Frédo MB38 a écrit :La probabilité d'une annulation reste maigre à ce que je crois savoir. Si elle n'est pas accordée, et s'il tient à vivre scrupuleusement comme le demande son Église, que doit-il faire ?
Je précise que je suis moi-même touché par une situation analogue, et que ne suis pas du tout libéral, pas plus en éthique, notamment au sujet du mariage et du divorce, qu'en théologie.
Bonjour Frédo,
C'est une situation complexe où différentes choses s'entremêlent. Alors que doit-il faire ? Rester dans l'Eglise, il en fait partie, il y est à sa place. A mon avis, le plus mauvais choix serait de rompre avec l'Eglise. Roland n'est pas dans une situation facile, cela ne lui interdit pas de rentrer dans une église, d'y prier, de demander le soutien de l'Eglise par le biais d'un prêtre ou du soutien fraternel d'autres catholiques : mieux, il en a besoin et sa famille aussi. Roland en est d'ailleurs parfaitement conscient.
In Christo
Teano
"« Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu. Ne repousse pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous les dangers, délivre-nous, Vierge glorieuse et bénie »"
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Sachant que Roland ne peut pas épouser sa compagne, s'il fait le choix de passer le restant de sa vie en concubinage en étant toujours marié par ailleurs (tant que son ex-épouse sera en vie) qu'en est-il, au regard de la théologie catholique, de son salut ?
C'est ici la persévérance des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi en Jésus (Apocalypse 14:12)
Frédo MB38 a écrit :Bonjour, et merci pour votre prompte réponse.
Avant tout, ce n'est pas moi qui traduis "pornéia" par "infidélité", mais Louis Segond, entre autres. Je suis pour ma part hellénisant et je sais la difficulté que représente la traduction des termes touchant à l'éthique, notamment.
Ceci dit, la grammaire de la phrase de Jésus semble tout de même aller dans le sens de la caducité du mariage en cas de divorce pour faute sexuelle. Jésus dit celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère : autrement dit, et très clairement, quiconque divorceet se remariecommet un adultère, sauf si la répudiation a eu lieu du fait d'une faute sexuelle ... Il s'agit bien là d'un remariage, pas d'une vie de chasteté jusqu'à la mort éventuelle du conjoint adultère et répudié...
Je suis d’accord avec votre interprétation bien entendu ! Vous aviez déjà écrit "En Matthieu 19:9, Jésus déclare que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère. Les Protestants de théologie conservatrice et les Orthodoxes, en concluent que le mariage peut être considéré comme caduc du fait de l'adultère et que le conjoint innocent peut se remarier (c'est ce que l'on appelle le privilège matthéen)".
Dans ce cas précis il y a bien adultère et départ de l’épouse hors de son foyer. Sinon c’est la victime (en l’occurrence le mari) qui porterait tout le poids de la faute ! D’autre part sans vouloir débattre de linguistique, si l'on traduisait le mot πορνείᾳ porneia par prostitution.(pornié par prostituée avec un masculin pornios traduit le plus souvent par débauché, on ferait référence au grec classique et à Aristophane (4°s. av. J-C) qui usait de ces termes par dérision volontairement grossière ! Or on sait que les mots ont toujours tendance à s’adoucir avec le temps surtout ceux qui qualifient des actes sexuels, on le voit avec les mots contemporains de ce type utilisés de nos jours et qui ont perdu leur âpreté d'origine. Ici, en grec commun tardif il est hors de doute que πορνείᾳ porneia ne signifiait plus prostitution mais adultère mot qui est utilisé ici par la plupart des traducteurs des évangiles. Saint Jérôme traduit cette partie de phrase en latin par "quicumque dimiserit uxorem autem non nisi ob fornicationem... " Ce mot (fornicatio) traduit une faute sexuelle, en l’occurrence l’adultère (pas la prostitution qui a d'autres mots en latin - comme via maretricia ou projecta libido ou prostituare). De plus, Jérôme est trop proche (dans le temps) des évangiles pour qu’on traduise mieux que lui la forme de grec que l’on parlait encore en son temps. Son texte n'est autre que la Vulgate qui est considérée comme traduction de référence par l'Eglise Catholique.
Dernière modification par elenos le sam. 17 nov. 2012, 15:21, modifié 9 fois.
salésienne05 a écrit :
Il faudrait tout de même que l'Eglise arrête de marier des personnes qui ne croient pas réellement en Dieu... Cela éviterait bien des problèmes plus tard.
Bonjour Roland et Frédo,
La question est délicate, il faudrait en discuter avec un prêtre. Je n'ai pas d'autorité : ces réflexions n'engagent que moi.
Les personnes divorcées sont appelés à rester célibataires. Dans le cas présent, cela serait un grand mal pour l'enfant, s'il n'avait plus ses deux parents ensemble, qu'ils se séparaient. L'idéal serait la continence, vivre comme "frère et sœur".
Anaisunivers a écrit :...Les personnes divorcées sont appelés à rester célibataires. Dans le cas présent, cela serait un grand mal pour l'enfant, s'il n'avait plus ses deux parents ensemble, qu'ils se séparaient. L'idéal serait la continence, vivre comme "frère et sœur".
C'est en effet ce que je croyais savoir de la position catholique sur le sujet.
Ceci dit, si le père est disposé à faire le sacrifice de sa sexualité pour son salut mais si tel n'est pas le cas de la mère, l'enfant va bien se retrouver avec des parents séparés...
Mon point de vue sur ce cas précis n'est pas le même que le vôtre, toutefois nous savons tous que les Chrétiens peuvent être amenés à faire de gros sacrifices, parfois celui de leur sexualité, parfois celui de leur vie, pour marcher avec le Seigneur.
C'est ici la persévérance des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi en Jésus (Apocalypse 14:12)
Bonjour,
cher Roland,
votre femme avait elle déjà avant votre mariage eu des relations avec la personne avec laquelle elle est aujourd'hui partie?
De plus, était-elle, déjà avant votre union amoureuse de cette personne?
Vous a-t'elle caché/pas dit quelquechose de grave ou d'important comme par exemple qu'elle n'était pas vierge avant de vous avoir rencontré, qu'elle vous avait déjà trahi, qu'elle en avit déjà aimé d'autres, qu'elle avait potentiellement une maladie etc. En somme, toute chose de matière grave dont elle ne vous aurait pas informé/ mise au courant avant la célébration de votre mariage peut entraîner l'annulation de celui-ci.
Bien que je comprenne la gêne, le dégoût occasionné par une réflexion sur des choses qui doivent être douloureuses, et bien que je compatisse sincérement, je vous encourage très fortement à bien réfléchir à tout cela, car un vice de la sorte peut permettre d'annuler le mariage, ce qui serait une libération pour vous.
Si vous trouvez quelquechose, voire quoique ce soit, vous pouvez l'écrire ici, quelqu'un qui s'y connaît un peu pourra vous dire si cela est digne d'intérêt ou pas.
Les motifs invoquables sont :
Le défaut de consentement (contrainte)
L'immaturité
Les troubles mentaux empéchant la lucidité du consentement
si l’on a caché volontairement un aspect important de sa personnalité (erreur sur les qualités essentielles de la personne)
absence de volonté ou de possibilité de procréer
Ainsi, si votre femme n'avait pas au moment du mariage de vraie volonté d'établir une longue et durable relation, ou si elle ne souhaitait déjà à ce moment pas avoir d'enfant, vous pouvez faire valoir cela pour votre annulation.
En pratique, d'abord vous prenez rendez-vous avec un prêtre pour recevoir un formulaire de demande preliminaire, d'environ 4 pages, à envoyer à votre diocèse. Un à deux mois plus tard, (si la demande est jugée raisonnable) vous recevez un formulaire complet d'une douzaine de pages, comprenant un questionnaire approfondi sur les circonstances des premiers contacts, des fiançailles, du mariage et du divorce. Vous devez y joindre des documents administratifs (certificat de baptême par exemple), ainsi que les noms de deux personnes pouvant apporter leur témoignage. Ces deux personnes seront contactées par le diocèse, qui leur demandera de remplir un dossier de quelques pages donnant leur perspective sur les circonstances du mariage, sur le couple, et sur chacun des deux époux. Environ deux mois après que ces formulaires et documents aient été retournés au diocèse, votre ex-époux et vous recevez une lettre du diocèse vous informant (si le dossier est jugé raisonnable) d'une raison plausible qu'ils vont étudier pour envisager la déclaration de nullité. À ce stade, votre ex-époux a l'occasion de remplir un dossier donnant son point de vue, et de proposer ses propres témoins. S'il ne le fait pas, la procédure continue sans lui, et la décision vous est communiquée environ quatre mois plus tard. Sauf imprévu, cette décision est confirmée un peu plus tard par la cour d'appel. Dans les diocèses disposant de suffisamment de personnel qualifié (spécialistes en droit canon, psychologues, etc.), la procédure prend un peu moins d'un an.
Bien à vous, et croyez à mon soutien le plus ardent.
Avertissement: j'ai sur ce forum peut-être exprimé des avis contraires à la position de l'Église, et /ou de sa sainte Tradition, et/ou à l'avis qui se doit d'être celui d'un vrai chrétien catholique: ne me prenez donc en RÉFÉRENCE POUR RIEN. Ne soyez pas victimes de scandale. Que mon exemple soit rejeté et en aucun cas suivi. Si vous trouvez un endroit où une de mes interventions serait au moins douteuse, si ce n'est pire, faites-en moi part, notamment par mp. Je m'excuse profondément.