Tous ces Belges qui se ruent pour se faire euthanasier !
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etienne lorant
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Tous ces Belges qui se ruent pour se faire euthanasier !
Les premières déclarations d'euthanasie datent de 2008.
Entre le 1er janvier 2013 et la mi-octobre, 15.279 déclarations anticipées de volonté d'euthanasie ont été enregistrées. Ce nombre dépasse déjà le record de l'année 2012 (12.728 déclarations), indique dimanche De Zondag qui se base sur des chiffres du SPF Santé publique.
La loi sur l'euthanasie permet à quiconque en Belgique de faire une déclaration anticipée d'euthanasie dans le cas où il ne serait plus en état de la demander. Selon De Zondag, le nombre d'enregistrements en hausse s'explique par la prise de conscience croissante de la population en sa fin de vie. Par ailleurs, un enregistrement doit être renouvelé tous les cinq ans. Les premières déclarations datent de 2008.
Commentaire personnel: cette évolution sur une seule année montre bien qu'en dehors de jouir de la vie et éviter de souffrir, de très nombreux Belges ont choisi. La peur de perdre son revenu, de finir dans un centre de gériatrie, le sida largement répandu (plus de trois personnes atteintes par jour), le rejet de toute croyance religieuse ... tout cela influe terriblement sur cette évolution. Le progrès, dans la société, c'est qu'on peut se suicider puisque la loi l'autorise via l'euthanasie...
http://www.lalibre.be/actu/belgique/nom ... e5f9ef602a
Entre le 1er janvier 2013 et la mi-octobre, 15.279 déclarations anticipées de volonté d'euthanasie ont été enregistrées. Ce nombre dépasse déjà le record de l'année 2012 (12.728 déclarations), indique dimanche De Zondag qui se base sur des chiffres du SPF Santé publique.
La loi sur l'euthanasie permet à quiconque en Belgique de faire une déclaration anticipée d'euthanasie dans le cas où il ne serait plus en état de la demander. Selon De Zondag, le nombre d'enregistrements en hausse s'explique par la prise de conscience croissante de la population en sa fin de vie. Par ailleurs, un enregistrement doit être renouvelé tous les cinq ans. Les premières déclarations datent de 2008.
Commentaire personnel: cette évolution sur une seule année montre bien qu'en dehors de jouir de la vie et éviter de souffrir, de très nombreux Belges ont choisi. La peur de perdre son revenu, de finir dans un centre de gériatrie, le sida largement répandu (plus de trois personnes atteintes par jour), le rejet de toute croyance religieuse ... tout cela influe terriblement sur cette évolution. Le progrès, dans la société, c'est qu'on peut se suicider puisque la loi l'autorise via l'euthanasie...
http://www.lalibre.be/actu/belgique/nom ... e5f9ef602a
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
- NihilEstInHomine
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Re: Tous ces Belges qui se ruent pour se faire euthanasier !
Si jouir de la vie peut impliquer de se retrouver cloué au lit en crevant à petit feu sans être capable de pisser tout seul, je comprends le choix de certain.cette évolution sur une seule année montre bien qu'en dehors de jouir de la vie et éviter de souffrir, de très nombreux Belges ont choisi
"Que crève le vieux monde !" Libertad
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etienne lorant
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Re: Tous ces Belges qui se ruent pour se faire euthanasier !
Merci pour ce commentaire !
Etienne
Etienne
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Cinci
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Re: Tous ces Belges qui se ruent pour se faire euthanasier !
L'Avenir condamné : la peur de vieillir
Hantise de la vieillesse
La vieillesse nous terrifie : par certains côtés, la campagne menée contre elle est l'expression la plus représentative de notre époque. A mesure que la proportion de personnes agées augmente dans la population, cette condition attire l'attention inquiète des médecins, démographes, psychiatres, chercheurs médicaux, sociologues, réformateurs sociaux, politiciens ou futurologues. Un nombre croissant de sciences et pseudo-sciences n'ont trait qu'au grand âge et à la mort : gériatrie, gérontologie, thanatologie, cryogénie, «immortalisme». Bien d'autres, notamment la génétique, l'ingénierie génétique et la médecine sociale, se sont lancées dans la lutte pour soulager ou effacer les ravages du temps - lutte chère au coeur d'une culture qui meurt.
Deux tendances principales face au problème de l'âge se sont dégagées. La première ne tente pas de prolonger la vie mais d'améliorer sa qualité, et en particulier la qualité de ce que l'on appelait autrefois le déclin de la vie. Refusant de considérer la vieillesse comme une perte de capacités de l'individu, les tenants de cette conception revendiquent un rôle social plus actif pour ceux qui, ayant dépassé la cinquantaine, n'ont en aucune façon perdu de leur utilité. Les humanistes affirment que le grand âge doit être considéré comme une catégorie sociale, et non biologique. Envisagé sous cet angle, le problème moderne de la vieillesse tient moins à une diminution physique qu'à l'intolérance manifestée par la société à l'égard des personnes âgées, à son refus de tirer profit de la sagesse que celles-ci ont acquises, et à la volonté de les repousser aux confins de la vie sociale.
La seconde tendance se propose de traiter la vieillesse comme «un problème médical», comme le dit Albert Rosenfeld - «une condition contre laquelle votre médecin peut espérer agir un jour». Attribuant, à tort, à la médecine moderne une prolongation de l'espérance de vie, qui n'est due qu'à un niveau de vie plus élevé, elle tient pour établi qu cette discipline est capable d'augmenter encore la durée de vie et de supprimer les affres de la vieillesse. D'ici à 2025, à en croire Rosenfeld, «la plupart des grandes énigmes du processus du vieillissement auront été résolues.»
Malgré leurs différences, les solutions médicales et sociales au problème du grand âge ont plus en commun qu'il n'y paraît au premier abord. Toutes deux reposent plus sur l'espoir - et sur une puissante répugnance à l'idée de déchéance physique - que sur un examen critique des faits. Toutes deux regardent la vieillesse comme «une insulte à l'humanité», pour citer le romancier Alex Harington - comme quelque chose qu'on ne peut plus supporter.
Qu'y a-t-il derrière cette répugnance à l'égard du processus de vieillissement qui semble de plus en plus courant dans la société industrielle avancée ?
(à suivre)
Hantise de la vieillesse
La vieillesse nous terrifie : par certains côtés, la campagne menée contre elle est l'expression la plus représentative de notre époque. A mesure que la proportion de personnes agées augmente dans la population, cette condition attire l'attention inquiète des médecins, démographes, psychiatres, chercheurs médicaux, sociologues, réformateurs sociaux, politiciens ou futurologues. Un nombre croissant de sciences et pseudo-sciences n'ont trait qu'au grand âge et à la mort : gériatrie, gérontologie, thanatologie, cryogénie, «immortalisme». Bien d'autres, notamment la génétique, l'ingénierie génétique et la médecine sociale, se sont lancées dans la lutte pour soulager ou effacer les ravages du temps - lutte chère au coeur d'une culture qui meurt.
Deux tendances principales face au problème de l'âge se sont dégagées. La première ne tente pas de prolonger la vie mais d'améliorer sa qualité, et en particulier la qualité de ce que l'on appelait autrefois le déclin de la vie. Refusant de considérer la vieillesse comme une perte de capacités de l'individu, les tenants de cette conception revendiquent un rôle social plus actif pour ceux qui, ayant dépassé la cinquantaine, n'ont en aucune façon perdu de leur utilité. Les humanistes affirment que le grand âge doit être considéré comme une catégorie sociale, et non biologique. Envisagé sous cet angle, le problème moderne de la vieillesse tient moins à une diminution physique qu'à l'intolérance manifestée par la société à l'égard des personnes âgées, à son refus de tirer profit de la sagesse que celles-ci ont acquises, et à la volonté de les repousser aux confins de la vie sociale.
La seconde tendance se propose de traiter la vieillesse comme «un problème médical», comme le dit Albert Rosenfeld - «une condition contre laquelle votre médecin peut espérer agir un jour». Attribuant, à tort, à la médecine moderne une prolongation de l'espérance de vie, qui n'est due qu'à un niveau de vie plus élevé, elle tient pour établi qu cette discipline est capable d'augmenter encore la durée de vie et de supprimer les affres de la vieillesse. D'ici à 2025, à en croire Rosenfeld, «la plupart des grandes énigmes du processus du vieillissement auront été résolues.»
Malgré leurs différences, les solutions médicales et sociales au problème du grand âge ont plus en commun qu'il n'y paraît au premier abord. Toutes deux reposent plus sur l'espoir - et sur une puissante répugnance à l'idée de déchéance physique - que sur un examen critique des faits. Toutes deux regardent la vieillesse comme «une insulte à l'humanité», pour citer le romancier Alex Harington - comme quelque chose qu'on ne peut plus supporter.
Qu'y a-t-il derrière cette répugnance à l'égard du processus de vieillissement qui semble de plus en plus courant dans la société industrielle avancée ?
(à suivre)
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Cinci
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Re: Tous ces Belges qui se ruent pour se faire euthanasier !
(suite et fin)
Narcissisme et vieillesse
De toute évidence, les hommes ont toujours redouté la mort et ont rêvé de vivre éternellement. Malgré tout, la peur de mourir s'intensifie dans notre société, qui s'est privée de la religion, et témoigne de peu d'intérêt pour sa postérité. En outre, ce n'est pas seulement parce qu'elle symbolise le commencement de la mort que la vieillesse est redoutée, mais parce que les conditions des personnes âgées, à l'époque moderne, s'est objectivement dégradée.
Notre société n'a manifestement que faire de ses aînés. Elle les juge inutiles, les oblige à prendre leur retraite avant d'avoir épuisé leur capacité de travail, et, à cette occasion, renforce le sentiment qu'ils éprouvent d'être superflus. En insistant, sous couvert de respect et de sympathie, sur le fait qu'ils n'ont pas perdu le droit de jouir de la vie, la société rappelle aux gens âgés qu'ils n'ont rien de mieux à faire de leur temps. En dévaluant l'expérience et en accordant une grande importance à la force physique, à la dextérité, à la faculté d'adaptation et de création d'idées nouvelles, la société définit la productivité en des termes qui excluent automatiquement les doyens de ses citoyens. Le culte bien connu de la jeunesse ne fait que dévaluer la position sociale de ceux qui n'en font plus partie.
Ainsi nos attitudes à l'égard du vieillissement, comme l'a noté une critique récemment, «ne sont pas fortuites.» Elles sont dues à une longue évolution sociale, qui a redéfini le travail, crée la rareté de l'emploi, dévalorisé la sagesse millénaire, et jeté le discrédit sur toutes les formes d'autorité (y compris celle de l'expérience). Étant donné que l'affaiblissement du pouvoir et du statut des personnes âgées provient d'une évolution sociale profonde, une campagne en leur faveur ou l'élaboration de mesures plus humaines ne seront pas suffisantes pour soulager leur sort.
[...]
Cette peur irrationnelle de la vieillesse et de la mort [cf ''irrationnelle'' = au-delà des observations pratiques et fondées les plus immédiates] est intimement mêlée à l'émergence de la personnalité narcissique, en tant que type dominant de structure de la personnalité, dans la société contemporaine. Étant donné la pauvreté de sa vie intérieure, Narcisse se tourne vers autrui pour avoir le sentiment d'être. Il a besoin qu'on l'admire pour sa beauté, son charme, sa célébrité ou son pouvoir - attributs qui, en général, s'estompent avec les années. Incapable de parvenir à des sublimations satisfaisantes, sous forme d'amour ou de travail, il se rend compte qu'il dispose de bien peu quand la jeunesse le quitte. L'avenir ne l'intéresse pas et il ne fait rien pour s'accorder les consolations traditionnelles de la vieillesse, dont la plus forte est l'espoir que, d'une certaine manière, les générations futures poursuivront la tâche de sa vie.
[...]
L'émergence de la personnalité narcissique reflète - entre autres - une évolution radicale dans notre façon de percevoir le temps historique. Le narcissisme apparaît comme la forme typique de la structure du caractère dans une société qui a perdu tout intérêt pour l'avenir. Les psychiatres qui incitent les parents à ne pas vivre par procuration au travers de leurs enfants, les couples mariés qui repoussent ou qui refusent carrément le moment de devenir parents, souvent pour des raisons pratiques justifiées, les réformateurs sociaux qui recommandent le degré zéro de la croissance démographique, tous témoignent d'un malaise général à l'égard de la reproduction - qui va souvent jusqu'à mettre en doute le droit de la société elle-même à se perpétuer. Dans ces conditions, la pensée de notre propre évincement et de notre mort devient littéralement insupportable, et suscite des tentatives de suppression de la vieillesse et d'extension illimitée de la vie.
Lorsque les hommes sont dans l'incapacité de trouver un intérêt quelconque à la vie terrestre qui suivra leur mort, ils rêvent d'une jeunesse éternelle, et la raison qui les y incite est la même que celle qui leur fait perdre le goût de se recréer dans leurs enfants. Quand la perspective de disparaître devient intolérable, le fait même de devenir parent, qui en scelle le destin, ressemble quasiment à de l'autodestruction.
Dans Kinflick de Lisa Althen, un jeune homme explique pourquoi il ne désir pas d'enfant :
«J'ai toujours eu l'impression que le monde était une scène de théâtre ... Chacun de mes enfants serait un jeune acteur fougueux qui n'aurait qu'une idée en tête : m'en chasser à tout jamais, m'épiant en attendant le moment de ma mise en bière, pour enfin jouer le rôle principal».
Source : Christopher Lasch, La culture du narcissisme. La vie américaine à un âge du déclin des espérances, Flammarion, 1979 (1991), pp.258-263
Narcissisme et vieillesse
De toute évidence, les hommes ont toujours redouté la mort et ont rêvé de vivre éternellement. Malgré tout, la peur de mourir s'intensifie dans notre société, qui s'est privée de la religion, et témoigne de peu d'intérêt pour sa postérité. En outre, ce n'est pas seulement parce qu'elle symbolise le commencement de la mort que la vieillesse est redoutée, mais parce que les conditions des personnes âgées, à l'époque moderne, s'est objectivement dégradée.
Notre société n'a manifestement que faire de ses aînés. Elle les juge inutiles, les oblige à prendre leur retraite avant d'avoir épuisé leur capacité de travail, et, à cette occasion, renforce le sentiment qu'ils éprouvent d'être superflus. En insistant, sous couvert de respect et de sympathie, sur le fait qu'ils n'ont pas perdu le droit de jouir de la vie, la société rappelle aux gens âgés qu'ils n'ont rien de mieux à faire de leur temps. En dévaluant l'expérience et en accordant une grande importance à la force physique, à la dextérité, à la faculté d'adaptation et de création d'idées nouvelles, la société définit la productivité en des termes qui excluent automatiquement les doyens de ses citoyens. Le culte bien connu de la jeunesse ne fait que dévaluer la position sociale de ceux qui n'en font plus partie.
Ainsi nos attitudes à l'égard du vieillissement, comme l'a noté une critique récemment, «ne sont pas fortuites.» Elles sont dues à une longue évolution sociale, qui a redéfini le travail, crée la rareté de l'emploi, dévalorisé la sagesse millénaire, et jeté le discrédit sur toutes les formes d'autorité (y compris celle de l'expérience). Étant donné que l'affaiblissement du pouvoir et du statut des personnes âgées provient d'une évolution sociale profonde, une campagne en leur faveur ou l'élaboration de mesures plus humaines ne seront pas suffisantes pour soulager leur sort.
[...]
Cette peur irrationnelle de la vieillesse et de la mort [cf ''irrationnelle'' = au-delà des observations pratiques et fondées les plus immédiates] est intimement mêlée à l'émergence de la personnalité narcissique, en tant que type dominant de structure de la personnalité, dans la société contemporaine. Étant donné la pauvreté de sa vie intérieure, Narcisse se tourne vers autrui pour avoir le sentiment d'être. Il a besoin qu'on l'admire pour sa beauté, son charme, sa célébrité ou son pouvoir - attributs qui, en général, s'estompent avec les années. Incapable de parvenir à des sublimations satisfaisantes, sous forme d'amour ou de travail, il se rend compte qu'il dispose de bien peu quand la jeunesse le quitte. L'avenir ne l'intéresse pas et il ne fait rien pour s'accorder les consolations traditionnelles de la vieillesse, dont la plus forte est l'espoir que, d'une certaine manière, les générations futures poursuivront la tâche de sa vie.
[...]
L'émergence de la personnalité narcissique reflète - entre autres - une évolution radicale dans notre façon de percevoir le temps historique. Le narcissisme apparaît comme la forme typique de la structure du caractère dans une société qui a perdu tout intérêt pour l'avenir. Les psychiatres qui incitent les parents à ne pas vivre par procuration au travers de leurs enfants, les couples mariés qui repoussent ou qui refusent carrément le moment de devenir parents, souvent pour des raisons pratiques justifiées, les réformateurs sociaux qui recommandent le degré zéro de la croissance démographique, tous témoignent d'un malaise général à l'égard de la reproduction - qui va souvent jusqu'à mettre en doute le droit de la société elle-même à se perpétuer. Dans ces conditions, la pensée de notre propre évincement et de notre mort devient littéralement insupportable, et suscite des tentatives de suppression de la vieillesse et d'extension illimitée de la vie.
Lorsque les hommes sont dans l'incapacité de trouver un intérêt quelconque à la vie terrestre qui suivra leur mort, ils rêvent d'une jeunesse éternelle, et la raison qui les y incite est la même que celle qui leur fait perdre le goût de se recréer dans leurs enfants. Quand la perspective de disparaître devient intolérable, le fait même de devenir parent, qui en scelle le destin, ressemble quasiment à de l'autodestruction.
Dans Kinflick de Lisa Althen, un jeune homme explique pourquoi il ne désir pas d'enfant :
«J'ai toujours eu l'impression que le monde était une scène de théâtre ... Chacun de mes enfants serait un jeune acteur fougueux qui n'aurait qu'une idée en tête : m'en chasser à tout jamais, m'épiant en attendant le moment de ma mise en bière, pour enfin jouer le rôle principal».
Source : Christopher Lasch, La culture du narcissisme. La vie américaine à un âge du déclin des espérances, Flammarion, 1979 (1991), pp.258-263
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Peccator
- Pater civitatis

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Re: Tous ces Belges qui se ruent pour se faire euthanasier !
Ca me fait penser à des propos entendus chez un maître bouddhiste : il y a deux âges de la vie où l'homme a plus particulièrement besoin d'amour, où ce besoin est plus évident qu'aux autres âges : quand il est enfant, et quand il est vieux. Ce sont des âges où l'homme est faible et dépend des autres.
Cette évolution sociale en Belgique est surtout signe d'un profond manque d'amour : on préfère que les vieux demandent à être expédiés ad patres plutôt que de les entourer et prendre soin d'eux. Et comment avoir encore du goût à vivre si la vie n'est plus que solitude dans la souffrance, sans visites, sans présence, sans amour.
Mais n'est-ce pas une caractéristique profonde du "progrès social" que nous vivons depuis quelques décennies : on parle de plaisir, on parle de bonheur, on parle d'épanouissement, on parle de confort, on parle de respect de l'autre, mais on ne parle jamais d'amour. Progressivement, parler d'amour est en train de devenir tabou. Et l'évolution de la législation ne fait rien d'autre qu'accompagner le mouvement.
Cette évolution sociale en Belgique est surtout signe d'un profond manque d'amour : on préfère que les vieux demandent à être expédiés ad patres plutôt que de les entourer et prendre soin d'eux. Et comment avoir encore du goût à vivre si la vie n'est plus que solitude dans la souffrance, sans visites, sans présence, sans amour.
Mais n'est-ce pas une caractéristique profonde du "progrès social" que nous vivons depuis quelques décennies : on parle de plaisir, on parle de bonheur, on parle d'épanouissement, on parle de confort, on parle de respect de l'autre, mais on ne parle jamais d'amour. Progressivement, parler d'amour est en train de devenir tabou. Et l'évolution de la législation ne fait rien d'autre qu'accompagner le mouvement.
Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux. Mc 14, 36
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etienne lorant
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Re: Tous ces Belges qui se ruent pour se faire euthanasier !
Très bien vu, ce glissement du langage et c'est vrai que, sans l'amour, l'humain y perd son humanité. C'est quelque chose que je voudrais bien expliquer à certains, moi qui oublie complètement ma solitude en suivant pas à pas, jour après jour, ma mère dans sa maison de repos. Me revient à l'esprit à l'instant cette merveilleuse prière de saint François:Peccator a écrit :Mais n'est-ce pas une caractéristique profonde du "progrès social" que nous vivons depuis quelques décennies : on parle de plaisir, on parle de bonheur, on parle d'épanouissement, on parle de confort, on parle de respect de l'autre, mais on ne parle jamais d'amour. Progressivement, parler d'amour est en train de devenir tabou. Et l'évolution de la législation ne fait rien d'autre qu'accompagner le mouvement.
Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix.
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.
Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer.
Car c’est en se donnant que l’on reçoit,
c’est en s'oubliant qu’on se retrouve soi-même,
c’est en pardonnant que l’on obtient le pardon,
c’est en mourant que l’on ressuscite à la Vie.
Amen.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Re: Tous ces Belges qui se ruent pour se faire euthanasier !
Je pense que l'euthanise est surtout une peur de souffrir avant sa mort.
Cette démarche et plus pour obtenir un confort et limiter les souffrances, sachant que la mort est inévitable.
Mais bon je pense pas que les gens qui font cette démarche veulent mourrir dessuite, ils préparent le terrain pour leur dernier moment.
J'ai déjà vu mourrir une arrière grand parente, et ses derniers moment ont été très pénibles.
Il lui ont donné de la morphine ou des trucs pour calmer la douleur. Mais c'est pas efficaces à 100%.
Et c'est le cas de beaucoup de personne.
Tout le monde ne meurt pas de la même façon.
Cette démarche et plus pour obtenir un confort et limiter les souffrances, sachant que la mort est inévitable.
Mais bon je pense pas que les gens qui font cette démarche veulent mourrir dessuite, ils préparent le terrain pour leur dernier moment.
J'ai déjà vu mourrir une arrière grand parente, et ses derniers moment ont été très pénibles.
Il lui ont donné de la morphine ou des trucs pour calmer la douleur. Mais c'est pas efficaces à 100%.
Et c'est le cas de beaucoup de personne.
Tout le monde ne meurt pas de la même façon.
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etienne lorant
- Pater civitatis

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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Re: Tous ces Belges qui se ruent pour se faire euthanasier !
Mon père a beaucoup souffert d'un acharnement thérapeutique destiné à le "rattraper" comme disait le médecin-chef du service de gériatrie. Il avait même prévu de l'opérer pour le nourrir par sonde stomacale. Des sondes, il en a eu dans les deux bras, puis dans le nez. Mais il arrachait tout, si bien que les infirmiers ont commencé à lui LIER LES MAINS aux barreaux de son lit. Et comme il s'était encore arrangé pour se dégager, ils ont fini par le tenir "endormi" (des neuroleptiques en intraveineuse). J'allais le voir chaque matin. De plus en plus inquiet de son état, j'ai appelé la famille à la rescousse: je ne trouvais pas du tout normal que ma mère ne sache plus lui donner la main durant ses visites ! Il a fallu quasiment menacer le responsable. Nous avons attendu que Gabriel se réveille et devant le médecin-chef, il a exprimé sa volonté, d'une voix faible mais audible: "Je ferai tout ce qu'on voudra, mais je veux manger seul". C'est bien éveillé qu'il a le lendemain reçu l'extrême onction. Il a dit à ma mère (j'étais absent ce jour-là) : "Maintenant, je suis heureux".
Il était prévu qu'il parte en maison de repos (là où réside ma mère aujourd'hui) une semaine plus tard, mais entre-temps, après avoir attrapé un "microbe des hôpitaux", son coeur a lâché. Je me souviens avoir écrit que mon père n'était pas mort, mais qu'il avait réussi à s'évader de la vie ! ... J'espère, le moment venu, avoir le même cran que lui.
Il était prévu qu'il parte en maison de repos (là où réside ma mère aujourd'hui) une semaine plus tard, mais entre-temps, après avoir attrapé un "microbe des hôpitaux", son coeur a lâché. Je me souviens avoir écrit que mon père n'était pas mort, mais qu'il avait réussi à s'évader de la vie ! ... J'espère, le moment venu, avoir le même cran que lui.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
- PaxetBonum
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Re: Tous ces Belges qui se ruent pour se faire euthanasier !
Votre père était un héros de la vie !
Merci pour votre témoignage
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Pax et Bonum !
"Deus meus et Omnia"
"Prêchez l'Évangile en tout temps et utilisez des mots quand cela est nécessaire"
St François d'Assise
"Deus meus et Omnia"
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Cinci
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- Conviction : catholique perplexe
Re: Tous ces Belges qui se ruent pour se faire euthanasier !
Pour qui sonne le glas ?
« Lorsque je viens de recevoir des traitements en chimiothérapie et que je souffre le martyre, parce que c'est ce que ça fait, j'ai le goût de mourir. Si un médecin me disait "est-ce que tu veux avoir une piqûre pour en finir?", je lui dirais oui. Alors je peux comprendre que des gens qui sont dans la souffrance puissent demander à mourir. » — L'abbé Raymond Gravel
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/so ... umon.shtml
« Lorsque je viens de recevoir des traitements en chimiothérapie et que je souffre le martyre, parce que c'est ce que ça fait, j'ai le goût de mourir. Si un médecin me disait "est-ce que tu veux avoir une piqûre pour en finir?", je lui dirais oui. Alors je peux comprendre que des gens qui sont dans la souffrance puissent demander à mourir. » — L'abbé Raymond Gravel
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/so ... umon.shtml
Re: Tous ces Belges qui se ruent pour se faire euthanasier !
"« Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu. Ne repousse pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous les dangers, délivre-nous, Vierge glorieuse et bénie »"
Messages dans cette couleur (ou à peu près...) : modération du forum
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Cinci
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Re: Tous ces Belges qui se ruent pour se faire euthanasier !
Cette peur irrationnelle de la vieillesse et de la mort [cf ''irrationnelle'' = au-delà des observations pratiques et fondées les plus immédiates] est intimement mêlée à l'émergence de la personnalité narcissique, en tant que type dominant de structure de la personnalité, dans la société contemporaine. Étant donné la pauvreté de sa vie intérieure, Narcisse se tourne vers autrui pour avoir le sentiment d'être. Il a besoin qu'on l'admire pour sa beauté, son charme, sa célébrité ou son pouvoir - attributs qui, en général, s'estompent avec les années. Incapable de parvenir à des sublimations satisfaisantes, sous forme d'amour ou de travail, il se rend compte qu'il dispose de bien peu quand la jeunesse le quitte. L'avenir ne l'intéresse pas et il ne fait rien pour s'accorder les consolations traditionnelles de la vieillesse, dont la plus forte est l'espoir que, d'une certaine manière, les générations futures poursuivront la tâche de sa vie. (Bis)
[...]
En autorisant l'euthanasie active pour cause de souffrance intenable ou l'une l'autre de ces situations «peinantes», des situations dont on pourrait difficilement envisager réalistement comme le moindre allégement, on verrait bien mal aussi - dans la logique de notre présent système - pourquoi des condamnés aux lourdes sentences iraient refuser la cigüe.
Les taux de suicides ont tendances à être très élevés dans les sociétés plus douillettes, plus confortables, plus intolérantes envers le déplaisir, la frustration et toutes ces choses. Le taux de suicide est à zéro dans les sociétés catastrophiques, les pays plongés dans des drames nationaux ou totalement dévastés. Les malheurs personnels seraient-ils donc décuplés ou magnifiés par la seule vue répétitive de toute cette joie, ce plaisir et ces baccanales dont tout le monde aurait accès sauf soi-même ?
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En autorisant l'euthanasie active pour cause de souffrance intenable ou l'une l'autre de ces situations «peinantes», des situations dont on pourrait difficilement envisager réalistement comme le moindre allégement, on verrait bien mal aussi - dans la logique de notre présent système - pourquoi des condamnés aux lourdes sentences iraient refuser la cigüe.
Les taux de suicides ont tendances à être très élevés dans les sociétés plus douillettes, plus confortables, plus intolérantes envers le déplaisir, la frustration et toutes ces choses. Le taux de suicide est à zéro dans les sociétés catastrophiques, les pays plongés dans des drames nationaux ou totalement dévastés. Les malheurs personnels seraient-ils donc décuplés ou magnifiés par la seule vue répétitive de toute cette joie, ce plaisir et ces baccanales dont tout le monde aurait accès sauf soi-même ?
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