Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2011-2012)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Les mauvais esprits nous sont soumis

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Livre de Job 42,1-3.5-6.12-16.
Job fit cette réponse aux paroles du Seigneur :
« Je sais que tu es tout-puissant : tous tes projets se réalisent. Et tu l'as bien dit :
'Quel est celui qui, sans rien y connaître, défigure la Providence ? 'J'ai fait, dans mon ignorance, des discours sur des merveilles qui me dépassent et dont je ne sais rien. Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant mes yeux t'ont vu.
C'est pourquoi je me rétracte, je me repens sur la poussière et sur la cendre. »
Le Seigneur bénit les dernières années de Job plus encore que les premières. Job posséda quatorze mille moutons et six mille chameaux, mille paires de bœufs et mille ânesses.
Il eut encore sept fils et trois filles.
Il nomma la première Colombe, la deuxième Fleur-de-Jasmin, et la troisième Ombre-du-regard.
Il n'y avait pas dans tout le pays de femmes aussi belles que les filles de Job. Leur père leur donna une part d'héritage comme à leurs frères.
Après cela, Job vécut encore cent quarante ans, et il vit les descendants de ses fils jusqu'à la quatrième génération.


Psaume 119(118),66.71.75.91.125.130.

Apprends-moi à bien saisir, à bien juger :
je me fie à tes volontés.
C'est pour mon bien que j'ai souffert,
ainsi, ai-je appris tes commandements.

Seigneur, je le sais, tes décisions sont justes ;
tu es fidèle quand tu m'éprouves.
Jusqu'à ce jour, le monde tient par tes décisions :
toute chose est ta servante.

Je suis ton serviteur, éclaire-moi :
je connaîtrai tes exigences.
Déchiffrer ta parole illumine
et les simples comprennent.




Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10,17-24.
Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux. Ils racontaient : « Seigneur, même les esprits mauvais nous sont soumis en ton nom. » Jésus leur dit : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l'éclair. Vous, je vous ai donné pouvoir d'écraser serpents et scorpions, et pouvoir sur toute la puissance de l'Ennemi ; et rien ne pourra vous faire du mal. Cependant, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux. »
Jésus, exultant de joie sous l'action de l'Esprit Saint, dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bonté.
Tout m'a été confié par mon Père ; personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. » Puis il se tourna vers ses disciples et leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez !
Car, je vous le déclare : beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu. »


Pour ceux et celles qui ouvrent la porte de leur coeur à la grâce, les obstacles, les revers, les chutes ne sont plus l'occasion d'une rébellion contre Dieu mais, au contraire, l'apprentissage dès ce monde, de leur vie associée à celle de Dieu même. Nous sommes habitués de raisonner de façon bipolaire (en opposant le "plus" et le "moins", le bon et le mauvais, le vrai et le faux). Mais tout véritable converti qui devient disciple du Seigneur peut comprendre - à cause de l'Esprit Saint qu'en Dieu ne subsiste aucun mal.

Et par conséquent, subir des refus, être tenu à l'écart, se fatiguer sans être remercié, rencontrer le doute... tout cela ne doit pas nous étonner. Le Seigneur me dit ici de me réjouir, et je me réjouis. Ce matin, réveillé tôt, assailli de pensées négatives, je n'avais vraiment aucune raison de me réjouir, j'étais maussade et plaintif, mais tout cela, une fois de plus, fut chassé à l'Eucharistie. Oui, c'est un fait que je constate et qui se renouvelle chaque jour. Tous ces mauvais esprits qui rôdent dans le monde, nous sont soumis.

Dans la première lecture, Job l'a reconnu : "Quel est celui qui, sans rien y connaître, défigure la Providence ?" Ô hommes de peu de foi !, dit aussi Jésus. Et le Psaume rétablit la vérité: je le relis en entier et il emplira ma prière tout au long de ce jour.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Parce que ce monde est en train de passer

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 10,2-16.
Un jour, des pharisiens abordèrent Jésus et, pour le mettre à l'épreuve, ils lui demandaient : « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? »
Jésus dit : « Que vous a prescrit Moïse ? »
Ils lui répondirent : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d'établir un acte de répudiation. »
Jésus répliqua : « C'est en raison de votre endurcissement qu'il a formulé cette loi.
Mais, au commencement de la création, il les fit homme et femme.
A cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère,
il s'attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais ils ne font qu'un.
Donc, ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas ! »
De retour à la maison, les disciples l'interrogeaient de nouveau sur cette question.
Il leur répond : « Celui qui renvoie sa femme pour en épouser une autre est coupable d'adultère envers elle.
Si une femme a renvoyé son mari et en épouse un autre, elle est coupable d'adultère. »
On présentait à Jésus des enfants pour les lui faire toucher ; mais les disciples les écartèrent vivement.
Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit : « Laissez les enfants venir à moi. Ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent.
Amen, je vous le dis : celui qui n'accueille pas le royaume de Dieu à la manière d'un enfant n'y entrera pas. »
Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Une nouvelle fois l'Evangile s'achève par le rappel de l'esprit d'enfance: "Celui qui n'accueille pas le royaume de Dieu à la manière d'un enfant n'y entrera pas." Mais qu'est-ce que cette dernière remarque peut bien signifier par rapport au discours sur l'indissolubilité du mariage ?" C'est que l'enfant va toujours vers ce qu'il trouve de meilleur, en laissant derrière lui ce qui est ancien.
Et lorsque quelqu'un a découvert le Royaume de Dieu parmi nous, s'il a l'esprit d'enfance, il laisse derrière lui ce qu'il avait tenu jusque-là comme des réalités et des vérités intangibles.

Saint Paul expliquera cela d'une manière plus compréhensible à des adultes (dans la première Epître aux Corinthiens, chapitre 7):
"Frères, je dois vous le dire : le temps est limité. Dès lors, que ceux qui ont une femme soient comme s'ils n'avaient pas de femme, ceux qui pleurent, comme s'ils ne pleuraient pas, ceux qui sont heureux, comme s'ils n'étaient pas heureux, ceux qui font des achats, comme s'ils ne possédaient rien, ceux qui tirent profit de ce monde, comme s'ils n'en profitaient pas. Car ce monde tel que nous le voyons est en train de passer.

Ce monde tel que nous le voyons est bien en train de passer. Si je me réjouis aujourd'hui, c'est bien que ce monde est en train de passer pour moi. Je n'y ai connu de merveille que la révélation du Christ ressuscité qui m'appelait. Auparavant, j'avais autant éprouvé la cruauté et la malice des hommes que les douceurs et les plaisirs qui passent sans étancher ma soif de vérité. Et lorsque cette quête a finalement abouti, le matin de ma conversion, qu'ai-je demandé aussitôt ? C'est : "Seigneur, laisse-moi mourir de suite, afin que je garde ma joie !"

J'ai vieilli depuis 1985, mais il semble à la longue que c'est la même journée qui se continue. Ce matin, j'ai trouvé une église pratiquement déserte pour la messe du dimanche matin. Pourquoi ? Parce que la plupart des gens sont sur les marchés aux puces, soit pour vendre en espérant mieux vivre la semaine qui vient, soit pour trouver la bonne affaire qui permette d'économiser de l'argent. Je les comprends, mais je ne les comprends pas : car moi aussi, j'ai visité deux marchés aux puces mais ma priorité, comme chaque jour était à l'Eucharistie.

Ce monde est en train de passer. Je me dis : "Bienheureux les enfants que la grâce divine a touchés très jeunes dans leurs coeurs, car ils iront plus vite et plus loin." Cependant, en maintes occasions, dans les épreuves de cette époque, j'ai réalisé que j'avais bien progressé sans m'en rendre compte. Jésus, j'ai confiance en Toi ! Cela est bon et j'en rends grâce à Dieu.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Le pouvoir du Notre Père

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 11,1-4.
Un jour, quelque part, Jésus était en prière. Quand il eut terminé, un de ses disciples lui demanda : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean Baptiste l'a appris à ses disciples. »
Il leur répondit : « Quand vous priez, dites : 'Père, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne.
Donne-nous le pain dont nous avons besoin pour chaque jour.
Pardonne-nous nos péchés, car nous-mêmes nous pardonnons à tous ceux qui ont des torts envers nous. Et ne nous soumets pas à la tentation. ' »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Dans son homélie, notre prêtre nous a parlé de multiples spiritualités qui existent dans le monde, en citant notamment le bouddhisme, qu'il considère comme une "spiritualité" négative, puisque son but est d'accéder au "néant divin" par des techniques aboutissant à effacer complètement le sens de l'ego. Mais la spiritualité et la prière de Jésus dépassent complètement toutes les autres spiritualités, y compris cette pseudo-spiritualité du néant.

A Moscou, du temps des Soviets, une jeune femme, professeur de philosophie marxiste, se mit un jour à pratiquer le yoga sous la tutelle d'un maître "yogi". Lors d'une séance, dans un parc, tandis que le yogi enseigne une nouvelle technique, un homme se suicide dans le fleuve - la chose était assez courante et personne ne bronche. Mais parce qu'elle est tout de même perturbée, Tatiana Goritcheva (*)reçoit de son maître yogi un mantra à réciter durant son exercice - c'est le Notre Père. (Dieu n'existant pas, cette courte prière convenait comme mantra (**).
Voici son témoignage: "Après avoir récité le "Notre Père" environ six fois, sans aucune foi dans l'existence d'un "père céleste", je reçus soudain la réponse. Le plus inattendu, le plus inimaginable eut lieu. Il devint clair pour moi qu'Il existait. Il m'aimait, il aimait tout ce qui m'entourait. C'était aussi clair qu'au premier jour de la création. Le misérable paysage s'illumina d'une gaieté inhabituelle, chaque herber, chaque feuille semblait jubiler. On aurait dit que tout le monde, le monde entier, sortait de à peine de Ses mains aimantes. Depuis, je Le remercie pour chaque journée de ma vie, offerte et créée."

Quelle spiritualité, si ce n'est celle de Jésus-Christ, Fils de Dieu, apporte-t-elle à l'homme, en plus du pardon: la foi, l'espérance et la charité ?

Je suis ressorti et, pour me rendre à mon travail, j'ai eu confiance que les deux euros que me coûterait le parking durant la matinée, le Seigneur me les rembourserait - ce qui est arrivé dès que j'ai franchi le pas de ma porte. Une amie, entrevue hier, est venue nettoyer l'arrière-boutique (je cherchais une femme de ménage en vain depuis un mois - mais elle, Christine, n'a pas voulu se faire payer. Je lui ai tout de même offert un livre.
Oui, j'ai vraiment été remboursé largement !

Ainsi, dans la vie de chacun(e) qui se confie à Dieu, le Seigneur manifeste sa bienveillance en tous temps. Mais il faut avoir la foi, et pour dire mieux encore : il faut avoir une foi de confiance !

(*) Mantra : Le mantra a pour objectif de canaliser le mental discursif. Ses vertus, conjuguées à l'intention et à la concentration du récitant, sont bénéfiques. Il s'agit d'une formule sonore et rythmée, fondée sur la répétition de sons réputés bénéfiques pour le corps ou l'esprit. Définition wikipedia.

(**) http://fr.wikipedia.org/wiki/Tatiana_Goritcheva
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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L'homme et l'oeuvre de l'Esprit

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 11,5-13.
Jésus disait à ses disciples : " Supposons que l'un de vous ait un ami et aille le trouver en pleine nuit pour lui demander : 'Mon ami, prête-moi trois pains : un de mes amis arrive de voyage, et je n'ai rien à lui offrir. '
Et si, de l'intérieur, l'autre lui répond : 'Ne viens pas me tourmenter ! Maintenant, la porte est fermée ; mes enfants et moi, nous sommes couchés. Je ne puis pas me lever pour te donner du pain', moi, je vous l'affirme : même s'il ne se lève pas pour les donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu'il lui faut.
Eh bien, moi, je vous dis : Demandez, vous obtiendrez ; cherchez, vous trouverez ; frappez, la porte vous sera ouverte.
Celui qui demande reçoit ; celui qui cherche trouve ; et pour celui qui frappe, la porte s'ouvre.
Quel père parmi vous donnerait un serpent à son fils qui lui demande un poisson ?
ou un scorpion, quand il demande un œuf ? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Je me souviens que dans un passé déjà lointain, je m'étais senti rebuté par cette parabole - et particulièrement en deux points. Le premier, c'est que Dieu peut faire "la sourde oreille" à mes demandes. En une occasion - parce que j'avais demandé le retour d'une amie que je voulais épouser - mais qui finalement ne m'a apporté que confusion et chagrin, j'ai attendu trois ans la réponse à ma prière. J'ai bien prié trois ans chaque jour qu'elle me revienne et je l'ai retrouvée, le jour de mon anniversaire, assise au bureau de mon magasin ! Mais à peine neuf mois plus tard, ce fut la rupture définitive.

C'est ainsi que j'ai, très concrètement, compris que c'est bien l'Esprit Saint qu'il faut demander. Ce fut l'occasion d'une "effusion" (est-ce bien un terme mystique ?). Le soir même où j'ai reconnu ma "déconfiture" totale, je me suis agenouillé devant le crucifix de ma conversion et j'ai dit: "Je reconnais ma folle présomption, Père. Je ne me sens plus qu'avec une moitié de coeur, car l'autre j'en suis amputé, mais désormais je Te consacre totalement l'autre moitié: ordonne, je t'obéirai sans me mettre à discuter encore. Et à ces mots murmurés, une onde profonde de joie et de douceur est descendue sur moi. J'ai rapidement repris des forces et j'ai compris que le Père voulait m'épargner cette épreuve - et je ne L'en ai que plus aimé.

C'est à partir de cette époque que j'ai recommencé de communier régulièrement. Mais pour que j'avance encore plus avant, il a fallu une autre épreuve: la dépression de la quarantaine. Pendant trois mois, je n'ai plus pu tenir mon magasin que durant la matinée. L'après-midi, j'avalais des cachets, je m'étendais sur mon lit et il me semblait que j'allais mourir. J'ai prié la "neuvaine irrésistible de Padre Pio" durant un mois. Et vers quinze heures, un jour, d'un seul coup je me suis levé et je me suis dit: tant pis, j'y vais. Autant mourir comme un cow-boy: avec ses bottes aux pieds. Je ne suis pas mort, bien sûr. Dans la dépression, il y a souvent un jeu du démon qui envoie sur l'esprit des sentiments d'incapacité qui ne sont que des illusions. J'ai jeté tous mes cachets d'un seul coup, dans la cuvette des toilettes, au grand dam de mon médecin. Et le lendemain matin, je me suis rendu au Couvent des Clarisses, pour dire merci. ... Finalement, je m'y suis rendu chaque jour durant vingt-cinq ans (jusqu'à la fermeture du couvent, sinon j'y viendrais encore).

Pour mon engagement dans la congrégation de la Miséricorde divine, il fut également précédé d’évènements contraires. J'ai été privé de travail durant le chantier de la grande surface - qui à duré quinze mois. Une amie du Canada, via internet, m'a parlé de la formation de quatre années. J'ai reçu à lire le Petit Journal de sainte Faustine mais, du fait de ma tête de bois, je ne l'ai pas bien lu la première fois. Il a fallu que je me brise un orteil et me retrouve de nouveau coincé sur mon lit pour que je le parcoure de nouveau et décide que "Oui, c'est pour moi". J'ai guéri et j'ai suivi les conférences durant quatre ans (j'ai même corrigé plusieurs pages de la traduction française).

Il apparaît ainsi que, souvent, pas forcément par mauvaise volonté - mais parce que l'Adversaire rôde toujours !, que la relation au Père soit comme "empêchée, entravée". Il y a une part de résistance de l'égo, mais il y a aussi "le monde" qui est un démon et qui ne veut pas qu'une âme progresse. Je pourrais encore rapporter l'étonnement de ma guérison de la tabagie - en une seule journée, qui signifie que quiconque étudie sincèrement cette théologie de la Miséricorde, se retrouve lui-même objet de miséricorde de la part du Père.

A noter, pour terminer, la dernière ligne de cet Evangile. L'Esprit Saint n'est pas une "chose" donnée une fois pour toute. L'oeuvre que l'Esprit Saint accomplit dans l'âme du croyant se poursuit jusqu'à que celle-ci se retrouve dans les Cieux.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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L'esprit mauvais rôde toujours

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 11,15-26.
Quand l'esprit mauvais est sorti d'un homme, il parcourt les terres desséchées en cherchant un lieu de repos. Et comme il n'en trouve pas, il se dit : 'Je vais retourner dans ma maison, d'où je suis sorti. ' En arrivant, il la trouve balayée et bien rangée.
Alors, il s'en va, et il prend sept autres esprits encore plus mauvais que lui, ils y entrent, et ils s'y installent. Ainsi, l'état de cet homme est pire à la fin qu'au début. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Ce petit passage de l’Évangile m'a toujours frappé par sa concision, laquelle ne fait que renforcer l'avertissement donné par le Seigneur. Si nous avons la naïveté de croire que : "Maintenant, çà y est, désormais je suis tranquille avec mes anciens penchants"...comme nous sommes encore empêtrés dans la bonne image que nous avons de nous-mêmes ! C'est pourquoi je fais bien de me rafraîchir la mémoire de temps à autre. Je le ferai encore aujourd'hui.

Après l'éblouissement de joie que m'a apporté la conversion, j'ai vécu trois années tout à fait exceptionnelles dans un constant tourbillon de grâces où intervenaient tous les jours la joie, la paix, les actes de foi, les gestes et des choix qu'on eût pas cru possibles. Comment, si ce n'était pas par l'Amour vivant en moi, ai-je pu un jour abandonner la caisse de ma boutique à trois jeunes sortis de ce qu'on appelle aujourd'hui des maisons de 'protection de la jeunesse' - et cela afin de conduire la vielle camionnette VW qu'un couple venait de louer et les assister dans leur déménagement ! A mon retour, à la fin de l'après-midi, il y avait dans la caisse plus d'argent que j'en avais laissé, et un de mes "remplaçants d'un jour" avait même réussi l'achat d'un lot qu'il avait consigné dans le livre adéquat ! Du coup, avec le surplus, avions improvisé un barbecue le soir... Toutes mes journées n'étaient pas aussi chargées, mais le Seigneur s'y manifestait soudainement ... au détour d'une discussion, par exemple : un mot de l’Évangile me remontait soudainement à l'esprit et j'étais tout secoué, au point de devoir détourner la tête pour que mon émotion ne paraisse pas.

Trois années ainsi, avec chaque matin à la première heure, la visite de mon guide spirituel, le père Maurice Verhaegen, ancien professeur de théologie, qui savait donner de bons conseils... surtout parce qu'il avait le don de l'écoute et de l'observation. Un matin, il a sorti le double d'une photo où nous figurions tous deux. "Que remarquez-vous ?", me demande-t-il. "Rien de particulier, nous y sommes tous les deux. C'est un des marocains de la boutique voisine qui a pris la photo... il y a le désordre habituel"... Mais le détail que le prêtre avait remarqué, c'est que d'emblée j'avais souri à l'objectif, tandis que lui était demeuré sur l'expectative, sur la réserve. Il m'avait mis en garde contre mon sourire, qui pouvait tout aussi bien être la porte ouverte à des gens mal intentionnés. (Je l'ai compris plus tard, lorsque j'ai dû commencer de dire aux clients: "Non, pas de rabais, ce n'est pas la saison des soldes, je dois manger comme tout le monde !" Si je n'avais pas souri et dit simplement mon prix, on ne m'eût pas si souvent demandé de faire des 'cadeaux' - et cela arrive encore !)

Mais à la fin des trois années... le balancier continuel grâces et de joies s'est suspendu d'un seul coup. Du jour au lendemain, plus de visites, plus de partages, je me suis retrouvé simple commerçant, avec des clients, du rangement, des factures. Et la solitude. Le père Verhaegen est décédé sans trop souffrir. Il m'avait dit : "Je vais retrouver toutes mes brebis !" et il souriait, tranquille. Il m'avait cependant prévenu: "Attention à vous, vous irez au désert, car le diable déteste les convertis, il réclame toujours à Dieu une seconde épreuve". Comme pour Job ? Oui, comme pour Job. Je n'ai pas perdu mon travail, mais mes amitiés, une tante, Thérèse, qui m'avait beaucoup assisté, et des membres de ma famille se sont éloignés de moi. Mais je gagnais bien ma vie. Du coup, le désir de m'installer dans le monde, de me marier, est revenu. Et ce fut une déconfiture complète que je ne vais pas raconter, tant son souvenir est encore pénible.

Il rôde, le démon, il fait le tour, il cherche par où entrer. Donc, convertis et converties, prenez garde ! Adoptez une discipline, une règle de chaque jour, ayez l'humilité de vous souvenir d'où le Seigneur vous a sorti. L'idéal est de toujours avancer. C'est la raison pour laquelle j'ai tant apprécié, en son temps, le Journal de Julien Green. Il l'a tenu régulièrement ... au moins 70 années. C'était pour lui comme une manière de faire le point à période fixe. De mon côté, j'ai jusqu'à présent bénéficié de l'Eucharistie matinale, j'ai le partage quotidien, j'ai l'assistance que j'apporte à ma mère. Je sais qu'il faut toujours se relever aussitôt que l'on tombe, immédiatement, cela doit devenir un réflexe de soldat. J'ai mon carnet privé, avec ses signes compréhensibles de moi seul. Je termine en disant que le Net est une chance pour moi - bien que, comme tout le reste, il soit aussi occasion de pécher. Bon courage !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Géraldine
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Re: Parce que ce monde est en train de passer

Message non lu par Géraldine »

Oui, ce monde est en train de passer.
Le terme " fin du monde" est inexact.
"Fin d' un monde" serait plus approprié.....
Je garde un souvenir édulcoré et pur de ces,années de petite enfance et d' adolescence.....les uniformes d' écoles....le monde avait une autre saveur.....mais je n' avais pas encore la conscience éveillée à l' Amour du Christ....
Bienheureux ceux et celles qui sont appellés dans leur prime jeunesse!
Quel cadeau!
Toutefois- tu parles d'église vide- je goûtais la beauté de la grand' messe, la dévotion des dames qui venaient dire leur chapelet....cette piété, ces églises ouvertes où je passais mon temps à préférer la musique d' orgue à Dieu....
Comment ai- je pu à peine Le regarder, alors que je jouais à,17 ans des,sorties de Messe....?
Et que je passais mes dimanches, seule, au jubé car je" m' y sentais bien".....!
Ma mère me surnommait le " rat d' église", un comble!
Voilà pour la petite anecdote.
Si le monde est en train de passer c' est que l' Homme perd conscience du Ciel qui lui est promis, le quant-à-soi et le matérialisme criant prenant le dessus....il suffit de voir l' adulation- et le mot n' est pas trop fort- quand un nouvel appareil de la gamme phone fait son apparition tous les deux ou trois mois: c' est la " grand' messe" presque excessive pour le présentateur des nouveaux modèles!
Et, bien sûr, c' est la guerre des " gangs" des marques....
Chacun voulant dépasser l' autre à grand renfort de pub, de rivalités en tous genres.....
Et ce n' est qu' un exemple parmi mille, tant on en parle...
Et Dieu dans tout ça?
Si il n' y a pas un revirement de prise de conscience- et ça se vérifie- alors, c' est l' arrêt de ce monde, la fin d' un monde.
Plus jeune, j' imaginais l' an 2000 comme les " grandes personnes":parfait, sans guerre ni famine.
Penser qu' en ce siècle que des gens meurent seuls, dans la rue, c' est dément!
Et la paupérisation de grimper dans le monde....malgré les mises en oeuvre.....pendant que des Etats riches comme Dubaï, en Arabie où des milliards sont dépensés pour des architectures gigantesques....
Penser à Dieu nous permet de L' écouter....vivre ce jour comme si demain pouvait arriver....
Et en découvrant commdnt le Seigneur nous ouvre les bras....je vis, pour ma part le moment présent....
A chaque jour......



En Christ.
Pièces jointes
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Dirigátur, Domine, orátio mea sicut incénsum in conspéctu tuo.
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Présence de Marie auprès de nous

Message non lu par etienne lorant »

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 11,27-28.
Comme Jésus était en train de parler, une femme éleva la voix au milieu de la foule pour lui dire : « Heureuse la mère qui t'a porté dans ses entrailles, et qui t'a nourri de son lait ! » Alors Jésus lui déclara : « Heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la gardent !»


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Que dîtes-vous de cela ? Jésus semble dire à cette inconnue dans la foule: "Tu n'as rien compris." Et nombre de détracteurs et de falsificateurs des Évangiles saisiront ce passage pour faire de Jésus un sexiste, un macho - ou bien ils s'en serviront pour assurer . "Allons quoi, après une telle déclaration, ce n'est pas pour rien que les femmes dans l'Eglise ne sont pas prêtres !"

Mais pour en arriver à dire de telles choses, il faut mettre de côté tout le reste de l’Évangile. Et l'on découvre de multiples éléments de réponses:

- Cette femme a raison: Marie est bien la plus heureuse des mères ! L'Esprit Saint, qui lui a ouvert la bouche devant sa cousine Elisabeth, lui a fait s'exclamer: "Désormais, toutes les nations me diront bienheureuses !" Alors ?
- En outre, nous sommes chez les juifs. Marie et Jésus sont juifs. La proclamation de l'inconnue dans la foule est tout à fait juive, tout à fait religieuse même, car sa généalogie le fait remonter, par Matthieu jusqu'à Abraham et par Luc, jusqu'à Adam. Et que dire de la descendance de Marie : sur la croix le fils de Dieu lui donna un autre fils: Jean. L'apôtre Jean à propos duquel Jésus déclare mystérieusement à Pierre: "« Si je veux qu'il reste jusqu'à ce que je vienne, est-ce ton affaire ?"
- Et enfin, bien qu'il serait possible de dire beaucoup encore, Marie, bienheureuse, est aussi Marie des sept douleurs. D'où son action, primordiale car maternelle, dans chacune de nos vies de croyants. Si j'ai pu me lever, encore aujourd'hui, pour travailler et pour écrire et témoigner, c'est parce que Marie tient toujours l'autre bout de mon chapelet: c'est elle qui me fait lever.

Marie est aussi celle qui la première a gardé tous les mystères de Jésus dans son coeur. Depuis sa conception jusqu'au cénacle où elle se tint avec les autres disciples en priant pour l'effusion de l'Esprit-Saint. La réponse de Jésus s'éclaire à présent d'une lumière nouvelle, n'est-ce pas ?
Car Marie est bienheureuse, certes, comme l'a dit la femme dans la foule, parce qu'elle a porté et donné Jésus au monde, mais elle est bienheureuse, aussi, car elle est gardienne de la Parole et elle nous accompagne de sa main tendre et ferme, tout au long du chemin que nous avons à parcours ici-bas.


.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: L'esprit mauvais rôde toujours

Message non lu par lucielumière »

bonjour Etienne
J'ai la mauvaise habitude de penser que plus j'en fais plus je serai protégée des tentations de Satan.
J'aime lire le psaume du site :'' retraite en ville"", J'aime les complies avant le dodo, la (ou ''le''?) sexte avant le dîner, lire l'évangile du jour le matin au lever.
Dans ma voiture je dis le chapelet avec la petite neuvaine de Soeur faustine . Deux fois par semaine la communion; des chansons ressourcantes. Cela est beaucoup et ça ne l'est pas en même temps. Les obligations du jour et le soutien à mes proches ne me permettent pas d'ëtre aussi disciplinée que je le désire. Alors je me retrouve certains jours avec un ou deux temps de prière . En fait c'est la foi que je réalise pas bien forte. Je mélange tout: plus de prières donc plus immunisée contre Satan; plus d'oeuvres donc plus près du Salut; et lorsque les oeuvres et les temps de prières ne sont pas nombreux et que j'ai besoin encore plus de LUI je vois bien que mon raisonnement ne tient pas la route. Un jour je me sens protégée par Dieu et tous ses anges; le lendemain, fragile et désorganisée, je serais bien cet hôte aux 7 mauvais esprits. Le constat est brutal: Ma foi n'est même pas la moitié de la moitié d'un grain de moutarde . J'entends alors Dieu dire": combien de temps vais-je encore vous endurer , peuple de peu de foi!''
comment garder mon âme fixée sur Dieu , paisible et reposée?
comment discerner l'oeuvre de Dieu de la mienne qui m'éloigne de LUI. Je voudrais tant que tout soit simple et limpide. Mon Dieu merci de m'aimer ; je désire vous aimer de tout mon être.
merci Eienne
Lucie
etienne lorant
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Les hommes et les signes de Dieu

Message non lu par etienne lorant »

Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 4,22-24.26-27.31.5,1.
Frères, l'Écriture dit qu'Abraham avait deux fils, l'un né d'une esclave, et l'autre d'une femme libre.
Le fils d'Agar, l'esclave, eut une origine purement humaine ; celui de Sara, la femme libre, naquit à cause de la promesse de Dieu.
Ces évènements ont un sens symbolique : les deux femmes sont les deux Alliances. La première Alliance, celle du mont Sinaï, met au monde des enfants esclaves : c'est Agar.
tandis que la Jérusalem d'en haut est libre, et c'est elle notre mère.
L'Écriture dit en effet : Réjouis-toi, femme stérile, toi qui n'avais pas d'enfants ; éclate en cris de joie, toi qui n'avais pas éprouvé les douleurs de l'enfantement, car la femme abandonnée a maintenant plus d'enfants que celle qui avait son mari.
Par conséquent, frères, nous ne sommes pas les enfants d'une esclave, nous sommes ceux de la femme libre.
Si le Christ nous a libérés, c'est pour que nous soyons vraiment libres. Alors tenez bon, et ne reprenez pas les chaînes de votre ancien esclavage.



Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 11,29-32.
Comme la foule s'amassait, Jésus se mit à dire : « Cette génération est une génération mauvaise : elle demande un signe, mais en fait de signe, il ne lui sera donné que celui de Jonas. Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ; il en sera de même avec le Fils de l'homme pour cette génération. Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que les hommes de cette génération, et elle les condamnera. En effet, elle est venue de l'extrémité du monde pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon.
Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas.



CY Aelf, Paris

Quels sont les signes que nous attendons de Dieu pour nous convertir ? N'est-ce pas une catastrophe ? Je connais une bonne dizaine de sites qui sont consacrés à la fin des temps, aux "trois jours de ténèbres", aux guerres dont il est mention dans l'Apocalypse... mais en définitive, comme l'a bien dit notre prêtre, nous sommes à l’affût d’évènements exceptionnels. Et d'une certaine façon, ne sommes-nous pas gâtés en évènements de ce type ? Nous avons eu le 11 septembre, nous avons eu les tsunamis, nous avons eu la canicule de 2003 (j'avais fort été impressionné par les corps déposés dans des entrepôts frigorifiques, à Paris), nous avons eu les catastrophes d'Haïti et de Fukushima, nous avons les guerres civiles des "printemps arables"... etc.

Cependant, les signes de Dieu ne sont pas les signes des hommes. Pour les juifs, la filiation est quelque chose d'essentiel - au point qu'une épouse stérile est souvent désignée comme indigne - car il faut un enfant mâle qui transmettra le nom de la famille. C'est Sarah qui proposera à Abraham un enfant de sa servante Agar. Mais Dieu avait un autre dessein. Il laissa encore vieillir Sarah, au point que lorsque des anges lui annoncèrent la grossesse d'Isaac, elle se mit à rire ! La naissance de ce dernier n'en fut qu'un signe plus éloquent.

Dans l’Évangile, les juifs demandent également un signe à Jésus. Mais, à la manière du Père, il leur annonce un signe qu'il ne comprendront pas du fait de leur manque de foi.

Et vous, et moi, quels signes attendons-nous ? Me croirez-vous que ce matin si je vous dis ce que j'ai vu ce matin ? Du fait de chantiers toujours en cours, j'ai dû me garer sur mon lieu de travail, puis revenir sur mes pas et je me suis muni d'un parapluie, car il y a plu tout le week-end. Au moment où j'ai traversé un pont, j'ai vu dans le ciel qui se levait ... sans doute la dernière étoile de la nuit. La dernière visible, sans doute. Je n'y ai pas prêté grande attention, mais j'ai eu tôt fait de remarquer qu'en allant vers elle, en suivant cette direction-là, même si je ne connaissais pas la ville, je serais forcément arrivé à la chapelle où a eu lieu la messe.

Ah, signe ridicule ! Signe qui n'en est pas un ! Cependant, pour moi, comme j'avais marché en songeant à ce long week-end pas très gai, la vue de la petite étoile m'a fait songer à Noël, et à cette pensée, mon esprit renfrogné s'est ouvert et j'ai pu prier tout le reste du chemin en oubliant mes soucis.

Je termine en me rappelant encore que Jean-le-Baptiste est lui aussi né d'une femme qu'on avait déjà jugée stérile - ainsi l’Évangile a confirmé le dessein de Dieu, dont il avait déjà donné un signe par Sarah - et Il fera naître Jésus de Marie, une vierge. Car rien n'est impossible à Dieu.
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Vous purifiez l'extérieur, mais Dieu se trouve à l'intérieur

Message non lu par etienne lorant »

Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 5,1-6.
Vous qui pensez devenir des justes en pratiquant la Loi, vous vous êtes séparés du Christ, vous êtes déchus de la grâce.
Mais c'est par l'Esprit, en vertu de la foi, que nous attendons de voir se réaliser pour nous l'espérance des justes. En effet, dans le Christ Jésus, peu importe qu'on ait reçu ou non la circoncision : ce qui importe, c'est la foi agissant par la charité
.
i


Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 11,37-41.
Comme Jésus parlait, un pharisien l'invita pour le repas de midi. Jésus entra chez lui et se mit à table.
Le pharisien fut étonné en voyant qu'il n'avait pas d'abord fait son ablution avant le repas.
Le Seigneur lui dit : « Bien sûr, vous les pharisiens, vous purifiez l'extérieur de la coupe et du plat, mais à l'intérieur vous êtes remplis de cupidité et de méchanceté. Insensés ! Celui qui a fait l'extérieur n'a-t-il pas fait aussi l'intérieur ?
Donnez plutôt en aumônes ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous
.


Cy Aelf, Paris


La Lettre de saint Paul rejoint parfaitement la réponse de Jésus au Pharisien. Avec sans doute plus de sévérité de la part de saint Paul qui explique, mais qui sanctionne aussi ("vous êtes déchus de la grâce"). Tandis que Jésus prend patience et explique. Il va d'ailleurs plus loin et enseigne. En matière de purification, c'est de son fond mauvais dont il faut se le laver. Et la meilleure manière de le faire, c'est de pratiquer l'aumône. C'est en donnant que l'on se purifie de sa cupidité, laquelle conduit à d'injustes jugements.

J'ai trouvé très intéressant le commentaire de saint Raphaël Arnaiz Baron (1911-1938), moine trappiste espagnol, dont je reproduis un extrait, depuis le site de "L'Evangile au Quotidien".

Si le monde qui cherche Dieu savait ! Si ces savants qui cherchent Dieu dans la connaissance intellectuelle et les vaines discussions savaient ; si les hommes savaient où se trouve Dieu ! Combien de guerres seraient empêchées ; combien il y aurait de paix dans le monde, combien d'âmes seraient sauvées. Insensés et sots, vous qui cherchez Dieu là où il n'est pas !

Ce matin, la petite chapelle en ville, qui fait à peu près six mètres sur dix, avec à peine une trentaine de sièges devant un autel tout simple, à la droite duquel est posée l’icône de Rublev... m'a semblé comme une sorte de lieu caché hors du temps et du mouvement du monde. Tout autour, les voitures ne cessent de passer et repasser, mais pour le temps de l'Eucharistie, nous en sommes comme détachés. L'impression n'est pas celle d'un lieu abrité, mais d'un lieu vraiment détaché de notre époque. Il m'aura fallu plus de quatre années avant d'y éprouver désormais la même qualité de recueillement que durant les vingt-cinq années au couvent des Clarisses. C'est une forme de commentaire aussi: Dieu n'est pas à l'extérieur, mais je l'y rejoins à l'intérieur...

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La chair ne sert de rien, l'esprit seul vivifie

Message non lu par etienne lorant »

Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 5,18-25.
Frères, en vous laissant conduire par l'Esprit, vous n'êtes plus sujets de la Loi.
On sait bien à quelles actions mène la chair : débauche, impureté, obscénité,
idolâtrie, sorcellerie, haines, querelles, jalousie, colère, envie, divisions, sectarisme,
rivalités, beuveries, gloutonnerie et autres choses du même genre. Je vous préviens, comme je l'ai déjà fait : ceux qui agissent de cette manière ne recevront pas en héritage le royaume de Dieu.
Mais voici ce que produit l'Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi,
humilité et maîtrise de soi. Face à tout cela, il n'y a plus de loi qui tienne.
Ceux qui sont au Christ Jésus ont crucifié en eux la chair, avec ses passions et ses tendances égoïstes.
Puisque l'Esprit nous fait vivre, laissons-nous conduire par l'Esprit.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 11,42-46.
Jésus disait : "Malheureux êtes-vous, pharisiens, parce que vous payez la dîme sur toutes les plantes du jardin, comme la menthe et la rue, et vous laissez de côté la justice et l'amour de Dieu. Voilà ce qu'il fallait pratiquer, sans abandonner le reste.
Malheureux êtes-vous, pharisiens, parce que vous aimez les premiers rangs dans les synagogues, et les salutations sur les places publiques.
Malheureux êtes-vous, parce que vous êtes comme ces tombeaux qu'on ne voit pas et sur lesquels on marche sans le savoir. »
Alors un docteur de la Loi prit la parole : « Maître, en parlant ainsi, c'est nous aussi que tu insultes. »
Jésus reprit : « Vous aussi, les docteurs de la Loi, malheureux êtes-vous, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter, et vous-mêmes, vous ne touchez même pas ces fardeaux d'un seul doigt.


Ce que Jésus reproche aux pharisiens ainsi qu'aux docteurs de la Loi, c'est la même chose que saint Paul comme il s'adresse aux Galates. Les pharisiens et les docteurs paraissent seulement plus respectables, mais ils sont d'autant plus coupables en réalité; en effet, ces Galates sont convertis de fraîche date, tandis que les seconds ont derrière eux toute leur histoire depuis Abraham - qu'ils lisent, relisent et commentent chaque jour. Et leur faute s'accroît encore du fait qu'ils ont autorité pour enseigner le peuple.

Mais ce qui m'a marqué ce matin, c'est la simplicité du remède aux péchés - aux nombreux péchés que saint Paul énumère. "Puisque l'Esprit nous fait vivre, laissons-nous vivre par l'Esprit". Ah, ce petit trait, oui je l'aime !

J'ai moi aussi vécu comme les Galates: sous l'impulsion de la chair. Ce n'était pas pour moi ce que certains appellent "le bon temps" (ce temps où le corps supporte assez bien tous les excès !), mais sans l'Esprit, j'étais un homme qui s'égarait. Il tombait souvent, il se relevait avec des regrets, des sentiments de déception, mais il ne voyait pas de remède à la condition humaine. Converti, je peux dire à présent que c'est vrai, c'est juste : il me suffit de me laisser vivre par l'Esprit, puisque c'est l'Esprit qui fait vivre.

De nouvelles épreuves approchent. Dans mon quotidien, c'est la menace croissante que font peser sur me affaires les jeunes désœuvrés qui se laissent influencer par les média et par les dealers auprès desquels ils se fournissent en drogues. Les drogues, il faut les payer et certains ont franchi délibérément le pas de l'illégalité. Je n'ai pas encore été "braqué", mais menacé, oui. Ma boutique est isolée dans un couloir et le couloir est lui-même isolé au bout d'un parking souvent vide de voitures en dehors des heures de pointe. Des tensions s'installent entre des voisins qui paraissaient les meilleurs amis du monde... il y a quelques semaines à peine. Depuis la rentrée scolaire, j'ai remarqué des automobilistes prêts à couper la route qui à monter sur un trottoir afin de trouver une place de parking non payante. Etc.

A partir du mois de novembre, les jeunes ayant achevé leurs études ou formations en juin commenceront à toucher un chômage "dégressif". De plus en plus, le luxe va croiser la grande misère. Seigneur, que ton Esprit me guide à chaque pas !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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mike.adoo
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Re: La merveilleuse histoire des deux fils

Message non lu par mike.adoo »

Bonsoir Etienne Lorant

Je retombe par hasard sur ce fil ... Je réponds avec un peu de retard .
J'ai en effet choisi de faire une coupure et je suis parti ... La chambre était chère et le personnel était nombreux et serviable ... J'ai cru bon de ne pas emmener ma femme . ( Traduisez : J'étais en réanimation dans un hôpital . )
Me revoici . J'ai donc relu ( attentivement ) votre commentaire sur la parabole du fils prodigue . J'en apprécie votre analyse et c'est justement parce qu'elle est " anthropomorphique " qu'elle est intéressante . L 'attitude du Père et les réflexions du fils aîné sont bien vues et m'ont guidé dans ma propre méditation .
Ce texte va loin ! très loin !
Par exemple , cette parabole nous permet de voir comment Jésus voit un bon père ( le Père ) . Il ne met aucune entrave à nos projets . ( Dans la même situation , je ne connais personne qui aurait cette attitude ) . Venant de Jésus , ce n'est pas rien ! Et cela me conduit à mieux comprendre son silence .( Même pendant des guerres ) . ..
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Re: La merveilleuse histoire des deux fils

Message non lu par etienne lorant »

Vous étiez en réanimation et vous êtes revenu. J'espère que tout va bien, à présent ! Alors, bienvenue deux fois !
:clap: :clap:
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Re: La merveilleuse histoire des deux fils

Message non lu par Epsilon »

Cher Etienne

Vous dites : "Aussitôt, il lui faut de l'argent, alors, hop, l'héritage, tout de suite, même s'il n'en retirera pas tout ce qu'il aurait pu" ... pourquoi votre remarque : "même s'il n'en retirera pas tout ce qu'il aurait pu" ???

D’après le droit de l'époque le cadet reçoit le tiers de l'héritage (De 21,17) l'ainé recevant donc le double (soit les 2/3 de l'héritage) ... après donc avoir attribué la part du cadet toute la fortune du père revenait à l'ainé (voir V31).

Moralité ... il valait mieux être un ainé :cool:


Cordialement, Epsilon
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Re: La merveilleuse histoire des deux fils

Message non lu par elenos »

Le chapitre 15 de Luc contient 3 paraboles : la brebis perdue et retrouvée, la femme qui retrouve la drachme qu'elle avait perdue et enfin celle du fils prodigue. Ce chapitre de Luc m'avait très fortement impressionné quand j'étais enfant. Et surtout, on le comprend, celle du "fils prodigue" que l'on pourrait appeler la parabole du père prodigue, prodigue d'un amour aussi intense, aussi fou que l'est le mystère de la Croix et de la Résurrection. Etant d'une grande famille dans laquelle il y a de nombreux enfants qui savent juste lire j'en ai fait une version ad usum delphini (à l'usage du dauphin comme on en faisait aux siècles classiques) dans un français facile avec des phrases bien compréhensives pour eux et entrecoupée par des explications necessaires à un enfant de notre temps et de notre pays. Toutes les trois se terminent par des réjouissances et la dernière aussi mais avec le pardon en plus.
C'est bien sûr dans un commentaire oral que l'on peut faire une corrélation avec le Père qui nous attend et qui pardonne. Alors peut-être comprennent-ils mieux le "Notre Père" qu'ils connaissent tous.
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