Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2012-2013)
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etienne lorant
- Pater civitatis

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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Re: Magnificat anima mea dominum
En ce qui me concerne, "la chair contient la chair". La chair est faible signifie également qu'on peut avoir l'ambition de devenir marathonien, sans avoir le souffle. Or l'image du marathonien qui n'a pas le souffle vaut autant sur le plan physique (la capacité des poumons) que sur le plan spirituel : on peut désirer la sainteté à vingt ans sans en avoir l'endurance.
D'autre part, comment traduisez-vous : "Le Verbe s'est fait chair et a habité parmi nous". Il ne faut pas trop tôt conclure - car le Verbe s'est incarné. La chair, avec la faiblesse des muscles et des articulations, Il en en a voulu. Il ne les a pas dédaignés. Un jour, au bord d'un puits, Il eut soif, Il rencontra une Samaritaine, mais c'est Lui qui lui donna à boire - de l'eau de la Vie éternelle. Mais lorsque ces disciples revinrent avec des provisions, bien qu'ayant faim, Il leur dit: "J'ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas: ma nourriture c'est d'accomplir la volonté de mon Père". La chair et l'esprit coexistent. Le Christ ne néglige ni ne condamne l'une au bénéfice de l'autre.
D'autre part, comment traduisez-vous : "Le Verbe s'est fait chair et a habité parmi nous". Il ne faut pas trop tôt conclure - car le Verbe s'est incarné. La chair, avec la faiblesse des muscles et des articulations, Il en en a voulu. Il ne les a pas dédaignés. Un jour, au bord d'un puits, Il eut soif, Il rencontra une Samaritaine, mais c'est Lui qui lui donna à boire - de l'eau de la Vie éternelle. Mais lorsque ces disciples revinrent avec des provisions, bien qu'ayant faim, Il leur dit: "J'ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas: ma nourriture c'est d'accomplir la volonté de mon Père". La chair et l'esprit coexistent. Le Christ ne néglige ni ne condamne l'une au bénéfice de l'autre.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Aldous
- Barbarus

Re: Magnificat anima mea dominum
Votre comparaison n'est toujours pas valable car elle laisserait entendre que la sainteté ne serait pas pour untel ou untel du fait d'une incapacité définitive (style manque de "souffle"). Or tous nous pouvons "concourir" à la sainteté, tous nous y sommes appelé, sinon à quoi bon en faire l'objectif chrétien. Tandis que tous nous ne pouvons concourir à être champion de marathon parce que de fait cet objectif n'est pas envisageable pour beaucoup d'entre nous, tous nous ne sommes pas appelés à être champion de marathon, ce n'est pas un objectif pour tous.etienne lorant a écrit :En ce qui me concerne, "la chair contient la chair". La chair est faible signifie également qu'on peut avoir l'ambition de devenir marathonien, sans avoir le souffle. Or l'image du marathonien qui n'a pas le souffle vaut autant sur le plan physique (la capacité des poumons) que sur le plan spirituel : on peut désirer la sainteté à vingt ans sans en avoir l'endurance.
Je sais tout cela, mais pour moi ça ne valide pas votre comparaison.etienne lorant a écrit :D'autre part, comment traduisez-vous : "Le Verbe s'est fait chair et a habité parmi nous". Il ne faut pas trop tôt conclure - car le Verbe s'est incarné. La chair, avec la faiblesse des muscles et des articulations, Il en en a voulu. Il ne les a pas dédaignés. Un jour, au bord d'un puits, Il eut soif, Il rencontra une Samaritaine, mais c'est Lui qui lui donna à boire - de l'eau de la Vie éternelle. Mais lorsque ces disciples revinrent avec des provisions, bien qu'ayant faim, Il leur dit: "J'ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas: ma nourriture c'est d'accomplir la volonté de mon Père". La chair et l'esprit coexistent. Le Christ ne néglige ni ne condamne l'une au bénéfice de l'autre.
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Re: Magnificat anima mea dominum
Soit, restons-en là. De toute manière l'exercice de la Lectio Divina ne se pratique pas pour essayer de convaincre quiconque par la raison. Une méditation n'est qu'un élément de nourriture. Chacun(e) y apporte ce qu'il peut. Mais ces réparties-ci deviennent lassantes, elles font songer qu'il faut entre nous un gagnant et un perdant, et je ne viens certainement pas pour cela.
Joyeux Noël !
Etienne
Joyeux Noël !
Etienne
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Aldous
- Barbarus

Re: Magnificat anima mea dominum
Merci de cette précision mais je n'ai pas évoqué le contraire.etienne lorant a écrit :Soit, restons-en là. De toute manière l'exercice de la Lectio Divina ne se pratique pas pour essayer de convaincre quiconque par la raison.
Je ne doute pas que vous apportez ce que vous pouvez, mais je peux cependant il me semble ne pas être d'accord avec ce que vous écrivez et le dire (c'est la finalité d'un forum de discussion).etienne lorant a écrit : Une méditation n'est qu'un élément de nourriture. Chacun(e) y apporte ce qu'il peut.
Une méditation, un commentaire de la Lectio Divina n'est pas nécessairement juste.
Je ne viens pas pour cela non plus.etienne lorant a écrit : Mais ces réparties-ci deviennent lassantes, elles font songer qu'il faut entre nous un gagnant et un perdant, et je ne viens certainement pas pour cela.
Joyeux Noël à vous aussi
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etienne lorant
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Vers un nouvel équilibre
Quatrième Dimanche de l'Avent
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1,39-45.
En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint, et s'écria d'une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ?
Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi.
Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
Marie, a-t-on lu, avait été "toute bouleversée" par l'annonce de l'ange. Non dans un sens négatif - mais il est bien possible que ses proches se soient demandés ce que signifiait sa soudaine agitation et cette décision de partir rendre visite à sa cousine Elisabeth. Marie, je le crois, toute sainte qu'elle fut, a eu besoin, à ce moment de la seule autre personne humaine capable de l'assister afin de s'habituer aux extraordinaires changements intervenus dans sa vie et dans son être même.
Ainsi s'est-elle mise en route "rapidement" vers la montagne de Judée. Et la salutation que lui fait sa cousine, plus mûre et plus solide, plus âgée, va confirmer la l'incroyable nouveauté, tout en la rassurant. Posons-nous la question : à qui d'autre Marie eût-elle pu se confier sans risquer d'être prise pour folle ? Et en relisant le texte, je sens en moi-même que c'est l'interrogation d'Elisabeth qui a le plus rassuré la jeune Marie:
"Comment se fait-il, se demande Elisabeth, que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ?"
En méditant ce texte, je suis moi-même demeuré quelques minutes à essayer de me représenter les visages de la femme et de la jeune fille à ce moment. Il serait intéressant de voir ce que des peintres inspirés ont pu tirer de la même contemplation.
Si cette fête de Noël me trouve les deux pieds bien sur terre, c'est également parce que mon regard se tourne vers le ciel. N'y a-t-il pas, à partir du moment, où le Seigneur se manifeste aux hommes, comme un bouleversement de l’équilibre ? Désormais, les hommes seront debout non seulement en ancrant bien leurs pieds sur le sol - mais aussi en gardant leurs âmes tournées vers les Cieux.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1,39-45.
En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint, et s'écria d'une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ?
Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi.
Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
Marie, a-t-on lu, avait été "toute bouleversée" par l'annonce de l'ange. Non dans un sens négatif - mais il est bien possible que ses proches se soient demandés ce que signifiait sa soudaine agitation et cette décision de partir rendre visite à sa cousine Elisabeth. Marie, je le crois, toute sainte qu'elle fut, a eu besoin, à ce moment de la seule autre personne humaine capable de l'assister afin de s'habituer aux extraordinaires changements intervenus dans sa vie et dans son être même.
Ainsi s'est-elle mise en route "rapidement" vers la montagne de Judée. Et la salutation que lui fait sa cousine, plus mûre et plus solide, plus âgée, va confirmer la l'incroyable nouveauté, tout en la rassurant. Posons-nous la question : à qui d'autre Marie eût-elle pu se confier sans risquer d'être prise pour folle ? Et en relisant le texte, je sens en moi-même que c'est l'interrogation d'Elisabeth qui a le plus rassuré la jeune Marie:
"Comment se fait-il, se demande Elisabeth, que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ?"
En méditant ce texte, je suis moi-même demeuré quelques minutes à essayer de me représenter les visages de la femme et de la jeune fille à ce moment. Il serait intéressant de voir ce que des peintres inspirés ont pu tirer de la même contemplation.
Si cette fête de Noël me trouve les deux pieds bien sur terre, c'est également parce que mon regard se tourne vers le ciel. N'y a-t-il pas, à partir du moment, où le Seigneur se manifeste aux hommes, comme un bouleversement de l’équilibre ? Désormais, les hommes seront debout non seulement en ancrant bien leurs pieds sur le sol - mais aussi en gardant leurs âmes tournées vers les Cieux.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Nativité du Seigneur Jésus-Christ (messe de la nuit)
Livre d'Isaïe 9,1-6.
Oui ! un enfant nous est né, un fils nous a été donné ; l'insigne du pouvoir est sur son épaule ; on proclame son nom : « Merveilleux-Conseiller, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ».
Ainsi le pouvoir s'étendra, la paix sera sans fin pour David et pour son royaume. Il sera solidement établi sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours. Voilà ce que fait l'amour invincible du Seigneur de l'univers.
Lettre de saint Paul Apôtre à Tite 2,11-14.
La grâce de Dieu s'est manifestée pour le salut de tous les hommes.
C'est elle qui nous apprend à rejeter le péché et les passions d'ici-bas, pour vivre dans le monde présent en hommes raisonnables, justes et religieux, et pour attendre le bonheur que nous espérons avoir quand se manifestera la gloire de Jésus Christ, notre grand Dieu et notre Sauveur. Car il s'est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2,1-14.
En ces jours-là, parut un édit de l'empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre - ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. - Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d'origine.
Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée, pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem, car il était de la maison et de la descendance de David. Il venait se faire inscrire avec Marie, son épouse, qui était enceinte. Or, pendant qu'ils étaient là, arrivèrent les jours où elle devait enfanter.
Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans les environs se trouvaient des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L'ange du Seigneur s'approcha, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d'une grande crainte, mais l'ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : Aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l'ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu'il aime. »
Contraints de quitter leur maison de Nazareth pour rejoindre la ville d'origine de la famille de Joseph, Marie et lui se retrouvent à Bethléem. Et c'est ainsi que se réalise la prophétie qui va pousser Hérode au meurtre: "« Et toi, Bethléem Ephrata, toute petite entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi Celui qui dominera sur Israël, et dont les origines remontent aux temps anciens". Et finalement, est-ce Joseph qui obéit à Auguste, ou est-ce l'empereur qui se soumet à Dieu sans le savoir ?
Pour le jeune couple, c'est une équipée difficile. Jamais sans doute, Bethléem n'avait connu pareille ambiance. C'est un peu comme si, dans un pays, tout le monde se mettait à changer de place - non pour prendre des vacances, mais retrouver ses origines, ses racines. Mais de cette époque à la nôtre, un détail demeure : il n'y a pas de place pour eux à l'hôtellerie.
Ce qui monte en moi de cet épisode de la nuit de Noël, c'est toujours cette lumière pâle, sereine et tranquille, pratiquement indéfinissable, de l'humilité de Dieu. Le Seigneur vient, mais il vient sans fracas, sans se faire reconnaître, il choisit : une mangeoire (n'est-il pas déjà hostie ?) ... Il aura d'emblée pour compagnons le boeuf et l'âne, les animaux des durs labeurs, ainsi que des bergers, hommes peu et mal considérés parmi le peuple. Mais à eux, l'éblouissement de l'annonce de l'ange et la vision d'une troupe céleste innombrable, qui proclame la gloire de Dieu !
Cela paraît vraiment peu de choses, mais cela suffit pour attirer l'âme de quiconque est de bonne volonté. Il faut regarder vers l'intérieur de soi,voilà tout: ne pas chercher des images en cinémascope ! De bergers, voici justement ce dont le Seigneur a besoin, il s'identifiera à eux: il sera le bon pasteur, celui qui prend soin des ses brebis. Le bœuf rappelle le joug qui est simple et facile; l'âne est un animal doux mais résistant, sur lequel on pose de lourdes charges - et c'est sur un âne que le Seigneur fera son entrée à Jérusalem (à part Lui, qui d'autre eût fait cela ?)
Je me souviens: dans la crèche que les Soeurs Clarisses posaient au pied de l'autel, durant le temps de Noël, le petit Jésus de plâtre semblait devoir disparaître sous la paille. or, cette paille, toute fraîche et luisante, semblait lui faire comme un ostensoir. La paille, c'est l'or du pauvre !
Mais ce qui m'a toujours marqué le plus, en contemplant la venue au monde du Christ, c'est qu'il est déjà comme la graine de moutarde semée en terre. L'enfant Jésus semble vraiment avoir été semé en terre, et il va grandir pour s'élever, étendre les bras pour ne plus jamais les refermer. N'est-ce pas cette nuit que commence l'année nouvelle ? Pour moi oui, c'est tout à fait le cas.
Je suis cette nuit plus séparé du reste de ma famille que je l'ai jamais été. C'était prévisible et il en sera de plus en plus en plus ainsi, je ne me rebelle pas. A moi de préparer mon coeur comme une crèche de Noël, de m'abaisser vers la terre et d'attendre mon propre relèvement.
Je vous souhaite, à tous et à toutes, un Noël très joyeux dans l'esprit, joyeux comme le tintement léger d'un carillon céleste....
.
Oui ! un enfant nous est né, un fils nous a été donné ; l'insigne du pouvoir est sur son épaule ; on proclame son nom : « Merveilleux-Conseiller, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ».
Ainsi le pouvoir s'étendra, la paix sera sans fin pour David et pour son royaume. Il sera solidement établi sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours. Voilà ce que fait l'amour invincible du Seigneur de l'univers.
Lettre de saint Paul Apôtre à Tite 2,11-14.
La grâce de Dieu s'est manifestée pour le salut de tous les hommes.
C'est elle qui nous apprend à rejeter le péché et les passions d'ici-bas, pour vivre dans le monde présent en hommes raisonnables, justes et religieux, et pour attendre le bonheur que nous espérons avoir quand se manifestera la gloire de Jésus Christ, notre grand Dieu et notre Sauveur. Car il s'est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2,1-14.
En ces jours-là, parut un édit de l'empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre - ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. - Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d'origine.
Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée, pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem, car il était de la maison et de la descendance de David. Il venait se faire inscrire avec Marie, son épouse, qui était enceinte. Or, pendant qu'ils étaient là, arrivèrent les jours où elle devait enfanter.
Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans les environs se trouvaient des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L'ange du Seigneur s'approcha, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d'une grande crainte, mais l'ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : Aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l'ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu'il aime. »
Contraints de quitter leur maison de Nazareth pour rejoindre la ville d'origine de la famille de Joseph, Marie et lui se retrouvent à Bethléem. Et c'est ainsi que se réalise la prophétie qui va pousser Hérode au meurtre: "« Et toi, Bethléem Ephrata, toute petite entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi Celui qui dominera sur Israël, et dont les origines remontent aux temps anciens". Et finalement, est-ce Joseph qui obéit à Auguste, ou est-ce l'empereur qui se soumet à Dieu sans le savoir ?
Pour le jeune couple, c'est une équipée difficile. Jamais sans doute, Bethléem n'avait connu pareille ambiance. C'est un peu comme si, dans un pays, tout le monde se mettait à changer de place - non pour prendre des vacances, mais retrouver ses origines, ses racines. Mais de cette époque à la nôtre, un détail demeure : il n'y a pas de place pour eux à l'hôtellerie.
Ce qui monte en moi de cet épisode de la nuit de Noël, c'est toujours cette lumière pâle, sereine et tranquille, pratiquement indéfinissable, de l'humilité de Dieu. Le Seigneur vient, mais il vient sans fracas, sans se faire reconnaître, il choisit : une mangeoire (n'est-il pas déjà hostie ?) ... Il aura d'emblée pour compagnons le boeuf et l'âne, les animaux des durs labeurs, ainsi que des bergers, hommes peu et mal considérés parmi le peuple. Mais à eux, l'éblouissement de l'annonce de l'ange et la vision d'une troupe céleste innombrable, qui proclame la gloire de Dieu !
Cela paraît vraiment peu de choses, mais cela suffit pour attirer l'âme de quiconque est de bonne volonté. Il faut regarder vers l'intérieur de soi,voilà tout: ne pas chercher des images en cinémascope ! De bergers, voici justement ce dont le Seigneur a besoin, il s'identifiera à eux: il sera le bon pasteur, celui qui prend soin des ses brebis. Le bœuf rappelle le joug qui est simple et facile; l'âne est un animal doux mais résistant, sur lequel on pose de lourdes charges - et c'est sur un âne que le Seigneur fera son entrée à Jérusalem (à part Lui, qui d'autre eût fait cela ?)
Je me souviens: dans la crèche que les Soeurs Clarisses posaient au pied de l'autel, durant le temps de Noël, le petit Jésus de plâtre semblait devoir disparaître sous la paille. or, cette paille, toute fraîche et luisante, semblait lui faire comme un ostensoir. La paille, c'est l'or du pauvre !
Mais ce qui m'a toujours marqué le plus, en contemplant la venue au monde du Christ, c'est qu'il est déjà comme la graine de moutarde semée en terre. L'enfant Jésus semble vraiment avoir été semé en terre, et il va grandir pour s'élever, étendre les bras pour ne plus jamais les refermer. N'est-ce pas cette nuit que commence l'année nouvelle ? Pour moi oui, c'est tout à fait le cas.
Je suis cette nuit plus séparé du reste de ma famille que je l'ai jamais été. C'était prévisible et il en sera de plus en plus en plus ainsi, je ne me rebelle pas. A moi de préparer mon coeur comme une crèche de Noël, de m'abaisser vers la terre et d'attendre mon propre relèvement.
Je vous souhaite, à tous et à toutes, un Noël très joyeux dans l'esprit, joyeux comme le tintement léger d'un carillon céleste....
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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Re: Nativité du Seigneur Jésus-Christ (messe de la nuit)
Belle, douce et sainte fête de Noël à toutes et à tous !
Claire
Claire
"« Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu. Ne repousse pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous les dangers, délivre-nous, Vierge glorieuse et bénie »"
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Mac
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- Inscription : lun. 09 févr. 2009, 23:40
- Localisation : la Réunion
Re: Nativité du Seigneur Jésus-Christ (messe de la nuit)
Bonne fête de la Nativité à toi aussi et à tous et toutes.
Fraternellement.
Fraternellement.
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etienne lorant
- Pater civitatis

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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Fête de Saint Jean, apôtre et évangéliste
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20,2-8.
Le matin de Pâques, Marie Madeleine courut trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : " On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis. "
Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau.
Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n'entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là,
et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place.
C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.
Nous avions ce matin une autre lecture, tout à la fin de l'Evangile selon saint Jean, au cours de laquelle Jésus ressuscité annonce à Pierre la façon dont il mourra. Et se pose ensuite la question : Jean demeurera-t-il jusqu'au retour du Christ dans sa gloire ?
Notre prêtre a éludé la question, moi je ne peux pas me le permettre.
Pierre est saint Pierre et représentera toujours l'Eglise visible: celle dont on peut compter les clercs, les princes, les papes, mais aussi les diacres et même les servants de messe. Et à côté de l'organisation pratique de l'Eglise visible, il y a - fantastique, énorme, inimaginable, incommensurable et radieuse - l'Eglise dite invisible, dont vous êtes et moi aussi, dans laquelle la charité du Christ et l'intercession de Marie n'ont jamais cessé de jouer. Il faudrait que je cite des exemples ? Pourquoi pas ? Mais je ne peux que faire court, même si j'écrivais vingt pages, car le même saint Jean a terminé son Évangile en disant : "Il y a encore beaucoup d'autres choses que Jésus a faites ; et s'il fallait rapporter chacune d'elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l'on écrirait ainsi."
Je citerais volontiers Etty Hyllesum, bien connue, qui sera sainte sans jamais avoir pu rencontrer un prêtre (mais peut-être à Auschwitz - où fut également Maximilen Kolbe ? ). Personne ne le dira, qui songera jamais à parler des ombres qui sont devenus chairs, et qui, tout de chair qu'ils furent, devinrent "corps et âmes" ?Mais c'est tout de même cette église des invisibles qui soutient celle où l'on peut se compter.
Elle la soutient, et elle la contient aussi : on contemple l'arbre, mais on ne voit pas les racines. On regarde ses branches, mais on oublie le vent dans les branches. Ce qui me rapporte au mot de Jésus énigmatique, délicat, splendide, lumineux:
« Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l'eau et de l'Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair n'est que chair ; ce qui est né de l'Esprit est esprit. Ne sois pas étonné si je t'ai dit qu'il vous faut renaître. Le vent souffle où il veut : tu entends le bruit qu'il fait, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né du souffle de l'Esprit. » (St. Jean, chapitre 3)
Le matin de Pâques, Marie Madeleine courut trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : " On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis. "
Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau.
Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n'entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là,
et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place.
C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.
Nous avions ce matin une autre lecture, tout à la fin de l'Evangile selon saint Jean, au cours de laquelle Jésus ressuscité annonce à Pierre la façon dont il mourra. Et se pose ensuite la question : Jean demeurera-t-il jusqu'au retour du Christ dans sa gloire ?
Notre prêtre a éludé la question, moi je ne peux pas me le permettre.
Pierre est saint Pierre et représentera toujours l'Eglise visible: celle dont on peut compter les clercs, les princes, les papes, mais aussi les diacres et même les servants de messe. Et à côté de l'organisation pratique de l'Eglise visible, il y a - fantastique, énorme, inimaginable, incommensurable et radieuse - l'Eglise dite invisible, dont vous êtes et moi aussi, dans laquelle la charité du Christ et l'intercession de Marie n'ont jamais cessé de jouer. Il faudrait que je cite des exemples ? Pourquoi pas ? Mais je ne peux que faire court, même si j'écrivais vingt pages, car le même saint Jean a terminé son Évangile en disant : "Il y a encore beaucoup d'autres choses que Jésus a faites ; et s'il fallait rapporter chacune d'elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l'on écrirait ainsi."
Je citerais volontiers Etty Hyllesum, bien connue, qui sera sainte sans jamais avoir pu rencontrer un prêtre (mais peut-être à Auschwitz - où fut également Maximilen Kolbe ? ). Personne ne le dira, qui songera jamais à parler des ombres qui sont devenus chairs, et qui, tout de chair qu'ils furent, devinrent "corps et âmes" ?Mais c'est tout de même cette église des invisibles qui soutient celle où l'on peut se compter.
Elle la soutient, et elle la contient aussi : on contemple l'arbre, mais on ne voit pas les racines. On regarde ses branches, mais on oublie le vent dans les branches. Ce qui me rapporte au mot de Jésus énigmatique, délicat, splendide, lumineux:
« Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l'eau et de l'Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair n'est que chair ; ce qui est né de l'Esprit est esprit. Ne sois pas étonné si je t'ai dit qu'il vous faut renaître. Le vent souffle où il veut : tu entends le bruit qu'il fait, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né du souffle de l'Esprit. » (St. Jean, chapitre 3)
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Fête de la Sainte Famille
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2,41-52.
Chaque année, les parents de Jésus allaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque.
Quand il eut douze ans, ils firent le pèlerinage suivant la coutume.
Comme ils s'en retournaient à la fin de la semaine, le jeune Jésus resta à Jérusalem sans que ses parents s'en aperçoivent.
Pensant qu'il était avec leurs compagnons de route, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances.
Ne le trouvant pas, ils revinrent à Jérusalem en continuant à le chercher.
C'est au bout de trois jours qu'ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions,
et tous ceux qui l'entendaient s'extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses.
En le voyant, ses parents furent stupéfaits, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi ! »
Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m'ayez cherché ? Ne le saviez-vous pas ? C'est chez mon Père que je dois être. »
Mais ils ne comprirent pas ce qu'il leur disait.
Il descendit avec eux pour rentrer à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements.
Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, sous le regard de Dieu et des hommes.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
A l'âge de douze ans, les juifs de sexe masculin deviennent officiellement (c'est-à-dire: selon la loi de Moïse) des adultes. Lorsque l'on sait cela, et que l'on sait aussi tout le mystère qui entourait la naissance de Jésus, la visite des rois mages, les prédictions de Syméon, puis la fuite en Egypte.... on peut s'étonner que Joseph et Marie aient tant souffert de l'absence soudaine de Jésus auprès d'eux.
"Ne le saviez-vous pas ?" leur demande Jésus ? Je pense que cette question, Jésus l'a posée surtout pour nous. C'est une question soulevée pour nous - pour tous ceux et toutes celles qui désirent suivre le Seigneur.
Je crois plus encore: Jésus a voulu que cet incident survienne - non pas pour prendre ses distances à l'égard de Marie et Joseph, mais pour nous le dire à nous tous: il est inévitable qu'après le temps joyeux et simple de notre conversion, survienne un jour où nous dirons, chacun au fond de notre coeur: "Où donc est le Seigneur, pourquoi dois-je aujourd'hui me retrouver si abandonné, pourquoi me paraît-Il si loin de moi ?"
Et la réponse est sous nos yeux aujourd'hui. Il en est ainsi parce que nous devons grandir. Jésus a fait de sa fête de passage à l'âge adulte une occasion pour que nous apprenions à vivre notre foi d'abord dans la fidélité. Jésus qui grandit et devient homme fait découvrir à Marie et Joseph dans quel esprit il faut grandir aux yeux de Dieu.
Si je cherche une confirmation à cela, je la trouve très facilement dans la mention : "C'est au bout de trois jours qu'ils le trouvèrent". Car Marie qui garde fidèlement toutes ces choses en son coeur rendra courage aux disciples après la passion et la mort de Jésus. La disparition de Jésus, elle leur dira: "Je l'ai déjà vécue, et voici ce qui est arrivé ensuite"...
Merci, Seigneur Jésus, de nous avoir aussi donné Marie !
Chaque année, les parents de Jésus allaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque.
Quand il eut douze ans, ils firent le pèlerinage suivant la coutume.
Comme ils s'en retournaient à la fin de la semaine, le jeune Jésus resta à Jérusalem sans que ses parents s'en aperçoivent.
Pensant qu'il était avec leurs compagnons de route, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances.
Ne le trouvant pas, ils revinrent à Jérusalem en continuant à le chercher.
C'est au bout de trois jours qu'ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions,
et tous ceux qui l'entendaient s'extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses.
En le voyant, ses parents furent stupéfaits, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi ! »
Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m'ayez cherché ? Ne le saviez-vous pas ? C'est chez mon Père que je dois être. »
Mais ils ne comprirent pas ce qu'il leur disait.
Il descendit avec eux pour rentrer à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements.
Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, sous le regard de Dieu et des hommes.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
A l'âge de douze ans, les juifs de sexe masculin deviennent officiellement (c'est-à-dire: selon la loi de Moïse) des adultes. Lorsque l'on sait cela, et que l'on sait aussi tout le mystère qui entourait la naissance de Jésus, la visite des rois mages, les prédictions de Syméon, puis la fuite en Egypte.... on peut s'étonner que Joseph et Marie aient tant souffert de l'absence soudaine de Jésus auprès d'eux.
"Ne le saviez-vous pas ?" leur demande Jésus ? Je pense que cette question, Jésus l'a posée surtout pour nous. C'est une question soulevée pour nous - pour tous ceux et toutes celles qui désirent suivre le Seigneur.
Je crois plus encore: Jésus a voulu que cet incident survienne - non pas pour prendre ses distances à l'égard de Marie et Joseph, mais pour nous le dire à nous tous: il est inévitable qu'après le temps joyeux et simple de notre conversion, survienne un jour où nous dirons, chacun au fond de notre coeur: "Où donc est le Seigneur, pourquoi dois-je aujourd'hui me retrouver si abandonné, pourquoi me paraît-Il si loin de moi ?"
Et la réponse est sous nos yeux aujourd'hui. Il en est ainsi parce que nous devons grandir. Jésus a fait de sa fête de passage à l'âge adulte une occasion pour que nous apprenions à vivre notre foi d'abord dans la fidélité. Jésus qui grandit et devient homme fait découvrir à Marie et Joseph dans quel esprit il faut grandir aux yeux de Dieu.
Si je cherche une confirmation à cela, je la trouve très facilement dans la mention : "C'est au bout de trois jours qu'ils le trouvèrent". Car Marie qui garde fidèlement toutes ces choses en son coeur rendra courage aux disciples après la passion et la mort de Jésus. La disparition de Jésus, elle leur dira: "Je l'ai déjà vécue, et voici ce qui est arrivé ensuite"...
Merci, Seigneur Jésus, de nous avoir aussi donné Marie !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Le prologue de Jean
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 1,1-18.
Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement auprès de Dieu.
Par lui, tout s'est fait, et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans lui.
En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ;
la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée.
Il y eut un homme envoyé par Dieu. Son nom était Jean.
Il était venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui.
Cet homme n'était pas la Lumière, mais il était là pour lui rendre témoignage.
Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde.
Il était dans le monde, lui par qui le monde s'était fait, mais le monde ne l'a pas reconnu.
Il est venu chez les siens, et les siens ne l'ont pas reçu.
Mais tous ceux qui l'ont reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. Ils ne sont pas nés de la chair et du sang, ni d'une volonté charnelle, ni d'une volonté d'homme : ils sont nés de Dieu.
Et le Verbe s'est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu'il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. Jean Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « Voici celui dont j'ai dit : Lui qui vient derrière moi, il a pris place devant moi, car avant moi il était. »
Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce : après la Loi communiquée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.
Dieu, personne ne l'a jamais vu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, c'est lui qui a conduit à le connaître.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Pour mieux entrer dans ce texte du prologue de Jean, j'ai procédé par paragraphes car, en le relisant et en le contemplant, j'ai ressenti que l'apôtre avait voulu, en quelque sorte, reproduire le mouvement de vagues sur une plage. Pour me faire mieux comprendre, je dirais que, selon son inspiration, Jean a voulu montrer comment le dessein de l'Amour, s'est révélé et s'est épanché, vague après vague, sur la plage de l'histoire des hommes.
A l'analyse, on y retrouve des éléments historiques, dont le témoignage de Jean Baptiste, puis le témoignage des apôtres, mêlés à l'évènement de la Lumière qui, progressivement, depuis celle émise dans le buisson ardent, est venue pour pénétrer l'histoire des hommes et lui conférer un sens, une direction et aussi un contenu de lumière et d'ombre, de ténèbres.
Il est difficile d'exprimer ces choses, mais l'essentiel est que ceux qui ont reconnu le Christ comme étant la Lumière venue dans le monde, sont entrés dans une autre histoire. Certes, ils vivent le temps que la nature leur a donné, mais leur mouvement personnel n'est pas dépendant de la nature. Ils vivent de la contemplation de la Lumière apparue dans le monde en la personne de Jésus-Christ, en même temps homme et Dieu.
Et à vivre ainsi, ayant part à la plénitude de la Lumière, recevant grâce après grâce, leur présence dans le monde devient une inconnue aux yeux de ceux qui ne croient pas. C'est la dernière ligne qui le révèle: il y a eu la loi - et les hommes des ténèbres en ont tiré des idéologies de toute nature - et il y a désormais: la grâce et la vérité. Quiconque parmi nous a voulu de la grâce de la Lumière, est entré dans la Vérité, et est véritablement né de Dieu.
Tôt ou tard, je vous le dis comme le sens en moi, tout homme, toute femme qui sont nés de Dieu, apparaîtront comme tels - tandis que les autres se noieront et seront dissous dans les ténèbres du temps.
Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement auprès de Dieu.
Par lui, tout s'est fait, et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans lui.
En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ;
la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée.
Il y eut un homme envoyé par Dieu. Son nom était Jean.
Il était venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui.
Cet homme n'était pas la Lumière, mais il était là pour lui rendre témoignage.
Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde.
Il était dans le monde, lui par qui le monde s'était fait, mais le monde ne l'a pas reconnu.
Il est venu chez les siens, et les siens ne l'ont pas reçu.
Mais tous ceux qui l'ont reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. Ils ne sont pas nés de la chair et du sang, ni d'une volonté charnelle, ni d'une volonté d'homme : ils sont nés de Dieu.
Et le Verbe s'est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu'il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. Jean Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « Voici celui dont j'ai dit : Lui qui vient derrière moi, il a pris place devant moi, car avant moi il était. »
Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce : après la Loi communiquée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.
Dieu, personne ne l'a jamais vu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, c'est lui qui a conduit à le connaître.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Pour mieux entrer dans ce texte du prologue de Jean, j'ai procédé par paragraphes car, en le relisant et en le contemplant, j'ai ressenti que l'apôtre avait voulu, en quelque sorte, reproduire le mouvement de vagues sur une plage. Pour me faire mieux comprendre, je dirais que, selon son inspiration, Jean a voulu montrer comment le dessein de l'Amour, s'est révélé et s'est épanché, vague après vague, sur la plage de l'histoire des hommes.
A l'analyse, on y retrouve des éléments historiques, dont le témoignage de Jean Baptiste, puis le témoignage des apôtres, mêlés à l'évènement de la Lumière qui, progressivement, depuis celle émise dans le buisson ardent, est venue pour pénétrer l'histoire des hommes et lui conférer un sens, une direction et aussi un contenu de lumière et d'ombre, de ténèbres.
Il est difficile d'exprimer ces choses, mais l'essentiel est que ceux qui ont reconnu le Christ comme étant la Lumière venue dans le monde, sont entrés dans une autre histoire. Certes, ils vivent le temps que la nature leur a donné, mais leur mouvement personnel n'est pas dépendant de la nature. Ils vivent de la contemplation de la Lumière apparue dans le monde en la personne de Jésus-Christ, en même temps homme et Dieu.
Et à vivre ainsi, ayant part à la plénitude de la Lumière, recevant grâce après grâce, leur présence dans le monde devient une inconnue aux yeux de ceux qui ne croient pas. C'est la dernière ligne qui le révèle: il y a eu la loi - et les hommes des ténèbres en ont tiré des idéologies de toute nature - et il y a désormais: la grâce et la vérité. Quiconque parmi nous a voulu de la grâce de la Lumière, est entré dans la Vérité, et est véritablement né de Dieu.
Tôt ou tard, je vous le dis comme le sens en moi, tout homme, toute femme qui sont nés de Dieu, apparaîtront comme tels - tandis que les autres se noieront et seront dissous dans les ténèbres du temps.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Re: Fête de la Sainte Famille
Les parents « ne sont pas les maîtres de la vie de leurs enfants, mais les gardiens de ce don incomparable de Dieu » : c'est ce qu'a déclaré Benoît XVI lors de l’angélus qu’il présidait de la fenêtre de son bureau, place Saint-Pierre, ce 30 décembre 2012.
En la fête de la sainte Famille, le pape est revenu sur l’évangile du jour, où Jésus, âgé de 12 ans, est retrouvé par ses parents dans le Temple de Jérusalem après trois jours de recherches.
« L’amour, la fidélité et le dévouement de Marie et Joseph sont un exemple pour tous les époux chrétiens, qui ne sont pas les maîtres de la vie de leurs enfants, mais les gardiens de ce don incomparable de Dieu », a déclaré Benoît XVI.
Le pape a élevé une prière « pour que tout enfant soit accueilli comme don de Dieu », et qu’il soit « soutenu par l’amour d’un père et d’une mère, pour pouvoir grandir comme le Seigneur Jésus « en sagesse, en taille et en grâce, sous le regard de Dieu et des hommes.» (Lc 2,52) ».
En somme, a-t-il fait remarquer, « la préoccupation de Marie et Joseph pour Jésus est la même que celle de tout parent qui éduque un enfant, qui l’introduit à la vie et à la compréhension de la réalité ».
Ainsi, il a souhaité que les parents, « en imitant la sainte Famille de Nazareth », se « préoccupent sérieusement de la croissance et de l’éducation de leurs enfants », afin que ces derniers « mûrissent en tant qu’hommes responsables et honnêtes citoyens ».
En la fête de la sainte Famille, le pape est revenu sur l’évangile du jour, où Jésus, âgé de 12 ans, est retrouvé par ses parents dans le Temple de Jérusalem après trois jours de recherches.
« L’amour, la fidélité et le dévouement de Marie et Joseph sont un exemple pour tous les époux chrétiens, qui ne sont pas les maîtres de la vie de leurs enfants, mais les gardiens de ce don incomparable de Dieu », a déclaré Benoît XVI.
Le pape a élevé une prière « pour que tout enfant soit accueilli comme don de Dieu », et qu’il soit « soutenu par l’amour d’un père et d’une mère, pour pouvoir grandir comme le Seigneur Jésus « en sagesse, en taille et en grâce, sous le regard de Dieu et des hommes.» (Lc 2,52) ».
En somme, a-t-il fait remarquer, « la préoccupation de Marie et Joseph pour Jésus est la même que celle de tout parent qui éduque un enfant, qui l’introduit à la vie et à la compréhension de la réalité ».
Ainsi, il a souhaité que les parents, « en imitant la sainte Famille de Nazareth », se « préoccupent sérieusement de la croissance et de l’éducation de leurs enfants », afin que ces derniers « mûrissent en tant qu’hommes responsables et honnêtes citoyens ».
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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papoter
- Barbarus

Re: Fête de la Sainte Famille
J'ai eu une grand-tante qui fut pendant cinq années mère supérieure de la congrégation de la "Sainte-Famille".
Chaque fin d'année, elle nous donnait les cadeaux qu'elle recevait : de magnifiques chocolats succulents de la marque "la Marquise de Sévigné".
Ce que nous avons pu nous régaler en famille avec ces chocolats...
Chaque fin d'année, elle nous donnait les cadeaux qu'elle recevait : de magnifiques chocolats succulents de la marque "la Marquise de Sévigné".
Ce que nous avons pu nous régaler en famille avec ces chocolats...
Re: Le prologue de Jean
"« Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu. Ne repousse pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous les dangers, délivre-nous, Vierge glorieuse et bénie »"
Messages dans cette couleur (ou à peu près...) : modération du forum
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etienne lorant
- Pater civitatis

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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Re: Fête de la Sainte Famille
papoter a écrit :J'ai eu une grand-tante qui fut pendant cinq années mère supérieure de la congrégation de la "Sainte-Famille".
Chaque fin d'année, elle nous donnait les cadeaux qu'elle recevait : de magnifiques chocolats succulents de la marque "la Marquise de Sévigné".
Ce que nous avons pu nous régaler en famille avec ces chocolats...
Félicitations... et moi aussi j'adore les chocolats raffinés !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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