"mieux-vaut-pour-un enfant-être-élevé-par-un- couple-d'homosexuels-bien-sous-tout-rapport-que-par-un-couple- d'hétérosexuels-alcooliques" vous conviendrez tout de même que c'est un peu léger comme argument.
Ah bon, c'est léger cela? Moi je crois au contraire (et cela répondra je l'espère du même coup à Teano) que c'est cela qui est important. A moins que vous ne soyez persuadés qu'il vaut mieux pour un jeune de vivre dans ce genre de milieu...
Quand à l'argument du caprice, en effet je n'y avais pas pensé, mais gardons à l'esprit que l'acte de faire un enfant est la plupart du temps lui même un acte égoïste, même si c'est selon les "lois de la nature", énormément de gens ont des enfants alors qu'eux mêmes en sont encore. Il n'y a pas à chercher là un quelconque lien avec les préférences sexuelles, c'est un défaut partagé par tout le monde.
Qu'est-ce qui pourrait pousser des parents à vouloir un enfant, sinon ce désir tout naturel qu'est celui de pouvoir aimer le fruit de l'union de soi et la personne que l'on aime? Ca ne reste au fond qu'un caprice, avant même d'avoir conçu charnellement l'enfant, on espère déjà avoir certaines activités avec lui comme lui apprendre à faire telle chose, lui expliquer ceci ou cela, passer du temps avec lui, etc... Avant même de l'avoir conçu, nous projetons nos caprices, nous leur prêtons déjà un comportement, leur espérons une apparence parfois.
Au fond, hétéro ou pas, ce que nous attendons d'un enfant c'est qu'il nous aide à résoudre nos propres blessures, et ce n'est pas un cadeau... Dans le cas des gens qui sont très blessés, qui traînent dans la débauche et qui se trouve un ou une partenaire à leur goût, un enfant va naître et vivra dans la même galère mais il n'aura rien demandé.
C'est à partir de cela que je me permet de dire qu'il vaut mieux pour l'enfant d'être élevé par un couple d'homos que par ses vrais parents.
Enfin rappelons que même si cette loi passe, il y a avant une adoption et il continuera d'y avoir des inspections sanitaires et sociales chez les parents qui adoptent.
J'aimerais beaucoup que les gens regardent bien au fond de leur coeur et voient si cet étrange motivation à empêcher les homosexuels d'adopter et de se marier ne serait pas le fruit d'un dérivé de jalousie... Ou une sorte de volonté de conserver leur exclusivité. Je crois que beaucoup d'entre nous se sentiraient en quelque sorte destitué de leur identité, celle qui leur donnait bonne conscience: l'identité de ceux qui ont choisi d'être hétéro car c'est cela qui est le bien, celle de ceux qui se sont dit que c'était justement parce qu'ils l'étaient que leur revenait le droit d'enfanter/adopter/élever un enfant.
Vous me pardonnerez si ce raisonnement vous parait étrange voire même carrément offensant, mais je crois que là est la vérité. J'ai très longtemps partagé le point de vue des "anti-mariage-gay, anti ceci, anti cela..." mais je n'ai fini par y trouver aucune satisfaction, un jour j'ai même réalisé qu'en fait c'était plus de l'acharnement que de la motivation, l'acharnement à empêcher autrui de construire son identité comme si ça allait m'empêcher de conserver la mienne (alors que bon, n'importe quoi!!), que cet acharnement était en fait gratuit, inutile, et surtout pas mérité...
Comprenez, aujourd'hui j'ai évolué cela me rend malade de voir encore des gens au même point que moi lorsque j'étais à ma pré-adolescence. Chacun a le droit d'avoir un avis, positif ou négatif, mais si cela ne le concerne pas, que cela lui apportera-t-il de vouloir empêcher quelque chose? De s'acharner à retarder, empêcher quelque chose de souhaitable au fond? Quel mal cela vous ferait-il a vous, intervenants de ce forum, si des enfants pouvaient être adopté par un couple (homo mais capable, puisque il y aurait eu des vérification de la part d'organismes de protection de l'enfance!)?
Là est pour moi la vraie question à se poser avant d'intervenir sur ce genre de sujets. Je me la suis posé et je me suis rendu compte que ma lutte était irraisonnée et aveugle.
Détail auquel j'ai oublié de répondre:
Le cas que vous évoquez d'enfants élevés par des collatéraux (frères, soeurs, tantes) conforte au contraire l'importance de la filiation : quand les parents sont défaillants, les proches prennent en charge les enfants sans pour autant se prétendre les père et mère de l'enfant, ils restent des proches parents, une tante, un frère et font office de tuteur légal ou pas. Il est donc important de se maintenir dans la filiation naturelle pour assurer à un enfant la possibilité d'être recueilli par de la famille proche.
Je suis bien d'accord avec cette idée, seulement en principe les enfants qui ont besoin d'être adopté n'ont pas le choix d'aller chez de la famille! Sinon le problème ne se poserais pas...