Situation économique en Grèce

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etienne lorant
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Re: Grèce: la sortie de l'euro - solution pour survivre ?

Message non lu par etienne lorant »

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On ne vit plus à Athènes. Ce n’est pas seulement dû au climat de la crise, qui s’alourdit chaque jour, mais au ciel de la capitale grecque méconnaissable. Un brouillard lourd et épais, formé de monoxyde de carbone et d’oxyde d’azote, plombe de manière inquiétante la cuvette de la ville.

Les experts du ministère de l’Environnement affirment que la limite des 50 microgrammes par mètre cube d’air a été dépassée plus de 35 fois ces derniers jours. Avec la vague de froid hivernal, la concentration de polluants s’élève à 170 microgrammes/m 3. A quoi s’ajoute une odeur permanente de brûlé, qui pique le nez et les poumons dès la nuit tombée.

Constat effarant : les Grecs, saignés à blanc par les réductions successives sur leurs salaires et leurs retraites, n’ont plus les moyens de se chauffer avec les installations habituelles. La nouvelle taxe sur la consommation, imposée dans le cadre de la tutelle budgétaire du pays, les a achevés. Elle a fait passer le prix du fuel domestique de 0,80 à 1,40 euro le libre, alors qu’il est d’environ 0.95 euros en France. Ce qui a entraîné derechef une baisse de la consommation de 75%.

Conséquence, la grande majorité des immeubles ne se sont pas approvisionnés cette année et de nombreuses écoles publiques ne chauffent plus leurs salles de classes.
Plusieurs municipalités du nord du pays ont annoncé devoir fermer leurs établissements scolaires par mesure de sécurité.

Les « nouveaux pauvres », de plus en plus nombreux, optent pour le poêle à bois ou la cheminée, évidemment non ramonée. On y brûle tout et n’importe quoi : bois, journaux, branches d’arbre, pneus, cageots…Avec de sérieuses conséquences sur la santé publique.

« Le taux des particules fines dans l’atmosphère est passé de PM10 à PM2,5 micro, ce qui signifie qu’elles sont encore plus fines. Elles se fixent donc plus rapidement dans les poumons et passent dans le sang. On les associe à des polluants chimiques dangereux », souligne Gerasimos Arapis, professeur d’écotoxicologie à l’Université d’agriculture d’Athènes. A plusieurs reprises, il a alerté le gouvernement sur les dangers du phénomène : « Comme le bois coûte cher, on s’en procure dans les poubelles, mais il est couvert de substances toxiques comme de la peinture. Sinon, on se rend dans les forêts pour en couper illégalement. Comme avec les restrictions budgétaires il n’y a plus assez de gardes champêtres pour surveiller, ça contribue à saccager les sites ». Mais pour les Grecs qui touchent le fond de la misère, c’est parfois une question de vie ou de mort pour eux et leurs familles.

Caroline Parmentier
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http://www.chaos-mondial-organise-resis ... 84872.html
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Grèce: la sortie de l'euro - solution pour survivre ?

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Crise énergétique et environnementale

Avec la nouvelle taxe sur la consommation mise en place en octobre dernier par le gouvernement d’Antonis Samaras pour augmenter les recettes de l’Etat, « la précarité énergétique s’est accrue considérablement ». Le prix du fuel domestique a doublé, passant de 0,80 euros à 1,40 le litre. Soit environ 0,15 euros de plus qu’en France.

Conséquence, selon le sociologue, les Grecs n'ont plus les moyens de se chauffer... et courent s'acheter des couvertures électriques. « Un phénomène loin d'être marginal, insiste-t-il. Les classes moyennes aussi sont touchées par la précarité énergétique. Et de larges catégories de la population, souvent à faible revenu, se sont orientées vers des formes d'énergie bon marché, dont le bois. Certains parcs publics ou forêts en périphérie d’Athènes sont pillés par des habitants ».

« La crise sociale est en train de déboucher sur une crise environnementale, s’alarme Michel Vakaloulis. Car comme le prix du bois a lui-même a augmenté, beaucoup de familles jettent dans le feu tout ce qui est susceptible d'être brûlé ». Résultat : la pollution aux microparticules dépasse régulièrement le seuil d'alerte établi par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Et la capitale est enveloppée d’un épais brouillard.

Sans compter que cette nouvelle taxe est un échec total. Car l’augmentation a tout bonnement dissuadé de nombreux Grecs en difficulté d’acheter du fuel pour se chauffer et la consommation a baissé de plus de 75% par rapport à 2011 ; et en fin de compte, l’Etat perçoit moins d’argent qu’en 2011.

Voir un article très complet sous le spoiler:
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http://www.rfi.fr/afrique/20130125-grec ... nsolite-po
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Re: Grèce: la sortie de l'euro - solution pour survivre ?

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Toujours un peu plus bas...

Dans un contexte généralisé d'austérité, la Grèce est particulièrement touchée. Et selon la dernière étude de la confédération grecque des Petites et Moyennes entreprises, publiée le 7 février, les Grecs n'ont plus un sou. Ils sont même pour beaucoup au bord de la faillite.


Si vous demandez à un Grec, quel est son pouvoir d'achat, il y a de forte chance pour qu'il vous dresse d'abord la liste de ce qu'il ne peut plus s'offrir. A commencer bien souvent par le plus élémentaire : la nourriture, l'eau l'électricité le chauffage.

Quatre Grecs sur dix n'arrivent plus à régler leurs factures et pour boucler l'année, ils sont plus de la moitié à avoir soit puisé dans leur épargne, soit demandé de l'aide à leurs proches. Quant aux impôts et les emprunts immobiliers, près de la moitié des ménages n'arrive plus à les payer.

Toujours selon cette étude de la confédération grecque des PME, depuis le début de la crise de la dette, il y a 3 ans, 93% des ménages ont vu leurs revenus dégringoler d'un bon tiers, plus du quart de la population active est au chômage. Quant au revenu par famille, dans deux foyers sur trois, il ne dépasse pas les 18.000 euros par an.

La chance toute relative qu'ont les familles grecques, c'est que 90% d'entre elles sont propriétaires de leur logement. Et que pour l'instant en tout cas, les saisies de résidences principales ont été gelées même en cas de faillite.

Il y a un point sur lequel l'étude est claire : les Grecs ne pourront pas supporter un nouvel effort.
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http://www.rfi.fr/europe/20130208-auste ... d-faillite
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On est sans nouvelles de la Grèce !

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Depuis mardi soir, 23h, les Grecs n'ont plus ni télévision ni radio publiques, conséquence de la décision du gouvernement de clôturer immédiatement les programmes par mesure d'économie.

«Ce n’est pas une fermeture, mais un redémarrage!, a asséné le porte-parole du gouvernement, Simos Kedikoglou. Tout ce qui est raconté dans les médias étrangers n'est que mensonge».

Les médias grecs étant en grève ce mercredi, c’est devant les correspondants de la presse étrangère, incrédules, que le porte-parole du gouvernement a défendu cette mesure soudaine, d’interruption des chaînes de la télévision publique nationale, une décision tout à fait démocratique, selon lui, puisque une loi va passer devant le Parlement.

Considérant que le statut public de ERT était une exception en Europe, négligeant complètement au passage l’existence de médias comme RFI ou la BBC, il a soutenu qu’on ne pouvait pas maintenir un tel groupe médiatique pour seulement 10% de téléspectateurs.

Le porte-parole du gouvernement a toutefois tenu à préciser que le motif de cette décision n’était pas économique, qu’elle n’était pas imposée par la troïka. « Il s’agit surtout de mettre fin au gaspillage, de faire redémarrer le groupe avec une nouvelle structure plus saine. Nous avons essayé à de multiples reprises, se défend-il, mais nous n’y sommes pas parvenus ».

Repartir de zéro donc, avec des critères de recrutement transparents et méritocratiques, le gouvernement Samaras aura bien du mal à convaincre. Depuis un an qu’il est en fonction, il a lui-même entretenu les pratiques clientélistes qu’il dénonce aujourd’hui.

Les salariés des chaînes publiques grecques ERT tentaient aujourd'hui de faire revenir le gouvernement sur sa décision et de leur côté, les syndicats grecs ont appelé à une grève de 24 heures demain, jeudi pour protester contre la mesure.

Inquiétude en Europe

En Europe aussi, plusieurs réactions se sont faites entendre. La Commission européenne a pris acte de la décision du gouvernement grec de fermer la radio-télé publique, mais elle insiste sur le rôle indispensable joué par le service audiovisuel dans la vie démocratique.

http://www.rfi.fr/europe/20130612-grece ... filippetti
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Re: On est sans nouvelles de la Grèce !

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etienne lorant a écrit : La Commission européenne a pris acte de la décision du gouvernement grec de fermer la radio-télé publique, mais elle insiste sur le rôle indispensable joué par le service audiovisuel dans la vie démocratique.
La bonne blague ! Le service audivisuel me semble êtrte davantage une arme pour formater et contrôler les esprits qu'autre chose.
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Raistlin a écrit :
etienne lorant a écrit : La Commission européenne a pris acte de la décision du gouvernement grec de fermer la radio-télé publique, mais elle insiste sur le rôle indispensable joué par le service audiovisuel dans la vie démocratique.
La bonne blague ! Le service audivisuel me semble êtrte davantage une arme pour formater et contrôler les esprits qu'autre chose.
formater et contrôler les esprits
C'est vrai en France.
Ce doit être vrai aussi en Grèce
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Re: On est sans nouvelles de la Grèce !

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Public ou privé, l'audiovisuel formate les esprits.
Dans le public, les financiers n'exercent pas directement leur influence; on sait que c'est l'état qui finance et quel qu'il soit l'état n'est pas neutre c'est bien connu; l'influence se fait moins insidieuse. Cependant elle existe partout au nom du vieil adage:" qui commande, paie" et inversement ...
" Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu , car Dieu est Amour " I Jean 4,7.
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Re: On est sans nouvelles de la Grèce !

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Ce vendredi matin, Jean-Paul Philippot, le patron de l'UER, l'Union européenne de radio-télévision est attendu dans la capitale grecque pour apporter son soutien aux salariés de ERT.

Avec notre correspondante à Athènes, Amélie Poinssot

Une visite très attendue : le président de l'UER, Jean-Paul Philippot, ainsi que la directrice générale, viennent ce vendredi apporter leur soutien aux salariés de ERT qui occupent le siège de la radiotélévision depuis mardi soir 11 juin et continuent de faire fonctionner l'antenne. L’UER est l’organisme qui regroupe les différentes télévisions publiques européennes et permet l'échange d'images et de programmes.

C'est donc un signal fort qui sera adressé aussi au gouvernement. D'autant que depuis jeudi soir, l'UER assure la retransmission par satellite de NET, la chaîne d'information de ERT, l'une des cinq chaînes du groupe: autrement dit, il a cassé le block out voulu par le gouvernement et l'on peut suivre les programmes dans le pays comme à l'étranger – une bonne nouvelle notamment pour les nombreux Grecs de la Diaspora.

Jusqu'à présent, on ne pouvait suivre la chaîne que sur internet et sur un canal analogique dont le parti communiste grec avait gardé le contrôle. Car les journalistes de la télévision ne se sont pas arrêtés une minute de travailler : depuis le studio central, ils continuent d'assurer les plateaux en direct, avec de très nombreux invités qui se succèdent tout au long de la journée pour débattre de cette nouvelle crise politique et de l'avenir de la radiotélévision publique. Ils font leur travail de manière tout à fait professionnelle, et même avec beaucoup plus de latitude qu'avant puisque le contrôle que l'Etat avait sur la télévision publique ne s'exerce plus.

Ils travaillent bien évidemment sans aucune garantie d'être payés ; pour des journalistes régulièrement accusés en Grèce d'être proches du pouvoir, c'est une petite révolution. Et derrière eux l'ensemble de la profession est solidaire: tous les autres médias privés continuent d'être en grève aujourd'hui.

http://www.rfi.fr/europe/20130614-grece ... ns-athenes
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Re: On est sans nouvelles de la Grèce !

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Quelques nouvelles ! Pas forcément les plus heureuses... on s'en doute.


13 septembre 2013 - Santé

Homme, marié, en âge pro­duc­tif, non actif au niveau éco­no­mique. Voilà le nou­veau pro­fil de celui qui com­met un sui­cide ces der­nières années en Grèce. Les années de la crise éco­no­mique, les années de l’austérité impi­toyable, de la pro­fonde réces­sion, de la hausse ful­gu­rante du chô­mage, de l’écrasement du revenu fami­lial. Les chiffres trou­blants montrent que la Grèce occupe la pre­mière place, au niveau mon­dial, pour ce qui est de la hausse du taux de suicides.

****
Athènes 27 mai 2013

La confé­rence de presse orga­ni­sée par l’Union des Photoreporters de Grèce ce lundi 27 mai à Athènes, au sujet des répressions qu’ils subissent quo­ti­dien­ne­ment, était presque vide. Quelques repré­sen­tants de la presse grecque et un seul repré­sen­tant de la presse étran­gère : Okeanews. Surprenant.

Peut-être que ce manque géné­ral d’intérêt s’explique par cette croyance, hélas trop répan­due que « c’est exa­géré, nous sommes en Europe tout de même » ? Rien d’exagéré pour­tant, dans les témoi­gnages des pho­to­re­por­ters qui sont inter­ve­nus à l’occasion de cette confé­rence de presse. Ils sont d’ailleurs cor­ro­bo­rés par le rap­port acca­blant de Reporters Sans Frontières , concer­nant la liberté de la presse : la Grèce, clas­sée 30ème en 2007 est tom­bée à la 70ème place en 2012, pour tom­ber encore plus bas en 2013, à la 84ème place, immé­dia­te­ment après le Malawi, le Bhoutan et le Nicaragua. Après de tels résul­tats, on pourra tou­jours s’exclamer que ce n’est pas pos­sible, que nous sommes en Europe tout de même.

Chacun raconte son expé­rience. Les faits, tout sim­ple­ment : les méthodes uti­li­sées par la police pour les empê­cher de cou­vrir les évé­ne­ments (contrôle d’identité à ral­longe, inter­pel­la­tions etc…), les pas­sages à tabac aux consé­quences dra­ma­tiques (perte de cer­tains sens, os bri­sés, crânes fra­cas­sés, pro­blèmes chro­niques) les lacry­mo­gènes en plein visage (avec pour consé­quence des pro­blèmes pul­mo­naires à vie), les brû­lures au troi­sième degré, les menaces, le chan­tage etc…
Autant de vio­lences tou­jours oubliées, tou­jours impu­nies. Alors que les preuves en images existent, et qu’elles sont tout à fait exploi­tables pour iden­ti­fier les bour­reaux. Ce sont les faits, mais tout n’est pas dit.

«Ces vio­lences arbi­traires] ne sont pas que le pro­blème des asso­cia­tions. Elles concernent la poli­tique et la démo­cra­tie. Elles servent à fer­mer la bouche des jour­na­listes » dit Giorgos Savvidis. Car au-delà de ces inac­cep­tables vio­lences, il y a un pro­blème de fond qui se pose, et c’est bien celui de la démocratie.

La véri­table ques­tion, dif­fi­cile à accep­ter, que posait cette confé­rence de presse était pour­tant la sui­vante : peut-on encore par­ler de démo­cra­tie dans un pays où la matraque et la cen­sure répondent à la liberté de la presse ? Le rôle d’une presse démo­cra­tique consiste en prin­cipe à trans­mettre à tous l’information, afin de lais­ser le peuple dis­po­ser de son libre-arbitre.

Pour Dimitris Trimis du moins, le photo-reportage a un impact direct sur l’Histoire :
« Imaginez la jeune fille vic­time du napalm au Vietnam. Imaginez que cette photo n’ait jamais été prise.
L’Histoire n’aurait pas changée.
Imaginez qu’on n’ait pas pho­to­gra­phié les tanks à Prague et à l’Université Polytechnique d’Athènes… »
Thémis Beredimas alerte sur le même point « Je pense que ça concerne tout le monde. C’est une ques­tion de démo­cra­tie, c’est quelque chose que nous nous devons, que nous devons à nos enfants, à la société. Nous avons la res­pon­sa­bi­lité d’informer. »


http://www.okeanews.fr/20130528-etre-ph ... zz2em2NY9a
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Re: On est sans nouvelles de la Grèce !

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Depuis trois ans, les anciens ouvriers d’une entreprise en faillite veillent jour et nuit sur ses locaux pour les protéger des pillards. Indignés par la fuite de leur patron, ces chômeurs attendent un éventuel repreneur.

La cité, fantôme, évoque irrésistiblement le décor d’un film sur la fin du monde. Située à la périphérie de Thessalonique, capitale du nord de la Grèce et deuxième ville du pays, Sindou est une gigantesque zone industrielle. C’était même la plus grande de la région jusqu’à une époque récente. Elle est désormais à l’abandon. Des entrepôts envahis par les mauvaises herbes, des usines aux vitres cassées, aux structures patiemment désossées par les pillages successifs longent des routes vides où l’on ne croise que des chiens errants.
«Depuis le début de la crise, en 2010, ils ont tous mis progressivement la clef sous la porte. Seules une ou deux entreprises, spécialisées dans l’alimentation, ont survécu. Pour le moment», soupire Alexandre, un grand gaillard doté d’une belle moustache, en parcourant les ruines industrielles de ce qui fut l’un des pôles les plus prometteurs du développement économique du pays. C’était avant la crise, avant la découverte «surprise» d’un endettement bien plus important que prévu, car dissimulé par les perdants des élections de 2009. Depuis cette «révélation», la Grèce n’en finit plus de plonger et, malgré les plans d’austérité successifs imposés par Bruxelles et le Fonds monétaire international, sa dette atteindra cette année 321 milliards d’euros, soit 16 milliards de plus qu’en 2012. Pour le premier semestre 2013, ce ne sont pas moins de 40 000 entreprises grecques qui ont mis la clé sous la porte, selon les chiffres annoncés fin août.

A Sindou, le mal est déjà fait. Plus rien à sauver, sauf peut-être cet îlot improbable où des silhouettes glissent au milieu d’un paysage pétrifié, dans un silence accablant, renforcé plus que troublé par le vacarme assourdissant des grillons qui semblent s’en donner à cœur joie pour célébrer la reconquête de la nature sur ce monde industriel en déliquescence. Un îlot ? Juste une usine en réalité. Avec ses grandes cheminées qui découpent le ciel bleu, ses entrepôts, ses ateliers et ses bureaux. «Gardés 24 heures sur 24 par 75 ouvriers qui ont pourtant été abandonnés par leur patron depuis juin 2010», souligne Alexandre avec un sourire amer.

Ce jour-là, ils sont quatre à assurer la surveillance des locaux pour les mettre à l’abri d’éventuels pillards : Alexandre Masnanidis, Socrate Papian, George Panelis et George Christofidis. L’entreprise, qui a cessé de les payer depuis plus de trois ans, porte le nom du fondateur : Petzetakis. Elle fabriquait des tuyaux d’arrosage, surtout à usage professionnel. «Les meilleurs des Balkans. On a encore aujourd’hui des clients qui nous appellent, désespérés parce qu’ils ne trouvent plus la même qualité avec ceux qui viennent désormais de Turquie et de Roumanie. Quel gâchis !» lâche George Panelis, un quadragénaire énervé qui ne pardonne pas à son ex-patron d’avoir gaspillé le potentiel de l’usine en jouant au Monopoly avec les prêts des banques. Quand on évoque la situation de la Grèce, il est d’usage de dénoncer la gabegie du service public. Selon les dernières recommandations de la troïka (la Banque centrale européenne, le FMI et Bruxelles, qui supervisent aujourd’hui les finances grecques), 12 000 fonctionnaires supplémentaires devraient être virés avant la fin de l’année.

1,1 MILLION DE SALARIÉS DU PRIVÉ TRAVAILLENT SANS SALAIRE

«Mais comment se comporte le secteur privé, dont on ne parle jamais ? s’insurge George Panelis. De nombreux patrons ont contraint leurs employés à accepter des retards de salaires, puis beaucoup ont fermé leurs entreprises, comme dans le cas de M. Petzetakis, parce que les prêts des banques avec lesquels ils vivaient, jonglant avec leur comptabilité, leur ont été supprimés pour cause de crise.» Selon une étude publiée par la Sécurité sociale grecque au début du mois, 1,1 million de salariés du privé travaillent sans recevoir de salaire. C’est ce qui est arrivé aux employés de Petzetakis : «Au début de l’été 2010, le patron nous a expliqué qu’il fallait se serrer la ceinture. On n’a plus été payés jusqu’en octobre, lorsqu’il a carrément abandonné l’usine, mais sans la déclarer en faillite. Résultat, comme l’entreprise existait toujours officiellement, on était considérés comme étant au chômage technique et on ne recevait pas d’allocations pour perte d’emploi. On a vécu deux ans sans aucun revenu. Jusqu’en mai 2012, où la faillite est devenue officielle. Nous avons alors eu droit pendant un an à une allocation chômage de 380 euros par mois. Mais qui peut vivre avec ça ?» interroge Panelis.

http://www.liberation.fr/economie/2013/ ... tee_930865
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Re: On est sans nouvelles de la Grèce !

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Coupures d'électricité et drames
Okea, un site qui suit sur place l'actualité de la Grèce en français, a reproduit une lettre de Chryssoula de Patras, victime parmi d'autres des coupures d'électricité, le casse-tête le plus quotidien des Grecs. B.Jaimen a résumé dans son post une situation impossible (Traduction en français : Aleka) :

"Une mère, Chryssoula, unique sou­tien éco­no­mique de ses deux fils malades et qui vit au bord d’une auto­route dans un camion amé­nagé à l’arrière pour la vente de bois­son et de souv­la­kia, s’est fait cou­per le cou­rant par la com­pa­gnie d’électricité. Pourtant, la machine à oxygène de laquelle dépend le plus grand de ses fils ne peut pas fonc­tion­ner sans élec­tri­cité. Sans électricité, cette famille ne peut pas gagner non plus le mini­mum vital pour pou­voir encore à peu près man­ger. En dépit des récla­ma­tions qu’elle a faites, expo­sant la grave mala­die de ses fils à l’administration, la com­pa­gnie d’électricité est res­tée indifférente. En déses­poir de cause, elle est entrée en contact avec le mou­ve­ment « Je ne paye pas », un groupe d’action soli­daire qui s’occupe entre autres de réta­blir (par pira­tage) l’électricité ou l’eau des familles qui se trouvent dans une situa­tion désespérée. Tous les mois, la com­pa­gnie [d'électricité] DEI cou­pe­rait l’électricité de 30000 per­sonnes en Grèce et la plu­part d’entre elles com­porte des enfants, des han­di­ca­pés, des chômeurs…"

Depuis 2011, explique l'article, l’électricité est le premier moyen de pression financière du gouvernement aux abois pour faire rentrer diverses taxes foncières pour toutes les propriétés raccordées au réseau électrique. Greek Crisis Now poursuit depuis trois ans sa chronique des "temps mauvais" sur son blog en français depuis Athènes. Il relève que les touristes s'émerveillent devant l'Acropole tandis que les futurs et énièmes plans sociaux ont frappé jusqu'à l’île touristique d'Amorgos : ''Depuis cette semaine, les listes contenant les noms des fonctionnaires qui seront licenciés circulent officiellement, entre les ministères et la sphère Internet. Donc c’est fait.

Athènes se vide toutefois relativement, et quant à Amorgos, l’île du très grand bleu, elle plonge à sa manière depuis quelques jours dans la tristesse. L’archipel du pire, alors on y est. Un retraité, habitant d’Arkesini d’Amorgos, s’est en effet suicidé mardi 30 juillet au matin. Il n’aurait pas supporté le licenciement de son fils, musicien à l’orchestre symphonique de la radiotélévision publique ERT". Il cite le journal local : "Le retraité, d'après les informations que nous avons pu recueillir et de sources fiables, n'a pas pu supporter le chômage de son fils, marié et père de deux enfants, alors que lui-même n’arrivait plus à les aider financièrement. Car le vieil homme assistait et soulageait déjà en permanence son autre fils, alors malade chronique...

Read more at

[/url]http://www.atlantico.fr/rdv/revue-blogs ... UMUFcEw.99[/url]
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Re: On est sans nouvelles de la Grèce !

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Grèce: les enseignants donnent le coup d'envoi d'une série de grèves
De Sophie MAKRIS (AFP) – Il y a 5 heures


Athènes — Les enseignants des collèges et lycées grecs ont donné le coup d'envoi lundi d'une semaine de grèves dans la fonction publique touchée par un vaste plan de réorganisation auquel le gouvernement met la dernière main avant une visite imminente de la troïka.
De nombreux collégiens et lycéens du pays ont vu leurs cours réduits à la portion congrue à la suite de l'appel à la grève lancé pour toute la semaine par le syndicat des enseignants du secondaire OLME. Le mouvement est reconductible la semaine prochaine.
En fin de matinée à Athènes, environ 7.000 fonctionnaires, selon la police, défilaient devant les ministères protégés par la police anti-émeutes.
Quelques incidents avaient éclaté en début de matinée devant le ministère de la Réforme administrative, accompagnés de jets de grenades lacrymogènes.

"Il est logique que la participation soit importante les premiers jours mais nous ne tablons pas sur une mobilisation durable", assurait-on au ministère de l'Education, joint par l'AFP, précisant qu'aucune donnée ne serait publiée sur le pourcentage de grévistes.
"Non aux mises en disponibilités, licenciements, et mutations obligatoires", pouvait-on lire sur un tract du syndicat affiché sur la porte close d'un lycée du quartier aisé de Kolonaki, au centre d'Athènes.

Les revendications des enseignants sont nombreuses mais leur inquiétude la plus immédiate tient à la mise en oeuvre d'un vaste de plan de restructuration de la fonction publique consenti par la Grèce au titre de ses engagements envers ses créanciers UE-BCE-FMI.
Dans ce cadre plusieurs milliers de fonctionnaires, notamment enseignants et gardiens d'école, sont entrés dans un mécanisme de disponibilité depuis juillet.

Ces employés cessent d'occuper leurs fonctions en attendant de se voir proposer une mutation dans un autre service. Pendant les huit mois de cette disponibilité, ils sont payés 75% de leur salaire.

Un test pour le gouvernement
Les mises en disponibilité doivent atteindre 12.500 avant la fin du mois et 25.000 d'ici la fin de l'année pour remplir les objectifs que la troïka a assignés à la Grèce et qu'elle viendra contrôler lors d'une mission qui débute mardi.
L'ampleur de la mobilisation apparaît donc comme un test pour le gouvernement de coalition du conservateur Antonis Samaras qui se targue d'un climat social apaisé et d'une récession stabilisée.

http://www.google.com/hostednews/afp/ar ... 8968&hl=fr
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
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Re: On est sans nouvelles de la Grèce !

Message non lu par etienne lorant »

De plus en plus de Grecs se feraient contaminer de leur propre gré par le virus du sida dans le but de toucher une pension.

L'information est à la une de tous les médias grecs : certaines personnes s'injectent volontairement le virus du sida. Avec la crise et le taux de chômage qui explose – 27,6% en juillet 2013 – certains Grecs sont prêts à tout pour obtenir 700 euros par mois, la somme octroyée en Grèce aux personnes porteuses du virus.

La presse a publié mardi un rapport alarmant selon lequel la moitié des nouveaux malades se font contaminer de leur propre gré dans le seul but de toucher cette prestation spécifique. L'Organisation mondiale de la santé a immédiatement contredit ce chiffre sans toutefois nier que des cas existaient.

55% de contamination en plus depuis 2010

Le taux d'infection a augmenté de 55% depuis 2010 en Grèce. La plupart des nouveaux malades sont des consommateurs de drogues. Les cas de contamination par des rapports sexuels non protégés sont également nombreux.

Dans ce marasme ambiant, des personnes séropositives ont créé une association de soutien psychologique qui produit des campagnes pour la prévention du sida. Répondant au slogan "J'agis donc je vis", ses membres espèrent maîtriser le phénomène des contaminations volontaires au plus vite.

Début juillet, le gouvernement grec avait réinstauré les dépistages forcés du VIH et la détention de personnes suspectées d'être porteuses du sida.

http://www.rtl.fr/actualites/info/inter ... 7767329490
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Christophe
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Re: On est sans nouvelles de la Grèce !

Message non lu par Christophe »

Effrayant ! :bomb:
« N'ayez pas peur ! » (365 occurrences dans les Écritures)
etienne lorant
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Re: On est sans nouvelles de la Grèce !

Message non lu par etienne lorant »

Les documents secrets du FMI sur la Grèce
Publié le 23 octobre 2013 dans Économie internationale, Europe

Des documents confidentiels du FMI ont fuité dans la presse américaine à propos des tractations qui ont eu lieu concernant les plans de sauvetage à l’économie grecque.
Par Charles Sannat.

Crise en Grèce

Il y a quelques jours, alors que nous étions tous occupés et préoccupés par le shutdown américain et les risques de défauts de paiements liés au conflit opposant républicains et démocrates sur le relèvement du plafond de la dette, des documents confidentiels du FMI, le Fonds Monétaire international, fuitaient dans la presse américaine.

C’est le Wall Street Journal qui a sorti ce dossier concernant les différentes réunions et tractations qui ont eu lieu en 2010 autour du sujet des plans d’aides nécessaires à l’économie grecque.

Les notes et les procès-verbaux du conseil d’administration du FMI sont accablants sur la façon dont il a été décidé d’aider la Grèce. Tout ce que nous disons depuis le début de la crise grecque, à savoir que les plans d’aides à la Grèce n’aident pas la Grèce, ni l’économie grecque et encore moins la population grecque mais sont des plans de sauvetages des banques, en particulier des banques européennes.

Ces documents confidentiels sont accablants sur la façon dont la Grèce a été et reste traitée aujourd’hui car sa situation est sans espoir économiquement parlant. Il a été décidé de sacrifier un pays entier pour préserver les bénéfices des grandes banques commerciales. Tout cela est une évidence depuis le début pour qui observe avec un tant soit peu de jugeote la situation.

Lors de la réunion du 9 mai 2010 du FMI, le conseil d’administration a approuvé le premier plan de sauvetage de la Grèce. Pourtant, il y a eu des désaccords considérables au sein même de l’institution et lors des différentes réunions. Néanmoins, Américains et Européens disposent de suffisamment de droits de votes pour pouvoir ignorer les autres avis, raison pour laquelle les pays émergents insistent de façon de plus en plus importante sur la réforme des institutions internationales.

Le directeur exécutif suisse René Weber dira :

« Nous avons des doutes considérables quant à la faisabilité du programme… Nous avons des doutes sur les hypothèses de croissance qui semblent être trop favorables.

Même un petit écart négatif par rapport aux projections de croissance de base rendrait le niveau d’endettement insoutenable sur le long terme… Pourquoi la restructuration de la dette et l’implication du secteur privé dans le plan de sauvetage n’a pas été considéré jusqu’ici ?… »

Pour une raison somme toute assez simple. « L’implication du secteur privé », ce sont les banques commerciales. Restructurer la dette grecque, abandonner des créances impossibles à rembourser c’était amputer d’autant les bénéfices et les fonds propres des grands banques commerciales du vieux continent. Cela signifiait faire des augmentations de capital en urgence, voire même demander à chaque État d’aller renflouer directement ses banques respectives.

Le directeur exécutif brésilien Paulo Nogueira Batista dira :

« Les risques du programme sont immenses… À l’heure actuelle, les programmes risquent de substituer aux financements privés des financements officiels. En d’autres termes, ce programme peut être considéré non pas comme une opération de sauvetage de la Grèce, qui devra subir un ajustement déchirant, mais comme un plan de sauvetage des créanciers privés de la Grèce, principalement des établissements financiers européens. »

« Notre décision d’aller dans le sens de ce programme problématique et risqué ne doit pas être interprétée comme signifiant que nous soutiendrons à l’avenir de telles politiques. À l’avenir, nous souhaitons nous assurer que le fonds monétaire international ne soit pas mené sur la voie d’approuver un programme qui peut se révéler mal conçu et finalement insoutenable. »

Voilà qui est limpide de clarté. Je rappelle que nous sommes le 9 mai 2010 et que déjà tout est parfaitement connu et anticipé concernant les conséquences délétères des politiques de rigueur menées en Grèce. Non seulement c’est connu, mais c’est en plus dit, écrit et acté sans que cela ne change rien aux décisions prises par nos gouvernants européens.

Le directeur exécutif argentin Pablo Andrés Pereira dira :

« L’alternative d’une restructuration volontaire de la dette aurait dû être mise sur la table… Les autorités européennes auraient été bien avisées d’arriver à un processus de restructuration ordonnée de la dette. La ligne du FMI est que la stratégie approuvée n’aurait qu’un impact marginal sur les problèmes de solvabilité de la Grèce… Or il est très probable que la Grèce soit dans un état aggravé après la mise en œuvre de ce programme. »

Encore une fois, nous savions exactement ce qui allait se passer avec l’effondrement de l’économie grecque, ce qui ne pouvait qu’aboutir à une spirale infernale de chute de l’activité, baisses des rentrées fiscales, augmentation de la dette… sans oublier les dégâts sociaux et les ravages humains.

Le directeur exécutif égyptien Shakour Shaalan dira que :

« Nous souhaiterions avoir de plus amples précisions sur les hypothèses… des projections de croissance à moyen terme qui nous semblent plutôt optimistes… Nous souhaiterions savoir si la restructuration de la dette a été parmi les options envisagées dans le programme d’aide.
La restructuration de la dette peut être considérée comme défavorable, mais elle doit être envisagée. »

Le directeur exécutif indien Arvind Virmani dira que :

« L’ampleur de la réduction budgétaire sans aucune politique monétaire en accompagnement est sans précédent.

C’est un fardeau de la taille d’un mammouth que l’économie pourra difficilement supporter.

Même si le programme est mis en œuvre avec succès, cela pourrait déclencher une spirale déflationniste de la baisse des prix, baisse de l’emploi, et la chute des recettes fiscales qui pourraient éventuellement compromettre le programme lui-même. Dans ce contexte, il est également nécessaire de se demander si l’ampleur de l’ajustement ne construit pas le risque d’échec du programme et l’arrêt des paiements conséquents…

Il est à craindre que le défaut et la restructuration soient inévitables. »

Là encore, le FMI était parfaitement au courant des risques qui pesaient sur la Grèce et de l’inutilité de telles mesures prises isolément, c’est-à-dire sans le levier de la dévaluation monétaire… liée au dogme de l’invincibilité de l’euro.

Le directeur exécutif chinois Il Jianxiong dira que :

« Les risques pour le programme sont importants… La projection de croissance semble optimiste. »

C’est pour le moins laconique et peu étayé bien que cela reste juste dans les faits.

Cette année, en juin 2013, Christine Lagarde, directrice générale du FMI, revient sur le dossier de la Grèce en sortant l’inaltérable « on ne pouvait pas savoir » expression fourre-tout servant surtout à exonérer de toute responsabilité des gens qui sont censés pourtant en exercer.

« En mai 2010, nous savions que la Grèce avait besoin d’un plan de sauvetage, mais pas qu’il faudrait une restructuration de la dette… Nous n’avions aucune idée que la situation économique générale allait se détériorer aussi rapidement qu’elle l’a fait… »

Et nous, nous devrions croire Madame Lagarde qui ne savait pas ce que n’importe quel économiste de comptoir pouvait parfaitement prévoir dès le plan d’aide à la Grèce connu. Nous savions tous que la dette de la Grèce serait effacée à un moment ou à un autre et que plus l’on attendait, plus le coût global pour les contribuables européens serait élevé.

Résultat : plus de 3 ans après, nous allons recommencer avec le cirque de la dette grecque… qui n’a jamais été aussi élevée que maintenant.

Heureusement, comme le dit le FMI, désormais tout va beaucoup mieux puisque :

« Le programme actuel a déjà intégré les leçons du précédent. Il dispose d’un cadre pour la réduction de la dette de la Grèce et un engagement des Européens à accorder un allègement de dette supplémentaire, si nécessaire pour maintenir la dette sur le chemin prévu dans le programme, et à condition que la Grèce respecte ses objectifs budgétaires en 2013 et 2104. En outre, la Grèce a demandé et reçu un allègement de la dette. Sur des hypothèses de croissance, nous prévoyons une reprise tirée par une amélioration du sentiment, que les réformes puissent fonctionner, mais nous sommes plus prudents qu’avant et nous nous rendons compte qu’il faudra certainement plus pour que la Grèce renoue durablement avec la croissance. »

Que voilà des propos officiels et rassurants alors que la réalité, qui va nous rattraper dans quelques jours, est tout autre.

La Grèce et ses créanciers affichent d’importants désaccords.

Le ministre des Finances grec Stournaras a ainsi affirmé que les conditions posées par les créanciers (UE, BCE et FMI) risquent d’être drastiques tout en annonçant (ce qui reste de la posture politique) qu’il refuserait tout plan qui alourdirait l’austérité sans comporter de « mesures structurelles ».

En clair, la Grèce veut une nouvelle annulation de sa dette et c’est une évidence économique à défaut d’être une évidence morale incontestable.

Il faut bien avoir à l’esprit qu’en 2010 (moment où ont été prises les notes dévoilées plus haut dans cet article), la dette publique de la Grèce était de 133 % d’endettement sur PIB.

Aujourd’hui, en 2013, nous en sommes à 175 %… On ne peut donc pas dire que la politique menée jusqu’à aujourd’hui par la troïka ait brillamment réussi à régler les problèmes. Au contraire. Comme prévu, tout s’est bel et bien aggravé.

Or pour le moment, personne ne veut entendre parler de nouvel effacement de la dette grecque. Fin septembre, les négociations ont d’ailleurs été interrompues, officiellement pour des « raisons techniques » comme l’avait indiqué le communiqué de l’époque. Depuis, rien n’avance, et l’absence de constitution d’une nouvelle coalition gouvernementale en Allemagne empêche toute reprise du processus de négociation.

Nous sommes en 2013, tout le monde savait que nous allions vers l’échec. Nous y sommes. Il ne reste plus qu’à trouver à nos brillants mamamouchis une nouvelle idée, ou un nouveau tapis pour cacher ce nouveau problème. Le régler ne semblant jamais avoir fait partie des plans de nos dirigeants.

C’est un véritable scandale politique, économique, c’est un scandale de ce qu’est devenue l’idée européenne, c’est une honte démocratique, et pourtant… le silence est le plus total.

Pathétique.

http://www.contrepoints.org/2013/10/23/ ... r-la-grece
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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