Je vous ai présenté les fondements anthropologiques des sacrements et de leur efficacité. Evidemment qu'on est différent avant et après, sinon pourquoi le faire ?gerardh a écrit :Ce à quoi je répond que le baptême est sacrement, c'est à dire le signe visible et efficace d'une action qui touche le corps et agit sur l'esprit.
Visible : je suis d’accord. Efficace : je ne suis pas d’accord, car un « sacrement » ne peutpas nous rendre meilleur ou différent entre l’état ex-post et l’état ex-ante.
Pourriez-vous m'expliquer comment vous comprenez l'homme, et ce qu'est un sacrement pour vous ? Parce que sinon, à part me répéter, je ne vois pas quoi dire.
Je ne comprend rien à cette citation, aussi je recopie le même passage (traduction Bible de la liturgie). J'inclue des éléments de contexte, car ils sont très importants.1 Pierre 3, 21 : or cet antitype vous sauve aussi maintenant, [c’est-à-dire] le baptême, non le dépouillement de la saleté de la chair, mais la demande [ou : engagement] à Dieu d’une bonne conscience, par la résurrection de Jésus ChristC'est en cela qu'il sauve : il purifie l'homme
18 nous rappelle que c'est le sacrifice de Jésus qui rachète le péché de l'homme.18 Car le Christ, lui aussi, a souffert pour les péchés, une seule fois, lui, le juste, pour les injustes, afin de vous introduire devant Dieu ; il a été mis à mort dans la chair, mais vivifié dans l’Esprit.
19 C’est en lui qu’il est parti proclamer son message aux esprits qui étaient en captivité.
20 Ceux-ci, jadis, avaient refusé d’obéir, au temps où se prolongeait la patience de Dieu, quand Noé construisit l’arche, dans laquelle un petit nombre, en tout huit personnes, furent sauvées à travers l’eau.
21 C’était une figure du baptême qui vous sauve maintenant : le baptême ne purifie pas de souillures extérieures, mais il est l’engagement envers Dieu d’une conscience droite et il sauve par la résurrection de Jésus Christ,
19 nous précise que Jésus est descendu aux enfers annoncer la Bonne Nouvelle à ceux qui n'ont pas pu l'entendre
20 nous explique que ceux qui sont "retenus en captivité" sont ceux qui ont refusé de faire la volonté de Dieu. Ce verset nous explique aussi que l'arche de Noë a permis à 8 personnes d'être sauvées des eaux, de traverser l'eau et de rester en vie.
21 nous explique qu'en cela, l'arche de Noë est une pré-figuration du baptême, ce même baptême qui nous sauve maintenant.
21 explique aussi que le baptême ne nettoie pas de souillures extérieures, mais nous engage, c'est à dire nous met sur le chemin qui mène à Dieu, et que c'est par la résurrection du Christ que le baptême nous sauve.
Donc, contrairement à ce que j'ai eu l'impression que vous cherchiez à dire, ce verset 21 de la 1e épitre de Pierre affirme très explicitement que le baptême sauve, qu'il sauve parce que ce n'est pas le corps qui est lavé, mais l'esprit qui est rendu droit et mis en route sur le chemin qu'est le Christ, et que c'est parce que le Christ est mort et ressuscité, par cette mort et cette résurrection que le baptême nous sauve.
Merci d'avoir proposé ce passage, je n'aurais pas trouvé plus explicite pour montrer comment le baptême, signe visible de l'action de Dieu, agit en réalité de manière invisible sur l'esprit.
Je suis bien d’accord et je ne vous le fais pas dire : ce serait d'ailleurs une discussion très utile.Il serait erroné de se limiter à ce seul verset des évangiles pour espérer comprendre l'économie du salut. Il faut réfléchir à ce que signifie "être sauvé). Il faut faire le lien avec la vie éternelle ("qui mange mon corps et boit mon sang aura la vie éternelle")...
A noter au passage qu’il n’y a pas de rapport direct entre Jean 6 et la Cène.
Je n'ai absolument aucun moyen de le savoir, et n'ai aucune envie de le savoir (enfin, si, mais ça c'est le péché de curiosité, et j'essaie de faire taire mon envie de savoir) : je ne suis pas juge de son âme, et ne suis pas non plus celui qui peut lui donner la grâce du salut. Moi, je ne suis que le serviteur de la miséricorde.Ce serait alors à mon tour de mettre un point d’interrogation : cette personne a-t-elle véritablement la foi comme elle le prétend ?
Cela va peut-être vous étonner, mais il m'arrive de faire attention aux mots que j'emploieNotez au passage que l’expression que vous employez (celui qui dit avoir la foi) est exactement celle du début du fameux passage de Jacques 2, et en est d’ailleurs une des clés de compréhension.
Non, et j'ai précédemment répondu pourquoi : un tel tableau est plus dangereux qu'utile, il y a grand risque d'y trouver de fausses certitudes.Merci cette fois de ne rien éluder : pourriez-vous, pour nous être en aide, compléter le tableau logique ?On peut continuer avec les œuvres si vous voulez.
Peut-être faudrait-il le faire sur un autre fil. En vérité, je ne sais pas : il y a un lien évident, donc il est sensé d'en parler ici. Mais d'un autre côté, l'épitre de Jacques mériterait largement d'être traitée dans un fil dédié.Mais si cela est trop complexe ou trop simplificateur, le mieux serait de diriger la discussion sur le texte de Jacques 2 : j’ai déjà proposé cela sur ce forum, mais sans réponse.
On tourne en rond, parce que nous ne partageons pas du tout la même signification de ce qu'est le baptême (qui est bel et bien un don de Dieu, une manifestation de la grâce).Non, elles sont le fruit de la foi qui est acquise par la conversion :Les œuvres sont le fruit du baptême
Ah... Mais alors, c'est le même problème qu'avaient les juifs avant Jésus : le croyant véritable est juste, et le juste est assuré de son salut, puisqu'il est reconnu juste au tribunal divin. Le problème, c'est que précisément, "nul n'est juste devant Dieu".Le chrétien (véritable) est une personne qui est née de nouveau (d’une vie qui est éternelle et de nature divine), et il est habité par le Saint-Esprit qui lui communique toutes choses. Malgré ses faiblesses il ne devrait pas avoir envie de refuser de faire ces œuvres.Celui qui se refuse à faire les œuvres dont Dieu le charge.
Hors, qui est le juste ? Précisément celui qui jamais ne refuse de faire la volonté de Dieu.
Que je sache, le sacrifice du Christ n'a rien changé à ce constat : aucun homme n'est juste, aucun homme n'est un croyant "véritable", aucun homme n'est un chrétien "véritable", au sens où vous utilisez le terme véritable ci-dessus.
Voir St Paul, Rm 7 :
Le chrétien véritable, à mon sens, ce n'est pas celui qui n'a jamais envie de refuser de faire les oeuvres, mais celui qui sait bien que ça lui arrive fréquemment, et qui pour cela vient offrir ses péchés à Jésus pour qu'ils lui soient pardonnés.18 Je sais que le bien n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans l’être de chair que je suis. En effet, ce qui est à ma portée, c’est de vouloir le bien, mais pas de l’accomplir.
19 Je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas.
En offrant ses péchés, le chrétien contribue ainsi à la manifestation de la gloire de Dieu. Ce qui s'ajoute donc à toutes les fois où par les oeuvres il agit pour la seule gloire de Dieu. C'est ainsi que la vie du chrétien tout entière devient manifestation de la gloire de Dieu : quand il agit par les oeuvres, et quand il échoue et que ses péchés sont pardonnés.
L'Eucharistie n'est pas la Cène. Ce n'est pas la première fois que je dois vous le rappeler. L'Eucharistie, c'est tout le mystère pascal : la Cène, le Sacrifice, la Résurrection, tout ensemble.L’eucharistie, ou plus scripturairement la Cène, marque la communion avec Dieu et avec ses frères mais ne la crée pas (voir 1 Cor 10, 16-17)L'eucharistie, le sacrement qui nous donne d'être en communion avec Jésus.
Si c'était la même chose, on ferait comme les protestants : on utiliserait le mot issu des Evangiles.
Et c'est bien à sa première communion, la première fois que le chrétien reçoit en nourriture le corps du Christ ressuscité, qu'il lui est donné la plénitude de la communion avec Dieu : communion qui n'est plus seulement spirituelle, mais aussi corporelle. Là encore, le sacrement concerne le corps autant que l'esprit.
Enfin, je ne devrais pas écrire "plénitude", parce qu'il faut aussi la confirmation. Mais je ne trouve pas d'autre mot.
Ceci dit, je nous relis, et je vois que vous avez raison sur un point : l'Eucharistie ne crée pas la communion avec Dieu, ça c'est le baptême, justement. Mais la pleine et entière communion, c'est baptême + confirmation + eucharistie. On ne peut pas vraiment comprendre l'un sans son lien avec les deux autres. Et la communion corporelle, c'est par l'eucharistie que nous la recevons.



