Mon cher Kerniou,
Je viens de Roumanie et j'ai vécu le régime Ceausescu. En Roumanie il y a pas mal de gens dans leur soixantaine qui regrettent ce régime vraiment odieux et pourri. Comment serait-il possible que quelqu'un qui n'a pas forcément pris part à la "bourgoisie rouge" dise après 25 ans de terreur et ténèbres: "il était bien pendant le communisme"? Disons que ce n'est pas justifié, mais c'est motivé. En effet, ils le regrettent pour des raisons psychologiques.
Alors, permettez-moi de vous demander: quand vous dites "mon cher Concile", ce que vous dites n'est pas "ma chère jeunesse" ?
Jean-Mic a écrit : Les témoignages des chrétiens qui ont connu cette période (prêtres et fidèles d'aujourd'hui, âgés mais PRESENTS, je précise) sont unanimes en ce sens.
Alors, vous avez de la chance! Car moi, j'ai reçu pas mal de témoignages qui disent complètement autre chose. Il disent qu'il était une fois, avant le Concile et même immédiatement après, quand chaque village était une paroisse et chaque paroisse avait un curé. Et chaque curé connaissait ses ouailles, et les ouailles connaissaient leur berger. Alors, dans ce temps mythique, il y a 35-40 ans, les églises étaient pleines. Les chrétiens baptisaient leur enfants au plus tendre âge et les ados considéraient comme la plus grande grâce leur confirmation. C'était un temps (c'est bien ça qu'il me disent, ces témoins) quand l'enseignement catholique était catholique, quand les enfants plus petits ou plus grands allaient à la "cathé", où les petits faisaient un peu plus que de couper et de colorer, pendent que les plus grands aprenaient un peu plus que "Dieu est amour" et que pour le salut il faut faire un peu plus que de donner les chaussettes usées pour les enfants de Burkina Fasso. Ils disent encore, ces témoignage, qu'en ce temps là les prêtres n'avaient pas honte de leur habit, ni les laïques de leur chapelet. Ils racontent (mais, ici, j'ai du mal à croire) que des question comme "serait-il bien de te marier vierge ?"ou bien "la masturbation est un péché ou bien une bonne chose?" étaient considérées comme des platitudes avec des réponses évidentes.
Donc, vous dites qu'il faut que je ne croie pas les témoignages de ces gens là ? Peut-être ils sont malveillants, ou bien ils se rappellent à la travers.
Ce que raconte Kerniou sur la récitation du chapelet pendant la messe est authentique
Qu'est ce que c'est un chapelet ? Cet objet là que j'ai vu dans les musées et, parfois, dans les mains des dames très, très agées ?
La conscience que les gens avait de l'unité intrinsèque de la célébration eucharistique était si faible que, spontanément, ils faisaient la différence entre messe de communion et messe de prêche. Dans la première, on était plongé dans son missel pour y piocher de pieuses méditations en vue de pouvoir communier.
Et ce n'est pas mieux aujourd'hui ? Des divorcés remariés, des gens qui pratiquent la sodomie ou la contraception, des gens qui sont venus à la Sainte Messe la dernière fois pendant l'enterrement de leur arrière grand père viennent et, sans "piocher" la moindre méditation, communient en prenant ces cookies là que les gens de bien de la paroisse leur donne sous les regards des curés de l'après-concile.
ET POURTANT ! Ce sont eux qui ont fait tenir l'Eglise dans le chambardement de nos sociétés. C'est grâce à eux que notre Eglise est vivante aujourd'hui, certes brinquebalée par un monde au mieux indifférent, au pire hostile, MAIS VIVANTE !
Vivante ? Allons, cher Jean Mic! Ce que je vois avec mes propres yeux c'est une Eglise presque mourante. C'est vrai, notre Seigneur nous promet qu'elle ne mourra pas. Mais ça ne veut pas dire qu'on doit rien faire. Dire que jamais l'Eglise ne s'est si bien portée, voilà quelque chose qui tient du triomphalisme post-conciliaire. Et, pour cet état des choses, pour ce triste état où notre Eglise est bien arrivée, cessons de dire que c'est "le monde au mieux indifférent, au pire hostile" qui est fautif.