Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2013-2014)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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Mac
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Re: Le retour en gloire de Jésus

Message non lu par Mac »

Bonjour Etienne,

Interprétation vraiment très intéressantes. Il y a vraiment un concordance étonnante.
Par contre rien n'est dit sur le fait que Saint Pierre en voulant rejoindre le Seigneur sur la mer a commencé à couler. Voilà je ne sais pas si Saint Hilaire en donne une interprétation ou si vous avez des idées.

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etienne lorant
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Jésus à Nazareth

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Jeudi du temps de Noël après l'Épiphanie

Première lettre de saint Jean 4,19-21.5,1-4.

Mes bien-aimés, nous aimons parce que Dieu lui-même nous a aimés le premier.
Si quelqu'un dit : « J'aime Dieu », alors qu'il a de la haine contre son frère, c'est un menteur. En effet, celui qui n'aime pas son frère, qu'il voit, est incapable d'aimer Dieu, qu'il ne voit pas.
Et voici le commandement que nous avons reçu de lui : celui qui aime Dieu, qu'il aime aussi son frère.
Tout homme qui croit que Jésus est le Christ, celui-là est vraiment né de Dieu ; tout homme qui aime le Père aime aussi celui qui est né de lui. Nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu lorsque nous aimons Dieu et que nous accomplissons ses commandements. Car l'amour de Dieu, c'est cela : garder ses commandements. Ses commandements ne sont pas un fardeau, puisque tout être qui est né de Dieu est vainqueur du monde. Et ce qui nous a fait vaincre le monde, c'est notre foi.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 4,14-22a.
Lorsque Jésus, avec la puissance de l'Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région. Il enseignait dans les synagogues des Juifs, et tout le monde faisait son éloge.
Il vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l'habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :
L'Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction. Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres, et aux aveugles qu'ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.
Jésus referma le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.
Alors il se mit à leur dire : « Cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit. »
Tous lui rendaient témoignage ; et ils s'étonnaient du message de grâce qui sortait de sa bouche. Ils se demandaient : « N'est-ce pas là le fils de Joseph ? »


Cy Aelf, Paris

En Galilée, au "carrefour des nations", Jésus est écouté avec intérêt et beaucoup font son éloge. Mais lorsqu'il revient à Nazareth, le pays où il a grandi, c'est le fils du charpentier que l'on attend. Il accomplit des miracles ailleurs, dit la rumeur, alors on bien voir ce qu'il dira et fera chez ceux qui croient le connaître ! Il y a dans cette expectative des juifs de Nazareth, quelque chose de commun à tous les juifs de l'Ancien Testament - et c'est, toujours: une remise en question. Encore aujourd'hui, que fait-on après avoir lu un texte de l'Ecriture dans la synagogue ?  On se met à en discuter et la discussion peut durer des heures entières. De nos jours encore, nous a dit le prêtre,  le jeune israélite qui désire échapper aux obligations du service militaire peut s'inscrire à l'école rabbinique: on y décrypte toujours les textes sacrés et cela dure cinq ans !

Bien sûr, Jésus sait bien ce qui l'attend en rentrant au village où il a été charpentier. Il sait qu'il est attendu de pied ferme et qu'il est supposé s'expliquer sur tout ce que la rumeur publique a fait connaître de lui.  Mais il n'y aura pas de discussion. Le texte d'Isaïe n'a pas à faire l'objet de discussions, car le seul commentaire que donne Jésus, c'est que la prophétie est accomplie en sa personne. Et du coup, bien sûr, le murmure qui dit "n'est-il pas simplement le fils de Joseph, le charpentier ?" va permettre de le chasser comme un vulgaire imposteur doublé d'un manipulateur.

Pourquoi donc, dans de telles conditions, Jésus a-t-il pris la peine de revenir à Nazareth ?  Parce qu'Il est bien celui qu'il prétend être. Or, comme dit encore saint Jean dans son épître : "celui qui n'aime pas son frère, qu'il voit, est incapable d'aimer Dieu, qu'il ne voit pas." Le courage dont a fait preuve Jésus en cette occasion est aussi présent pour ceux et celles qui, dans l'Eglise, sont des "recommençants" - car il n'est pas si simple de revenir après être parti. Mais c'est surtout à l'intérieur du coeur que la difficulté se manifeste.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Le retour en gloire de Jésus

Message non lu par etienne lorant »

Mac a écrit :Bonjour Etienne,

Interprétation vraiment très intéressantes. Il y a vraiment un concordance étonnante.
Par contre rien n'est dit sur le fait que Saint Pierre en voulant rejoindre le Seigneur sur la mer a commencé à couler. Voilà je ne sais pas si Saint Hilaire en donne une interprétation ou si vous avez des idées.

Fraternellement.
Il me semblait avoir répondu hier, mais hier, le forum connaissait quelques problèmes de connexion. Quoi qu'il en soit, dans le même ordre d'idées, saint Pierre, qui s'est laissé distraire par la violence du vent, s'enfonce brusquement dans l'eau, mais Jésus le retient et lui dit :"Homme de peu de foi, pourquoi avoir douté ?"... C'est une indication pour les Papes aussi bien que pour tous les responsables dans l'Eglise: ceux-ci ne doivent pas se laisser détourner, effrayer ou surprendre par les événements du monde, mais ils doivent constamment garder leurs regards fixés sur le Christ.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Le retour en gloire de Jésus

Message non lu par Mac »

etienne lorant a écrit :Il me semblait avoir répondu hier, mais hier, le forum connaissait quelques problèmes de connexion. Quoi qu'il en soit, dans le même ordre d'idées, saint Pierre, qui s'est laissé distraire par la violence du vent, s'enfonce brusquement dans l'eau, mais Jésus le retient et lui dit :"Homme de peu de foi, pourquoi avoir douté ?"... C'est une indication pour les Papes aussi bien que pour tous les responsables dans l'Eglise: ceux-ci ne doivent pas se laisser détourner, effrayer ou surprendre par les événements du monde, mais ils doivent constamment garder leurs regards fixés sur le Christ.
Bonjour et merci Etienne. :)

L'interprétation concorde vraiment bien je trouve.

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Le témoignage rendu au Christ

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Vendredi du temps de Noël après l'Épiphanie

Première lettre de saint Jean 5,5-13.

Mes bien-aimés, qui donc est vainqueur du monde ? N'est-ce pas celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? C'est lui, Jésus Christ, qui est venu par l'eau et par le sang : pas seulement l'eau, mais l'eau et le sang. Et celui qui rend témoignage, c'est l'Esprit, car l'Esprit est la vérité.
Ils sont trois qui rendent témoignage,
l'Esprit, l'eau et le sang, et tous les trois se rejoignent en un seul témoignage.
Nous acceptons bien le témoignage des hommes ; or, le témoignage de Dieu a plus de valeur, et le témoignage de Dieu, c'est celui qu'il rend à son Fils.
Celui qui met sa foi dans le Fils de Dieu possède en lui-même ce témoignage. Celui qui ne croit pas Dieu, celui-là fait de Dieu un menteur, puisqu'il ne croit pas au témoignage que Dieu rend à son Fils.
Et ce témoignage, le voici : Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est dans son Fils.
Celui qui a le Fils possède la vie ; celui qui n'a pas le Fils de Dieu ne possède pas la vie.
Je vous ai écrit tout cela pour vous faire savoir que vous avez la vie éternelle, vous qui mettez votre foi dans le nom du Fils de Dieu.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 5,12-16.
Jésus était dans une ville quand survint un homme couvert de lèpre ; celui-ci, en voyant Jésus, tomba la face contre terre et lui demanda : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. »
Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » A l'instant même, sa lèpre le quitta.
Alors Jésus lui ordonna de ne le dire à personne : « Va plutôt te montrer au prêtre et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit ; ta guérison sera pour les gens un témoignage. »
On parlait de lui de plus en plus. De grandes foules accouraient pour l'entendre et se faire guérir de leurs maladies.
Mais lui se retirait dans les endroits déserts, et il priait.


Cy Aelf, Paris

Notre prêtre, en parlant de témoignage, a insisté que c'est Dieu lui-même qui témoigne de son Fils. Mais ensuite, il nous a parlé de la fête de l’Épiphanie telle que les catholiques du Moyen-Orient ont commencé de la fêter, bien avant qu'en Occident, l'Eglise introduise la fête de Noël. C'est ce discours que je voudrais reprendre ici, car effectivement, c'est bien de témoignage dont il est question.

La fête de l’Épiphanie, chez les catholiques d'orient, célèbre le mystère de la manifestation divine à l'humanité. La chronologie des événements est, de leur point de vue, de moindre importance que l'évocation de la manifestation divine en Jésus-Christ.  

Trois épisodes des évangiles y sont évoqués tout à la fois: ce sont la visite des rois mages, mais encore: le témoignage de Jean lors du baptême de Jésus et, encore: les noces de Cana. Les trois manifestations du Christ à l'humanité y sont bien présentes. L'hommage des rois venus d'Orient indique l'universalité du message chrétien; le baptême de Jésus comporte effectivement le témoignage du Père envers le Fils: " Du ciel une voix se fit entendre : « C’est toi mon Fils: moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. » (Luc 3); quant aux noces de Cana, elles ont leur place dans cette festivité, du fait des six jarres de cent litres d'eau des ablutions rituelles - qui représentant elles-mêmes les 613 commandements de la loi mosaïque - et qui sont changées en vin de noces.

L'Evangile de ce jour reprend la même idée: après avoir guéri le lépreux (lèpre considérée comme impureté), Jésus l'envoie se montrer aux prêtres. De la sorte, sa guérison par Jésus sera bel et bien pour ces prêtres un témoignage sur "l'Identité" de Jésus.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Le témoignage rendu au Christ

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Bonjour,

Quel dommage que des passages aussi fondamentaux ne soient pas lus le Dimanche.

Je retiendrais ce verset central : Je vous ai écrit tout cela pour vous faire savoir que vous avez la vie éternelle, vous qui mettez votre foi dans le nom du Fils de Dieu.



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etienne lorant
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Re: Le retour en gloire de Jésus

Message non lu par etienne lorant »

L'Homélie du Pape François


Pour son homélie, le pape a commenté la première lecture (1 Jn 4,11-18) : « Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour atteint en nous sa perfection ».

« Demeurer dans l’amour » de Dieu, ce n’est pas « ressentir quelque chose de beau » : « L’amour dont parle Jean n’est pas l’amour des feuilletons télévisés ! Non, c’est autre chose. L’amour chrétien a toujours une qualité : il est concret. »

« Jésus lui-même, lorsqu’il parle de l’amour, parle de choses concrètes : donner à manger à ceux qui ont faim, visiter les malades... L’amour est concret. La vie chrétienne est concrète. »

Cet aspect concret repose sur deux critères : « Premier critère : aimer avec les œuvres, non pas avec des paroles. Les paroles, le vent les emporte ! Aujourd’hui, elles sont là ; demain, elles ont disparu. »

« Second critère : en amour, il est plus important de donner que de recevoir. Celui qui aime donne, donne… Il donne des choses, il donne la vie, il se donne à Dieu et aux autres. En revanche, celui qui n’aime pas, celui qui est égoïste, cherche toujours à recevoir, il cherche toujours à avoir des choses, à avoir des avantages. »

« Si l’on n’est pas concret, on peut vivre un christianisme d’illusions, parce qu’on ne comprend pas bien où est le centre du message de Jésus. Cet amour-là n’arrive pas à être concret ; c’est un amour illusoire, comme ces illusions qu’avaient les disciples lorsqu’ils crurent, en voyant Jésus, que c’était un fantôme ».

Cet épisode, dans l’Évangile (Mc, 6,45-52), montre leur dureté de cœur : « ils n’avaient pas compris », a fait observer le pape, passant au style direct : « Si tu as le cœur endurci, tu ne peux pas aimer et tu penses que l’amour consiste à s’imaginer des choses. Non, l’amour est concret ».

Le pape a encouragé à « garder le cœur ouvert », pour « demeurer en Dieu et Dieu en nous » car la foi c’est cette « double demeure », de « nous en Dieu et Dieu en nous : c’est cela la vie chrétienne. Ne pas demeurer dans l’esprit du monde, ne pas demeurer dans la superficialité, ne pas demeurer dans l’idolâtrie, ne pas demeurer dans la vanité. Demeurer dans le Seigneur ».


http://www.zenit.org/fr/articles/le-chr ... es-oeuvres
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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astre
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Re: Le retour en gloire de Jésus

Message non lu par astre »

Comme ce serait beau si chacun prêtait attention aux petits détails de la vie quotidienne de ses proches ... Ce serait semer un peu de Ciel sur la terre ...

Comme il est difficile de garder le coeur ouvert lorsque l'on est meurtri par les blessures du passé ... Il faut alors se battre pour rompre l'isolement et ne pas laisser la porte ouverte à satan !
L'amitié nous fait partager de grands moments de bonheur, mais aussi d'immenses peines. L'important est de partager, de s'écouter, de se soutenir.
Abbé Pierre
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Pour grandir, diminuer d'abord

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Samedi du temps de Noël après l'Épiphanie

Première lettre de saint Jean 5,14-21.


Nous savons que nous appartenons à Dieu, alors que le monde entier est dominé par le Mauvais.
Nous savons aussi que le Fils de Dieu est venu nous donner l'intelligence pour nous faire connaître Celui qui est vrai, et nous sommes en Celui qui est vrai, dans son Fils Jésus Christ. C'est lui qui est le Dieu vrai, et la vie éternelle.
Mes petits enfants, prenez garde de ne pas vous mettre au service du mensonge.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3,22-30.
Jésus se rendit en Judée, accompagné de ses disciples ; il y séjourna avec eux, et il baptisait.
Jean, de son côté, baptisait à Aïnone, près de Salim, où l'eau était abondante. On venait là pour se faire baptiser.
En effet, Jean n'avait pas encore été mis en prison.
Or, les disciples de Jean s'étaient mis à discuter avec un Juif à propos des bains de purification.
Ils allèrent donc trouver Jean et lui dirent : « Rabbi, celui qui était avec toi de l'autre côté du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise, et tous vont à lui ! »
Jean répondit : « Un homme ne peut rien s'attribuer, sauf ce qu'il a reçu du Ciel.
Vous-mêmes pouvez témoigner que j'ai dit : Je ne suis pas le Messie, je suis celui qui a été envoyé devant lui.
L'époux, c'est celui à qui l'épouse appartient ; quant à l'ami de l'époux, il se tient là, il entend la voix de l'époux, et il en est tout joyeux. C'est ma joie, et j'en suis comblé.
Lui, il faut qu'il grandisse ; et moi, que je diminue
.



Cy Aelf, Paris

Lorsqu'un homme a rencontré le Christ, ce qu'il doit accomplir en tout premier lieu, c'est de s'abandonner à Lui. S'il s'abandonne au Seigneur, s'il s'efforce de tout son coeur de mettre à l'oeuvre, en pratique, dans sa vie, ce que Jésus enseigne, alors il n'y a plus pour cet homme aucun risque d'erreur et de péché.

Les deux textes disent pratiquement la même chose. Ce qui m'est apparu le plus intéressant, c'est la réponse du Baptiste : il déclare lui-même qu'il connaît la joie d'être "l'ami de l'époux", mais il dit en même temps: "Il faut qu'il grandisse; et moi, que je diminue".  En effet, pour ma part, je suis bien convaincu que pour vivre et demeurer dans le Christ, il est nécessaire - et d'ailleurs, plus j'avance en âge, plus je m'en rends compte : il me faut diminuer et me faire plus petit afin de laisser le Seigneur grandir en moi et finalement prendre toute la place.

Bien sûr, dans cet abandon, il y a une forme de souffrance - car l'humain accepte mal de se déposséder de lui-même, de vieillir et de supporter des peines et des maladies. Mais ce chemin est sûr ! C'est la voie étroite et resserrée qui conduit à la Vie. Ce jour, j'écris ces lignes en songeant d'abord à ma mère, 89 ans, qui me parle chaque jour de son propre père, de sa mère et de tous les défunts de notre famille, mais comme s'ils étaient encore présents. Durant longtemps, j'ai rétabli la réalité "humaine" et lui ai rappelé en quelle année untel et unetelle sont décédés - mais je ne la contredirai plus. Car tous et toutes sont vivants dans le Christ - et nous aussi.  
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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L'appel de Jésus

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Le lundi de la 1re semaine du temps ordinaire

Premier livre de Samuel 1,1-8.

Il y avait un homme de la ville de Rama, dans la montagne d'Éphraïm ; il s'appelait Elcana.
Cet homme avait deux femmes. L'une s'appelait Anne, l'autre Peninna. Peninna avait des enfants, mais Anne n'en avait pas.
Chaque année, Elcana montait au sanctuaire de Silo pour adorer le Seigneur de l'univers et lui offrir un sacrifice. C'est à Silo que résidaient, comme prêtres du Seigneur, les deux fils d'Éli, Ophni et Phinéès.
Un jour, Elcana offrait le sacrifice ; il distribua les parts de la victime à sa femme Peninna, avec tous ses fils et toutes ses filles.
Mais à Anne, il ne donna qu'une seule part ; pourtant elle était sa préférée, mais le Seigneur l'avait rendue stérile.
Sa rivale cherchait, par des paroles blessantes, à la mettre en colère parce que le Seigneur l'avait rendue stérile.
Cela recommençait tous les ans, quand ils montaient au sanctuaire du Seigneur : Peninna cherchait à la mettre en colère. Anne pleura et ne voulut rien manger.
Son mari Elcana lui dit : « Anne, pourquoi pleures-tu ? Pourquoi ne manges-tu pas ? Pourquoi es-tu malheureuse ? Et moi, est-ce que je ne compte pas à tes yeux plus que dix fils ? »



Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1,14-20.
Après l'arrestation de Jean Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. »
Passant au bord du lac de Galilée, il vit Simon et son frère André en train de jeter leurs filets : c'étaient des pêcheurs.
Jésus leur dit : « Venez derrière moi. Je ferai de vous des pêcheurs d'hommes. »
Aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent.
Un peu plus loin, Jésus vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient aussi dans leur barque et préparaient leurs filets. Jésus les appela aussitôt. Alors, laissant dans la barque leur père avec ses ouvriers, ils partirent derrière lui.


Cy Aelf, Paris

Nous voici de nouveau avec des texte de la Liturgie du Temps ordinaire. C'est donc aujourd'hui que nous entreprenons de nouveau de rencontrer le Seigneur dans sa parole. Le premier texte nous rapporte combien la question de la fécondité était importante pour les juifs dans l'Ancien Testament. Il s'agissait pour chaque famille d'assurer la filiation dans chaque famille.
Mais dans l'épisode qui suit, la femme stérile enfantera un grand prophète, Samüel, qu'elle consacrera au Seigneur dès sa naissance.

De fécondité, mais de fécondité spirituelle, il est aussi question dans l’Évangile de Marc, par le simple appel que Jésus adresse à Simon et André, puis à Jacques et à son frère Jean. Un seul appel, sans autre débat, suffit. Jésus les appelle et, laissant tout derrière eux, les quatre se mettent à le suivre.

Jésus n'a nul besoin de s'expliquer à la manière humaine, d'expliquer le projet pour lequel il appelle à le suivre: mais il les appelle par leur nom et cela suffit.  Tel est le pouvoir que possède la parole du Christ. Du temps où je n'étais pas converti, un tel récit me restait fermé, incompréhensible dès la première lecture. Je me disais: "Même en admettant que ces pécheurs aient entendu parler du baptême de Jean, et qu'ils en aient discuté entre eux, le fait de tout abandonner pour suivre Jésus, sur un simple appel de leur nom, sans même prendre le temps de ranger leurs affaires ni de dire adieu à leur famille, c'est  inadmissible." J'étais incapable de comprendre. Mais à ma conversion, il m'a suffit de sentir sur moi, mais aussi en moi, le regard de Jésus, et tout fut dit.

Marc dit encore: "Ils partirent derrière lui". Ces simples mots marquent un retournement complet, essentiel: ils ont déjà quitté leur ancienne vie et ils sont déjà en route à la suite de Jésus.  
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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La vérité des Evangiles

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Le mardi de la 1re semaine du temps ordinaire

Premier livre de Samuel 1,9-20.

Un jour, Anne se leva, après le repas qui faisait partie du sacrifice. Le prêtre Éli était assis sur son siège, à l'entrée du sanctuaire. Anne, pleine d'amertume et tout en larmes, se mit à prier le Seigneur.
Elle fit un vœu en disant : « Seigneur de l'univers ! Si tu veux bien te pencher sur ta servante humiliée, te souvenir de moi, ne pas m'oublier, et me donner un fils, je le consacrerai au Seigneur pour toute sa vie, et on ne lui coupera pas les cheveux. » Tandis qu'elle prolongeait sa prière devant le Seigneur, Éli l'observait. Elle parlait dans son cœur : on voyait bien remuer ses lèvres, mais on n'entendait pas sa voix. Éli pensa qu'elle était ivre et lui dit : « Vas-tu rester longtemps dans cet état ? Sors cuver ton vin ! »
Anne répondit : « Mon seigneur, je ne suis qu'une femme affligée, je n'ai bu ni vin ni boisson forte ; j'épanche mon cœur devant le Seigneur. Ne prends pas ta servante pour une vaurienne : c'est l'excès de mon chagrin et de mon dépit qui m'a fait prier aussi longtemps. »
Éli lui répondit : « Va en paix, et que le Dieu d'Israël t'accorde ce que tu lui as demandé. »
Anne dit alors : « Ta servante a trouvé grâce devant toi ! » Elle s'en alla, elle se mit à manger, et son visage n'était plus le même. Le lendemain, Elcana et les siens se levèrent de bon matin. Après s'être prosternés devant le Seigneur, ils s'en retournèrent chez eux, à Rama. Elcana s'unit à Anne sa femme, et le Seigneur se souvint d'elle.
Le temps venu, Anne conçut et mit au monde un fils ; elle lui donna le nom de Samuel (c'est-à-dire : Dieu exauce) car, disait-elle : « Je l'ai demandé au Seigneur. »



Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1,21-28.
Jésus, accompagné de ses disciples, arrive à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait.
On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes.
Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit mauvais, qui se mit à crier :
« Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais fort bien qui tu es : le Saint, le Saint de Dieu. » Jésus l'interpella vivement : « Silence ! Sors de cet homme. »
L'esprit mauvais le secoua avec violence et sortit de lui en poussant un grand cri.
Saisis de frayeur, tous s'interrogeaient : « Qu'est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité ! Il commande même aux esprits mauvais, et ils lui obéissent. »
Dès lors, sa renommée se répandit dans toute la région de la Galilée.


Cy Aelf, Paris

La remontrance injuste et humiliante que subit Anne, tandis qu'elle prie dans les larmes, est à rapprocher de l'arrogance du démon lorsqu'il fait étalage de sa connaissance de l'identité réelle de Jésus. Mais c'est bien sur l'autorité des paroles de Jésus qu'insiste Marc. Lorsqu'il parle dans les synagogues, c'est le Verbe qui est à l'oeuvre et manifeste la vérité de Dieu.

Notre prêtre nous a donc mis en garde contre la critique facile, tout autant que de l'esprit critique. Quiconque lit les Évangiles en les abordant de haut, plutôt qu'en cherchant la vérité, se trouvera saisi dans un ensemble qu'il trouvera vite incohérent: - "Pourquoi deux généalogies ? Pourquoi Jésus, s'il est bien Dieu, doit-il se faire baptiser par Jean ? Pourquoi Jésus multiplie-t-il les pains et les poissons au-delà du nécessaire ?" Etc.

Il est très facile de démontrer l'apparente incohérence des textes. Ainsi, les textes demeurent fermés pour ceux et celles qui y cherchent une forme de connaissance, comme on peut en trouver une dans un ouvrage d'histoire. Les Évangiles ne rapportent pas l'histoire de Jésus, mais ils dévoilent d'abord notre ignorance du divin. Bref, on n'entre pas par le haut, mais par le bas. Comme le dit Jésus à Pilate, qui le questionne sur sa royauté : "Je suis né et venu dans le monde pour témoigner de la vérité; quiconque cherche la vérité entend ma voix". Ceux et celles qui croient connaître la vérité n'ont nul besoin des Évangiles. Quand le démon déclare : "Je sais très bien qui tu es", en réalité, le sait-il vraiment ?
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: La vérité des Evangiles

Message non lu par Peccator »

A votre méditation, je me permet de joindre la mienne, nourrie de la brève homélie du prêtre qui célébrait ce matin.


L'exemple d'Anne nous invite à nous interroger sur la fécondité. Sur la manière dont notre propre vie est féconde.

Le véritable fécondité n'est pas d'agir pas nos seules forces, mais de demander à Dieu d'agir en nous et avec nous : de se faire les instruments de Son oeuvre créatrice.

Par cette oeuvre créatrice, Dieu agit en ce monde en y apportant du neuf, du nouveau. Jésus dans cette péricope apporte une nouvelle façon d'enseigner, et c'est ce qui interpelle ses auditeurs.

Sommes-nous nous aussi attentifs à ces nouveautés que le Seigneur place sur notre chemin ? Nous avons, et c'est normal et sain, tendance à nous accrocher à la tradition de nos pères, à ce qui est connu, rassurant, et dont on ait bien le bien-fondé. Mais la fécondité, c'est de faire naître du nouveau au milieu de ce qui est déjà. Non par rejet de l'ancien, mais comme fruit et bénédiction.

La fécondité prend des formes multiples et variées : enfants qui naissent, baptêmes qui donnent aux hommes une vie nouvelle, nouveaux paroissiens qui rejoignent la communauté locale, "recommançants" qui redécouvrent Dieu et se rapprochent de l'Eglise, vocations qui naissent dans le coeur, et appellent certains à la prêtrise, d'autre à la vie consacrée, d'autres encore au mariage, états de vie qui chacun auront la fécondité qui leur est propre. Mais aussi nouveaux mouvements, nouveaux courants spirituels, nouveau rites, ou tout simplement nouveaux chants pour célébrer la messe...

A l'exemple d'Anne, prions nous aussi le Seigneur : qu'Il agisse en nous et fasse que notre vie porte du fruit, et qu'Il ouvre notre coeur à l'accueil des nouveautés qu'Il nous donne.

Je vous propose de prier avec les mots de St Ignace, la fameuse prière du Suspice :

Prends, Seigneur et reçois,
toute ma liberté,
ma mémoire, mon intelligence
et toute ma volonté ;
Tout ce que j'ai et possède,
c'est Toi qui me l'as donné :
A Toi, Seigneur, je le rends
Tout est à Toi, disposes-en selon Ton entière volonté.
Donne-moi seulement de t'aimer
et donne-moi ta grâce : elle seule me suffit.
Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux. Mc 14, 36
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astre
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Re: La vérité des Evangiles

Message non lu par astre »

http://www.youtube.com/watch?v=vzwJeQ5gXvE

Chant inspiré de cette prière de Saint Ignace qui invite à remettre toute sa vie entre les mains de Dieu. Chant de méditation ...

Prière de reconnaissance, d'abandon et de confiance.
L'amitié nous fait partager de grands moments de bonheur, mais aussi d'immenses peines. L'important est de partager, de s'écouter, de se soutenir.
Abbé Pierre
etienne lorant
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Une question sans réponse ?

Message non lu par etienne lorant »

Dans l'Evangile selon saint Luc, Jésus se rend à Nazareth et les membres de la synagogue, tout à la fin, veulent pousser Jésus du haut d'un escarpement et le faire périr ainsi. Mais, nous dit saint Luc, il "passa au milieu d'eux"... Je me suis toujours demandé comment: s'est-il rendu invisible ? Je ne crois pas, ce n'est pas le "genre" de Jésus, ça c'est un truc de magicien. Les a-t-il aveuglés ? Jésus ne ferait pas cela. Que veut donc dire ces mots que je souligne :

À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas.
Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin.


Merci pour vos réponses !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Pourquoi Jésus est sorti

Message non lu par etienne lorant »

Le mercredi de la 1re semaine du temps ordinaire

Premier livre de Samuel 3,1-10.19-20.

Le jeune Samuel accomplissait le service divin sous la direction du prêtre Éli. Les oracles du Seigneur étaient rares à cette époque, et les visions, peu fréquentes. Un jour, Éli dormait dans sa chambre (sa vue baissait et il ne pouvait plus bien voir). La lampe de Dieu n'était pas encore éteinte. Samuel couchait dans le temple du Seigneur, où se trouvait l'arche de Dieu.
Le Seigneur appela Samuel, qui répondit : « Me voici ! »
Il courut vers le prêtre Éli, et il dit : « Tu m'as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je ne t'ai pas appelé. Retourne te coucher. » L'enfant alla se coucher. De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Et Samuel se leva. Il alla auprès d'Éli, et il dit : « Tu m'as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je ne t'ai pas appelé, mon fils. Retourne te coucher. »
Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur, et la parole du Seigneur ne lui avait pas encore été révélée.
Une troisième fois, le Seigneur appela Samuel. Celui-ci se leva. Il alla auprès d'Éli, et il dit : « Tu m'as appelé, me voici. » Alors Éli comprit que c'était le Seigneur qui appelait l'enfant,
et il lui dit : « Retourne te coucher, et si l'on t'appelle, tu diras : 'Parle, Seigneur, ton serviteur écoute. ' » Samuel retourna se coucher. Le Seigneur vint se placer près de lui et il appela comme les autres fois : « Samuel ! Samuel ! » et Samuel répondit : « Parle, ton serviteur écoute. »
Samuel grandit. Le Seigneur était avec lui, et aucune de ses paroles ne demeura sans effet.
Tout Israël, depuis Dane jusqu'à Bershéba, reconnut que Samuel était vraiment un prophète du Seigneur.

[/b]

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1,29-39.
En quittant la synagogue, Jésus, accompagné de Jacques et de Jean, alla chez Simon et André.
Or, la belle-mère de Simon était au lit avec de la fièvre. Sans plus attendre, on parle à Jésus de la malade.
Jésus s'approcha d'elle, la prit par la main, et il la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait.
Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous les malades, et ceux qui étaient possédés par des esprits mauvais.
La ville entière se pressait à la porte.
Il guérit toutes sortes de malades, il chassa beaucoup d'esprits mauvais et il les empêchait de parler, parce qu'ils savaient, eux, qui il était.
Le lendemain, bien avant l'aube, Jésus se leva. Il sortit et alla dans un endroit désert, et là il priait.
Simon et ses compagnons se mirent à sa recherche.
Quand ils l'ont trouvé, ils lui disent : « Tout le monde te cherche. »
Mais Jésus leur répond : « Partons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame la Bonne Nouvelle ; car c'est pour cela que je suis sorti. » Il parcourut donc toute la Galilée, proclamant la Bonne Nouvelle dans leurs synagogues, et chassant les esprits mauvais
.


Cy Aelf, Paris


Le jeune Samuel ne dort que d'un œil. Aussitôt que Dieu appelle, il répond. Sa confusion avec un appel d'Eli ne dure pas: car il se tient toujours prêt, toujours disponible. Cela me fait penser à la lampe toujours allumée, à l'homme qui jour et nuit murmure avec bonheur la Loi du Seigneur (Psaume 1). La relation à Dieu est de la sorte le support de toute action entreprise à l'extérieur de cette relation primordiale, dans le monde.

Jésus n'agit pas autrement. Si l'on reprend le texte de Marc, où est-il indiqué que Jésus a pris du repos ? "Bien avant l'aube", il se retire dans la montagne pour prier. Et lorsque ses disciples le retrouvent, il les emmène ailleurs. Tout comme le jeune Samüel, Jésus a veillé et il sait que le moment est venu d'aller porter la Bonne Nouvelle dans les villages voisins.

Le mot qu'il donne aux disciple comme explication aux disciples : "C'est pour cela que je suis sorti" désigne tout autant la démarche " physique" de Jésus (son retrait dans la montagne et sa décision d'aller ailleurs), que son être même : Il est bien "le Verbe", sorti de Dieu.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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