Papillon vous a répondu :Marie-Cécile a écrit :Bonjour,
J'ouvre cette discussion, mais peut-être cette question a déjà été traité dans le forum.
Je voulais avoir des conseils afin de facilité ma conduite, à savoir l'abstinence. Je respecte beaucoup mes parents et Dieu, et je voulais des conseils pour éviter les tentations, et aussi la masturbation. C'est un sujet que je n'aborde généralement pas, même pas avec mon prêtre. C'est un sujet délicat qui me gêne beaucoup vous comprendrez.
Je cherche de la force dans les prières, mais j'ai souvent des pensées qui me géne.
Merci pour vos conseils
Marie-Cécile
Ma réponse : Lisez "Confessions d’une religieuse" de sœur Emmanuelle - éd. Flammarion - 414p., 20€.J'ai beaucoup culpabilisé à ce sujet quand j'étais toute jeune et la culpabilité a fait beaucoup plus de ravages que la masturbation, vous pouvez me croire.
Aujourd'hui je suis dans une situation particulière qui me prive de vie sexuelle (à deux) et si cela me manque toujours, le substitut du plaisir en solitaire a moins d'attrait pour moi qu'il en a déjà eu, mais pas à cause de la crainte du péché (je trouve cette façon de voir les choses un peu malsaine). En fait, c'est tout simplement d'avoir réalisé que cette pratique régulière n'apporte aucun épanouissement et laisse en bout de compte insatisfait, comme l'a mentionné Etienne. Alors, je ne 'recherche' plus cela. Et même quand le désir vient (les hormones ne disparaissent pas pour autant), je ne vois plus là une solution 'à la hauteur' si je peux m'exprimer ainsi. Il y a une forme de désintérêt. La façon la plus sûre de se débarrasser d'une mauvaise habitude, c'est de s'en désintéresser. Et s'il m'arrive malgré tout d'y céder, cela accroît ma déception et mon désintérêt. Mais je ne m'en afflige pas.
D'ailleurs je ne comprends pas toute l'importance qu'on donne à ce 'péché'. Je ne comprends pas qu'on s'afflige davantage de s'être masturbé que d'avoir manqué d'amour envers son prochain. Ça n'a aucun sens. Je ne fais pas allusion à vous, Marie-Cécile, quand je dis ça, je parle en général. Il est souhaitable, je pense, qu'on dédramatise enfin cette question.
Lisez ce livre au plus tôt !Je considère que cette soeur a approché la sainteté. Décédée à la veille de ses 100 ans, elle avait par l'amour chrétien qui était en elle et l'extrême dévouement dans son oeuvre auprès des plus pauvres, "témoigné de l'Espérance qui était en elle". Force de témoignage que le Christ lui a toujours donné.
Par ailleurs, elle fait dans son livre des confessions d'ordre intime qui doivent nous délivrer des préjugés concernant ce que vous évoquez. Soeur Emmanuelle (voir dans un moteur de recherche comme google) attachait de l'importance à ce qui était important dans sa vie de sublime charité chrétienne. Mais elle avoue avoir mis sa pratique insistante de la masturbation au rang des futilités..Elle écrit au début de son livre : « Il me faudra descendre jusqu’à cette vase inconsistante que recèle tout cœur d’homme… au risque de ternir l’image idéale que fabriquent de moi les médias, au risque aussi peut-être de choquer certains lecteurs. Je m’en excuse par avance : la vérité ne comporte-t-elle pas une certaine crudité ? » Vous dites " j'ai souvent des pensées qui me génent" et aussi "Je cherche de la force dans les prières". Nous devons tous chercher plus de force dans la prière. La force de persévérer dans notre vie ordinaire et surtout de chrétien. Des pensées étrangères de cette nature ne doivent pas, ne peuvent pas, nous "géner" dans cette rencontre avec Dieu. Ce sont des pensées trop dérisoires pour avoir quelque force dans ce cas !
En fait, l'église n'avait pensé à mettre cette pratique au rang des péchés qu'à partir du 18° siècle sous l'influence de médecins bornés et le plus souvent athés qui eux parlaient de "vice" ... qui rendait sourd, fou ou épileptique ! Rien que ça !
Fraternellement






