Bien !Fée Violine a écrit :Petite rectification: plus que des fautes d'orthographe, ce qui est gênant dans ce texte c'est qu'il manque des mots par-ci par-là, rendant les phrases parfois difficiles à comprendre. Le texte lui-même est visiblement ancien (19ème siècle, je dirais, d'après le style), mais l'auteur du blog n'a pas été capable de le recopier correctement. Bref, passons.
Le texte dit:dans le manuscrit sinaïtique découvert par Tischendorf, manuscrit selon l’auteur, le plus ancien de tous, on lit ἐγένετο πρώτη et non pas l’inverse
En regardant de plus près l'apparat critique de mon Nouveau Testament grec-latin, je m'aperçois que je n'avais jamais fait attention au sens de certains petits signes. Et effectivement, le sinaiticus indique à cet endroit une inversion des deux mots.
Toutes mes excuses, j'avais mal regardé.
Naissance de Jésus et Quirinius
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Re: Naissance de Jésus et Quirinius
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Re: Naissance de Jésus et Quirinius
françois67 :
Il y avait à Rome, deux espèces de recensement, l'un périodique, pour les citoyens romains, census populi; l'autre, occasionnel, pour les sujets, clients ou vassaux de l'empire, census provincialis. On recensait, en principe, les citoyens tous les cinq ans; on faisait le recensement des nouveaux sujets de Rome, à mesure que leur pays était annexé à l'Empire ou converti en province romaine, et celui des États clients ou vassaux, quand l'empereur le jugeait bon.
1. Le census populi
Le cens des citoyens, census populi, est une institution qui remonte aux origines de Rome, au roi Servius Tullius. Elle subit, avec le temps, diverses vicissitudes, mais la règle primitive de la quinquénalité des recensements empruntée par Rome aux peuples voisins du Latium, subsista toujours, en principe, et deux magistrats spéciaux furent, de bonne heure, institués à la place des consuls, avec le nom de censeurs, et les pouvoirs les plus étendus pour diriger les opération du cens. Faire le cens, c'était faire le dénombrement des citoyens romains, tant dans les municipes et les colonies qu'à Rome en Italie, en déterminant la fortune de chacun.
Cette détermination était nécéssaire car, dans la constitution romaine, la fortune était une condition pour exercer certaines charges. Il y avait le cens équestre exigé pour être chevalier, et le sens sénatorial pour être sénateur [....] L'estimation de la fortune servait aussi pour établir l'assiette et la détermination de l'impôt, et la détermination de l'état civil des individus fournissait, en plus, les éléments nécéssaires pour le recrutement de l'armée. Le recensement enfin, avait encore pour objet de répartir les nouveaux recensés dans les tribus où les citoyens romains étaient inscrits.
[...]
2. Le census provincialis
Le recensement des provinces, census provincialis, c'est à dire le recensement des sujets ou vassaux de l'Empire, non citoyens romains, dans les pays soumis à la suzeraineté de Rome, est une institution impériale. Ce fut une conséquence de l'extension des conquêtes de Rome. [...] Réduire un pays en province, c'était déterminer la circonscription administrative, les limites géographiques de ce pays; le dénombrement de la population s'ensuivait, avec l'estimation des biens des individus, en vue de l'établissement de l'impôt. La loi réglant la constitution de cette organisation nouvelle s'appelait Lex provinciae.
Le premier, Jules César, conçut le projet d'un recensement des pays conquis par lui, comme mesure préalable de leur réorganisation à la romaine. * Il y avait préludé en ordonnant la grande opération cadastrale de l'État romain de son temps. L'opération, commencée sous son principat, se continua et se développa après lui, avec Auguste, qui reprit l'idée et l'étendit, en ajoutant à la description des terres, le dénombrement des personnes et l'évaluation des fortunes.
[...]
«Au temps d'Auguste, dit Cassiodore - (d'après des renseignements anciens, et probablement d'après Hygin lui-même, et en se référant aussi à une lettre du roi Théodoric) - le monde romain fut cadastré en domaines et décrit par le cens, afin d'établir d'une manière certaine pour chacun l'estimation de la propriété , en raison de laquelle il devait payer sa quote-part de tribut.
[...]
Nous savons en effet aujourd'hui tant par les documents lapidaires, latins et grecs, que par les papyrus égyptiens, qu'il y eut dans les diverses parties de l'empire, sous Auguste, et aussi après lui, une série de recensements, différents du census proprement dit ou lustrum, d'un objet politique tout autre.
Nous le savons positivement pour la Gaule, pour la Novempopulanie, pour l'Espagne, pour l'Egypte, pour l'Afrique, pour la Galatie et la Phrygie, pour la Paphlagonie, pour la Cappadoce, pour l'Italie. Nous avons de quoi le savoir aussi pour la Judée.
Recensement en Espagne
Après avoir dit qu'Auguste avait fait le recensement des Gaules, Dion Cassus ajoute : «et de là il se rendit en Ibérie et il la constituta aussi.» Cette phrase indique qu'Auguste prit à l'égard de la province voisine d'Espagne les mêmes mesures administratives qu'il avait appliquées à la Gaule. [...] En 727, l'Espagne, en partie soumise, par suite des victoires de Sextius Appuleius, devint province impériale. Auguste s'y rendit lui-même, en venant de Gaule, et y séjourna deux ans, 728 et 729, pour présider à l'organisation du pays et achever l'occupation des régions encores insoumises. C'est alors qu'il fit procéder à un recensement, dont nous avons un témoignage, pour la province de l'Espagne citérieure, comprenant la Lusitanie et la Callecie, dans l'inscription honorifique d'un ancien tribun légionnaire, T. Clodius Proculus, envoyé comme légat pro censore, par Auguste, en Lusitanie.
Recensement en Afrique
Pour l'Afrique, nous sommes également renseignés. À la suite de la prise de Carthage par Scipion l'Africain, la partie de l'Afrique qui avait été le théâtre de la guerre, fut divisé en deux provinces, l'ancienne et la nouvelle. [...] À un certain moment de ces acquisitions successives, nous voyons opérer un recensement des quarante-quatre cités de la province d'Afrique par un tribun de la légion IIIe Augusta, délégué à cet effet par le gouvernement de la province. Dans l'inscription qui nous a conservé ce souvenir, on lit qu'une statue fut élevée au personnage de Quintus Lollius Fronto, qui avait exécuté l'opération, par les civitates XXXXIIII ex provincia Africa quae sub eo censae sunt «... les quarante-quatre cités de la province d'Afrique qui avaient été recensées sous lui.»
Des traces de la grande opération cadastrale du début de l'Empire, effectuée en Afrique à la suite des premières annexions, ont été récemment retrouvées dans le Sud Tunisien. Les renseignements qui en résultent établissent que le travail commencé sur d'autres points fut exécuté, sous Tibère, dans cette partie du nouveau domaine romain, entre le mois de juillet de l'an 29 de l'ère vulgaire et le mois de juillet de l'an 30 [an 30 après Jésus Christ], dix ans environ après la révolte de Tacfarinas.
[...]
Sous Vespasien, lui et son fils, associés à l'Empire, s'étant fait nommer censeurs, l'opération fut reprise en plus grand. Un des actes fut le rétablissement du limes des deux provinces d'Afrique, comme le constate une inscription de borne-limite qui indique les limites de la province nouvelle et de l'ancienne [...] Par décision de l'empereur Vespasien, dit l'inscription, une délimitation de l'ancienne et de la nouvelle province d'Afrique fut tracée à l'endroit où il y avait autrefois le Fossa Régia (le fossé des rois de Numidie), par les soins du consul Rutilius Gallicus, auquel fut adjoint Sentius Caecilianus, légat propréteur de la province prétorienne de Numidie, agissant tout deux comme légats de l'Auguste [...] Nous savons par Pline que le recensement consécutif à cette division territoriale du pays, eut de très bons résultats financiers pour l'État romain**
[...]
Nous sommes également renseignés, aujourd'hui, pour la Paphlagonie. Un texte, dont il sera question plus loin, découvert en 1900, nous a conservé un document positif du recensement qui y fut opéré, sous Auguste, après l'incorporation de cette province à l'Empire. C'est la formule du serment de fidélité prêté à cette occasion au nom de l'empereur romain, et à lui, par les habitants de la province.
Deux inscriptions, qui confirment les données de la numismatique, ont permis de fixer la date de l'annexion de la Paphlagonie à l'automne de l'an 3 avant l'ère vulgaire (an -3 avant Jésus Christ) ***
Avec Amyntas, établi roi de Galatie par le triumvir Antoine, à la mort du vieux Dejoratus, avait fini le royaume galate qui fut alors transformé en province romaine. Pour dédommager les héritiers de Dejoratus, on leur avait donné un petit royaume de Paphlagonie; mais, à la mort du dernier d'entre eux, Auguste réunit, à leur tour, ses minuscules États à la province de Galatie, en laissant, toutefois, au pays une certaine indépendance administrative, avec son ancienne capitale Gangres. Cette annexion fut l'occasion du recensement dont nous avons un document authentique sur pierre.
Source : Arthur Loth, Jésus Christ dans l'histoire, F.X. de Guibert, Paris, 2003, 610 p. «L'ère chrétienne vraie. Époque de la naissance de Jésus-Christ; chap. III, Les deux espèces de recensements romains, cit. pp. 128-144»
_______
* Mommsen, Hist. Rom., édit. franç, t.VIII, p. 177 et suivant.
** Pline, Histoire Naturelle, V, 3.3
*** Compte-rendu de l'Académie des Inscr. et belles lettres, t. XLIV, p.687 (séance du 14 décembre 1900, communication de M. Franz Cumont)
Très rares ?En effet, les recensements étaient très rares, et étaient des opérations extrèmement délicates et à hauts risques.
Il y avait à Rome, deux espèces de recensement, l'un périodique, pour les citoyens romains, census populi; l'autre, occasionnel, pour les sujets, clients ou vassaux de l'empire, census provincialis. On recensait, en principe, les citoyens tous les cinq ans; on faisait le recensement des nouveaux sujets de Rome, à mesure que leur pays était annexé à l'Empire ou converti en province romaine, et celui des États clients ou vassaux, quand l'empereur le jugeait bon.
1. Le census populi
Le cens des citoyens, census populi, est une institution qui remonte aux origines de Rome, au roi Servius Tullius. Elle subit, avec le temps, diverses vicissitudes, mais la règle primitive de la quinquénalité des recensements empruntée par Rome aux peuples voisins du Latium, subsista toujours, en principe, et deux magistrats spéciaux furent, de bonne heure, institués à la place des consuls, avec le nom de censeurs, et les pouvoirs les plus étendus pour diriger les opération du cens. Faire le cens, c'était faire le dénombrement des citoyens romains, tant dans les municipes et les colonies qu'à Rome en Italie, en déterminant la fortune de chacun.
Cette détermination était nécéssaire car, dans la constitution romaine, la fortune était une condition pour exercer certaines charges. Il y avait le cens équestre exigé pour être chevalier, et le sens sénatorial pour être sénateur [....] L'estimation de la fortune servait aussi pour établir l'assiette et la détermination de l'impôt, et la détermination de l'état civil des individus fournissait, en plus, les éléments nécéssaires pour le recrutement de l'armée. Le recensement enfin, avait encore pour objet de répartir les nouveaux recensés dans les tribus où les citoyens romains étaient inscrits.
[...]
2. Le census provincialis
Le recensement des provinces, census provincialis, c'est à dire le recensement des sujets ou vassaux de l'Empire, non citoyens romains, dans les pays soumis à la suzeraineté de Rome, est une institution impériale. Ce fut une conséquence de l'extension des conquêtes de Rome. [...] Réduire un pays en province, c'était déterminer la circonscription administrative, les limites géographiques de ce pays; le dénombrement de la population s'ensuivait, avec l'estimation des biens des individus, en vue de l'établissement de l'impôt. La loi réglant la constitution de cette organisation nouvelle s'appelait Lex provinciae.
Le premier, Jules César, conçut le projet d'un recensement des pays conquis par lui, comme mesure préalable de leur réorganisation à la romaine. * Il y avait préludé en ordonnant la grande opération cadastrale de l'État romain de son temps. L'opération, commencée sous son principat, se continua et se développa après lui, avec Auguste, qui reprit l'idée et l'étendit, en ajoutant à la description des terres, le dénombrement des personnes et l'évaluation des fortunes.
[...]
«Au temps d'Auguste, dit Cassiodore - (d'après des renseignements anciens, et probablement d'après Hygin lui-même, et en se référant aussi à une lettre du roi Théodoric) - le monde romain fut cadastré en domaines et décrit par le cens, afin d'établir d'une manière certaine pour chacun l'estimation de la propriété , en raison de laquelle il devait payer sa quote-part de tribut.
[...]
Nous savons en effet aujourd'hui tant par les documents lapidaires, latins et grecs, que par les papyrus égyptiens, qu'il y eut dans les diverses parties de l'empire, sous Auguste, et aussi après lui, une série de recensements, différents du census proprement dit ou lustrum, d'un objet politique tout autre.
Nous le savons positivement pour la Gaule, pour la Novempopulanie, pour l'Espagne, pour l'Egypte, pour l'Afrique, pour la Galatie et la Phrygie, pour la Paphlagonie, pour la Cappadoce, pour l'Italie. Nous avons de quoi le savoir aussi pour la Judée.
Recensement en Espagne
Après avoir dit qu'Auguste avait fait le recensement des Gaules, Dion Cassus ajoute : «et de là il se rendit en Ibérie et il la constituta aussi.» Cette phrase indique qu'Auguste prit à l'égard de la province voisine d'Espagne les mêmes mesures administratives qu'il avait appliquées à la Gaule. [...] En 727, l'Espagne, en partie soumise, par suite des victoires de Sextius Appuleius, devint province impériale. Auguste s'y rendit lui-même, en venant de Gaule, et y séjourna deux ans, 728 et 729, pour présider à l'organisation du pays et achever l'occupation des régions encores insoumises. C'est alors qu'il fit procéder à un recensement, dont nous avons un témoignage, pour la province de l'Espagne citérieure, comprenant la Lusitanie et la Callecie, dans l'inscription honorifique d'un ancien tribun légionnaire, T. Clodius Proculus, envoyé comme légat pro censore, par Auguste, en Lusitanie.
Recensement en Afrique
Pour l'Afrique, nous sommes également renseignés. À la suite de la prise de Carthage par Scipion l'Africain, la partie de l'Afrique qui avait été le théâtre de la guerre, fut divisé en deux provinces, l'ancienne et la nouvelle. [...] À un certain moment de ces acquisitions successives, nous voyons opérer un recensement des quarante-quatre cités de la province d'Afrique par un tribun de la légion IIIe Augusta, délégué à cet effet par le gouvernement de la province. Dans l'inscription qui nous a conservé ce souvenir, on lit qu'une statue fut élevée au personnage de Quintus Lollius Fronto, qui avait exécuté l'opération, par les civitates XXXXIIII ex provincia Africa quae sub eo censae sunt «... les quarante-quatre cités de la province d'Afrique qui avaient été recensées sous lui.»
Des traces de la grande opération cadastrale du début de l'Empire, effectuée en Afrique à la suite des premières annexions, ont été récemment retrouvées dans le Sud Tunisien. Les renseignements qui en résultent établissent que le travail commencé sur d'autres points fut exécuté, sous Tibère, dans cette partie du nouveau domaine romain, entre le mois de juillet de l'an 29 de l'ère vulgaire et le mois de juillet de l'an 30 [an 30 après Jésus Christ], dix ans environ après la révolte de Tacfarinas.
[...]
Sous Vespasien, lui et son fils, associés à l'Empire, s'étant fait nommer censeurs, l'opération fut reprise en plus grand. Un des actes fut le rétablissement du limes des deux provinces d'Afrique, comme le constate une inscription de borne-limite qui indique les limites de la province nouvelle et de l'ancienne [...] Par décision de l'empereur Vespasien, dit l'inscription, une délimitation de l'ancienne et de la nouvelle province d'Afrique fut tracée à l'endroit où il y avait autrefois le Fossa Régia (le fossé des rois de Numidie), par les soins du consul Rutilius Gallicus, auquel fut adjoint Sentius Caecilianus, légat propréteur de la province prétorienne de Numidie, agissant tout deux comme légats de l'Auguste [...] Nous savons par Pline que le recensement consécutif à cette division territoriale du pays, eut de très bons résultats financiers pour l'État romain**
[...]
Nous sommes également renseignés, aujourd'hui, pour la Paphlagonie. Un texte, dont il sera question plus loin, découvert en 1900, nous a conservé un document positif du recensement qui y fut opéré, sous Auguste, après l'incorporation de cette province à l'Empire. C'est la formule du serment de fidélité prêté à cette occasion au nom de l'empereur romain, et à lui, par les habitants de la province.
Deux inscriptions, qui confirment les données de la numismatique, ont permis de fixer la date de l'annexion de la Paphlagonie à l'automne de l'an 3 avant l'ère vulgaire (an -3 avant Jésus Christ) ***
Avec Amyntas, établi roi de Galatie par le triumvir Antoine, à la mort du vieux Dejoratus, avait fini le royaume galate qui fut alors transformé en province romaine. Pour dédommager les héritiers de Dejoratus, on leur avait donné un petit royaume de Paphlagonie; mais, à la mort du dernier d'entre eux, Auguste réunit, à leur tour, ses minuscules États à la province de Galatie, en laissant, toutefois, au pays une certaine indépendance administrative, avec son ancienne capitale Gangres. Cette annexion fut l'occasion du recensement dont nous avons un document authentique sur pierre.
Source : Arthur Loth, Jésus Christ dans l'histoire, F.X. de Guibert, Paris, 2003, 610 p. «L'ère chrétienne vraie. Époque de la naissance de Jésus-Christ; chap. III, Les deux espèces de recensements romains, cit. pp. 128-144»
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* Mommsen, Hist. Rom., édit. franç, t.VIII, p. 177 et suivant.
** Pline, Histoire Naturelle, V, 3.3
*** Compte-rendu de l'Académie des Inscr. et belles lettres, t. XLIV, p.687 (séance du 14 décembre 1900, communication de M. Franz Cumont)
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