Vous posez une question intéressante et je trouve admirable que vous ayez ce souci : d’autres, peut-être, auraient d’entrée de jeu imputé à leurs seuls troubles de santé ces pensées…
Le Catéchisme de l’Église dit que le péché « a été défini comme “une parole, un acte ou un désir contraires à la loi éternelle” », cf. Saint Augustin, Saint Thomas d’Aquin (CE 1849). Voilà un premier élément de réponse : vous parlez de pensées involontaires et que vous rejetez, le CE parle de parole, d’acte ou de désir. Distinction importante.
Autre élément, cette fois évoqué à propos du péché mortel : celui-ci « requiert pleine connaissance et entier consentement » (1859). Et à propos du consentement, le CE note aussi que « les impulsions de la sensibilité (…) peuvent réduire le caractère volontaire et libre de la faute, de même que des pressions extérieures ou des troubles pathologiques ». C’est important de mesurer ce jeu de la liberté.
Pour résumer, j’ai envie de vous dire ceci. Vous ne recherchez pas ces pensées, vous ne les maîtrisez pas et vous les rejetez : ce n’est certainement pas un péché délibéré. Si, en prenant conscience, vous vous y complaisiez, ce serait différent. Reste que ce genre de pensées, même tout à fait involontaire, est intrinsèquement mauvais, moi j’appelle ça la marque du péché originel. Peut-être pouvez-vous le reconnaître comme tel, sans tomber dans la culpabilisation ?
Je suis désolée, j’avais envie de vous faire une réponse chaleureuse, et je trouve tout ce discours très sec. Je crois que la maturité spirituelle, c’est justement d’être capable de reconnaître qu’en deçà des actes que nous posons plus ou moins délibérément, il y a en nous une espèce de connivence avec le mal, sur laquelle nous n’avons pas prise… et c’est là que nous devons nous confier à Dieu : c’est sa grâce qui nous sauve, même si de notre côté nous devons faire tout ce que nous pouvons pour ne pas pécher.
