. Au demeurant, merci de bien comprendre que ce n'est pas votre théorie de l'heure de la mort que j'attaque.

Cordialement,
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Arnaud Dumouch
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Arnaud Dumouch »

Raistlin a écrit :Arnaud,

J'ai rappelé dans mon précédent message ce que dit le catéchisme. Il me semble que les passages cités invalident complètement la théorie d'une sorte de salle d'attente avant le jugement particulier.

Pas vraiment et pour vous le prouver, voici.

Je reprends vos passages marqué en gras :
633 Le séjour des morts où le Christ mort est descendu, l’Écriture l’appelle les enfers, le Shéol ou l’Hadès (cf. Ph 2, 10 ; Ac 2, 24 ; Ap 1, 18 ; Ep 4, 9) parce que ceux qui s’y trouvent sont privés de la vision de Dieu (cf. Ps 6, 6 ; 88, 11-13). Tel est en effet, en attendant le Rédempteur,
REPONSE : En attendant le rédempteur qui apparut jadis, le vendredi saint, dans le shéol et qui apparaît aujourd'hui pour chaque mort, dans le passage de la mort qu'est le shéol.
Raistlin a écrit : mais il affirme aussi à plusieurs reprises la rétribution immédiate après la mort
Pour moi : Après le passage de la mort, dans lequel le Christ paraît.

POUR VOUS : Après la mort au sens biologique où rien ne se passe.

Bref, puisque le Magistère m'autorise à définir la mort comme un passage ou un séjour, et vous autorise à la définir comme un instant ou il ne se passe rien, cela veut dire que l'Eglise n'estime pas avoir été poussée par l4Esprit Saint à définir la lmort dans le sens que vous dites mais que le débat reste libre.

Et puis un jour le Magistère tranchera. Ce jour là, l'un de nous deux adhérera à la théorie de l'autre ou à une troisième théorie que l'Eglise définira comme vraie.

Mais vous, Raislin, avez juqu'ici respecté cette libre discussion et c'est super : :oui:

Raistlin a écrit : Voilà l'état des lieux de ce que je pense du sujet et de ce que me semble dire l'Église.

Cordialement,
Attention juste à, cela : ne voyez pas dans le dogme plus qu'il n'y est écrit.
Arnaud
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