Peut-être, mais ceci contredit formellement l'Écriture qui dit que le pain et le vin sont le corps et le sang du Seigneur, et non pas hébergent le corps et le sang du Seigneur.Théodore a écrit :Il n'y a pas de "christification" dans le sens où il n'y a pas confusion des natures. Mais le pain reste le support. Quel honneur pour lui et le travail des hommes !
Oui, mais je vous l’ai déjà dit, votre erreur vient du fait que si la matière sacramentelle est bien le pain et le vin avant consécration, le sacrement proprement dit, c’est le pain et le vin consacrés. Or c’est bien ce que nous disons : la substance du pain et du vin (matière sacramentelle) disparaît lorsque le sacrement est administré (consécration).Théodore a écrit :Non. Prenons le dogme de la transsubstantiation ; à l'entendre, le pain n'existe plus ; et si nous considérons comme acquis que la matière sacramentelle n'a d'effet que durant le temps du Sacrement ; il faut alors que la matière sacramentelle disparaisse après le Sacrement. Or, s'il n'y a plus rien qu'elle... tout disparaît.
C’est plutôt le dogme de consubstantiation qui nie cela puisque la matière du pain et du vin subsiste à côté de la présence du Christ.
Vous voulez mon avis ? L’argument est idiot (ou alors, je ne l’ai pas compris).Théodore a écrit :Nous, chrétiens, confessons depuis le concile de Chalcédoine (451) que le Christ est l'union de deux natures, divines et humaines. Il est pleinement Homme et pleinement Dieu ; les deux natures sont présentes totalement, et "sans confusion, sans mutation, sans division, sans séparation". Ce qui signifie que la nature divine ne "divinise" pas la nature humaine, et que la nature humaine n'"humanise" pas la nature divine. Les attributs des deux restent correctement et absolument séparés. Aucune qualité divine ne peut être attribuée à une qualité humaine du Christ.
Or, l'étendue physique et corporelle du Christ est proprement une qualité de sa nature humaine (sans elle, par d'Incarnation, pas de Christ).
Et le don d'ubiquité est une qualité proprement divine (même les anges ne la possèdent pas).
Or, qu'est-ce que la présence réelle ? C'est attribuer à l'étendue corporelle du Christ un don d'ubiquité ; puisque le Corps et le Sang seraient présents à des milliers d'endroits à la fois, dans leur totalité à chaque fois - et même encore plus ; puisque chaque petit fragment d'ostie contient le corps, sans division, il faut dire qu'il serait présent en tant que tel à l'infini.
Or, qu'avons nous dit plus haut ? Attribuer à l'étendue corporelle de Christ un don d'ubiquité, c'est attribuer une à qualité humaine une caractéristique divine ; c'est faire "déteindre" la divinité sur l'humanité de Christ ; bref, c'est aller à l'encontre de Chalcédoine.
Car dire que le Christ unit les natures humaine et divine sans confusion ni séparation ne signifie nullement que la nature divine ne peut pas diviniser la nature humaine. Un exemple ? Le corps glorieux du Christ qui est à présent immortel et impassible.
D’ailleurs, c’est une chose qu’on retrouve chez les Pères de l’Église : la nature humaine est bien « divinisée » dans le Christ, dans le sens où elle est illuminée complètement de la gloire divine.
Mais allons plus loin pour montrer l’absurdité de l’argument. Quand bien même la nature divine du Christ ne pourrait pas agir sur sa nature humaine, rien n’empêche que Dieu opère un miracle en donnant au Christ le don d’ubiquité. De fait, des saints ont manifesté ce don d’ubiquité au cours des siècles, tout comme saint Pierre et les apôtres opérèrent des miracles.
Bref, je crois que l’erreur vient de ce qu’est l’union hypostatique. En, fait, l’auteur de cet article ne se rend pas compte que c’est lui qui nie Chalcédoine : en effet, il sépare totalement les deux natures, interdisant à la nature divine d’agir sur la nature humaine. Or dans le Christ, il n’y a certes pas de confusion des natures, mais il n’y a pas plus de séparation. Ainsi, ce que veut dire Chalcédoine, c’est qu’il n’y a pas de mélange des natures dans le Christ. Mais le Christ dispose pleinement des facultés divines qui viennent comme illuminer et glorifier sa nature humaine. Le Christ est pleinement Dieu, je vous le rappelle : il a donc le don d’ubiquité.
Fraternellement,

