Paolo Dall'Oglio "je préconise une évolution de la dhimmitud
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Paolo Dall'Oglio
Bonjour
Le régime syrien expulse le père Paolo Dall’Oglio, fondateur de la communauté « Al Khalil »
Le site internet youkal.net rapporte, samedi 26 novembre, que le régime syrien vient d’ordonner au père Paolo Dall’Oglio, membre de la communauté jésuite de Syrie et responsable du monastère Mar Moussa Al Habachi, près de Nabak, de quitter au plus vite le pays. Le ministère syrien de l’Intérieur a adressé une injonction en ce sens à l’évêque dont le religieux dépend.
(suite) : http://syrie.blog.lemonde.fr/2011/11/26 ... al-khalil/
Le regime vise de plus en plus les minorités
Le régime syrien expulse le père Paolo Dall’Oglio, fondateur de la communauté « Al Khalil »
Le site internet youkal.net rapporte, samedi 26 novembre, que le régime syrien vient d’ordonner au père Paolo Dall’Oglio, membre de la communauté jésuite de Syrie et responsable du monastère Mar Moussa Al Habachi, près de Nabak, de quitter au plus vite le pays. Le ministère syrien de l’Intérieur a adressé une injonction en ce sens à l’évêque dont le religieux dépend.
(suite) : http://syrie.blog.lemonde.fr/2011/11/26 ... al-khalil/
Le regime vise de plus en plus les minorités
Re: Situation des chrétiens en Syrie
Ce jésuite italien déclarait dans La Croix : "S’il le faut, je suis prêt à ne plus me consacrer qu’à mes activités « contemplatives », et à ne plus faire état de prises de position à connotation politique.". En effet ce contemplatif se piquait de donner des recommandations sur l'organisation de la révolution et détaillées sur l'organisation politique et constitutionnelle de la Syrie :Freedom People a écrit :Le régime syrien expulse le père Paolo Dall’Oglio, fondateur de la communauté « Al Khalil »
"Je propose que le premier Président de ce nouveau système soit élu pour trois ans seulement, sans possibilité de renouvellement ; puis, pour une période de cinquante ans, il sera élu pour sept ans sans possibilité de renouvellement, puis ensuite pour un septennat renouvelable une seule fois. Ceci, afin de maintenir la stabilité et la pérennité de l’unité nationale.
La Chambre des députés, comme c’est le cas dans la majorité de ce type de constitutions, est élue par listes de divers partis regroupant des votes sur l’ensemble du territoire national, pris comme une unique circonscription. Ici, le député ne représente pas une région mais plutôt une idée autour de laquelle se réunissent les gens. naturellement, dans un Assemblée de ce type, seront surtout représentés les divers courants politiques, avec éventuellement une coloration religieuse ou d’appartenance sociale.
En Syrie, le Sénat se doit de rassembler les représentants des diverses régions géographiques, ceci afin de garantir la représentation des composantes nationales qui sont liées à une appartenance ethnique ou régionale, ou toute autre composante locale particulière de nature plus dynamique.
Le Président nomme le Chef du Gouvernement et celui-ci forme le Conseil des Ministres. Il sera nécessaire que le Gouvernement obtienne la confiance des deux Chambres avec un haut pourcentage, par exemple 60% des votes, afin d’assurer la consensualité de la démocratie.
J’estime que les gouverneurs des régions doivent aussi être élus par les Assemblées régionales avec un haut pourcentage des voix, afin d’assurer le consensus social local et l’harmonie intercommunautaire..."
J'aime beaucoup le ton de "J’estime que les gouverneurs des régions doivent... Il sera nécessaire que..." On croirait entendre le président lui-même...
Il est aussi fascinant de voir un Jésuite de 2011 se faire expulser comme ses prédécesseurs du XVIII° siècle se sont fait expulser de France, d'Espagne et du Portugal, pour les mêmes motifs - ingérence politique. C'en est presque comique... cette capacité à répéter les erreurs du passé.
Paolo Dall'Oglio "je préconise une évolution de la dhimmitud
Source : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/ ... 46191.html
Le jésuite italien Paolo Dall'Oglio publie ce mercredi aux Editions de l'Atelier un essai autobiographique intitulé La rage et la lumière, rédigé avec le concours d'Eglantine Gabaix-Hialé. Expulsé en juin 2012 de Syrie, où il animait le monastère de Mar Moussa, ce pionnier du dialogue islamo-chrétien vit désormais à Sulaymaniyah, dans le Kurdistan irakien. Atterré par la veulerie de l'Occident, exaspéré par la mansuétude dont Bachar al-Assad, rempart illusoire contre le djihadisme, jouit encore dans la galaxie chrétienne, mais porté par sa foi en la victoire des combattants de la liberté, prélude à une réconciliation à inventer, cet "Amoureux de l'islam, croyant en Jésus" -titre d'un essai antérieur- livre à L'Express les ressorts de sa colère et de son espérance.
Qu'est-ce qui vous irrite le plus dans la rhétorique des partisans occidentaux de la "retenue"?
Cette idée que l'islam n'est pas réformable, que les chrétiens d'Orient ne peuvent se sauver que contre lui. Que, sur l'échiquier syrien, ils n'ont le choix qu'entre Bachar et l'exil. En d'autres termes, il leur faudrait soit collaborer avec son régime, responsabilité morale grave, soit renoncer à incarner une des richesses culturelles de ce pays. Or, les chrétiens n'ont pas à choisir entre une constitution islamiste et une constitution laïque. Ils doivent demander à toute la patrie d'accepter leur présence patriotique.
Peuvent-ils échapper au statut de "dhimmi", censé obtenir une protection en contrepartie de sa soumission à l'ordre islamique?
La dhimmitude est perçue en Occident comme une institution d'asservissement de la minorité. Un peu court. Dans une époque pré-démocratique, elle constitue un instrument du pluralisme. En son nom, le sunnite a le devoir de protéger les chrétiens, comme le commande le Prophète. Voilà pourquoi je préconise une évolution de la dhimmitude plus qu'une laïcisation forcée des sociétés musulmanes. L'attitude explicitement anti-chrétiens d'al-Qaïda est d'ailleurs étrangère à la tradition.
Le drame des chrétiens d'Orient, c'est d'être pris au piège de guerres "civiles" entre musulmans. Broyés par le conflit entre chiites et sunnites. Dès juin 2011, j'ai adressé par courrier au Vatican cette mise en garde: si vous n'êtes pas capables d'infléchir la diplomatie internationale vers l'option du changement de régime à Damas, vous perdrez la communauté chrétienne de Syrie, à l'instar de celle d'Irak hier.
La radicalisation de la résistance armée syrienne est-elle inéluctable?
L'absence de secours de l'Occident a poussé jour après jour des démocrates musulmans dans les bras du radicalisme. Lors d'un récent séjour clandestin en Syrie, j'ai discuté avec des militants et des cadres du Front al-Nosra. Leur acte d'allégeance envers al-Qaïda est objectivement dangereux pour la liberté et le sens critique des Syriens, comme pour le devenir démocratique du pays. Mais n'oublions pas que ce sont les mêmes groupes qui ont été actionnés hier en Irak ou au Liban par les services de renseignement du clan Assad. N'oublions pas non plus que le sentiment d'abandon par le monde libre constitue le moteur fondamental de cette radicalisation. Le chef d'une unité influente d'al-Nosra m'a dit ceci: pendant un an, j'ai cru que la solidarité démocratique nous aiderait à nous débarrasser de Bachar; puis j'ai compris que Dieu voulait que nous nous libérions seuls pour instaurer ici un émirat islamique.
Américains et Européens justifient leurs réticences à livrer des armes à la rébellion par la crainte qu'elles tombent "en de mauvaises mains"; en clair qu'elles garnissent les arsenaux de factions djihadistes. Que vaut cette prévention?
Argument faux. Qui révèle la puissance manipulatrice des amis occidentaux de Bachar, de l'extrême-gauche anti-impérialiste à l'extrême-droite islamophobe, via divers réseaux de solidarité chrétiens. Cet alibi reflète aussi l'ampleur et la profondeur de la corruption orchestrée, selon une logique mafieuse, par l'appareil dictatorial syrien; notamment dans le domaine de l'information. Une partie de la famille Assad, qui trempe dans les trafics d'armes et de stupéfiants, y a consacré beaucoup d'argent. En invoquant cet argument fictif, l'Occident tente de de justifier une position simple: il faut garder Assad. Chez les néo-conservateurs américains comme en Israël, on est persuadé de tirer profit de la guerre entre musulmans, gage d'une victoire géostratégique. Un conflit sans vainqueur, dont la longue boucherie Irak-Iran fournit le modèle historique. Aucune des deux parties ne doit l'emporter; c'est la guerre elle-même qui doit gagner. Le malheur des Syriens épris de liberté, musulmans et chrétiens, sacrifiés sur l'autel de la Realpolitik, et aussi la rançon d'un marchandage
Hier décrit comme une "ligne rouge" par Washington, le recours aux armes chimiques suscite aujourd'hui un discours ambigu. Pourquoi?
Ce discours procède de la même logique que les réticences relatives au sort des armements. Toutes les lignes rouges ont été enfoncées sans que nul ne bouge. On en est à ergoter sur "l'usage épisodique" de substances chimiques. En fait, tant que leur usage n'apparaît pas comme dangereux pour Israël, il est jugé tolérable.
Votre témoignage renvoie à la notion de "violence légitime". Vous avez été séduit dans votre jeunesse par la radicalité des Brigades Rouges, puis été tenté un temps de prendre les armes au Liban, et vous vous définissez aujourd'hui comme "l'assistant ecclésiastique de la résistance syrienne armée". Est-ce bien compatible avec le message du Christ?
J'admets la dimension scandaleuse de tout cela. Mais il existe un droit, et un devoir, de résister à l'agression et de défendre la justice. Pour autant, j'ai conscience de la dimension équivoque que peut revêtir un principe parfois dévoyé par des pouvoirs iniques pour se donner une légitimité. Il nous faut par ailleurs réinventer la capacité stratégique de la non-violence. L'ennui, c'est que les non-violents sont restés absents du théâtre syrien.
Quelles réactions vos engagements suscitent-ils à Rome?
Le Vatican a trop de problèmes internes à l'Eglise à régler pour s'occuper de la Syrie ou de moi. La tragédie syrienne y crée de l'angoisse, de l'embarras, mais n'inspire pas de vision claire et novatrice. D'autant que la plupart des représentants locaux des Eglises catholiques, à l'exception notable du nonce apostolique à Damas, sont massivement pro-Bachar.
Le jésuite italien Paolo Dall'Oglio publie ce mercredi aux Editions de l'Atelier un essai autobiographique intitulé La rage et la lumière, rédigé avec le concours d'Eglantine Gabaix-Hialé. Expulsé en juin 2012 de Syrie, où il animait le monastère de Mar Moussa, ce pionnier du dialogue islamo-chrétien vit désormais à Sulaymaniyah, dans le Kurdistan irakien. Atterré par la veulerie de l'Occident, exaspéré par la mansuétude dont Bachar al-Assad, rempart illusoire contre le djihadisme, jouit encore dans la galaxie chrétienne, mais porté par sa foi en la victoire des combattants de la liberté, prélude à une réconciliation à inventer, cet "Amoureux de l'islam, croyant en Jésus" -titre d'un essai antérieur- livre à L'Express les ressorts de sa colère et de son espérance.
Qu'est-ce qui vous irrite le plus dans la rhétorique des partisans occidentaux de la "retenue"?
Cette idée que l'islam n'est pas réformable, que les chrétiens d'Orient ne peuvent se sauver que contre lui. Que, sur l'échiquier syrien, ils n'ont le choix qu'entre Bachar et l'exil. En d'autres termes, il leur faudrait soit collaborer avec son régime, responsabilité morale grave, soit renoncer à incarner une des richesses culturelles de ce pays. Or, les chrétiens n'ont pas à choisir entre une constitution islamiste et une constitution laïque. Ils doivent demander à toute la patrie d'accepter leur présence patriotique.
Peuvent-ils échapper au statut de "dhimmi", censé obtenir une protection en contrepartie de sa soumission à l'ordre islamique?
La dhimmitude est perçue en Occident comme une institution d'asservissement de la minorité. Un peu court. Dans une époque pré-démocratique, elle constitue un instrument du pluralisme. En son nom, le sunnite a le devoir de protéger les chrétiens, comme le commande le Prophète. Voilà pourquoi je préconise une évolution de la dhimmitude plus qu'une laïcisation forcée des sociétés musulmanes. L'attitude explicitement anti-chrétiens d'al-Qaïda est d'ailleurs étrangère à la tradition.
Le drame des chrétiens d'Orient, c'est d'être pris au piège de guerres "civiles" entre musulmans. Broyés par le conflit entre chiites et sunnites. Dès juin 2011, j'ai adressé par courrier au Vatican cette mise en garde: si vous n'êtes pas capables d'infléchir la diplomatie internationale vers l'option du changement de régime à Damas, vous perdrez la communauté chrétienne de Syrie, à l'instar de celle d'Irak hier.
La radicalisation de la résistance armée syrienne est-elle inéluctable?
L'absence de secours de l'Occident a poussé jour après jour des démocrates musulmans dans les bras du radicalisme. Lors d'un récent séjour clandestin en Syrie, j'ai discuté avec des militants et des cadres du Front al-Nosra. Leur acte d'allégeance envers al-Qaïda est objectivement dangereux pour la liberté et le sens critique des Syriens, comme pour le devenir démocratique du pays. Mais n'oublions pas que ce sont les mêmes groupes qui ont été actionnés hier en Irak ou au Liban par les services de renseignement du clan Assad. N'oublions pas non plus que le sentiment d'abandon par le monde libre constitue le moteur fondamental de cette radicalisation. Le chef d'une unité influente d'al-Nosra m'a dit ceci: pendant un an, j'ai cru que la solidarité démocratique nous aiderait à nous débarrasser de Bachar; puis j'ai compris que Dieu voulait que nous nous libérions seuls pour instaurer ici un émirat islamique.
Américains et Européens justifient leurs réticences à livrer des armes à la rébellion par la crainte qu'elles tombent "en de mauvaises mains"; en clair qu'elles garnissent les arsenaux de factions djihadistes. Que vaut cette prévention?
Argument faux. Qui révèle la puissance manipulatrice des amis occidentaux de Bachar, de l'extrême-gauche anti-impérialiste à l'extrême-droite islamophobe, via divers réseaux de solidarité chrétiens. Cet alibi reflète aussi l'ampleur et la profondeur de la corruption orchestrée, selon une logique mafieuse, par l'appareil dictatorial syrien; notamment dans le domaine de l'information. Une partie de la famille Assad, qui trempe dans les trafics d'armes et de stupéfiants, y a consacré beaucoup d'argent. En invoquant cet argument fictif, l'Occident tente de de justifier une position simple: il faut garder Assad. Chez les néo-conservateurs américains comme en Israël, on est persuadé de tirer profit de la guerre entre musulmans, gage d'une victoire géostratégique. Un conflit sans vainqueur, dont la longue boucherie Irak-Iran fournit le modèle historique. Aucune des deux parties ne doit l'emporter; c'est la guerre elle-même qui doit gagner. Le malheur des Syriens épris de liberté, musulmans et chrétiens, sacrifiés sur l'autel de la Realpolitik, et aussi la rançon d'un marchandage
Hier décrit comme une "ligne rouge" par Washington, le recours aux armes chimiques suscite aujourd'hui un discours ambigu. Pourquoi?
Ce discours procède de la même logique que les réticences relatives au sort des armements. Toutes les lignes rouges ont été enfoncées sans que nul ne bouge. On en est à ergoter sur "l'usage épisodique" de substances chimiques. En fait, tant que leur usage n'apparaît pas comme dangereux pour Israël, il est jugé tolérable.
Votre témoignage renvoie à la notion de "violence légitime". Vous avez été séduit dans votre jeunesse par la radicalité des Brigades Rouges, puis été tenté un temps de prendre les armes au Liban, et vous vous définissez aujourd'hui comme "l'assistant ecclésiastique de la résistance syrienne armée". Est-ce bien compatible avec le message du Christ?
J'admets la dimension scandaleuse de tout cela. Mais il existe un droit, et un devoir, de résister à l'agression et de défendre la justice. Pour autant, j'ai conscience de la dimension équivoque que peut revêtir un principe parfois dévoyé par des pouvoirs iniques pour se donner une légitimité. Il nous faut par ailleurs réinventer la capacité stratégique de la non-violence. L'ennui, c'est que les non-violents sont restés absents du théâtre syrien.
Quelles réactions vos engagements suscitent-ils à Rome?
Le Vatican a trop de problèmes internes à l'Eglise à régler pour s'occuper de la Syrie ou de moi. La tragédie syrienne y crée de l'angoisse, de l'embarras, mais n'inspire pas de vision claire et novatrice. D'autant que la plupart des représentants locaux des Eglises catholiques, à l'exception notable du nonce apostolique à Damas, sont massivement pro-Bachar.
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"На свете счастья нет, но есть покой и воля". Пушкин
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Re: Paolo Dall'Oglio "je préconise une évolution de la dhimm
Bachar El Assad n'est certainement pas un parangon de vertu.
Mais installer des gouvernements de barbus (pudiquement désignés « résistants ») dans tous les pays arabes ne semble pas être la meilleure idée au monde…
Mais installer des gouvernements de barbus (pudiquement désignés « résistants ») dans tous les pays arabes ne semble pas être la meilleure idée au monde…
« N'ayez pas peur ! » (365 occurrences dans les Écritures)
Re: Paolo Dall'Oglio "je préconise une évolution de la dhimm
C'est vrai que dans la dhimmitude (qui signifie protection), le pouvoir musulman a le devoir de protéger ceux qui sont sous son joug (chrétiens, juifs et zoroastriens... les païens ne pouvant bénéficier de la dhimmitude : pour eux, c'est la conversion ou la mort). Mais ce qu'oublie de mentionner ce jésuite (ou alors l'ignore-t-il ?), c'est que la dhimmitude instaure une relation de dominant-dominé entre le musulman et le non musulman. Le dhimmi doit se soumettre à tout musulman (certaines pratiques dans le passé obligeaient les dhimmis à avoir des maisons moins hautes, à baisser la tête lorsqu'ils croisaient un musulman, à porter des vêtements caractéristiques, etc.), et s'il s'écarte un peu trop de son statut de citoyen de seconde catégorie, c'est la mort qui l'attend. D'ailleurs, le Coran est très clair : le but de la dhimmitude est avant tout l'humiliation.Paolo Dall'Oglio a écrit :Dans une époque pré-démocratique, elle constitue un instrument du pluralisme. En son nom, le sunnite a le devoir de protéger les chrétiens, comme le commande le Prophète. Voilà pourquoi je préconise une évolution de la dhimmitude plus qu'une laïcisation forcée des sociétés musulmanes.
Le sunnite a donc d'abord le devoir de soumettre et d'humilier le chrétien, et ce pour l'amener à ce convertir. La protection qu'offre la dhimmitude n'est qu'une coquille vide, et tenter de la faire passer pour une ouverture au "pluralisme" est soit une grossière erreur, soit un odieux mensonge. Ce n'est pas l'évolution de la dhimmitude que ce jésuite devrait appeler de ses voeux, mais sa suppression pure et simple car des millions de ses frères chrétiens au cours des siècles en ont souffert.
Que le massacre systématique de chrétiens innocents soit étranger à la tradition musulmane, c'est vrai. Mais la tradition musulmane véhicule jusque dans ses textes sacrés la haine des chrétiens. D'ailleurs, l'Arabie Saoudite n'interdit-elle pas toute pratique chrétienne sur son sol (jusqu'à faire la chasse aux Bibles et aux croix autour du cou), alors qu'ils sont plusieurs millions de chrétiens étrangers à travailler là-bas ?Paolo Dall'Oglio a écrit :L'attitude explicitement anti-chrétiens d'al-Qaïda est d'ailleurs étrangère à la tradition.
Donc ne nous leurrons pas, il n'existe pas d'islam respectueux des chrétiens. Il existe des musulmans respectueux des chrétiens, c'est vrai. Mais l'islam porte en elle - ses textes sacrés et ses traditions le prouvent - la haine de tout ce qui n'est pas musulman.
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
Re: Paolo Dall'Oglio "je préconise une évolution de la dhimm
Et pourtant, il est dramatique que des occidentaux et même des ecclésiastiques pensent que ça puisse être une bonne chose.Christophe a écrit :Mais installer des gouvernements de barbus (pudiquement désignés « résistants ») dans tous les pays arabes ne semble pas être la meilleure idée au monde…
Ce jésuite, Paolo Dall'Oglio, me semble complètement acquis à la cause de l'islam. Plutôt que de se dire "amoureux de l'islam, croyant au Christ", il ferait mieux d'aimer le Christ tout simplement.
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
Re: Paolo Dall'Oglio "je préconise une évolution de la dhimm
Un autre chef-d'oeuvre de Paolo Dall'Oglio :
Source : http://www.lavie.fr/actualite/monde/pao ... 9963_5.php
Le prêtre jésuite Paolo Dall'Oglio est un révolutionnaire. Après avoir œuvré en Syrie pendant 30 ans pour le dialogue islamo-chrétien, il a pris fait et cause pour l'opposition syrienne. Expulsé par le régime de Bachar al-Assad en 2012, il publie depuis son exil La rage et la lumière*, un livre-témoignage sur sa vie et son analyse du conflit syrien vécu de l'intérieur. Interview.
Toutes les nouvelles de Syrie sont mauvaises. Prêtre et homme engagé dans l'opposition, voyez-vous des raisons d'espérer ?
Oui. Le peuple syrien a dit non définitivement au régime tortionnaire, barbare et mafieux de Bachar Al-Assad. Le peuple a rejeté la duplicité politique et la manipulation de l'information. Mais le peuple syrien paie aussi le prix fort de ce refus. Après deux ans de tragédie, nous nous rendons compte, plus qu'avant, que quelque chose de plus global se joue. En Syrie, nous voyons à l'œuvre à la fois l'Amérique post-bushiste, le néo-soviétisme, les tensions meurtrières entre sunnites et chiites, la confessionnalisation de toute la région, la paralysie européenne pour des raisons internes à l'Europe. Et comme tant d'autres sociétés arabes, nous nous nous demandons quelle pourrait être la compatibilité entre une politique islamiste et une démocratie mûre et pluraliste.
Alors que tout va mal, on peut malgré tout espérer parce que le peuple résiste ?
Oui, parce que nous savons qu'il faut faire tomber le régime. L'espérance s'exprime ainsi. Nous sommes aussi face à la nécessité de travailler diplomatiquement à la réconciliation entre les sunnites et les chiites, face à la nécessité de travailler pour la paix internationale avec la Russie. La Syrie pourrait être demain un lieu de conversion à la transparence, au respect de l'autodétermination et à la collaboration méditerranéenne.
Dans votre livre, vous suggérez que la guerre civile en Syrie joue le rôle d'un conflit témoin, même en Europe. Quand nous en parlons, « nous parlons de nous-mêmes », dites-vous. Pourquoi ?
Il y a cette énorme question : quel rôle faut-il attribuer à la communauté musulmane ? Et que faisons-nous pour que les musulmans puissent participer à la démocratisation du monde, à l'organisation de la paix mondiale, aux rééquilibres démographiques, économiques et environnementales du monde ? Ou veut-on faire la démocratie contre l'islam ? L'environnement contre l'islam ? L'organisation politique du monde contre l'islam ou malgré l'islam ? Ce serait une illusion.
Vous militez pour et dans l'opposition syrienne. Comment en tant que prêtre pouvez-vous défendre le choix des armes ?
J'ai travaillé pendant quinze ans pour l'émergence d'une société civile en Syrie et pour une mutation démocratique mûre et pacifique. Mais j'ai échoué. L'Europe et toute la communauté internationale, qui ont tant espéré une évolution pacifique en Syrie, ont échoué. Ce sont nos jeunes syriens, musulmans et chrétiens, qui sont descendus dans la rue. Ils ont imposé la révolution. Ils ont dit : ça suffit ! Au début, au printemps 2011, ils réclamaient simplement la liberté d'opinion et d'expression. Ils ne demandaient pas la fin du régime, mais une ouverture cohérente. Mais quand des manifestants ont été tués et systématiquement torturés dans les prisons, la nécessité de la révolution et de prendre les armes s’est imposée.
De fait, il n'y a pas d'alternative.
Tous les chrétiens, y compris des jésuites, ne partagent pas votre analyse de la situation. Ils ne croient pas à la résistance armée, mais à une solution négociée.
Il ne faut pas oublier que beaucoup de chrétiens doivent s'exprimer prudemment car ils vivent toujours sous la coupe du régime. En ce qui concerne la solution politique, je suis d'accord pour dire qu'il faut toujours la chercher en proposant des voies de sortie. Mais quand on est attaqué, bombardé, qu’on a pas la possibilité de fuir, on peut aussi chercher à se sauver physiquement du régime, en se défendant avec les armes. Non ?
Peut-on dialoguer avec Bachar al-Assad ?
Auriez-vous été prêt à parler avec Hitler en 1944 ? Je ne pense pas qu'on puisse discuter de son « droit » de tuer, de discriminer et de considérer un peuple comme un peuple esclave.
Mais vous dites en même temps qu'il faut discuter avec des combattants d'al-Qaida qui commettent aussi des crimes.
Entendons-nous. Oui, je discute avec des combattants d'al-Qaida comme je discute avec des geôliers de Bachar al-Assad. Je pense qu'on peut discuter avec Satan en personne ! Mais sur quelle base ? Il ne faut laisser aucun pouvoir à Satan. Si l’on veut trouver une voie de sortie pour Bachar al-Assad, sa femme et leurs enfants, la discussion est possible. S'il s'agit de sauver la peau des 20 000 complices directs de la mafia familiale de Bachar al-Assad, on peut discuter. Et si on veut sauver la population alaouite du risque de vengeance de l'autre côté, il faut aussi discuter.
Vous êtes né en Italie. Quand vous étiez jeune, vous étiez déjà politiquement engagé, en l'occurrence à gauche. À un moment donné, vous avez dit non aux armes...
Oui, quand les gens des Brigades rouges ont choisi la dictature du prolétariat, j'ai effectivement choisi la démocratie. C'était une séparation idéologique fondamentale. En Syrie, j'ai participé à la création d'une ONG : Relief and Reconciliation For Syria. Sa mission est de sortir de la violence, de sauver nos enfants de l'engrenage de la violence et de soigner les tortionnaires sadiques qui se sont engagés pour le régime. Je crois à cette force réversible. Rien n’est figé quand il s’agit d’êtres humains.
Vous avez vécu 32 ans en Syrie. Êtes-vous devenu Syrien ?
Je suis un citoyen du monde avec une spécificité syrienne et avec des origines italiennes. Qu'est-ce que la nation ? Ce n'est pas la race. C'est une aventure culturelle. La nation est dans la fréquentation culturelle, dans l'empathie et dans l'engagement. En ce sens, oui, je suis Syrien.
L'opposition syrienne est en partie gagnée par un certain djihadisme. Quel regard faut-il avoir sur ce phénomène ?
Il faut d'abord revenir sur l'utilisation des termes choisis pour comprendre ce phénomène. Le djihadisme est le fait de prendre les armes pour rétablir la justice. C'est la guerre sainte islamiste. Il y a des islamistes démocrates et des djihadistes démocrates, comme il y a des djihadistes extrémistes, radicaux, clandestins, criminels, en relation avec les services secrets syriens et les mafias des narcotrafiquants. C'est donc quelque chose de complexe.
Mais que faire pour les jeunes qui adoptent cette cause violente ?
Il faut d'abord distinguer entre la personne humaine et son comportement criminel à l'intérieur d'un groupe criminel. Ce n'est peut-être pas une bonne idée de les tuer avec des drones et de tuer par la même occasion des familles entières. On a l'impression, parfois, que les musulmans sont des insectes : contre eux, on peut utiliser des insecticides massifs. Il faut condamner la violence, je suis d'accord. Mais il faut aussi comprendre les raisons sociales, culturelles, historiques, de la naissance d'un phénomène criminel afin d'essayer d'assécher le marécage de ces groupes et rééduquer autant de criminels que possible.
Vous connaissez des combattants d'al-Qaida. Que retenez-vous dans vos échanges avec eux ?
Je soulignerai que ce sont des frères et des sœurs en humanité. Dans mes échanges avec eux, j’ai reconnu des hommes et des femmes qui ont une passion religieuse, un sentiment religieux que je partage. Ce sont des gens enragés mais épris de justice. Ils se sentent collectivement persécutés, attaqués et niés. Du coup, ils sont dans une psychologie d'hyper réactivité victimaire qui les amène à commettre des crimes. Sur le plan conceptuel, il adopte un attitude simpliste qui consiste à mettre ensemble les chrétiens d'Orient et l'Occident impérialiste. Ils n'y voient qu'un seul ennemi. Ils globalisent. Ils ont aussi prêté allégeance à des directions secrètes et adopté un fonctionnement sectaire. Ils sont donc susceptibles d'être manipulés pour des programmes obscurs.
Quelle est votre attitude par rapport au mélange entre religion et politique que l'on trouve dans toutes les formes de l'islamisme, même celles qui sont démocratiques ?
Je dirais qu'il y a un malentendu dans votre question. Depuis le commencement de l'Histoire, on ne peut distinguer entre culture et religion. C'est impossible. La chose publique est aussi la chose culturelle. La religion est donc concernée. La distinction entre culture – ou politique - et religion est un artifice culturel que l'on trouve notamment en France avec la laïcité. C’est un acte religieux et politique que de distinguer entre politique et religion. Il y a une unité fondamentale entre religion et politique. Mais il ne faut pas faire d’amalgame avec l’islamisme radical, clandestin « terroriste », qui n’est pas compatible avec l’essentiel des droits de l’homme, et n’est pas majoritaire en Syrie.
Dans votre livre, vous défendez la démocratie, et critiquez souvent les institutions religieuses, y compris votre propre Église. Vous voyez même des parallèles entre la dictature et l'Église catholique...
Oui, et j'ajouterai qu'il y a de la corruption politique, sexuelle, qui se cache derrière la soumission au pouvoir. Cela fait partie d'un système de cooptation par soumission à un système autoritaire.
Il faut donc faire la révolution au sein de l'Église aussi ?
Depuis toujours !
La question syrienne intéresse beaucoup les chrétiens français. Que leur diriez-vous ?
Les catholiques syriens sont une minorité de la minorité. Ils sont minoritaires par rapport aux orthodoxes. Ils sont minoritaires avec d'autres minorités musulmanes, alors que la majorité est sunnite. Je dis à mes frères et sœurs catholiques français qu'on ne peut pas demander à un régime tortionnaire de nous protéger contre une majorité du peuple. Nous nous condamnerions à renoncer à notre droit à la démocratie. Sauf si on choisit une solution à l'irakienne en quittant une partie du pays pour se réfugier dans une autre (la « cantonisation »).
En tant que catholiques, nous avons aussi la capacité de créer des relations avec l'Occident. Depuis le Concile Vatican II, nous avons une compréhension positive du vivre-ensemble avec les autres religions. Nous pouvons la proposer aux autres chrétiens semés dans la société musulmane.
Dans la Syrie de demain, l'islam pourrait jouer un rôle plus important qu'aujourd'hui...
Oui, mais ce n'est pas la laïcité antireligieuse qui nous protégerait de l'islam ! Il faut que les musulmans décident eux-mêmes. Cela ne peut être un choix imposé par l'extérieur. Si une séparation entre État et religion est souhaitable, il faut que ce soit le choix des musulmans.
Vous avez été expulsé par le régime. Bien des représentants de votre Église ont pris des distances avec vous. Vous vous sentez rejeté ?
Je suis rejeté par le régime syrien et par les islamophobes chrétiens. Quand je mise sur l'évolution de l'islam, je vais à l'encontre de la perception que beaucoup ont des musulmans.
Quelle est votre situation aujourd'hui au sein de l'Église catholique ?
Je suis un pèlerin. Je suis marginalisé, car j'ai pris la parole. J'essaie de suivre mon sentier de fidélité à l'Évangile.
Source : http://www.lavie.fr/actualite/monde/pao ... 9963_5.php
Le prêtre jésuite Paolo Dall'Oglio est un révolutionnaire. Après avoir œuvré en Syrie pendant 30 ans pour le dialogue islamo-chrétien, il a pris fait et cause pour l'opposition syrienne. Expulsé par le régime de Bachar al-Assad en 2012, il publie depuis son exil La rage et la lumière*, un livre-témoignage sur sa vie et son analyse du conflit syrien vécu de l'intérieur. Interview.
Toutes les nouvelles de Syrie sont mauvaises. Prêtre et homme engagé dans l'opposition, voyez-vous des raisons d'espérer ?
Oui. Le peuple syrien a dit non définitivement au régime tortionnaire, barbare et mafieux de Bachar Al-Assad. Le peuple a rejeté la duplicité politique et la manipulation de l'information. Mais le peuple syrien paie aussi le prix fort de ce refus. Après deux ans de tragédie, nous nous rendons compte, plus qu'avant, que quelque chose de plus global se joue. En Syrie, nous voyons à l'œuvre à la fois l'Amérique post-bushiste, le néo-soviétisme, les tensions meurtrières entre sunnites et chiites, la confessionnalisation de toute la région, la paralysie européenne pour des raisons internes à l'Europe. Et comme tant d'autres sociétés arabes, nous nous nous demandons quelle pourrait être la compatibilité entre une politique islamiste et une démocratie mûre et pluraliste.
Alors que tout va mal, on peut malgré tout espérer parce que le peuple résiste ?
Oui, parce que nous savons qu'il faut faire tomber le régime. L'espérance s'exprime ainsi. Nous sommes aussi face à la nécessité de travailler diplomatiquement à la réconciliation entre les sunnites et les chiites, face à la nécessité de travailler pour la paix internationale avec la Russie. La Syrie pourrait être demain un lieu de conversion à la transparence, au respect de l'autodétermination et à la collaboration méditerranéenne.
Dans votre livre, vous suggérez que la guerre civile en Syrie joue le rôle d'un conflit témoin, même en Europe. Quand nous en parlons, « nous parlons de nous-mêmes », dites-vous. Pourquoi ?
Il y a cette énorme question : quel rôle faut-il attribuer à la communauté musulmane ? Et que faisons-nous pour que les musulmans puissent participer à la démocratisation du monde, à l'organisation de la paix mondiale, aux rééquilibres démographiques, économiques et environnementales du monde ? Ou veut-on faire la démocratie contre l'islam ? L'environnement contre l'islam ? L'organisation politique du monde contre l'islam ou malgré l'islam ? Ce serait une illusion.
Vous militez pour et dans l'opposition syrienne. Comment en tant que prêtre pouvez-vous défendre le choix des armes ?
J'ai travaillé pendant quinze ans pour l'émergence d'une société civile en Syrie et pour une mutation démocratique mûre et pacifique. Mais j'ai échoué. L'Europe et toute la communauté internationale, qui ont tant espéré une évolution pacifique en Syrie, ont échoué. Ce sont nos jeunes syriens, musulmans et chrétiens, qui sont descendus dans la rue. Ils ont imposé la révolution. Ils ont dit : ça suffit ! Au début, au printemps 2011, ils réclamaient simplement la liberté d'opinion et d'expression. Ils ne demandaient pas la fin du régime, mais une ouverture cohérente. Mais quand des manifestants ont été tués et systématiquement torturés dans les prisons, la nécessité de la révolution et de prendre les armes s’est imposée.
De fait, il n'y a pas d'alternative.
Tous les chrétiens, y compris des jésuites, ne partagent pas votre analyse de la situation. Ils ne croient pas à la résistance armée, mais à une solution négociée.
Il ne faut pas oublier que beaucoup de chrétiens doivent s'exprimer prudemment car ils vivent toujours sous la coupe du régime. En ce qui concerne la solution politique, je suis d'accord pour dire qu'il faut toujours la chercher en proposant des voies de sortie. Mais quand on est attaqué, bombardé, qu’on a pas la possibilité de fuir, on peut aussi chercher à se sauver physiquement du régime, en se défendant avec les armes. Non ?
Peut-on dialoguer avec Bachar al-Assad ?
Auriez-vous été prêt à parler avec Hitler en 1944 ? Je ne pense pas qu'on puisse discuter de son « droit » de tuer, de discriminer et de considérer un peuple comme un peuple esclave.
Mais vous dites en même temps qu'il faut discuter avec des combattants d'al-Qaida qui commettent aussi des crimes.
Entendons-nous. Oui, je discute avec des combattants d'al-Qaida comme je discute avec des geôliers de Bachar al-Assad. Je pense qu'on peut discuter avec Satan en personne ! Mais sur quelle base ? Il ne faut laisser aucun pouvoir à Satan. Si l’on veut trouver une voie de sortie pour Bachar al-Assad, sa femme et leurs enfants, la discussion est possible. S'il s'agit de sauver la peau des 20 000 complices directs de la mafia familiale de Bachar al-Assad, on peut discuter. Et si on veut sauver la population alaouite du risque de vengeance de l'autre côté, il faut aussi discuter.
Vous êtes né en Italie. Quand vous étiez jeune, vous étiez déjà politiquement engagé, en l'occurrence à gauche. À un moment donné, vous avez dit non aux armes...
Oui, quand les gens des Brigades rouges ont choisi la dictature du prolétariat, j'ai effectivement choisi la démocratie. C'était une séparation idéologique fondamentale. En Syrie, j'ai participé à la création d'une ONG : Relief and Reconciliation For Syria. Sa mission est de sortir de la violence, de sauver nos enfants de l'engrenage de la violence et de soigner les tortionnaires sadiques qui se sont engagés pour le régime. Je crois à cette force réversible. Rien n’est figé quand il s’agit d’êtres humains.
Vous avez vécu 32 ans en Syrie. Êtes-vous devenu Syrien ?
Je suis un citoyen du monde avec une spécificité syrienne et avec des origines italiennes. Qu'est-ce que la nation ? Ce n'est pas la race. C'est une aventure culturelle. La nation est dans la fréquentation culturelle, dans l'empathie et dans l'engagement. En ce sens, oui, je suis Syrien.
L'opposition syrienne est en partie gagnée par un certain djihadisme. Quel regard faut-il avoir sur ce phénomène ?
Il faut d'abord revenir sur l'utilisation des termes choisis pour comprendre ce phénomène. Le djihadisme est le fait de prendre les armes pour rétablir la justice. C'est la guerre sainte islamiste. Il y a des islamistes démocrates et des djihadistes démocrates, comme il y a des djihadistes extrémistes, radicaux, clandestins, criminels, en relation avec les services secrets syriens et les mafias des narcotrafiquants. C'est donc quelque chose de complexe.
Mais que faire pour les jeunes qui adoptent cette cause violente ?
Il faut d'abord distinguer entre la personne humaine et son comportement criminel à l'intérieur d'un groupe criminel. Ce n'est peut-être pas une bonne idée de les tuer avec des drones et de tuer par la même occasion des familles entières. On a l'impression, parfois, que les musulmans sont des insectes : contre eux, on peut utiliser des insecticides massifs. Il faut condamner la violence, je suis d'accord. Mais il faut aussi comprendre les raisons sociales, culturelles, historiques, de la naissance d'un phénomène criminel afin d'essayer d'assécher le marécage de ces groupes et rééduquer autant de criminels que possible.
Vous connaissez des combattants d'al-Qaida. Que retenez-vous dans vos échanges avec eux ?
Je soulignerai que ce sont des frères et des sœurs en humanité. Dans mes échanges avec eux, j’ai reconnu des hommes et des femmes qui ont une passion religieuse, un sentiment religieux que je partage. Ce sont des gens enragés mais épris de justice. Ils se sentent collectivement persécutés, attaqués et niés. Du coup, ils sont dans une psychologie d'hyper réactivité victimaire qui les amène à commettre des crimes. Sur le plan conceptuel, il adopte un attitude simpliste qui consiste à mettre ensemble les chrétiens d'Orient et l'Occident impérialiste. Ils n'y voient qu'un seul ennemi. Ils globalisent. Ils ont aussi prêté allégeance à des directions secrètes et adopté un fonctionnement sectaire. Ils sont donc susceptibles d'être manipulés pour des programmes obscurs.
Quelle est votre attitude par rapport au mélange entre religion et politique que l'on trouve dans toutes les formes de l'islamisme, même celles qui sont démocratiques ?
Je dirais qu'il y a un malentendu dans votre question. Depuis le commencement de l'Histoire, on ne peut distinguer entre culture et religion. C'est impossible. La chose publique est aussi la chose culturelle. La religion est donc concernée. La distinction entre culture – ou politique - et religion est un artifice culturel que l'on trouve notamment en France avec la laïcité. C’est un acte religieux et politique que de distinguer entre politique et religion. Il y a une unité fondamentale entre religion et politique. Mais il ne faut pas faire d’amalgame avec l’islamisme radical, clandestin « terroriste », qui n’est pas compatible avec l’essentiel des droits de l’homme, et n’est pas majoritaire en Syrie.
Dans votre livre, vous défendez la démocratie, et critiquez souvent les institutions religieuses, y compris votre propre Église. Vous voyez même des parallèles entre la dictature et l'Église catholique...
Oui, et j'ajouterai qu'il y a de la corruption politique, sexuelle, qui se cache derrière la soumission au pouvoir. Cela fait partie d'un système de cooptation par soumission à un système autoritaire.
Il faut donc faire la révolution au sein de l'Église aussi ?
Depuis toujours !
La question syrienne intéresse beaucoup les chrétiens français. Que leur diriez-vous ?
Les catholiques syriens sont une minorité de la minorité. Ils sont minoritaires par rapport aux orthodoxes. Ils sont minoritaires avec d'autres minorités musulmanes, alors que la majorité est sunnite. Je dis à mes frères et sœurs catholiques français qu'on ne peut pas demander à un régime tortionnaire de nous protéger contre une majorité du peuple. Nous nous condamnerions à renoncer à notre droit à la démocratie. Sauf si on choisit une solution à l'irakienne en quittant une partie du pays pour se réfugier dans une autre (la « cantonisation »).
En tant que catholiques, nous avons aussi la capacité de créer des relations avec l'Occident. Depuis le Concile Vatican II, nous avons une compréhension positive du vivre-ensemble avec les autres religions. Nous pouvons la proposer aux autres chrétiens semés dans la société musulmane.
Dans la Syrie de demain, l'islam pourrait jouer un rôle plus important qu'aujourd'hui...
Oui, mais ce n'est pas la laïcité antireligieuse qui nous protégerait de l'islam ! Il faut que les musulmans décident eux-mêmes. Cela ne peut être un choix imposé par l'extérieur. Si une séparation entre État et religion est souhaitable, il faut que ce soit le choix des musulmans.
Vous avez été expulsé par le régime. Bien des représentants de votre Église ont pris des distances avec vous. Vous vous sentez rejeté ?
Je suis rejeté par le régime syrien et par les islamophobes chrétiens. Quand je mise sur l'évolution de l'islam, je vais à l'encontre de la perception que beaucoup ont des musulmans.
Quelle est votre situation aujourd'hui au sein de l'Église catholique ?
Je suis un pèlerin. Je suis marginalisé, car j'ai pris la parole. J'essaie de suivre mon sentier de fidélité à l'Évangile.
"Le Seigneur me conduit par le juste chemin pour l'honneur de Son nom"
"На свете счастья нет, но есть покой и воля". Пушкин
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- Inscription : jeu. 22 sept. 2011, 20:10
Re: Paolo Dall'Oglio "je préconise une évolution de la dhimm
Je ne vois pas en quoi le texte que vous citez est un chef d'oeuvre: cette personnes qui se veut catholique propose d'encourager les conflits armés, que les chrétiens syriens et autres communautés religieuse minorité fasse "allégeance" aux musulmans pro Al qaida.....
Bref, remplacons le fou dangereux de ce pays par un groupe terrosiste.... Mais quelle bonne idée. C'est aux Syriens de regler leur probleme internes. Quand les pays occidentaux interviennent, il n'y a aucun remerciement en retour. J'ai vu un reportage sur Arte, ou des associations africaines militaient pour faire partir les ONG humanitaires de leur pays, voir de l'Afrique entiere parce que c'était selon eux, du colonialisme!
D'avoir vu ca m'a estomaqué, mais finalement, ils ont peut etre raison.
Que ce religieux prenne une telle position me révolte, pour moi c'est de la prostitution. La dignité humaine n'est pas a vendre.
Bref, remplacons le fou dangereux de ce pays par un groupe terrosiste.... Mais quelle bonne idée. C'est aux Syriens de regler leur probleme internes. Quand les pays occidentaux interviennent, il n'y a aucun remerciement en retour. J'ai vu un reportage sur Arte, ou des associations africaines militaient pour faire partir les ONG humanitaires de leur pays, voir de l'Afrique entiere parce que c'était selon eux, du colonialisme!
D'avoir vu ca m'a estomaqué, mais finalement, ils ont peut etre raison.
Que ce religieux prenne une telle position me révolte, pour moi c'est de la prostitution. La dignité humaine n'est pas a vendre.
" A celui qui n'a pas, même ce qu'il a lui sera retiré" (Mc 4,25)
" A celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il croit avoir " (Lc 8,18)
" A celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il croit avoir " (Lc 8,18)
Re: Paolo Dall'Oglio "je préconise une évolution de la dhimm
La comparaison avec Hitler me semble pour le moins tortueuse...Auriez-vous été prêt à parler avec Hitler en 1944 ? Je ne pense pas qu'on puisse discuter de son « droit » de tuer, de discriminer et de considérer un peuple comme un peuple esclave.
Mais de quelle justice parle-t-il? Certainement pas de la justice de Notre Seigneur...Et depuis quand y a-t-il des djihadistes et des islamistes démocrates? C'est comme si j'écrivais que le jour est la nuit. Ou alors nous ne parlons pas du même type de démocratie...(Habituellement, en Occident, lorsque l'on parle de démocratie, il s'agit de la démocratie libérale, qui englobe les idées de liberté de croyance, d'égalité homme-femme, de neutralité religieuse de l'état, etc...)Il faut d'abord revenir sur l'utilisation des termes choisis pour comprendre ce phénomène. Le djihadisme est le fait de prendre les armes pour rétablir la justice. C'est la guerre sainte islamiste. Il y a des islamistes démocrates et des djihadistes démocrates, comme il y a des djihadistes extrémistes, radicaux, clandestins, criminels, en relation avec les services secrets syriens et les mafias des narcotrafiquants. C'est donc quelque chose de complexe.
Je trouve ce jésuite bien gentil dans son analyse! Même si ce qu'il écrit n'est pas forcément erroné, cela n'excuse en rien la violence des djihadites et leur haine des autres religions. Quant à parler de sentiment religieux partagé, je lui en laisse la liberté, mais à mon avis, il y a un gouffre entre la croyance de ces djihadistes et la foi en Jésus Christ...Mais bon, on peut englober tant de choses différentes dans l'expression "sentiment religieux"...C'est bien pratique!Je soulignerai que ce sont des frères et des sœurs en humanité. Dans mes échanges avec eux, j’ai reconnu des hommes et des femmes qui ont une passion religieuse, un sentiment religieux que je partage. Ce sont des gens enragés mais épris de justice. Ils se sentent collectivement persécutés, attaqués et niés. Du coup, ils sont dans une psychologie d'hyper réactivité victimaire qui les amène à commettre des crimes. Sur le plan conceptuel, il adopte un attitude simpliste qui consiste à mettre ensemble les chrétiens d'Orient et l'Occident impérialiste. Ils n'y voient qu'un seul ennemi. Ils globalisent. Ils ont aussi prêté allégeance à des directions secrètes et adopté un fonctionnement sectaire. Ils sont donc susceptibles d'être manipulés pour des programmes obscurs.
Là je dois dire que je suis d'accord avec lui. La religion ne peut pas être une affaire uniquement privée! Cependant, les liens entre pouvoirs spirituel et temporel ne sont pas pensés identiquement dans le christianisme et dans l'islam. Il serait tout de même important de le mentionner.Je dirais qu'il y a un malentendu dans votre question. Depuis le commencement de l'Histoire, on ne peut distinguer entre culture et religion. C'est impossible. La chose publique est aussi la chose culturelle. La religion est donc concernée. La distinction entre culture – ou politique - et religion est un artifice culturel que l'on trouve notamment en France avec la laïcité. C’est un acte religieux et politique que de distinguer entre politique et religion. Il y a une unité fondamentale entre religion et politique. Mais il ne faut pas faire d’amalgame avec l’islamisme radical, clandestin « terroriste », qui n’est pas compatible avec l’essentiel des droits de l’homme, et n’est pas majoritaire en Syrie.![]()
Sans commentaire de ma part...Oui, et j'ajouterai qu'il y a de la corruption politique, sexuelle, qui se cache derrière la soumission au pouvoir. Cela fait partie d'un système de cooptation par soumission à un système autoritaire.
Ma question est la suivante : ce jésuite est-il toujours catholique? Parce que vu certaines de ses idées, j'ai de quoi en douter...Depuis toujours !
Ce serait plutôt aux musulmans de ces sociétés de respecter un peu plus les chrétiens...En tant que catholiques, nous avons aussi la capacité de créer des relations avec l'Occident. Depuis le Concile Vatican II, nous avons une compréhension positive du vivre-ensemble avec les autres religions. Nous pouvons la proposer aux autres chrétiens semés dans la société musulmane.
Je suis rejeté par le régime syrien et par les islamophobes chrétiens.
Les islamophobes chrétiens...Comme il est aisé de parler ainsi!
Je suis un pèlerin. Je suis marginalisé, car j'ai pris la parole. J'essaie de suivre mon sentier de fidélité à l'Évangile.
Prions pour que ses idées prennent un tour plus orthodoxe!
Tout n'est pas inintéressant dans ses propos, mais son manque de catholicité le rend peu crédible pour les fidèles sincèrement attachés à l'Eglise. Pourquoi ne prend-il pas un peu plus en compte la peur légitime des chrétiens syriens?
Suliko
C'est pourquoi elle seule, prédestinée avant les générations et annoncée par les prophètes, la Mère du Créateur de tout l'univers, non seulement n'a participé en rien à la tache originelle, mais elle est toujours demeurée pure comme le ciel et toute belle. (extrait du règlement pour le monastère de Biélokrinitsa (1841)
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Le père Paolo enlevé par des islamistes en Syrie
Le père Paolo venait de faire circuler sur le Net une pétition appelant le pape François à “ s'informer personnellement” sur le rôle joué par certains membres du clergé chrétien en Syrie en faveur de Bachar Al Assad.
Le père Paolo Dall'Oglio, fondateur du monastère de Deïr Mar Moussa en Syrie, a été enlevé lundi par des islamistes proches d'Al Qaïda dans la ville syrienne de Rakka, annonce l'agence Reuters. L'information n'est pas confirmée par le Vatican, ni par ses proches qui parlent, pour le moment, d'une disparition.
Paolo avait pris fait et cause pour la rébellion et avait dû quitter la Syrie en juin 2012, expulsé par le régime syrien. Depuis, il se battait sans discontinuer pour dénoncer le régime. Il était venu plusieurs fois à Bruxelles, où il avait rencontré notamment André Léonard, archevêque de l'archidiocèse de Malines-Bruxelles. Il avait également relancé une communauté chrétienne en Irak, dans la zone kurde.
Selon l'agence Reuters, le père jésuite a traversé la frontière turque la semaine dernière pour arriver en Syrie, ignorant les avertissements de ses proches qui lui déconseillaient de se rendre à Rakka, où des islamistes ont capturé plusieurs personnalités « libérales ». Il s'y est rendu néanmoins, a été applaudi par la population dans la soirée du 28 juillet (voir la vidéo en ligne) mais les djihadistes de l'Etat islamique d'Irak et du Levant l'auraient arrêté, lui reprochant d'avoir dénoncé les violences faites par des islamistes contre des habitants kurdes de Tel al Abiad.
Néanmoins, l'un de ses proches – cité anonymement par la branche italienne d'Aide à l'Eglise en détresse - évoque la possibilité qu'il ait été soustrait par le groupe dans le cadre d'une négociation. Le père Paolo serait allé à Rakka pour négocier la libération d'un ou de plusieurs otages, dont un membre de l'opposition syrienne, un de ses amis. Il aurait demandé à ses proches de signaler sa disparition si il ne revenait pas à la surface trois jours après. « Le silence de Père Paul pourrait être lié à la négociation et non à un kidnapping », avance cette source citée par Aide à l'Eglise en détresse.
http://www.lalibre.be/actu/internationa ... f2#media_1
Le père Paolo Dall'Oglio, fondateur du monastère de Deïr Mar Moussa en Syrie, a été enlevé lundi par des islamistes proches d'Al Qaïda dans la ville syrienne de Rakka, annonce l'agence Reuters. L'information n'est pas confirmée par le Vatican, ni par ses proches qui parlent, pour le moment, d'une disparition.
Paolo avait pris fait et cause pour la rébellion et avait dû quitter la Syrie en juin 2012, expulsé par le régime syrien. Depuis, il se battait sans discontinuer pour dénoncer le régime. Il était venu plusieurs fois à Bruxelles, où il avait rencontré notamment André Léonard, archevêque de l'archidiocèse de Malines-Bruxelles. Il avait également relancé une communauté chrétienne en Irak, dans la zone kurde.
Selon l'agence Reuters, le père jésuite a traversé la frontière turque la semaine dernière pour arriver en Syrie, ignorant les avertissements de ses proches qui lui déconseillaient de se rendre à Rakka, où des islamistes ont capturé plusieurs personnalités « libérales ». Il s'y est rendu néanmoins, a été applaudi par la population dans la soirée du 28 juillet (voir la vidéo en ligne) mais les djihadistes de l'Etat islamique d'Irak et du Levant l'auraient arrêté, lui reprochant d'avoir dénoncé les violences faites par des islamistes contre des habitants kurdes de Tel al Abiad.
Néanmoins, l'un de ses proches – cité anonymement par la branche italienne d'Aide à l'Eglise en détresse - évoque la possibilité qu'il ait été soustrait par le groupe dans le cadre d'une négociation. Le père Paolo serait allé à Rakka pour négocier la libération d'un ou de plusieurs otages, dont un membre de l'opposition syrienne, un de ses amis. Il aurait demandé à ses proches de signaler sa disparition si il ne revenait pas à la surface trois jours après. « Le silence de Père Paul pourrait être lié à la négociation et non à un kidnapping », avance cette source citée par Aide à l'Eglise en détresse.
http://www.lalibre.be/actu/internationa ... f2#media_1
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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jean_droit
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Paolo Dall'Oglio
Le père Dall'oglio vivant ?
Ce serait une très bonne nouvelle ....
Espérons qu'il en est de même pour les deux évêques orthodoxes.
Du Salon Beige :
Ce serait une très bonne nouvelle ....
Espérons qu'il en est de même pour les deux évêques orthodoxes.
Du Salon Beige :
Le prêtre jésuite italien Paolo Dall'Oglio n'aurait peut-être pas été assassiné
Lu ici :
"Contrairement à ce que nous avions annoncé il y a deux semaines selon des informations venues de Londres, le prêtre jésuite italien Paolo Dall'Oglio, porté disparu depuis fin juillet en Syrie, n'aurait pas été assassiné par des rebelles liés à al-Qaïda.
L'information initiale de l'OSDH a été démentie depuis par la Coalition Nationale Syrienne. Selon cette dernière instance, la localisation du prêtre est toutefois inconnue. Toutefois, ces informations demeurent difficilement vérifiables."
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etienne lorant
- Pater civitatis

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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Témoignage d'un prêtre dans la révolution syrienne
« La peur, la colère, le découragement, l’angoisse m’ont accompagné… j’ai essayé de garder une liturgie du cœur, une messe sur le monde », écrit le P. Dall’Oglio, jésuite dont on en sans nouvelles, en Syrie, depuis le 27 juillet dernier (cf. Zenit du 6 août 2013).
Le bureau de presse de l’Edition Missionnaire Italienne (EMI) annonce la publication en octobre de son livre « La rage et la lumière : un prêtre dans la révolution syrienne ».
D’après l’EMI, le livre est "avant tout un cri, celui d’un homme, un jésuite consacré à l’amour de Jésus pour les musulmans, qui a dédié trente années de sa vie au dialogue islamo-chrétien, sans jamais cesser de construire des ponts et qui, en quelques mois, a vu tout cela s’écrouler dans une horreur indicible."
Le Père Dall’Oglio, fin connaisseur du Proche Orient, continuent les éditions, "témoigne des espérances du peuple syrien qui lutte pour sa liberté, en dépit des silences hypocrites et des hésitations de l’Occident ; il formule des propositions à la communauté mondiale des hommes de bonne volonté afin qu’ils fassent tout pour stopper la guerre civile en Syrie, pays extrêmement central et symbolique dans lequel s’affrontent des questions d’une actualité urgente partout dans le monde. Un livre qui secoue les consciences".
Publié en France en mai 2013 (aux Éditions de l’Atelier), le livre sera en librairie en Italie à partir du 1er octobre, avec une postface ajoutée mi-juillet, peu avant que le père jésuite ne retourne en Syrie pour une mission de « médiation ».
Dans ces pages, la voix de Paolo Dall’Oglio résonne, affligée : « La peur, la colère, le découragement, l’angoisse m’ont accompagné. J’ai éprouvé aussi, après ces journées difficiles, un besoin de méditer, de prendre une distance contemplative. J’ai dit la messe quand je le pouvais… j’ai essayé de garder une liturgie du cœur, une messe sur le monde, comme dirait Teillard de Chardin ».
Voici quelques extraits du livre, en commençant par un mail du Père Dall’Oglio expliquant le choix de la photo de couverture : « Cette photo que j’ai faite du bombardement de Saraqeb, fin février, est celle d’une maison où sont morts une maman et un petit enfant… quelques minutes avant le déclic… elle dit bien la banalité du mal… et que les victimes sont ici, les pauvres gens du prolétariat urbain… la fleur en plastique trop ouverte permet de nous introduire dans la maison détruite des pauvres et d’être les hôtes de leurs sentiments les plus intimes dévastés par la guerre ».
Le Père Dall’Oglio poursuit : "J’ai visité la Syrie des Assad (l’expression est consacrée par l’usage du régime) une première fois en 1973, peu avant la Guerre d’octobre ; j’en avais rapporté l’impression d’un peuple soumis à une machine de propagande nationaliste puissante, mobilisée au maximum dans le sens anti-israélien… J’étais solidaire pour de nombreuses raisons, comme je le suis aujourd’hui, avec les souffrances du peuple palestinien et des Arabes en général. Mais cette attitude de manipulation totalitaire de l’information me répugnait déjà. Je savais qu’il s’agissait d’une dictature et je n’entretenais pas d’illusions sur le respect des droits de l’homme dans ce pays.
"En 1978, j’étais à Beyrouth pendant la terrible attaque des quartiers chrétiens de Achrafieh par l’armée syrienne. En 1980-1981, j’étais à Damas pour mes études de l’arabe, des Églises orientales et de l’Islam et j’ai aimé infiniment ce bon voisinage syrien, dans le respect et dans le pluralisme qui n’a pas été créé par le régime mais que celui-ci a cherché à récupérer à son propre compte alors qu’il le corrompait sur le plan moral et idéologique.
"Je suis entré en contact et j’ai eu connaissance des méthodes de torture répressive systématique utilisées par le régime. Si je voulais rester dans le pays, je devais me soumettre comme tout le monde. Mais je n’étais pas obligé de me soumettre en conscience.
"Déjà alors, de très nombreux chrétiens quittaient le pays étant donné la situation d’incertitude dans la société locale et dans la région. Certains étaient pro régime, d’autres contre, mais tous cherchaient à partir pour l’avenir de leurs enfants. Il faut se rappeler qu’alors, la solidarité du régime avec le monde soviétique était évidente, même en ce qui concerne les libertés démocratiques qui étaient critiquées comme étant bourgeoises et asservies aux logiques néo-impérialistes.
"J’ai toujours cherché à avoir de bons rapports avec l’État en tant que propriété des citoyens, même lorsqu’il est soumis à un régime dictatorial. Je me suis aussi efforcé d’avoir des relations le plus ouvertes et franches possible avec les membres des services de sécurité qui m’interrogeaient fréquemment. J’étais pour une lutte légitime de libération contre l’occupant israélien mais j’évitais systématiquement de céder aux tons souvent explicitement antisémites de la propagande du régime et je m’efforçais de valoriser les aspects idéologiques qui pouvaient permettre de penser, de concevoir et de vouloir la paix et la réconciliation régionale.
"En 1982, j’étais étudiant de théologie à Rome lorsqu’a eu lieu le terrible massacre de la population civile de Hama lors de l’insurrection des Frères musulmans. J’en ai souffert au point de tomber malade. Il n’était pas possible d’en parler publiquement, sinon je risquais de me priver de la possibilité de rentrer en Syrie, où je me sentais appelé à servir l’harmonie islamo-chrétienne… Je répétais pendant des années sans me lasser qu’il fallait tout faire pour faciliter une évolution et un changement démocratique progressif et par réformes successives pour éviter d’autres bains de sang.
"Pourtant j’étais parfaitement conscient qu’un massacre continuel, silencieux, était perpétré dans les prisons, dans les camps, dans les goulags syriens. À diverses reprises, j’en avais reçu des témoignages directs. C’est dans cet esprit, avec ces sentiments contrastés, et pourtant avec beaucoup d’espérance et d’enthousiasme, que j’ai vécu dans la Syrie des Assad pendant plus de trente ans".
(A suivre)
http://www.zenit.org/fr/articles/la-rag ... rienne-1-2
Le bureau de presse de l’Edition Missionnaire Italienne (EMI) annonce la publication en octobre de son livre « La rage et la lumière : un prêtre dans la révolution syrienne ».
D’après l’EMI, le livre est "avant tout un cri, celui d’un homme, un jésuite consacré à l’amour de Jésus pour les musulmans, qui a dédié trente années de sa vie au dialogue islamo-chrétien, sans jamais cesser de construire des ponts et qui, en quelques mois, a vu tout cela s’écrouler dans une horreur indicible."
Le Père Dall’Oglio, fin connaisseur du Proche Orient, continuent les éditions, "témoigne des espérances du peuple syrien qui lutte pour sa liberté, en dépit des silences hypocrites et des hésitations de l’Occident ; il formule des propositions à la communauté mondiale des hommes de bonne volonté afin qu’ils fassent tout pour stopper la guerre civile en Syrie, pays extrêmement central et symbolique dans lequel s’affrontent des questions d’une actualité urgente partout dans le monde. Un livre qui secoue les consciences".
Publié en France en mai 2013 (aux Éditions de l’Atelier), le livre sera en librairie en Italie à partir du 1er octobre, avec une postface ajoutée mi-juillet, peu avant que le père jésuite ne retourne en Syrie pour une mission de « médiation ».
Dans ces pages, la voix de Paolo Dall’Oglio résonne, affligée : « La peur, la colère, le découragement, l’angoisse m’ont accompagné. J’ai éprouvé aussi, après ces journées difficiles, un besoin de méditer, de prendre une distance contemplative. J’ai dit la messe quand je le pouvais… j’ai essayé de garder une liturgie du cœur, une messe sur le monde, comme dirait Teillard de Chardin ».
Voici quelques extraits du livre, en commençant par un mail du Père Dall’Oglio expliquant le choix de la photo de couverture : « Cette photo que j’ai faite du bombardement de Saraqeb, fin février, est celle d’une maison où sont morts une maman et un petit enfant… quelques minutes avant le déclic… elle dit bien la banalité du mal… et que les victimes sont ici, les pauvres gens du prolétariat urbain… la fleur en plastique trop ouverte permet de nous introduire dans la maison détruite des pauvres et d’être les hôtes de leurs sentiments les plus intimes dévastés par la guerre ».
Le Père Dall’Oglio poursuit : "J’ai visité la Syrie des Assad (l’expression est consacrée par l’usage du régime) une première fois en 1973, peu avant la Guerre d’octobre ; j’en avais rapporté l’impression d’un peuple soumis à une machine de propagande nationaliste puissante, mobilisée au maximum dans le sens anti-israélien… J’étais solidaire pour de nombreuses raisons, comme je le suis aujourd’hui, avec les souffrances du peuple palestinien et des Arabes en général. Mais cette attitude de manipulation totalitaire de l’information me répugnait déjà. Je savais qu’il s’agissait d’une dictature et je n’entretenais pas d’illusions sur le respect des droits de l’homme dans ce pays.
"En 1978, j’étais à Beyrouth pendant la terrible attaque des quartiers chrétiens de Achrafieh par l’armée syrienne. En 1980-1981, j’étais à Damas pour mes études de l’arabe, des Églises orientales et de l’Islam et j’ai aimé infiniment ce bon voisinage syrien, dans le respect et dans le pluralisme qui n’a pas été créé par le régime mais que celui-ci a cherché à récupérer à son propre compte alors qu’il le corrompait sur le plan moral et idéologique.
"Je suis entré en contact et j’ai eu connaissance des méthodes de torture répressive systématique utilisées par le régime. Si je voulais rester dans le pays, je devais me soumettre comme tout le monde. Mais je n’étais pas obligé de me soumettre en conscience.
"Déjà alors, de très nombreux chrétiens quittaient le pays étant donné la situation d’incertitude dans la société locale et dans la région. Certains étaient pro régime, d’autres contre, mais tous cherchaient à partir pour l’avenir de leurs enfants. Il faut se rappeler qu’alors, la solidarité du régime avec le monde soviétique était évidente, même en ce qui concerne les libertés démocratiques qui étaient critiquées comme étant bourgeoises et asservies aux logiques néo-impérialistes.
"J’ai toujours cherché à avoir de bons rapports avec l’État en tant que propriété des citoyens, même lorsqu’il est soumis à un régime dictatorial. Je me suis aussi efforcé d’avoir des relations le plus ouvertes et franches possible avec les membres des services de sécurité qui m’interrogeaient fréquemment. J’étais pour une lutte légitime de libération contre l’occupant israélien mais j’évitais systématiquement de céder aux tons souvent explicitement antisémites de la propagande du régime et je m’efforçais de valoriser les aspects idéologiques qui pouvaient permettre de penser, de concevoir et de vouloir la paix et la réconciliation régionale.
"En 1982, j’étais étudiant de théologie à Rome lorsqu’a eu lieu le terrible massacre de la population civile de Hama lors de l’insurrection des Frères musulmans. J’en ai souffert au point de tomber malade. Il n’était pas possible d’en parler publiquement, sinon je risquais de me priver de la possibilité de rentrer en Syrie, où je me sentais appelé à servir l’harmonie islamo-chrétienne… Je répétais pendant des années sans me lasser qu’il fallait tout faire pour faciliter une évolution et un changement démocratique progressif et par réformes successives pour éviter d’autres bains de sang.
"Pourtant j’étais parfaitement conscient qu’un massacre continuel, silencieux, était perpétré dans les prisons, dans les camps, dans les goulags syriens. À diverses reprises, j’en avais reçu des témoignages directs. C’est dans cet esprit, avec ces sentiments contrastés, et pourtant avec beaucoup d’espérance et d’enthousiasme, que j’ai vécu dans la Syrie des Assad pendant plus de trente ans".
(A suivre)
http://www.zenit.org/fr/articles/la-rag ... rienne-1-2
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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