Pierre Corneille, mille fois plus grand que Molière

Littérature - Fiches de lecture - Biographies - Critiques - Essais - Philologie
Avatar de l’utilisateur
françois67
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 1341
Inscription : jeu. 28 avr. 2011, 14:37

Pierre Corneille, mille fois plus grand que Molière

Message non lu par françois67 »

Bonjour,
j'aimerais ici m'exprimer sur mon indignation chaque fois que j'entends parler du français comme de la langue de Molière. En effet, que vaut donc cet épicurien matérialiste, athée et bouffon sur les bords en comparaison de la fabuleuse noblesse et prestance du style, de la pensée, des valeurs et des idées du grand Pierre Corneille. Lui vous fait titiller quelquechose en vous, autant par la forme, car de fait ses pièces sont un recueil de poésie pour le prix de d'une pièce de théâtre. De plus, que dire de la majesté des intrigues, l'une plus belle que l'autre. Qui d'autre avant ou après lui a-t'il donc mieux fait chanter la langue française, sinon ce grand chrétien à qui nous devons, en plus de la traduction de "L'imitation de Jésus Christ", de si belles pensées:
Qu'il faut souffrir avec patience
les misères temporelles
à l'exemple de Jésus-Christ

"Vois, mortel, combien tu me dois :
J'ai quitté le sein de mon Père,
Je me suis revêtu de toute ta misère,
J'en ai voulu subir les plus indignes lois ;
Le ciel était fermé, tu n'y pouvais prétendre ;
Pour t'en ouvrir la porte il m'a plu d'en descendre,
Sans que rien m'imposât cette nécessité ;
Et, pour prendre une vie amère et douloureuse,
J'ai suivi seulement la contrainte amoureuse
De mon immense charité.

Mais je veux amour pour amour,
Je veux, mon fils, que tu contemples
Ce que je t'ai laissé de précieux exemples
Comme autant de leçons pour souffrir à ton tour ;
Que, sous l'accablement des misères humaines,
L'esprit dans les ennuis et le corps dans les gênes,
Tu tiennes toujours l'œil sur ce que j'ai souffert,
Et que, malgré l'horreur qu'en conçoit la nature,
Tu t'offres sans relâche à souffrir sans murmure,
Ainsi que je m'y suis offert.

Examine chaque moment
Qu'en terre a duré ma demeure,
Va du premier instant jusqu'à la dernière heure,
Remonte de la fin jusqu'au commencement,
Tiens en toute l'image à tes yeux étendue :
Verras-tu de mes maux la course suspendue,
De ces maux où pour toi je me suis abîmé ?
La crèche où je naquis vit mes premières larmes,
Tous mes jours n'ont été que douleurs et qu'alarmes,
Et ma croix a tout consommé.

Au manquement continuel
Des commodités temporelles
On a joint contre moi les plaintes, les querelles,
Et tout ce que l'opprobre avait de plus cruel :
J'en ai porté la honte avec mansuétude ;
J'ai vu sans m'indigner la noire ingratitude
Payer tous mes bienfaits d'un outrageux mépris,
La fureur du blasphème attaquer mes miracles,
Et l'orgueil ignorant condamner les oracles
Dont j'illuminais les esprits. "

* * *

Il est vrai, mon Sauveur, que toute votre vie
Est de la patience un miroir éclatant,
Et qu'un si grand exemple à souffrir me convie
Tout ce qu'a le malheur de plus persécutant.

Puisque par là surtout vous sûtes satisfaire
Aux ordres que vous fit votre Père éternel,
Avec quelle raison voudrais-je m'y soustraire ?
L'innocent lui doit-il plus que le criminel ?

II faut bien qu'à son tour le pécheur misérable
Accepte de ses maux toute la dureté
Et soumette une vie infime et périssable
Aux souverains décrets de votre volonté.

Il est juste, ô mon Dieu, que sans impatience
J'en porte le fardeau pour mon propre salut ;
Et que de ses ennuis la triste expérience
Ne produise en mon cœur ni dégoût ni rebut.

La faiblesse attachée à notre impure masse
Trouve sa charge lourde et fâcheuse à porter ;
Mais, pour l'heureux secours de votre sainte grâce,
Plus le poids en est grand, plus il fait mériter.

Votre exemple nous aide à souffrir avec joie ;
Celui de tous vos saints nous rehausse 1e cœur ;
L'un et l'autre du ciel nous aplanit la voie,
L'un et l'autre y soutient notre peu de vigueur.

Sans la loi de Moïse et son rude esclavage
La vie avait bien moins de quoi nous consoler ;
Le ciel toujours fermé laissait peu de passage
Par où jusque sur nous sa douceur pût couler.

Sa route était alors beaucoup plus inconnue,
Et semblait se cacher sous tant d'obscurité,
Que peu pour la trouver avaient assez de vue,
Et très peu, pour la suivre, assez de fermeté.

Encor ce petit nombre, en qui l'âme épurée
Avait fait sur le monde un vertueux effort,
Voyait bien dans le ciel sa place préparée,
Mais pour s'y voir assis il fallait votre mort.

Il leur fallait attendre, après tous leurs mérites,
Que votre sang versé les rendît bienheureux,
Et vers votre justice ils n'étaient pas bien quittes
A moins que votre amour payât encor pour eux.

Que je vous dois d'encens, que je vous dois de grâces
De m'avoir enseigné 1e bon et droit chemin,
Et de m'avoir frayé ces douloureuses traces
Qui mènent sur vos pas à des plaisirs sans fin !

La faveur m'est commune avec tous vos fidèles,
Qu'unit la charité sous votre aimable loi :
Recevez-en, Seigneur, des grâces éternelles ;
Je vous en rends pour eux aussi bien que pour moi.

Car, enfin, votre vie est cette voie unique
Où par la patience on marche jusqu'à vous ;
Par là votre royaume à tous se communique ;
Par là votre couronne est exposée à tous.

Si vous n'aviez vous-même enseigné cette voie,
Si vous n'y laissiez voir l'empreinte de vos pas,
Vous offririez en vain votre couronne en proie :
Prendrait-on un chemin qu'on ne connaîtrait pas ?

Si nous cessions d'avoir votre exemple pour guide
Les moindres embarras nous feraient rebrousser,
Et toute notre ardeur, abattue et languide,
Tournerait en arrière au lieu de s'avancer.

Hélas ! puisqu'on s'égare avec tant de lumière
Qu'épandent votre vie et vos enseignements,
Qui pourrait arriver au bout de la carrière
Si nous étions réduits à nos aveuglements ?

Pierre Corneille (1606-1684)
Extrait de : L'Imitation de Jésus-Christ,
traduite et paraphrasée en vers français,
Liv. III, chap. XVIII.
Ainsi, me suive qui m'aime, mais je n'ai pas honte de m'exclamer: je parle français, la langue de Molière Corneille!

Bien à vous.
Avertissement: j'ai sur ce forum peut-être exprimé des avis contraires à la position de l'Église, et /ou de sa sainte Tradition, et/ou à l'avis qui se doit d'être celui d'un vrai chrétien catholique: ne me prenez donc en RÉFÉRENCE POUR RIEN. Ne soyez pas victimes de scandale. Que mon exemple soit rejeté et en aucun cas suivi. Si vous trouvez un endroit où une de mes interventions serait au moins douteuse, si ce n'est pire, faites-en moi part, notamment par mp. Je m'excuse profondément.
Isabelle47
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 1896
Inscription : mer. 22 juin 2011, 22:49

Re: Pierre Corneille, mille fois plus grand que Molière

Message non lu par Isabelle47 »

Bonjour,

Mais on peut considérer Molière comme un grand moraliste!
"Aussi, croyez-moi, vous pratiquerez beaucoup mieux la vertu en considérant les perfections divines, qu'en tenant le regard fixé sur votre propre limon"
(Thérèse d'Avila)
Avatar de l’utilisateur
françois67
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 1341
Inscription : jeu. 28 avr. 2011, 14:37

Re: Pierre Corneille, mille fois plus grand que Molière

Message non lu par françois67 »

Bonjour,
et quelles valeurs défendait-il? L'épicurianisme, et quoi encore? Certes, pour Tartuffe il se retranche derrière un "combat contre l'hypocrisie" mais tout le monde avait bien compris qu'il ne s'agit là que d'un prétexte afin de mieux s'en prendre à l'Eglise.
Bien à vous.
Avertissement: j'ai sur ce forum peut-être exprimé des avis contraires à la position de l'Église, et /ou de sa sainte Tradition, et/ou à l'avis qui se doit d'être celui d'un vrai chrétien catholique: ne me prenez donc en RÉFÉRENCE POUR RIEN. Ne soyez pas victimes de scandale. Que mon exemple soit rejeté et en aucun cas suivi. Si vous trouvez un endroit où une de mes interventions serait au moins douteuse, si ce n'est pire, faites-en moi part, notamment par mp. Je m'excuse profondément.
Avatar de l’utilisateur
Fée Violine
Consul
Consul
Messages : 13106
Inscription : mer. 24 sept. 2008, 14:13
Conviction : Catholique ordinaire. Laïque dominicaine
Localisation : France
Contact :

Re: Pierre Corneille, mille fois plus grand que Molière

Message non lu par Fée Violine »

Vous dites n'importe quoi, françois67! "Tartuffe" n'attaque pas l'Église. Tartuffe est bien plus qu'un hypocrite, c'est un escroc manipulateur.
Si vous aviez lu Molière, vous sauriez qu'il attaque toutes sortes de vices.
Qu'est-ce que l'épicurisme vient faire là? Où voyez-vous de l'épicurisme chez Molière ???
De plus, il est beaucoup plus drôle que Corneille ! :D
Avatar de l’utilisateur
françois67
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 1341
Inscription : jeu. 28 avr. 2011, 14:37

Re: Pierre Corneille, mille fois plus grand que Molière

Message non lu par françois67 »

Bonjour,
eh bien chère Fée Violine vous prenez tout pour argent comptant: tout le monde avait déjà à l'époque bien compris qu'il passait en ridicule la dévotion, vous n'avez qu'à revoir les critiques de l'époque. Il s'attaque en fait aux pauvres jésuites et à la grande compagnie du Saint-Sacrement, cela n'avait échappé à personne. Alors biensûr, après le scandale que cela avait causé à l'époque il a essayé de faire passer des vessies pour des lanternes en prétextant la lutte contre l'hypocrisie. Mais il est naïf de croire aveuglement à cette tentative de justification, alors que dans le contexte d'il y a trois siècles et demi, le véritable sens avait été trouvé limpide comme de l'eau de source.
De plus, toute sa vie, Molière a oeuvré avec et pour des libertins, il était lui-même libre-penseur. Sournoisement, il tente de faire ridiculiser le sens de l'honneur et du devoir, comme chaque fois qu'il se moque des mariages arrangés. Non pas que je sois un défenseur de pareilles unions, mais à chaque fois le Scapin portait un joli parfum de "mangeons, buvons..."
Dans Tartuffe, il se moque des dévots de la cour, qui dans le contexte de l'année critiquaient très fortement et justement le roi sur ses moeurs scandaleuses. Cela est à croire que de telles abominations ne le gênaient pas trop, le Molière.
Pour Don Juan, je ne serai pas trop catégorique, puisque nul ne s'accorde vraiment. Mais force est de reconnaître que la scène où le libertin demande au mendiant de se parjurer en échange d'une pièce est une brêche béante pour l'athéisme.

Par ailleurs, la morale privée de cet auteur ne se trouvait guère glorieuse: il se marie à 40 avec la fille de sa maîtresse de longue date, Mme. Béjart. Corneille, lui, a toujours été un exemple de vie vertueuse et chrétienne.

Finalement, je vous signalerais que beaucoup des pièces de Molière, certes bien divertissantes, ne sont pas plus profondes que des flaques d'eau, à quelquesune près, tel Don Juan ou le Misanthrope qui en effet, se trouvent bien plus intéressantes.
Mais en comparaison de l'illustre Corneille et de ses tragèdies, déjà dans un style bien davantage travaillé, portées sur des sujets mille fois plus nobles et faisant titiller cette fibre de l'illustre en nous-même, que les bouffoneries comiques, en effet amusantes cela est incontestable, ont elles à nous apporter?

Bien à vous.
Avertissement: j'ai sur ce forum peut-être exprimé des avis contraires à la position de l'Église, et /ou de sa sainte Tradition, et/ou à l'avis qui se doit d'être celui d'un vrai chrétien catholique: ne me prenez donc en RÉFÉRENCE POUR RIEN. Ne soyez pas victimes de scandale. Que mon exemple soit rejeté et en aucun cas suivi. Si vous trouvez un endroit où une de mes interventions serait au moins douteuse, si ce n'est pire, faites-en moi part, notamment par mp. Je m'excuse profondément.
Isabelle47
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 1896
Inscription : mer. 22 juin 2011, 22:49

Re: Pierre Corneille, mille fois plus grand que Molière

Message non lu par Isabelle47 »

Bonjour François67,

Comparer Corneille et Molière sans remettre l'un et l'autre dans son rôle, son oeuvre et son contexte.
Ne pas savoir lire chez Molière une critique acerbe de la société de son époque et des vices universels que sont l'hypocrisie, la goujaterie, par exemple.
Juger un auteur sur sa vie privée.
Durant des années d'enseignement, je n'ai jamais entendu autant de sottises.
Peut-être pourriez vous lire, simplement "lire" Molière, essayer de comprendre qui est Alceste, par exemple, et vous en faire une idée un peu plus précise?
A moins que vous ne soyiez totalement perméable au second degré, à l'ironie, à l'humour?
Dans ce cas, même Molière ne peut rien faire pour vous.
"Aussi, croyez-moi, vous pratiquerez beaucoup mieux la vertu en considérant les perfections divines, qu'en tenant le regard fixé sur votre propre limon"
(Thérèse d'Avila)
elenos
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 1034
Inscription : mer. 22 août 2012, 14:10
Localisation : France

Re: Pierre Corneille, mille fois plus grand que Molière

Message non lu par elenos »

Oui. Parler de Molière en ce sens rejoint un peu ce que disaient ses adversaires. Cela étonnait d'ailleurs Louis XIV ! Quant à parler d'épicurisme à propos de Molière ce mot fait rêver ! Ou alors on n'a pas compris ce terme. Ou encore c’est au mieux vouloir confondre épicurisme et hédonisme. Et encore il faut bien répéter : au mieux ! (ou au pire !) car il faut prendre de sérieuses distances avec ces mots. Aucun des deux n'est adapté à Molière qui était bien loin de ces conceptions de la vie ! Ces écrits le prouvent. Et surtout sa vie elle-même. A moins de vouloir le confondre avec certains de ses personnages qui sont là pour souligner des vanités ou des ridicules. Pour reprendre quelques mots d'Isabelle "Il faut savoir lire chez Molière une critique acerbe de la société et des vices universels que sont l'hypocrisie, la goujaterie, par exemple". Et bien sûr sans oublier de dire que Tartuffe (ainsi que le souligne Fée Violine) n'est qu'un misérable escroc que la police attend à la sortie. J'ajoute volontiers que sa victime n'est qu'un pauvre c... ! La meilleure scène, c'est l'imbécile caché sous la table et Tartuffe qui lui découvre enfin sa goujaterie ! Quant à Corneille, le l'aime beaucoup mais heureusement... je ne le prends pas pour le Cid ! ¨
Avatar de l’utilisateur
françois67
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 1341
Inscription : jeu. 28 avr. 2011, 14:37

Re: Pierre Corneille, mille fois plus grand que Molière

Message non lu par françois67 »

Bonjour,
comment expliquez-vous que toute sa vie il a été entouré de libertins en effet hautement épicuriens, que ses plus grands mécènes faisaient partie de ce genre de gens, et surtout que tout le monde avait compris que Tartuffe ne demeurait qu'une attaque sous couvert de lutte contre l'hypocrisie contre la Compagnie du Saint Sacrement et à l'encontre des jésuites. Même sur France 2 la semaine dernière, dans une émission dédiée à Molière, alors qu'il avait été question de Tartuffe, il s'était trouvé bel et bien affirmé que le préface rédigé en urgence quelques mois après la parution et les critiques acerbes ayant suivi et qui voulait situer le combat de Molière sur le terrain de l'hypocrisie n'avait été qu'une tentative de sauver sa pièce de la censure, puisqu'elle se trouvait à l'origine être une critique de l'Eglise.

De plus, quel est le mal à juger un auteur sur sa vie privée comme toute autre personne? Et arrêtez s'il vous plaît de dire qu'il n'avait rien à voir avec l'épicuisme, puisque qu'il faisait partie de tels cercles notoires. Et affirmer que dénoncer l'hypocrisie serait faire preuve de quelque grand mérite de moralisateur, cela est bien exagéré. Corneille lui est un vrai maître à penser.
Ce qui me frappe, cela est que vous croyez toutes et tous mieux comprendre les intentions de cet homme que ses contemporains, qui nous en laissent une vision bien moins élogieuse que l'image d'Epinal du pauvre précurseur en avance sur son temps incompris et persécuté par tous.
Libre-penseur, voilà le qualificatif qui ressort de ses pensées religieuses, et nombreux sont ceux s'accordant sur ladite conclusion.
Maintenant, cela est bien joli qu'il soit divertissant, je ris aussi bien, surtout avec Louis de Funès. J'adore L'Avare. Mais allez dire que cela équivaut au chef d'oeuvre cornellien. Mon intention sur ce fil était de rendre à César ce qui lui revient: Corneille a été quelque peu oublié du fait du mythe s'étant créé autour du comique, mais qui donc contesterait qu'au niveau qualitatif, il n'y a pas photo. Même que cet homme décrit comme "génial" ou "visionnaire" n'avait souvent que repêché chez d'autres moins connus des thèmes populaires ou, pire, d'auteurs récents. La plus troublente similarité avec un autre écrivain est rapportée par Antoine Baudeau de Somaize (1660) :
« Il est certain qu'il est singe en tout ce qu'il fait, et que non seulement il a copié les Prétieuses de Monsieur l'abbé de Pure, jouées par les Italiens ; mais encore qu'il a imité par une singerie, dont il est seul capable, le Médecin volant et plusieurs autres pièces des mêmes Italiens, qu'il n'imite pas seulement en ce qu'ils ont joué sur leur théâtre ; mais encore en leurs postures, contrefaisant sans cesse sur le sien et Trivelin et Scaramouche ; mais qu'attendre d'un homme qui tire toute sa gloire des Mémoires de Guillot Gorju, qu'il a acheté de la veuve, et dont il adopte tous les ouvrages? »
Citons également Charles Robinet (1664) :
« Je passe sous silence que ce n'est qu'un mélange des larcins que l'auteur a faits de tous côtés... De manière qu'on ne peut pas dire que Zoïle (Molière) soit une source vive, mais seulement un bassin qui reçoit ses eaux d'ailleurs, pour ne point le traiter plus mal en le comprenant dans la comparaison que quelques-uns ont faite des compileurs de passage à des ânes seulement capables de porter de grands fardeaux. Je tais encore que son jeu et ses habits ne sont non plus que des imitations de divers comiques, lesquels le laisseraient aussi nu que la corneille d'Horace, s'ils lui redemandaient chacun ce qu'il leur a pris. »

Bref, et pour conclure, je prends la place si élevée comme auteur-phare de la littérature française attribuée à Molière avec beaucoup de sceptiscisme. Cela se trouve être le mythe tout autour de sa personne qui l'a rendu si mémorable. Je souhaitais remttre à l'avant Pierre Corneille dans sa grandeur sublime, et aussi dans son rôle d'auteur chrétien, ce qui constitue une raison de fierté pour nous aujourd'hui que d'avoir dans notre patrimoine un tel maître, au même titre voire plus nous pouvons nous en glorifier que d'avoir pour nous Mauriac, Bernannos, Chateaubriand ou Bossuet. Or, il est incontestable, qu'à cette liste ne peut être rajouté Molière, fort malheuresement. M. Corneille peut se targuer de nous avoir apporté Imitation de Jésus Christ en notre langue et d'y avoir rajouté tant de belles pensées. Son oeuvre exhalte le renoncement aux choses futiles et aux plaisirs néfastes d'une façon si grandiose, et d'actualité en ces temps où le plaisir immédiat prime partout. Rien de tel chez son collègue comique. Et surtout, qui des deux, honnêtement, fait-il davantage la langue française mieux chanter? Molière de par sa prose irrégulière et ses onomatopées, ou M. Corneille avec ses chantant quatrains et son langage raffiné? Selon moi, et vous avez le droit de détenir quelque autre avis, le choix se trouve vite fait.

Pour finir, de la sorte résumerais-je: "Molière nous apporte le rire, Corneille le rêve."

Il est regrettable que pour l'heure il n'y ait eu quelque commentaire sur la très belle réflexion religieuse que j'ai cité.

Bien à vous.
Avertissement: j'ai sur ce forum peut-être exprimé des avis contraires à la position de l'Église, et /ou de sa sainte Tradition, et/ou à l'avis qui se doit d'être celui d'un vrai chrétien catholique: ne me prenez donc en RÉFÉRENCE POUR RIEN. Ne soyez pas victimes de scandale. Que mon exemple soit rejeté et en aucun cas suivi. Si vous trouvez un endroit où une de mes interventions serait au moins douteuse, si ce n'est pire, faites-en moi part, notamment par mp. Je m'excuse profondément.
jeanbaptiste
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 3085
Inscription : mer. 30 avr. 2008, 2:40

Re: Pierre Corneille, mille fois plus grand que Molière

Message non lu par jeanbaptiste »

Je suis un peu d'accord avec François. J'aime beaucoup Molière, mais je préfère Corneille. Et en matière de rire, je préfère Rabelais à Molière.

Mais bon il ne s'agit que de préférences personnelles.

Il est vrai que ces histoires de "langue de Molière" sont un peu spécieuses. Cela dit autant je comprends l'expression "langue de Shakespeare", autant "langue de Molière" me semble plus artificielle. Mais bon, ça ne me tracasse pas plus que cela.

La place faite à Voltaire me préoccupe beaucoup plus. Non seulement c'est un vil personnage, mais en plus c'est un écrivain médiocre et un philosophe nullissime.
p.cristian
Rector provinciæ
Rector provinciæ
Messages : 436
Inscription : mar. 28 mai 2013, 2:17

Re: Pierre Corneille, mille fois plus grand que Molière

Message non lu par p.cristian »

Bonjour,

Il y a une théorie qui indiquerait que Corneille serait l'auteur ou le co-auteur d'une bonne partie des pièces de Molière.
http://corneille-moliere.org/

La théorie semble séduisante, mais qui manque de preuve concrète...

Enfin petite coïncidence (qui ne reste probablement qu'une coïncidence) : Jean-Baptiste Poquelin Alias Molière.
J.B. Molière, on prend la lettre suivante des majuscules (la lettre suivante du J est L car le K était peu utilisé en français), cela donne : L.C. Nolière, et c'est un anagramme de Corneille.

Amusant non?
N.B. le P. de mon pseudo ne veut pas dire "père".

Tout ce que vous voudriez que les hommes fassent pour vous, vous aussi, faites-le de même pour eux, car c'est ce qu'enseignent la loi et les prophètes.
gerardh
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 5031
Inscription : ven. 26 déc. 2008, 20:02
Conviction : chrétien non catholique
Localisation : Le Chambon sur Lignon (France)

Re: Pierre Corneille, mille fois plus grand que Molière

Message non lu par gerardh »

________

Bonjour,

J'ai entendu dire moi-aussi que Corneille aurait écrit certaines pièces de Molière.

En tout cas, Corneille était un authentique chrétien.



__________
Répondre

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 2 invités