Altior a écrit :Supposons que, dans ma paroisse de ville, la communauté passe de la FORM clownesque de maintenant à la même FORM avec le canon en latin, comme indiqué par le Concile. Assaisonée avec du chant grégorien, comme indiqué par le Concile. Avec l'autel vers l'Est, comme le Concile n'interdit pas. Avec Notre Seigneur distribué comme il est prescrit et pas comme il est toléré. Alors, j'ose vous demander: pourquoi pratiquer une telle "FORM réaménagé", ou "FORM conforme" si vous préférez, et pas pratiquer, simplement, la FERM ?
Pourquoi la FORM ? Pour son nouveau lectionnaire. Pour les psaumes. Pour la prière des fidèles (prière universelle). Pour l'anamnèse. Pour la possibilité de la célébrer de manière plus adaptée à des circonstances particulières.
Je ne suis pas favorable à une célébration majoritairement en latin. L'usage du vernaculaire a un sens symbolique majeur : le latin, même s'il est langue de l'Eglise, est une langue morte. Célébrer en vernaculaire est symbole d'un rite vivant, inscrit dans l'aujourd'hui. C'est le mystère de l'incarnation que l'on retrouve.
Pour autant, je déplore la suppression totale du latin. Même en célébrant en vernaculaire, on devrait pouvoir prendre régulièrement des parties en latin. Je réalise avec effroi que je ne sais réciter par coeur aucune des "longues" prières des fidèles en latin, j'ai besoin du texte (Gloria, Credo, et même Pater). Et surtout, on devrait célébrer de temps en temps en latin aussi, en signe de communion avec toute l'Eglise. La célébration en vernaculaire favorise la piété personnelle, la célébration en latin tourne la messe vers les autres. Nous avons besoin des deux.
J'ai trouvé hier matin à la paroisse un bouquin en 2 tomes : "Dans vos assemblées", un manuel de pastorale liturgique préparé par une équipe de liturgistes renommés sous la direction de Gelineau. J'ai commencé à le lire (c'est dense et très riche), et je découvre à quel point nos célébrations sont éloignées de l'esprit du Concile, et même de l'esprit du missel de Paul VI.
Je suis de plus en plus convaincu que ce dont l'Eglise a besoin, ce n'est pas un retour à la FERM, mais une formation solide en liturgie de ses acteurs liturgiques, à commencer par les équipes liturgiques en paroisse. C'est d'ailleurs ce qui est prévu par Vatican II, mais qui n'est pas appliqué en pratique...
Lorenzo : faites un peu plus confiance à Dieu, à l'efficacité de Sa Parole et de Ses sacrements. Ce n'est pas en filtrant pour que ne viennent à la messe que les "purs" que l'on servira l'évangélisation.
Avant Vatican II, il n'y avait que la FERM, et ça n'a jamais empêché les agnostiques de venir à la messe sans être pleinement conscient de ce qui s'y passe.