L'Église en France

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Hélène
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Re: C'est honteux !

Message non lu par Hélène » dim. 24 déc. 2006, 0:57

Domy a écrit :Le jour où les Français voteront Alliance Royale ( http://www.allianceroyale.fr ), ils sauveront le Christ !
Bonsoir Domy,

Je suis d'accord avec tout ce que vous dites sauf la partie en rouge... n'est-ce pas plutôt le contraire ? :unsure: Le Christ qui doit sauver la France ? Comment pourrions-nous sauver le Christ ?

Joyeux, doux et saint Noël à vous...
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Situation de l'Eglise en France

Message non lu par jean_droit » mer. 27 déc. 2006, 12:57

Lu dans le Forum Catholique

...............

Les catholiques préfèrent désormais les temps forts

HERVÉ BENTÉGEAT. Publié le 25 décembre 2006 dans le Figaro

À PREMIÈRE VUE, la messe est dite : la France catholique, hier fille aînée de l'Église, est entrée dans un mouvement de déclin irréversible. Tous les indicateurs sont au rouge : le nombre de catholiques dans la population (- 25 % en quinze ans), de pratiquants réguliers (moins d'un catholique sur vingt), de mariés religieusement (36 % des couples), de baptisés (moins de la moitié des nouveau-nés), de séminaristes (1 155 en 1995, 758 dix ans plus tard)... Les églises se sont vidées, les vocations sacerdotales raréfiées, les paroisses fermées, et les derniers fidèles de la messe du dimanche ont souvent les cheveux blancs... Le phénomène est d'autant plus grave que c'est chez les jeunes que la désaffection est la plus prononcée : selon l'Insee, 40 % des 15-24 ans déclaraient en 1996 n'avoir ni pratique ni sentiment d'appartenance religieuse, contre 33 % neuf ans plus tôt.

C'est au tournant des années 1970 que la pratique religieuse a commencé à s'effondrer.

Ce décrochage, si l'on en croit l'historien Denis Pelletier, correspond à la crise que traverse alors la société française, qui sort des Trente Glorieuses et entre dans une phase de mutation que les coups de boutoir de Mai 68 vont accélérer. Il n'a cessé de se confirmer depuis. « Où sont passés les catholiques ? », se demandent aujourd'hui les géographes Colette Muller et Jean-René Bertrand, qui ont ausculté la France pour constater partout le déclin de la pratique, même dans les anciens bastions de l'Église comme la Bretagne et l'Alsace.

Mais dans le domaine spirituel, il faut se méfier des statistiques. Beaucoup d'observateurs font d'abord valoir qu'on a sans doute atteint un palier et que le nombre de pratiquants n'est plus susceptible de diminuer encore, ne serait-ce que par le vieillissement de la population (plus on est âgé, plus on pratique). Il est vraisemblable que l'on arrive aujourd'hui au « noyau dur » et que le nombre de fidèles va se stabiliser. On note même, au cours des dernières années, un léger frémissement, surtout chez les personnes âgées, les femmes et les milieux socioprofessionnels les plus favorisés. Ensuite, le culte est largement devenu « nomade », selon l'expression d'Henri Madelin, ancien rédacteur en chef de la revue des jésuites Études : beaucoup de catholiques peuvent aller à la messe en semaine ou la regarder le dimanche à la télévision ou la remplacer par un moment de prière ou changer facilement d'église. Ou même ne plus pratiquer du tout, tout en se considérant et en se déclarant catholiques, ainsi que le montrent toutes les enquêtes. Comme si, désormais, l'appartenance au catholicisme ne se mesurait plus à l'aune de la pratique. En tout cas de la stricte observance du culte. On note par exemple que les effectifs du Secours catholique, eux, n'enregistrent pas de baisse (autour de 70 000 membres).

Mais c'est surtout cette notion de pratique qui a évolué, et les critères traditionnellement retenus pour l'évaluer (comme le suivi de l'office dominical) ne rendent plus compte des nouvelles formes de vie religieuse qui ont éclos depuis une trentaine d'années. Car, parallèlement à la désaffection envers le culte traditionnel, régulier et naguère « obligatoire », se sont développés d'autres types de pratiques qui, elles, connaissent un succès croissant : pèlerinages, retraites, rassemblements, renouveau charismatique...

Issus du pentecôtisme, apparu dans le protestantisme californien au début du XXe siècle, souvent conçus au départ comme des groupes de prière adeptes d'une spiritualité chaleureuse et témoignant d'une identité catholique extravertie, les mouvements charismatiques se sont développés de manière spectaculaire à partir des années 1970 et constituent aujourd'hui une nébuleuse regroupant, selon certaines estimations, près de 200 000 catholiques. Leur démarche est avant tout motivée par une soif d'épanouissement spirituel et un désir de témoignage dans leur environnement personnel et professionnel. Apparus dans un premier temps en marge de l'Église, ces mouvements - comme l'Emmanuel, le Chemin neuf, les Béatitudes, Fondacio... - ont été pour beaucoup reconnus et certains se sont même vus confier l'animation de paroisses. Ils apportent dans les offices une gestuelle plus expressive et des chants nouveaux. Jean et Clarisse sont un couple de moins de quarante ans, membres de l'Emmanuel (7 200 adhérents, dont la moitié à l'étranger) depuis six ans. Ils y sont entrés elle pour répondre à un « appel », lui pour la fraternité et le rayonnement qu'il y a trouvés. Ils y ont retrouvé des catholiques pratiquants comme eux mais aussi d'anciens athées, venus de tous les horizons. Ils ne remettent en question ni l'Église (qui a reconnu la communauté en 1992) ni sa liturgie. En adhérant à l'Emmanuel, ils ont pris un certain nombre d'engagements : consacrer chaque jour un temps à la prière, aller à la messe quotidiennement, vivre dans les sacrements de l'Église, participer à des « maisonnées » qui réunissent chaque semaine des membres de la communauté. Ils participent, à leur façon, au renouvellement de l'Église. L'Emmanuel organise chaque été des rencontres à Paray-le-Monial qui rassemblent 30 000 personnes. Pélerinage : voilà une autre pratique qui connaît un engouement croissant depuis au moins dix ans. En 1985, 120 pèlerins seulement recevaient le brevet (la « compostela ») de Saint-Jacques-de-Compostelle ; ils étaient 69 000 en 2002 ! Le pèlerinage de Chartes des étudiants, tombé en désuétude dans les années 1980, connaît un regain de faveur. Les nombreux sanctuaires et lieux de pèlerinage en France attirent des foules toujours croissantes (12 à 15 millions chaque année). Et que dire du succès des grands rassemblements comme les JMJ ? Là encore, les chiffres sont impressionnants : 1 million de personnes à Paris en 1997, 2 millions à Rome en 2000, encore 1 million à Cologne en 2005...Enfin, loin des foules, les retraites dans les abbayes et monastères font elles aussi recette.

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L'idolâtrie, c'est honteux !

Message non lu par Etienne » mer. 27 déc. 2006, 14:19

Domy a écrit :
Le jour où les Français voteront Alliance Royale ( http://www.allianceroyale.fr ), ils sauveront le Christ ! Parce que le Roi de France et le Christ, c'est tout un !

Celui qui se bat pour le Christ se bat pour le Roi !
Bonjour Domy,

Relisez-vous, vos propos sont idolâtres, ne confondez pas le Christ et un homme. La royauté n'appartient qu'au Christ, et nullement aux rois. Mais seul un roi peut-être suffisamment SUFFISANT pour prétendre sauver le Christ=>on aura tout lu...
Pour le sondage, les 997 personnes interrogées étaient-elles catholiques, musulmanes, athées, autres? Le pourcentage ne veut pas dire grand chose si toutes les croyances sont mélangées.
Fraternellement.
(Mt 26.63-66)
Mais Jésus se taisait. Le Grand Prêtre lui dit:" Je t'adjure par le Dieu Vivant de nous dire si tu est le Christ, le Fils de Dieu. " Tu l'as dit, lui dit Jésus..."
Qu'en pensez vous?" Ils répondirent: " Il est passible de mort."

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Sondage: Les catholiques français sont peu pratiquants

Message non lu par davfreeborn » jeu. 04 janv. 2007, 18:34

Sondage: Les catholiques français sont peu pratiquants

[align=justify]La moyenne des catholiques prie peu, ne va pas très souvent à la messe, sait par coeur le "Notre Père" et penche pour le mariage des prêtres, selon un sondage CSA à paraître mercredi dans Le Monde des Religions.

Ils sont 55% à se définir comme catholiques parce qu'ils sont nés dans une famille catholique (21% parce qu'ils ont la foi et 14% parce que cela correspond à des valeurs auxquelles ils sont attachés).

Ils sont 8% à assister à la messe ou à des offices religieux "une ou plusieurs fois par semaine", 9% "une ou deux fois par mois", 31% "de temps en temps", 46% pour les cérémonies (baptème, mariage, enterrement) et 8% "jamais".

16% d'entre eux prient tous les jours, 9% une fois par semaine, 26% "de temps en temps" et 17% "exceptionnellement" mais 29% "jamais".

Seulement 9% sont engagés dans des activités paroissiales (catéchèse, action humanitaire, groupes spirituels).

Ils sont 88% à connaître par coeur et en entier le "Notre Père" et 81% le "je Vous salue Marie", mais seulement 33% savent que la fête qui correspond à la descente de l'Esprit Saint sur les apôtres est la Pentecôte.

Une grande majorité est "très" ou "assez" favorable au mariage des prêtres (81%) et à l'entrée des femmes dans la prêtrise (79%).

Ils ont une bonne opinion du pape Benoît XVI ("très bonne" 7%, "plutôt bonne" 64%).
Le plus surprenant dans ce sondage est que 52% seulement des gens qui se déclarent catholiques croient que Dieu existe (26% "c'est sûr", 26% "c'est probable"). 10% répondent "c'est peu probable", 7% "il n'existe pas", 30% "je n'en sais rien" et 1% ne se prononcent pas.

Ce sondage CSA a été réalisé par téléphone du 18 au 25 octobre 2006 auprès de 1.021 personnes se déclarant catholiques issues d'un échantillon national représentatif de 2.012 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué d'après la méthode des quotas après stratification par région et catégorie d'agglomération.

Source : La Croix

Celons vous quels en sont les causes?[/align]

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Boris
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Message non lu par Boris » jeu. 04 janv. 2007, 19:19

Cela montre bien qu'il y a beaucoup de praticant non croyant.

Cela montre ma "théorie" de la Vraie Foi qui n'est pas toujours partagée en France : les français n'ont pas la Vraie Foi, c'est-à-dire celle de l'Eglise Universelle.

Cela montre enfin que la "lex orandi, lex credendi" a joué à fond. En ne repectant pas la Liturgie, certaines personnes ont changé le credo des personnes qui suivent ces simulacres de liturgie et ainsi on en arrive à de tels chiffres : 9% de personnes engagées alors que les derniers mots de la Messe sont "Ite, Missa est" [Allez, c'est la Mission] et non "allez dans la paix su Christ (Ite in pace) et toutes les horreurs que révèle ce sondage.

Car la Liturgie est l'expression de la Foi. Alors quand le Gloria se transforme en "Les Anges dans nos campagnes", ou pire "Gloire à Dieu et paix aux hommes" en omettant "de bonne volonté".
C'est également le fait de prendre une anamnèse autre que celles du Missel : "Christ est vivant ..." dans laquelle on ne s'adresse plus au Christ, alors que c'est le seul élément de la Prière Eucharistique qui s'adresse à Lui et tout le reste au Père car il vient de se rendre réellement présent sur l'Autel !

Le Cerdo, résumé de notre Foi, devient "Je crois en Dieu qui chante" à l'encontre de la volonté de l'auteur de ce chant. Pour le résumé de la Foi, c'est extrêmement pauvre et une fois la mode dépassée, il ne reste plus rien de la Foi !

J'en passe et des pires !

Il y a donc urgence à lire les documents du Concile et en particulier tout ce qui concerne la Foi et son expression (la Liturgie) pour se rendre compte qu'en réalité peu de chose devaient changer dans l'esprit des pères conciliaires et qu'il nous faut de nos jours revenir en arrière pour tenter d'effacer toutes ces erreurs.
Mais e retour en arrière ne doit pas dépasser le Concile non plus : appliquons déjà la Liturgie actuelle (Missale Romanum de 2002, Liturgia Horarum de 1985) avec toute la rigueur et la dignité nécessaire, telles qu'on les trouve dans les messes "tradis".
La seule différence entre les messes "tradis" et non "tradis" doit se trouver dans la langue (et encore) et dans la version du missel. Pas dans le sacré ni dans l'absence ou non de dignité !

Mais comment remettre à genou pendant la consécration (tel que le Pape Jean-paul II le demande dans le version de 2001 de la présentation Générale du Missel Romain) un peuple qui ne croit plus en l'existence de Dieu et encore moins en sa présence réelle sur l'Autel ?
UdP,
Boris

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Message non lu par Greensleeves » jeu. 04 janv. 2007, 19:57

[align=justify]Tout a été dit par Boris, je n'ai pas grand'chose à ajouter.

Vatican II a été mal inteprété, par ceux que ça arrangeait.
Du coup, j'ai l'impression que quelques générations de catholiques ont été trompées, sur ce qu'était la "vraie Foi", et ignorent toutes les instructions et recommandations de Rome. Et ça continue. Même ma génération a été élevée au biberon (catéchétique) de la solidarité et tutti quanti...
Quand vous entendez le prêtre qui prépare à la première communion dire : "Jésus vous invite à Son repas", comment voulez-vous que les enfants se rendent compte du Mystère accompli à chaque Messe ?
Et même, maintenant, en 2007, que disent les enfants qui se préparent au baptême, quand on leur demande pourquoi ils veulent être baptisés ? "Jésus est mon ami", "Jésus aime les hommes", "Je veux apprendre à connaître Jésus". Pas un mot de l'Eucharistie, de l'Eglise.
De fait, pour certains, être catholique, c'est être engagé dans le monde associatif, aux côtés des plus pauvres, point barre. La Messe ? quel besoin ? on parle directement avec Dieu. La confession : idem. Le mariage : on veut bien, par tradition. Il m'arrive de relire mes livres de catéchisme, enfin, si on peut appeler ça comme ça...C'est une horreur absolue (Fais jaillir la vie et Pierres vivantes, pour ne pas les nommer), mais je les conserve pour mieux apprécier à quelle idée du catholicisme j'ai échappé (grâce à la catéchèse "maison" de ma maman :) )

Oui, il y a un énorme malentendu sur ce qu'est le catholicisme. Au point que, assistant régulièrement à des messes en montagne (pendant les vacances), je me demande si je suis bien chez des catholiques, et pas plutôt dans un temple "déguisé" en église.

La facilité humaine a primé sur l'enseignement du Christ. Croire en la Présence Réelle ? Trop d'abandon et de confiance en Dieu sont nécessaires. Alors on va dire que nous rompons le pain ensemble ; en plus, ça satisfait nos amis protestants. Le latin ? trop dur à comprendre, pas assez "proche du peuple"...etc, etc.

Quant aux raisons profondes de toutes ces dérives, j'y vois une tentative de transormer l'Eglise en une vaste organisation humaine, faite par les hommes, pour le bonheur terrestre des hommes et pour plaire au monde, alors que l'Eglise est l'Epouse du Christ, qui a pour mission d'annoncer l'Evangile au monde, à temps et à contre-temps, et de mener ses enfants vers le Christ.[/align]
Ad majorem Dei gloriam

"Vous niez Dieu, vous niez la sainteté, quelle est donc la routine, sourde, aveugle et obtuse, qui peut m'obliger à agir d'une façon, s'il m'est plus avantageux d'agir d'une autre ?" Dostoïevski, L'Adolescent

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Message non lu par Boris » jeu. 04 janv. 2007, 20:33

Pire : rare sont ceux qui savent que nous seront sauvé et que Jésus est venu pour cela (vérifier de nombreuses fois dans les soirées d'aumônerie dont je m'occupe)
UdP,
Boris

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Message non lu par el Padrecito » ven. 05 janv. 2007, 0:10

Bonsoir,

Cela me fait penser à un article que j'ai lu il y a quelque temps, dans un journal qui ne doit pas vous être inconnu...


" Les messalisants

En bouche, le mot est agréable ! Mais le concept désigne une espèce en voix de disparition statistique. Les messalisants sont des catholiques qui vont « trop » à la messe, entendez : tous les dimanches ! Ils sont devenus si peu nombreux qu’ils ne sont plus statistiquement représentatifs. Le terme de pratiquant, qui les désignait, est maintenant réservé aux catholiques ( ?) qui iraient à la messe au moins une fois par mois. Selon l’enquête de l’IFOP (cf. HN 1377) parue et commentée dans La Croix mi-août, les messalisants qui représentaient 27% de la population en 1952, ne sont plus que 4,5% en 2006. Comment expliquer cette baisse ? Pourquoi s’est-elle accentuée dans les années 1970, questionne le journaliste avant de répondre… : « L’encyclique Humanae Vitae (1968) de Paul VI, la distorsion entre la morale de l’Eglise et le discours dominant sur la sexualité s’est donc traduite par une prise de distance des catholiques par rapport à l’Eglise ». C’était donc ça ! Ouf ! Certains auraient pu profiter de ces chiffres pour accuser la réforme liturgique et ses interprétations post 68. Les autels retournés, les calices bols-de-petit-déjeuner, les textes martyrisés par une créativité paroissiale de dadames en dynamique de groupe, les célébrations façon karaoké, avec communions et confirmations dans des gymnases genre tape-dans-tes-mains-comme-en-colo, les sermons où les apôtres se nomment Gandhi, Martin Luther King, Che Guevara, la bonne nouvelle annoncée dans le petit livre rouge enfin un caté coloriage avec un Jésus copain de récré et de choco BN. Rien de tout cela n’est en cause. Surtout, qu’aucun de ces ex-avant-gardistes de la liturgie ne s’inquiète : cette déroute pastorale n’est pas la leur ; c’est encore l’Eglise qui s’est trompée, elle aurait dû être plus à l’écoute du monde… Et de son prince ? Pour autant 4,5% de messalisants et un Dieu d’amour, c’est toujours assez pour évangéliser."


Humeur de Pasquin, l’Homme Nouveau n°1378 du 16 septembre 2006

Moi, j'aime bien!
in Christo Rege.

Quentin.

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Message non lu par Boris » ven. 05 janv. 2007, 7:55

Enorme !

Encore une confirmation que "l'Homme Nouveau" est un bon journal et que "La Croix" n'est plus catho !
UdP,
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Christophe
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Bémol

Message non lu par Christophe » ven. 05 janv. 2007, 8:54

Rappelons quand même que le Second Concile de Vatican a été convoqué pour tenter d'enrayer la baisse de la pratique et de la Foi des catholiques. Objectif qui, il faut l'admettre, n'a pas été atteint mais qui permet d'écarter les dérives post-conciliaires comme seul critère explicatif puisque cette "crise" de Foi est antérieure au Concile. En conséquence, mettre dans le retour à des pratiques pré-conciliaires (dignité de la divine Liturgie, rigueur de l'enseignement catéchistique, etc.) tout son espoir de résolution de la crise me parait illusoire.

Il faut certes commencer par recevoir authentiquement le Concile de Vatican II, c'est-à-dire s'attacher aux textes et les recevoir dans une herméneutique de la continuité (pour reprendre les propos de Benoît XVI). Mais cela suffira-t-il ? Personnellement, j'en doute, s'il n'y a pas un renouveau missionnaire au service de la nouvelle évangélisation ; si l'Église et les chrétiens ne sont pas décidés à se battre davantage pour la défense de leurs valeurs sur le terrain social en combattant le laïcisme ambiant qui ne s'applique - de plus en plus - qu'à leur encontre (la laïcité comprise comme anti-cléricalisme a contribué à expulser le Christianisme de la sphère publique, puis sociale. La laïcité comprise comme "égalité religieuse" sur le plan légal et social contribue à élever l'islam au même rang que le Christianisme dans les pays historiques de la Chrétienté) ; si l'Église ne trouve pas une pastorale adaptée à la situation de nos contemporains, etc.

Bye
Christophe[/align]
« N'ayez pas peur ! » (365 occurrences dans les Écritures)

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Message non lu par Boris » ven. 05 janv. 2007, 9:00

Effectivement les dérive Liturgique ont commencé dans les années 50 avec des Messes dialoguées en Français recevant une imprimatur de l'Evêque du lieu et non de Rome.

Le Communisme infiltrait déjà les paroisses trop ouvrières pour essayer de se refaire une nouvelle image après celle de collabos (pour mémoire "Le Monde" a publié récemment la lettre du journal "l'humanité" demandant sa publication sous l'occupation contre menu service aux Nazis et seuls les communistes ont été vraiment des collabos dès la première heure, les socialos ayant senti le vent tourné se sont montrés moins entousiastes).

L'annonce de la restauration de la Liturgie fut facilement transformer en annonce d'une réforme et a mis le feu au poudre du n'importe quoi en même temps que les révolutions de 68.
UdP,
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Message non lu par el Padrecito » ven. 05 janv. 2007, 11:04

Bonjour Christophe,

Je suis tout à fait d'accord avec ce que vous dites; ce que je voulais souligner par ce texte, c'est que les dérives post-conciliaires ont permis une accélération et un approfondissement de cette déchristianisation. Loin de moi l'idée de taper sur le Concile de Vatican II; comme vous dites, revenir en arrière ne servira pas forcément à grand chose, mais un retour du sacré notamment est de première importance.

Le renouveau de l'évangélisation est déjà en marche, la génération Jean-Paul II en est la preuve!

Rendons grâce à Dieu!
in Christo Rege.

Quentin.

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La foi n'est pas un long fleuve tranquille

Message non lu par jean_droit » ven. 05 janv. 2007, 11:28

Bonjour à tous !
En Christ Notre Seigneur !
1- Tout le monde est d'accord pour dire que ce n'est pas tant le Concile qui serait en cause mais la période "post conciliaire".
Globalement je suis d'accord car peu des textes du Concile que je connais sont criticables.
Mais, dites moi, qui a mis en pratique les décisions du Concile ? Ce ne sont pas ces mêmes "pères concilaires" qui ont laissé l'Eglise aller à volo ?
Je crois que l'opinion officieuse de Jean Paul II et de Benoît XVI est la bonne.
D'une part, le sens du Concile a été trahi par ceux qui devaient l'appliquer.
Il s'agit maintenant de revenir aux textes du Concile.
D'autre part, il s'agit d'éliminer dans les actes du Concile tout ce qui a été le prétexte aux abus en tous genre.
Bien sûr le ver était déjà dans l'Eglise au moment du Concile ... mais un ver ne rend pas un fruit immangeable.
2- Il ne s'agit pas de se complaire dans une Eglise d'il y a 70 ans mais d'avancer.
Seulement avancer ne veut pas dire faire la révolution.
Avancer veut dire revenir aux Evangiles, à l'Eglise et à sa mission.
Défendre et nous mobiliser pour nos valeurs !
Evangéliser à tout va !

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Message non lu par Greensleeves » ven. 05 janv. 2007, 14:56

[align=justify]Bien sûr, de nombreux chantiers attendent l'Eglise, et il ne s'agit pas de dénigrer le Concile Vatican II, ni de continuellement se plaindre : "c'était mieux avant". En plus, cette phrase n'est pas toujours exacte, et il faut regarder vers l'avenir.
Le tout est de trouver un "équilibre" : revenir à une liturgie plus solennelle, pour redonner le sens du sacré aux fidèles, à un catéchisme plus sérieux que le "Jésus copain de récré", comme il est dit dans l'article, tout en étant conscient des attentes et de l'état du monde d'aujourd'hui. Mais annoncer la Bonne Nouvelle aux hommes ne veut pas dire faire leurs quatre volontés...
Le problème aujourd'hui, c'est que, dès qu'on parle "retour du sacré", vos interlocuteurs crient "au loup" en croyant que l'évangélisation, c'est fini, que l'Eglise va se replier sur elle-même, etc. Ce qui est faux. On peut "combiner" retour du sacré et ouverture sur le monde. Je trouve même que d'avoir de meilleures "bases" catéchétiques et une Messe vraiment propice à la méditation et à l'adoration permettrait, ensuite, de mieux parler de notre Foi dans le monde.[/align]
Ad majorem Dei gloriam

"Vous niez Dieu, vous niez la sainteté, quelle est donc la routine, sourde, aveugle et obtuse, qui peut m'obliger à agir d'une façon, s'il m'est plus avantageux d'agir d'une autre ?" Dostoïevski, L'Adolescent

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Tout à fait d'accord

Message non lu par jean_droit » ven. 05 janv. 2007, 15:32

Il ne faut pas avoir une attitude passéiste.
Certes "cela se portait mieux avant" mais "avant" c'était "avant".
Le Concile avait pour but de s'adapter ( mais pas d'être soumis ) au monde.
C'est une bonne base de travail.
Nous avons tous beaucoup à faire pour essayer d'enrayer le déclin de l'Eglise.
Il me semble qu'il nous faut d'abord dépoluer nos propres esprits et ceux de nos contemporains.
Et revenir au sacré ...
A chacun ses possibilités intellectuelles. A chacun de trouver sa place dans cette reconquête.
Soyons unis, exigeants pour nous et pour les autres.
N'acceptons pas le n'importe quoi, dépassons les antagonismes de "chapelle".
La prière, la pratique religieuse, le respect de la liturgie devraient être notre préoccupation constante.
N'oublions pas les "fondamentaux de la foi " : "L'amour de Dieu et du prochain".
De toutes nos capacités, chacun dans son domaine, concourrons à l'édification du Royaume de Dieu.
Remarque : Excusez moi pour ce "discours" mais c'est ce que j'ai sur le coeur.

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