La miséricorde de Dieu.

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christiane
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Re: La miséricorde

Message non lu par christiane »

Merci beaucoup, Stephlorant, pour ce beau cri du coeur !

Je te souhaite, de tout coeur, une magnifique semaine.

Christiane
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Re: La miséricorde

Message non lu par cracboum »

stephlorant a écrit :Tendre à chaque instant à pratiquer la miséricorde: dans la solitude par la prière, et par le bon entretien des choses confiées à notre charge; par le regard qui ne doit pas aller de haut en bas du malheureux qu'on croise, mais susciter en nous l'intercession auprès de Dieu; par la langue, qu'il faut souvent contenir pour ne pas blesser, et relâcher pour dire un vrai mot qui soit réconfort; par le sourire, et il y a toutes sortes de sourires; par la main tendue, par le rire, car le rire peut chasser un nuage de soucis, même un seul instant; par la prière, au moins trois heures par jour et une heure la nuit; par le travail bien accompli, car un travail bien accompli, celui qui nous suit ne devra pas le reprendre à zéro; par la souffrance acceptée que nous causent ceux qui ne nous aiment pas et ceux qui ne nous aiment plus; par l'écriture, quand on peut écrire un mot, une carte postale; et surtout, surtout, par un gros effort intérieur pour pardonner ce qui nous blessent, trichent et nous volent et abusent de notre bonne volonté. Pardonner aux inconnus méchants, parce qu'ils sont tout à fait notre prochain, et si je parviens à pardonner au méchant qui me blesse, je deviens miséricordieux comme est miséricordieux mon Père dans les Cieux, lui qui aujourd'hui a donné à chacun une nouvelle chance en faisant le jour se lever.

Lorsque l'on est privé du sacrement de réconciliation, le fait de pardonner et de prier en faveur de ceux qui nous blessent dans le coeur chaque heure de chaque jour, efface nos péchés et nous rend des forces et de la Joie jusqu'au prochain sacrement.
Je signe. Une petite remarque tout de même : trois heures de prière par jour et une la nuit, c'est vraiment un minimum, c'est votre côté miséricordieux pour les plus faibles.
Sinon, vous auriez peut-être pu ajouter la miséricorde envers soi-même, pas la plus facile puisqueq'elle suppose la reconnaissance de ce qu'on est vraiment !
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Re: La miséricorde

Message non lu par stephlorant »

cracboum a écrit :Je signe. Une petite remarque tout de même : trois heures de prière par jour et une la nuit, c'est vraiment un minimum, c'est votre côté miséricordieux pour les plus faibles.
Pour une personne occupée à un travail, mais aussi au service de personnes âgées dans une maison de repos, et également d'une tante malade, je compte, en plus de l'Eucharistie quotidienne, qu'un maximum de cinq cents Ave Maria (je ne cite que ce type de prière à intentions formulées) est possible par jour. Mais c'est souvent moins. Sainte Faustine, quant à elle, disait jusqu'au millier d'Ave Maria par jour, sans aucune lassitude, mais je ne suis pas encore arrivé à m'expliquer comment elle y arrivait, tout en les comptant, et cela, en plus de toutes ses tâches domestiques dans son couvent. Mais il est vrai qu'elle souffrait et j'ai constaté que les peines morales et physiques sont de véritables "enzymes" de la prière.

Mon côté miséricordieux pour les plus faibles, s'ils ne se manifestait autrement que par la prière, ne vaudrait pas grand chose... mais la prière aide à faire des gestes très concrets - il est plus juste de poser les choses ainsi.
In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum
http://www.youtube.com/watch?v=WDV94Iti5ic&feature=related (Philippe Herreweghe)
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Re: La miséricorde

Message non lu par stephlorant »

cracboum a écrit : Sinon, vous auriez peut-être pu ajouter la miséricorde envers soi-même, pas la plus facile puisqueq'elle suppose la reconnaissance de ce qu'on est vraiment !
La miséricorde envers moi-même, un autre s'en occupe et il ne faillit jamais ! :clap:

La reconnaissance de ce que l'on est vraiment, c'est l'humilité: l'humilité, c'est la simple vérité que l'on reconnaît à propos de soi-même. Lorsque je ne suis pas humble, le Seigneur m'envoie des adversaires afin de me montrer que je suis sorti de l'humilité - ce qui se produit assez souvent.
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Grâce et miséricorde pour ceux qui croient

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1ère lecture : Dieu destine les justes à l'immortalité (Sg 2, 23-24; 3, 1-9)

Lecture du livre de la Sagesse
Ceux qui mettent leur confiance dans le Seigneur comprendront la vérité ; ceux qui sont fidèles resteront avec lui dans son amour, car il accorde à ses élus grâce et miséricorde
.


Des lectures d'aujourd'hui, j'ai extrait ce court passage, car il va me permettre de raconter comment, une fois de plus, le Seigneur vient d'intervenir dans ma vie, à sa façon, c'est-à-dire d'une manière surnaturelle, mais qui n'apparaît à la conscience qu'aux regards attentifs.

La messe du matin à est à 8 heures en ville. Pour y accéder, je dois normalement partir de chez moi au plus tard à 7h20, pour trouver une place de parking libre à proximité de mon travail et ensuite remonter à pieds vers l' Église en traversant plusieurs quartiers. En général, je suis les berges du fleuve et je remonte ensuite vers l'église.

Mais aujourd'hui, je me suis réveillé près de quinze minutes trop tard. En voyant mon réveil, je me suis dit : 'c'est fichu pour aujourd'hui' et j'ai d'office songé à me recoucher. Cependant, en dépit de cette pensée, j'étais déjà occupé de m'habiller. Pour cette fois, ce qui n'arrive jamais, j'avais tous mes vêtements à portée - les hommes célibataires savent dans quel ordre approximatif un célibataire se déshabille et se couche le soir !

Quand j'ai sorti la voiture du garage, je me suis repris en disant: 'Mais enfin, sois logique ! Cette fois tu vas te retrouver coincé dans les embouteillages durant un quart d'heure de plus ! Tu aurais mieux fait de laisser passer le premier flot de voitures avant de te lancer ! Mais j'ai eu de la chance, car la rangée de voitures dans laquelle je me suis insérée n'a pas été bloquée, mais déviée par un agent de police. Zut, un détour de plus ! J'ai donc bifurqué par une rue que je ne connais pas bien, mais au bout de laquelle, surprise, je me suis retrouvé sur la place de l'église où j'avais prévu de me rendre ! Je consulte ma montre et je reste ahuri: il est juste 8 h et je suis garé !

D'habitude, toutes les places de parking sont occupées, aujourd'hui il en restait une. Je me gare, je me dirige vers la chapelle en me disant: je vais arriver en retard tout de même. Eh bien non, le prêtre avait du retard lui aussi. Comme chaque jour, j'ai pu me recueillir une ou deux minutes avant le début de la célébration. Celle-ci terminée, je remonte en voiture et, coup de veine, j'ai trouvé une place de parking libre à proximité de la boutique - et une place non-payante !

Je rapporte cet épisode après-coup, car sur le moment je me suis dit seulement que 'j'ai vraiment eu de la chance, ce matin'. Et puis en y réfléchissant un peu, non, ce n'est pas possible. Mathématiquement, chrono en main, je suis certain que ce n'est pas possible. Oh, les forts en thème parleront d'une succession de coïncidences favorables, mais personnellement, je dis que le Seigneur peut, comme Il l'entend, manipuler ce que nous appelons le temps - Lui seul peut tordre et étendre nos secondes et nos instants : Il en fait ce qu'Il veut. Bref, je suis certain que si l'on avait déclenché un chronomètre au moment de mon lever et si on l'avait arrêté à mon entrée dans la chapelle... le résultat eût été complètement invraisemblable. Et pourtant, ce que je viens de vivre, je l'ai bien vécu.

Ce qui me le confirme n'est pas de l'ordre du rationnel non plus: c'est la Joie qui m'a irradié de l'intérieur d'un seul coup en entendant lire le verset du livre de la Sagesse que j'ai cité pour commencer ma 'méditation' d'aujourd'hui.

(J'ai compté sept 'coïncidences' en comptant l'ultime faveur de la place de parking à proximité de mon lieu de travail).
*****
Evangile de Jésus Christ selon saint Luc
Jésus disait aux Apôtres : « Lequel d'entre vous, quand son serviteur vient de labourer ou de garder les bêtes, lui dira à son retour des champs : 'Viens vite à table' ? Ne lui dira-t-il pas plutôt : 'Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et que je boive. Ensuite tu pourras manger et boire à ton tour.'
Sera-t-il reconnaissant envers ce serviteur d'avoir exécuté ses ordres ?

De même vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : 'Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n'avons fait que notre devoir.' »

La récompense du serviteur - c'est-à-dire de l'apôtre qui sert Dieu sans attendre sa récompense, c'est un surcroît de félicité auprès de Dieu. Il me vient à l'esprit l'image de ce majordome anglais, joué par Anthony Hopkins, dans le très beau film "Les Vestiges du jour" (Remains of the day)... qui rapporte Les doutes et les tourments du majordome d'une grande famille anglaise. Car après trente années de parfait service, il se demande sil n'a pas gaspillé sa vie. Et je me demande: ces doutes ne risquent-ils pas de m'atteindre, moi en tant que fidèle, par simple usure, à cause de l'âge ?

Ma réponse est que, le maître du serviteur étant Jésus... je ne crains pas trop ces passages à vide (le dernier cet été) pour peu que je sois à l’œuvre. Ainsi, lorsque j'éprouve ce sentiment sombre d'avoir mis de côté une part de moi-même, je connais le remède immédiat: c'est d'aller rendre service à quelqu'un - n'importe qui, pourvu qu'il y ait quelque chose à donner, un service à rendre - et le doute s'éteint finalement...

En tout cas, ce passage à vide a été suivi de cette grâce effectivement obtenue ce matin - d'avoir reconnu le Christ à l’œuvre dans sa providence, afin que je sois à l'heure pour l'Eucharistie. Quelle chance ! Et que demander de plus ! Car une fois encore, j'ai reçu une preuve "expérimentale" du bien fondé de ma foi. Je n'ai pas besoin de plus: en regardant mon réveil, j'avais murmuré: "Eh bien, tant pis pour aujourd'hui" et je m'apprêtais à une heure de sommeil en plus... mais en réalité, j'étais déjà debout et en train de m'habiller. Personne ne parviendra à me convaincre que l'on peut penser à se recoucher tout en faisant le contraire... à moins que "quelque chose d'autre" soit à l’œuvre dans l'être. Béni soit Dieu !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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La miséricorde, notre avocate au jour du jugement

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,20-26.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Je vous le déclare : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux.
Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu'un commet un meurtre, il en répondra au tribunal.
Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal. Si quelqu'un insulte son frère, il en répondra au grand conseil. Si quelqu'un maudit son frère, il sera passible de la géhenne de feu.
Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande.
Accorde-toi vite avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu'on ne te jette en prison.
Amen, je te le dis : tu n'en sortiras pas avant d'avoir payé jusqu'au dernier sou.



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

J'aurais pu ne garder que le premier verset de l’Évangile car il a d'emblée répondu à certaines questions qui demeuraient en moi comme des points d'interrogation, concernant la Loi et la manière de pratiquer ma foi. Ce que je ressens dans cette parole, c'est que la qualité de ma foi doit être telle que ma justice soit à l'image de celle de Dieu.

Mais qu'est-ce que cela veut dire encore ?

Les trois premiers attributs de Dieu sont bien la justice, la sainteté et l'amour. Or, qu'a dit Jésus, que faut-il faire pour paraître pur et sans tache devant Dieu ? C'est à l'amour de miséricorde qu'il faut s'appliquer consciemment et fidèlement. Jésus nous dit de viser la perfection et la perfection, c'est d'être miséricordieux à la manière du Père. Pour clore son enseignement des Béatitudes, Jésus déclare en effet:

Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent,
afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.


Comment s'entendre avec notre adversaire tandis que nous sommes en chemin vers le tribunal ? En pratiquant envers lui la miséricorde. Ne nous y trompons pas: notre adversaire, c'est lui qui nous accusera devant Dieu, c'est le diable ! En sorte que, pour en sortir blanc comme neige au jour du jugement, celui qui aura vaillamment supporté dans l'Amour les assauts de ses adversaires, il résistera aux accusations que Satan ne manquera pas d'invoquer contre lui au jour du jugement. Dans un des plateaux de la balance, il y aura tous nos péchés - et dans l'autre la miséricorde pratiquée.

- Car l'aumône délivre de la mort, elle purifie des péchés, elle fait obtenir la miséricorde et la vie éternelle. [Tb - 12 : 09]

- Donnez plutôt en aumônes ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous. [Lc - 11 : 41]

- Vendez ce que vous avez et donnez-le en aumône. Faites-vous une bourse qui ne s'use pas, un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n'approche pas, où la mite ne ronge pas. [Lc - 12 : 33]

- Avant tout, ayez entre vous une charité intense, car la charité couvre la multitude des péchés. 1P - 4 : 08

et encore :

Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je ne suis plus qu'airain qui sonne ou cymbale qui retentit.

Quand j'aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j'aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien.

Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien.

La charité est longanime ; la charité est serviable ; elle n'est pas envieuse ; la charité ne fanfaronne pas, ne se gonfle pas ; elle ne fait rien d'inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s'irrite pas, ne tient pas compte du mal ; elle ne se réjouit pas de l'injustice, mais elle met sa joie dans la vérité.

Elle excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout.

La charité ne passe jamais.

(1cor 13)

C'est bien parce que l'Amour ne passe jamais que nos oeuvres de miséricorde seront notre premier atout au jour de notre jugement.

Seigneur, fais de moi un homme heureux d'aimer, envers et contre tout !

.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Le critère du jugement, c'est la miséricorde

Message non lu par etienne lorant »

Livre de la Sagesse 3,1-9.
Mais la vie des justes est dans la main de Dieu, aucun tourment n'a de prise sur eux.
Celui qui ne réfléchit pas s'est imaginé qu'ils étaient morts ; leur départ de ce monde a passé pour un malheur ;
quand ils nous ont quittés, on les croyait anéantis, alors qu'ils sont dans la paix.
Aux yeux des hommes, ils subissaient un châtiment, mais par leur espérance ils avaient déjà l'immortalité.
Ce qu'ils ont eu à souffrir était peu de chose auprès du bonheur dont ils seront comblés, car Dieu les a mis à l'épreuve et les a reconnus dignes de lui.
Comme on passe l'or au feu du creuset, il a éprouvé leur valeur ; comme un sacrifice offert sans réserve, il les a accueillis.
Au jour de sa visite, ils resplendiront, ils étincelleront comme un feu qui court à travers la paille.
Ils seront les juges des nations et les maîtres des peuples, et le Seigneur régnera sur eux pour toujours.
Ceux qui mettent leur confiance dans le Seigneur comprendront la vérité ; ceux qui sont fidèles resteront avec lui dans son amour, car il accorde à ses élus grâce et miséricorde
.


Psaume 27(26),1.4.7.8.9.13-14.

C'est ta face, Seigneur, que je cherche :
ne me cache pas ta face.
N'écarte pas ton serviteur avec colère :
tu restes mon secours.
Ne me laisse pas, ne m'abandonne pas,
Dieu, mon salut !

Je le crois, je verrai les bontés du Seigneur
sur la terre des vivants.
« Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ;
espère le Seigneur.
»


Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 6,3-9.
Frères, nous tous qui avons été baptisés en Jésus Christ, c'est dans sa mort que nous avons été baptisés.
Si, par le baptême dans sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c'est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, de même que le Christ, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d'entre les morts.
Car, si nous sommes déjà en communion avec lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons encore par une résurrection qui ressemblera à la sienne.
Nous le savons : l'homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec lui pour que cet être de péché soit réduit à l'impuissance, et qu'ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché.
Car celui qui est mort est affranchi du péché.
Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui.
Nous le savons en effet : ressuscité d'entre les morts, le Christ ne meurt plus ; sur lui la mort n'a plus aucun pouvoir.



Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 25,31-46.
Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres :
il placera les brebis à sa droite, et les chèvres à sa gauche.
Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : 'Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde.
Car j'avais faim, et vous m'avez donné à manger ; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ;
j'étais nu, et vous m'avez habillé ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi ! '
Alors les justes lui répondront : 'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu... ? tu avais donc faim, et nous t'avons nourri ? tu avais soif, et nous t'avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t'avons accueilli ? tu étais nu, et nous t'avons habillé ?
tu étais malade ou en prison... Quand sommes-nous venus jusqu'à toi ? '
Et le Roi leur répondra : 'Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. '
Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : 'Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le démon et ses anges.
Car j'avais faim, et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'avais soif, et vous ne m'avez pas donné à boire ;
j'étais un étranger, et vous ne m'avez pas accueilli ; j'étais nu, et vous ne m'avez pas habillé ; j'étais malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité. '
Alors ils répondront, eux aussi : 'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu avoir faim et soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ? '
Il leur répondra : 'Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces petits, à moi non plus vous ne l'avez pas fait. '
Et ils s'en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »



L'Evangile est formel: le jugement final reposera sur la miséricorde que nous aurons - ou que nous n'aurons pas pratiquée durant notre temps de vie terrestre. Dans cet évangile, Jésus s'identifie totalement au "prochain". La Loi est accomplie en ce sens que l'on ne peut plus détacher le plus grand commandement ("Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de toutes tes forces") ... de sa mise en oeuvre pratique, dans le monde, auprès de notre prochain.

Ce bouleversement n'a pas d'égal dans l'histoire des religions. On ne dit plus qu'il faut juger bien, qu'il faut s'astreindre à certaines pratiques rituelles, mais que, tout simplement, il faut apprendre à aimer à la manière de Dieu: "Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait, dit encore Jésus, Lui qui fait se lever le soleil et tomber la pluie sur les justes comme sur les méchants".

Il n'est vraiment pas facile d'aimer ainsi. Il nous faut le secours de l'Esprit Saint pour y parvenir. Si je suis heureux, c'est parce que l'Esprit m'anime et me conduit à aller toujours au-delà de moi-même. On dirait que c'est devenir surhumain, mais c'est plutôt le contraire, c'est abandonner son humanité abîmée et pécheresse, pour une humanité qui baigne déjà dans les Béatitudes.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Le critère du jugement, c'est la miséricorde

Message non lu par elenos »

J'ai copié les textes bibliques et votre commentaire.
Je vous en remercie
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Re: Le critère du jugement, c'est la miséricorde

Message non lu par etienne lorant »

Trouvé sur le site Zenit, et heureux d'y trouver une concordance :

J’aime ta loi
Le psaume de ce dimanche dit en écho : « De quel amour j’aime ta Loi : tout le jour je la médite. Je surpasse en sagesse tous mes maîtres, car je médite sur tes exigences. Des chemins du mal je détourne mes pas ». La loi, l’esprit moderne de l’aime pas spontanément. Les hommes peuvent édicter des lois injustes. Mais le psalmiste s'écrie: "Ta loi, Seigneur, fait mes délices". Et dans ce monde de compétition, c’est finalement celui qui a ta loi dans son cœur et dans ses actes qui est le plus fort !
La deuxième lecture est tirée de l’épître aux Hébreux (He 7, 23-28). Jésus est le grand prêtre qui intercède en faveur de l’humanité à jamais. N’ayez pas peur…
L’Evangile est tiré de saint Marc (12, 28-32), en écho également au Deutéronome : « Un scribe s'avança vers Jésus pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? » Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »

Ecoute. Alors tu pourras aimer, ton Dieu, ton frère. L’amour est la seule réponse digne de l’amour de Dieu qui se déclare. Mais écoute ! Ce qu’il murmure à ton cœur. Un ami disait à sa sœur : « La plus belle prière c’est : Seigneur, montre-moi ta tendresse ». Il avait compris que le Dieu fort, le Dieu des armées, le Dieu Créateur et maître de l’histoire, le Dieu qui donne Dix Paroles, dix commandements pour baliser notre route vers le bonheur, le Dieu d’Abraham d’Isaac et de Jacob, est un Dieu bon qui veut communiquer sa bonté. Pour que la bonté transforme le monde. Pour combattre le mal, pas de meilleur moyen que de choisir de se greffer sur la bonté de Dieu.
[+] Texte masqué
http://www.zenit.org/article-32443?l=french
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Découverte de la Miséricorde

Message non lu par etienne lorant »

Le lundi de la 2e semaine de Carême

Livre de Daniel 9,4-10.


Seigneur, à nous la honte au visage, à nos rois, à nos chefs, à nos pères, parce que nous avons péché contre toi.
Au Seigneur notre Dieu, la miséricorde et le pardon, car nous nous sommes révoltés contre lui, nous n'avons pas écouté la voix du Seigneur, notre Dieu ; nous n'avons pas suivi les lois qu'il nous proposait par ses serviteurs les prophètes.
»

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 6,36-38.

Jésus disait à la foule : " Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés.
Donnez, et vous recevrez : une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans votre tablier ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous. »


Cy Aelf, Paris

Lors de l'épisode du déluge, comme lors de la destruction de Sodome et Gomorrhe, ou encore de la confusion du langage qui a suivi l'élévation de la tour de Babel, Dieu n'avait pas eu d'autre solution que de punir, de sévir et de détruire, tout en préservant quelques-une de ses créatures afin de poursuivre l'oeuvre commencée.

Mais lorsque Jésus paraît, tout ce que la Justice divine exige, Lui va l'assumer, sur la Croix, une fois pour toutes, et faire entrer l'humanité dans le temps de la miséricorde. Le changement peut paraître subtil mais il est essentiel. Lorsque l'homme apprend à devenir miséricordieux, il ne fait pas qu'attirer sur lui-même la miséricorde divine, mais il s'élève vers Dieu.

Je ressens profondément que, par la pratique de la miséricorde, j'ai la possibilité de sortir de mon enfermement humain, de ce noeud intérieur de besoins, de désirs et de passions et de réellement devenir autre - par l'ouverture. Donner à autrui, c'est une délivrance et c'est aussi s'ouvrir à Dieu, à l'universel, à l'absolu. Le petit pas timide vers l'autre conduit pourtant à l'infini et à l'éternité bienheureuse.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
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Sous la lumière de la divine miséricorde

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Le samedi de la 2e semaine de Carême

Livre de Michée 7,14-15.18-20.

Le prophète fit cette prière : " Seigneur, avec ta houlette, sois le pasteur de ton peuple, du troupeau qui t'appartient, qui demeure isolé dans le maquis, entouré de vergers. Qu'il retrouve son pâturage à Bashane et Galaad, comme aux jours d'autrefois !
Comme aux jours où tu sortis d'Égypte, tu lui feras voir des merveilles !
Y a-t-il un dieu comme toi ? Tu enlèves le péché, tu pardonnes sa révolte au reste de ton peuple, tu ne t'obstines pas dans ta colère, mais tu prends plaisir à faire grâce.
De nouveau tu nous montres ta tendresse, tu triomphes de nos péchés, tu jettes toutes nos fautes au fond de la mer !
Tu accordes à Jacob ta fidélité, à Abraham l'amour que tu as juré à nos pères depuis les jours d'autrefois.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 15,1-3.11-32.
Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père : 'Père, donne-moi la part d'héritage qui me revient. ' Et le père fit le partage de ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu'il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre. Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère.
Il alla s'embaucher chez un homme du pays qui l'envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.
Alors il réfléchit : 'Tant d'ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Prends-moi comme l'un de tes ouvriers. '
Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l'aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit : 'Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils... ' Mais le père dit à ses domestiques : 'Vite, apportez le plus beau vêtement pour l'habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds. Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons. Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé. ' Et ils commencèrent la fête.
Le fils aîné était aux champs. A son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait. Celui-ci répondit : 'C'est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu'il a vu revenir son fils en bonne santé. '
Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d'entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait. Mais il répliqua : 'Il y a tant d'années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras ! '
Le père répondit : 'Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »



Tant le prophète Michée que la parabole de Jésus font l'éloge de la patience et de la miséricorde divines. Eh bien, ce sont cette patience et cette miséricorde qui font 'regimber' nombre de croyants. Leur foi se heurte à leur sens de la justice, tandis que le malheur qu'ils rencontrent dans leur propre existence les font vaciller et protester comme si Dieu était sourd et aveugle. La parabole du fils prodigue une des plus riches de sens que le Seigneur nous a laissé. Mais elle est riche en tout ce qu'elle voile et dévoile en même temps - et c'est pourquoi chaque lecteur, chaque année, chaque auditeur aussi, selon l'état de son âme l'entendront ou la liront de façon différente.

Il y a ici autant un appel à la conversion qu'un reproche à la rigueur des jugements; il y a les situations de malheur auxquelles Dieu ne semble pas vouloir remédier; il y a les questions de sens que se posent les hommes et aussi leur manque de coeur. Il y a surtout un amour inconditionnel, un amour que rien ne rebute, un amour qui "avale" les affronts comme si c'était du lait et qui s'émeut au moindre geste de réconciliation.

La situation du fils cadet, que l'on peut visualiser lorsqu'il devient gardien de porcs et qui continue d'avoir faim... m'a fait songer à la démarche qu'ont accompli nombre de convertis avant de "voir" la lumière du salut. Certains sont parfois descendus très, très bas dans la déchéance, le malheur et l'incompréhension avant de découvrir Dieu. Le moment de la conversion est nécessairement celui d'une sorte de mort au "moi", à l'ego - que tous les instincts et les sentiments protègent jalousement. C'est ainsi que Simone Weil décrivit sa propre expérience : "Dans le silence quelques minutes d'attente s'écoulent ainsi. Le coeur se vide de tous les attachements, glacé par le contact imminent de la mort. Une vie nouvelle est reçue, faite purement de miséricorde - il faudrait toujours prier ainsi." (Cahiers IV)

La situation du fils aîné est celle de celui qui se croit juste devant Dieu - il est droit, sans doute, mais il est un peu froid aussi. Selon moi, il y a beaucoup de fidèles semblables au fils aîné, qui finiront par accéder au Royaume, mais inéluctablement, il leur faudra d'abord descendre assez bas dans leur misère cachée - au point de se croire complètement déchu à l'image du cadet - avant de se plonger dans la lumière de la divine miséricorde, ou si l'on préfère: dans la divine lumière de la miséricorde...
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Re: Sous la lumière de la divine miséricorde

Message non lu par gerardh »

Bonjour,

Quelques mots sur le Livre de Michée, chapitre 7 :

Au chapitre 7, le prophète Michée se place comme intercesseur devant Dieu, au nom du peuple, en rappelant à celui-ci en même temps sa ruine et ses iniquités. Le prophète cherche, en désirant le trouver, au milieu de son peuple, quelque chose qui convienne au titre de peuple de Dieu : hélas, il ne voit que fraudes et tromperies, des embûches pour verser le sang et pour faire le mal des deux mains. « Le meilleur d’entre eux est comme une ronce, le plus droit pire qu’une haie d’épines ». Puis, chose bien frappante, ce que Michée décrit comme le comble de l’iniquité : « Le fils flétrit le père, la fille s’élève contre la mère, la belle-fille contre sa belle-mère, les ennemis d’un homme sont les gens de sa maison », est cité par le Seigneur Jésus (Matth. 10:35, 36), comme devant être l’une des conséquences de la prédication de l’évangile, à cause de l’opposition qu’elle rencontrerait dans le monde. Telle est l’iniquité du cœur que la lumière de la grâce provoquerait une haine qui détruirait même les affections naturelles !

Ce qu’il voit autour de lui porte le prophète à regarder vers l’Éternel, à attendre le Dieu de sa délivrance : « Mais moi, je regarderai vers l’Éternel, je m’attendrai au Dieu de mon salut ; mon Dieu m’écoutera ». Il termine son livre par ces belles et touchantes paroles : « Qui est un Dieu comme toi, pardonnant l’iniquité et passant par-dessus la transgression du reste de son héritage ? Il ne gardera pas à perpétuité sa colère, parce qu’il prend son plaisir en la bonté. Il aura encore une fois compassion de nous, il mettra sous ses pieds nos iniquités ; et tu jetteras tous leurs péchés dans les profondeurs de la mer. Tu accompliras envers Jacob ta vérité, envers Abraham ta bonté, que tu as jurées à nos pères dès les jours d’autrefois ». Voilà ce qu’un jour Dieu fera envers « le reste de son héritage » ou le résidu fidèle ; voilà ce qu’il a déjà fait et qu’il fait encore envers son Église et tous ceux qui, par la foi, en sont membres. Puissiez-vous le comprendre et le croire.



Quelques mots sur l’Évangile de Jésus Christ selon saint Luc, chapitre 15 :

Les trois paraboles de ce chapitre forment un ensemble merveilleux. La condition d'un pécheur nous y est présentée sous trois aspects: celui de la brebis, de la drachme et de l'enfant, tous trois perdus; et son salut comme accompli en amour à la fois par le Fils (le bon Berger) par le Saint Esprit (la femme diligente) et par le Père.

Non seulement le tendre Berger cherche sa brebis «jusqu'à ce qu'il l'ait trouvée» (v. 4; comp. v. 8 fin) mais Il la charge ensuite sur ses propres épaules pour la conduire à la maison.

Comme cette drachme, pièce de monnaie à l'effigie du souverain qui l'a émise, l'homme est à l'image de Celui qui l'a créé. Mais perdu, à quoi pouvait-il servir? Il est devenu inutile (Rom. 3 v. 12). Alors le Saint Esprit «allumant la lampe» s'est mis à l'œuvre diligemment et Il nous a trouvés dans nos ténèbres et dans notre poussière.

Chaque parabole mentionne la joie du propriétaire légitime, une joie qui cherche à être partagée. Celle de Dieu rencontre un écho chez les anges. Si nous entendons ceux-ci chanter au moment de la création (Job 38 v. 7) puis lors de la naissance du Sauveur (ch. 2 v. 13), l'allégresse remplit aussi le ciel «pour un seul pécheur qui se repent». Le prix d'une âme est si grand aux yeux du Dieu d'amour!

Un premier tableau nous présente ce jeune homme qui considère son père comme un obstacle à son bonheur et qui s'en va, loin de sa présence, dissiper follement tout ce qu'il a reçu de lui. La scène suivante nous le montre dans le pays éloigné réduit à la pire déchéance, au dénuement le plus complet. Chacun de nous a-t-il jusqu'ici reconnu se propre histoire? Puisse-t-elle alors s'achever de la même manière! Sous le poids de sa misère, le prodigue revient à lui-même, se souvient des ressources de la maison paternelle, se lève, prend le chemin du retour… Et c'est le troisième tableau: l'empressement du père qui se porte à sa rencontre, les bras ouverts, les baisers, la confession suivie du plein pardon, les haillons échangés contre la plus belle robe…

Amis qui réalisez votre misère morale, ce récit vous apprend quelles sont envers vous les dispositions du cœur de Dieu. Ne craignez pas d'aller à Lui. Vous serez reçu comme ce fils.

Hélas! Le père ne peut faire partager complètement sa joie. Le frère aîné qui n'aurait pas hésité à faire bonne chère avec ses amis pendant que son frère était perdu, refuse de prendre part à la fête. Figure du peuple juif obstiné dans son légalisme, mais aussi de tous les propres justes dont le cœur est fermé à la grâce de Dieu.



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Re: Sous la lumière de la divine miséricorde

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etienne lorant a écrit :Tant le prophète Michée que la parabole de Jésus font l'éloge de la patience et de la miséricorde divines. Eh bien, ce sont cette patience et cette miséricorde qui font 'regimber' nombre de croyants. ...
Bonjour,

je ne vois pas trop en quoi nous pourrions regimber envers la patience et l'indulgence (la miséricorde) de quelqu'un envers nous...
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Re: Sous la lumière de la divine miséricorde

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Aldous a écrit :je ne vois pas trop en quoi nous pourrions regimber envers la patience et l'indulgence (la miséricorde) de quelqu'un envers nous...
Je ne parlais pas de ceux et celles qui espèrent la patience et l'indulgence de Dieu, mais combien de fois n'a-t-on pas entendu : "Si Dieu existait, si Dieu était juste, etc.. il ne permettrait pas telle chose."
Regimber c'est aussi vouloir Dieu à son service, plutôt que de nous tenir à sa disposition. Et bien d'autres raisonnements du même type...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Sous la lumière de la divine miséricorde

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etienne lorant a écrit :
Aldous a écrit :je ne vois pas trop en quoi nous pourrions regimber envers la patience et l'indulgence (la miséricorde) de quelqu'un envers nous...
Je ne parlais pas de ceux et celles qui espèrent la patience et l'indulgence de Dieu, mais combien de fois n'a-t-on pas entendu : "Si Dieu existait, si Dieu était juste, etc.. il ne permettrait pas telle chose."
Donc ça ne concerne pas les croyants comme vous l'avez écrit:
Eh bien, ce sont cette patience et cette miséricorde qui font 'regimber' nombre de croyants.
etienne lorant a écrit :Regimber c'est aussi vouloir Dieu à son service, plutôt que de nous tenir à sa disposition. Et bien d'autres raisonnements du même type...
Oui mais là on n'est plus dans le regimber dont vous parliez (à l'encontre de la patience et de la miséricorde divines).

Et je ne pense pas les croyants aussi idiots pour penser Dieu comme un serviteur. Je ne le vois pas non plus vraiment nous demander de nous tenir à sa disposition (ce serait plutôt d'être à la disposition de notre prochain) mais d'oeuvrer à notre salut en écoutant et comprenant sa Parole et en vivant selon cette Parole.

cordialement,
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