Le Pape François parle-t-il trop ?

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jeanbaptiste
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Re: Le Pape François parle-t-il trop ?

Message non lu par jeanbaptiste »

Donc il me paraît normal qu'il n'y ait dans l’Église Catholique aucune structure, aucune action spécifique pour "recruter" le clergé des anglicans. Seuls les transferts à titre individuel doivent être acceptés, avec une mutation géographique (voire continentale) obligatoire par rapport à leur diocèse d'origine !
Certes, mais je pense que vous êtes à côté du sujet. Anglicanorum Coetibus n'était pas un outil de "débauchage" du clergé anglican, c'était un ordinariat conçu pour les paroisses anglicanes qui demandent à revenir à l'Église.

Voyez le topo :

- Salut, nous sommes des fidèles d'une paroisse anglicane et nous souhaitons devenir une paroisse catholique.

- (le pape : ) Ah non, désolé, je peux pas vous prendre, restez anglican c'est mieux pour vous, question de stratégie sur le long terme.


Pardonnez-moi, mais expliquer qu'il faut refuser des retour à l'Église Catholique au nom d'une stratégie quelconque, ça me semble totalement dingue.

Mais voyez, on parle encore de "stratégie", de "méthode" etc. De "ruse" en fait.

Mais au fond, François ne l'a-t-il pas lui-même avoué ? "Je suis un peu rusé".

Et bien pardonnez-moi, mais je ne crois pas que la ruse soit fondamentalement une vertu.
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Johnny
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Re: Le Pape François parle-t-il trop ?

Message non lu par Johnny »

Il ne s'agit pas de "ruse", mais d'empathie.

Se mettre à la place de l'autre est indispensable pour trouver une solution à un conflit.

Une paroisse qui se convertit "en bloc", vu de l'autre coté, c'est une désertion avec armes et bagages. Et cette désertion sera considérée comme une trahison, découlant d'un complot, et donc d'une agression caractérisée.
Se croire soi-même imparfait et trouver les autres parfaits, voilà le bonheur. (Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus)

Ce qui attire le plus de grâces du bon Dieu, c'est la reconnaissance, car si nous le remercions d'un bienfait, il est touché et s'empresse de nous en faire dix autres et si nous le remercions encore avec la même effusion, quelle multiplication incalculable de grâces ! (idem)
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Re: Le Pape François parle-t-il trop ?

Message non lu par jeanbaptiste »

Oui et vu du côté de ceux qui souhaitent revenir à l'Église, c'est vu comment ?

Qu'est-ce qu'on leur dit ? Le Salut c'est pas pour vous car on a pas envie de blesser vos collègues ?

Ce que je constate c'est que l'empathie elle ne va que dans un seul sens.

En fait, c'est pas une question d'empathie, c'est une question d'idéologie : faudrait quand même pas porter atteinte au sacro-saint œcuménisme au nom de je ne sais quel Salut que promet l'Église Catholique !

Rappelons, pour ceux qui l'ignorent encore, ce passage de Dominus Iesus :
4. La pérennité de l'annonce missionnaire de l'Église est aujourd'hui mise en péril par des théories relativistes, qui entendent justifier le pluralisme religieux, non seulement de facto mais aussi de iure (ou en tant que principe). Elles retiennent alors comme dépassées des vérités comme par exemple le caractère définitif et complet de la révélation de Jésus-Christ, la nature de la foi chrétienne vis-à-vis des autres religions, l'inspiration des livres de la Sainte Écriture, l'unité personnelle entre le Verbe éternel et Jésus de Nazareth, l'unité de l'économie du Verbe incarné et du Saint-Esprit, l'unicité et l'universalité salvifique du mystère de Jésus-Christ, la médiation salvifique universelle de l'Église, la non-séparation, quoique dans la distinction, entre le Royaume de Dieu, le Royaume du Christ et l'Église, la subsistance de l'unique Église du Christ dans l'Église catholique.
Il y a des priorités dans l'Église, et le Salut l'emporte sur l'œcuménisme, que vous le vouliez ou non.

À choisir entre accueillir dans l'Église du Christ d'anciens anglicans, au risque de se brouiller avec leurs anciens coreligionnaires, et les mettre à la porte pour ne pas se brouiller avec ces derniers, la véritable empathie, qui est empathie pour le Salut de ces personnes, consiste à les accueillir !

Car si vous ne les accueillez pas :

1) Vous êtes coupable de ne pas avoir sauvé des hommes qui le demandaient.

2) Vous êtes coupable de porter un faux témoignage en faisant croire que dans le régime du Salut l'Église Catholique est accessoire, et en lançant un signal aux autres anglicans disant : restez chez vous, c'est aussi bien pour vous !

Je ne vois pas de l'empathie là-dedans, je vois surtout une volonté de bien se faire voir aux yeux du monde, bref, de faire le jeu de Satan.
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Re: Le Pape François parle-t-il trop ?

Message non lu par jean_droit »

Heureusement que le texte de l'interview du Saint Père à Républica a été supprimé des archives internet du Vatican.
Ce texte était un peu imprudent car certaines formulations manquaient de rigueur.
Il a fallu que de nombreuses interventions essayent d'en limiter l'impact.
Tant qu'à dire qu'il n'a pas été relu et relu : Hum !
Heureusement que la communication du Saint Père me semble plus maîtrisée depuis quelques semaines.
Suppression de l'entretien entre le pape François et Eugenio Scalfari

L'entretien entre le pape et le fondateur de la Reppublica qui avait fait couler beaucoup d'encre il y a quelques semaines a été purement et simplement supprimé du site du Vatican :

"Pour expliquer la décision, le porte-parole du Vatican le père Federico Lombardi, a déclaré que «le texte est fiable dans son sens général, mais pas dans les formulations isolées entre guillemets, n'ayant pas été révisé mot à mot».
En substance, a dit le père Lombardi, «en l'ôtant, on a fait une mise au point sur la nature de ce texte. Il y avait une ambiguïté et un débat sur sa valeur».
Quant à l'auteur de la décision - conclut-il - «il n'est pas nécessaire de penser à des interventions à un niveau particulièrement important, cela a pu être décidé à n'importe quel niveau de la Secrétairerie d'Etat, responsable du site du Vatican»."
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Re: Le Pape François parle-t-il trop ?

Message non lu par jean_droit »

Remarque personnelle :

C'est la première fois que je vois un article assez complet sur le sujet.
Mon opinion reste toujours la même :
Dans ses premiers mois le Saint Père a un peu trop parlé et fait des déclarations pour le moins imprudentes.
Heureusement qu'il a su recadrer son discours. Il est, aussi, très courageux qu'il le reconnaisse.

http://chiesa.espresso.repubblica.it/ar ... 50668?fr=y
Le pape fait lui aussi son autocritique.

Et il corrige trois erreurs

Il abaisse le "rating" de l’interview qu’il a accordée à Scalfari. Il rectifie ses jugements sur le concile Vatican II. Il prend ses distances par rapport aux courants progressistes qui l’ont le plus applaudi jusqu’à présent. Mais les médias ne parlent pas de son changement

par Sandro Magister

ROME, le 22 novembre 2013 – En l’espace de quelques jours, le pape François a corrigé ou fait corriger quelques éléments significatifs de son image publique. Au moins trois.

Le premier concerne l’entretien qu’il a eu avec Eugenio Scalfari et qui a été mis par écrit dans le journal "La Repubblica" du 1er octobre par ce champion de la pensée athée.

Cette retranscription de l’entretien a effectivement provoqué un étonnement assez généralisé, en raison de certaines affirmations mises dans la bouche de François qui paraissaient plus conformes à la pensée laïque dominante qu’à la doctrine catholique. Celle-ci, par exemple :

"Chacun de nous a sa propre vision du bien et du mal et il doit choisir de suivre le bien et de combattre le mal tels qu’il les conçoit".

En même temps, cependant, le père Federico Lombardi a immédiatement confirmé que l'interview était "fidèle à la pensée" du pape et "digne de foi dans son sens général".

Ce n’est pas tout. Quelques heures après sa publication dans "La Repubblica", l'interview a été reproduite intégralement à la fois dans "L'Osservatore Romano" et sur le site web officiel du Saint-Siège, de la même façon que les autres discours et documents du pape.

De là est née l'idée que Jorge Mario Bergoglio avait choisi volontairement, en cette occasion comme en d’autres, la forme d’expression de l’entretien comme nouvelle modalité de son magistère, capable d’atteindre le grand public de manière plus efficace.

Mais, au cours des semaines qui ont suivi, le pape a dû se rendre compte du risque que comportait également cette forme d’expression. Ce risque était que le magistère de l’Église soit rabaissé au niveau d’une simple opinion offerte à la libre confrontation.

Et il en est résulté la décision, prise le 15 novembre, de faire disparaître du site du Saint-Siège le texte de l’entretien avec Scalfari.

"En le retirant – a expliqué le père Lombardi – on a fait une mise au point quant à la nature de ce texte. Il y avait une équivoque et un débat à propos de sa valeur".

Par ailleurs Scalfari, interviewé le 21 novembre dans les locaux romains de la presse étrangère, a révélé d’autres détails de cette affaire.

Il a dit que le pape, à la fin de leur entretien, avait consenti à ce que celui-ci soit rendu public. Et lorsque Scalfari lui avait proposé de lui en envoyer le texte préalablement, il avait répondu : "Je crois que ce serait une perte de temps, je vous fais confiance".

Le fondateur de "La Repubblica" a en effet envoyé au pape son texte, accompagné d’une lettre dans laquelle il disait notamment :

"Tenez compte du fait que je n’ai pas rapporté certaines choses que vous m’avez dites. Et que vous n’avez pas tenu certains des propos que je vous attribue. Mais je les ai écrits pour que le lecteur comprenne qui vous êtes"

Deux jours plus tard – toujours si l’on s’en tient à ce qu’a raconté Scalfari – le secrétaire du pape, Alfred Xuereb, a téléphoné pour donner le feu vert pour la publication. Qui a eu lieu le lendemain.

Scalfari a fait le commentaire suivant : "Je suis tout disposé à croire que le pape n’est pas d’accord avec certaines des choses que j’ai écrites en les lui attribuant, mais je crois aussi qu’il considère que, dites par un non croyant, elles sont importantes pour lui et pour l’action qui est la sienne".

*

Mais l’interview, calibrée et très étudiée, que le pape François a accordée à la revue "La Civiltà Cattolica" – et qui a été publiée le 19 septembre dans seize revues de la Compagnie de Jésus rédigées en onze langues – a été elle aussi incluse, ces jours derniers, dans le chantier des choses à corriger.

Sur un point clé : l'interprétation du concile Vatican II.

On l’a compris en prenant connaissance d’un passage de la lettre autographe écrite par François à l’archevêque Agostino Marchetto à l’occasion de la présentation d’un ouvrage écrit en son honneur, le 12 novembre, dans le cadre solennel du Capitole. Et cette lettre, le pape a voulu qu’elle soit lue en public.

Ce passage est le suivant :

"Cet amour [pour l’Église], vous l’avez manifesté de bien des manières, y compris en corrigeant telle erreur ou telle imprécision de ma part – et je vous en remercie du fond du cœur – mais il s’est surtout manifesté dans toute sa pureté dans les études que vous avez consacrées au concile Vatican II. Je vous l’ai dit un jour, cher Monseigneur Marchetto, et je veux le répéter aujourd’hui : je vous considère comme le meilleur herméneute du concile Vatican II".

Affirmer que Marchetto est "le meilleur herméneute" du concile, voilà qui est déjà assez spectaculaire. Marchetto est en effet, depuis toujours, l’homme qui a critiqué le plus implacablement cette "école de Bologne" – fondée par Giuseppe Dossetti et Giuseppe Alberigo et dirigée aujourd’hui par le professeur Alberto Melloni – qui détient le monopole mondial de l'interprétation de Vatican II selon une optique progressiste.

L'herméneutique du concile soutenue par Marchetto est la même que celle de Benoît XVI : il ne s’agit pas d’une "rupture" et d’un "nouveau début", mais d’une "réforme dans la continuité de l'unique sujet Église". Et cette herméneutique-là, le pape François a voulu montrer qu’il la faisait sienne, en manifestant aussi hautement son approbation à Marchetto.

Mais si l’on relit le passage succinct que François consacre à Vatican II dans l’interview qu’il a accordée à "La Civiltà Cattolica", l'impression que l’on en retire est différente. "Oui, il y a des lignes d’herméneutique de continuité et de discontinuité", concède le pape. "Cependant – ajoute-t-il – une chose est claire" : Vatican II a été "un service au peuple" qui consiste en "une relecture de l’Évangile à la lumière de la culture contemporaine".

À trois reprises, dans les quelques lignes de l'interview qui sont consacrées au concile, Bergoglio en définit l’essence en ces termes, qu’il applique également à la réforme de la liturgie.

Un tel jugement au sujet de l’événement grandiose qu’a été le concile a tout de suite paru très sommaire à beaucoup de gens, à tel point qu’Antonio Spadaro lui-même, le directeur de "La Civiltà Cattolica" qui a réalisé cette interview du pape, a avoué qu’il avait été stupéfait au moment où il avait transcrit ce que François venait de lui dire de vive voix.

Toutefois, pendant ce temps-là, ce jugement a continué à recueillir une large approbation.

C’est ainsi que, le 14 novembre, lorsqu’il a reçu le pape François venu lui rendre visite au Quirinal, le président de la république italienne Giorgio Napolitano l’a remercié justement d’avoir fait "vibrer l’esprit du concile Vatican II en tant que 'relecture de l’Évangile à la lumière de la culture contemporaine'", en citant précisément ses propres paroles.

Et le pape a également été applaudi pour ces mêmes propos – c’est un autre exemple – par le numéro un des liturgistes italiens, Andrea Grillo, professeur à l’Institut Pontifical Saint-Anselme. Selon celui-ci, François aurait enfin inauguré la véritable et définitive "herméneutique" du concile, après avoir "placé tout de suite au second plan cette diatribe à propos de la 'continuité' et de la 'discontinuité' qui a pendant longtemps porté préjudice – et souvent paralysé totalement – toute herméneutique efficace de Vatican II".

Ce n’est en effet un secret pour personne que le "service au peuple" et la relecture de l’Évangile "actualisée dans l'aujourd’hui" sont des concepts chers à ceux qui donnent des interprétations progressistes du concile et en particulier à "l’école de Bologne", qui a fait état à maintes reprises de l’enthousiasme que lui inspirait ce pape.

Mais il s’est évidemment trouvé quelqu’un pour faire remarquer personnellement au pape Bergoglio que réduire le concile à de tels concepts était pour le moins "imprécis", sinon "erroné".

Et c’est justement Marchetto qui a franchi ce pas. Il y a depuis longtemps, entre lui et Bergoglio, une grande confiance et une estime réciproque. À Rome, Marchetto habite à la maison du clergé de la via della Scrofa, où il occupe la chambre 204, voisine de la chambre 203 où logeait celui qui était alors l’archevêque de Buenos Aires lorsqu’il venait à Rome.

Le pape François a non seulement écouté mais également accepté les critiques formulées par son ami. Au point de remercier celui-ci, dans la lettre qu’il a fait lire le 12 novembre, de l’avoir aidé "en corrigeant telle erreur ou telle imprécision de ma part ".

Il est à présumer que, à l’avenir, François s’exprimera à propos du concile autrement qu’il ne l’a fait dans l'interview qu’il a accordée à "La Civiltà Cattolica" et davantage en ligne avec l'herméneutique de Benoît XVI. À la grande déception de "l’école de Bologne".

*

La troisième correction est en cohérence avec les deux précédentes. Elle concerne l’estampille "progressiste" que le pape François s’est vu attribuer au cours de ces premiers mois de son pontificat.

Il y a un mois, le 17 octobre, Bergoglio avait paru confirmer une fois de plus ce profil lorsque, dans son homélie matinale à la maison Sainte-Marthe, il avait eu des mots cinglants contre les chrétiens qui transforment la foi en une "idéologie moraliste", entièrement faite de "prescriptions sans bonté".

Mais un mois plus tard, le 18 novembre, lors d’une autre homélie matinale, le pape a fait entendre une musique toute différente.

Ce jour-là, la révolte des Macchabées contre les puissances dominantes de leur époque lui a servi de point de départ pour critiquer avec une très grande sévérité ce “progressisme adolescent”, que l’on trouve aussi chez les catholiques et qui est disposé à se soumettre à “l’uniformité hégémonique” de la “pensée unique, fruit de la mondanité”.

Il n’est pas vrai, a affirmé François, que "face à n’importe quelle décision il soit bon d’avancer en tout état de cause, au lieu de rester fidèle à ses traditions". À force de négocier à propos de tout, on en arrive à ce que les valeurs soient tellement vidées de leur sens qu’elles ne sont plus que des “valeurs nominales, dépourvues de réalité”. On finit même par négocier "ce qui est essentiel à notre être, la fidélité au Seigneur".

La pensée unique qui domine le monde – a continué le pape – légalise même “les condamnations à mort”, même “les sacrifices humains”. “Mais est-ce que vous pensez – a-t-il demandé – que l’on n’en fait plus, aujourd’hui, des sacrifices humains ? On en fait beaucoup, beaucoup ! Et il existe des lois qui les protègent”.

Difficile de ne pas voir, dans ce cri de douleur poussé par le pape François, les innombrables vies humaines supprimées à leur origine du fait de l’avortement ou détruites par l'euthanasie.

À l’appui de sa protestation contre la progression de “cet esprit de mondanité qui conduit à l’apostasie”, le pape a cité l’une de ses lectures préférées : “Le Maître de la terre”, un roman “prophétique” écrit au début du XXe siècle par Robert H. Benson, un prêtre anglican qui était fils d’un archevêque de Canterbury et qui se convertit au catholicisme.

À l’exception de quelques rares publications catholiques, les médias du monde entier ont passé sous silence cette homélie du pape François. Elle est en effet en contradiction spectaculaire avec les schémas progressistes, ou même révolutionnaires, qui sont généralement utilisés pour le décrire.

Mais maintenant il en est aux actes. Et il s’y tient.

Par une curieuse coïncidence, Pietro Parolin, le nouveau secrétaire d’état, a également pris part à la messe au cours de laquelle le pape François a prononcé cette homélie. C’était son premier jour de service effectif à la curie romaine.
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Re: Le Pape François parle-t-il trop ?

Message non lu par Popeye »

Rome en est à censurer le Pape pour tenter de le couvrir...

"L’entretien que le pape François a accordé, le 1er octobre, au quotidien italien La Repubblica. Cet entretien qui était disponible sur le site Internet du Vatican, a été retiré le 15 novembre, à la demande de la Secrétairerie d’Etat. Une réponse avait déjà été censurée par L’Osservatore Romano, celle où le pape affirmait que chacun avait sa conception du bien et du mal et qu’il devait suivre sa conscience."

:siffle:
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Re: Le Pape François parle-t-il trop ?

Message non lu par Peccator »

Ce n'est pas la première fois que la Curie tente de filtrer le discours et l'action d'un pape qui les dérange...

Cette interview du Pape, et notamment les lignes sur la conscience que chacun a du bien et du mal, est intéressante à lire en regard des paragraphes 1776 et suivants du CEC... Où l'on constate une fois de plus que le pape François ne dit rien que de très catholique...
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Re: Le Pape François parle-t-il trop ?

Message non lu par Popeye »

Salut,

La doctrine catholique c'est:

1. Qu'il est peccamineux d'agir contre sa conscience.
2. Qu'il est peccamineux d'agir selon sa conscience erronée.

Mais vous savez ça aussi bien que moi.

+
Jeremy43
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Re: Le Pape François parle-t-il trop ?

Message non lu par Jeremy43 »

Bonjour,

Le Pape François, lors d'une visite à des réfugiés et à des sans-abris, a déclaré "Partager notre expérience de porter cette croix, pour expulser la maladie qui est dans nos cœurs, et qui rend la vie amère : il est important que vous fassiez cela lors de vos rencontres. Ceux qui sont chrétiens, avec la Bible, et ceux qui sont musulmans, avec le Coran".

http://www.catholic.co.il/index.php?opt ... =9&lang=fr

Peut-il y avoir une pire hérésie ?
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Re: Le Pape François parle-t-il trop ?

Message non lu par etienne lorant »

Pour certains, ces paroles seront elles aussi taxées d'hérésie ?

Le pape François a en effet reçu une délégation du « Comité juif américain » (« American Jewish Committee », AJC), ce matin, 13 février 2014, au Vatican.

Discours du pape François

Chers amis,

Je vous souhaite la bienvenue ici, en ce jour. Votre organisation, qui a rencontré mes vénérables prédécesseurs à plusieurs reprises, entretient de bonnes relations avec le Saint-Siège et avec de nombreux représentants du monde catholique. Je vous suis très reconnaissant pour la remarquable contribution que vous avez apportée au dialogue et à la fraternité entre juifs et catholiques, et je vous encourage à continuer sur cette voie.

L’année prochaine, nous commémorerons le cinquantième anniversaire de la Déclaration du concile Vatican II, Nostra aetate, qui constitue pour l’Église aujourd’hui le point de référence sûr de nos relations avec nos « frères ainés ». C’est à partir de ce document que notre réflexion sur le patrimoine spirituel qui nous unit et qui est le fondement de notre dialogue s’est développée avec une nouvelle vigueur. Ce fondement est théologique, il n’est pas simplement l’expression de notre désir de respect et d’estime mutuels. Il est donc important que notre dialogue soit toujours profondément marqué par la conscience de notre relation avec Dieu.

En plus du dialogue, il est aussi important de trouver des voies sur lesquelles juifs et chrétiens puissent coopérer dans la construction d’un monde plus juste et fraternel. À cet égard, je rappelle tout particulièrement nos efforts communs pour servir les pauvres, les personnes marginalisées et celles qui souffrent. Notre engagement dans ce service est ancré dans la protection des pauvres, des veuves, des orphelins et des réfugiés telle que l’enseigne l’Écriture sainte (cf. Ex 20,20-22). C’est une responsabilité qui nous est confiée par Dieu, qui reflète sa sainte volonté et sa justice ; c’est une véritable obligation religieuse.

Enfin, afin que nos efforts ne restent pas vains, il est important que nous nous appliquions à transmettre aux jeunes générations l’héritage de notre connaissance réciproque, de notre estime mutuelle et de notre amitié qui s’est développé grâce à l’engagement d’associations comme la vôtre. Par conséquent, je souhaite que l’étude des relations avec le judaïsme se poursuive dans les séminaires et les centres de formation pour les laïcs catholiques, et j’espère également que le désir de connaître le christianisme grandira parmi les jeunes rabbins et au sein de la communauté juive.

http://www.zenit.org/fr/articles/chreti ... plus-juste
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Le Pape François parle-t-il trop ?

Message non lu par Jeremy43 »

Bonjour,

C'est de l'humanisme, ce que veut Dieu c'est sauver les hommes de ce monde mauvais, c'est à dire que chaque homme accepte Jésus-Christ comme seul et unique Sauveur car il n'y en a pas d'autre et cela s'applique tout particulièrement aux juifs.
Pour certains, ces paroles seront elles aussi taxées d'hérésie ?
Votre reproche s'adressant à moi, pourriez-vous me dire en quoi le fait que le Pape, Vicaire du Christ, déclare à des musulmans qu'ils doivent chercher leurs réponses dans le coran n'est pas une hérésie ? comme si le coran et la Bible étaient la même chose !

Pour moi dire cela à des musulmans ou à n'importe qui d'autre (en laissant sous entendre que tout se vaut, que Jésus n'est pas le Chemin, la Vérité et la Vie et que nul ne vient au Père sinon par Lui), c'est les livrer au diable, ni plus ni moins.
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Re: Le Pape François parle-t-il trop ?

Message non lu par Belin »

Jeremy43 a écrit :Bonjour,

Le Pape François, lors d'une visite à des réfugiés et à des sans-abris, a déclaré "Partager notre expérience de porter cette croix, pour expulser la maladie qui est dans nos cœurs, et qui rend la vie amère : il est important que vous fassiez cela lors de vos rencontres. Ceux qui sont chrétiens, avec la Bible, et ceux qui sont musulmans, avec le Coran".

http://www.catholic.co.il/index.php?opt ... =9&lang=fr

Peut-il y avoir une pire hérésie ?
Bon il a probablement commis une erreur -peut être parce-qu'il parle trop?-, l'erreur est humaine. Raison de plus pour prier chaque jour pour le pape, et l'Eglise en général, n'oublions pas notre devoir sur ce point.
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Re: Le Pape François parle-t-il trop ?

Message non lu par etienne lorant »

Jeremy43 a écrit :Votre reproche s'adressant à moi, pourriez-vous me dire en quoi le fait que le Pape, Vicaire du Christ, déclare à des musulmans qu'ils doivent chercher leurs réponses dans le coran n'est pas une hérésie ? comme si le coran et la Bible étaient la même chose !
Pour moi dire cela à des musulmans ou à n'importe qui d'autre (en laissant sous entendre que tout se vaut, que Jésus n'est pas le Chemin, la Vérité et la Vie et que nul ne vient au Père sinon par Lui), c'est les livrer au diable, ni plus ni moins.
C'est une erreur de ma part d'entrer dans ce type de débat. C'était une tentation, j'y suis tombé, je me repends et me retire.

Etienne
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Le Pape François parle-t-il trop ?

Message non lu par Jeremy43 »

Bonsoir,

Je suis tout à fait d'accord avec vous Kisito sur la nécessité de prier pour le Pape.

C'est d'ailleurs là le coeur du sujet, il est le Pape, il est à la tête de l'Eglise du Christ et il a la charge d'annoncer au monde la Bonne Nouvelle. Devant Dieu il sera responsable de tout ce qu'il a dit et des conséquences de ses actes sur toutes les personnes qui auront été impactées par ceux-ci, le Sacerdoce ce n'est vraiment pas rien.

Si je réagis aussi brusquement, c'est vraiment parceque je suis choqué par de telles déclarations et, si je me trompe, je ne demande qu'à ce qu'on me l'explique pour me remettre dans le droit chemin.

Car le pape dit des choses très carrés qui remettent les choses à leur place et fait de très belles exhortations mais il y aussi ces déclarations tout à fait dérangeantes.
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Re: Le Pape François parle-t-il trop ?

Message non lu par Mac »

Jeremy43 a écrit :...
Si je réagis aussi brusquement, c'est vraiment parceque je suis choqué par de telles déclarations et, si je me trompe, je ne demande qu'à ce qu'on me l'explique pour me remettre dans le droit chemin.

Car le pape dit des choses très carrés qui remettent les choses à leur place et fait de très belles exhortations mais il y aussi ces déclarations tout à fait dérangeantes.
Bonjour Jeremy, :)

Puisque vous demandez que l'on vous explique je vais tâcher de le faire le plus clairement que je puisse.

Notre Saint Père demande à ceux qu'il a rencontré de :

Partager leur expérience à porter cette croix....lors de leur rencontre. Ceux qui sont chrétiens, avec la Bible, et ceux qui sont musulmans, avec le Coran".


Il ne dit donc pas que les deux sont égales, pas du tout.

Très Fraternellement. :coeur:
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