L'Irlande est devenue, dimanche 15 décembre, le premier pays de la zone euro à s'affranchir d'un plan d'aide international. Mais la vie de la population, éprouvée par une cure d'austérité drastique, ne changera « pas du jour au lendemain », a prévenu le premier ministre, Enda Kenny.
« L'Irlande sort du plan d'aide UE-FMI ce soir », a annoncé le chef du gouvernement centriste à la télévision, ajoutant qu'il allait cette semaine présenter un programme économique sur sept ans, destiné à « garantir que jamais plus la stabilité de l'Irlande ne soit menacée par la spéculation et l'avidité ». « Nous ne renouerons jamais avec cette culture », a-t-il insisté.
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ACCÈS AUX MARCHÉS FINANCIERS
Dublin avait été contraint d'accepter un plan d'aide de la part de l'Union européenne et du Fonds monétaire international de 85 milliards d'euros en 2010, quand l'explosion de la bulle immobilière menaçait son système bancaire d'une faillite totale.
Trois ans plus tard, la sortie de ce plan de sauvetage international « est une étape importante mais ce n'est pas une fin en soi », a prévenu le premier ministre. « Demain matin, l'Irlande sera à nouveau dans la position d'un membre à part entière de la zone euro », a-t-il dit. « A partir de demain, nous aurons accès aux marchés financiers de la même façon que les autres pays ».
Enda Kenny a salué les « sacrifices » subis par la population irlandaise durement éprouvée par une cure d'austérité drastique. « Je sais que beaucoup de gens ont dû mal à joindre les deux bouts. Je sais aussi que pour beaucoup d'entre vous, les récentes améliorations de la situation économique ne se sont pas encore fait sentir dans la vie quotidienne », a-t-il dit.
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ENCORE « D'IMPORTANTS DÉFIS »
Mais Enda Kenny a indiqué que « ce n'était pas le moment de changer de direction », et qu'il fallait « poursuivre des politiques budgétaires prudentes ». Il a affirmé que le pays avait déjà réalisé « plus de 90 % des coupes dans les dépenses publiques et hausses d'impôts nécessaires », et affirmé sa volonté de réduire d'un quart la dette publique d'ici 2020. Le gouvernement entend aussi mettre l'accent sur les créations d'emplois, dans un pays où le taux de chômage reste élevé, à 12,8 %.
Si le pays a renoué avec la croissance, celle-ci reste toutefois en dents de scie, et la demande intérieure déprimée. Signe d'un fort malaise, les Irlandais émigrent massivement, avec près de 90 000 départs chaque année. Le FMI, tout en saluant la mise en œuvre « sans relâche » du programme de réformes, a souligné que l'Irlande était pourtant « encore confrontée à d'importants défis ».
L'Irlande, qui a reçu ses dernières tranches d'aide de la zone euro et du Fonds monétaire international cette semaine, fait ainsi figure d'exemple pour les trois autres Etats européens sous assistance financière : Chypre, la Grèce et le Portugal.
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http://www.lemonde.fr/europe/article/20 ... L-32280515
Situation économique de l'Irlande
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